C. SOiMMERVOGEL
2. ANGELIS (de) Barbarinus est auteur d'un ouvrage intitulé : Aristoteles redivivus in entis et nalursc sysleniate contra Atomislas, in-fol., Catane, 1741, dans lequel il combat en particulier E. Maignan et traite de l'eucharistie et de la transsubstantiation.
Hurter, Nomenclator literarius, t. n, col. 1307.
P. Edouard d'Alençon.
1. ANGELUS. — I. Sonnerie du soir. II. Sonnerie du matin. III. Sonnerie de midi. IV. Fusion en une seule dévotion.
La pratique de vénérer le mystère de l'incarnation par prières spéciales au son de la cloche le matin, à midi et le soir, s'est développée graduellement dans l'Église. C'est sans aucun fondement qu'on attribue au pape Urbain II, lors du concile de Clermont, en 1095, l'origine de l'Angelus, pratique pieuse qui aurait été ensuite restaurée par Grégoire IX ou par Honorius III. Arn. Wion, Lignum vitse, Venise, 1595, 1. V, c. xx, embl. 3, part. II, p. 655; Genebrard, Clironogr. sacra, Cologne, 1581, 1. VI, p. 965; Ciaconius, Hist. pont, rom., Borne, 1677, t. il, p. 70.
I. Sonnerie du soir. — Il est plus probable que cette pratique, qui a dû s'établir peu à peu dans la seconde moitié du XIIIe siècle, se rattache à l'usage du couvre-feu, à la sonnerie qui donnait le signal d'éteindre les feux. Ce signal, d'origine purement civile, était propre à attirer l'attention des fidèles.
Quelques auteurs font honneur de cette dévotion à saint Bonaventure. Dans un chapitre de son ordre, tenu en 1269, il aurait introduit l'usage de sonner après compiles, et ordonné à tous les prêtres de son ordre d'exhorter les fidèles à vénérer le mystère de l'incarnation en récitant trois Ave Maria, au triple son de la cloche du soir. Octavien de'Martini, Orat. ad Sixt . IV, n. 10, Acta sanct., jul. t. n, p. 790; Vita auct. Petr. Galesino, n. 52, ibid., p. 812; Wadding, Annal, minor., ad ann. 1269, n. 4. Mais on doute de l'exactitude de cette assertion. Act. sanct., loc.cit., p. 818; Tiraboschi, t. i, p. 299. U parait plus probable que c'est à Milan que cet usage se rencontre pour la première fois : Bonvicino de Biva, de l'ordre des humiliés, aurait introduit cette sonnerie de Y Ave à Milan et dans le territoire de cette ville vers 1296. Inscript, tumul., dans Tiraboschi, t. i, p. 299.
Cette dévotion se répandit peu à peu dans la chrétienté au commencement du xive siècle. En 1307, l'archevêque de Gran prescrivit l'usage de la sonnerie du soir, avec récitation de Y Ave Maria, pour les églises de Hongrie. Knauz, Monum. eccles. Strigon., Gran, 1882, t. H, n. 619. Une lettre d'indulgence accordée par des évêques de résidence à Avignon, en 1317, pour l'abbaye de Monsee, du diocèse de Passau, CVinmic. Lunœlac, Stadt am Ilof, 1748, p. 166,170, et pour l'église de Saint- Wolgang, qui en dépendait, en fait mention. On signale également cet usage en France, où Clément V l'aurait autorisé pendant son séjour à Carpentras. Act. sanct., t. vu oct, p. 1111. Il existait dans le diocèse de Saintes, quand Jean XXII, par un acte daté d'Avignon , le 13 octobre 1318 , approuva l'usage de réciter trois fois Y Ave Maria à l'heure du couvre-feu et y attacha des indulgences, Baronius, Annal., a. 1318, n. 58, Bar-le-Duc, 1872, t. xxiv, p. 104, et, par une autre lettre du 7 mai 1327, adressée à Ange, évoque de Vitcrhe, son vicaire à Borne, en prescrivit l'introduction dans cette ville. Ibid., n. 5i, t. xxiv, p. 336. A partir de cette époque, les lettres d'indulgences, accordées par des évêques de résidence à la cour pontificale, mentionnent la sonnerie du soir et l'usage de réciter à