‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 491 sur 536 · ET RÉPONSES DES ADVERSAIRES. — /. ARGUMENTS TIRÉS · texte numérisé non relu

ET RÉPONSES DES ADVERSAIRES. — /. ARGUMENTS TIRÉS

de l'écriture sainte. — 1° Exod., xxi, 22, 23. D'après les Septante, Moïse punit l'homme imprudent qui frappe une femme enceinte et amène par ses coups un avortement. Le principe du châtiment est « mort pour mort ». Si la femme succombe ou si son fruit était formé, le châtiment sera la mort. Au contraire, il n'y aura qu'une amende, si la femme ne meurt pas et si son fruit n'était pas encore formé. L'Ecriture sainte distingue donc entre ce qui est formé et ce qui ne l'est pas. La perte du premier entraine la peine de mort, donc il y a eu homicide et ce fœtus était doué d'âme humaine. La perte du second n'expose le coupable qu'à une amende, parce que, faute d'animation humaine, il n'y a pas eu d'homicide. — Du reste, saint Augustin InHeptateuch., 1. II, c. lxxx ; Exod., xxi, 22, 23, P. L., t. xxxiv, col. 626; Origène, In i,'a;od.,homil. x, P. G., t. xn, col. 370, 371; les Constitutions apostoliques, 1. VII, c. m, P. G., 1. 1, col. 1002; Théodoret, De grxcorum affeclibus curandis, serm. v, P. G., t. lxxxiii, col. 941, et In Exod., interrog. xlviii, P. G., t. lxxx, col. 273, et d'autres s'appuient sur ce texte pour soutenir l'animation médiate. Cf. Revue des sciences ecclésiastiques, juin 1886, L'animation immédiate réfutée, par le R. P. Hilaire, de Paris. —Réponse. Il y a lieu de douter de l'exactitude de la version des Septante; ni l'hébreu, ni la Vulgate, ni le texte samaritain, ni le syriaque, ni l'arabe, ne font cette distinction, et l'interprétation rationnelle doit être celle-ci : s'il y a eu avortement, mais sans mort, ni de l'enfant ni de la mère, la peine sera l'amende; le coupable sera mis à mort s'il a causé la mort de la mère, celle de l'enfant, ou celle des deux. — D'autre part, le texte des Septante lui-même prête à discussion, car la distinction entre h' fœtus formé et le fœtus informe ne coïncide pas nécessairement avec les deux périodes d'animation et de nonanirnation. Le législateur a pu parfaitement établir cette distinction parce que le fœtus informe (''tant plus difficile à reconnaître, dans ce cas, il y a doute sur l'homi-

cide, et partant mitigation dans la peine. — Quant aux Pères qui se seraient basés sur ce texte pour établir l'animation immédiate, leur autorité d'interprétation ne vaut que dans la mesure même de l'authenticité du texte. Cf. P. Hummelauer, In Exod., xxi, 22, 23, Paris,

2" Lev., xn, 2-5. Dieu impose aux mères quarante jours de purification pour les enfants mâles et quatrevingts pour les filles. Cette loi, prise dans son sens direct, n'a aucun rapport avec l'animation, soit; mais elle a toujours été considérée par la tradition comme un symbole de périodes diverses d'animation. Les quarante jours de purification après la naissance des enfants mâles symbolisent les quarante jours écoulés entre la conception de ces enfants et leur animation; pour les filles, l'animation a eu lieu après quatre-vingts jours, d'où nécessité d'un nombre égal de jours de purification. Cf. Revxte des sciences ecclésiastiques, loc. cit. — Réponse. En effet, ce texte directement n'a aucune valeur au sujet de l'animation. Symbole n'est pas preuve. Quand ils voient, dans une parole ou dans un fait scripturaire, le symbole d'une doctrine, les Pères n'affirment pas pour cela que Dieu a voulu, par cette parole ou par ce fait, établir cette doctrine. Saint Augustin qui voit, par exemple, dans le nombre de quarante années employées à construire le temple, une image des quarante jours qui seraient exigés par la nature pour former le corps humain avant l'arrivée de l'âme, n'a certainement pas prétendu y trouver une démonstration de l'animation médiate. Liber LXXXIII qvœstionum, q. lvi, P. L., t. XL, col. 39. Dans le cas présent, le texte prouverait trop puisqu'il faudrait en déduire, non seulement que la sainte Écriture admet l'animation médiate, mais encore qu'elle en fixe l'époque au quarantième et au quatrevingtième jour suivant les sexes, ce que personne aujourd'hui ne voudrait raisonnablement soutenir.

3° Job, x, 9-12, décrit de la façon suivante la formation de l'homme : « Souvenez-vous, je vous prie, que vous m'avez fait comme un vase d'argile et que vous me réduirez en poussière. Ne m'avez-vous pas trait comme le lait et coagulé comme le fromage ? Vous m'avez revêtu de peau et de chairs, et avec des os et des nerfs, vous avez fait un tout de moi. Vous m'avez donné vie et miséricorde et vos soins ont conservé mon souffle vital. » Dans cette description l'auteur sacré met en premier lieu la formation du corps, en dernier lieu le don de la vie et l'exercice de la miséricorde divine. Donc l'âme n'est pas contemporaine du corps. — Ce qui le confirme, c'est le parallélisme insinué par Job, j^. 9, entre sa formation et celle d'Adam, Gen., ri, 7; or, dans celle-ci l'animation a été postérieure à l'organisation du corps. — Réponse. Il y a là une description dans laquelle l'auteur inspiré va du moins important, le corps, au plus important, l'àme. Il n'y a pas nécessairement un récit par ordre chronologique des stades parcourus par la formation humaine, puisque, manifestement, l'animation et surtout la vie, vilam, est antérieure au moment où Dieu a revêtu Job « de peau et de chairs, et avec des os et des nerfs a fait un tout » en lui. —D'autre part, il est certain que l'auteur sacré n'a pas entendu donner une analyse totale et absolument scientifique des phénomènes qui se passent à notre origine, mais qu'il a parlé comme on parlaitcouramnientalors.il n'y a donc pas lieu de chercher là un accord parfait avec la réalité, pas plus qu'avec les données actuelles de l'embryologie. — Enfin, le parallélisme avec la création du premier homme porte sur la similitude de providence divine plutôt que sur la ressemblance des procédés par lesquels Adam et Job ont été formés. D'ailleurs, on dispute même sur la question de savoir si Adam a été réellement formé dans son corps avant l'infusion de son âme, ou si 1rs deux choses, quoique racontées successivement, ont été simultanées. S. Thomas, Sum. theol., Ia,.

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q.xci,a. 4, ad lura;Suarez,De opère sex dierum, 1. III, c i, n. 13, Paris, 1856, t. m, p. 175; Grégoire de Nysse, De opificio hominis, c. xxvm, xxix, P. G., t. xuv, col. 230, 234; S. Jean Uamascène, De fide orthod.,1. II, c. xn, P. G., t. xciv, col. 918; Augustin, De Genesi contra manich., 1. II, c. vin, P. L., t. xxxiv, col. 205. Cf. Eschbach, op. cit., p. 186.

//. ARGUMENTS TIRÉS DE LA TRADITION. — 1° On invoque le témoignage de Pères nombreux qui ont professé, nous l'avons dit plus haut, l'animation médiate. — Réponse. Des Pères latins surtout ont professé cette doctrine comme l'opinion courante de leur temps, non comme un point de foi ou de morale ; ils ne sont pas unanimes, puisque d'autres Pères, particulièrement chez les Grecs, défendent en grand nombre l'animation immédiate.

2° Le Catéchisme romain se prononce formellement en faveur de l'animation médiate. « Selon l'ordre naturel des choses, dit-il, aucun corps ne peut être informé par une âme humaine qu'après un certain laps de temps. Cum servato naturœ ordine nullum corpus, nisi intra prsescriptum temporis spatium, hominis anima informari queat. » Catech. roman., part. I,in 3" symboli articulo, n. 7. — Réponse. Le Catéchisme romain a certes une grande autorité, mais il ne touche la question de l'animation humaine que d'une façon transitoire et n'a pas l'intention de la résoudre ex professo : il exprime sur ce point l'opinion courante sans vouloir l'imposer comme une vérité doctrinale et nécessaire.

///. ARGUMENTS TIRÉS DE LA THÉOLOGIE. — 1° En

1588, Sixte V, par la bulle Effrœnatam (Bullarium romanum, Turin, 1865, t. ix, p. 39), porte l'excommunication contre tous ceux qui sciemment procurent l'avortement d'un fœtus qu'il soit animé ou inanimé. En 1591, Grégoire XIV, par la bulle Sedes apostolica (Bullar. rom., t. ix, p. 430), enlève l'excommunication portée contre l'avortement d'un fœtus inanimé et la restreint au seul avortement du fœtus animé. Le Saint-Siège suppose donc l'animation médiate. L'avortement du fœtus animé seul est frappé d'excommunication par Grégoire XIV, parce que seul il est homicide. Quant à Sixte V, s'il punit d'excommunication les deux avortements,il a soin de distinguer le fœtus animé et le fœtus inanimé, et l'avortement du second n'est pas puni parce qu'il est homicide, mais parce qu'il empêche un homme de naître, ce qui équivaut à un homicide. Cf. Propositions damnatas ab Innocentio XI, die 2 martii 1079, prop. xxxiv. — Réponse. Les souverains pontifes ne décident nullement la question de l'animation, ils la supposent telle que la résolvaient communément les philosophes et les médecins de leur temps, et ils établissent sagement une législation sur ces idées courantes de la science d'abord. Leges enim soient in rébus ad philosophiam vel medicinam aliasque facilitâtes pertinentibus communiori sensui doctorum, qui cas profitentur sese accommodare. Cangiamila, Embryologia sacra, 1. I, c. ix.

2° Le Rituel romain, De sacramento baptismi rite administrandS, dit : Nemo in utero matris clausus baplizari débet. Sed si infans caput emiserit et periculum mortis immineat, baptizetur in capite... At si aliud mcmbrum emiserit, quod vitalem indicetmolum, in Mo, si periculum impendeat, baptizetur. On le voit, pour que le baptême puisse être donné, c'est-à-dire pour que l'Église juge qu'il y a là une âme humaine, il faut des membres, un mouvement vital, choses qui n'existent pas de sitôt. — Réponse. Les prescriptions du Rituel ont été un peu tempérées depuis leur rédaction, et le baptême intra-utérin, par exemple, qui y est défendu, est aujourd'hui communément admis. — Les prescriptions suivantes détruisent l'argument que nous venons d'entendre. Il est dit, en effet, dans ces prescriptions: Si maler prsegnans morlua fuerit, fœtus quamprirnum

DICT. DE TI1ÉÛL. CATHOL.

exlrahatur ac, si vivus fuerit, baptizetur. L'Église n'exige pas ici des membres ni une organisation, mais simplement la vie : or la vie existe dès le premier instant. — Si l'Église s'est montrée réservée, jadis surtout, sur la question du baptême intra-utérin, la raison en est, non dans l'absence de l'âme, mais dans la difficulté pratique d'atteindre le fœtus et d'administrer un sacrement valide. Cf. Plazza, Causa immaculalœ canceptionis SS. Matris Dei Mariée, actio ni, a. 2, Païenne, 1747, p. 314.

iv. arguments de raison. — 1° Dans l'ordre génératif, le sujet qui doit recevoir une forme en approche par degrés et ne devient capable de cette forme qu'en vertu de ses dernières dispositions. C'est pourquoi, dans la production de l'homme, le corps n'est pas apte à recevoir l'âme intellective tant qu'il n'est pas encore convenablement organisé. C'est ici le cas de dire : « L'hôte n'arrive pas que l'hôtellerie ne soit préparée. » Cf. Liberatore, Du composé humain, c. vi, a. 7, n. 288, Lyon, 1865, p. 277, 278. — Réponse. Dans l'ordre génératif, le sujet doit être préparé sans doute, mais affirmer que le germe au moment de la conception n'est pas préparé, que le corps n'est prêt à recevoir l'âme que formé et organisé, c'est postuler précisément ce qui est à démontrer et faire une pétition de principe. Les partisans de l'animation immédiate trouvent, au moment de la conception, le corps suffisamment disposé, parce que, pour cela, il n'est pas requis, disent-ils, que l'âme puisse exercer toutes ses puissances, mais seulement sa vertu nutritive et sa vertu augmentative dont le rôle est de construire le corps, de lui donner son volume et ses membres. Or, dans l'ovule fécondé, cette vertu nutritive et d'accroissement peut immédiatement s'exercer.

2° La matière première doit passer par tous les degrés de formes substantielles, être matière de plante, puis d'animal, avant d'arriver à la forme supérieure qui est l'âme humaine. — Réponse. Cette affirmation est gratuite et suppose résolu le problème lui-même qu'il s'agit de résoudre. — L'expérience montre le contraire puisque, par la nutrition, des éléments non vivants ou des plantes deviennent de la chair humaine animée par une âme raisonnable, sans que leur matière première ait parcouru tous les stades exigés par la nature de l'embryon. — Enfin, l'on suppose cette matière de l'embryon comme partant du point le plus éloigné, alors qu'au contraire elle a été organisée et préparée par les parents et a commencé par vivre en eux de la vie humaine.

3° La notion même de génération exige l'animation médiate. La génération, suivant saint Thomas, ne suit pas, mais précède la forme substantielle. Elle mène à l'être, lequel est donné par la forme substantielle. Celleci est le terme vers lequel la génération conduit; sa venue, c'est-à-dire l'animation, est donc postérieure à l'œuvre de la génération, c'est-à-dire de la préparation et de l'organisation du corps. — Réponse. Il ne faut pas confondre la génération avec l'accroissement. L'accroissement commence au moment de la conception. Il se poursuit jusqu'à la naissance et même après sans discontinuer. La génération a précédé la conception qui en est le dernier instant. Elle consiste dans la formation des éléments générateurs de part et d'autre, c'est sur eux que s'exerce la puissance génératrice des reproducteurs et non sur l'ovule fécondé et déjà doué d'une vie propre. — Vouloir identifier « génération » avec « accroissement » serait trop prouver, puisque alors la génération durerait plus de quarante jours et se prolongerait longtemps après l'heure où, de l'aveu de tous, a certainement eu lieu l'animation. — Enfin, l'œuvre de la génération est totale à la conception, puisque alors le germe fécondé possède, sinon en acte, du moins virtuellement, tout son organisme et toutes ses puissances.

4° L'expérience montre que l'embryon est d'abord plante, puis animal, puis homme. Dans les premiers

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temps de la vie utérine, il ne manifeste, en effet, que des phénomènes de nutrition, la sensation n'apparaît que plus tard, et la raison n'éclôt qu'après un laps de temps beaucoup plus considérable. Cette succession des phénomènes nutritifs, sensitifs, rationnels prouve bien la succession des âmes. — Réponse. La succession de ces phénomènes ne prouve pas la succession des âmes, parce qu'une même âme, rationnelle de sa nature dès le commencement, peut très bien ne manifester ses puissances que successivement. A mesure que l'organisme se construit et se développe, l'âme fait passer de la puissance à l'acte les multiples facultés qu'elle possédait dès le commencement. Ainsi les phénomènes de la vie nutritive, de la vie sensitive et de la vie intellectuelle, en apparaissant les uns après les autres, ne prouvent pas plus la multiplicité des âmes successives que les sens, le toucher, la vue, l'imagination, la mémoire, en s'éveillant les uns après les autres, ne prouvent la multiplicité et une succession graduelle d'âmes sensitives. Si l'âme sensitive existe tout entière même avant l'épanouissement de tous les sens, pourquoi l'âme intellectuelle n'existeraitelle pas tout entière même quand une seule de ses puissances, la nutrition, est en acte? — Cette succession ne petit rien prouver, car si elle prouvait quelque chose, il faudrait faire dater de l'éveil des sens l'apparition de l'ânie sensitive, et de l'éveil de la raison qui n'a lieu qu'après la naissance, la création de l'âme intellectuelle : conclusion impossible et condamnée.

5° L'animation immédiate est impuissante à expliquer le fait de l'hérédité qui perpétue dans les fils les particularités physiologiques, anatomiques, pathologiques et même intellectuelles ou morales qui caractérisent les parents. Si, en effet, une âme toute neuve est créée par Dieu et unie au corps dès la conception, cette âme est incapable de construire le corps à la ressemblance des parents; il faut, pour expliquer cette ressemblance, une âme qui procède des parents et qui, portant leur empreinte, imprime celle-ci dans le corps qu'elle prépare â l'âme raisonnable. — Réponse. La ressemblance héréditaire est un fait mystérieux difficile à expliquer dans les deux opinions. Elle n'apparaît qu'après le quarantième ou même le quatre-vingtième jour, alors que les partisans de l'animation médiate accordent déjà la présence de l'âme humaine. — L'âme en arrivant dans l'ovule fécondé y trouve l'empreinte des parents et une espèce de force plastique qui persévère avec elle comme certaines propriétés des aliments persistent dans le corps vivant qui s'en est nourri. — Enfin, la mère en nourrissant son fruit continue à exercer sur lui une inlluence qui peut transmettre avec son sang propre les particularités qui la distinguent.

6° N'est-il pas immoral et effrayant de penser que Dieu crée autant d'âmes qu'il y a de conceptions humaines, et que, chaque fois qu'un fœtus, même de quelques jours, disparaîtra, une âme sombrera dans les limbes sans jamais avoir pu arriver à la vie surnaturelle? D'autre part, un tel état de choses ferait de Dieu l'esclave des passions humaines, puisqu'il devrait créer des âmes suivant le caprice de la volupté. — Réponse. Raison de sentiment qui paraît insuffisante à résoudre le problème. — Dieu est magnifique, prodigue même dans ses œuvres. C'est par milliards qu'il faut compter les graines semées par lui pour arriver à la production d'une plante; à cuti'' d'un animal qui naît et grandit, des quantités innombrables de germes ne sont jamais fécondés et périssent sans avoir donné le jour â un être vivant; le nombre des hommes est infime â côté des ressources séminales que possède la nature; il ne paraît donc ni impossible, ni improbable que Dieu ait ainsi prodigué les créations d'âmes humaines pour permettre à quelquesunes d'atteindre â la pensée, comme il a multiplié les âmes .{(luîtes pour permettre à un nombre inférieur d'aboutir à la grâce. — Qu'il n'y ait là aucune injustice,

ni aucune cruauté, puisque Dieu ne doit pas la vie surnaturelle ni même la vie rationnelle aux âmes créées si libéralement par lui, c'est chose certaine : ajoutons à cela que les limbes, où les âmes ravies prématurément séjournent, sont un lieu où l'on jouit d'un bonheur naturel. — Quant à l'objection qui prétend que Dieu serait ainsi au service de la passion humaine, elle est plus inconvenante que raisonnable. Dans ce cas, Dieu n'obéit qu'à une loi posée par lui-même pour le bien et la propagation delà race humaine; il n'est pas plus souillé en cela qu'il ne l'est en concourant, comme cause première, à tous les actes mauvais des pécheurs.

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