V. Ermoni
ANTELMI ou ANTHELMI Joseph naquit à Fréjus (Var), le 25 juillet 1648, d'une famille dans laquelle le canonicat et l'étude des gloires antiques locales semblaient être héréditaires. Se destinant à l'état ecclésias-
tique, Joseph alla étudier la théologie à Lyon, où il suivit les cours du célèbre Père Lachaise. Revenu en Provence, il devint à son tour chanoine dans l'église cathédrale de Fréjus, malgré les répugnances que sa modestie et ses goûts de travail et d'austérité lui avaient fait exprimer pour cette dignité, dans un traité resté inédit et intitulé : De periculis canonicorum. A l' exemple de ses oncles, Pierre et Nicolas, qui ont fourni à la Gallia christiana la liste des évèques de Fréjus, il s'appliqua particulièrement à l'histoire ecclésiastique de son pays et se proposa de faire celle de sa ville et de son diocèse d'origine. Il débuta par De initio ecclesiœ Forojuliensis dissertalio chronologica, critica, profano-sacra, in-4°, Aix, 1680. Dans le cours de son travail, Antelmi fut obligé d'entrer dans l'examen des questions semipélagiennes des moines de Provence et de rechercher le véritable auteur du livre de la Vocation des gentils, des Capitules sur la grâce, et de la Lettre à Démétriade. Il opta pour saint Prosper, à rencontre du P. Quesnel, qui attribuait ces ouvrages à saint Léon le Grand. Les deux savants échangèrent des lettres à ce sujet dans le Journal des savants, en août 1689. Finalement, le docte partisan de saint Prosper fit paraître en latin : De veris operibus SS. Patrum Leonis et Prosperi Aquitani dissertationes criticse, in-4», Paris, 1689. La lutte se reporta ensuite sur le symbole de saint Athanase. Tandis que Quesnel en faisait l'œuvre de Vigile de Tapse, évèque d'Afrique, vers la fin du ve siècle, Antelmi, au contraire, faisait revivre la conjecture de P. Pithou, qui met en avant le nom de saint Vincent de Lérins, Nova de symbolo Athanasiano disquisitio, in-8°, Paris, 1693. Ce livre se divise en quatre parties : la première prouve que ce symbole ne peut être de saint Athanase; la deuxième, qu'il a été composé au Ve siècle; la troisième examine la nationalité de l'auteur, son origine française et non africaine; enfin, il conclut, dans la quatrième, que cet auteur français est saint Vincent de Lérins. Ses conjectures se fondent sur la conformité d'expressions entre le style du moine provençal et nombre de passages du symbole, mais principalement sur le dessein qu'il manifeste, dans un de ses écrits, de retoucher plus au long la confession des mystères de la Trinité et de l'Incarnation. Dans la même année, Antelmi publia encore une lettre au P. Pagi touchant l'âge, les actions et l'année de la mort de saint Martin de Tours. On lui est redevable de divers autres travaux historiques qui ont été recueillis et livrés à l'impression par son frère Charles, évêque de Grasse. Joseph Antelmi est mort le 21 juin 1697, à l'âge de 49 ans, à Fréjus, où il était revenu peu auparavant rétablir une santé compromise par trop d'application à l'étude. Dès 1694, en effet, il était vicaire général de l'évêque de Pamiers qui l'avait appelé pour apaiser les troubles occasionnés dans son diocèse par l'affaire de la régale. C'était un homme de beaucoup d'esprit, de prudence, de douceur et d'érudition.
Feller, Biographie universelle, Paris, 1845, t. n, p. 193; Biographie universelle ancienne et moderne, Paris, 1811, t. n, p. 243; Glaire, Dictionnaire des sciences ecclésiastiques, Paris, 1868, t. i, p. 114; Hurter, Nomenclator literartus, Inspruck, 1893, t. H, col. 540; Élie Dupin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du xvii' siècle, Paris, 1719, t. iv, p. 344.