‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 530 sur 536 · C. SOJIMERVOGEL · texte numérisé non relu

C. SOJIMERVOGEL

APELLES, hérétique du IIe siècle. — I. Vie. II. Doctrine. III. Réfutations.

I. Vie. — Parmi les nombreux disciples que suscita le gnostique Marcion, Apelles fut le plus fameux et d. 'passa de beaucoup Lucien, Potitus et Basilicus. Chassé de la secte marcionite pour acte d'incontinence, il dut se retirer à Alexandrie, où il ne tarda pas à se donner une compagne dans la personne de Philumène, qu'il disait inspirée de Dieu, qu'il consultait comme un oracle, et dont il écrivit les révélations, tpavEpwaei;. Tertullien, Prœsc, xxx, P. L., t. ri, col. 42-43. Philumène est nommée par Rbodon, dans Eusèbe, H. E., v, 13, P. G., t. xx, col. 460, et par les Phitosophumena, x, 12; les çavEpoxiêcç sont indiquées par Théodoret, sous le titre de 7rpo<f>7|TEta. User, fab., i, 25, P. G., t. lxxxiii, col. 376. Il composa de plus un ouvrage ou même une série d'ouvrages, sous le titre de ïuW.oyKjjxot, contre la théologie mosaïque. Tertullien, Prœsc, li, P. L., t. Il, col. 71 ; Origène, In Gènes., homil. il, 2, P. G., t. xn, col. 165. Saint Ambroise en donne un fragment, tiré du xxxviif tome De parad., v, 28. P. L., t. xiv, col. 286.

Bien qu'affilié au marcionisme, il fit œuvre à part, exposa des vues personnelles et fonda une secte qui prit son nom. Tertullien appelle ses partisans les Apeltétiens, De car. chr., vin, P. L.,t. n, col. 769; saint Cyprien de même, Epist., lxxiii, ad Jubaianum, P. L., t. m, col. 1112; saint Épiphane, àmeXkr^xvoi, Hœr., xliv, P. G., t. xli, col. 821. Il occupa une position intermédiaire assez curieuse dans le mouvement gnostique de la fin du ne siècle. Origène, en effet. In Gènes., loc. cit. ; Cont. Cels., v, 54, P. G., t. xi, col. 1265, et surtout In TH., m, 10, 11, P. G., t. xiv, col. 1303, se voit obligé de la déclarer hérétique, mais il a soin de le bien séparer des autres gnostiques.

Sur la fin de sa vie, Apelles fut pris à partie dans un colloque par Rhodon, l'adversaire déclaré de Marcion et de tous les marcionites. Il essaya d'échapper à ses arguments, prétexta que rien n'est plus obscur que ce qui regarde la divinité, déclara qu'il n'y a pas à examiner la foi, mais qu'il vaut mieux demeurer dans celle qu'on a, et accorda que ceux qui espèrent en Jésus Christ peuvent être sauvés, à la condition de faire de bonnes œuvres. A ce compte, et pour être conséquent avec lui-même, il n'aurait dû ni se faire marcionite, ni créer une secte nouvelle, ni combattre la Bible, si respectée des chrétiens. Mis en demeure de légitimer ses principes théologiques sur l'unité de Dieu, il se contenta d'avouer qu'il n'avait aucune raison pour en démontrer la vérité, mais qu'il y adhérait, uniquement poussé par son instinct plutôt que par des arguments démonstratifs; ce qui était donner à chacun le droit de croire ce que bon lui semble, méconnaître la révélation et proclamer le sens intime maître absolu des choses de la foi; et ce qui n'obtint de Rhodon qu'un sourire d'étonnement, presque de mépris. On ignore la date de la mort d'Apelles.

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