‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 2)Chapitre 66 sur 536 · C. Sommervogel · texte numérisé non relu

C. Sommervogel

ABSOLU C), absolutum, àTro^tov : ce qui est délié, sans attache, ni dépendance; ce qui est indépendant et, par conséquent, se suffit à soi-même. — I. Nature suivant la doctrine traditionnelle. II. Nature suivant les modernes. III. Existence.

I. Nature suivant la doctrine traditionnelle. — L'absolu est opposé au dépendant et non pas au relatif; car il n'exclut pas la relation en vertu de laquelle un autre dépendrait de lui. On pourrait même démontrer qu'il implique cette relation dans l'hypothèse où quelque chose existe en dehors de lui. — 1° L'Être qui est par soi, tô îxavév, et n'exige aucune cause pour arriver à l'existence ; qui est en soi, tô àvu7rô6eTov, et ne requiert aucun subslratum pour subsister ; qui est à soi et pour soi, tô avTapxeç, et trouve en lui-même sa propre fin comme il y possède sa raison d'exister : cet être est absolu dans toute sa plénitude, il est « l'absolu » (absolu total, ou absolu absolu). On conçoit qu'un tel être est essentiellement infini, parfait, éternel et nécessaire, car le fini et l'imparfait dépendent de la limite qui les borne; ce qui a commencé, ce qui est contingent dépend d'une cause extérieure qui l'a posé dans l'être et peut lui retirer son concours. Cependant on ne doit pas confondre, comme M. Rabier, Psychologie, Paris, 1881, p. 457, la notion d'absolu avec celles d'infini, de parfait et de nécessaire. — 2° Les êtres chez lesquels on trouve quelque indépendance, sont encore appelés « absolus » (absolus partiels ou relatifs), en raison et en proportion même de celte indépendance. Les essences sont absolues, parce qu'elles sont indépendantes de toute volonté et de toute puissance et que Dieu lui-même, en qui elles ont leur raison, ne saurait les changer. La substance, même créée et finie, est absolue, parce qu'elle est en elle-même, parce qu'elle est irrecepla. La qualité d'absolus doit donc être refusée aux accidents, qui n'étant ni propriétés essentielles, ni subsistants, dépendent nécessairement de l'essence et de la substance. — 3° L'absolu se rencontre encore dans l'ordre du vrai et dans celui du bien. Dans le premier de ces ordres, les propositions ayiahjliques sont absolues et tirent leur vérité d'elles-mêmes, c'est-à-dire de l'analyse d leur sujet, tandis que les propositions synthétiques ne sont vraies que de la vérité des faits contingents qu'elles expriment. Par rapport aux conclusions qui dérivent d'eux, les principes sont a6soh«s,puisqu'ils sont évidents par eux-mêmes. Les réalités objectives sont aussi appelées absolues par rapport à la connaissance à laquelle elles imposent leur vérité et dont elles sont indépendantes. — 4° L'ordre du bien renferme des absolus corrélatifs. Dans la distinction entre les actes bons et les actes indifférents, qui correspond à la distinction entre les jugements analytiques et les jugements synthétiques, ceux-là tirent leur bonté de leur nature même et représentent l'absolu; le dépendant et le relatif réside dans les actes indifférents que les circonstances extrinsèques rendent bons ou mauvais. Les fins qui sont aux moyens ce que les principes sont aux conclusions, représentent également l'absolu, tandis que les moyens, qui sont bons de la bonté de la fin, sont relatifs et dépendants. La série des fins et des moyens qui aboutit à la fin suprême constitue le devoir. Elle est aussi indépendante de la volonté que les réalités objectives le sont de la connaissance : elle est l'absolu du devoir. La volonté qui veut ces fins et ces moyens, la raison qui connaît les réalités objectives sont les facultés de l'absolu.

II. Nature suivant les modernes. — Les sens don nés par les modernes au mot absolu sont très nombreux.

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