‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 10 sur 338 · I. Démonstration uinùiLNM. — C'est le traité de la · texte numérisé non relu

I. Démonstration uinùiLNM. — C'est le traité de la

vraie p ligion . an sujet duqm l questions préliminaii

/. OÉMOMSTSATIOH PMÉUMIIfAtBB M rÉBJTÉS H.ltionsbllbs. faut-il supposer ou démontrer les \rationnelles, conditions essentielles de la foi? La naissance humaine, l'Ame spirituelle et libre, l'existi

et les attributs de Dieu font-ils partie intégrante de l'apologétique? — Au point de vue scientifique et rigoureux, no n ^ devrions répondre négativement; au point de vue pratique et pour que la démonstration soit pleineroi nt persuasive, nous n'hésitons pa^ a approuver !> qui font précéder la théologie fondamentale de notions métaphysiques et psychologiques, sans lesquelli traité de la religion nous semble dépourvu de 1

Caries théologiens et les philosophes n :.t et

proclament qu'en ce siècle, plus encore qu'an tempe Fénelon : « Ce qui manque à beaucoup de personne n'est pas tant la religion que la raison; • or celle-ci perdue, il est impossible de retrouver celle-là. En ce désarroi des doctrines, en cette multiplicité témes, il faut distinguer les manières de penser incompatibles avec les croyances chrétiennes, et démontrer qu'elles sont illégitimes, parce qu'elles recèlent une contradiction fondamentale. Une justification des vérités élémentaires est donc l'œuvre préalable de l'apologiste. File portera sur divers points :

1. Théorie de la connaissance. — On sait que plusieurs réduisent la philosophie tout entière a l'épistémoli la vérité n'est plus adxqualio rci et inlellectus, mais seulement l'accord de nos concepts entre eux, et la cohérence du contenu de notre pen-

Appliquer les catégories de l'esprit aux données de l'expérience reçues et élaborées dans les formes subjectives de l'espace et du temps, c'est la seule ambition proposée, la seule biche possible à la raison. Ne faut-il pas revendiquer et rétablir l'objectivité de nos connaissances et, sans méconnaître ce qu'il y a en elles de forcément relatif, ce que l'activité de l'esprit produit d'original, de personnel dans la sensation et la pensée, n'est-il pas indispensable de soutenir et de démontrer qu'il existe des êtres hors de nous, qu'ils sont ace blés à nos facultés de connaître, que de notre esprit ne dépend pas la nature des choses, que c'est vraiment l'évidence, l'éclat de la vérité perçue qui engendre nécessairement la certitude'.'

Sans doute nous sommes en présence de vérités indémontrables, pour lesquelles les arguments sont inefficaces et heureusement inutiles, puisque aucune démarche intellectuelle, depuis celle qu'exigent les actes ordinaires et vulgaires jusqu'à l'essor hardi des plus hautes spéculations métaphysiques n'est possible, si elles ne sont pas admises et assurées, Mais qui oserait dire que des explications, des rapprochements, des analyses ne projettent pas leur lumière sur ces vérités, et ne dissipent pas h s sophismes qui les altèrent, ou les préjugés qui les obscurcissent?

D'autant plus que les moyens d'arriver au vrai étant très différents, suivant qu'il s'agit d'un objet d'intuition ou de raisonnement, d'expérience ou de témoi règles de la logique et de la critique devront étr* rappelées, expliquées au théologien ou au croyant, qu querait de s'abuser en cherchant une évidence mathématique là où une évidence morale est seule de mise, ou, tout au rebours, de se contenter d'arguments probables là OÙ sont requises des preuves apoclietiquc-. <t de1 confondre les opinions fugitives et variables l'inébranlable certitude. M. le chanoine Didiot a cru cette entreprise nécessaire, et dans son volume intitulé

Logique surnaturelle objective, Lille, 1 s*» l . il a com

plusieurs théorèmes à cette objectivité de OOS connais- •anecs.,, pleinement intelligible, entièrement lumineuse. totalement évidente. ■ Thé-or. II et 111. Ainsi peuvent et doivent être écartes 1 ilidllk IclKV dC8 sceptiques, pour

APOLOGETIQUE (OBJET)

lesquels aucune vérité n'est absolue, aucune connaissance définitive, et qui allient les notions opposées dans l'illusoire unité d'un jugement dont les termes se contredisent ; les raffinements des idéalistes dont la dialectique trompeuse ramène la réalité aux combinaisons et aux jeux de la pensée, à un songe, à une ombre; les subtilités des phénoménistes qui refusent d'apercevoir la substance sous les accidents, et la réduisent à une série, à un enchaînement d'apparences dont la loi, établie par l'intelligence, demeure la seule et permanente réalité.

2. Vérités psychologiques. — L'apologiste devra poser les principes qui lui permettront de mettre en rapport la révélation chrétienne avec le sujet qui doit la recevoir, c'est-à-dire la connaître et l'embrasser; ce sujet, c'est l'âme humaine. Si elle n'est spirituelle, elle ne s'élèvera pas au-dessus des données sensibles, et le monde supérieur de la foi lui sera fermé; si elle n'est libre, l'obligation d'étudier et d'embrasser une doctrine surnaturelle ne peut lui être imposée; si elle n'est immortelle, son activité bornée aux objets terrestres, n'ayant d'autre but que les biens, les plaisirs et les ambitions de la vie présente, se désintéresse naturellement et nécessairement d'un monde invisible et inaccessible, puisqu'elle n'aura jamais l'occasion de s'y exercer. La démonstration chrétienne implique donc une théorie spiritualiste et chrétienne de l'âme. Et, parce que la personne humaine est esprit et corps, les problèmes qui concernent le composé humain doivent être abordés, car de leur solution dépendent en partie les spéculations de la théologie sur l'action sacramentelle, la résurrection de la chair, les préceptes delà morale qui s'adressent non à un esprit séparé de la matière, mais à l'homme tout entier.

Il est évident qu'on ne demandera pas à l'apologétique un traité complet sur cette matière; elle devra se limiter aux notions indispensables et, pour atteindre tous les esprits, rester en dehors des systèmes, et n'aftirmer que les vérités connues par la raison avec certitude. Est-ce à dire qu'elle puisse rester neutre et se dispenser toujours de prendre parti entre les écoles? Je ne le crois pas. Supporterail-on, par exemple, qu'elle admît, avec Locke que la matière peut être capable de penser, ou, avec Condillac, que nos idées ne sont que des sensations transformées? D'autant plus qu'elle se trouve en présence d'une école nombreuse et bruyante de savants pour lesquels la psychologie n'est autre chose qu'une application ou une branche de la physiologie, et qui réduit son ambition à mesurer la rapidité ou l'intensité des actes psychiques. Certes, on ne devra point méconnaître la légitimité de la psychologie expérimentale, dont les principes et, jusqu'à un certain point, la méthode furent formulés par les grands scolastiques, et en particulier par saint Thomas d'Aquin; les recherches auxquelles se livre la psycho-physique sont utiles, et les résultats qu'elle obtient très dignes d'intérêt. Mais, bien que l'activité mentale soit étroitement liée à nos états som itiques et dépende, dans la plupart de ses manifestations, des conditions physiologiques parmi lesquelles elle S'exerce, l'apologiste devra montrer qu'il faut se garder de considérer comme identiques les phénomènes qui ont le corps et l'esprit pour théâtre, et que la pensée apparaîtra de plus en plus, â mesure qu'on approfondira davantage sa nature, absolument irréductible au mouvement.

8. Tliéodicée. — La théologie surnaturelle suppose uni théologie naturelle qu'il appartient à la raison d'édifier. La révélation est une réalité extérieure et supérieure à l'homme; elle esl comprise par une intelligence créée; clic est reçue dans une âme humaine ; elle vient de Dieu. Il faut donc s'élever jusqu'à l'Être infini de qui elle procède, et qui l'octroie à la créature comme un don gratuit. Nous sommes en présence des traditionalistes dont on connaît les oppositions et les résistances. Voir

Traditionalisme et Fidéisme. Sans les réfuter ici directement, il faut bien dire qu'on retrouve leurs affirmations en des ouvrages contemporains dont les auteurs s'imposent à l'attention et à la reconnaissance des catholiques par la sincérité, les services et le talent. Car dire, avec un des plus autorisés : « On ne démontre pas l'existence de Dieu... on y croit ou on n'y croit pas, » c'est bien la formule exacte du fidéisme. Mais, puisque l'essence divine n'est pas objet d'intuition, puisque l'existence de Dieu n'est pas un fait d'expérience, il faut bien que la proposition qui l'affirme soit la conclusion d'un raisonnement, si l'on ne veut confondre la croyance avec une tendance instinctive, une opinion personnelle et subjective qui demeure vague, indéterminée, impression personnelle, qu'Userait impossiblede communiquer â autrui. Il importe cependant que l'idée de Dieu soit précise, afin que l'Être infini demeure distinct et transcendant par rapport à tous les autres. Si l'on veut qu'il ne soit pas confondu avec l'ensemble des choses, le concept idéal du monde, ou la résultante des forces cosmiques, il faut dégager la notion qui l'exprime des rêveries monstrueuses du panthéisme; s'il doit apparaître indépendant de tout ce qui n'est pas lui, et agissant avec une autorité suprême sur le monde, le dogme de la création doit être approfondi pour que, souverain maître de toutes choses, il les dirige vers la fin conçue par sa sagesse et voulue par sa bonté. C'est donc à juste titre que, par des méthodes diverses et sous des formes variées, saint Augustin, Bossuet et Joseph de Maistre ont insisté sur la démonstration de la providence. Là nous semble être le point fixe d'où l'apologétique doit partir, la vérité fondamentale sur laquelle s'appuient tous ses arguments, qu'ils impliquent comme une affirmation essentielle, sans laquelle ils demeurent inintelligibles et inefficaces.

Tels nous semblent être les préliminaires rationnels de la démonstration chrétienne, que l'on pourrait résumer en ces termes : L'homme peut connaître avec certitude, par l'univers dont il fait partie, un Dieu qui le dirige vers sa destinée immortelle.

//. de LA nEUGiox. — Dieu et l'âme étant connus dans leur existence et leur nature, une relation naît entre eux, que l'on a appelée la religion. On ne met guère en doute, aujourd'hui, la réalité du phénomène religieux, irréductible à tous les autres, qui, naissant des profondeurs de la nature humaine, aflleure à sa surface comme expression supérieure de son activité. Mais la religion est pour les positivistes la manifestation primitive de nos aspirations supra-sensibles, l'état dans lequel elle a constitué notre race a été remplacé successivement par la spéculation ou état métaphysique, par l'explication ou état scientifique. Pour les évolutionistes, elle est l'épanouissement d'un germe que l'on découvre dans les besoins de la vie animale et se développe par une dilférenciation et un progrès des tendances qui la constituent. Kant et ses disciples la réduisent au concept mystique de la moralité : la religion ne serait que le véhicule des préceptes qui imposent le devoir et une forme concrète de l'impératif catégorique, spécialement adaptée à l'intelligence des petits et des humbles. D'autres. avec Schleiermacher, la font consister dans le sentiment de notre dépendance à l'égard de Dieu, ou avec Jacobi, dans une affection pieuse sans objet précis. Innombrables sont les définitions des rationalistes modernes pour exprimer l'origine et les formes de ce phénomène religieux qui les déconcerte, et pour le ramener à un fait psychologique, purement naturel, qui s'accommode â tous les cultes et coexiste parfois avec l'athéisme lui-

mê L'apologiste démêlera dans le concept complexe

de la religion le système des vérités qui la constituent, I ensemble des préceptes qui en découlent, des rites par lesquels Dieu et l'homme sont lies entre eux; dogme,

éthique, culte, les éléments intellectuels, moraux et rituels qui la composent, doivent être uns en lumière pour

APOLOGÉTIQUE OBJET

que la religion vraie ne puisse être confondue avec la philosophie, la morale, l'art ou ave* l( - pratiques, autrei universelles et encore subsistantes, de la n i i nécessité de la religion est une conséquence de la majesté divine, un bien qui résulte dea rapporta indispensables de la créature avec le bien infini qui est la On suprême, l'expression de la volonté parfaite qui nous impose sa loi, le lien social par excellence qui re dans l'unité la société des hommes entre eux et avec leur créateur, ainsi se constitue immuable, constante et universelle une religion naturel].' par laquelle Dieu est honoré el donl on retrouve l'ébauche et les traits caractéristiques, dans le temps et dans l'espace, bous les déformations et les altérations du polythéisme. C'est à elle qu'aboutissent comme à leur terme, les plus hantes spéculations des intelligences, les efforts les plus vertueux de la volonté, les meilleures aspirations du cœur, les institutions les plus parfaites de la vie sociale. La religion apparaît ainsi comme la plus magnifique lloraison de l'âme et de la cité. Voir RELIGION.

Mais n'y a-t-il pas une religion positive? La raison et la nature sont-elles les limites des vérités qu'elle affirme, des devoirs qu'elle prescrit, des biens qu'elle promet? L'ordre fondé sur nos exigences, nos forces et nos aspirations naturelles ne peut-il être dépassé'.' On répond à ces questions dans une partie spéciale de l'apologétique. ///. TBÉORIE DU SURNATUREL. — Plusieurs théologiens ont pensé que cette question ne pouvait être utilement abordée que dans le traité de la grâce, et, en effet, c'i si alors seulement qu'elle recevra tous les développements qu'elle comporte et sera envisagée dans toute son ampleur; mais d'autres ont cru, avec Hettinger, Schrader, l'abbé Didiot, qu'il était au moins utile, sinon indispensable, d'indiquer les principaux éléments de l'ordre surnaturel, puisque la révélation n'a pas d'autre but que de le taire connaître. C'est lui qu'annonce la prophétie, que démontrent le miracle et les critères externes ou internes. Aussi bien dans le plan providentiel, c'est la fin qui occupe la première place, c'est vers elle que tout converge, c'est elle qui répand sa lumière sur tout le reste. Or la lin de l'ordre surnaturel, c'est Dieu contemplé face à face, non plus dans le miroir des créatures ou par les énigmes des analogies, mais sans intermédiaires et par la vue directe de son essence adorable; Dieu possédé réellement et éternellement, sans mélange, Dieu aimé dans l'union intime des facultés de notre âme avec les adorables personnes de la sainte Trinité; Dieu enfin communiquant pour toujours à ses créatures son amour et son bonheur.

Et puisque cette lin est évidemment et infiniment audessus de nos puissances, puisqu'elle dépasse nos forces, quelque développement qu'elles prennent, de quelque progrès qu'elles soient capables, puisqu'elle est située au delà de nos plus sublimes aspirations, elle ne saurait être atteinte sans des moyens proportionnés. Et d'abord, il est indispensable que la fin et les moyens soient connus : c'est l'objet même de la révélation donl il a plu à Dieu de nous enrichir.

IV. RÉVÉLATION 8URNATURBLLB. — Deux méthodes pourraient être proposées : on pourrait se borner à la méthode historique, c'esfré-dire exposer, depuis le protévangile ou la promesse d'un rédempteur faite à nos premiers parents après la chute, jusqu'aux \isions de saint

Jean à Palmos conservées dans l'Apocalypse, les communications par lesquelles Iheu a fait connaître à l'homme.

dans l'harmonie et la hiérarchie de ces éléments, la

religion surnaturelle, le bienfait souverain de sa providence. La preuve serait suffisante et rigoureuse, puisqu'on ne peut rien alléguer contre un fait cit. un. Cependant la plupart des apologistes procèdent autrement ei font précéder la constatation historique reposant sur I,. i d'une théorie philosophique donl les

diverses parties sont empruntées à la raison. Celte mé-

offre a t esprit des notions clati qu'il

n'aura plus qu'à appliquer aux far.

1 ordre al. -trait a foi d '.. et qui lui permet)

le .li-e. rie ment .•! la critique des do< une •

nementa par lesquels la révélation nous elle présente encore l'avantage de réfuter, au préalable, les objections qui peuvent naitre devant la raison, d aplanir les difficultés qui empêcheraient la CTO]

dissiper l.-s obscurités qui offusqueraient h- regard de l'esprit en lui démontrant comme possible ce qu'elk i

lui affirmer comme réel.

Cette théorie comprend : la notion de la révélation, ses modes et -'.n objet, sa convenance el ité,

l'obligation de la rechercher et d v adhérer; lèsent externes et internes qui en sont les signes et les preu /. Notion de la révélation. — On sait combien il nécessaire et opportun de maintenir la notion traditionnelle contre le rationalisme qui s'est emparé des t\ protestantes et cherche à pénétrer dans n net-

tement et résolument, il faut séparer cette action dir et spéciale de la providence du d< ni pure-.

ment interne de certaines données rationnelles, d'une évolution progressive de germi s virtuellement contenus en lame humaine. A c.-s doctrines hégéliennes qui ouvrages de Pfleiderer et de M. Sabatier ont vulgaria il faudra opposer la manifestation surnaturelle faite par Dieu des vérités qu'il veut faire connaître a sa créature. L.-s unes sont naturelles en elles-mêmes mais surnaturelles quant au mode de leur manifestation et à leur fin religieuse; d'autres sont inaccessibles et mystérieu Celles-ci seront l'objet propre et nécessaire de la communication revue par les hommes. Ni la nature de ceux-ci, ni l'aptitude et les droits de la raison, ni les attributs de llieu ne seront des obstacles pour la providence; mais il y aura au contraire entière convenance entre les besoins et les aspirations de l'âme, 1 la puissance, la bonté infinies, et la révélation de vérités qui dépassent et enrichissent notre intelligence.

2. Mode et nécessité d,' la révélation. — 1\ sera opportun d'insister sur la révélation médiate; non seulement celui auquel, par des imagi -. dea mots ou des , Dieu révèle une vérité ou prescrit une obligation destinées à l'instruction et à la conduite universelles, devient un médiateur entre Dieu et nous; mais encore son témoignage nous est transmis par une autorité' : liere. Exiger une communication distincte et Sp pour chacun de Ceux qui sont appelés a la vie surnaturelle est une prétention intolérable qui méconnaît les droits de Dieu et oublie la nature sociale de l'homme auquel une révélation médiate est parfaitement appropriée. La révélation qui a pour objet des mjl indispensable, dans l'hypothèse d'une élévation à l'ordre surnaturel, puisque la créature est incapable de le connailre et d'y atteindre par elle-même. Mais la révélation

qui a pour objet des vérités naturelles nous est présentée comme très utile, pour rendre universelle, vraie et certaine, cette science de la loi naturelle. condition essentielle de vertu et de bonheur. En quel sens est-elle moralement nécessaire pour noti

dépravée par l'idolâtrie? il est délicat et important de h"

déterminer. Une erreur, en cette matière, .-

jusqu'à l'hérésie l'impuissance humaine, et enlèverait

au surnaturel son caractère absolument libre .'t gratuit.

Bien conduite et sérieusement documentée, cette l

assigne a la raison .'t à la nature leur Vraie pUc rapport à la foi et a la grâce, maintient le droit des premières en faisant KSSOrtir le bienfait des SOCOnd fixe les relations qui les unissent.

.•(. Critère» dr /.i révélation, — Hais comme il servirait de peu que l'humanité possédât le trésor des \. rites

es, S'il était inaccessible, des notes.

critériums nous doivent être providentiellement

L'apologiste est ici en présence des revendications de

APOLOGÉTIQUE (OBJET

la nouvelle école, pour laquelle les notes internes — c'est-à-dire celles qui sont inhérentes à la révélation, inséparables de son contenu — sont préférables ou même exclusives, tandis que l'école traditionnelle reste fidèle à la méthode des notes externes, qui éclairent par le dehors la révélation et l'affermissent en lui prêtant l'appui de signes manifestes qui sont liés à la manière dont elle nous est parvenue. Voir Apologétique (méthodes). Le miracle est une matière exigeant des développements et des précisions qui n'étaient pas à ce point indispensables, avant les étonnantes merveilles dues aux applications scientifiques et auxquelles le xixe siècle a dû sa direction et sa marque distinctive. Depuis Houtteville jusqu'à M. Sabatier, la notion en est altérée, et le mouvement contingentisle qui s'est manifesté et propagé dans la philosophie contemporaine nous apporte une confirmation aussi précieuse qu'inattendue. Contre ceux pour lesquels il est un effet insolite des lois cachées de la nature (méconnaissant ainsi l'intervention directe et l'élément divin qui le constitue); ou centre les raffinés qui en exténuent la réalité en le réduisant à la relation personnelle d'un fait religieux avec tel ou tel sujet qui, l'atteignant par une expérience interne, le considère comme un témoignage de l'amour spécial de Dieu, il faut revendiquer sa réalité objective et son origine surnaturelle : réalité établie par la critique historique, origine démontrée par la critique philosophique. A ceux qui nient sa possibilité, et que Rousseau voulait « enfermer » comme des aliénés, l'on rappellera que l'ordre de l'univers n'étant pas métaphysiquement nécessaire, la force qui l'anime n'étant pas infinie, sa perfection n'étant pas absolue, il est toujours loisible à Celui qui a créé le monde, de lui communiquer des degrés d'être, principes de grandeur et de beauté, pourvu que les essences des créatures qui composent l'univers ne soient en rien violées ni détruites. Enfin contre ceux qui prétendent « qu'il n'y a pas lieu de croire à une chose dont le monde n'offre aucune trace expérimentale », E. Renan, Vie de Jésus, préface de la 13' édition, ou qui prétendent que « le miracle ne pourra jamais être constaté, ... parce que la constatation suppose une connaissance totale et absolue que le savant n'a point et n'aura jamais, et que personne n'eut au monde », A. France, Jardin d'Épicure, Paris, 1895, p. 202, il faut démêler les sophismes qui impliquent le complet scepticisme historique ou l'absolu scepticisme scientifique.

Des éclaircissements spéciaux sont exigés pour la prophétie, miracle de l'ordre intellectuel, qui suscite et suggère des difficultés métaphysiques; d'autant plus qu'elle joue un rôle décisif dans l'économie du christianisme. Confondue avec de vagues pressentiments, une intuition du génie, une inspiration prise au sens artistique ou poétique, elle perd toute sa valeur; elle n'est plus qu'une excitation spéciale, une exaltation de la sensibilité et un phénomène subjectif dont le hasard ou le parti pris expliquent seuls la réalisation. Il ne sera pas superflu d'éprouver la notion qu'en donnent les théologiens en la rapprochant de la science divine et de la* liberté humaine avec lesquelles elle doit s'accorder.

A. Caractère obligatoire de la révélation. — Cependant, possible et discernable, la révélation ne pourra vaincre la neutralité de l'indifférence ou la résistance rie la volonté que si elle se présente comme un devoir. Est-il nécessaire d'adhérer i une révélation publique et universelle, dont l'origine divine est démontrée? Cette origine divine, faut-il rechercher si elle est réelle, et par quelle méthode cet examen devra-t-il être institué? Cette obligation morale semble se heurter, en effet, au caractère essentiellement libre de l'acte de foi, et méconnaître la nature du privilège que l'on peut, à son gré', accepter ou refuser. L'apologiste prouvera qu'elle e i une conséquence <ie notre dépendance envers Dieu et de son souverain domaine sur nous. Parce qu'il est

cause première et cause finale, la révélation qui vient de Lui et conduit à Lui est la condition nettement nécessaire comme seul moyen voulu par la providence.

Ce travail fait, la théorie de la révélation est achevée : elle apparaît exempte de contradictions, en harmonie avec les attributs de Dieu et les aspirations de l'homme. Elle est possible, elle serait bienfaisante, mais est-elle vraie? — A-t-il plu à Dieu d'octroyer aux hommes une religion révélée et, parmi toutes celles qui se donnent comme telles, quelle est celle à laquelle appartient réellement ce caractère, à l'exclusion de toutes les autres? On répond à cette demande en établissant :

v. l'existence de la révélation. — Pour la démontrer, on peut suivre deux méthodes. — La première consiste à aborder directement la révélation chrétienne: Jésus est un personnage historique au sujet duquel la tradition, l'ensemble des écrits connus sous le nom de Nouveau Testament, les sources non chrétiennes ellesmêmes, nous offrent des renseignements. Or il se présente comme envoyé de Dieu et Dieu lui-même. Les prophéties réalisées en sa personne, les miracles opérés par lui, en sa faveur, ou par ses disciples, l'étude de sa personne et de son œuvre prouvent la véracité de son témoignage. La seconde remonte jusqu'aux révélations primitive et mosaïque, antérieures au christianisme, et n'aborde celui-ci que lorsqu'elle l'a montré suffisamment préparé dans ses origines. Il est évident que la dernière est plus complète, plus conforme à l'évolution qui est la loi des êtres vivants. Elle montre comment se développe le germe contemporain de la naissance de l'humanité, comment il se conserve et grandit. Si à la révélation chrétienne aboutissent les révélations précédentes, si elle est leur raison d'être, leur réalisation, leur perfection, il ne peut être sans intérêt de les considérer d'abord en elles-mêmes. Enfin, au point de vue polémique, l'histoire du peuple d'Israël soulève des questions, suscite des objections qui concernent et combattent indirectement la religion chrétienne. Pour ces motifs, il parait plus logique et plus scientifique de mettre en pleine lumière les enseignements, les préceptes et les rites qui constituent la religion judaïque.

Sans désapprouver la première méthode qui, étant plus courte, ramasse les arguments et en concentre les forces, qui ne complique pas la démonstration en y mêlant des éléments étrangers, qui n'exige pas l'appareil exégétique et les connaissances philologiques que réclame la seconde, nous croyons utile de résumer celle-ci et de montrer la liaison des diverses parties dont elle se compose.

1. Révélation primitive. — Plusieurs autours y distinguent trois époques : 1° d'Adam à Noé; 2° de Noé à Abraham; 3° d'Abraham à Moïse. Ce serait par une pétition de principes qu'on alléguerait comme révélés les enseignements et les préceptes contenus dans le Pentateuque, mais la tâche de l'apologiste consiste à montrer que les lois positives et les vérités doctrinales présentées en cet ouvrage, comme révélées, possèdent réellement ce caractère; et cette démonstration se fait, d'abord négativement, parce qu'elles ne contiennent rien de contradictoire, d'impossible, d'indigne de la sagesse et de la bonté suprêmes, mais au contraire qu'elles conviennent à merveille aux concepts les plus épurés de notre intelligence sur Dieu, l'homme et la religion, qu'elles sont des secours pour notre faiblesse et augmentent la dignité de notre nature; ensuite, positivement, parce que des prophéties et des miracles incontestables attestent que Dieu les a vraiment révélées. On en conclut que cette religion naturelle, dans les limites de laquelle les rationalistes et les naturalistes voudraient nous enfermer, ne fut jamais qu'une construction abstraite de l'esprit, n'a jamais existé seule et séparée d'un culte positif.

2. Révélation mosaïque. — Elle comprend des dogmes qui ne sont guère aulre chose que la claire affirmation

APOLOGÉTIQUE OBJE1

ou l'explication distincte dei it\ ités gravée* dans le cœur de l'homme ou transmise», d'Adam a Moïse, par une tradition continue ; mais surtout elle abonde en préceptes moraux, cérémonianx (qui ont trail aux sacrifices, aux sacrements, aux fêtes et observances légales), civils et politiques. Kn constante harmonie avec la sainteté de Dieu et la pureté de la morale, ces lois sont admirablement adaptées à l'état social et aux destinées d'Israël; aussi bien, l'histoire de ce peuple est caractéristique et plus qu'humaine; enfin, il faut la mer tout entière ou admettre qu'elle suppose des prédictions <le l'avenir et des interventions surnaturelles dont Dieu seul peut être l'auteur. Cette révélation contient cependant un élément qui nous empêche de la considérer comme définitive; elle suppose, en effet, elle attend, elle figure, elle prépare la venue d'un envoyé divin, d'un Messie, qui doit abroger la loi mosaïque en des circonstances indiquées avec précision par les livres qui la contiennent et la formulent.

3. Révélation chrétienne. — Parce qu'elle est contenue dans les Évangiles, plusieurs auteurs commencent par une étude sur leur autorité historique : ils sont authentiques, intègres, véraces. On ne peut dissimuler que ce procède n'ait en sa faveur la rigoureuse logique, mais, d'autre part, ne semble-t-il pas empiéter sur le domaine des exégètes? Ce sont, en effet, des questions scripturaires qui leur appartiennent, et il est d'une bonne méthode qu'une science ne mettra pas en doute ce qui est démontré par une autre; les physiciens supposent démontrés et regardent, avec raison, comme certains les théorèmes mathématiques sur lesquels ils appuient leur raisonnement. De plus, on pourrait soutenir que les Évangiles ne sont pas indispensables pour que l'existence de Jésus-Christ demeure incontestée. Paganismi enim imperio, dit le P. Hurter, successit regnum Christi; scliolis philosophorum, Christi schola; vitœ corruptissiniae vita ad doctrinam Christi expressa. Sed omnis effectus exigit causant et quidem adxquatam. Hujus autem effectus ideo univer salis, hujus commutalionis orbis, hujus novoe creationis causa nequit esse fraus, deceplio,mendaciuni, ignorantia, Christus non existens , sed mythicus et confie tus. Theol. dogm. compendium, 7-édit., Fribourg-en-Brisgau, 1898, t. I, p. 3i. On peut donc, si l'on ne veut omettre l'étude des Evangiles, se borner à une démonstration sommaire de leur crédibilité.

Deux questions se présentent alors, intimement liées entre elles et si parfaitement connexes que la réponse à l'une d'elles est la solution indirecte de l'autre : 1° Jésus- Christ est-il Dieu? 2° la religion chrétienne est-elle vraie'.' On a le droit de répondre affirmativement à la première, lorsqu'on a analysé et approfondi le témoignage de Jésus- Christ et des prophètes. Les miracles opérés par Jésus, les prédictions réalisées dont il est l'auteur, le fait de sa résurrection annoncée par lui, sa sainteté et sa doctrine sont des preuves solides. On résout le second problème en opposant aux incrédules la propagation de la religion chrétienne, sa merveilleuse conservation en dépit des obstacles et des périls, la transformation morale et sociale dont elle fut le principe, la multitude et l'héroïsme des martyrs qui ont donné leur vie pour elle. Naturellement, l'ordre des preuves n'est pas immuable, mais il se ramené, plus ou moins, à celui-ci, avec les variétés qu'impose la diversité des points de vue. Les théologiens récents ajoutent, ordinairement, un chapitre sur l'histoire des religions. L'un des plus estimes, .1. (>mger, sans traiter directement ce sujet, le fait rentrer dans sa dernière thèse, ainsi formulée : Rrligio chris-

tiana, in omne temptu futurum ab omnibus homini- Ims amplectenda est. Theol. fundamentalù, Fribourgen-Brisgau, I8'.f7, t. I, p. 905. 11 compare le christianisme ,i la lui naturelle insuffisante, à la loi mosaïque abrogée, aux divers cultes du paganisme, fictions mons-

trueuses de i humanité, an bouddhisme et au mabomeV lisme; il n'a point de peine a établir la transcendai de la religion de Ji sus. li autres commencent par établir que l'- monothéisme est la religion primitive et que l'i d'un fétichisme et d'un animisme universels est II missible; Us passent ensuite en revue ■ i i i ligioui i : dues à Zoroastre, Confucius ou Çakva ItoUfl le^ religions occidentales (polythéisme jrec et romain) pour constater que, malgré quelques aaeertioi

quelques lois justes et certaines 'vertu- des fondateurs

et des disciples, elles renferment de pernù rend

sur la nature divine et la loi naturelle, que leur influence n'a pas rendu meilleurs, c'est-à-dire plus parfaits et plus heureux, les hommes qui les embrassèrent, enfin que leur succession ne constitue pas toujours un pror plusieurs formes religieuses récentes étant moins pures et moins rapprochées de la vérité que certaines foi antérieures. Cette comparaison s'impose en présence des préjugés, des erreurs engendrées et favorisées par la prétendue « science des religions iqui les envisage toutes comme des produits de l'imagination, des synthèses de légendes vulgaires et de conceptions philosophiques ou les fruits naturels des diverses civilisations. Le résultat de cet examen est la conviction que le christianisme est la religion parfaite; qu'il n'est pas le produit des qualités de race, des procédés d éducation, des tendances d'un peuple ou des circonstances d'une époque, ruai» qu'il est éternel dans la pensée de Dieu et contemporain pour nous, de l'origine même de l'humanité. En germe, en figure, en ébauche dans l'Ancien Testament, il s'est développé, réalise, précisé dans le Nouveau. C'est un ensemble complet de vérités et de préceptes contenant tous les éléments de savoir et de moralité épars dans tous les systèmes religieux, absorbant en lui tout ce qu'il peut y avoir en eux de puissance et de vertu, et les dépassant incomparablement comme étant irréductible et supérieur à eux, d'un autre ordre, auquel ils ne pourront jamais atteindre, quels que soient le génie de leurs fondateurs, les progrès de leur science et de leur vie morale, parce qu'ils sont des produits de la nature humaine, tandis que, dans son origine, son essence et sa fin, il est vraiment divin.

Voilà ce que l'apologétique doit, avant tout, mettre en lumière. C'est ici, pour elle, le point central où tout converge. Les autres parties de sa démonstration peuvent être considérées comme des préparations ou d quences. Mais elle doit établir ensuite la forme organisée, collective, sociale que le Christ a imprimée à son œuvre.

11. Démonstration catholique. — Un homme doit être chrétien s'il suit la raison partout où elle le mène; cette qualité de chrétien est revendiquée par plusieurs sociétés religieuses. D'innombrables sectes, professant des dogmes divers. et même opposés, prétendent posséderla véritable révélation chrétienne. 11 est clair (pie, deux contradictoires ne pouvant être vraies, une seule tés religieuses, qui se réclament du Christ, ; doctrine dans sa pureté et dans son intégrité. On doit pouvoir la discerner puisque la volonté divine prescrit aux hommes la profession du christianisme comme l'unique moyen de salut. C'est l'objet d'un traité théologique intitule ht Ecdesia Christi. Il met en pn s l'Eglise romaine, les Églises schismatiques, les 1. protestantes, et démontre que la première seule instituée par Jésus-Christ Cette démonstration devant être le sujet d'articles spéciaux (voir Église . il suffira de tracer ici les grandes lignes qui donnent à O forme actuelle.

L'Église romaine est une société spirituelle et vi>iblc, fondée par Jésus-Christ, composée de créatures humaines soumises a l'autorité de son vicaire, le souverain pontife, et des évéques, successeurs des ap< '■

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