IV. Synode d'Antioche /.v excjENUs; substitution
l)E~ FORMULES SCFUPTURMRES AU SYMBOLE DE NlCÉE. — Dans ['été de 341, eut lieu, d-nns la capitale de la Syrie, la dédicace de l'église d'or, commencée par Constantin, et achever par Constance. A cette occasion, 97 évèques formèrent, entre le 22 mai et le 1" septembre, le synode dit de la dédicace, b» irxouvfoi;. En général, ils n'étaient pas hétérodoxes, mais tous étaient orientaux, la plupart n. me du patriarcat d'Antioche, et la minorité eusébienne comptait parmi ses membres des personnages aussi habiles qu'influents; il suffit de citer Flacillus d'Anlio- 'che, Eusèbe de Constantinople, Acace de Césarée, Patrophile de Scythopolis, Théodore d'Héraclée, Eudoxe de Germanicie, Dianéede Césarée en Cappadoce, Georges de Laodicée. C'est là ce qui peut aider à comprendre la physionomie si complexe de cette assemblée. Eiefele, Uist. '1rs conciles, trad. Leclercq, t. i, § 56. Ainsi, dans ce> vingt-cinq canons de discipline générale, auxquels les témoignages de respect n'ont pas manqué, deux trahissent nettement l'influence des évèques eusébiens, cl leur hostilité persévérante à l'égard de saint Athanase. le quatrième, il est dit que. si un évéque déposé par un syuode ose continuer ses fonctions comme avant
sa déposition, il ne doit plus espérer d'être réintégré. Dans le douzième, on lit que, si un évêque déposé par un synode vient importuner l'empereur , au lieu de porter sa cause devant un synode plus considérable, il ne doit pas obtenir de pardon, il n'a plus le droit d'exposer sa défense, et doit perdre tout espoir d'être réintégré par la suite. Ces deux canons devinrent aussitôt une arme dont les eusébiens se servirent pour faire confirmer par le synode d'Antioche la déposition d'Athanase, et pour s'opposer au projet qu'avait le pape Jules de faire examiner de nouveau dans un concile la cause du saint évêque. L'inlluence eusébienne se manifesta encore par la rédaction et l'acceptation de nouvelles professions de foi; c'était, par le fait même, porter un coup réel au credo de Nicée. Mais en même temps la présence d'évoqués orthodoxes réagit sur les eusébiens, et les force à se tenir à une distance de plus en plus notable de l'arianisme strict. Les quatre formules d'Antioche se trouvent dans saint. Athanase, De synodis, 22-25, P. G., t. xxvi, col. 720 sq.; elles sont reproduites, avec des notes utiles, par Hahn, Bibliot/iek der Symbole, 3e édit., § 153-156.
La première formule trahit dans ses auteurs une préoccupation apologétique; ils se défendent d'être, eux évèques, les partisans d'Arius; ils ne sont pas allés à lui, mais ils lui ont permis, après avoir examiné sa foi, de se joindre à eux. Rs énoncent ensuite leur croyance « en un seul Dieu suprême, eîç ëva 0£Ôv tôv t<ôv 6X<j>v, le créateur et conservaleur de toutes choses, les intelligibles et les sensibles; et un seul Fils de Dieu, seul engendré, qui a existé avant tous les siècles, et est avec le Père qui l'a engendré, nai cuvôvra t<5 yzyv^i)Y.6-:i aùfôv IlaTpt, par qui toutes choses ont été faites, les visibles et les invisibles ; lequel, aux derniers temps, est descendu par la volonté du Père, et a pris chair de la Vierge... ». A la fin, Marcel d'Ancyre est visé, quand on dit du Fils, « qu'il reviendra juger les vivants et les morts, et qu'il demeure roi et Dieu pour l'éternité. » Le symbole provient évidemment d'évèques qui, au synode de Tyr, avaient eu une part active à la réhabilitation d'Arius et de ses partisans; on peut, sans témérité', y voir la main d'Eusèbe de Constantinople et de son groupe. Le contenu est littéralement orthodoxe, mais l'omission de 1'Ô|j.oo'j(tio; et la généralité des termes employés témoignent nettement d'une tendance antinicéenne.
On ne s'arrêta pas à cette première formule; une seconde fut émise peu après, beaucoup plus détaillée et plus importante aussi pour la suite de l'histoire : « Conformément à la tradition évangélique et apostolique, nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, l'auteur, créateur et conservateur de toutes choses, duquel tout provient; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, son Fils, le seul Dieu engendré, tôv ixovoyevîi 0eôv, par qui tout a été fait, engendré du Père avant les siècles, Dieu de Dieu, tout du tout, unique de l'unique, parfait de parfait, roi de roi, Seigneur de Seigneur, Verbe vivant, sagesse vivante, vraie lumière, voie, vérité, résurrection, pasteur, porte, immuable et sans vicissitude, im;ia' adéquate, àirapàXXaxxov Etxdva, de la divinité, de la substance, ovfftoc, de la volonté, de la puissance et de la gloire du Père, le premier-né de toute la création, qui au commencement était en Dieu, Verbe Dieu, suivant ce qui est dit dans l'Évangile : Et le Verbe était Dieu; par qui tout a été fait, et en qui tout subsiste; lequel, aux derniers temps, est descendu d'en haut, est né' de la Vierge selon les Ecritures, et s'est fait homme, i'vOptoTrov -,'çvoij.îvo'/... » Puis, à propos du texte Baptitantes eos in nomine Pains ri Filii ri Spirittu Sancti : « Ces noms ne sont pas placés là par hasard ni sans raison, mais ils signifient clairement l'hypostase propre, tt,v oï/.eiav ùndataire/, le rang et la gloire île chacun de ceux qui sont nommés ; ils font voir qu'ils sont trois par l'hypostase, et un par l'union, tr, u.èv Onoatiaei tpia, t/j
ARIANISME, RÉACTION ANTI-NICÉENNE
c: OVUfSvff Iv... I Vient enl !'" '"
qu'un, en opposition avec l'enseignemenl manifeste el salutaire de l'Écriture, dit qu'il fut un tempa ou une durée quelconque, %p<Svov <. Kaipàv V. cùfcva, ou le I lia n'était paa engendré, qu'il aoil anathème. Et si quelqu un appelle le Fila créature, comme l'une dea créature», ou ,.„. endré, comme l'un dea engendrés, ou produit, comme l'un dea produits, el - il ne suil paa sur tous ces points ,. . qUe nous onl transmia lea saintes Ecritures, ou qu il ensi igné ou prêche une doctrine différente de celle que nous avons reçue, qu'il soit anathème. »
Quelle était la provenance de cette seconde formule'.' Ses partisans prétendaient la rattacher à Lucien d'Antioche, comme nous l'apprend Sozomène, ai, ■>, P. G., t. i.xvn, col. 1044; mais cet historien se demande s'ils n'agissaient pas ainsi pour couvrir leur propre doctrine de l'autorité du saint martyr. Dans l'état actuel opinions, la question reste douteuse. Hahn, loc. cil-. note 00, p. 181; Gwatkin, Studîet, p. 120-122. Il semble fort probable que, si le fond du symbole fut emprunté à Lucien, d'autres inlluences intervinrent dans la rédaction. On a déjà vu que, d'après Philostorge, la conception du Fils, comme stcapâX^axtov s!-/.ôva, serait une altération de la pure doctrine lucianiste par Astérius ; pinailleurs, les idées et même les expressions caractéristiques de cette seconde formule se retrouvent dans les livres d'Eusèbe de Césarée contre Marcel d'Ancvre. En réalité, par son relief scripturaire et le choix même des fermes, cette profession de foi pouvait répondre à un double état d'esprit, celui desorigénistes subordinations, et celui de ces évèques orientaux d'alors qui, se déliant de la consubstantialité, voulaient s'en tenir aux formules antérieures. La tendance anti-nicéenne apparaît surtout dans l'omission du mot A(j.oojito;; la tendance subordinatienne, dans la phrase où l'on parle du rang et de la gloire propres a chacune des personnes divines. De plus, comme le terme à'hypostase était alors, pour les ariens et même pour la plupart des Orientaux, synonyme de substance, l'expression tvj (j.èv imoT-ivi: -pix, t?, Se sujtçovi'y i-> restait grosse d'équivoques et de difficultés. Saint llilaire l'excuse, en y voyant une simple réaction contre le sabellianisme. De synodis, 31-33, P. L., t. x. col. 50i-ôOG.
Tous ne furent pourtant pas satisfaits; l'évêque Thcophrone de Tyane présenta une troisième formule, dont la caractéristique est l'affirmation accentuée de la distinction personnelle du Verbe, et la réprobation explicite de Marcel d'Ancvre et de ses fauteurs. « Je crois en Dieu, Père tout-puissant..., et en son Fils le seul engendré, Dieu Verbe, puissance et sagesse, Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui tout a été fait, engendré du Père avant tous les siècles, Dieu parfait de Dieu parfait, existant hypostatiquement en Dieu, ovTa rcpb; tôv 0ebv èv ânovrâmij lequel, aux derniers temps, est descendu, est né de la Vierge selon les Écritures, et s'est fait homme, 4v«v8pcoitTi<T«vTa... et demeure éternellement... Pour celui qui pense comme Marcel d'Ancvre ou Sabellius, ou Paul de Samosate, qu'il soit anathème, lui el tous ceux qui gardenl sa communion. » Tous souscrivirent à ce symbole, nous dit saint Athanase; acte qui en soi n'était que la réprobation d'une doctrine erronée. mais qui, dan- les circonstances où il se produisait. devenait une réponse (l'une extrême gravité a la lettre du pape Iules proclamant l'innocence de Marcel d An-
cyre. ..
Enfin, quelque temps après, une quatrième rormuie fut rédigée dans une nouvelle réunion des évoques orientaux, considérée comme une prolongation du synode
in enemniit : e Nous croyons en un seul Dieu. Père tout-puissant, auteur el créateur de tout. -s choses, de qui provient toute paternité dans le ciel el sur la terre. It en son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, engendré du Père avant tous les siècles. Dieu de Di t,
lumière de lumière: par qui tout 1 I Verbe ' mie lun "''•
aux dernien temps, »'esl tait homme pour no ■jver/cï-Ti.... dont é m fin demeure
s... Quant •< ceui qui di du néant. OU d mie autre hypost Dieu; et ceus qui disent : Il y eut un temj
Eglise catholique les regarde comme des étranrmule plus politique, rédigée en vue dentaux: beaucoup plus rapprochée de la foi de Ni que la première formule, elle évitait les difficu pouvaient susciter la seconde et la troisi< me, o
anche, moins nette et moins progressive. Da? suit.-, quand ils évoqueront le synode d Anliocbe. les Orientaux parleront tantôt de la seconde, tantôt de la quatrième formule. . .
Ln somme, toutes ont un point commun, 1 omission de r6|tooû<ru>c; toutes cependant, les trois den tout, abandonnent nettement l'arianisme propren dit. mais la préoccupation parait être de faire rejaillir sur la doctrine nicéenne les conceptions sabelliei de Marcel d'Ancvre. Cette tendance à mêler une question personnelle a la'grande cause de la foi de Nil Huera d'être pendant longtemps une matière de discorda entre l'Orient et l'Occident Pris en soi, le synode d Antioche i»i encmnUê, en inaugurant 1ère des formules dogmatiques, lançait les anti-nicéens dans une voie ou leur foi se trouverait, pour des années, a 1 état d équilibre instable.
Vers la même époque, soit dans la seconde moitié de 341 soit dans les premiers mois de 312. mourut l'évêque de Constantinople. Eusèbe de Nicomédie. Les orthodoxes profitèrent de la circonstance pour réinstaller Paul dans son église, mais les ariens, ayant à leur tète Théognis de Nicée et Théodore d'Héraclée, se réunirent dans une autre église, et élurent Macédonius. La rivaliti bientôt en des luttes sanglantes, ou le général Hermogetie fut massacré. Constance, accouru à Constantinople, chassa Paul, mais sans confirmer encore l'élection de son rival. Quelque temps après, l'évêque chas de rentrer dans la ville impériale. Constance II par le préfet du prétoire, et conduire en exil a Tl Ionique. Macédonius fut intronisé de force. Doubl. sure qui fut suivie d un nouveau soulèvement populaire, et lit répandre beaucoup de sang.
V L'Orient et l'Occident en présence: Sarpiqi e et Philippopolis. Quatre évéques. Narcisse de N nias, Maris de Chalcédoine, Théodore d'Héraclée et Marc d'Aréthuse, avaient fté chargés de porter la quatrième formule d'Anlioclie en Gaule el de la présenter à l'empereur d'Occident Us n'obtinrent pas le but qu ils se proposaient; mais, vraisemblablement sur les conseils d'Osius de Cordoue et de tfaximin de Brèves, Constant prit une initiative qui allait avoir de grand, s quences. En avril ou mai 342, il fit venir à Milan Uhanase et lui communiqua le projet qu il avait cou. u d'agir auprès de son frère Consumée pour l amener a convoquer un grand concile à Sardique (aujourd'hui Sophia en Bulgarie), ville située à peu près sur la limite des deui empires, mais sous la domination de Constant Cette assemblée aurait surtout un double but: faire porter un jugement définitif sur Athanase et les autn- évèques jugés jusqu'alors d une façon si différente par les orientaux et les Occidentaux; fixer la vraie foi pour mettre un terme au caprice des eusébiens qui venaient de donner en quelques mois quatre
différents. Constance, préoccupé alors de sa guerre les Pi rses, n'osa p.. s se montrer désobligeant a 1
on frère, el le concile fut convoqué. Au d.i a ,.,„,. tint athanase alla en Gaule conférer
Osius et fous deux se rendirent enseml - rdique.
.1 ... , ^ Ccmstanltutii, '.. P. R, l. xi 1. concile se tint, non I un* 1 ont du,
ARIANISME, RÉACTION ANTI-NICÉENNE
après Socrate et Sozomène, nombre d'auteurs, mais dans l'été ou, au plus tard, dans l'automne de 343. Epist. heort., Citron., P. G., t. xxvi, col. 1354; Hefele, Hist. des conciles, trad. Leclercq, t. I, p. 737; Gwatkin, Sludies, p. 124. Il s'y trouva environ cent soixante-dix évèques, dont soixante-seize eusébiens et quatre-vingt-quatorze orthodoxes. S. Athanase, Hist. arian., 15, P. G., t. xxv, col. 710; Socrate, n, 20, P. G., t. lxvii, col. 235. Parmi les eusébiens, on remarquait Etienne d'Antioche, Acace de Césarée, Basile d'Ancyre, Théodore d'Héraclée, Marc d'Aréthuse, Eudoxe de Germanicie, Macédonius de Mopsueste, Maris de Chalcédoine, Ursace et Valens. Parmi les orthodoxes on comptait des représentants de divers pays : Espagne, Gaule, Bretagne, Afrique, Italie, Illyrie et Dacie, Macédoine et Thrace, Egypte; après Osius de Cordoue, les principaux évèques étaient Gratus de Carthage, Protase de Milan, Vérissime de Lyon, Maximin de Trêves, Fortunatien d'Aquilée et Vincent de Capoue. Saint Athanase, Marcel d'Ancyre et Asclépas de Gaza , déposés par les eusébiens, se trouvaient présents. Le pape Jules était représenté par deux prêtres, Arcbidamus et Philoxène; Osius présida. Mais dès le début, on se heurta à un parti pris desOrientaux, effrayés sans doute de se voir en minorité ou disposés d'avance à ne rien céder des décisions prises dans leurs synodes. Ils posèrent comme condition préliminaire qu'on devait tenir pour déposés et définitivement jugés Athanase, Marcel et les autres évèques qui étaient dans le même cas; agir autrement, ce serait manquer de respect aux conciles orientaux qui les avaient condamnés. Tout ce qu'on put leur dire fut inutile; et quand ils virent la majorité des Pères disposés à passer outre, donnant pour prétexte qu'ils venaient d'apprendre une victoire de Constance sur les Perses et qu'ils devaient aller le féliciter, ils quittèrent précipitamment Sardique pendant la nuit et se retirèrent à Philippopolis, ville de Thrace qui obéissait à l'empereur Constance. Deux seulement restèrent, Astérius de Petra en Arabie et Arius de Palestine; par eux furent connues les trames des eusébiens.
Les orthodoxes n'en continuèrent pas moins leur œuvre. Ils revisèrent d'abord entièrement les procès de saint Athanase, de Marcel d'Ancyre et d'Asclépas de Gaza. L'enquête fut favorable aux accusés; voici, en particulier, le passage de la lettre synodale relatif à l'évèque d'Ancyre : « On nous a lu également le livre de notre collègue Marcel, et la fourberie des eusébiens a été reconnue ; car ce que Marcel avait dit sous forme di question, ils l'ont accusé calomnieusement de l'avoir enseigné ex professa. Après avoir lu le contexte, on a reconnu que sa foi était droite. Il n'attribue pas, comme les eusébiens l'affirment, pour commencement au Verbe de Dieu sa conception dans le sein de Marie, et il ne dit pas que son règne doive finir. Car il avait écrit que son règne n'a ni commencement ni (in. » L'enquête faite eut un autre résultat; elle montra toutes les illégalités et les violences dont les eusébiens s'étaient rendus coupables. Le concile déposa et anathémalisa les chels du parti, Théodore d'Héraclée, Narcisse de Néroniade, Etienne d'Antioche, Georges de Laodicée, Acace de Cé- Ménophante d'Éphèse, Ursace et Valens ; il frappa pareillement d'anathème les évèques intrus, comme uire de Cappadoce. Puis, il publia des canons sur la discipline ecclésiastique, mais s'abstint prudemment di donner une autre formule de foi que celle de Nicée. On a cité parfois, il est vrai, comme symbole de Sardique un document rapporté par Théodoret, II, 6, P. G., t. lxxxii, col. 1012 sq.; mais c'est à tort, il faut probablement voir là une explication du symbole de Nicée projetée par Osius de Cordoue et Protogène de Sardique. On y remarque plusieurs points notables; une allusion aux erreurs christologiques des ariens, quand il est dit qu'en Jésus-Christ l'homme a souffert, et non pas le
Verbe; l'affirmation explicite de l'éternité du Fils et de son règne; la reconnaissance d'une certaine supériorité dans le Père « non pas en vertu d'une substance autre ou d'une diversité quelconque, mais eu égard au nom de Père qui est plus grand que celui de Fils » ;. surtout, l'emploi du mot ÙTtôcrTaac; dans le sens d'oùac'a, ce qui fait qu'on maintient dans les trois personnes de la Trinité une seule hypostase, [xi'av ÛTtdarairiv. Sous ce dernier rapport, la feuille de Sardique témoignait chez quelques Occidentaux d'une attitude intransigeante en fait de terminologie que nous retrouverons plus tard au concile d'Alexandrie de 362 ; c'est le signal de la querelle des trois hypostases. Voir Th. de Régnon, op. cit., 1™ série, p. 167-1(39.
Les actes du concile de Sardique furent communiqués au monde catholique par trois lettres, adressées l'une à l'église d'Alexandrie et aux autres églises dont les pasteurs avaient été déclarés innocents, une autre aux évèques de la chrétienté, une troisième au pape Jules. S. Athanase, Apol. contr. arian., 37-49, P. G., t. xxv, col. 371 sq.; S. Hilaire, Fragm., Il, 1-14, P. L., t. x, col. 632 sq. (texte assez défiguré). Deux légats, les évèques Vincent de Capoue et Euphratès de Cologne, furent envoyés à Constance; ils devaient solliciter de cet empereur la permission pour les évèques déposés, saint Athanase en particulier, de rentrer dans leurs diocèses ; Constant leur avait donné une lettre de recommandation, écrite sur un ton ferme et même menaçant. Socrate, II, 22, P. G., t. lxvii, col. 246; Théodoret, il, 6, P. G., t. lxxxv, col. 1018.
De leur côté, lesOrientaux ne restèrent pas inactifs à Philippopolis. Ils rédigèrent une encyclique, datée de Sardique et adressée à Grégoire d'Alexandrie, Amphion de Nicomédie, Donat (évèque schismatique) de Carthage et autres évèques, prêtres et diacres de l'Eglise catholique. S. Hilaire, Fragm ., m, P. L.,t.x,col. 658 sq.Ilsy reprennent les accusations habituelles contre les évèques déposés par les eusébiens, avec cette particularité qu'ils rejettent souvent sur leurs victimes la responsabilité d'actes commis ou provoqués par leurs propres partisans, à Alexandrie par exemple et à Constantinople. Ils accusent leurs adversaires de vouloir introduire un nouveau droit, en faisant juger les Orientaux par les Occidentaux et en prétendant infirmer leurs décisions synodales. Ils justifient leur refus de prendre part au concile de Sardique sur ce qu'il ne leur était pas permis de communiquer avec des évèques déposés et anathématisés; en conséquence, ils refusent la communion ecclésiastique et déclarent l'anathème aux évèques déjà déposés, Athanase, Marcel, Asclépas, Paul, et à leur* fauteurs, Osius, Protogène, Gaudence de Naïssus en Dacie, Maximin de Trêves et le pape Jules. Enfin, ils donnent leur profession de foi, nullement anoméenne, comme le dit Socrate, mais identique en substance à la quatrième formule d'Antioche, soit pour la partie positive, soit pour l'anathème porté contre l'arianisme pur. Ils ajoutèrent seulement : « La sainte Église catholique réprouve pareillement cl exècre ceux qui disent qu'il y a trois Dieux, ou que le Christ n'est pas Dieu, ou qu'il n'a pas été avant tous 1rs siècles Christ et Fils de Dieu, ou qu'il est lui-même Père, Fils et Saint-Esprit, ou que le Fils est àyéwTjTo;, ou que Dieu le Père ne l'a pas engendré par son conseil et sa volonté, o-j [toj't.r,vei rr'jfÀ Ûl/.v-tei. » Ce dernier trait vise saini Athanase, qui rejetait l'expression consilio cl volunlate genuil, non qu'il prétendit faire du Père engendrant son Fils un agent aveugle et sans volonté', niais en ce sens que la i ition du Fils, èx -r,- avalai toO U.o.tpii, relevait do la constitution intime et nécessaire de la nature et de la vie divine; il se défendait de soumettre Dieu à une aveugle nécessité en distinguant ce qui est opposé' à la
volonté' et !■<■ qui est au-dessus de la volonté. O ratio m contr. arian., 62, P. G., t. XXVI, col. 453.
ARIANISME RÉAC1 ION ANTI-NICÊENNE
Telle fut l'issue du concile d< >'" ÏUlte fu
mauvais vouloir des eusébiens, il n'apporta pas la paix,
mais il augmenta le troubl. et la divis .Jusqu •'.'"■;•
en effet, les deux grandes fractions de la chretienu. étaient resteesunies.au moins extérieurement;*
mais elles se trou' ni en opposition formelle, on
assiste aux pre « symptômes de la rivalité religieuse
entre l'Orienl el l'Occident. Ce qui aggrava encore !.. situation, ce furenl les procédés arbitraires et violents des eusébiens; ils firent déposer les deux évéques qui ne les avaient pas suivis à Philippopolis, Asténi Mus, puis Lucius d'Andrinople, Diodore de rénéd. divers autres qui s'étaient ralliés au concile de Sardique. En Egypte des mesures furent prises pour interdire l-entrée des villes aux prélats qui revenaient du concile, surtout pour arrêter et mettre à mortsaint Athanase el quelques-uns de ses prêtres, s'ils tentaient de rentrer dans Alexandrie. Hùt. arian., 18, 19, P. G., t. xxv,
col 71V
Un fait particulier montra bientôt jusqu'où pouvait aller la perfidie de certains ariens. Les deux députés du concile de Sardique, Vincent de Capoue et Euphrates de Cologne, passèrent par Antioche vers Pâques de Tan 344.L'évéque Etienne en profita pour leur tendre un pièce infernal; il lit entrer .le nuit, dans la chambre où ils reposaient, une méchante femme dont les cris devaient attirer des genssubornés et créer un scandale. Mais la ruse fut découverte et se retourna contre son auteur. L'empereur Constance convoqua lui-même un synode en été, pour faire une enquête sur cette affaire. Etienne fut déposé; mais il eut pour successeur lanen Léonce Castratus, un lucianiste, dont les antécédente n'étaient rien moins qu'édifiants. Ce fut, suivant toute apparence, ce synode d'Antioche qui composa 1 ô/.'j-^.: uaxo6<WYO« ou' longue profession de foi. S. Athanase, De synodis, 26, P. G., t. xxv., col. 727 sq. On y trouve d'abord le symbole de Philippopolis, c'est-a-dire la quatrième formule d'Antioche, avec l'addition de quelques anathèmes ; puis, à l'adresse des Occidentaux, des explications assez, étendues sur chacun des points contenu, dans ces anathèmes. Plusieurs détails sont particulièrement dignes d'attention pour l'évolution des idées chez les anti-nicéens. Ainsi, en parlant des trois personnes divines, ils emploient l'expression conciliante de tpia «portai»; ils proclament le Fils semblable au Père en toutes choses, tû llarp'i xata itôvta 5u.oiov, el afhrment que les deux sont inséparables, « en sorte que tout le Père renferme le Fils en son sein, et que tout le Fils dépend du Père, lui est adhérent et seul se repose continuellement dans le sein du Père; D ils conlessent même, malgré des expressions empreintes de subordinatianisme, qu'il y a en eux une même excellence divine, Svttk Be<fo)TO« «(wtt*. Les anathèmes sont dirigés contre les ariens proprement dits, les trille, sles. 1 aul de Samosate, Marcel d'Ancyre et son disciple PhoUn de Sirmium, les sabelliens, el ceux qui fonl de la génération divine un acte nécessaire, soustrait a la volonté
"une députation d'évêques, parmi lesquels se trouvaient Eudoxe de Germanicie et Macédonius de Monte, lut chargée de porter ce nouveau symbole en Occident. Quand ils \ arrivèrent, vers la Bn de 344ou le
début de 345, les latins cri. liraient un synode a Milan. L'union ne se lit pas SM le terrain de l'I/'i --; |UM
■,„■■ on s,- heurta même à an refus de la part des députés d'Antioche, mis en demeure de prononcer nettement l'analhème contre l'arianisme. s. Hitaire.Fro v >, ]■ /. t. x, col. 684. En revanche, les Occidentaux prirent parti avec les Orientaux entre Photin de Sirmium. dont la singulière doctrine, apparue vers ......
n'était certes pas de nature a faire revenir les ( mentaux
de leurs défiances à l'égard de son maître, Marcel ,1 ancyre D'après ce disciple compromettant, le Verbe en
Dieu, /vo; '.. '■■■''• -■■■■
distincte ; considéré en dehors, /éyo<
que l'entendement divin en action.avi
tion ou dilatation de Dieu comme n sultant
I r„t m, terme spécial de cetu I,,,.,, [-adopta pour Fils à cause de ses mil vertus. On ne pouvait dune donner à Dieu le nom lv,, qu'en vertu de cette sorte d'extension ou dilatai h icpoxoirîiî, lorsqu'en Jésus il avail un fil-. S. ! phane, Hœr., lxxi, P. G., t. xlii, col. 374 sq; Hel H,,, ilet, trad. Leclercq, t. I, § /l. N
les Orientaux et les occidentaux i diverses reprises la condamnation de cette dai
Il n eut a la me,,,,- époque, un notable chai de la part de l'empereur Constance. Soit qu vandale d'Antioche ,1 se soit défié des ariens, soit qu .1 ait i rainl une complication du côté de son fn : stantqui paraissait viser à une sort- de suprémab. litique il modifia peu à peu sa conduite a P orthodoxes. Dans l'été de 344, il permit aux cl lés de rentrer dans Alexandrie. S. Athanase, I „,„,„ -M /'. G., t. xxv. col. 718. Apr.s la mort de Grégoire de Cappadoce, survenue le 26 juin :^4o. J fendit qu'on lui nommât un successeur et alla même jusqu'à écrire par trois fo.~ a saint Athanase pourl inviter à rentrer dans son diocèse. Sur l'ordre de I -tant le patriarche se rendit entin d'Aquilée dans lea Gaules, pour faire visite a son puissant pi puis il vint a Home. OÙ le pape .lui, s. heureux * rappel, lui donna pour les Alexandrins une lettn plus honorables. Dans son voyage de retour, il i par Antioche. où il ne voulut pas communiquer avec les partisans de l'évoque arien Léonce, mais seule.: avec les eustathiens; Constance 1') reçutaveede marques de bienveillance, et lui donna des lettres de recommandation pour les évéques d'tgypte, pour ta chrétienté d'Alexandrie, pour le préfet Nestonus et les autres officiers impériaux. A Jérusalem, d fut accueilli solennellement par levéque Maxime qui célébrai alors un synode de seize évéques, el lui donna une ,-ttre de félicitations, destinée aux Alexandrins. Apol. c«ntr. arian., 51-57, P. G., t xxv, col. 343 sq. Quelque, ordinations qu'il lit sur son passage dans les diocèses don il était le métropolitain supérieur deviendront plus tard pour les eusébiens un nouveau sujet d'accusation, crate P 24 P. G., t. lxvii, col 263. Enfin, le '21 octo- ,„.;. :$;«■, après plus de sept ans d'exil, l'évêqu dans sa ville d'Alexandrie, au milieu d'un enthouai • indescriptible. EpUt. tort., Chron^, P. G-, t m col 1355. Cf. Gwatkin, Studuss, p. 108, 109, 131, !•■-
D'autres évéques purent également rentrer dans taon évèchés, notamment Paul de Constanlinople As, de t'.a/a et Marcel d'Ancyre. Socrate, u, S, i «■■• t ixvu COl. 256,057. Toujours au grand but de sa vie.
sam. Athanase s'empressa de réunir un »£"**"
faire continuer les décrets de Sardique. Pendant tes quelques années de demi-tranquillité qui suivirent, son action fut d'une grande efficacité, soit pour rétabhr l'ordre en Egypte, soil pour ramenei i la foi <*eN«cée
,,,x qui s'en étaient écartes par hiblesse, ou même lu
agner bon nonibre de ses adversaires. OistoccèBaonJ
enrei istrés par lanen Philostorge, m, 12, / . G., t UW, COl 502 et le saint nous apprend qu'il était alors communion avec plus de quatre cents évéques. Uutor. i,,,',,, 28 P G . t. xxv. col 725. Voyant la tournure que prenaient les choses, el se trouvant pour lors ^domination de Constant,! Ç'alens qui,
h, m0rl d'Eusèbe de Nicomédie, s'étaient monto ennemis les plus acharnés dAthanase jugèrent bon d'écrire au pape Jules pour offrir d. se réconcilier ave< i ^ nicéens, et envoyèrent même des |ett mmu-
I nion i lévêque d'Alexandrie. Apol. contr. oimw
ARIANISMÊ, RÉACTION ANTI-NICEENNE
P. G., t. xxv, col. 354; S. Hilaire, Fragm., H, 19, 20, P. L., t. x, col. 646 sq.
Plusieurs synodes se rapportent à la même époque. Euphratès de Cologne aurait été déposé en 346 pour ses tendances ariennes; mais l'authenticité des actes sur lesquels repose cette assertion est discutée. Hefele, Hist. des conciles, trad. Delarc, t. il, p. 5, 6. Vers la fin de la même année ou au commencement de 3i7, un synode de Milan renouvela l'anatlième porté contre Photin de Sirmium et le déposa ; notification fut faite de cet acte aux évêques de l'Orient. Ursace et Valens obtinrent alors leur réhabilitation. Enfin, clans un synode tenu à Sirmium, plus tôt qu'on ne le dit communément, peutêtre en 347, comme le pense Zahn, Marcellus vonAncyra, p. 80, un grouped'Orientaux, ariens et eusébiens, souscrivirent à la décision du concile de Milan, mais ils prétendirent en même temps envelopper Marcel d'Ancyre dans la condamnation portée contre son disciple; ils déclarèrent qu'il avait été absous à tort et d'une façon irrégulière par le concile de Sardique, et annoncèrent qu'Athanase lui-même avait cessé d'être en communion avec Marcel. En outre, en tète de leur lettre synodale, ils placèrent un symbole qui, par sa généralité et son ambiguïté, reprenaitbeaucoup du terrain précédemment concédé, si l'on en juge par ce début : « Nous confessons un seul àyévvï)Tov, Dieu le Père, et son unique Fils, Dieu de Dieu, lumière de lumière, premier-né de toute créature; ajoutant en troisième lieu l'Esprit-Saint paraclet. » S. Hilaire, Fragm., il, 22-24, P. L., t. x, col. 651, 652.
VI. Persécution ouverte; i.'arunisme en Occident. — Bientôt survint un événement politique qui devait avoir les plus graves conséquences. En janvier 350, l'armée des Gaules proclamait auguste le général franc Magnence; l'empereur Constant en était réduit à se donner la mort. Les eusébiens recommencèrent à s'agiter; comme toujours, ils songèrent d'abord à se défaire d'Albanase, dont la propagande nicéenne les effrayait et qui, vers ce temps-là, publiait son Apologia contra arianos. Leurs tentatives restèrent alors sans effet. Constance craignait que l'évêque d'Alexandrie, sollicité par l'usurpateur, ne se mit de son côté; après la mort de Constant, il lui écrivit donc pour l'assurer de sa haute bienveillance. Apolog. ad Conslanthim, 23, P. G., t. xxv, col. 624. Saint Paul de Constantinople fut moins heureux; attiré traîtreusement dans une sorte de guet-apens, il fut enlevé par l'ordre du préfet Philippe et conduit dans les déserts de la Tauride. Arrivé à Cucuse, lieu de son exil, il resta six jours sans nourriture et fut enfin étranglé, vers la fin de l'année. Macédonius, de nouveau imposé par la force aux fidèles de Constantinople, commença une sanglante persécution contre les orthodoxes et contre les novatiens qui s'accordaient avec ceux-ci sur le dogme de la Trinité. Socrate, H, 26,27, P. G., t. i.xvii, col. 268. Sous son nouvel évêque, Antioche devenait un rendez-vous d'ariens décidés ; Léonce ordonna même diacre et chargea d'enseigner un de ses anciens disciples, Aélius, qui allait bientôt devenir un chef de parti, mais les vues avancées de ce personnage forcèrent bientôt l'évêque à le déposer. Aétius partit pour Alexandrie, où il se fit un disciple dans Eunomius, il ions deux posèrent les bases de la secte anoméenne. Valens et Ursace qui, suivant la remarque de Socrate, se mettaient toujours du côté qui leur paraissais le plus fort, renoncèrent à la foi de Nicée en déclarant qu ils uaient adhéré que par crainte de l'empereur Constant. Histor. arian., 28, 29, P. G., L xxv, col. 725.
Ainsi se reforma une î lalition anti-nicéenne,
donl les autre chefs étaient Gi Laodicée, Acace
de C odore d'Héraclée el Narcisse de Néro
niade; parti de combat, aussi politique que religieux, et qui visait surtout a mettre l'empereur Constance dans iuti rôts. Celui-ci n'entra pleinement dans leun
qu'après sa grande victoire sur Magnence à Mursa en Mésie, le 28 septembre 351. Si l'on en croit Sulpice Sévère, Histor. sacra, n, 38, P. L., t. xx, col. 150, la circonstance aurait été habilement exploitée par l'évêque de cette ville, Valens; il aurait annoncé la victoire à Constance comme s'il en tenait la nouvelle d'un ange, et se serait ainsi concilié la faveur impériale. Sur le désir du monarque, un synode se tint à Sirmium, probablement dans l'hiver de 351 à 352. On y remarquait, parmi les membres inlluents du parti eusébien, Narcisse de Néroniade, Théodore d'Héraclée, Basile d'Ancyre, Eudoxe de Germanicie, Macédonius de Mopsueste, Marc d'Aréthuse, et, pour l'Occident, Ursace et Valens. C'est le premier des grands synodes de Sirmium. Photin fut de nouveau déposé, puis expulsé de sa ville épiscopale et envoyé en exil; il eut pour successeur Germinius de Cyzique, un ami actif d'Ursace et de Valens. Marcel d'Ancyre fut également déposé, s'il ne l'avait pas été déjà plus tôt; son siège fut donné à Basile, futur chef de parti. Le synode émit ensuite la profession de foi connue sous le nom de première formule de Sirmium. S.Athanase, De synodis, 27, P. G., t. xxvi, col. 735 sq. ; Hefele, Hist. des conciles, trad. Leclercq, t. i, § 72. C'est identiquement le quatrième symbole d'Antioche; mais à la suite viennent vingt-sept anathèmes, dont le premier est celui de Nicée. La plupart se rattachent aux explications de l'è'x6e<n; [xaxpônTiyoç, surtout en ce qui concerne le rejet du dithéisme ou du trithéisme, la réprobation de la doctrine de Marcel ou de Photin, et l'affirmation de la génération volontaire. La personnalité distincte du Fils et sa préexistence par rapport à sa génération temporelle dans le sein de Marie sont appuyées, dans les canons 14 à 17, sur les théophaniesde l'Ancien Testament. La mutabilité et la passivité de l'élément divin dans la personne du Christ sont rejetées dans les canons 12 et 13. Mais la tendance subordinatienne apparaît dansle3«anathème, et surtout dans le 18' où il est dit : « Nous ne plaçons pas le Fils sur la même ligne que le Père, mais nous le subordonnons au Père. » Saint Hilaire a cependant donné de ce canon une interprétation bénigne. De synodis, 51, P. L., t. x, col. 518. En somme, ce concile de Sirmium garde une direction moyenne, mais il ne marque pas un progrès sur ceux d'Antioche.
Le 12 avril 352, l'Eglise perdit son chef, le pape Jules, ce grand défenseur de la foi de Nicée et de saint Athanase; le 17 mai, Libère lui succéda, et les eusébiens se remirent aussitôt en campagne. D'après une lettre, Studens paci, rapportée par saint Hilaire, Fragm., iv, P. L., t. x, col. 678 sq., le nouveau pape aurait mandé à Rome l'évêque d'Alexandrie, et, celui-ci ayant décliné l'invitation, il aurait quitté sa communion et accepté celle des évêques orientaux; mais l'authenticité de ce document est justement niée parBaroniuset les éditeurs bénédictins de saint Hilaire, P. L., loc. cit., note; voir aussi Hefele, Hist. des conciles, trad. Leclercq, t. i, p. 865. Il n'en est pas moins certain que saint Athanase fut de nouveau accusé à Rome, comme à la cour impériale; il nous apprend lui-même quelles nouvelles charges on produisit. Apologia ad imp. Constantium, P. G., t. xxv, col. 595 sq. Pour se justifier auprès de l'empereur, il lui envoya à Milan, en mai 353, une députation composée de cinq évoques et de trois prêtres égyptiens; mais ces envoyés ne purent réussir à détromper Constance, qui se trouvait de plus en plus engagé sur la voie de l'arianisme politique. L'impératrice Eusébie, qu'il venait d'épouser, employait toute son influence en faveur de ce parti. Bientôt la mort de l'usurpateur Magnence, survenue à Lyon au mois d'août, le laissait seul maître de l'empire et libre enfin de suivre sa politique religieuse et de satisfaire ses ressentiments personnels, longtemps contenus.
Les amis d'Albanase avaient agi à liome; quatre-vingts évéquea avaient envoyé un mémoire justificatif en sa
\RIANISME, RÉACTION ANTI-NICÊENNE
faveur. Après avoir, semble-Ul, tenu d'abord un isyn „ Fers le début de l'année, le pape Lib «ireSec ,uer P»*2S»» J^
S à'îeùr ^vinceS a, Ca?oue, demandèrent que
L^ concie "é Unt à Aquilée, mais Const chousitÀrle.;
îsTiouva" alors, et l'évêque, Saturnin, était sac,
„,; L.arianisme faisait son entré, dans es Gaules. E en foce d'un épiscopal unanimement attaché à la SdeNicée, 1, prince ne laissa pas poser ta question
urîeSndogniatique; quand les prélate furent^
n£ au plus tôt en octobre.il leur fit présenter « tdecre déià S Préparé et probablement rédigé par Umcee Valent, Sla condamnation d'Athanase. Malgré toutes leS observations qu'on lui lit. Constance maintint sa volonSe7arriva,par des menaces et la v^nce même à l'imposer a tous les membres du conc.le, aux 1 Rat dupmïeen particulier. Un -u! évêque resta inébrani ,i. «.inl Pauli» d- TW-v-s; il fut exil,'- «Phi J-J , mourut en 308, au milieu des privations et des souffrances Le pape Libère fut extrêmement affligé de la chute de ses légats, de celle de Vincent surtout; i ÎpLasa dou£ dans diverses lettres, adressa, a o.ius et autres évoques de l'Occident, S. Hilaire, £i v. 3, P. L., t. x, col. 688, et lit partir une nou- S"éga5on composée du prêtre Pancroce, < u diacre llilaire et des trois évênues, Lucifer de Caglian, fcuscue Verce 1 et Fortuna.ien d'Aquilée. Dans une lettre très ferme et très digne, qui .levait être remise a l'empereur
p n fe profitait contre la condamnation de saint , ttse /demandait^ S. llilaire, I-rag>n.,\. P- L., t. x, COl.WM {■ 5 consentit et convoqua les évoques a Milan.
Le concile se réunit au printemps de 3oo, avant te dénarl de l'empereur pour sa campagne de juin contre
tans mais les Occidentaux s'y trouvèrent au nombre de ™ s cents, sinon davantage. La tactique futta même qu'au synode d'Arles : faire souscrire les prélat, a la Smnation d'Athanase, et les forcer à communier avec les ariens. En vain les légats et Denis « Milan d'emaidè^ils que la discussion fût préc* e d«»j approbation des canons de Nicée; Valens e Ursa« dominèrent, et Constance imposa sa volonté souveraine, Ï peine d'ex.letmeine de mort pour ceux qui noteraient. Circonvenus et terrorisés, presque tous les d" es du concile cédèrent, et parmi eux FortunaUen d'Aquilée. Ceux qui ne faiblirent pas furent t bannis, Lucifer de Cagliari en Germanie. Eusèbe de \.u.n • SeShopoUs, Denis de Milan en Cappadoce ou .1 mourut, fe Tacre llilaire fut battu de verges avant de partir pour
exil avec son compagnon, le prêtre Pancrace. L, ariens mirent sur le siège de Milan le cappadocien A„x«ce" adversaire aussi ardent que rentable de U foi de Nicée. S. Athanase, Htstor. arum., 31, S», ro, /' G t xxv, col. 728-734, 783.
Puis les poursuites commencèrent, pour obtenir de ,0UB [es évoques de L'Occident les mêmes concessions; beaucoup faiblirent, mais il y eut de nobles résistance^.
Suque Eusèbe se rend,. 1 Rome auprès du pape
Libère, qui conservait son atl, tude résolue et 8 était
npre^e'd'adn r aux évêques banni. ^%^ J
consolationetaussidefélicitationS Hitaire,ï^m.,vi,
iïPi t x. col. 686 sq. L'évêque de home i àissa ni persuader par les discours de l'eunuque, m
con un-' par son argent. Amené devant Constance
Milan il lit entendre au monarque persécuteui no lan Jage empreint de la plus noble fermeté. Sa récompense St^'exUàBérée,enThr.ce,oùnese^uv»i^ncunde ses amis ou de ses compagnons d infortune. Sur les ordres exprès de l'empereur, le diacre hélix ta remplaça, en 356, sur le siège pontiiical. Osius, lévêque
„e centenaire de Cordoue, subit le n
I ,,„.,,. Sur ion refus de sous» 'on
d'Athanase et de communiquei
connés d'artanisme, il ftil amené devant lempereur a Sirmium, vers la fin de 355; son altitude lui
valut d'être retenu en exil dan* :,,'%V
S Uhanase.BÏ " P.C.t.i *sq.
Vint enfin le tour de IWque d'Alexandre. ae préparait depuis longtemps. Kesl Diojfène était arrivé de la . ur dune in
verbale de Constance; mais il ne put obtenir d Alliai ,,,, il quittât son troupeau, et l'opposition hou Jeuple le contraignit même à repa. avoir rien
fut Le dur Syrianus, venu pour le n .le
5 janvier de l'année suivante, trouva le patriarche décide , ae s'éloigner que sur un ordre é. mpereur;
il consentit a laisser partir une députation pour s intormer de la volonté du malti géant provisoirement
à ne pas troubler les églis dans la nuit du 8 «s
9 février, il fait cerner par plus de cinq mille s. l'église de Théonas, où -trouve Athanase; une bar sanglante s'engage à l'intérieur. Le patriarche i ferme sur son siège, jusqu'à ce qu'enfin un groupe de ftdèles l'entraîne de force et l'arra « mort a
ceux qui allaient l'atteindre. Ef «.,
t xxvi col 1356. Lelî février, les catholiques d'Alexandrie adressèrent a l'empereur une vive protestation, ou Us racontaient les événement u«t lin«bgne
conduite de Syrianus. Hut. artan., 81, 1 ■ t., t. xxv, col 792 sq. Constance n'était pas dispose a reculer: un 'décret impérial parut bientôt, ordonnant de rechercher Athanase et enjoignant à tous les évoques de rompre la communion ecclésiastique avec lui. L'empereur écrivit même aux deux rois d'Ethiopie, A'.zan et Saxan, comme à des vassaux, d'envoyer en Egypte Frumence, ordonné évêque par Athanase, afin qu'il y vint puiser la saine doctrine, et de mettre Athanase lui-me™. s . • ta.t dans leurs États, entre les mains des officiera romains. ipolog. ad Constant.. 30,3i, P. »., t. xxv. col. 63 sq l'ne persécution systématique fut kn« toute
l'Egypte contre les partisans du saint : un grand nombre d'évéques furent exilés. Le siège patriarcal fut do, •
l'arien Georges de Cappadoce, une dtettré et cup.de
son intrusion, imposée par la: -™
suivie des mêmes excès, ou d excès pires encore que ceux qui avaient été commis sous Grégoire, dix-hu.t ans
""saîn^banase. après s'être caché pendant quelques jours dans une maison d'Alexandrie, sétait «lui en désert; il dut son salut au lèle dévoué d, s ,„,.nes de la Hante Egypte, ses fidèles partisans. Mais, tagibf et tononrs poursuivi. ,1 n'en reoa . ..me du mou-
linent de résistance à l'artanisme; la plume remplaça U, crosse, et les quatre ans que le saint passa dans ta ( solitude marquent le point saillant de son apos ' doctoral. Sans doute il lavait commencé depuis longtemps: il avait publié vers 336, du moins traite sur ce texte de saint Matthieu, x.. 17, don e> eus/biens abusaient : Omnia mihi tradUa su»i al'at,v „„.(>■ puis, entre les ann :M.npor-
tantes lettres De decretii N « i *V** •' tentia Dionyiii, sans compter les autres ouvrages déjà sijrnalés, comme l'Apologia oofOra anamm; mais le calme e les loisirs du désert décuplèrent son ad
ApeinechasMdesonsnge patriarcal, avant larn,
l'intrus Georges, .1 1 mes sa lettre encyclique Ad ,•;
\ .*././;./. %• /.*'..■/«• .'suive ni l.ient.M. dans.ee, 1 une année ou a peu près, ses deu '•'"'-
tZnnn^nrMa,,- ^"^JÏÏE
run, ouvrage fait pour 1( ' Plus tard ver-
n'raissen les lettres Ad Serapioiumi e / '' c ,e cpo,,ue encore se r:Mq-orVra,en. d après beaucoup dauUrs. la VitaAni i et l'œuvre capitale d»
ARIANISME, RÉACTION ANTI-NICÉENNE
saint docteur, ses Orationes advenus arianos. Apostolat fécond pour l'Église de l'avenir, et bientôt même pour l'Église d'alors.
En attendant, les jours de deuil étaient venus à peu près partout. A Antioche, l'évêque Léonce, tout en évitant la persécution directe, minait lentement le parti des catholiques par une voie détournée; il ne laissait entrer dans le clergé aucun sujet qu'il soupçonnât d'avoir des sentiments orthodoxes, et ne donnait les ordres sacrés qu'à des ariens. A Constantinople, Macédonius continuait ses violences contre les catholiques; privés de toutes leurs églises, ceux-ci se virent réduits à assister aux offices chez les novatiens. Socrate, il, 38, P. G., t. lxvii, col. 324 sq. En Gaule, la lutte devenait ardente sous l'impulsion et la conduite d'un homme qui apparaît alors sur la scène dans toute la grandeur de son noble rôle, saint Hilaire de Poitiers, devenu depuis quelques années déjà le vrai chef et l'organe du parti nicéen dans les Gaules, l'Athanase de l'Occident. Vers la fin de 355 ou le début de 356, il compose sa première requête à l'empereur Constance, Ad Constanlium auguslum liber primus, où il le supplie de faire cesser la persécution dirigée contre l'Église catholique et réclame pour saint Athanase un tribunal libre et impartial. Bientôt après, il fait excommunier par un synode d'évèques gaulois les auteurs de la nouvelle persécution, Ursace, Valens et Saturnin, le primat arien d'Arles. Mais ce dernier, d'accord avec les deux autres, convoque à son tour un synode à Béziers. L'évêque de Poitiers, forcé d'y venir, essaie vainement de faire confirmer la sentence du concile de Sardique en faveur de saint Athanase ; il est luimême signalé, avec Rodane de Toulouse, à l'animosité de l'empereur Constance. Avant le mois de juin 356, tous deux partent pour l'exil en Phrygie, et peu après saint Rodane y meurt. Mais les évêques gaulois restèrent en communion avec Hilaire, et ne voulurent pas entrer dans celle de Saturnin.
Telle était la situation de l'Église après la nouvelle lutte dont la mort de Constant avait donné le signal; situation déplorable, humainement parlant. Tous les grands sièges d'Orient étaient aux mains des eusébiens ou des ariens, Alexandrie, Antioche, Césarée, Constantinople. Saint Cyrille de Jérusalem, élu évèque vers 350 bous l'influence d'Acace de Césarée, n'était pas encore rallié au parti nicéen. En Occident, ni les évêques ni le peuple n'étaient ariens, Constance put s'en rendre compte pendant son voyagea Rome en 357; mais le pape et les membres les plus notables de l'épiscopat étaient en exil. Pourtant, dans ce triomphe extérieur de la coalition anti-nicéenne, il n'y avait qu'un résultat très superficiel, dû presque partout à la violence et reposant, même en Orient, sur une base factice. Les événements allaient se charger de le faire voir, en développant les germes de discorde que l'arianisme recelait en son
\ il. Fractionnement du parti anti-nicéen. — L'union
avait été' facile, tant que le parti anti-nicéen avait été un parti de combat, groupant dans ses rangs tous ceux qui, pour un motif quelconque, étaient opposés àl'âftoov- Bio( de Nicée ou gardaient des préventions contre saint Athanase et les autres chefs du parti nicéen. La victoire une fois remportée sur le terrain de la négation ou de l'opposition, les anti-nicéens de nuance conservatrice allaient B'apercevoir qu'ils étaient fort peu avancés et qu'il leur serait autrement difficile de devenir un parti doctrinal, en fixant un credo positif. Leurs attaques mêmes contre l'i|iooùato<; avaient déjà produit un résultat que la plupart d'entre eux n'avaient certainement pas en vue, celui de faire renaître l'arianisme strict, peu à peu abandonné après le concile de Nicée. De la, un fractionnement du parti en trois groupes distincts. Hist. des concile», trad. Leclercq, t. I, §77. A l'extrême gauche, l'arianisme primitif reparaît
avec Aétius et Eunomius, suivis de leurs disciples qui empruntent à leurs chefs leur dénomination d'aétiens ou eunomiens, et à la note caractéristique de leur erreur, l'appellation plus expressive d'anoméens. Reprenant en effet la doctrine hétérousiaste d'Arius, ils proclament ouvertement que le Fils est d'une autre substance que le Père, qu'il a été créé du néant, et qu'en cons ;quence il est en tout dissemblable d'avec le Père, àvô- (ioioç y.a'i xarà navra xai xoct' oûfftav. Mais ils systématisent cette doctrine, en s'appuyant sur ce dialeeticisme aristotélicien qui, au rapport des anciens historiens, fit toute leur force dans la discussion. Les points où les anoméensse séparaient de l'arianisme primitif étaient secondaires par rapport au fond de la controverse, qui roulait sur la divinité du Verbe. Voir Anoméens, col. 1322-1325. Ce premier groupe d'anti-nicéens comprenait, en dehors des disciples personnels d'Aétius et d'Eunomius, les anciens partisans d'Arius, qui n'avaient pas approuvé les concessions faites pendant ou après la concile de Nicée, mais qui avaient compris que, pour vaincre les orthodoxes, il fallait se prêter aux circonstances, çt faire cause commune avec les eusébiens de toute nuance.
A l'opposé, se présentait le groupe de ceux qu'on désigne habituellement sous le nom de semi-ariens, rijAiâpeiot, nom employé par saint Épiphane, Hxi\, lxxiii, P. G., t. xlii, col. 400, et que nous retrouverons dans plusieurs conciles. Sous le rapport doctrinal, ils portent l'appellation plus expressive d'homéousiens, tirée du terme ôu.otojo-ioç, semblable en substance ou d'essence semblable, qu'ils voulaient substituer à l'ôu.ooJffio;, de même substance. Quelle était exactement la portée de cette substitution, c'est un problème moins facile à résoudre d'une façon absolue; car il y eut dans ce parti des nuances distinctes et, chez les individus eux-mêmes, des changements de position et de vues, en sorte qu'on ne peut pas les apprécier de la même manière suivant qu'on les regarde à tel ou tel moment de la controverse avec les nicéens. L'élément commun, c'est l'opposition ou la défiance à l'endroit du terme i(j.oQv<Tioç; attitude dont nous avons déjà vu les raisons générales : pourquoi un terme nouveau qui n'est pas dans la sainte Écriture? surtout quand il est de saveur sabellienne, ou du moins équivoque, comme n'indiquant pas assez nettement la différence personnelle entre le Père et le Fils? L'affaire de Marcel d'Ancyre et de son disciple Photin de Sirmium n'avait fait que fortifier et, à leurs yeux, justifier ces préventions. Il y eut eerta'.iement dans les rangs des homéousiens des évêques qui n'allèrent pas plus loin; orthodoxes en réalité, attachés à la foi de Nicée, mais se trouvant en dehors du parti nicéen par suite de diverses circonstances. Ceux-là ne méritaient pas, à proprement parler, le nom de semi-ariens. Tels furent, par exemple, saint Mélèce d'Antioche, et saint Cyrille de Jérusalem, qui, dans ses célèbres « Catéchèses » prononcées vers 348, avant son élévation à l'épiscopat, évite constamment d'emplover le mot àjAoo-JTtoc, tout en enseignant la divinité, l'éternité et la consubstantialité du Fils. Petau, De Trinilalc, 1. I, c. xi, n. 1 ; c. xiii, n. 7-11; Harnack, Lehrbucli der Dogmengeschichte, 3* édit., t. n, p. 241, note 2.
D'autres évêques allèrent certainement plus loin, ne voulant pas de l'Aiiootatoc, parce qu'au fond ils n'admi tlaicnt pas la doctrine rendue par ce mol, ou ne l'admettaient pas pleinement. Sans nier la divinité du Verbe et tout en admettant la similitude d'essence ou la parfaite similitude entre le Père et le Fils, 8u,oio< xarà navra xa\ xarà tt)v oùaiav, ils soutenaient la subordination du Fils, et opposaient la similitude d'essence à l'identité de substance. De plus, leur conception de la génération divine comme acte libre du Père les amenait souvent .i ne pas sauvegarder dans le Fils I éternité essentielle, Ils se rattachaient incontestablement, sous le rapport «de
AUAMSMK. RÉACTION A.NTI-NICÉENNE
la doctrine, aux origénistes subordinatie. " ■
on a p., leur donner pou. '
représenta lamé tendance, .ni et après le ico
deNicée. Sozomène, m. 118, P. G., <• «vu, col.
D'autres les relient, avec i nadel lement, au sophiste
Eus; car nous ne savons de celui-ci qu'une seule
chose, insuffisante, r la collusion a Urerçe^qu.
nnut le Fils comme iit«p*XXaxTovei>uJv«. I "s<»mn; 'ti distinct, nous verrons ces homéousiens se grouper
JSuîde Basile d'AncyTe, ot àM\ B«<»W,. et compter „, principaux représentante, après lui George i de
', aicée,EustemedeSébaste,Eusèl«d'ÉmeSe^do«
d-Heraclée et, en Occident, Auxence de ttilan. Mai chez quelques-uns d'entre eux, .1 J eut progrès suc, ,"f à mesure que I- malentendus el I- éqmv, s-é'claircirent. D'autres, au contraire, finirent par leri complète, soit en passant à l'arianisme strict, soit en tombant dans l'hérésie formelle sur un autre point, comme Macédonius «le Constantinople et ceux qui le Suivirent dans sa doctrine sur le Saint-Esprit. Cet i considérations aident à comprendre l'attitude si difféi des Pères, et parfois d'un même l'ère, a l égard des homéousiens. . . .
].,,lin, entre les deux groupes qui précèdent, s en trouve un autre, groupe de moyen terme ayant des intel- [Incesdans l'un et dans l'autre camp; part, moins docteinal que politique, tenant avant tout a la faveur de fa cour et combinant volontiers avec celle-c. quelque formule assez, vague pour couvrir les interprétations personnelles et englober toutes les divergences d opinion dans un mut élastique, comme celui de semblable au Père, 6i»io< ta HaxpJ; d'où le nom i'homeens donné ^membres de ce Jarti. C'est à lui que se rattachent proprement, en Occident. Ursace et Valens; en Orient. \cace de Césarée avec ses satellites. En réalité, comme ils opposaient l'ôjioioî non seulement a l'ô(WOUffioç des semi-ariens, c'est-à-dire ne voulaient pas professer la similitude de substance, mais s'arrêtaient a une similitude plus vague, ayant pour objet la volonté ou les œuvres ils ne sortaient pas de l'arianisme proprement dit, puisqu'ils niaient implicitement la vraie div.mté du Verbe. Aussi saint Épiphane tient-il les acaciens poui Jesariens.ff^.,LXXiu,23,P.G.,t.ii.n,col.«6>«7 Tels sont les partis qui, depuis longtempsdéjà, germaient an sein de la coalition anti-nieéenne, et que la victoire remportée sur les adversaires allait maintenant taire éclore et mettre aux prises.
VIII Anarchie doctrinale; symboles contre sym- B0, ES Dans l'été de 357, eut lieu le deuxième grand synode de s.rmium, réuni par Constance, et composé uniquement d'évêques occidentaux; on cite Ursace et Valens Germinius de Sirmium et Potamius de Lisbonne,
un de ceux qui eurent le plus de pari a la rédaction du symbole émis alors, ei connu sous le n,,n de seconde formule de Sirmium. S. Hilaire, De Bynodts, 11, PU, t x col 487 sq. Elle se distingue de toutes les précédentes en ce que les termes d'ôtt.OOÛ«0( .'t ÔU.OtOUfftO« y sont non seulement omis, mais positivement prohi de plus elle est formellement subordinatienne : i Comme on le sait d'après la toi du monde catholique, il n j a qu un Dieu tout-puissant e1 Père; pareillement il un aquun Fils unique ,1e Dieu, noire Seigneur et Sauveur, engendré de lui axant Ions les siècles. On 06 peul . en aucune
m:inil.,,, enseigner qu'il > a deux Dieux, puisque le
Seigneur lui-même a dd : Je vota a n Père et a votre
/.,,-,. àmonDieuetà votre Dieu... Etçomme les termes o.i(Ti«,4uoo0a.oï et ôuoioi«oc troublent certains ou même beaucoup de fidèles, d ne faut plus en faire mention, el personne ne devra plus les enseigner, parce quils ne .ont pas scripturaires, el que le mode dont se fait la génération du Fils dépasse l'intelligence humaine... Il esl hors de doute que le Père est plus grand; il surpasse le Fils en honneur, en dignité, en gloire, en majesté, et
par -on nom même d
du 1,1- dan
est i,lds grand que nu
n, Hilaire se montre ti pour cette formule arienne qu'il désigne sou- I.
blatpltéme
Cordouen'en fut pourtant pas l'auteur, il fut s
,„„.,„ on ne sait trop commenl ni dan- quell,
Basile d'Aneyre emploi, et te
terme énergiq-.edW.p.wv, P. G., t xl.
M ,,- le vieil athlète de Nicée ne voulut pas condan saint Athanase, et celui-ci non- apprend qu, temps après, avant de mourir, Osius prol violence qui lui avait été faite, et anathémat.sa den l'hérésie arienne. Histor. armn., 4o. / . '•-, t col 750 Le manifeste de Sirmium eut son coi coup en Orient, où l'on n vit comme un édit de toléi en laveur de l'arianisme pur. La tnorl de L tratus avant fait passer Eudoxe du à celui d'Antioche. dans les premiers m nouveau patriarche devint aussitôt! ..dA-tius
et de ses rtsciptes.il réunit an synode auqui Césarée et Uranius de Tyr assistèrent; comme î mium, on rejeta les termes Ipavlm»
"s membres dn synode écriviren. «et
Germinius, pour les féliciter d'avoir rai Occi-
dentaux a la vraie foi. Sozomène, r?, 12. P. 0., t. lxwi,
"'L-s'orotestations ne firent défaut ni en Occident ni en Orient. Dans un synode assemblé dans ce année 358, on ne sait en quelle ville, I Gaules rejetèrent et anathématisèrent la seconde formule de Sirmium. Saint Phébade d'Agen écrmt, pour ta réfuter, son Liber contra wrianot, P. L., t. xx. coi. \ô-m. Cf Hisio.re littéraire de la France, t. i b. nouv. i-dit Paris 1865, P- 368 sq. En Orient. lopposiUon ne Tut pas moins vive, et amena même un fait important dans histoire de la controverse arienne. La consécration d'une nouvelle église dans la ville d'Ancue. durant e carême de 358, donna lieu à un synode d evêqa - ™es a l'instigation de Georges de Laodn S 1V là /' G t lxvii, col. 11*5. 11 ne compta que douze membres, dont les plus c-lebres étaient Basile d Ane nui présida. Eustathe de Sébaste et Hyperechi el sa grande signification esl là, ce fut le premier acte des homéousiens comme parti distinct, surtout comme part. d'opposition à l'arianisme strict. Saint l.pipbnne nous a conservé la précieuse lettre synodale d JU6S.
S- lxx,...P*-I1. /•. G., t. x.u. col. I s te
début ils déclarent leur intention, motivée par nouvelles impiétés qu'on a répandues, d ajouter des explications plus précises touchant ta sainte Trinité, aux svmboles précédemment adoptés ,,,r le synode d Ai cHe in enemniis, de Sardique (Phili,
mium (celui de 351). Ils partent, comme saint Athanase, de ce fait que les noms révèles des trois personnes d>in„ son. les noms de Père, de Fils et de S.,mt-l -prit; d'après l'ordre do Seigneur, nous sommes bapba ■
nom du Père, du fils et du Saint-Ksprit. et non pas SU îom d'un «tsw^to; et d'un v^r.:u}. 0 de Père montre que celui qui est ainsi nomme est le principe d'une substance semblable a lui, «fc
,é-v oifffaç; par la même se trouve exclue lui
m,, car le rapport de IVre et de Fils es, tout autre „ue celui qui exi-te entre le créateur et ta Créatal Jerbe est donc Fita de Weu dans le sens stactd»
,.-„ mème temps, b- membres du synode dAi gardaient la préoccupation de fer, Mbel-
Uanisme De la une série danathemes qui frappent alternativement ta doctrine sabellienne, en particulier îw«.., et ta doctrine arienne. Les coups vont drmt ,",x nom.en-. el même au d te appelle
î"rV0«K l« Ve.be unique de Dieu... Quiconque dit que
ARIANISME, RÉACTION ANTI-NICÉENNE
le Fils est dissemblable d'avec le Père quant à la substance, oÙCTÎa... Quiconque dit que le Fils n'est qu'une créature, y.Tt'o-jj.*... Quiconque ne reconnaît de ressemblance enlre le Père et le Fils que sous le rapport de l'activité, et non sous celui de la substance... Quiconque croit que le Père est devenu Père du Fils dans le temps... Quiconque dit que le Fils esl né seulement de la volonté, tlavaict, et non pas également de la volonté et de la substance du Père, /.y.': \i:rl iÇoucfa ôjjioO y.a\ o-Jcnalla-rpô;, qu'il soitanatbème. «Mais Basile d'Ancyre et ses compagnons en restent à la conception de l'o(j.otoj<rio;. Pour eux, le rapport de génération et de similitude a pour termes, dans le Père et le Fils, les substances mêmes, oO?c'aç àrco o-Ji;a:. n. (i, tïjv <'/ aoeôr^xa tîjç vjiia; r.phz o-ja-tav, anatb. 9; ils arrivent alors logiquement à considérer l'unité de substance comme incompatible avec la distinction des personnes. D'où le dernier anathème contre quiconque appelle le Fils ôu.oo'jctiov rt raurooiSo-iov, c'est-à-dire consubstantiel ou étant d'une même substance. Mais il faut ajouter que cet anathème ne fut pas maintenu dans les copies ultérieures. S. Hilaire. De synodis, 90, P. L., t. x, col. 542, 543; Tillemont, Mémoires, t. vu, p. 431.
Fn réalité, c'est là que se trouvait la pierre d'achoppement pour les homéousiens, soit qu'ils eussent une conception des personnes de la Trinité' vraiment inconciliable avec l'unité numérique de la substance divine, soit qu'ils fussent sous l'inlluence persévérante des équivoques déjà signalées au sujet du mot grec o-JTÏa et du mot latin substantiel. On se rend mieux compte de cet état d'esprit quand on étudie la déclaration publiée un peu plus tard par Basile d'Ancyre et ses partisans, à propos de la quatrième formule de Sirmium. S. Épiphane, loc. cit., 12-22, col. 426-443. Là, ils semblent idenlilier les termes oiaitx et ûitrfotafftç, ou du moins employer le mot o-jaia pour signifier que les personnes divines sont quelque chose de substantiel et de subsistant, n. 12; aussi déclarent-ils avec insistance, au sujet du mot O-oTTcirr:!; suspect aux latins, que les orientaux, en l'employant, n'uni pas en vue de poser trois principes ou trois Dieux, mais seulement de mettre en relief les propriétés des personnes comme réalités substantielles cl subsistantes, n. 1G. Il y a là, nonobstant l'opinion beaucoup plus sévère de Petau, DeTrinitate, 1. l,c. x, n. 7, un acheminement notable vers la doctrine orthodoxe; et pour qui compare certains passages de ces documents homéousiens avec les œuvres de saint Athanase, par exemple. les anathèmes 9 et 11 avec Oratio m contr. arian., 36, P. <'•., t. xxvi, col. 400, 401, l'inlluence exercée par le grand docteur alexandrin sur Basile d'Ancyre et tîl visible.
Mais le temps de la réconciliation n'était pas encore venu i Eustathe de Sébaste, renforcés d'Éleu-
se de Cyzique, se rendirent auprès de l'empereur à Sirmium ; ils le gagnèrent à leur cause. Sur son ordre. an nouvel unit dans cette ville, avant l'été ;
de tous les évêques qui se trouvaient à la
cour, con ■ Ursa< t Valens, el des députés du synode
d'Ancyre dont l'influence fui prépondérante. Sans énoncer un credo nouveau, on confirma tout ce qui avait été ontre Paul de Samosate et Photin, en y joignanl un des symboles du synode d'Antioche in enex-
le second ou le quatrièin l i ce qui fo
la troisième formule de Sirmium. Sozomène, iv, 15, i G., t. lxvh, col. 1152. Rien qui soil positivement hété
rodoxe, mais le leri >|xoo'j<tio; esl sacrifié. Ce I à cette
de de la controverse arienne que se rattache la question du pape Libère : Sous l'empire de la crainte ou dans ,|es vues de paix, a-t .1 réellement consenti à un accom ni donl la ba ■ aurait él la condamnation
linl Athanase el la souscription d'une formule de foi réi les orientaux? de quelle formule s'agi-
rait-il'.' que penser des diverses lettres qui lui s,, ni attribuées dans les « Fragments » iv el xi de saint Hilai
MCI. EH Jlll.nl,. CATHOL.
Autant de problèmes dont la gravité demande une étude à part. Voir Libère. Remarquons seulement que, d'après Sozomène, le seul auteur qui précise, il ne peut être question que de la troisième formule de Sirmium don*, nous venons de parler; Libère aurait même fait suivre sa signature d'une déclaration frappant d'anathème quiconque ne confesserait pas que le Fils est semblable au Père quant à la substance et en toutes choses. Ot fait preuve d'une prévention évidente contre le siège de Rome, quand on se contente d'affirmer, comme dans. l'Encyclopédie des sciences religieuses, art. Arianisme, que Libère « devint aussi aisément semi-arien qu'il était' devenu arien strict ».
Basile d'Ancyre et son parti usèrent violemment de leur victoire; ils poursuivirent les anoméens et, d'après Philostorge , qui exagère souvent , en firent exiler soixante-dix, Eudoxe en Arménie, Aétius et Eunomius en Phrygie. Ils rallièrent en même temps à leur cause plusieurs personnages importants, qui penchaient ver? l'arianisme pur, par exemple, Macédonius de Constantinople. Mais leur victoire ne fut pas de longue durée. Les évêques influents du parti moyen prolifèrent des fautes de Basile et des siens pour représenter à Constance que ces mesures de rigueur nuiraient à la paix et à la sécurité de l'empire ; il valait mieux chercher l'union sur une base plus large. L'empereur entra dans leurs vues, fit rappeler les anoméens exilés, et décida la réunion d'un grand concile, où devraient se trouver les évêques les plus distingués de toutes les provinces ecclésiastiques. Il désigna d'abord Nicomédie pour le lieu de la réunion ; cette ville ayant été presque entièrement détruite par un tremblement de terre, le 24 août 358. il lui substitua Nicée. Mais les évêques politiques e1 les partisans des anoméens, voulant prévenir l'éventualité d'une fusion entre les homéousiens de l'Orient et les homoousiensde l'Occident, obtinrent la division du concile; les occidentaux se réuniraient à Rimini, sur l'Adriatique, les orientaux à Séleucie. en Isaurie.
IX. Le credo impérial; Rimini et Séleucie. — Il j aux deux conciles un préliminaire très caractéristique, ce fui la rédaction d'une formule de foi qu'on présenterai) ensuite à l'approbation des évêques réunis; mais il ia fallait assez large pour qu'elle put grouper les fractions influentes du parti anti-nicéen. Le moyen terme fol Vhoméisme, et dans la nuit du 22 mai 359, ce chefd'œuvre de compromis dogmatique fut arrêté, avec l'approbation de l'empereur, entre les évêques de cour et les chefs des homéousiens. Marc d'Aréthuse fut l'an de cette quatrième formule de Sirmium, appelée aussi « le credo daté ». S. Athanase, De synodis, 8, P. (■'., t. xxvi, col. 692 : « Nous croyons en un seul vrai Die<i, l'ère tout-puissant, créateur et démiurge de toutes choses, et en un Fils unique de Dieu, engendré du Père d'une manière impassible, avant quoi que ce soit qu'os puisse concevoir, siècles, commencement, temps el n'importe quelle substance imaginable... : unique engendré, Qé seul du Père seul, Dieu de Dieu, semblable au l'ère qui l'a engendré, suivant les Écritures, 6u.owv... /.arà rà; Fpaçâ;... Quant au mot oùnta employé ingénument par les Pères, comme il a été mal compris dos fidèles et qu'il les a scandalisés, el que, d'un autre côté, il ne se trouve pas dans les Écritures, il a été décidé qu'on le mettrait de côté, el qu'à l'avenir il ne serait plus question dVJda à propos de Dieu... Mais nous disons le Fils en tOUt semblable au l'ère, comme les sa
Écritures le disent el l'enseignent. >■ La souscription de cette formule fui accompagnée d'incidents signifî catifs. Ainsi, Valens de Mursa avait d abord laissé tomber
après le mol 8 [10 10 v, semblable, le nets xa:a -ivra, c«
tout, que l'empereur lui lit ajouter. Au contraire, I d'Ancyre, mis en défiance, ajouta cette glose ; en tout, c esi à dire non seulement quant à la volonté', m.. . aussi quant à la substance, et quant a l'eiistenCC, cl
ARIANISME, RÉACTION ANTI NICÉENNE
quant a l'être, /•/:"» -;, GwJmaaiv, -
yu. xst-à -., :,,,. S. Êpiphane, llœr . i mu, 22, /
I XMI col ',ii Ce fut probablement à cette époque que
Basile composa, en union bi <*' Laodicée et
d'autres évê b i ton ril dogmatique dont
il a déjà été question; il 5 défend longue ni la parfaite
similitude du Filsavecle Père, et insiste, en particulier, sur les mots : x«t« navra Buowv.
, , nod, ,|.. Rimini se punit au mois de mal ,, . èques > s trouvèrentau nombrede plusdequatre ,S.Athanase,2)esj/nod«,8,P.G.,t.avi,col.e92; Sozomène.rv, 17.7'. G., t. i*vn, col. H62. Parmi les idoxes on remarquait RestituI de Carthage.qui promenl présida,Phébaded'Agen>t Servais de Tongres. l a minorité arienne avait à sa tête Ursace, Valens, Germinius et Auxence; elle comptait quatre-vingts membres, d'après Sulpice Sévère, Historia sacra, H, n, !'■ L., t xx col. 152. Un édit de l'empereur, du 27 mai, enjoignit au concile de B'occuper avant tout de la foi et de l'unité religieuse; défense était faite de prendre aucune résolution concernant les orientaux, s. Hilaire, Fragm vu, 1,2, P. L., t. x, col. 695 sq. Valens proposa l'adoption de la quatrième formule de Sirmium ; de leur côté les évoques orthodoxes demandèrent la condamnation'de l'hérésie arienne et, sur le refus des adversaires, ils confirmèrent les décrets de Nicée, approuvèrent 1 emploi du mot oùda et, le '21 .juillet, prononcèrent la déposition de Valens, Ursace et leurs partisans. IJne ambassade fut envoyée à Constance, portant une lettre el le décret du concile. S. Athanase, De synodit, 10, 11, p G t xxvi, col. 695 sq. ; S. lïilaire, Fragm., m, 4; VIII î-3 P L., t. x, 698 sq. Mais Valens et Ursace prirent l'es devants, afin de prévenir Constance contre la majorité orthodoxe. Après avoir suivi l'empereur de Sirmium à Constantinople, les députés de Rimrai reçurent l'ordre de se rendre à Andrinople; ils durent y attendre, avant d'obtenir audience, que le monarque eut fait une tournée sur la trontière. Les Pères du concile reçurent de Constance une lettre assez sèche, à laquelle ils tirent une réponse courte et digne. S. Athanase, De synodis, 55, P. G., t. xxvi, col. 792
Ce fut seulement le 10 octobre que les députés obtinrent une audience impériale à Niké (Ustodizo), près d \ndrinople. Sous une forte pression, ils unirent par souscrire une formule identique pour le fond a la quatrième de Sirmium. Deux différences méritent pourtant d'être signalées : le Fils était simplement déclari blableau Père suivant les Écritures, sans que le terme Suoioc fût accompagné des mots *«« navra; de plus, défense était faite d'employer, en parlant de la rrinite, l'expression |iia ûnôwafftç, texte de Théodoret, n, 16, /> G t lxxxii, col. 1052, préférable à celui de saint
Athanase, De «y lis, 30, P. G., t. xxyi, col. 745
la fin d'octobre, les députés revinrent à Rimini avec Ursace, Valens et leurs affidés. Le préfet Taurus avait. de son côté, reçu l'ordre d'obtenir des membres du concile le même acquiescement. Ce fut alors un assaut des oonsciences comme à Milan en 355; tout fut mis en œuvre De guerre lasse, brisés par les ennuis d un . .ans cesse prolongé, trompés sur les véritables intentions des meneurs, 1rs évoques cédèrenl peu à peu, et, pour quitter Rimini, signèrent la formule de Niké qu on leur présentait comme une concession faite à fa paix religieuse et n'atteignant réellement pas la foi elle-même. Vingt seulement restaient inébranlables, encouragés sur-
,„,„ par Phébade d'Agen el Servais de Tongres. Alors \ ,lens et Ursace B'avisèrent de ce qu'on a justemeni
appelé une vrai -ouerie . ils proposèrent à ces
évoques de faire au symbole de Niké les additions ; qu ils iugeraienl nécessaires pour rassurer leurs consciences, et pour donner l'exemple, Valens proposa toi-même celle ,i Le Fils de Dieu n'est pas une créai Ajoutât H alors, ou plus tard roulement, ces mota frau-
dulem M T1"1'
mais qu'on a le di