I ni nom Drent leurs additi
condamnaient Arius et sa doctrine, et qu sai, nt l'égalitédu Pllsavec le P
ainsi que les dernien Rimini furent ame-
signer la formule de Nike. Api
t. i. dont faisaient
d ^rles, alla rendre en,,, pi- à i empereur Coi, ce brillant résultat Voii - >'■• 17-1'-'- ''■ '■ >
t uni, col. 1162 sq-; S. Hilaire, / ragm., viwx, PL., t x col. 699 sq.; S. Jéi f»*-»
18 P L., t. xxiii.eol. 171 sq.; Sulpi. ' «*-
,,„ m, Jl-ii. P. L., t. xx. col 152 sq. La nements montrera que i œidentaux n'avaient nullement voulu sacrifier la foi oi el quand saint Jérôme dit arianumm at, son langage est ique, ou du n'exprime pas la réalité d mais un. impres-
M, g (a suite du concile de Rimini „„,,„ remarque Noël Alexandre, le monde aurait-il .po être alors arien, puisque, de ! ' l,J'-
,,„.,,„., les Pères du concile de Rimini ne le furent j Historia ecclesiattica, Lucques, 1734, t. rv.diss. XXMII. En réalité l'acceptation de la formule en question n emportait pas, dans leur pens ptation du sens bétêe que, personnellement et d'une laçon insidieuse, Ursace et Valens attribuaient à cette même formate.
4 la fin de septembre, le- orientaux s'étaient n-unis -, Séleucie, au nombre d'environ cent soixante évoques. nui se groupaient a peu près de cette façon : cent dix homéousiens, avant à leur tête Basile d'Ancyre, Gen de Laodicée. Silvain de Tan de Cyzique et Mace-
donius de Constantinople ; quarante autres anti-nic.ens. se rattachant au parti dos ariens stricts ou des politiques comme Acaoe de Césarée, l.udoxe d Antioclie. Georges d'Alexandrie, Patrophile de Seythopohs et : nius'de Tvr; enfin une dizaine de nieéens. venus tout d'Egypte. Saint Cyrille de Jérusalem était encore dans l.s' rangs des homéousiens. Saint Hilaire de Poitiers présent au synode, rat admis i la communion, quand il eut écarté le soupçon de sabellianisi Sosant quelle' était la vraie doctrim iuIois
s„r la trinité; de son côté, il nhésita pas à eomnmniquer avec Basile d'Ancyi parti. Ordre fut in-
timé aux Pères de Si leucie, comme a ceux de Runuu, de s'occuper d'abord des la toL Dès la pre-
mière séance il j eut désunion. A. ace ayan la quatrième formule de Sirmium. les lioin. ousieiis déclarèrent qu'ils s'en t. naient au concile d Antiocb ,,„,.,.,.„ ,-dire a la seconde profession de foi
émise alors, comme on le voit clairement par les allusions de Soxomène, iv, 22. P. G., t. lxvii. col. I Les] dressa un nouveau sym-
bole, dont le fond était encore la quatrième formol Sirmium, maisavec cette particularité notable qu d'àviuotoç y était formellement anathematisé. comme ceux d'iuao-Jfftoî et d'iuoioûotoç. L'évêque -1
parait ainsi des anoméens pour tonner un groupe
qui re^ui son nom, ol -i:\ 'Axixtov, et qui s'identifie en
fait avec le parti homéetl. Voir ACACIEKS, Col. 390-291.
mode s occupa ensuite des droits de saint ('.vrille.
d. posé par Acace, et Comme Celui-ci -'obstinait a\.
partisans a ne plus prendre part aux sessions, uni tence de déposition fui pronom bu et qu. I
,„tres ariens contumace* .1 Anliochi
d'Alexandrie, Uranius de Tvr, Patrophile de -
|,s ete \nianns fut eboisi comme évéque d An: en' remplacement d I ml.
mais le questeur Léonas le lit saisir et 1 envoya i n x,l. lomène, iv, s • ■ (<•, t. ixMi. col. 33* sq., 117a sq.
ARIANISME, RÉACTION ANTI-NICÉENNE
X. La. suprématie HOMéenne. — Le synode de Séleucie terminé, les homéousiens s'empressèrent d'envoyer à Constantinople une ambassade de dix évoques, ayant à leur tète Basile d'Ancyre; saint Hilaire les accompagna. Mais les députés de Séleucie, comme ceux de Rimini, furent prévenus par leurs adversaires; l'habile et politique Acace réussit à gagner l'empereur, qui n'acquiesça pas aux décisions prises par la majorité des évéques. Seul Eudoxe, accusé nettement de tendances anoméennes, dut les désavouer. Quand arriva la seconde ambassade du concile de Rimini, conduite par Ursace et Valens, ceux-ci et les acaciens firent cause commune sur le terrain de la formule de Niké, augmentée des anathèmes de saint Phébade; mais alors apparut clairement aux yeux des évêques qui avaient été à Rimini la duplicité de Valens, qui ne manqua pas de retourner contre leurs auteurs le sens des additions admises. Par exemple : « Le Fils n'est pas une créature » comme les autres, ajoutait ou soulignait Valens; il est donc, malgré tout, une créature. « Le Fils n'est pas tiré du néant; s assurément, répondait-il, puisqu'il est de la volonté de Dieu. « Le Fils est éternel; » oui, mais comme les anges, en ce qui concerne la durée future. S. Hilaire, Fragm., x, 3, P. L., t. x, col. 708. Les députés de Séleucie refusèrent d'abord de signer la formule de Niké, qui entraînait le rejet de l'oiioio-Jo-to;, aussi bien que de l'ôy.oo\iaioç; mais Constance menaçant d'exil les récalcitrants, tous finirent par céder, le 31 décembre. Ainsi, grâce à sa formule homéenne, l'empereur avait fait l'unité. Unité toute de surface et de malentendus, on le verrait bientôt; mais la fortune épliémère des homéousiens allait sombrer, et c'était la juste conséquence du compromis funeste qu'ils avaient accepté à la cour impériale de Sirriiium.
Peu après, au début de l'année 360, eut lieu à Constantinople la dédicace de la grande église de Constantin. Les acaciens en profitèrent pour tenir un synode, où avaient été spécialement convoqués les évéques de Bitbynie. Il s'ouvrit dés que cinquante évêques furent présents, mais ils s'élevèrent ensuite au nombre de soixante-douze. Chronicon paschale, P. G., t. xcn, col. 736. On y remarquait, outre Acace et ses lieutenants, le célèbre Ulphilas, évéque des Goths. Le synode s'emi de confirmer le symbole de Niké sous une forme un peu différente et sans lesadditionsde Phébade, S. Athanase, De synodis, 30, P. G., t. xxvi, col. 746, 747. Ensuite, appliquant les conséquences de l'homéisme, les acaciens s'en prirent successivement aux anoméens et aux homéousiens. Avec les premiers, ce fut plutôt pour la forme et par mesure de prudence; Aétius seul, sacrifié pour ses témérités, fut exilé par l'empereur. Il en alla tout autrement avec les homéousiens; ce fut une hécautes les sommités du parti, les évoques des influents, tombèrent pour une raison ou pour autre, sous les coups des acaciens, sans toutefois que le motif d'hétérodoxie fût mis en avant. Socrate, n, 'il. /'. '.., t. I xvu, col. 350. Ainsi furent déposés Basile d'Ancyre, Eustathe de Sébaste, Eleuse de Cysiqne, Ma-
s de Constantinople, Silvain de Tarse, saint
Cyrille de Jérusalem, el d'autres évêques rattachés au
parti de plus ou moins pi rges de Laodicée avait
prudence de passer au camp des vainqueurs. Con-
Btance confirma les décisions du synode, exila les
il donna leurs sièges à d'autres. C'est
le 27 janvier, Eudoxe fut transféré d'Antioche
ntinople. Eunomius. disciple d' Aétius et second
chef des anoméens, devint évéque de Cyzique, où, du
la pas longtemps; son radicalisme arien
outra le peuple el força Indexe m le déposer, malgré la
imunaulé de sentiments qui les unissait.
Ai > lantinople di pûtes du synode de
Séleucie, sainf Hilaire y avait composé sa seconde requête à l'empereur, Ad Comtanlium augustum liber secun-
dns, P. L., t. x, col. 563 sq. Il y demandait deux grâces au souverain : une conférence publique avec Saturnin d'Arles, auteur de son exil, afin de le convaincre des fausses accusations dont il l'avait chargé ; et une audience en présence du concile qui se tenait alors dans la ville impériale, afin de pouvoir défendre la foi orthodoxe. Le refus que le saint docteur essuya fut sans doute l'occa- | sion du manifeste qui suivit, Contra Constantium imperalorem. Enfin, sous prétexte qu'il troublait l'Orient, l'empereur le renvoya en Gaule. Sulpice Sévère, Histor. sacra, n, 45, P. L., t. xx, col. 154, 155. Il redevint aussitôt lame de la défense nicéenne en ce pays, mais il poursuivit en même temps son œuvre de conciliation entre l'Orient et l'Occident. A son instigation, des conciles provinciaux se tinrent de divers côtés, et nombre d'évêques qui s'étaient laissé tromper à Rimini désavouèrent cet acte d'erreur ou de faiblesse. On signale, en particulier, vers la fin de 360 ou dans le courant de 361, un concile de Paris, dont la lettre synodale, adressée aux évêques orientaux qui avaient eux-mêmes écrit les premiers, nous a été conservée par saint Hilaire, Fragm., xi, 1-4, jP. L., t. x, col. 710 sq. Les prélats gaulois y affirment nettement Vo\i.oo-J<no<;, en expliquant que par ce terme ils entendent seulement exprimer que le Fils possède avec le Père qui l'a engendré une seule et même o-joia ou substance, et qu'il n'est ni une créature ni un fils adoptif; ils permettent, du reste, qu'on parle aussi de similitude, pourvu que ce soit une similitude de vrai Dieu â vrai Dieu et qu'il y ait dans la divinité unité, et non pas seulement union. Les orientaux étaient avertis que les évêques gaulois avaient confirmé l'excommunication de Saturnin d'Arles. Histoire littéraire de la France, nouv. édit., t. I b, p. 129-
En Orient, l'opposition n'eut pas la même fermeté'. Avant de se séparer, les membres du synode acacien de Constantinople avaient envoyé à tous les évêques le symbole de Niké, accompagné d'un édit de l'empereur portant la peine d'exil contre quiconque refuserait de le signer. Socrate, II, 41, P. G., t. LXVII, col. 317. Sous le coup des menaces et des violences, beaucoup faiblirent; tels, Grégoire l'ancien qui se vit abandonné par tous les moines de son diocèse de Nazianze, et Dianée de Césarée en Cappadoce dont saint liasile quitta la communion. Constance eut pourtant des déceptions. Au début de 361, les homéens, sous l'influence d'Acace, donnèrent pour successeur à Eudoxe, sur le siège d'Antioche, Mélèce d'abord évéque de Bérée, sur lequel ilscroyaient pouvoir compter. Grande fut leur déception, quand dans son premier discours, le nouveau patriarche se déclara en substance pour la foi de Nicée. S. £piphane, Hœr., lxxiii, 29-33, P. G., t. xui, col. 158 sq, l'n mois après, Mélèce partait pour l'exil ; il étail remplace par un arien décidé, Euzoius, le même qui, en 320, avait été condamné avec l'hérésiarque Anus. Cette double élection, tout en diminuant le parti des hétérodoxes, augmentâtes divisions de la chrétienté d'Antioche; il y eut désormais les ariens, puis, du côié des orthodoxes, les eustathiens, administrés par un prêtre pieux, nommé Paulin, et les mélétiens. A la même époque, peut-être lors de l'élection d'Euzoius, eut lieu ce synode
d'Antioche, ou les évéques ariens déclarèrent nette nt
que le Fils n'est semblable au Père ni en substance, ni en volonté, et qu'il a été tiré du néant. S. Athanase, lie synodis, 31, P. <■-, t. XXVI, col. 748; Sociale, n, iô, /'. G., t. lxvii, col. 360, 361.
Ainsi les camps se tranchaient de plus en plus, el l'homéisme lui-même commençai! à être sapé par les deux extrémités, quand son unique Boutien réel, l'empereur Constance, mourul subitement de la lièvre à Mopsucrène, au pied du mont Taurus en C.ihcie. le 3 novembre 361. Peu de temps auparavant, il été baptisé par Euzoius.
ARIANISME, DÉCADENCE El CHUTE DANS L'EMPIRÉ ROMAIN
III. ARIANISME. Décadence et chute dans l'empire romain. 362-381. 1. I """■'
H Synode d'Ali landrie de 362. III L'arianisme les empereurs Julien el Jovien. IV. Reviremenl nom en bous Valens. V. i la renais ance nicéenne; les
docteurs cappadociens. VI. L'Orienl et Rome. Ml
lien et 1 1, ose. VIII. Concile œcuménique de < s-
aople en 381. IX. L'agonie de l'arianisme dans nain.
1. la renaissance nicéenne. La mortde l empereur Constance œil fin à la suprématie homéenne el à unité toute ractice que la violence el la ruseavaienl prétendu fonder. C'est alors surtout que la décadence du parti arien s'accentua. On a pu remarquer qu'en réalité elle avait commencé depuis longtemps, en particulier depuis que les divers groupes de la coalition anlinicéenne, victorieux de leurs ennemis et fiers de la chute d'Athanase, s'étaient trouvés en face les un autres et avaient voulu formuler un symbole positif. Depuis lors, ils étaient allés de formules en formules, de synodes en synodes, sans jamais s'entendre sén ment, mais en voyanl s'augmenter de jour en ;
iions intestines. La victoire des homéens sous Cons-
i nce n'avait fait, au fond, qu'affaiblir le parti antinicéen caren écrasant les homéousiens eten accentuant eux-mêmes leur marche progressive vers l'arianisme pur 1rs vainqueurs avaient rapproché les semi-ariens drs orthodoxes. La foi de Nicée, au contraire, s'étail toujours développée dans le même sens, et, s'ils étaienl abattus extérieurement, ses grands champions navaienl ,,as perdu courage; ils conservaient une puissante influence, soil par la direction qu'ils communiquaient de loin aux fidèles, soit par leur activité littéraire.
Tels lurent surtout les deux grands docteurs de cette époque, saint Alhanase pour l'Orient, et saint Ihlaire P„ur l'Occident. Déjà, on l'a vu, les Discours contre les ariens et les autres ouvrages dogmatiques de lévêque d'Alexandrie avaient exercé une influence incontestable sur les semi-ariens. Le vaillant champion de la foi de Nicée suivait attentivement le mouvement îles esprits, prêt à profiter habilement des circonstances pour frappei l'erreur mais aussi pour tendre la main aux hommes de bonne volonté. C'est ainsi qu'aussitôt après les conciles de Rimini et de Séleucie, avant la fin de 1 année *>», jl publia sa fameuse lettre De synodis, P. G., t. xxvi. col 681-794. Ce qu'il faut y remarquer, c'est sans doute l'excellent parti qu'il sait tuer entre l'arianisme de cette multiplicité de formules, presque aussi nombreuses que les années, qui s'étaienl succédé depuis le coi d'Antioche i»i enceeniis, c'est-à-dire depuis dix-huit ans, sans que la foi des orientaux cessât d'être dans un état d'équilibre instable; mais c'est aussi la largeur de vues dont le saint docteur lait preuve quand, se mettant audessus des questions de mets el de terminologies diver- , . q arrive a cette déclaration, n. il : « Nous ne devons pas regarder comme ennemis ceux qui admettent tous les décret-, de Nicée, et qui ne sont en doute .pi au sujei du terme 6u.ooiS«o«. » Et il cite nommément « Basile d'Ancyre, qui a écrit sur la foi », Basile dont,
quelques année, auparavant, il avait parlé en fermes
sévères. Epist. ad episcopos JEgypti, 1, P- <■■■ '■ NXX-
col. 554. , ,
.,.,. , dire qu'Athanase abandonne par politique la aoctrine M„ ,l a si chèrement défendue, comme lonl insinué quelques auteurs protestants, el quau lieu de convertir les homéousiens a sa cause, il s est converti lui-même a la leur" Toute la su, le de la lettre proteste contre cette interprétation, puisqu'elle tend a d.inuiiv le terme même d'èiurirac, et > soutenir l unité du père ei du Fils quant à la substance, «ara «iv i IvoWo " ''s- C'esl la même doctrine que dans la lettre De Sictenis decretis, où on lit qu'il ne font diviser ni ] unité de la nature, m l'identité de la Lumière et de sa
splendeur, o. Si, P '
deux choa - 1 une : ou li
dont il parle ■ at qU une < 1 1 1 1 ■ rence de t< rrnim ,1 veul sagement que la question i question de mot; ou bien,
incomplet, à tout le moii doctrine de Basile d'Ancyre suri unil
,,. et le Fils, néanmoins il n insiste pas, pour ce motil que 1 unité- numérique d«
, tout en étant la conséquence logique oi<rio< n est cep< ndant pas formellement i la définition de Nicée. En tout cas, il veut qu
amis on examine la question avec caln.
foi. icpôuc xat |Utà sont i l'6|ioov«o(
loin. •ni. (jLixpàv oùaav toî &\wova
Telle fui aussi l'attitude de saint Milan (in
de 358, il avait reçu, dans son exil de Phryj lotir,- .1,-s évoques gaulois ou il- le priaient de ! ser l'état des opinions théologiqui
répondre a ce <1- -il - il ' >U début il
suivante, son livn D
P /.., t. x. col. 1-79-546; et ce fut aussi une a
conciliation. Il juge avec indulgem
aux. a l'exception toutefois de la SeCOndl
miuui. C'est avec le même calme et la même ! , ,„,- saint Athanase qu'il s'adresse aux évoques du synode «•mi-arien d'Ancyre, n. 12-26, B8-91, soil pour approuver la plupart de leurs anathi me-, suit pour répond i leurs difficultés au sujet du ternu --■•---• -Nous
l'avons vu frayer personnellement avec les hon au concile de' Séleucie: il faut que son inlluence au; d'eux ait été sérieuse, pour que Constance renvoyât le saint docteur dans sa patrie, au moment où i contre tous ceux qui ne courbaient pas la tête <l credo impérial. Enfin, c'est par l'entremise d'HUaire
rêques orientaux entrèrent en nia' veux
de la Gaule. Ainsi se rapprochaient peu à peu II ce rapprochement amenait l'éclaircissement d tendus, diminuait les préventions entre K (rient et 1*0 dent, et faisait serrer la question de pin- était
l'apostolat fécond des docteurs cappadociens qui M |
parait. Athanase et Hilaire devaient en recueillir euxmêmes les premiers fruits, après que l'avènement de Julien au trône impérial eut mis lin à l'arianisme politique de Constance.
Il Stoode d'Alexandrie de 362. - Le nouvel empereur proclama d'abord la pleine tolérance d culte- puis lança un édil de rappel en faveur d évèques exilés sou- son prédéi bénéficia. Depuis son départ, Georges le Cappadoaen ne
il maintenu sur le siège patriarcal que Contre I des alexandrin- ; chasse plusieurs fois, il avait
gré de force. Mais, quand on apprit la mort de Constance. il v eut une explosion de haine contre l'intrus I homme cupide qui n'avait pas craint de pivl.mer ■ spolier le Sérapion; d'abord jeté en prison par le pi
es fui massacré le -21 décembre 361. L, . suivant saint Athanase rentrait dans sa ville episcopale. Hisloria acephala, 8, 10, P. G., t. xxvi. col. 1415, iwatkin,Studic*,p.22l,22ô. En rappelant les ev. exilés, Julien l'Apostat espérait-il accroître les divis de I I hsc chrétienne en mettant aux prises les di partis qui la troublaient? Si tel fut son calcul, les
catholiques surent le déjouer. ' de Verceil, en particulier, comprirenl quil fol toul procurer la concorde parmi I 1 idée de réunir un synode à Alexandre les condition- et les moyens de rendi
oncile se tmt. seml.le-t il, en été. Il ne s') t, nue vingt et un évèques présents en personm de Verceil était, après lévêque dAlexandrie, Le per-
1S33 ARIANISME, DÉCADENCE ET CHUTE DANS L'EMPIRE ROMAIN 183-i
sonnage le plus important. Deux diacres représentaient Lucifer de Cagiiari. Malgré le petit nombre de ses membres, ce « concile des confesseurs », comme L'appelle Rufin, n'en est pas moins l'un des plus importants •de la controverse arienne par l'autorité qu'il acquit et l'influence qu'il exerça sur la marcbe des événements. On n'a pas craint de dire qu'il « décida le retour du monde à l'orthodoxie ». Eug. Revillout, Le concile de j\ icée d'après les textes coptes el les diverses collections canoniques, Pari-;, 1881 et 1899; Le concile de Nicée et le concile d'Alexandrie d'après les textes coptes, dans la Revue des questions historiques, 1874, t. xv, p. 329 sq.
Trois questions dogmatiques surtout préoccupaient en ce moment les esprits. 11 y avait, entre les occidentaux el les orientaux, et chez les orientaux mêmes, à Antioche, entre les eustathiens et les mélétiens, la querelle des trois hypostases, les premiers n'en admettant qu'une dans la trinité, et les autres en soutenant trois. En second lieu, Macédonius de Constantinople avait appliqué à la troisième personne de la Trinité l'erreur arienne, «n niant la divinité du Saint-Esprit; déjà saint Athanase avait écrit à ce sujet plusieurs lettres, adressées à Sérapion, évêque de Thmuïs, qui lui avait fait connaître dans son exil la doctrine des macédoniens oupneumatomaques. Enfin vers 361, Apollinaire, évèque de Laodicée en Syrie, avait posé d'une manière plus explicite un problème relatif à l'humanité du Christ, que les ariens avaient les premiers soulevé, le problème du «Twjjia a^uyov. L'étude de ces deux dernières erreurs appartenant à des articles distincts, il suffit d'indiquer ici la doctrine orthodoxe, sanctionnée par les Pères du concile d'Alexandrie. Le Saint-Esprit est con substantiel au Père et au Fils; la trinité ne peut être divisée, rien de ce qui lui appartient n'est créature. Le Verbe, en s'incarnant, est devenu vrai homme; par conséquent il a pris non seulement un corps humain, mais aussi une âme humaine. Tomus ad Antiochenos (ou lettre svnodate des Pères d'Alexandrie), 3, 7, P. G., t. xxvr, col. 800, 80L
La question relative à l'usage du mot hypostase était plus délicate, à cause des prétentions qu'avaient des occidentaux d'imposer purement et simplement aux orientaux leur propre terminologie : u.ia iméawaii. La fameuse /, ■milr de Sardique reparut, patronnée sans doute par les représentants de Lucifer de Cagiiari, et peut-être même par Eusèbe de Verceil; mais on n'eut pas de peine à montrer qu'elle manquait d'autorité. Tomus, n. 5. 10. S.iini Athanase savait par expérience personnelle que le malentendu venait d'un sens différent, attribué au même mot par les occidentaux et les orientaux; il les pria d'abord de s'expliquer les uns et les autres sur leur foi, le malentendu fut bientôt visible. Pour les latins, suivis par les eustathiens d'Anlioche, •jîroTTairiç, traduit littéralement par substantia, devenait synonyme du mol ntia, o-jola; don la formule : une hypostase, c'està-dire une seuli' xnhstance. Pour les -nés el pour les ii i- n- H antioche, bnéo-raixi; s'opposait simplement aux :v;™ri des sabelliens qui ne leur semblaient pas indiquer suffisamment le caractère substantiel et subsistant des trois personnes divines; pour eux, •J7îo'<7Ta<7i: n'équivalait donc pas au mot latin substantia, maispluii au mot subsistentia, alors inusité, et la consubstantialité des trois personnes nu hypostases était -auvegard par l'expression \i.\x Ovoia, une seule essence ou substitutr Quand l'équivoque fui bien constatée, on put s'unir pour anathématiser Arius, Sabellius, Paul de Saite el autres i ■ puis, tout en laissant ;i
chacun sa terminologie, on convint que le mieux était nir au roniiie de Nicée. Tomus, n. 5-6; Revillout, op. ni., i. il p. 331 sq.; Th. de Régnon, Études, i rii p. 174 q. Il est difficile de comprendre comde no joui , certains protestants ont pu dire que, eoncession. Uhanase renonça expressément a la formule « ui
bientôt, à propos des docteurs cappadocicns, la tendance qui se cache là-dessous.
A ces questions dogmatiques s'en joignait une autre de pure discipline, mais souverainement importante pour l'avenir de la renaissance nicéenne. Recevrait-on à la communion ou à la pénitence les ariens, les semi-ariens et les orthodoxes tombés par faiblesse, et à quelles conditions? Là surtout, deux partis se trouvaient en présence : celui des intransigeants, comme Lucifer de Cagiiari, qui voulaient que ces lapsi fussent à tout jamais exclus des rangs du clergé; et celui des modérés qui restreignaient cette peine aux principaux fauteurs de l'hérésie. Rufin, i, 28, P. L., t. xxi, col. 498. Le parti des seconds triompha; pour toute condition, les hérétiques et les lapsi devraient anathématiser la doctrine arienne et confesser la foi de Nicée. Tomus, n. 8. Eusèbe de Verceil et Astérius de Petra furent désignés pour veiller, l'un en Occident, l'autre en Orient, à l'exécution des décrets du concile, mais ils devaient d'abord passer par Antioche, afin d'essayer de mettre un terme au schisme entre les eustathiens et les mélétiens. Ils partirent aussitôt, mais leur mission fut contrecarrée par Lucifer de Cagiiari, qui s'était déjà prononcé pour Paulin et l'avait ordonné évèque des eustathiens. Le fougueux auteur du pamphlet De non parcendo in Deum delinquenlibus, P. L., t. xni, col. 935 sq., ne voulut pas souscrire aux mesures de sage douceur prises par les Pères du concile d'Alexandrie; il cessa de communiquer avec saint Athanase, Eusèbe de Verceil et leurs amis, donnant ainsi naissance au schisme des lucifériens. A Antioche deux évèques orthodoxes restèrent en présence : Mélèce ayant pour lui les évèques d'Orient, Paulin soutenu par ceux d'Egypte et d'Occident. Mais ce fut là une exception; les résolutions du synode des confesseurs furent sanctionnées par le pape Libère, et tout l'Occident les adopta. S. Hilaire, Fragm., xn, P. L., t. x, col. 71 i, 715: S. Jérôme, Dialog. adv. Lucifer., 20, P. L., t. xxm, col. 175. Un grand nombre de synodes célébrés à la même époque dans les Cailles, l'Espagne, la Grèce et autres pays donnèrent une vigoureuse impulsion au grand mouvement de renaissance nicéenne, parti d'Alexandrie, lies centaines d'évéques, qui n'avaient souscrit aux formules eusébiennes que par faiblesse ou par erreur involontaire, revenaient au parti de Nicée; Eusèbe de Verceil, Philastre de Brescia et saint Hilaire de Poitiers recueillirent ainsi dans le diocèse de Milan, en 363, une foule de retours. Rufin, i, 30,31, P. L., t. xxi, col. 500 sq. L'arianisme disparut presque complètement de l'Occident. En Orient, il y eut aussi de nombreuses et précieuses adhésions au parti nicéen, comme celle de saint Cyrille de Jérusalem, rentré dans sa ville épiscopale à l'avènement de Julien, et celle d'Eusebe nommé, sous l'influence île saint Basile, évêque de Césaréeen Cappadoce, après la mort de Dianée en 302. l'nan plus tard, le patriarche d'Alexandrie pouvait, dans sa lettre à Jovien, s'applaudir à bon droit du fruit réalisé.
111. L'arianisme sous les empereurs Julien et Jovien. — Apres la mort de Constance, les évèques booléens avaient gardé' leurs sièges, mais le parti lui-même perdit son influence, et L'arianisme strict s'accentua. Ai tins, le chef des anoméens, fut en faveur auprès de Julien, qui lui lit don d'un bien-fonds à Mitylène. PhilOStorge, IX, i. /'. C, t. LXV, col. 569. Il y eut plusieurs assemblées d'évéques ariens, en particulier un synode d'Anlioche en 302, présidé' par Euzoius; on y ib. Lira de nulle valeur la sentence de déposition prononcée contre Ai'iius par le synode acacii n de Constantinople. L'hérésiarque fut même sacré' évêque avec plusiei partisans, m.iis s;m d'évêché. I rge, vu,
0, /'. '.'., t. lxv, col. 544. I uiloxe, évêque de Constanti nople, tout en étant le protecteur des anoméens, n'eut
jamais le c 'âge de se dé( larer ouvertement pour leurs
doctrines. Les retards qu'il apportait sans cesse ., |
habilitation complète d'Aï entre lui i i l unomius ; il y i ut di oism, propn ment dit, deui fractions qu on désigna ensuite sous li - i Bd ou • udoxii m letd ano-
méens ou i u liens ». Aétius et Eunomius allèrent jus-
qU ., nommi r un i vêque de li ui set te a Constantinople. Philostorge, vi, 3, i; vh,5; vin, 2; in. 3, '.. P. G., t. lxv, col. 534 sq ,512sq., 555, 568 sq. . Théodoret, H, 25.P.G., t. i \wn. . ol. 1074 sq.
Le parti semi-i i snbil aussi une profonde modification, vprès sa déposition, Macédonius de Constantinople étail devenu chef de parti, en faisant du Saint- Espril une créature du Fila; il eut pour principal h. ni, nanl el pour continuateur de son œuvre Marathonius de Nieomédie. Socrate, n, 45; Sozomène, rv, 27, P. r.., t. iavii. col. 360, 1200. Le parti engloba bi un grand bre des anciens semi-ariens, en particulier Éleuse de Cyzi [ue, Eustathe de Sébaste etSophrone de Pompéiopolis, en sort- qu'à partir de cette époque
acédoniens «et « semi-ariens » deviennent des termes
identiques. Ils tinrent sous le régne de Julien divei nodes. on en signale surtout un à Zélé, dans le l'ont, où ils se séparèrent expressément et des orthodoxes i ariens; ce qui les mit en état d'hostilité ouverte ces derniers. Socrate, III, 10, P. G., t. i.xvn, col. H>
L'empereur Julien laissait les partis à eux-mêmes; il intervint pourtant en Egypte. Ce fut évidemment l'immense influence qu'exerçait le grand docteur, soit en
a. soil en particulier parmi les hautes cil d'Alexandrie, qui détermina l'Apostat à déroger à son édit de tolérance, sous le prétexte futile qu'il avait permis aux évêqui s exilés •< de revenir non pas à leurs églises, mais dans leurs pairies ». Sa vraie préoccupation est visible dans les lettres qu'il écrivit à ce sujet; il craint le prosélytisme d'Athanase, « l'ennemi des dieux. » Œuvres complètes de l'empereur Julien, trad. par Eug. Talbot, Paris, 1863, lettres (',, 20, 51. L'ordre de hannisseinent fut donné au début d'octobre ; une forte amende menaçait le préfet d'Egypte, si l'évêque .'tait encore en Egypte le premier décembre. Saint Athanase partit pour la Thébaïde, le 23 octobre; c'était son quatrième exil, mais il devait durer peu, « nuage qui passe, » disait-il en s'en allant. Li s ariens mirent sur le siège patriarcal Lucius, un Alexandrin ordonné prêtre par Georges le Cappadocien. Mais le nuage passa, quand le 26 juin 363. Julien vaincu par les Perses tomba sous une flèche ennemie. Le lendemain, l'armée proclamait empereur le général Jovien, qui avail toujours été un chrétien orthodoxe. Sur son invitation formelle, Athanase rentrait dans sa ville épiscopale, le 20 lévrier 364. Pour essayer de mettre un terme aux troubles de l'Église, le nouvel empereur lui di manda di lui envoyer, sur la trinité, un mémoire qui fixât les bases de la foi orthodoxe. Telle fut l'occasion de la lettre Ad Jovianum de fide, P. G., t. xxvi. col. 813- 820, rédigée dans un synode provincial, tenu à Alexandrie vers la Gn d'août; le saint docteur j donne et justifie brièvement le symbole de Nicée, en l'accompagnant de quelques di tails précis sur le Saint-Esprit. Api" .p,.. ien, le patriarche s'embarqua pour Antioche, le."> septembre; dix jours plus tard, le préfet d'Egypte recevait des lettres impériales ordonnant le rétablissement de l'orthodoxie, hiver-, s pétitions, adressées plus tard à l'empereur, par les ariens, contre saint Athanasi i, i ,i,i sans effet. P. G., t. kvi, col. 820 sq. : Sozomène, vi, 5, P. G., t. lxvii, col. 1305.
Pu dehors des conversions partielles qui s'opén afoi upi - d anciens adversaires commeni
- vers la foi de Nicée. Basile d'Ancyre, Svi- \.,m .le Taise et quelques autres tirent une démarche auprès de Jovien.au début de son règne; ils demandaient l'expulsion de tous ceux qui ne reconnaissaient pas le I ,i- semblable au Père, mais en restaient a la position prise au de Rimini et de s, leucie.
vi, î. /'. ('.., t. i.xvii. col. 1302. Dans l'aul
A ii-
■ i une vingtaine d'autre* nt à
:'. fort estimé del empereur: dan Synode d Antioche ils reconnu.
■ a le symbole de Nicée, n.
.pu laissent planer des don'
cet aete.au moins d,- la part de quelques-uns d taires. On ht. .-n effet, dans 1., aèrent a Jo\i.-n : i Nous acceptons et gardons fermen la foi du saint concile jadis assembli I I
îuooûffioc, qui déplaît a quelqu
interprété comme il faut par ! - : il
sie.mti<- que h- Fils a été engendré de la substance du Père, et qu'il lui est semblable selon la substance, Spvoioc /.%-' ovatav.Non que l'on conçoive rien de passible dans la génération ineffable, ou <|u<- l'on emploie le mot -, selon rasage de I.. langui . mais on veut ren-
verser ce que l'impie Arius a osé dire du Christ, à savoir qu'il a été- lire du néant: ce que les anoméens, qui H sont élevés depuis peu, répètent avec plus d'inso. encore pour détruire la concorde dan m. -J.Ô: Sozomène, vi. i, P. G., t. lxvii. col. 451, I Quoi qu'il en soit de la sincérité de cette démarche, elle montre du moins l'état des esprits et le progrès du moui! qui ramenait peu .. : > toi de N
IV. Revirement homée» soi s Yai.ess. — La mort violente de Jovien, survenue a Drépane dans la nuit du lt> au 17 lévrier 361, retarda d'une quinzaine d'années le triomphe anal de l'orthodoxie. Les soldats élevèrent sur le trône impérial le tribun Valentinien. chrétien orthodoxe; il laissa la liberté aux partis et eut pour principe de ne pas se mêler des affaires religieuses. Sourèpie l'Occident fut tranquille, et le triomphe de la foi de Nicée se compléta. Dans une réunion provoquée par saint Eusébe de Verceil. en 3<il ou 365, les évéques d 'I- Ivrie souscrivirent aux décisions du concile d Al acte qui causa une grande joie au pape Libère. S. liilaire. Fragm., XII, 3. /'. /.., t. x. col. 7IG. L'n seul acte de Valentinien causa quelque trouble à Milan. Sous prétexte d'en faire disparaître les div interdit, vers le mois de novembre 384, toul d'assemblées chrétiennes en d 'ieux soin
la juridiction de l'évêque Auxcnce: saint Milan contre cette mesure dans une : I BTi °ù
il dénonçait Auxence comme blasphémateur et ennemi caché de Jésus-Christ Valentiuû n ordonna qu'une o rence eut li. n entre les deux champions devant une commission .le dix évêqw - d un questeur et d'un
maître des offices. Auxence se résolut à proposer une profession de foi. qui fut acceptée par la commission l'empereur. Saint Bilaire voulut dévoiler les rétk et les équivoques du prélat ai ien. mais il reçut l'ordre de retourner en Gaule. I a celte occasion, et
envoya aux évéques d'Italie son écrit Contra Auxentium, à la lin duquel on trouve la profession de foi de l'évêque ari.n ou semi-arien de Milan. /'. I. . t. X. col. G09 sq. L'Orient fut moins heureux que l'Occident. A son entrée dans Constantin. .pie. le "28 mars 36i, Valentinien avait pris pour collègue à l'empin son frère Valens, dont la politique religieuse allait renouveler les plus mauvais jours de 1 hoiu. i-me. L'OCCasii bientôt pour l'empereur d'Orient d.- manifesta : pathies. Dans l'automne de la même année, les macédoniens obtinrent l'autorisation de tenir un syn< saque, dans l'Hellespont, sous la pi Cyzique; ils y déclarèrent de nulle valeur ce qui
décidé par h s acariens dans leur concile d linople. en 360, et condamner, ut la prof, —ion .' qui \ avait été émise. En revanche, ils sanctionn l expression homéousiem bien marquer la distinction des personi vêlèrent le symbole cou st-a-dire la
deuxième formule d'Antioche. Sozomène, VI, 7, P. G., t. lxvii, col. 1312 ; Gwatkin, Studies, p. 275, pour la date du synode de Lampsaque. A son retour du voyage fait à Naïssus pour accompagner son frère, Valens trouva les députés de ce synode à Héraclée; il désapprouva ce qui avait été fait. Sous l'inlluence de l'impératrice Albia Dominica, arienne zélée, et de courtisans imbus des mêmes idées; désireux aussi sans doute de s'assurer l'appui des évèques homéens qui lui paraissaient encore former le parti le plus nombreux et le plus fort, le monarque oriental commençait à donner sa laveur à Eudoxe de Constantinople, tout en prenant des mesures contre le parti extrême des anoméens; Aétius et Eunomius durent se retirer, l'un à Lesbos dans le domaine qu'il tenait de Julien, l'autre à Cbalcédoine. Philostorge, IX, 3, 4, P. G., t. lxv, col. 568 sq.
Bientôt suivit une mesure plus générale; ce fut, probablement en mars 365, un édit de bannissement contre les évêques exilés sous Constance et rétablis par Julien. La persécution s'étendit aux semi-ariens, aux novatiens et surtout aux orthodoxes ; les églises leur furent enlevées, presque tous les évêques partirent pour l'exil. Parmi les plus illustres victimes se trouvèrent Mélèce d'Antioche et saint Athanase qui dut, pour la cinquième fois, quitter sa ville épiscopale; devant l'imminence d'un coup de main, le vieux patriarche se retira dans une campagne, où il resta du 5 octobre 365 au 1er février 366. Valens ayantalors ordonné de suspendre toute poursuite contre le saint, celui-ci rentra et demeura en paix dans Alexandrie. Histor. acephala, 15, 16, jP. G., t. xxvi, col. \\\1. Celte attitude de l'empereur, comme l'arrêt qu'il y eut alors dans la persécution et le rappel de plusieurs autres évêques, venait des préoccupations que lui causait la révolte d'un parent de Julien, Procope, proclamé empereur à Constantinople, le 28 septembre 365. Mais, après la défaite et l'exécution de ce rival, le 27 mai 366, les poursuites recommencèrent contre tous les adversaires du parti homéen. A Nicomédie, Valens fit tenir en sa présence un synode arien où, à force de menaces, il entraîna Éleuse de Cyzique à communiquer avec Eudoxe; acte de faiblesse qui l'ut suivi d'un prompt repentir. Socrate, iv, 6, P. G., t. lxvii, col. V72. Saint Cyrille de Jérusalem partit pour un nouvel exil.
Une seconde fois il y eut suspension des hostilités quand l'empereur d Orient, après s'être fait baptiser par l'évéque île Constantinople, au printemps de 367, se rendit sur le Danube où il resta occupé pendant trois ans i la clesGoths. Peu après son retour, Eudoxe
mourut, dans les premiers mois de, 370. Les orthodoxes mtinople voulurent profiter de la circonstance pour . e choisir un évéque, Évagrius; mais il fut chasse sur l'ordre de Valens, qui remplaça Eudoxe par l'arien Démophile de Bérée. Quatre-vingts prêtres catholiques,
es à Nicomédie, où se trouvait l'empereur, pour protester contre cette intrusion, lurent embarqués sur un
m auquel on mit le feu; fait raconté par Socrate,
iv. Ki.et Sozo ne. vi, 14, /'. <r.,i. lxvii, col. 500, 1330,
i ii doute par quelques auteurs modernes. en particulier Gwatkin, Studies,p, 276. Les orthodoxes de la ville impériale, se trouvant sans évéqne, sans é(
virent leur nombre diminuer de jour en
t. mi que vécul Ithanase, on n'osa rien entreprendre du côté d'Alexandrie; mais, après la mort du saint doc-
le 1 tuai 373, les ariens l'eeoiimienrerenl à se remuer, Enfin, en 374 du 375, exilés et dirigés par Euzoius d'Antioche, ils se décidèrent a rein ir la force
leur évéque Lucius, Pierre, le successeur de saint Atha-
ilul prendre la fui le; il i raconté dans une lettre
ttentats el li - cruaul ibl dont fui ai
compagnée l'intrusion de l'évéque arien. Lucius reçut le
pouvoir de bannir de I Egypte tnus ceux qui resteraient
dés à la roi • de V le, i . 21,22, /'. '.'..
t. lxvii, col. 508, Ihéodoret, iv, 17-19, /'. G., t. i.wxn,
col. 116i sq. En Asie Mineure, la persécution se poursuivit également contre les orthodoxes et les hoinéousiens. Méléce fut banni pour la troisième fois en 372; Eusèbe de Samosate eut le même sort, en 37't, et fut remplacé par un hétérodoxe. Divers synodes ariens se rapportent à cette époque; en particulier, un conciliabule d'Ancyre déposa, vers la tin de 375, saint Grégoire de Xysse, et un autre conciliabule tenu à Nysse même, établit un arien sur le siège épiscopal de cette ville. S. Basile, Epist., ccxxv, ccxxxvii, etc., P. G., t. xxxn, col. 840, 885 sq. Ainsi, l'œuvre de persécution et de désorganisation continua en Orient jusqu'au moment où l'empereur Valens partit pour sa seconde expédition contre les Goths, au printemps de 378.
V. Progrès de la renaissance nicéenne; les docteurs Cappadociens. — Faut-il conclure de ce qui précède que la situation du parti homéen était plus brillante que jamais? En réalité, il ne se soutenait que par l'appui du pouvoir impérial. Au dedans, la dissolution se poursuivait ; le parti des « anoméens ou eunomiens » se propageait à côté et aux dépens du parti officiel des « ariens ou eudoxiens »; il avait ses évêques à Constantinople et dans beaucoup d'autres endroits. Philostorge, VIII, 2, P. G., t. lxv, col. 566. Ses deux chefs, Aétius et Eunomius, quoique bannis à plusieurs reprises, restaient de loin comme de près les directeurs de ce mouvement dont le radicalisme intransigeant ne contribua pas moins que l'intolérance homéenne de Valens à rejeter les semiariens du côté des orthodoxes. De plus, à ce moment même, Dieu suscita à son Église un groupe de brillants défenseurs qui allaient porter le dernier coup à l'arianisme épuisé. La Cappadoce avait été jusqu'ici la forteresse de l'hérésie; de là étaient sortis le sophiste Astérius et la plupart des évèques intrus des grands sièges, Grégoire et Georges d'Alexandrie, Eudoxe de Constantinople, Euphrone d'Antioche, Auxence de Milan, et surtout Eunoniius. C'est en ce même pays que se forma la coalition anti-arienne la plus efficace; saint Basile en fut l'âme. Ordonné diacre par Mélèce, il avait assislé, dans l'entourage de son homonyme, l'évéque d'Ancyre, au synode acacien de Constantinople; à son retour à Césarée de Cappadoce, il se posa en adversaire résolu de l'arianisme. Peu après, l'évéque I lianée ayantsigné la formule de Nikà, Basile abandonna sa communion. Sous son influe) l'évéque revint, avant de mourir, sur cet acte de faiblesse, et eut pour successeur Eusèbe, dont les sentiments étaient orthodoxes. A la suite d'un différend avec le nouvel évéque, vers la fin de 363, Basile se relira dans le Pont avec son ami Grégoire de Nazianze, mais quand, en 365 ou 366, Valens el les ariens commencèrent leur campagne contre les évèques nicéens el homéousiens de Cappadoce, les deux amis quittèrent leur retraite pour défendre, l'un son vieux père, évoque de Nazianze, l'autre son métropolitain, Eusèbe de Césarée. Quand ce dernier mourut dans l'été de 370, Eusèbe de Samosate lui fit donner Basile pour successeur. Et Valens, dans son séjour en Cappadoce en 372, trouva en lace de lui cet que », dont la dignité et la fermeté conquirent son respect.
L'évéque de Césarée devint l'âme de ce qu'on a nommé, dans un sens équivoque chez quelques-uns. le mouvement néo-nicéen, dont les membres les plus influents, après Basile, furent Grégoire de Nazianze, Amphiloque d'Icône, Grégoire de Nysse, Eusèbe de Samosate et même,
qui concerne la controverse trinitaire, Apollinaire
de Laodicée. Cène l'ut pas seulement un parti «le combat ce fut aussi une école théologique ayant sa physiom propre. Voir lli. de Régnon, Etudes, 3* série o, p. 26 sq.
Celle physionomie, elle la dut lOUl a la fois aux eu
stances où vécurent les docteurs i us et à la
tournure de leur ne Lel i .Lui- les él
philosophiques d'Alhènes, esprits lins et déliés, admirateurs intelligents d'Origcne, ils se trouvaient naturelle-
i approcher leur foi de leur rai on, non pour prouvi i li d ■ ni.- • 1 1 1 1 énoncent un mysti re, mais peur les défendre el leur donner, dans la mesure du possible, une formule rationnelle. C'était précisément ci- qu'il fallait au milieu el à l'époque dont il- faisaient partie. Des malenteni I nulés entre
ident, faute de terminologie commune fixation nette au sujet des termes que n< m. ni rencontrés . oùaia, ûitéoTa?i$, tubstantia. La le difficulté des orientaux anti-nicéens était la con- Lliation de la réalité substantielle des trois personnes avec 1 unité d'o-io-fa qu'indiquait ou renfermait me 9|iooû(r(o{. Pour accentuer cette réalité substantielle des personnes divines, Basile et son école tinrent
conserver l'expression origéniste de rpet{ ùitoarâotid mais ils ajoutèrent <r.v. oùecec, ramenant ainsi les trois hypostases à l'unité de substance. Ainsi se fit la fusion des formules par équivalence reconnue de signification : cliez les lutins, irrs personae unius substanliae ; chei 1rs grecs, \i.ix ouata, tpeïc ûitoarâo-etç. Voir S. Grégoire de Kazianze, dans le panégyrique de saint Athanase, Orat., m, X>, P. G., t. xxxv. col. 1124, U25; Th. de Régnon, Éludes, De série, étude m.
En même temps, lus docteurs cappadociens opérèrent in travail de précision, consistant à distinguer nettement : d'un côté, l'essence OU la nature, la substance et tes perfections d'ordre absolu; de l'autre, les propriétés personnelles et d'ordre relatif. Les noms de l'ère. Fils il Saint-Esprit se rapportent aux relations d'origine qui existent entre les trois personnes divines: des lors, il ae faut pas chercher le constitutif propre des personnes •.i.uis l'essence ni dans rien de ce qui est absolu et commun, mais dans l'ordre relatif des propriétés individuelles, exprimées par les termes de paternité, de filiation et de procession. Dès lors aussi, il n'y a plus lieu à la subordination proprement dite, subordination de substance à substance, puisque celle-ci est une et indirisible dans les trois personnes divines; reste seulement une subordination improprement dite, admise par saint Alhanase lui-même et qui ne suppose pas autre ebose que le rapport d'origine existant entre le Fils et le l'ère qui l'engendre, connue entre le Saint-Esprit et les deux autres personnes dont il procède. Du reste, à l'exemple de saint Athanase el de saint Hilaire. la nouvelle école se montra large sur les questions de pure terminologie; saint Basile, par exemple, tolérait la formule onoto; to) IiaTpî, pourvu qu'on ajoutât a-aia'/laxTwç, c'est-à-dire semblable au l'ère sans diffi aucune.
Un a prétendu que, dans cette œuvre de conciliation. les docteurs cappadociens restèrent « passablement semiariens », et que, dans la réalité, ce fut la doctrine homéourienne de Basile d'Ancyre qui sous leur couvert entra dans l'Église catholique. Pour oser émettre cette tion, il faut fermer les yeux sur toute la doctrine de ces illustres l'eres. connue sur les nombreux passages ou ils enseignent formellement l'unité de l'o-Jo-iot en Dieu. Voir Scheeben, l.n dogmatique, trad. Bélet, Paris, 1880,
I. Il, $ I 1 "2. Leur pensée apparaît luanife-t. nient dans la
distinction qu'ils font entre les perfections d'ordre essentiel ou absolu, où l'unité demeure, et les propriétés d'ordre personnel ou relatif, où la pluralité règne; du reste, que signifie cette formule même : \ila oùtria
'J-OTTiT :■.;'.' FI. pour retourner l'assertion des adversaires, n'est-ce pas précisément par l'acceptation et la
eonsécrati Ie> mots .m oùafc, que l'homéousianisme
si modéré déjà des semi-arien- .1 Vncyre passa définitivement, avec Basile de Césaréeet ses amis, à l'homoousianisme de Nicée? S'ils restèrent, malgré tout, disciples .1 1 frigène, ce ne fut pas comme Eusèbe di
continuateurs, puisqu'au contraire il- reprochaient aux ariens d'avoir mal interprété la doctrine du grand alexandrin. Socrate, iv. 26, /'. G., t. lxvii, col
lant est indéniable, i est que l conciliation i I la fusion di
fin rit pas sans difficultés VI. L'Orieni m Rom L'ii me de Va-
lens n'avait pas arrêté le mouvemt ni de r< ■ 'ho-
doxie, inauguré par la mort di l elle avait eu pour effetde rejeter vers Rome I A la -mie de divers Bynodes, tenus dans I Asie Mini et spécialement à Smyrne, une députation i d Eustathe de Sébaste, Sylvain de Tarse et Théophili Castabale, fut envoyée, en 365 ou 366, par cinquai neuf évéques macédoniens à l'empereur Valentinien et au pape Libère, pour entamer des négociations de I unité religieuse. Quand les déput • Mi-
lan. Vab-ntinien était déjà parti pour : I. A
Rome, Lila-re refusa d'abord de < ir, voyant
ours en eux des « ariens • . mais ,\< protestèrent de leur repentir et. comme preu atérent uie
claration où il- acceptaient le symbole de N mot
6|i>ooûato< compris, et anathématisaienl la formub Rimini et de Niké. L'évêque de Home n'hésita pi les recevoir dan- -a communion et. au nom de toute l'Église d'Occident, répondit par une lettre, où il coi. tait l'acceptation par les orientaux du symbol Les députés professèrent de nome. m la p orthodoxe dans un synode tenu en Sicile à leui ils reçurent d< - évêques di
à celle du pape. Socrate, iv. 12, /'. G., t. lxvii, col sq. Il est probable que leur passageà Sirmium eut quelque rapport avec le changement qui se produisit, cette époque, dans h-s sentiments de l'évêque de cette ville, Germinius; arien décidé, jusqu'alors, il se rapprocha beaucoup de la foi orthodoxe et resta fermement persuadé que le Fils est véritablement Dieu et pleinement semblable au l'ère. Dans un synode tenu a Singidunum en 'M>~. les arien- ni vainement de lui
faire abandonner ces deux points de doctrine. S. Hi. Fragm., xm. xiv, xv. P. G., t. x. col. 717 sq.
Les lettres de Libère et des siciliens furent
reçues dans un synode qui se tint, au printem] a Tyane en Cappadoce;on y remarquait le métropolitain Eusèbe, Athanase d'Ancyre, Gi - '• I au-
1res prélats dont plusieurs avaient déjà pris part avec Mélèce à l'assemblée d'Antioche. Grande fut la joie des orientaux: ils décidèrent que les i ient com-
muniquées à tous les autres Oi ent, et dé-
crétèrent à cet effet la réunion d'un grand synode h Tarse en Cilicie, avec l'intention de reconnaître unanimement la foi de Nicée. Mais Vali ns, à l'instigation d'Eudoxe, défendit qu'on donnât suite à ce projet. Au reste, le retour en masse des évêques semi-ariens n pas encore mûr. 11 y eut, la même année, a Antio I Carie un autre synode d'environ trente-quatre évêques; tout in louant b- efforts tentés en vue de l'union, ils rejetèrent formellement i - -. d< irèr
tenir a la -eColide formule d Antloche. Sozolnelle. VI. |-J,
P. (,.. t. ] xvii. col. l:;-i-2 s,,.
Le pape Libère était mort le SI septembre 986. 11 eut pour successeur Damase qui dm d'abord détendu droit- contre les prétentions d'Ursinus. Affermi sur le trône pontifical, Damase inaugura cette série di loin. iin- dont la chronologie, étudiée par Merend.i. /'• sancri Datnasi papa opusculù el getlit, P. /... t. xm. Col. III sq., parait avoir été plus exactement déterminée par Rade, Dam i Fribourg-en-Brisgau et Tubii KH p viu-164. Du lettre. 1.' A fros qu'il coin Ni'.», pour engager les
i s africains à ne pas se laisser surpn e.ux qui préféraient les décrets du ion. île de Rimini à ceux de Ni< ée, saint Athanase i.nt allusion à un on uûer synode romain où Ursace et \ ni anathémati-
t .i une bllre qu'il av.nl lui-ni.
pour solliciter la condamnation
arien de Milan. Epist. ad Afros, 10, P. G., t. xxvi, col. lOiô. Damase satisfit à la demande de l'évéque d'Alexandrie dans un synode célébré en 369 ou 370; Auxence fut frappé d'anathème. Une lettre synodale, adressée aux évéques d'Illyrie, leur fait connaître cette sentence; elle affirme fortement la consubstantialité des trois personnes divines, et déclare sans valeur les actes du concile de Bimini. Sozomène, vi, 23, P. G., t. lxvii, col. 1350.
C'est alors que saint Basile, devenu évèque de Césarée, se tourna, de concert avec Méléce, vers saint Athanase pour le presser, par des lettres et des députations, de s'occuper aussi de l'Orient, et principalement de l'Église d'Antioehe Epist., lxvi, lxvii, lxix, lxxx, lxxxii, P. G., t. xxxii, col. 423, 425, 430, 455, 457. Puis, heureux de l'encouragement reçu du vieil athlète de Nicée, vers la fin de 371, il dépêche au pape Damase le diacre Dorothée, pour solliciter l'envoi de légats en Orient. Epist., i.xx, col. 43k Quelques mois après, Dorothée repartait avec le diacre milanais Sahinus, muni de lettres amicales. Saint Basile désirait davantage; il remercie les évéques d'Occident, mais il leur demande, surtout dans une lettre collective qu'il fait signer par trente-deux de ses collègues, de venir en aide d'une façon plus efficace aux maux de l'Eglise orientale. Epist., xc, xcn, col. 471, 478. Dans la suite des négociations, la correspondance de l'évéque de Césarée nous le montre passant par des alternatives de confiance et de découragement. Voir P. Al lard, Sai»t Basile, Paris, 1899, c. vi. Et ce n'était pas sans motif, tant il y avait d'obstacles à vaincre. Sans compter la lenteur des communications avec l'Occident et les embarras que lui ci éaient parfois ses propres amis, le docteur cappadocien se heurtait à des difficultés de détail qui se greffaient sur la question de doctrine. Marcel d'Ancyre vivait encore, et l'attitude à son égard n'était pas la même en Orient et en Occident; ce n'est pas que Rome soutint les erreurs attribuées au vieil évéque par ses adversaires, mais le jugeant sur ses propres affirmations, elle ne croyait pas devoir le condamner personnellement. En cela saint Athanase imita Rome quand, vers l'an 371, Marcel qui demeurait le centre de tout un groupe de partisans dans son ancienne ville épiscopale, envoya une députation présenter au patriarche d'Alexandrie une profession de foi où le sahellianisme étail aussi formellement réprouvé que l'arianisme. Les deux vieux compagnons d'armes restèrent ainsi unis au soir de leur vie. P. G., t. XVIII, col. 1290- 1306. Le schisme d'Antioehe, auquel se mêlait la querelle des trois hypostases, avec les accusations d'ariaiii me ou de sabellianisme déguisé que se lançaient les pauliniens et les mélétiens, créait entre Rome et Césaune autre source de susceptibilités réciproques ; car Basile el ses amis étaient eh. nuls partisans de Méléce,
taudis que Paulin était soutenu par les occidentaux el
trouvait un puissant appui dans l'évéque Pierre d'Alexandrie, réfugié auprès du pontife romain après son départ
pte. Pendant quelques années, Basile gagna peu de ti I âge trahit une vive déception,
cxrv, ccxv, ccxxxix, col. 786, 790, 1394. I. innée -171 lui cependant marquée en Occident par un fail qui devait avoir les plus heureuses conséquences. \ ii mort 'l Vuxence, maintenu -ne -mu siège épiscopal par Valentinien qui le tinl toujours pour orthodoxe, le
peuple acclama co te évéque le gouverneur de Milan,
Ainl'i En lui s'allieraient un zèle ardent pour la foi
de Nici e el une admiration sympathique pour les doc leur- cappadociens; de son côté, s. uni Basile salua dans Ambroise un vase d'élection exevu, col. 710.
Sou- son influence, les évéques illyriens tinrent, en
in concil il- proscrivirenl l'hérésie mai
ne une el confessèrent leur foi en i.i inmié consubstantielle; leur lettre synodale lui adressée aux orientaux par l'entremise du prêtre Elpidius. Valentinien approuva les a ! confirma par un
crit, adressé aux évéques de l'Asie et visiblement dirigé contre la politique ecclésiastique de Valens, car il affirme fortement la foi orthodoxe et interdit aux hérétiques de se prévaloir des sentiments des princes pour répandre leurs erreurs. Théodoret, iv, 7-8, P. G., t. lxxxii, col. 1131 sq.; Tillemont, Mémoires, t. vi, note LXXXVI, p. 791 sq. Mais l'empereur Valentinien étant mort subitement le 17 novembre, ces décrets restèrent lettre morte en Orient. Le mouvement de retour à la foi de Nicée n'en continuait pas moins. Sous l'influence de saint Basile, divers synodes soutinrent la cause de l'orthodoxie, en particulier celui d'Icône, tenu vers 376 et présidé par l'évéque de cette ville, Amphiloque; la doctrine relative à la sainte Trinité y fut définie dans les termes mêmes dont l'évéque de Césarée s'était servi dans son ouvrage sur le Saint-Esprit.
En même temps les négociations avec Rome se poursuivaient. En 376, les prêtres Dorothée et Sanctissime furent chargés d'une seconde ambassade; ils revinrent avec une pièce considérée par Bade, op. cil., p. 108, comme une décrétale du pape Damase, c'est le fragment Eagmtia, P. L., t. xiii, col. 350 sq., où se trouvent affirmées la consubstantialité et la distinction parfaite des trois personnes divines. Les envoyés s'occupèrent de recueillir de nombreuses signatures; puis ils repartirent, en 377, pour une troisième ambassade. Ils étaient chargés d'une longue lettre affectueuse, où les orientaux sollicitaienl la condamnation d'Eustathe de Sébaste, retombé en 375 dans l'erreur macédonienne, et celle d'Apollinaire qui maintenait sa doctrine relative à l'humanité du Christ, condamnée par le synode des confesseurs; à la fin de la lettre, Paulin était accusé d'incliner vers la doctrine de Marcel et de favoriser ses partisans. S. Basile, Ejiist., CCLXIH, col. 975 sq. Le pape Damase s'était déjà occupé de l'apollinarisme à l'occasion du prêtre Vital, soupçonné d'admettre celle erreur; il avait confié l'examen de l'affaire à Paulin d'Antioehe par la lettre Per filium mevmi, P. L.. t. xin, col. 356. Mais, en 376, Apollinaire s'était définitivement séparé de l'Église, et avait établi Vital évèque d'Antioehe. Damase réunit un synode, à la fin de 377; sur la question du schisme il y eut une vive altercation entre Pierre d'Alexandrie qui attaqua Méléce et Dorothée qui le défendit, mais sur les autres points les demandes des évéques orientaux furent prises en considération. Dans les fragments llhid sane miramur, et Non nobis, l'apollinarisme est d'abord spécialement réprouvé, puis la foi orthodoxe est brièvement exposée en opposition aux erreurs macédoniennes, photiniennes et marcelliennes.
/'. L., t. XIII, col. 352 sq.; Bade, op. rit., p. 111-113. Quelques mois plus lard, après le dépari de Valens pour -a seconde expédition contre les Perses, Pierre d'Alexandrie rentrait dans sa ville épiscopale el en chassait l'intrus l.ueius qui demanda en vain le secours de l'empereur homéen. Le ;i aoûl 378, Valens périssait dans la bataille d'Andrinople ; événement qui allait décider du sort linal de l'arianisme en (trient.
Vil. Gratien et Théodose. - Depuis la mort de Valentinien, son fils aîné, Gratien, gouvernail l'empire occidental ; sincèrement attaché a la foi orthodoxe, il donna toute sa confiance à saint Ambroise. Ce fui --m- sa demande que le docteur milanais composa ses traités /'e ////c el De Spiritu Sancto, qui onl peur objel les questions soulevées \<.n' la controverse ariem t macédo-
nienne; l'inlluence de saint Basile s'\ reconnaît visiblement. Gratien rei ul ces ouvrages au début de 3SI , quand il revint de Mésie où il avail accompagné son oncle Valens. Resté seul maître de l'empire, l'empereur
idoxe inauguri < nemenl par un édil de
tolérance, porté à la foi de 378, d'après lequel chacun pouvait suivre la religion qu'il jugeait la meilleure, à l'exception toutefois des manichéens, des photiniens et
exilés furent rappelés.
Socrate, v, 2, P. G., t. i un, col. 668. Deux courant manifestèrent alors parmi li b évéques semi ariens. Dam un synode d'Antioche en Carie, tenu en 378, une partie se prononci renl pour l &|ioiovvco;, en rejetant explicitemenl l'ô|iooûffto;i mais le plus grand nombre s'attachèrenl plus étroitement & la fol de Nicée. Sozoméne, vu, 2, /'. G , i. i.xvu, col. 1420. On en eut la preuve au de septembre de l'année suivante; cent quarantesix ..il cent c inquante trois évéquea orientaux réunis par Mélèce dans la ville d Antioche, Bur 1rs bords «Je l'Oro
ci ivirent à tous les documents dogmatiques en précédemment par le pape Damase, et adressèrent aux évéques d'Italie et des Gaules uni' lettre synodale pour exprimer leur acquiescement complet à l'orthodoxie. Merenda, op. cit., c. xiv, P. L., t. xiii, eu!. l'JO sq.; Rade, op. cit., p. 11 i sq.
Saint Basile no connut pas cet heureux résultat; il était mort le l« janvier de cette année 379. Sans voir Le succès final, il avait pu, comme saint Athanase, l'entrevoir. Le mouvement de restauration nicéenne qu'il avait dirigé allait rapidement s'achever, sous une puissante impulsion, partant de ce même pouvoir impérial qui pendant si longtemps avait été le grand obstacle. Bientôt après la mort du grand docteur cappadocien, le 19 janvier, Gralien prenait pour collègue dans la charge impériale Théodose, Espagnol orthodoxe, qui se proposa fermement de mettre lin aux discordes de l'Église, mais en lui gardant toute la pureté de sa foi. Cette politique se manifesta surtout après une -rave maladie que l'empereur d'Orient lit à Thessalonique, en février 380, et au cours de laquelle il se lit baptiser par l'évêque orthodoxe du lieu, Aschqle. Le 27 du même mois parut le célèbre édit de Thessalonique, enjoignant à tous d'accepter la foi enseignée par les évéques Damase de Rome et Pierre d'Alexandrie, et de confesser la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Cod. theodos., 1. XVI. lit. i, 2. La publication de cet édit à Constantinople excita une émeute chez les ariens qui depuis quelque temps voyaient leur influence décroître. L'cdit de Gratien avait, en effet, permis aux orthodoxes d'avoir à leur tête quelqu'un pour les gouverner, non avec le titre d'évéque, mais comme administrateur de la communauté catholique. La charge avait été confiée, en 379, à saint Grégoire de Nazianze qui se vit forcé', faute d'églises, de tenir ses assemblées dans l'humble demeure de l'un de ses parents, là où s'éleva plus tard la célèbre église appelée, en souvenir de ses origines, 'Aveurceunc ou Résurrection. Les admirables discours du grand orateur remuèrent bientôt catholiques et ariens; aussi ces derniers virent-ils dans ledit de T-hessalonique le signal de leur ruine prochaine. Tout pourtant n'alla pas sans difficultés pour les orthodoxes. Comme Grégoire n'avait point encore été ordonné' évéque de Constantinople, un intrigant égyptien qui s'était concilié la confiance du saint. Maxime le Cynique, résolut de le supplanter. Dans un voyage qu'il lit à Alexandrie, il manœuvra si Lien qu'il réussit à gagner à sa cause le patriarche Pierre; puis, de retour à Constantinople, il profila d'une absence de saint Grégoire pour se faire ordonner par trois évéques égyptiens qui l'avaient accompagné. Pareille intrusion était un scandale; aussi Théodose chassa Maxime, et le pape Damase désapprouva l'élection dans deux lettres écrites avant le concile œcuménique de Constantinople. P. L., t. un, col. 365-370, Le Cynique
chercha un refuge auprès de Pierre d Alexandre
après la mort de celui-ci, auprès de rimothée son su
si m-. Voir, p ■ le récit de cette singulière intrigue,
l'abbé Louis Montaut, Revue critique de quelques questions historiques se rapportant à saint G Nazianze et à son siècle, Paris, 1898, c. v. Entré li phalement à Constantinople, le 11 novembre 380, Théodose invita l'évêque arien Démophile à souscrire à la foi de Nicée; sur son refus, ordre lui lui donne d'aban-
donner les égll n. Le
conduit par i empen ur, pi ii i
pénale des Saints-Apôtres. Un nouvel édit, d
vier 381, défendit a tous les hérétique
assemblées dans les villes, et leur ordonna de li
paît. .ut les églises aux orthodoxes. Cod. theodos.,]. XVI,
lit. v. 6. Le général Sapor, envoyé à Antioche par '1
uta l'édit en laveur de Mélèce, considère des lors officiellement comme l'évêque i
Kn Occident, l'arianisme perdait sentants dans l'épiscopat. L'n synode, présidé par Vah rien d'Aquilée dans s., propre ville, mais dont saint Ambroise fut l'âme, déposa deux évéques de la II inférieure, Pallade et Secondien, qui des soupçons d'hétérodoxie qui planaient sur eux. Les actes de i si I quatre lettres qui s'y rattachent,
Aginius gratias, Benedictt ■ D el Quant-
libet, se trouvent clans !• • mt Ambi
P. L., t. xvi. col. 916-949. Il se tint vraisemblablei au printemps de 381. Loofs, art. us, dans
Reaïencyklopâdie fur protest. Théologie und A' 'S' édit., 1. 1, p. 13. Vers la même époque, l< fit un acte beaucoup plus important, en rédigeant dans un synode romain l'écrit connu sous le nom de C
fidei catholiese ou les - vingt-quati contre les hérésies orii ntali s. /'. L., t. xin. co Théodore!, v. II. /'. <■.. t. i.xxxn. col. 1221 sq. Un mier anathème porte contre ceux qui ne reconnaltr pas pleinement au Saint-Esprit unité de puissance • substance avec le Pire et le Fils; viennent ensuit anathèmes contre les sabelliens, les ariens et les eunomiens, les macédoniens, les photiniens, les apollinaristes et la doctrine attribuée à Marcel d Ancyre. sans que le nom de celui-ci soit prononcé; puis recommence une série d'anathèmes relatifs au Saint-Esprit, pour affirmer plus énergiquemenl et en détail sa divinité essentielle et sa consubstantialité par rap) au Fils. Celte Confessio fidei fut envi ilin d'An-
tioche. Rome avait parlé-; en même tem] rait,
en Orient, l'acte solennel qui allait consacrer définitivement la foi de Nicée.
VIII. Concile œcuménique de Constantinopi.e. b* — Au mois de mai s'ouvrit le concile qui, approuvi puis par le siège pontifical et accepté par tout porte officiellement le titre de second » nique, premier de Constantino] avait con-
voqué que les évéques de miu empire. Thétx /'. (■;.. t. ixxxii. col. 1208. Invil s avec les autres, les doniens ou semi-ariens vinrent au nombre de trente-six. dont les principaux étaient Éleuse de Cy/ique et Marcien de Lampsaque. Du -• il y
avait environ cent cinquante préjats. et parmi eux personnalités notables, connue Mélèce d'Antioche qui présida d'abord le concile, puis saint Grégoire de Nazianze qui le remplaça momentanément, saint Grégoire de N saint ('.vrille de Jérusalem, Timothée patriarche d'Ali drie, Amphiloque d Icône, Aschole de Thesa Théodoret, v, 8, loc. cit., col. 1012; S ne, vu. 7,
/'. C. t. i xvii. col. 1 130, la s évêq la Mao doine arrivèrent plus tard que les autres. qu'ils n'eussent pas été convoqués en même iqu'ils n'eussent pas immédiatement répondu à l'appel.
Quoi qu'il en soit de l'ordre suivi, le concile s'occupa de deux sortes de questions, h-s unes d'ordre disciplinaire, les autres dogmatiques. Aux questions du pn genre se rapporte l'examen de l'ordination d< le Cyiique comme évêque de Constantinople; l'acte fut re nul, et I le Nazianze fut solennellement
intronisé par Mélèce. Quand ce dernier vint à mourir, au plus tard en juin, saint Gri goire lui suc© <la dai
li nce du concile. La question d'Antiocl Immédiatement; on rappela un pacte conclu partisans île M léce et eux de Paulin, pacte d
lequel ils s'étaient engagés à ne pas donner de successeur à celui des deux qui mourrait le premier. Sociale, v, 5, P. G., t. LXVII, col. 570 sq. Malgré cela, la majorité des évêques donnèrent un successeur à Mélèce dans la personne du prêtre Flavien, d'ailleurs parfaitement recommandable; c'était alimenter le schisme. A son tour, Grégoire de Nazianze crut devoir céder devant l'opposition des évêques égyptiens qui dénonçaient une violation des canons ecclésiastiques dans son transfert de l'évêché de Sasime à celui de Constantinople; il offrit sa démission et bientôt après se retira dans son pays natal. Nectaire, alors prêteur de la ville impériale, lui succéda comme évèque et comme président du concile. Les rivalités, datant de loin et envenimées durant la controverse arienne, entre Égyptiens et Asiatiques, se manifestèrent violemment en ces questions d'ordre disciplinaire. Les canons du concile ne furent assurément pas de nature à plaire aux alexandrins; tels, le deuxième dirigé contre l'immixtion dans les affaires d'un autre patriarcat, le troisième attribuant à l'évèque de Constantinople une prééminence d'honneur après l'évèque de Rome, et le quatrième cassant l'ordination de Maxime. On entendit même des raisonnements qui allaient au delà d'Alexandrie : « C'est en Orient que Dieu a resplendi dans son enveloppe charnelle. C'est aussi en Orient que le soleil se lève. C'est donc à l'Orient de commander, à l'Occident d'obéir. » S. Grégoire de Nazianze, Carmen XII, De seipso et de episcojns, vers 1G90 sq., P. G., t. XXXVII, col. 11 i7.
Sur le terrain dogmatique les choses allèrent mieux. A la vérité, les négociations entamées avec les macédoniens n'aboutirent pas, les évêques de ce parti quittèrent le concile el envoyèrent des lettres de tous côtés pour recommandera leurs adeptes de ne pas accepter la fô! de Nicée; mais les cent cinquante orthodoxes confirmèrent purement et simplement cette même foi. Socrate, v, 8, P. G., t. LXVII, col. 578 sq. Le premier canon du concile est l'expression de cette solennelle ratification : « La profession de foi des trois cent dix-huit Pères, réunis à Nicée en Bithynie, ne doit pas être abrogée; elle doit conserver toute sa force, et toute hérésie doit être anathématisée, en particulier celle des eunomiens ou anoméens, celle des ariens ou eudoxiens, celle des semiariens ou pneumatistes, celle des sabelliens et des marcelliens, celle des photiniens et celle des apollinaristes, » Ce canon faisait probablement partie, à l'origine, d'un tÔu'j;, dissertation détaillée sur la doctrine orthodoxe touchant la Trinité, dont parle le synode de l'année suivante. Dans leur dernière session, qui se tint avant la fin de juillet, les évêques demandèrent et obtinrent l'approbation impériale. Sozomène, vu, 9, P. G., t. lxvh, col. I I
concile œcuménique de Constantinople a-t-il rédigé un nouveau symbole, celui qui dans l'Eglise porte son nom? Question débattue entre les érudits et qu'il suffira d'indiquer ici. Voir CoNSTANTiNOPLE.(//»cowc!'(e de). Les uns nient énergiquemenl que le symbole appelé uicéno-constantinopolitain ait été rédigé ou approuvé 'lin li' second concile œcuménique, il ne lui aurait été attribué plus tard que par un malentendu. Ilort, Two
r talions, u, On the t Constantinopolitan » creed ..,
I sq.; Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, • >■■ 'dit., t. ri, p. 265, 2<i(>, el article Konstantinopolita-
het Symbol, dans Realencyklopâdie fur protest.
ilogie und A 'irche, -j . .lit., t. vm, p. 212 sq. ;Gwatkin, The arian conlroversy, i tirage, Londres, 1898, p. 159- 161. D'autres érudits maintiennent que le concile œcuménique de Constantinople composa un symbole ou plutôt confi mbole que saint Epiphane rapporte,
'fin- son . 119, /'. G., t. xi. in, col. 232, et
qu il employait '!■ puis quelques années dans l'adminis- ■ i du baptême. Hefele, Hitt. de» conciles, Irad. req, t. il, p. 10-17; Wilhelm Kôl
arianischen Hàresie, Gutersloh, 1883, t. il, p. 504-507; Punk, Histoire de l'Eglise, trad. Hemmer, 3e édit. Paris, 1899, t. i, p. 213, et article Symbole, dans RealencyklopàdiederchrisMchenAllertliumer, par F. X. Kraus, Fribourg-en-Brisgau, 1886, t. n, p. 809 sq. Conforme en substance à celui de Nicée pour ce qui concerne le Fils, le symbole dit de Constantinople en diffère cependant par quelques détails de rédaction, dont le principal est l'omission des mots l*. xf,; o'jt!»; tctj flarpo: ; mais, en ce qui concerne le Saint-Esprit, le symbole de Nicée est complété comme il suit : « Et en un Seigneur Jésus-Christ... dont le règne n'aura pas de fin. Et au Saint-Esprit, qui règne et vivifie, qui procède du Père et doit être honoré et glorifié comme le Père, qui a parlé par les prophètes. »
Le concile œcuménique de Constantinople eut une sorte de complément l'année suivante. L'occasion vint de l'Occident, auquel Maxime le Cynique et Paulin d'Antioche avaient fait appel. Un synode tenu en Italie, peutêtre à Milan, sous la présidence de saint Ambroise, en juin et juillet 381, s'occupa de leurs affaires et protesta contre l'élection de Nectaire et de Flavien; dans les lettres Sanctum et Fidei tuse, il demandait que Maxime fui réintégré sur le siège de Constantinople, ou qu'on tint à Rome un concile général des deux Églises pour examiner les deux questions en litige. S. Ambroise, Epist., xni et xiv, P. L., t. xvi, col. 950 sq. L'empereur d'Orient ne jugea pas à propos d'accéder à la demande d'un concile romain; mais, dans l'été de 382, il réunit de nouveau dans la ville impériale les membres du concile précédent, sauf Grégoire de Nazianze qui s'excusa. Cette assemblée rédigea deux canons, rangés ensuite comme cinquième et sixième parmi ceux du concile œcuménique. Dans le dernier, des règles étaient établies concernant les accusations portées contre des évêques orthodoxes. L'autre ('tait ainsi conçu : « Au sujet du mémoire des occidentaux, irsp\ to-j tôulou tùv Autwûv, nous reconnaissons aussi ceux d'Antioche qui professent une seule divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Ce tÔ(j.o; des occidentaux serait, ou le mémoire rédigé par le pape Damase en 369, opinion d'Hefele, Hist. des conciles, Irad. Leclercq, t. n, p. 29-31, ou plutôt la Confessio fidei contenant les vingt-quatre anatbèmes, opinion de Rade, op. cit., p. 116 sq., 133. De plus, les membres du synode rédigèrent une lettre aux occidentaux que trois évêques devaient porter à Rome; ils y assuraient le pape Damase, et ceux qui seraient réunis avec lui en concile, de leur amitié et de la conformité de leur foi, puis ils justifiaient l'élection <l Nectaire et de Flavien. Phrase à remarquer dans celle lettre synodale : « Il faul croire que la divinité', la puissance, la substance, oJ^ia, est unique dans le Père, le Fils, et le Saint-Esprit : égale gloire el coéternellc domination dans trois parfaites hypostaset, ou bien, trois parfaites personnes, ev Tpor'i teXeîou; ■jTio'JTy.ainvj. jfyovv xpia\ ttXsfot; ■KpoTiânoiç. » Théodoret, v, 9, P. G., t. i, xxxil, col. 1212 sq.
Le concile romain eut lieu à la lin de cette même année 382, Saint Ambroise, saint Jérôme, saint Epiphane, Aschule de Tlicssalonique, Paulin d'Antioche et les trois représentants du synode de Constantinople y assistèrent. On n'a que très peu de renseignements sur ce que lit cette assemblée. Sur la demande du pape Damase, Jérôme rédigea une profession de foi pour les apollinarisles qui voudraient rentrer dans l'Église. Il ne semble
pas qu'on ait donné suite aux réclamations en faveur de Maxime le Cynique, mais le synode refusa la communion à Flavien et aux deux évêques qui l'avaienl rmi- I tiodore de Tars e ci icace de Bérée. So lomène,
vil. Il, /'. '.'., t. LXVII, col. 1442. Le schisme d'Antioi lie
continua donc, ci ae se termina qu'en 392, alors qui ■, igrius, successeur de Paulin, mourut sans qu'on lui donnai de succe c ir.
1847 ARIANISME, DÉCADI NCE ET CHUTE DANS L'EMPIRl ROMAIN 184
[X. 1 :mn.
— A i ■ i ■ li i oni ili o ■ i Diqui di i n lantiaopli ,
i . ,ii de l ai i nu me dans 1 1 mpii e romain n i -i plut i qu une i ■■■ '
suivit \ ivemenl ion plan d'uni use. Le 19 juil-
let 381, un i dil di n ndail aui i unomii as • i aux arii ns de bâtir aui un n li villi el à la campi
h ..n du môme hum- un décret rendu à Hi rai léeordonii.n! que ta i i xception russent remises
entre les m. un- des évéques qui croyaient à l'unique divinité du Père, du I il- et du Saint-Esprit, et qui se trouvaient en communion avec certains évéques plus marquants, désignés nommément pour les paya où 1 1 mesure avait son application, par exemple. Timothée d'Alexandrie pour I Egypte. Cod. Iheodos., 1. XVI, lit. v, 8; lii. i. 3. La persistance des hérétiques à répandre leurs erreurs détermina Thépdose à réunir à Constantinople. en juin 383, les évéques des diverses sectes pour leur faire ses dernières ouvertures. Les ariens n'ayant pas goûté la proposition de prendre pour règle l'Ecriture et les Pères antérieurs à la controverse, tous les chefs de parti reçurent l'ordre de donner par écrit leur profession de foi; pour les orthodoxes el les novatiens unis sur le dogme de la Trinité, Nectaire et Agélius; pour les macédoniens, Éleuse de Cyzique; pour les ariens, Démophile; pour les anoméens, Eunomius qui présenta son exBeptc ttittîw:. Après avoir lu tous ces symboles, l'empereur condamna et déchira tous qui portaient atteinte à l'unité des personnes divines. Socrate, v, 10, P. G., t. lxvii, col. 584 sq. Une loi du 25 juillet, portée à l'instigation de saint Amphiloque d'Icône, interdit la propagande et l'exercice public de leur culte à tous ces hérétiques, ariens, eunomiens et macédoniens. Cod. theodos., 1. XVI. tit. v, 11. D'autres lois suivirent, soit spéciales contre les eunomiens. soit générales pour faire rechercher les prêtres hérétiques ou renouveler les edits déjà portés. Cod. theodos., 1. XVI, tit. v, 13, 15, 17. Les ariens essayèrent parfois, mais vainement, de relever la tête; ainsi, en 388, pendant la campagne de Th'éodose contre le tyran .Maxime, sur la fausse nouvelle d'un échec des troupes impériales, il y eut à Constantinople une émeute pendant laquelle on incendia la maison de l'évêque Nectaire. En 391, une loi interdit toute assemblée d'hérétiques. Cod. theodos., 1. XVI. tit. v, 20. L'arianisme tombait ainsi sous les coups redoublés de ce même pouvoir civil qui, pendant longtemps, avait fait sa force et son succès.
En Occident, l'impératrice Justine, épousée par Valentinien en 368, provoqua une lutte qui n'a dans l'histoire de l'hérésie que la valeur d'un épi-ode. Attachée à l'arianisme, elle gardait la rancune de plusieurs succès obtenus par saint Ambroise -eus le règne de Gratien; telles, vers 380, la restitution d'une église catholique que les ariens occupaient, et surtout l'ordination d'un évéque orthodoxe à Sirmium, malgré la protection accordée par Justine au candidat opposé. Paulinus, Vila sancti Ambrosii, 11, /'. /... t. xiv. col. 30. Quand après la mort violente de Gratien, en 383, elle eut pris II vernement de l'empire d'Occident, au nom de son Bis Valentinien II, âgé seulement de i:> ans, l'impératrice voulut prendre sa revanche, en s'appuyant sur les ancien- partisans d'Auxence et sur sa garde, composée de Visigoths ariens. Par deux fois, vers le carême de 385 et 386, l'évêque de Milan fut invité à livrer aux ariens la basilique Portienne ou la [basilique Neuve; mais es exigences se brisèrent devant l'indomptable
fermeté du -.nul et le- deiiioii-l | al I. .n- pnhlu|U<s ih-
orthodoxes i a sa faveur. Après ledit du 23 janvier :;n;. où Valentinien II. à l'instigation de sa mère, autorisai! les assembli es des adhén nts au symbole de Rimini, et mena,. ni il une accusation de lèse majest ci u\ qui pri ii ndaienl les troubler, Ambroise resta fei me à son et à ondi « ir, sans craindri les m< .. ■ ul cl m< rn<
qu il ne - expliqua rait, lui
Dcile. Voir A. de Broglie, Saint An
■ . ii. p. '.-
i implora m fils. I. ani
lient aupn - de 1 1
l arianisme pi Ile sa den
cident; Valentinien II fut désormaii nent
orthodoxe.
L'Église, de -on côté, continuait -on œa d'illumination par les grands évêqu doc-
leurs de ci tie époque, s. ont Ambr dli.
, i. Occident, la m d'Hilaire de Poil i
i n 368; saint I tait et < difiait; sain:
se préparait déjà. En (nient, c'était tout cence de doi leurs : Didymi ri1-
lants cappadociens, saint Basile, sainl de
Nazianze et saint Grégoire de Nysse; saint Cyrill Jérusalem, saint Épi| .lean Chi ysostome i I Ile d'Alexai
raison de due qu lutte avec les ariens eut celui-ci, qu< .. grands talents dan- i 1 „ magnifiques qui en - ron - la gloire
ment.
Battu ainsi ,n brèche par la science des do< : comme par les édits impériaux, l'arianisme disparut peu à peu de l'Egypte d'abord, puis de tout l'Orient Du reste, aux causes extérieu gnit un principe in-
térieur de ruine non moins efficai se replia sur elle-même et s'émietla en une foule de petites fraction- rivale- qui s'anathématisaieut à l'envi. Pour l'arianisme extrême, la dissolution commença du vivant même d'Eunomius, après son bannissement Théodose vers384. Voir Anoméens, col. 133 non
deseudoxiens ne resta pas longtemps meilleui la mort de Démophile, m 386, Mai l'évêché arien de la ville im] pute a\ee Dorothée d Antioche sui si Dieu pouvait être appi lé l'ère [avant que le Fils sistât. [Les dorothéens soutenaient la n mlis
que l'affirmative avait pour partisans les marin appelés aussi psathyriens, du nom de leur principal chef, Théoctiste le ] ici de là, -
l'h. odo-e 11. un schisme qui dura une trentaine d'années. Les marinistes eux-mêmes se divisèrent. En 119, il y eut, par les soin- du consul PlinthaS qui appartenait à la secte des psathyriens, une sorte d'en Heure eiiti us de C.oii-tantinople ; mais le parti
arien n'était plus qu'une ruine, les successeur- de Barou Bardas qui, en 107, avait hérité du siège de Marin, tombèrent dans l'oubli le plus complet S - -
vu. (1; Sozomène, vu, 17; vin. I. /'. <>'.. t. î.xvn. col. 645 sq., 748 sq., 1463 sq., 1510; Théodore!. 11.- . i. /'. G., t. i xxxiii. col il" L'arianisme resta cependant représenti dans m, e- impériales par les Goths qui continuer. du libre exercice d ligion, parce qu'en leur
qualité d'étrangers on ne les regardait pas commi mis aux lois des empereurs. Grâce à leur coin leur protection, les ai iens de l'empire relevèrent p la tête. Ainsi, sous l'empereur Arcadius, le chef - Gainas, devenu tout-puissant après une révolte, demanda pour le- ariens de Constantinople un i ils
pussent s'assembler; ma rendications se bri-
it devant l'éloquence el la i Cbrysostome, el les unes lombèn nt
la foi tum de Gainas 6. 8 vin.
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ARIANISME CHEZ LES PEUPLES GERMANIQUES
688, 1524, 1530; t. i.xxxii, col. 1258 sq. En 428, Nestorius, évoque de Constantinople, ayant voulu enlever aux ariens une maison de prières qu'ils possédaient encore, il y eut une sédition; ce qui occasionna un renouvellement des anciens édits. Socrate, vu, 81, P. G., t. lxvii, col. 808. En Afrique, au temps de saint Augustin, les Goths ariens qui se trouvaient dans l'armée du comte Boniface avaient un évêque qui osa provoquer l'évêque d'Hippone à une dispute publique; le grand docteur a rédigé lui-même un rapport circonstancié de ce qui s'était passé dans les dix conférences tenues à cette occasion, Collatio cum Maximino arianorum epïscopo,P. L., t. xi.ii, col. 709 sq. Ce fut pour s'opposer à cette propagande arienne en Afrique que le même docteur composa divers autres traités, comme la réfutation du Sermo arianorum, le livre Contra Maximinum, et surtout son grand ouvrage De Trinitate, chei-d'œuvre établissant sur des bases théologiques la dogmatique de la Trinité.
Au vi- siècle, les ariens reparaissent un instant sous l'empereur hérétique Anastase, i'Jl-518, qui voulut être agréable au roi ostrogoth d'Italie, Théodoric le Grand, en accordant aux ariens plus de liberté qu'ils n'en avaient eu depuis longtemps à Constantinople. Ils y possédèrent des églises, «t eurent même un évêque auquel on attribue une singulière aventure; un jour qu'il administrait le baptême à un néophyte « au nom du Père parle Fils dans le Saint-Esprit », l'eau du baptistère se trouva complètement desséchée. Nicéphore Calliste, //. E., xvi, 35, P. G., t. CXLVII, col. 193. Mais l'empereur Justin 1", successeur d'Anastase, renouvela, en 523, les anciens édits contre les manichéens et les autres hérétiques, en n'exceptant que les Goths. Cod. justinian., 1. I, lit. V, 12. Ce qui resta de l'arianisme en Orient ne fit plus que végéter dans une obscurité complète.
IV. ARIANISME chez las peuples germaniques et dans les temps modernes. — I. Importation de l'arianisme chez les peuples germaniques; Ulphilas.il. L'arianisme visigothique. III. L'arianisme burgonde. IV. L'arianisme vandale. V. L'arianisme ostrogothique. VI. L'arianisme lombard. VIL Caractère de l'arianisme germanique. VIII. Renaissance de l'arianisme avec la Réforme. IX. Caractère de l'arianisme dans les temps modernes.