‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 111 sur 338 · I. Importation un l'arianisme chez les peuples ger · texte numérisé non relu

I. Importation un l'arianisme chez les peuples ger

HAN1QUES; Ulpwl/vs;. — L'arianisme était à peu près morl en I tecident depuis l'avènement de Valentinien. Par un singulier concours de circonstances, il allait y rentrer, du dehors, comme une plante délétère, exportée d'abord, puis réimportée par ceux-là mêmes auxquels l'empire romain avait fait ce funeste don, par ces nations mquérantes et envahissantes, contre les quelles les races latines vaincues défendront leur foi catholique [dus longtemps et plus victorieusement que leurs biens et leur patrie terrestres. Les Goths furent entremetteurs dans ce désastreux n int en quelque sorte l'avant-garde des peuples geriques qui s'avançaient peu à peu vers l'empire rom. iii ni établis depuis le m» siècle sur la rive

gauche du Danube, les Visîgoths à l'ouest, les Ostrogoth s a l'est. Leur conversion à la foi chrétienne dut son commencemenl a leurs relations avec les peuples chrétiens du voisinage, et plus particulièrement à l.i présence

ni eux de n breux captifs qu'ils avaient faits dans

me- incursion sur l'empire romain son- le régne deVaii et de Gallien. Nous avons rencontré' l'évêque gôth Théophile, au concile de Nicée.

Théophile eut pour successeur (Jlphilas, descendant

d'une de ces familles cappadociennes que les (loths

nt emmenées en captivité et qui avaientformé comme

le nosau du christianisme en Scythie. A la suite d'une

sanglante persécution que le roi païen Athanaric fit subir aux chrétiens, Ulphilas se retira en Mésieavec ses fidèles pour lesquels il devint comme un autre Moïse, tant fut grande sur sa nation son influence évangélisatrice et civilisatrice, surtout après que l'invasion des Huns eut, en 376, refoulé les Goths en deçà du Danube. Sa traduction des saintes Écritures en langue gothique reste comme un monument de son zèle actif et intelligent.

Malgré les obscurités dont la vie de cet apôtre des Goths reste enveloppée, il est incontestable qu'il subit, à un moment donné, l'inlluence de l'arianisme. On le trouve, en 360, au synode acacien de Constantinople, où il souscrit au credo impérial de Niké. D'après la plupart îles auteurs anciens, il aurait d'abord professé la foi orthodoxe, puis dans une ambassade auprès île Valens et sous la pression des circonstances, il se serait rallié aux évoques homéens, sans attacher beaucoup d'importance aux divergences dogmatiques qui séparaient les partis religieux de l'empire. Socrate, iv, 33; Sozomène, vi, 37, P. G., t. lxvii, col. 552, 1404; Théodoret, iv, 33, P. G., t. lxxxii, col. 1196; Jornandès, De Gelarum sive Gotliorum origine et rébus gestis, c. xxv, P. L., t. lxix, col. 1209 sq. Cf. Acta sanctorum, t. n aprilis, Anvers, 1675, p. 87. Suivant une autre version, Ulphilas aurait été pris dés le début dans l'engrenage de l'arianisme politique. Envoyé en ambassade à Constantinople vers 3i0, il aurait été consacré' évêque en 34-1 par Eusèbe de Nicomédie et aurait depuis lors appartenu au parti que Valens et Ursace représentaient en Pannonie et en Mésie. Philostor^e, n, 5, P. G., t. lxv, col. 468; Scott, Ulfilas the apostle of the Goths, Londres, 1885, p. 41.

Un manuscrit composé par un disciple d'Ulphilas, Auxence, évêque arien de Silistrie, et découvert par VVaitz à la bibliothèque du Louvre, nous apprend encore que l'apôtre des Goths vint à Constantinople en 380 et qu'il y mourut cette même année ou l'année suivante. La pièce la plus importante de ce manuscrit est la profession de foi laissée par Ulphilas sous forme de testament : « Moi Ulphilas, évêque et confesseur, voici comment j'ai toujours cru, et c'est dans celte foi, la seule vraie, que j'adresse mon testament à mon Seigneur : .le crois en un seul Dieu le Père, seul inengendré et invisible; et en son Fils unique, notre Seigneur et Dieu, auteur et créateur de toute créature, qui n'a pas son sem blable — par conséquent il n'y a qu'un seul Dieu detous, qui d'après nous aussi est Dieu — ideo muisest omnium Deux, qui cl de noslris est Deus — et en un seul Esprit-Saint, vertu illuminatrice et sanctificatrice... qui n'est ni Dieu ni Seigneur, mais le ministre du Christ, soumis et obéissant en tout au Fils, lui-même soumis et obéissant en tout à Dieu le Père. » Waitz, Ueber das Lebcn unddie héhredes Ul/ila, Hanovre, 1840, p. I0sq.; llahn, Bibliothek der Symbole, 3' édit. , S lits. Profession

de loi 1res nette en ce qui concerne le Saint-Esprit, c'est

la doctrine macédonienne pure et simple; mais beaucoup moins nette en ce qui concerne le Fils, surtout à

cause «le l'obscurité et même de l'incertitude textuelle de la phrase incidente : ideo unus est omnium Deus... Le

moins qu'on puisse dire, c'est que la formule d't'lphilas

est franchement subordinatienne el renferme l'idée do Eils, Dieu inférieur, soumis au l'ère. Dieu suprême. On retrouve, du reste, cette doctrine dans les rares monuments dogmatiques de l'arianisme gothique qui nous ont mservés, par exemple, dans le Sermo arianorum et la conférence de saint Augustin avec l'évêque arien Maflmin, qui s'attachait à la formule de Rimini. /'. /.., t. xi. n, col. 677-742. Mêmes traits essentiels dans l'arianisme visigothique, vandale ei lombard. Isidore de Séville, Historia de regibus Gothorum, 8, /'. L.,t. i xxxiii, col. 1060; Victor de Vite, Historia perseculionis vandalicœ, iv. 2. /'./...t. i \ îii. col. 236; Paul Winfrid ou le diacre, De gestis Langobardorum, rv, 'iî. P. /,., t. xcv,col.S81. Enfin, Théodoret remarque, lue. cil., que, tout en admet-

is:a

ARIANISME CHEZ LES PEUPLES GERMÀNIQ1

<.mi la supériorité du Père rar le IV.-. Ii - Golhi de son temps Be refusait ni i nomnv :

L hén sie arii nne, impl i ■ lL-. v detn

même après que Théodose lui eut p i nier coup

dans l'empire r ain; par eux elle s'étendit aux peuples

,,,■,. r, rmaniqui avi i li qui i ils se trouvèrent en

. i Vandales, Hérules,

Burgondi el Loml '"l|s •'' ' état ''''

,,i, nationale qu'ils portèrenl avec eux dans leurs

courses d vastatrices à travers l'Europe. Il suffira, pour

r dan l'objet propre de cette étude, d'indiquer som-

, ment les faits qui se rapportent plus directement

Lstoire religieuse de l'arianisme germanique chez

1, s principaux peuples qui envahirent l'empire romain.

11. L'.\i.i.vm-mi: visigothiqi e. — Le début (lu V' sii fut le signal des grandes invasions; en 409, les Al les Suèves el les Vandales entraient en Espagne, après 1Voir dévasté la Gaule; en HO, Aiaric, roi des Visigoths, prenait Rome et se disposait à passer en Sicile, quand il mourut, l'année suivante, à Cosenza. Ataulf, son successeur, fit la paix avec l'empereur Honorius qui lui céda, en 112, la Gaule narbonnaise et les provinces d'Espagne situées en deçà de l'Èbre. Telle fut l'origine du royaume visigothique d'Aquitaine, agrandi quelques années après par Wallia (415-419) et ses successeurs, les rois de Toulouse, grâce surtout à leurs succès sur les Alains, les Suèveset les Vandales qui occupaient la Galice. Les catholiques n'eurent pas à se plaindre <l premiers rois visigoths, qui furent bienveillants à l'éf du clergé et utilisèrent souvent son influence; ainsi. Théodoric I" (419-451) accorda toute sa confiance à saint Orient, évéque d'Auch, et Théodoric II (453-466) sut même se concilier les sympathies d'illustres Gallo- Romains, comme Sidoine Apollinaire. Epist., I, 2, /'. L., t. lviii, col. 446.

Mais quand, en 166, Euric se fut emparé du frêne après avoir assassiné son frère Théodoric. la situation changea. Roi guerrier et ambitieux, Euric profita de la chute de l'empire romain d'Occident, sous Romulus Augustule, pour étendre les frontières de la monarchie visigothique au delà de l'Èbre et jusqu'aux rives de la Loire et du Rhône; il rêvait de conquérir toute la Gaule. Les évêques des cités encore indépendantes lui apparurent comme autant d'ennemis de la domination gothique et d'obstacles à -es desseins ambitieux. Kuric entra dans la voie des mesures violentes, mesures qui n'atteignirent pas seulement les individus, mais dont la religion catholique elle-même subit le contre-coup. Sidoine Apollinaire. Epist., vu. 6, P. /-.. t. lviii, col. 570. En particulier, défense fut faite de remplacer les évêques qui mouraient; d'autres furent exilés, comme l'auste de Riez, et Sidoine Apollinaire, bientôt rendu à son diocèse grâce au catholique Léon, ministre du roi visigoth. Sidoine Apollinaire, Epist., vin, 3, /'./... t. lviii, col. 591. Beaucoup de dioces,s restèrent sans pasteurs jusqu'à la mort d'Euric, en 185. Cette politique eut pour résultai de rendre impossible toute conciliation entre les Gaulois et

hs Visigoths. Vainement Aiaric 11 1 185-507) essaya d'une attitude moins hostile à l'égard des catholiques ; ceux-ci tournaient leurs regards el leurs espérances vers le roi

Francs, Clovis, vainqueur de Syagrius à Soissons, ,n 166. Ces sympathies s'accrurenl surtout et se tradui- ,i par des faits après la conversion de ce prince. La bataille de Vouillé, où périt Al. nie 11. en 507, détruisit réellement la domination visigothique dans le midi de la France, Les vaincus disparurent des provinces '.nquises; ils auraient été complètement rejet s au delà des Pyrénées, si le puissanl roi ostrogoth d'Italie. Théodoric le Grand, n'était venu à leur secours. I.es Ostn

dèrenl la Provence avec Arles pour capitale, et les

\ isigoths, la Septimanie avec Carcassonne pourrésidence île. Le fanatisme arien d tonalaric 11 (526-531) provoqua une nouvelle campagne du roi Cuildebert; le

thique fut di • Pyréni Les catholiques d I

d àmalaric d comme Theudis, tantôt h< mesuri

la bienveillance et la sympathie que celui-ci n Ira envers le culte catholiqu d i lie orthodoxe au fond du ri ur. En n.

catholicisme l'emportait cl ' ne pren

fois, vers le milieu <lu v siècle, un< peuple s'était convertie avec le roi Ri chiar; mais le madu roi Remismond avec une fille de Théodoric,

roi visigoth de Toulouse, en 164, avait rendu l'influence a l'arianisme; l'Église catholique eut des martyrs. S

0 et ÔGO, le royaume

.les Suèves revint enfin a l'orthodoxie, grice surtout à

iie Martin de 1 lûmes qui convertit le (ils du roi

Théodemir, guéri d'une maladie par l'intercession de

s.ont Martin de Tours, s. Isidore, Historia <U regibvs

t. i.xxmii. col. 1080 sq.; - ie Tours, D» mira-

culissancti Martini, 1. I, c. xi. P. L., t. i.xxi. col La paix ne fut pas de longue durée. A la mort d'Alha- Ide, le tré,ne visigothique d'Espagne échut à Léovigilde (569-586). Voulant établir née sur l'unité

p ilitique et religieuse, le nouveau roi s'attaque catholique, en procédant d'abord d'une façon insfdù il atlecle de partager les sentiments des orthodoxes tn ce qui concerne la piété et la foi. sauf la divinité du Saint-Esprit qu'il ne peut trouver dans l'Écriture. Beaucoup de fidèles se laissèrent prendre au piège: ceux qui le déjouèrent furent punis par l'exil ou des peines encore plus rigoureuses. La lutte s'aggrava, quand Herménégilde, Gis aine de Léovigilde et associé au gouvernement d royaume, se convertit à la foi catholique sous la doulde influence de son épouse, la princesse franque Ingonde. et de saint Léandre, archevêque de Séville. Dépouillé de ses domaines, Berménégilde se révolte en s 'appuyant surtout sur l'élément espagnol de la nation, et s'allie avec les Suèves orthodoxes et avec les Grecs impériaux qui possédaient encore quelques villes dans la péninsule [Ue. Léovigilde n'en devint que plus furieux: aux exils et aux meurtres d'évéques se joint la confiscation des revenus ecclésiastique-. En même temps, pour se concilier les Espagnols par quelques coiice-sioiis.il réunit en 581 ou ôvi un synode arienàTolc réter qu'on n'imposerail pas un nouveau baptême à ceux qui accepteraient la religion du roi, el qu'on se servirait de la formule : « Honneur soil au Père par le Fils dans le Saint-Esprit, i Mesure qu a effet à l'arianisme politique de Léovigilde un certain nombre d'orthod timides ou ambitieux. Al < ntre le pi le UN une lutte qui eut tout le caractère d une guerre de religion; vaincu, et trahi ensuite par les lieutenants de l'empereur Maurice. Herménégilde s'en remit à la clémence de son père. 11 fut d'abord emprisonné a Valence et à Tarragone, puis, sur son refus de recevoir la communion de la main d'un evéqu ■ arien, mis a mort par l'ordre «le Léovigilde dans la nuit de la fête de Pi le 13 avril 585. Acla sanclorum, t. n aprilis, Anvers. 1675, p. 134-136. La mort d'Hermcnégilde fut suivie de

nouvelles rigueurs contre les catholiques. Beaucoup de

personn if - importants furent exil évêques Froniu.ius d'Agde, Mausone de Hérida, saint Léandre de Séville. Les Suèves de la Galice, vaincus .t soumis a la domination visigothique, virent au — i leurs i ipanx évêques chass s et 1 1 m| Léovigilde ne survécut qu'un an à son Gis Herménégilde, Il eut néanmoins le temps de se convaincre de l'inefficacité de la politique qu'il avait suivie el de la regret! que- proscrit- purent rertner dans leurs ' diocèses, el les catholique a retrouvèrent plus de lil

ARIANISME CHEZ LES PEUPLES GERMANIQUES

On dit même qu'à son lit de mort le vieux roi reconnut la fausseté de l'arianisme, sans avoir le courage de renoncer publiquement à cette erreur; mais il confia son fils Récaréde à saint Léandre, pour qu'il l'instruisît comme il avait instruit Herménégilde. Le nouveau roi rendit aussitôt pleine liberté aux orthodoxes; puis, en 587, il fil tenir à Tolède une conférence entre évèques catholiques et évèques ariens. La réunion terminée, il se déclara pour la foi de Nicée. Sa conduite, douce et prudente, amena de nombreuses conversions parmi les Goths et les Suèves. Deux ans après, il crut le moment venu «l'en finir avec l'hérésie. Le 8 mai 589, un mémorable concile se réunit à Tolède; après avoir rédigé une longue confession de foi, comprenant vingt-trois anathèmes contre les erreurs ariennes, les membres de l'assemblée adhérèrent solennellement aux définitions des quatre conciles œcuméniques. Ilefele, Ilist. des conciles, trad. franc, .t. ni, §287. Ainsi finit l'arianisme visigothiquejdès lors, on voit s'opérer une fusion rapide entre les deux races qui auparavant se heurtaient et se combattaient. Les nombreux conciles nationaux tenus à Tolède témoignent de la vie religieuse intense qui se développa, au siècle suivant, dans le royaume catholique des Visigoths d'Espagne. III. L'arianisme burgonde. — Émigrés en France vers le commencement du ve siècle, les Burgondes, peuplade germanique apparentée aux Goths et aux Vandales, professaient la religion catholique en 417 ou 418, quand Paul Orose écrivit son Histoire, VII, 32, P. L., t. xxxi, col. 1144. Le territoire qu'ils conquirent dans la vallée du Rhône et de la Saône forma bientôt un royaume dont les principaux centres furent Lyon et Vienne. Rapprochés ainsi des Visigoths d'Aquitaine, les Burgondes subirent peu à peu l'influence religieuse de leurs puissants voisins. Commencé sous le règne de Gundioch ou Gunderic qui ne semble pourtant pas avoir abandonné luimême le catholicisme, ce mouvement se continua après sa mort (vers 174) sous ses quatre fils, Godemar, Chilpéric, Gondebaud et Godégisèle. Une lutte s'engagea bientôt entre Chilpéric, resté orthodoxe, et Gondebaud, qui avait embrassé l'arianisme. Vaincu, le premier fut mis à mort avec tous les siens, à l'exception de ses deux filles, Chrona et Clotilde. S. Grégoire de Tours, Historia Francorum, n, 28, P. L., t. i.xxi, col. 223. Le succès- de Gondebaud acheva le triomphe de l'arianisme parmi les Burgondes; des églises furent enlevées aux catholiques. Comme dans le royaume visigothique d'Aquitaine, il arriva que les sympathies de ces derniers se tournèrent vers Clovis, surtout après que son mariage avec Clotilde lui eut formé un parti dans le royaume onde. Devant cet état de choses, Gondebaud prit à l'égard des orthodoxes une attitude beaucoup plus conciliante. Il subissait aussi l'influence, bienfaisante el ut Avii. évéque de Vienne de 490 à 518. La critique historique ne permet fias de faire fond sur l'une conférence qui aurait eu lieu à Lyon, en 499, entre évoques catholiques el évèques ariens. /'. 7,., t. lix, col. 387 si). Julien Havet, Questions mérovinii. g 5; Œuvres, Paris, 1896, t. i, p. 4C-6I ; U. Chevalier, Œuvres complètes de suint Àvit, Lyon, 1890, p. 157, note s. .Mais les discussions religieuses de

|UC de Vienne avec, le roi Gondebaud n en restent pas moins établie!! par -es lettres, par exemple, la 19* el la 26 rs l'an 199 (édit. Sirmond, h'pist., xxi et

xxvm. P. /.., t. lix. col. 238, 244).

t la divinité du Christ el du Saint-Esprit qui fait le principal objet di cotte coi respondance ou de ces enus oraux, où l'évèque catholique démasque tous les fuyants de I hérésie. Quelque ébranlé qu'il parût à <ins moments, Gondebaud ne se décida jamais à faire du peuple el du clergé arien de I ours, <>p. rit., n. :.;. P, / ... t. i w i. col. 230. Vaincu par Clovis el devenu son tribuen I ..ii .".i 0, i londebaud continua à se i

plus en plus favorable à l'Église catholique; il accorda toute sa confiance à saint Avit, et laissa son fils aîné Sigismond embrasser la foi orthodoxe; événements qui marquèrent chez les Burgondes un commencement de retour vers l'Église romaine. Quand Gondebaud mourut en 516, la conversion ne fit que s'accentuer, favorisée par la politique pleine de prudence et de modération que les conseils de saint Avit inspirèrent au nouveau roi. Les évèques purent travailler à la régénération morale du royaume par diverses assemblées conciliaires, dont la principale se tint à Épaone. Hefele, Hist. des Conciles, trad. Leclercq.t. m, §227,228, 231,232. L'arianisme reçut le coup de grâce à la suite des bouleversements politiques qui survinrent bientôt. Sigismond fut d'abord défait par les Francs en 523, et bientôt après mis à mort. Acla sanclorum, t. i maii, Anvers, 1680, p. 83 sq. Son frère Godemar II lui succéda; mais la lutte ayant recommencé en 532, il fut défait; deux ans plus tard, son royaume passait aux mains des rois francs. Ce fut la fin de l'arianisme burgonde. Quelques années après, l'hérésie disparut aussi de la Provence, quand, en 537, les Francs traitèrent avec les rois ostrogoths d'Italie, Théodat et Visigès, et se firent céder par eux les cités qu'ils possédaient encore dans le midi de la Gaule.

IV. L'ahianisme vandale. — Après avoir, de concert avec les Alains et les Suèves, envahi et ravagé' la Gaule, les Vandales étaient passés en Espagne en 409. Refoulés ensuite par les Visigoths, ils s'étaient établis en Andalousie et avaient secoué le joug romain sous leur roi Gunderic qui mourut en 426 ou 427, et eut pour successeur Genséric. Dans un moment de révolte contre la cour impériale de Byzance, le comte Boniface, gouverneur d'Afrique, marié avec une parente du roi des Vandales, appelle ceux-ci à son secours; en 429, ils envahissent la Mauritanie et sont bientôt maîtres des deux tiers de l'Afrique romaine. Ce fut un désastre pour l'Église catholique; car Genséric, redoutant l'alliance des Romains d'Afrique avec ceux d'Italie ou d'Orient, s'attaqua avec la plus extrême violence à la noblesse et au clergé qui, ne pouvant se faire au gouvernement d'un barbare et d'un hérétique, rêvaient le rétablissement de la domination romaine. La persécution religieuse proprement dite commença en 437, et fut signalée par le martyre de quatre Espagnols, attachés au service de Genséric, qui ne voulurent pas renier la foi orthodoxe. S. Prosper, Chronicon, P. L., t. li, col. 597. Après la prise deCarthage en 439, l'archevêque Quodvultdeus fut expulsé avec une grande partie de ses clercs; embarqués sur des navires avariés, ils furent abandonnés au caprice des îlots et abordèrent à Naples. La persécution alla s'aggravani jusqu'en 475, sauf une interruption momentanée de 45i à 457. A la suite d'un traite' conclu avec Valentinien 111 el sur les instances de ce! empereur, Genséric laissa ordonner un évéque catholique à Car- Lhage. Ce fut alors qu'il fit son expédition d'Italie, tristement célèbre par la prise et le sac de Home en 155. Bientôt le fanatisme arien el les préoccupations politiques du roi vandale rallumèrent la persécution dans

Carthage e1 dans toute l'Afrique proconsulaire. Ce ne fut ur la fin de sa vie, en 'i7ô. qu'il consentit à se relâcher de sa rigueur envers les orthodoxes en permet" lanl de rouvrir l'église de Carthage qu'il avait fait fermer.

Pendant cette sombre période de son histoire, l'Église d'Afrique ne s'abandonna pas. La présence de beaucoup de prêtres, restés au milieu des fidèles en dépil des édita royaux, servait à entretenir la foi orthodoxe; des séminaires furent établis à l'étranger; el de loin, les évèques exilés frappaient I arianii me el fournissaient des moyens d'attaque et de défense à ceux que les barbares voulaient pervertir. Tels, pai exemple, Victor de Cartenne qui tii présentei i Gi nsi rie même un livre contre les ariens, et Céréalis de Castellura dont nous possé-

AJUANISME CHEZ U> PEUPLES GElVMANIQl

dons encore l'<

P. I ... t. i vin, col 757 sq . cf. Gennadiu /'■

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