‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 113 sur 338 · V. L'arianisme ostbogothiqde. — 'dis l'hé · texte numérisé non relu

V. L'arianisme ostbogothiqde. — 'dis l'hé

résie était passée d'abord aux Ostrogoths, puis aux diverses tribus germaniques établies sur les l.ords du Danube, comme les Sein - ]1 -

rules. Ce furent ces derniers peuples qui, en 476. consommèrent la ruine de l'empire romain d'Occident; Odoacre, leur clief. déposa Romulus Auj le titre de roi d Italie. 5a domination, dont lique n'eut pas a soullrir. fut de courte dur. tour, les Ostrogoths quittent la Pannom jour-

naient depuis quelque temps, et il, va-tent plus

provinces de l'empire sous la conduite de Théodemir qui meurt en 183. Son •' est Th< maie,

connu d.ms l'histoire sous le nom d ic le

Grand. En 189, les Ostrogoths envahissent l'Italie: Odoacre, défait à Aquilée el près de Véron d'abord sa royauté avec son vainqueur; mais Théodoi ic 1 assassine dans un festin et prend lui-mên titre de roi d'Italie. Une alliance, conclue avec l'empereur d'Orient Anastase, consacre le nouveau Alors

doric commence ce règne brillant de b

qui l'a lait appeler le Cliarlema ne de I arianisme.

Elevé ii la cour de Constantinople, il se conduit plutôt en prince romain qu'en barbare. Comn e, il

aux orthodoxes le libre exercice de leur culte évêques les plus vertueux el les plus il d'Arles, Epiphane de Pavie, Jean di S

sa faveur et toute sa conliance : des catholiques I

quant- obtiennent les plus hautes charges, comi I ei Symmaque nommés consuls, el I suc-

cessivement questeur el maili porta les mêmes principe- de tolérance dans l'adminis-

ii de la Provence et de la Septimanie quand. la moi i d Alaric II, il se fut fait donner par les >

■ il. une la tutelle de -on petit-fils Anialai

tout, la différence de religion entre les Os et les

Romains rendait 1 nents facile-: Théodoric

put s'en rendre compte, lorsqu'en 198 il se départit de -a réserve prudente d.ms les questions religieus ni.t a intervenir dans le débat soulevé par l lion simultanée de S\ mmaque et de Laurent au souve-

ARIANISME CHEZ LES PEUPLES GERMANIQUES

rain pontificat. L'avènement de Justin Ier au trône impérial de Constantinople et ses édits contre l'hérésie, la sympathie dont les Romains firent preuve à l'égard de l'empereur orthodoxe, aigrirent peu à peu le puissant monarque arien et finirent par changer ses dispositions à l'égard des catholiques. Les soupçons et la défiance lui inspirèrent des mesures sanglantes : Boèce et son beaupère Symmaque furent mis à mort; le pape Jean I", qui ne s'était pas acquitté d'une ambassade en Orient au gré du roi ostrogoth, fut jeté dans une prison où il mourut. Son successeur, Félix, fut en quelque sorte imposé au choix des Romains. La guerre ouverte était déclarée, quand Théodoric mourut, le 30 août 526.

Le prestige et la puissance de la monarchie gothique d'Italie cessèrent avec son fondateur. La fille du grand roi, Amalasonthe, d'abord régente sous la minorité de son fils Athalaric, puis reine après la mort de celui-ci, tenta de reprendre la politique de modération et de paix religieuse, mais elle périt par le crime de celui qu'elle avait pris pour époux et associé à sa royauté, le lâche et fourbe Théodat. Il s'ensuivit une guerre avec l'empereur Justinien, où toutes les sympathies des Romains furent pour le prince orthodoxe. En 536, Vitigès succéda à Théodat, assassiné par les siens; vaincu et pris par Bélisaire, le nouveau roi est conduit, en 5i0, à Constantinople. La fortune des Ostrogoths fut un instant relevée par la vaillance du Visigoth Théodebald, et surtout par les exploits du farouche Totila (ôil-552) qui prit Rome deux fois, en 516 et en 519, et remit aux mains des barbares l'Italie presque entière. Ce fut un temps de deuil pour l'Église catholique, car ce monarque arien ne séparait point dans son esprit la guerre politique de la guerre religieuse, entraîné ou du moins encouragé dans cette voie par le fanatisme de ses Ostrogoths. La défaite de Totila par Narsès à Lentagio, sa mort, en 552, et celle de son successeur Théias, l'année suivante, mirent fin à la domination des rois ostrogoths en Italie. Ce fut le signal d'une réaction violente contre l'arianisme, si violente qu'elle emporta presque tous les monuments du règne de Théodoric.

VI. L'arianisme lombard. — La paix ne fut pas de longue durée pour les catholiques d'Italie. Destitué de son commandement à la mort de l'empereur Justinien, Narsès fit appel aux Lombards, peuplade germanique qui résidait alors en Pannonie. Sous la conduite d'Alboin, ceux-ci s'emparent, en 568, de la péninsule italienne, perdue à jamais pour les Byzantins, à l'exception de l'exarchat de Ravenne, du duché de Rome et de quelques autres territoires dans le sud. Demi-hérétiques et demi-païens, ces barbares se montrent surtout acharnés contre la race romaine, malgré les tendances plus humaines et plus politiques de leur chef. Le meurtre d'Alboin, en 573, et celui de son successeur Kleph, en 57"), furent suivis d'une période d'anarchie politique où, sous trente-cinq durs, pendant les dix ans de la minorité d'Autharis, l'Italie devint un champ de dévastation et de carnage; les biens des églises et le sang i1 prêtres ne furent pas plus épargnés que ceux de la noble e vaincui Paul Winfrid, De gratis Langobardorum, n, 32, /'. L., t. xcv, col. 502. Peu à peu ice en partie à la division du royaume lombard i n duchés à peu près indépendants, grâce

aux prodiges dont I lieu glorifia ses martyrs, l'Église

catholique commença à reconquérir sa légitime in-

Is d'abord, les propres devinrent plus

raux, quand les alliances des rois lombards avec catholiques secondèrent les efforts du

è italien. Ce t ain i qu'en 589, le mariage du roi n pi inci e catholique, Théodelinde, fille du due de Bavière, devint pour la partie arienne de la nation un moyen providentiel d'acheminement vers la vraie f,,j. Veuve dès l'année suivante, la reine Offrit sa main au duc Agilulfe de Turin qu'elle convertit

DICT. DE TIILOL. CATIIOL.

peu après; celui-ci, à son tour, fit baptiser son fils Adelwald par un évoque orthodoxe et nomma en beaucoup d'endroits des ducs catholiques.

Saint Grégoire le Grand seconda de tout son pouvoir les efforts de Théodelinde et d'Agilulfe, comme on le voit par ses lettres à ces deux souverains. De là un mouvement important de conversions qui, après la mort du roi en 615 ou 616, se continua sous le gouvernement personnel de Théodelinde pendant la minorité de son fils. Mais à la mort de la reine, vers 623, Adelwald mal conseillé adopta à l'égard des principaux seigneurs lombards une attitude tyrannique qui aboutit à un soulèvement redoutable et lui fit perdre le trône. Il y eut une nouvelle succession de monarques ariens, qui se montrèrent d'ailleurs respectueux de l'Église catholique et n'entravèrent pas son influence toujours grandissante. Paul Winfrid, De gestis Langnbardorum, IV, 43-44, P. L., t. xcv, col. 579 sq. Rodoald, assassiné en 653, termina la série des rois ariens de Lombardie. La dynastie catholique de Bavière monta sur le trône avec Aribert Ier, neveu de Théodelinde (653-663). L'usurpation de Grimoald, duc de Bénévent (663-673), ne changea rien aux affaires religieuses; catholique lui-même, ce roi protégea les efforts que multipliaient les évèques pour convertir les ariens, et ce fut sous son règne que s'acheva cette grande œuvre dans la masse du peuple lombard. L'arianisme disparaissait ainsi de l'Occident.

VII. Caractère de l'arianisme germanique. — Un double aspect doit se distinguer ici, celui de la théologie et celui de l'histoire. Sous l'aspect dogmatique, l'arianisme germanique est à peu près sans importance. C'est surtout par le fait des circonstances, semble-t-il, que l'évêque Ulphilas, homme pratique et organisateur plutôt que théologien, se trouva pris dans l'engrenage de l'arianisme officiel de la cour impériale de Byzance. Les Germains encore barbares trouvèrent-ils dans le Logos et le Christ arien, sorte de Dieu inférieur au Père, quelque chose de plus immédiatement acceptable pour d'anciens adorateurs d'Odin? Peut-être; en tout cas, leur théologie resta stationnaire, tournant dans cett * série de textes scripturaires mal interprétés ou incomplets qu'ils avaient hérités des premiers ariens. Ain-i en est-il des monuments qui ont été déjà cités; ainsi en est-il de ces sermons dont les fragments, édités par le cardinal Mai dans sa Nova colleclio scriptorum veterum, t. m, ont été reproduits dans Migne, P. L., t. xm, col. 593 sq. Malgré tout, l'œuvre apostolique d'Ulphilas ne fut pas complètement stérile; bien qu'altéré et incomplet, le christianisme arien garda encore assez de vertu pour exercer sur les mœurs et les idées de ces peuplades barbares une profonde et salutaire inlluence. Du reste, l'Église catholique elle-même eut sa part dans cette action civilisatrice et moralisatrice. La supériorité de son clergé, dans l'unité et la fermeté de sa foi comme dans l'éclat de la sainteté et surtout dans son organisation hiérarchique, s'imposa partout; les plus grands monarques des royaumes ariens se rendirent compte de cette force prépondérante, soit pour l'utiliser, comme Théodoric le Grand, soit pour la battre en brèche, comme Euric et les rois vandales. Le roc demeura ferme, et la présence persistante de l'arianisme en Occident eut pour effet de stimuler le zèle et l'action apostolique du clergé orthodoxe, afin de préserver les fidèles et de convertir les antres. De là, dans les écrits des docteurs et des évéques d'alors, tant de traités relatifs au mystère de la trinité, comme en signale Gennade dans son catalogue des auteurs ecclésiastiques ; ce sont des libelli en forme de brève exposition, des commonitoria ou avertissements, des lettres même. SUrtOUl des serinons et des

hymnes; autant de signes des préoccupations où l'arianisme jetait l'épiscopat, du V au vil* siècle, De lace

ces conciles réunis par les évéques, aussitôt qu'ils le pouvaient, pour organiser la discipline ecclésiastique

Al;I\MSMK CHEZ LES PEUPLES GERMANIQUES

cl retrancher du sein de l'Église ton rdres qui

auraient pu I affaiblir.

Envisagé bous l'aspect historique, l'arianisme germanique a une importance incontestablemenl plus grande. Ce qui semble d'abord évident, c'est que le Christian arien di ànl bientôt comme une religion nationale , les peuples envahisseurs de race germanique. Par une

quence naturelle, les princes de ces div< Uons prirenl une telle autorité dans leurs églises particulii res, qu'ils en devinrent pratiquement les véritables chefs. Une autre conséquence fut qu'au fond de la lutte religieuse il \ eut une lutte politique et ce qu'on a pu justement appeler la première manifestation de l'antagonisme entre les deux grandes races de l'Occident, la latine et la germanique. Dans cette grande mêlée de plus de trois siècles, l'arianisme politique des Germains suc- , ba partout, comme avait succombé l'arianisme politique des Constance et des Valens; il succomba par les mêmes armes, malgré les principes de force dont il disposa et l'éclat que jetèrent des règnes comme celui de Théodoric le Grand. A un moment donné, le pouvoir politique se retourna contre l'arianisme germanique, ,.t |a ruine fut complète. Toutes ces nations durent ou disparaître, ou se débarrasser du vice originel de leur hérésie, pour entrer en fusion avec l'élément catholique. A l'opposé apparaissent les Francs; comme peuplade germanique, ils n'étaient probablement pas supérieurs 'aux autres, mais ils n'eurent pas le même vice originel; ils ouvrirent les veux, et les ouvrirent à temps, a la pleine lumière de 1 Évangile, et avec eux le catholicisme ce^a d'être une religion toute romaine, étrangère en quelque sorte parmi les autres peuples. Le baptême de Clovis prépara l'empire de Charlemagne et les glorieuses destinées de la France catholique. Sans doute on peut interpréter ces faits, mais ils n'en restent pas moins des faits, frappants et significatifs. Sur ce courant d'idées dont le développement ne peut se poursuivre ici, voir Godefroid Kurth, Les origines de la civilisation moderne, Paris, "1898, t. i, C. Vil : Les royaumes ariens.

Mil Renaissance de l'arianisme avec la réforme. Pendant environ neuf siècles, l'arianisme n laissé de traces en Europe; car c'est à tort, comme le montre Hefele, Hist. des conciles, trad. Delarc. t. y. p 71-73 qu'on a prétendu voir dans l'adoptianisme de Félix d'Urgel, vers la fin du VIII' siècle, un compromis entre la doctrine arienne et la doctrine orthodoxe de la trinilé. Au xvi" siècle, l'hérésie renaît avec la Réforme, mais dans des conditions très différentes de celles qui marquèrent sa première apparition. A vrai dire, aucune secte protestante ne s'est présentée comme spécifiquement arienne; on manquerait surtout d'exactitude, si Ion prétendait ramener à l'arianisme proprement dit toutes celles qui ont nié la trinité ou la divinité de Jésus-Christ. Si l'arianisme rejetait la vraie divinité de Jésus-Christ, ce n'était qu'une conséquence de sa négation fondamentale, portant sur la consubstaiitiahte du Verbe, seconde personne de la trinité. Par a. Heurs, les ariens n'attaquaient pas la distinction des personnes divine., mais ils l'exagéraient, par opposition au sabelhanisme; s'ils arrivaient à nier réellement la trinité chrétienne, c'était e re par voie de conséquence, une trinité d'êtres inégaux en nature ne pouvant être une vraie trinité de personnes divines. Cette remarqui nérale trouve surtout son application en ce qui cerne les sectes protestantes antitrinitaires. Le point coi un de toutes, c'est la négation de la trinité chrétienne, mais cette négation même peut être le résultat d'une direction diamétralement opposée à l'arianisme, 1, direction sabellienne. Alors on ne maintient pas la réalité .bs trois personnes, que les ariens maintenaient.

tout en les s, '.parant plus ou moins quant a 1 être et a la

,„ rfection: mais 0n nie simplement cette réalité, en ne voyant dans le l'ère, le Lis et le Saint-Esprit qne trois

appellations d'U!

livalent. Et telle est, en Lut. I antitrinil ciniena ou unitaires, dont l'étude est en dehors du , s, nt article.

Toutefois, si aucune de - reproduction

de I arianisme, toutes ont avec cette pointe de contact en ce qui concerne la doctrine t nitaire et christologique. De part et d'auti la même conception de Dieu, être supn i un BOUS le rapport de la personnalité que .1 de

la nature, et par conséquent possédant seul, en dehors de toute autre personne, l'essentielle divinité, pans son ipal ouvra-.'. Christianit "ne,

1553, p. 119. Michel Servet rejette la trinité de* . Bonnes divii ubstantielles, en la traitant de I

bère à trois têt s, de Dieu divU ' »us-

tino Socin regarde comme contradkt numériquement un et celle de trois personnes dont chacune s.-r.ut Dieu. Christian* relïgi bliotht ■ Irenopoli 'Amsterdam),

1658, t. 1. p. 897. Fn matière christologique, les rapports entre les ari< us et les antitrini I forme ne

sont pas moins nets. Le Christ arien n ' dite,

qu'une créature supérieure aux autres par sa dignité morale et la gloire à laquelle on la suppo • De même, le Christ des sectes antitrinitaires; seulement la vieille théorie philosophique du Logos-démiurge a disparu, et le Christ n'est plus qu'un homme supérieur. Ces rapprochements expliquent assez en quel sens on a pu voir dans l'arianisme l'erreur fondamentale de la branche rationaliste de la Réforme.

Mais si des sectes elles-mêmes on passe aux individus, la question change d'aspect; plusieurs ont réellement repris pour leur compte personnel, en tout ou en partie, la doctrine condamnée au concile de Nicée. On retrouve, par exemple, dans Valentin Gentile la doctrine du Père «OtMeoc et du Fils 8ev«pô8eo; entendue d'une manière qui rappelle tout a la fois l'arianisme et le tntheisme; car il admet trois esprits éternels, mais dont les deux derniers seraient moindres que le premu ni de

lui non l'essence du Dieu suprême, mais deux divinités d'ordre inférieur. Chez plusieurs théologiens arminiens des Pays-Bas, comme Êpiscopius, Limborch, Courcelles et autres, on retrouve aussi, greffée sur cette conception du Père akèaeoc, une doctrine subordinatienne qui ressemble beaucoup à celle d'Eusèbe de Césarée et de son parti origéniste. En Angleterre surtout. ; • ten-

dances se sont traduites par des manilestations individuelles d'inégale importance. Ainsi on a vu dans le cinquième chant du Paradis perdu, de Milton.unmor de poésie arienne : Dieu, parlant du sommet d'une : la. ne, où il est voile dans la lumière, annonce aux myriades d'anges et d'archan - mblés au pied de la montagne, que ce jour il a engendré son Fils et qu il le (ait roi de toutes' les créatures, nées avant lui. Mais. malgré ce qu'il y a là de défectueux ou déquivoqi ce qui concerne 'la relation du Fils au Père, on peu' que Milton. comme Isaac Newton, diffèn ment

de l'arianisme dans son but et son esprit. ohe,

des hommes, dont quelques-uns sont rangés paru. sociniens et les unitaires, ont eu des sentiments an tels, au XVIII* si.cle. F.inlvn. Whitby, Tierce. Lardner. Prièstlej et tout particulièrement William Whiston et Samuel Clarke. Dans un ouvrage intitulé; Primitive .. précédé d'une Préfacé historique, I.on.lr.s. 1710-1711. Whiston soutint formellement un

isme mitigé, semblable a peu près à celui d 1 ...de Césarée. Dans les principal de son livre et déférées .. la Chambre haut, du c ,11 1711. on retrouve la doctrine du lVre s. il Dl prême, du Fils inférieur et subordonne au P< die ou crée librement par celui-ci au commencement du

ARIANISME CHEZ LES PEUPLES GERMANIQUES

monde, du Saint-Esprit inférieur et subordonné au Fils non moins qu'au Père, du Logos tenant lieu dans le Christ de l'âme raisonnable. Wilkins, Concilia magnée. Britannise et Hibernise, Londres, 1737, t. iv, p. 616-651. Winston fut censuré et privé de sa chaire par l'université de Cambridge. L'année suivante, Clarke entrait en scène, en publiant son livre : Tlte scriplure doctrine of the trinity, Londres, 1712, déféré, comme celui de Winston, aux autorités ecclésiastiques en 1714. A son tour, il insistait sur la génération ou la production du Fils par la volonté du Père et sur la subordination de la seconde et de la troisième personne à la première; en particulier, il rejetait comme contradictoire dans les termes mêmes la doctrine des trois personnes dans l'unité numérique de nature, et niait l'existence de trois personnes éternelles, incréées ou toutes-puissantes. La Chambre haute se contenta d'une vague déclaration, où Clarke reconnaissait « que le Fils de Dieu a été éternellement engendré par l'éternelle et incompréhensible puissance du Père, et que pareillement le Saint-Esprit a procédé éternellement de l'éternelle et incompréhensible puissance et volonté du Père ». Wilkins, op. cit., p. 657- 659. Mais la lutte, provoquée par ces livres, continua quelque temps, et produisit un vrai trouble dans l'Église anglicane. Plus tard, la tendance soçinienne et unitaire s'est principalement manifestée.

IX. Caractère de l'arianisme dans les temps modernes. — C'est surtout dans le genre d'attaques dont ils se sont servis à l'égard du dogme catholique et dans une tendance rationaliste de plus en plus saillante qu'il faut chercher la caractéristique des ariens modernes; caractéristique facilement explicable par l'influence qu'exerçaient sur eux le principe du libre examen et le développement du criticisme. A ces esprits il ne suffisait plus que l'Église présentât son dogme traditionnel; ils voulurent le contrôlera la pure lumière de la raison et, sur le terrain des faits, lui contester ses titres. De là un double genre d'attaques. Du premier, quelques mots suffiront ici; ce sont les objections généralesde la raison humaine contre le mystère d'un Dieu unique en trois personnes consubstantielles : contradiction patente et criante; incompatibilité de l'aséité avec la génération du Fils ou la procession du Saint-Esprit, et autres objections assez connues, dont l'examen se rapporte à l'explication et à la défense du dogme trinitaire. Remarquons seulement que ces objections eurent sur beaucoup d'esprits philosophiques du protestantisme, surtout en Allemagne, une influence aussi dangereuse pour le il mi: que l'arianisme lui-même; elles les amenèrent à des tentatives d'explication rationnelle de la trinité chrétienne qui en détruisaient réellement la vraie notion. Ainsi en fut-il, par exemple, dans l'école deWolf, et chez Kant, De Wette, Schelling, Hegel, Feuerbach. Même parmi les catholiques, certains n'ont pas échappé à cette influence; il suffit de citer Gùnther qui, dans sa théorie de la trinité-, censurée par l'Eglise romaine, formait un mélange des erreurs sabellienncs, ariennes et

istes.

L'autre genre d'attaques vint d'esprits plus positifs; on

ila, sur le terrain scripturaire ou traditionnel, la doctrine proclamée à Nicée. Les sociniens avancèrent hardiment qu'avant ce concile les chrétiens avaient des sentiments semblabl ira sur la personne du Fils

di Dieu ou sur la trinité en général. La thèse fut soutenue par Zuicker, Irenicon Irenicorum, Amsterdam,

. par Courcelles, Disserlationes, Amsterdam, 1659; uclcus historiée ecclesiasticte, Cosmopolis

terdam), 166!- avec appendices en 1676 cl 1678;

Le Clerc, l sentiments de quelques théo-

H . lettre '■>■. Amsterdam, 1688

Avec les infiltrations sociniennes et ariennes, la I I i sa en Vngletcn où elle eut, à diverses reprisi ohampions de marque tels, le Ir Bury, dans The naked

Gospel, Oxford, 1690; Locke, On the reasonableness of christianity, Londres, 1695 ; puis Whiston et Clarke avec leurs partisans ou leurs successeurs. Mais le dogme traditionnel trouva en Angleterre des défenseurs remarquables, dont les principaux furent G. Bull et Waterland. Le premierestsurtouteonnuparsa Defensio fidei niesense exscriptis catholicorum doctorum, qui intra triaprima Ecclesise chrislianse secula floruerunt, Londres, 1685; une assemblée du clergé de France lui fit présenter ses félicitations pour un autre ouvrage, publié en 1695: Judicium Ecclesise calholiese trium primorum seculorum, de necessitate credendi quod Dominus noster Jésus C/iristus sit verusDeus. Waterland fut l'adversaire infatigable de Whitby et de Clarke dans sa triple Vindication of Christ's divinity, 1719, 1723, 1724, et autres ouvrages de polémique. La question de la foi trinitaire et christologique de l'Église antique et des Pères anténicéens, soulevée ainsi, n'a pas cessé d'exister; dans ce siècle et récemment encore, elle est revenue à l'ordre da jour. Voir Trinité chez les Pères anténicéens.

Une partie des considérations qui précèdent nous a déjà mis sur la voie de la tendance rationaliste dans l'arianisme moderne ; le libre examen, appliqué aux dogmes de la trinité et de l'incarnation sous la lumière de la pure raison, a eu pour effet de développer le rationalisme et le déisme latent, qui se trouvait à la base de l'hérésie arienne. La résultante a été ce qu'on s nommé de nos jours le « protestantisme libéral » ou encore « le christianisme ou théisme moderne ». Il suffira d'emprunter à M. A. Réville, Histoire du dogme de la divinité de Jésus-Christ, Paris, 1869, un passage où se reflète un ensemble d'idées venant de Lessing et de Schleiermacher : « Au Dieu de la Trinité doit se substituer le Dieu unique, supérieur et intérieur au monde, qui épanche dans l'immensité du temps et de l'espace les inépuisables richesses de sa puissance, dont le Verbe éternel est l'univers, révélation de sa pensée, expression de sa sagesse, gravitation perpétuelle de l'esprit créé vers l'Esprit créateur, dont il procède, qui l'aime puisqu'il l'attire, et vers lequel les créatures s'élèvent par une ascension mystérieuse. L'union du divin et de l'humain est en puissance dans toute âme humaine. Jésus est grand d'une grandeur suprême, parce que, parmi les fils de la terre, il a senti cette union en luimême si intense et si intime que, sans fermer un seul moment les yeux sur les misères de notre race, il n'a pu donner à Dieu d'autre nom que celui de Père. » Nous sommes, on le voit, loin de la foi de saint Athanaso, loin de l'arianisme adouci des eusébiens, loin même de l'arianisme d'Arius ; mais on peut reconnaître avec ces unitaires ou déistes modernes, que l'arianisme antique était gros des conséquences qu'ils ont tirées eux-mêmes. Reste à savoir pourquoi et comment ils se disent encore chrétiens.

La littérature relative à l'arianisme serait considérable, s'il fallait indiquer ouvrages et articles parus sur le sujet ; cil- M trouve à peu prés complète dans u. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge, Bio-bibliographie et Supplément, au mot Arius; Topo-bibliographie, au mol Aria- )iisme. Pour dégager les ouvrages d'ensemble, les études de détail citées déjà lie seront pas rappel

I. Sources anciennes, utilisées et Indiquées an cours de l'article. Du coté des orthodoxes, les œuvres historlco-dogmatiquea des Pères des iv et v- siècles, en pai ticulier des saints Mhanase, llilaire. Êplpbane, Basile, Grégoire de Nazianze et Grégoire do Nvsse ; puis les histoires ecclésiastiques de Rufln, Socrate, Soiie et Théodoret. Du trlens,lee fragments d'Arius si

do ses premiers partisans : puis, le résumé de l'histoire ecclésiastique de Pliil il' la littérature arienne cl semiarienne en général, voir Bardenhswer, Patrologle, I ribourg-en- Brisgau, 1894, S m. m. 1-2; gLXVin, - ret de I9,t. u. p. 9-20, 31 la littérature patristique antl-arienne des lu' Indices générales, seii- ix, /'. /... i. ccix, col. ' H5-736.

[I. Travaux postérieurs. — La partli Vs de Par»

ARIANISME CHEZ LES PEUPLES GERMANIQUES - ARISTIDE 1801

adant aux diverses pi

ma mnitate, L.I,

<• vu ta.;]

•2- édit t \i Parle, 1704, p. 289 «q.; G. M. Trai

W.Walch, Entwurfeinei n Hi -

torie der Ketxereien, SpaUungen und ftettflrionsstrettttfJ („s ait/ die Zettwi (ter ReformaHon, Leipzig, 1764, H

i. A. starcl «ner Geschiehte des Aria-

nismus, 2 vol., Berlin, 1"83, 1785.

III Travaux récents. — l* Sur l'arianlsme dans lcmpi main: J. A. Hoehler, A tAantfse le Grand > I rëattw ite son I en lutte avec l'arianisme, trad. de l'allemand par J. C 3 in-8* Paris, 1840; A. de Broglie, L'tfattw e( Fempire rot au iv siècle,* édit, Taris, 1867-4868; F. Bëhringer, Athatuulu* und Arius, oder der este grosse Kampf der Orlhodoxu Hétérodoxie, Stuttgart, 1874 (sous toute réserve pour les id \V. Kblling, Geschichte der arianischen Hâresie, t. i, bis zur Entscheidung von Nikâa, t. n, von Nikàa bis ConstantinopeL Gu- | terslob 1874, 1883; J. H. Newman, The arians of the fourth century V ..lit., Londres, 1876 ; H. Melvill Gwatkin, Stud,es of l arianism chiefly referring to the charaeter and chronology | of the reaction wich followed the council of Nicxa, Londres, 1™ édit., 1882; 2* édit., 1900, monographie docte et fort utile pour 1 étude historique de l'arianisme, abrégée et vulgarisée par l'auteur dans l'ouvrage intitulé The arian controversy, Londres, 1880; 4- édit., 1898; card. Hergenrœther, Histoire de l'Eglise, trad.' de P. Bélet, Paris, 1880, t. u, n. 41 sq.; Ludtke, art. Arianismus, dans Kirchenlexikon, 1882: Ph. Schaff, art. Arianismus et Arius, dans A dictionary of Christian biography, Londres, 1900; Lools, art. Arianismus, dans Realencyklopadie, Leipzig, 1897; J. Gummerus, Die Homôusianische Partei bis zum Tode des Konstantius, Leipzig, 1900; P. Snellman, Der Anfang des arianischen Streites, Helsingfors, 1904 ; s. Rogalla, Die An-fange des arianischen Streites, Paderbi rn, 1907;J. Tixeront, Histoire des dogmes, Paris, 1909, t. Il, p. 19-66.

2° Sur l'arianisme germanique: Jean Cohen, AoMce hxstorxque sur l'arianisme depuis la mort de saint Alhanase jusqu'à nos jours, à la suite de la traduction a'Alhanase le Grand, de Moehler; Ch.-J. Revillout, De l'arianisme des peuples germaniques qui ont envahi l'empire romain, Paris, 1850; Helferich, Der westgothische Arianismus und die spanische Ketzergeschichte, Berlin, 1860; Franz Gorres, Katholikenverfolgungen in den arianischen Germanenreichen, dans Real-Encyclop,idie der christlichen AUerth&mer, par F. X. Kraus, Fribourg-en- Brisgau, 1883, t. i, p. 258 sq.

3' Sur l'arianisme dans les temps modernes: Ferd. Christ. Baur. Die christliche Lehre von der Dreieinigkeit und Menscl dilua GoUes '" ihrer geschichltichenEntwicklung,Tvbinpie, 1841-1843, t. ni, part. I, c. n-iv ; part. II, c. m. iv, vi: J. A. Dorner, Entwicklungsgeschichte der Lehre von der Persan Christi, Stuttgart, 1845, ouvrage important traduit en anglais par W. Lindsay Alexander et D. W. Simon, sous ce titre : Hisi„nj ofthe doctrine ofthe Person of Christ, S vol. en 5 tomes, Edimbourg, 1891-1892, t. iv, v, avec un appendice du Rév. Patrick Fairbain relatif a l'Angleterre; Dictionnaire des hères, es. publié par l'abbé Migne, Paris, 1847, t. i. p. 425 sq.

Y Histoire du dogme. Théologiens catholiques: Mgr Ginoulhiac.

Histoire du dogme catholique pendant les trois pi des de l'Église et jusqu'au eoneile de .Virée. Paris, 1852, t. n. 1. IX, c. xi sq.; J. Schwane, Dogmengeschichte, 2" édit., Fribourg-en-Brlsgau, 1892, 1895, t. t. S 24 ; t. n, S 9 sq - I

,' protestants : Baur, op., Cit., t. i. part. II. c. I sq.; Dorner. 0p, ,.,(., |- période, '2' époque, sect. ni; Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte, S* édit., Fribourg-en-Brlsgau, 1894, tu,c vu.

5- Conciles et symboles : Uansi, Coliectio conciliorum, t. u. ni; Aug. liaim, Bibtiothek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirch Br lau, 1897; Karl KunsOi Bibtiothek der Symbole und tkeologischer Tract

pfung .les Priscitlianismus und westgothischen Aria-

nismus ans dem VI Jahrhumlert. Maxeii.e. 1900; llefele, Hist. des conciles, trad. Leclercq, Parla, 1808, t in.

6- Chronologie: H. J. V7etxar, Restitutio vtrn ehnmologim rerum ex controwmiia an, nus ah anno 315-350 exortarum, 1 , .,,,, fort. ur-le-Maln, 1827, p, X-71 (s i sur plusieurs pointa); H. F. Clinton, Faati romani, 2 vol . Oxford, 1845, 1850 c, . mologie de ''■ ■ ,s"' * v " Outschmid, Kleim Schrlflen, édit F. Buhl, Leipzig, 1890, t. u.

cit., -■ édit, I hr. di p. xxm sq. \. I.l li.u in i

ARIAS DEL CASTILLO Jean, théologien n liste espagnol. On a de lui : Doctrinal de , "en

, ai. .la. L59L Hurtar, Somenclatai Ulerarius,h 330.

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