‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 118 sur 338 · ARISTON DE PELLA — ARISTOTÉLISME DE LA SCOLASTIQUE · texte numérisé non relu

ARISTON DE PELLA — ARISTOTÉLISME DE LA SCOLASTIQUE

texte du Deuti'Tonome ne cadrait pas avec l'idée qu'ils se faisaient du Christ; car le mystère des abaissements du rédempteur passait leur intelligence. Ainsi rien d'étonnant à ce que l'objection de Papiscus se retrouve sous la plume de Tertullien. Adv. Jud., x, P. L., t. H, col. 625. Selon son habitude, l'écrivain de Carthage l'avait empruntée, sans le dire, au dialogue d'Ariston, comme il avait emprunté d'autres traits au dialogue de saint Justin.

Il reste donc que le Dialogue de Jason et de Papiscus a été célèbre, qu'il ne méritait pas les dédains de Celse, mais que, de l'avis d'Origène, il était loin de valoir d'autres ouvrages composés pour la défense de la foi ; €t que, s'il est réellement d'Ariston de Pella, il a dû être composé entre 135 et 150. Harnack a établi que VAltercatto Sinwnis judsei et Theophili ckristiani, répandue en Gaule par un inconnu du nom d'Evagrius, au commencement du Ve siècle, représente pour le fond et l'ensemble l'œuvre d'Ariston. Altercatio Sinionis, dans les Texte und Untersuch., Leipzig, 1883, t. i, fasc. 3, p. 1-136. Evagrius a, à tout le moins, connu le dialogue de Jason et de Papiscus et s'en est servi. D'autres critiques ont pensé, non sans vraisemblance, que Tertullien, Adversus Judseos, et saint Cyprien, Teslim., et Origène, Tractatus de libris Scripturarum, s'étaient servis de l'Apologie d'Ariston. L'AvtiSoXï) nam'<7xo-j y.où <l>i).tovoc TovSaiwv itpôç (j.ôva-/ov Ttva, qui a été éditée à New- York, en 1889, par Me Giffert et qui serait l'œuvre de Jérôme de Jérusalem, aussi bien que le Dialogue entre Athanase et le juif Zache'e, publié dans une version arménienne, Anecdota Oxononiensia, classical séries, vin, Oxford, 1898, et le Dialogue entre Tïmothée et Aquila, encore inédit, contiendraient des arguments empruntés à VA Itercatio Simonis. Il en résulterait que tous ces écrits antijuifs dépendraient l'un de l'autre et pourraient servir à reconstituer en partie l'ouvrage d'Ariston.

M. Resch, Ausserkanonische Paralleltexte zu den Eiangelien, dans Texte und Untersuch., 1894, t. x, fasc. 2, p. 450-456, a conjecturé sans raison suffisante. qu'Ariston était le même personnage qu'Aristion à qui il attribue la finale de l'Évangile de saint Marc.

Gallandi, Biblioth. patr., t. I, prolog. ; Keil, Diblioth. grxc, de Fabricius, édit. Harless, t. vu ; Routh, Reliq. sacr., t. i ; Otto, Corpus apol., t. ix; Zahn, dans les Forschungcn zur Gesch. des neutest. Kanons, t. iv, Erlangen, 1891 : BatifTol, La Httérature grecque, Paris, p. 89-90; A. Ehrhard, Die altchristliche Literatur und ihre Èrforschung seit 1880, dans Slrassburger theulogische Studien, t. i, fasc. 4, 5, p. 94-97; Id., von i88i-i900, ibid., supplément, 1900, t. I, p. 212-217.

G. BAREILI.E.

ARISTOTÉLISME DE LA SCOLASTIQUE

Qu'il y ait un lien étroit entre la philosophie de l'Ecole Ile du Lycée, entre la doctrine des chefs de la scolastique, tels qu'Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin, et celle d'Aristote, c'est un fait incontestable. La parenté des deux doctrines, la libation de la scolastique par rapport à la philosophie aristotélicienne a reçu le : istotélisme de la scolastique ». Nous établirons comment la philosophie de l'École procède de celle d'Aristote, m 'lie en descend entièrement et en droite . si la source aristotélicienne a été déviée en route ou pervertie par la scolastique elle-même, s'il y a eu d'autres sourcesdont la scolastiqueest tributaire, enfin dans quelle mesure é a la première de ces sources.

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