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FAVEUR DES TRADUCTIONS ET DES COMMENTAIRES ARABES

— Ce griei pose la question de l'influence du péripatétisme arabe sur la philosophie scolastique. Pour bien en préciser toute la portée, il importe de déterminer d'abord les origines et la nature de l'aristotélisme des Arabes.

1° Avant les Arabes. Ces origines sont chrétiennes. — En effet, avant même l'éclosion de la puissance et surtout de la science islamique, il y avait sur le propre terrain où Mahomet devait opérer sa révolution politique et religieuse et créer son empire, un courant très certain de péripatétisme. « Avant l'époque de la conquête musulmane, la branche de la famille sémitique qui dominait en Orient n'éfait pas l'arabe; c'était l'araméenne à laquelle appartient la littérature syriaque. L'hellénisme avait pénétré de fort bonne heure chez les araméens, et ceux-ci avaient eu tout le temps d'en subir l'influence au moment où ils furent supplantés dans leur hégémonie par leurs cousins arabes. Les Arabes trouvèrent donc la tradition philosophique déjà établie dans une race déjà apparentée à la leur, de qui ils la recueillirent sans peine. » Carra de Vaux, Avicenne, Paris, 1900, c. ni, p. 39. Le principal centre de culture hellénique pour les araméens l'ut à l'origine la ville d'Ldesse. L'école d'Édesse, envahie par le nestorianisme, lui fermée par Zenon en 189. Les maîtres et 1rs disciples nestoriens s'établirent alors pour la plupart à Nisibe ; d'autres se dis- 1. • n t sur plusieurs points de la Perso, a l'exemple et sous l'impulsion d'Ibas, ancien évêque d'Edesse, on lit di's traductions syriaques nombreuses d'oeuvres grecques, spécialement d Aristote, ainsi que l'indique t bed Jésus, dans son catalogue rythmique des écrivains syriaques : Hibas e grseco in syriacum transtulil libros Commentatori» (Théodore de Mop u que Aris-

totelis scripta. Assémani, Biblioth, orientalis, t. in a, p. 85. Aux deux siècles suivants, le w et le vu*, grâce aux

ARISTOTÊLISME DE LA Si riQUE

monophvsiioe, d'antros Centres « 1 «> péripatétisme chrétien se créent i Reschainaoù Sergius traduit en syriaque, entre antrea trail I Aristote, l Isa-

gogr de Porphyre, et compose un ouvrage sur /.< s . de l'univert selon le» principe» d'Aritlote, cf. Carra de Vaux. op. ai., p. ïi ; au couvent de Kennesré, sur l;i rive gauche de l'Euphrate, où l'évéque Sévère Sebokl commente les Premier» analytique» et le Péri hextne- »ii"v. il eut dt's disciples et des imitateurs : Jacques d'Édesse et Athanase de Iialad. L'évéque de Koufah, disciple de ce dernier, lit de VOrganon d'Aristote une version enrichie d'introductions et de commentaires que Renan trouve supérieure à tous les commentaires syriaques. Renan, De philo», perip. ofu^i Syrot, p.:{.'î, 3i. « Ainsi, pendant cinq siècles, les Syriens s'étaient tenus au contact de la science grecque, s'étaient assimilé sa tradition, en avaient traduit et interprété les textes et avaient produit eux-mêmes des œuvret importantes dans le domaine de la philosophie théologique. Les formes de la philosophie scolastique étaient nées entre leurs mains; les arts de la logique avaient fleuri dans leurs écoles. L'esprit, les œuvres et la tradition de l'hellénisme se trouvaient donc transportés déjà, au moment où parut l'Islam, dans un monde apparenté au monde arabe. » Carra de Vaux, op. cit., p. i5. Cf. Rubens Uuval, La littérature syriaque, Paris, 1899, Ir» part., c. xiv, § 2, p. 253. Ajoutons à ce fait la remarque suivante. La race araméenne chrétienne côtovait presque partout la race arabe. Si celle-ci habitait plus particulièrement le Yémen, celle-là les parties septentrionales et occidentales de l'Asie, cependant la démarcation n'était pas tellement nette entre l'une et l'autre qu'il n'y ait eu contact multiple et infiltration mutuelle des deux sociétés. Le christianisme, d'une paît, avait pénétré sur plusieurs points du Yémen et par là reliait les communautés araméennes de l'Asie aux communautés chrétiennes de l'Abyssinie; d'autre part, les éléments arabes débordaient le Yémen et formaient un certain nombre de petits royaumes le long des frontières des empires de Perse ou de Byzance. Tout était donc préparé pour que le monde arabe en tournant à l'islamisme lui en rapport avec les races syriennes chrétiennes et par elles apprit à connaître la philosophie péripatéticienne. A la Mecque même le prophète fut en relations avec des moines nestoriens et reçut d'eux cette connaissance de la Bible et de la religion chrétienne que l'on constate dans le Coran.

'2'1 Chez les Arabes. Caractère adventice de l'aristotélisme des Arabes. — Le premier siècle de la conquête musulmane appartint surtout aux armes et à la propagande exclusivement religieuse. Il fut trop troublé pour pi i mettre un sérieux essor aux conceptions philosophiques. Mais au bout d'un siècle passé', avec l'avènement des Abbassides surtout, eut lieu une efllorescence magnifique des arts et des sciences, Les califes appelèrent à leur cour de Bagdad une foule de personnages juifs on chrétiens qui se distinguaient par leurs talents artistiques, médicaux, administratifs ou scientifiques. Des Syriens sont là et mettent en arabe les œuvres des Grecs, en premier lieu les œuvres d'Aristote. Par une habitude étrange mais démontrée, ils traduisent d'abord du grec en syriaque, puis du syriaque en arabe. Renan, De philos, perip. iiptnl Syrot, p. 16. En même temps apparaissent des versions des commentateurs néo-platoniciens d'Aristote, Porphyre, Alexandre d'Aphrodise, f/hémistius, Jean Philopon. A la suite de ces travaux se forme, cbe/. les musulmans, un courant de philosophie auquel

appartinrent les esprits les plus cultivés et dont le ca-

ractère principal l'ut un large syncrétisme. Aristote el Platon, Aristote surtout, \ figurent en première ligne. Après eux le néoplatonicien Porphyre, le gnostique Marcion, le perse Hanès, le médecin Gallien. Carra de Vaux, op. cit., p. 'ri. Lescalilesqui donnèrent la plus

vive impulsion à ce mouvement de traductions, fui Mansoui el Mamoun. Ce dernier I nda à Bagdad un i officiel de trad 'plies

arabes représentants du péripatétisme sont cl-kindi, ■ I- Karabi, Avicenne |lbn Sm.i . \vernpace ll.n lîajja), Abu Bacer Ibn Tophail .

Gazali qui fut l'adversaire : s doctrines d'Aris-

tote, mais qui les connut à fond. Os hoiritn d'autant moins musulmans d idées qu'ils étaient plus philosophes et plus péripatél irs doetn-

qu'on peut appeler la i philosophie des Arabes » plutôt que la i philosophie and. sentaient surtout la

réaction contre l'arabisme; elles venaient du dehors, ne furent jamais assimilées par les musulmans pur*. • t ne firent pas une profonde impression dans les ma

Elles travi r nt l'islamisme comme ces courantsqu'on

rencontre dans l'océan et qui gardent leur directi leur coloration propres sans jamais se fondre complètement avec les eaux voisin remarque est utile pour montrer que le péripatétisme des Arabi s, s'il sur la scolastique. ne fut pas pour cela une influence de l'islamisme sur la philosophie chrétienne.

3° Dis Arabe» aua scolasliques. Influence réelle de la philosophie 'les Arabe» tur la philosophie de l'École. — Il serait téméraire de nier toute action des Arabes sur le péripatétisme chrétien du xiir siècle. Cette action t et elle s'est manifestée sous des formes multiples et à des degrés divers.

1. Des la lin du xue siècle et durant le xni'. on voit apparaître des traductions latines dérivées des \>rsions arabes d'Aristote. De 1130 à 1150, sous l'impulsion de l'archevêque de Tolède, Raymond, et sous la direction de Dominique Gondisalvi, une école de traducteurs met en latin les (euvres d'Aristote et de ses commentateurs ou imitateurs arabes. D'autres traducteurs se donnent ou reçoivent la même mission : Gérard de Crémone, Michel Scott, Hermann l'allemand. Au commencement du xm* siècle, les manuscrits grecs se multiplient et des esprits cultivés mettent celte fuis du grec en latin les traités d'Aristote. Jacques de Venise, Robert Grossetéte, évéque de Lincoln, Henri de Bradant et Guillaume de Ifoerbèke, ces deux derniers i la demande de saint Thomas, se distinguent d;ms ce travail. Il faut encore ajouter à ces noms ceux de Barthélémy de Messine et de Durand d'Auvergne. Et tous les traducteurs ne sont pa- connus. A l'époque où la scolastique se développa, il v avait donc deux séries de versions latines d'Aristote : les unes dérivées du texte arabe sont antérieures et d, dent de la lin du IIP siècle ou tout au plus des premières années du XIII*, elles ne portent pas sur toutes les œuvres du Stagxrite: les autres, faites directement sur le texte grec récemment apporté- de Constantinople, sont postérieures et appartiennent, pour les plus anciennes, au second tiers du \iii- siècle. Mais elles sont complètes et donnent tous les livres d'Aristote.

•1. Si Ks versions faites sur l'arabe sont pr< date, elles ne le sont pas dans l'emploi qui en est fait.

D'après l'enquête si consciencieuse d Amable Jourdain, Recherche» criliqv I sq.. Albert le Grsi

de manuscrite traduits île l'arabe pour un c- i nombre de traités, pour d'autres de minus, i latins, et enfin îles deux sortes de manuscrits pour les traités principaux qui sont ceux de l'âme, de la morale, de la métaphysique et lesterons de physique. On remarque de même l'emploi de manuscrite des deux sources chez Guillaume de Paris. Quant à saint Thoi il < n'a employé que des versions dérivées immédiatement du grec, soit qu'il en ait fait faire de nouvelles, soit qu'il ail obtenu des collations d'anciennes versions avec l'original el ail ainsi des variantes Jourdain, op, . t., p. 39, i'1 H en est Je même de tous les mentatéurs qui vinrent après l'angélique docteur : Duos

ARISTOTÉLISME DE LA SCOLASTIQUE

Scot, Gilles de Rome, Pierre d'Auvergne, Jean Burley, etc. Il semble donc que la préférence ait été généralement aux versions gréco-latines, qu'on les ait consultées presque universellement et qu'on n'ait eu recours aux versions venues des Arabes qu'à défaut des premières ou concurremment avec elles à cause des commentaires qui les accompagnaient.

3. Ces commentaires dénotaient une étude très habile et très profonde de la doctrine d'Aristote. Ils renfermaient des vues exactes sur la pensée du philosophe, des aperçus ingénieux, mais aussi des erreurs extrêmement dangereuses, par exemple l'absence de toute providence divine sur les individus, l'éternité du monde et de la matière, l'unité de l'âme humaine, la suppression de la vie future, etc. Voir Averroisjie. Que les scolastiques se soient inspirés des commentateurs arabes dans les questions strictement philosophiques ou scientifiques conciliaires avec la doctrine chrétienne, la chose est incontestable. Elle résulte de la simple lecture de leurs ouvrages où sont si fréquemment cités les principaux philosophes arabes, mais qu'ils se soient laissé entraîner dans les erreurs de ceux-ci, qu'ils aient accepté toutes leurs théories, qu'ils aient adopté un Aristote travesti par eux, c'est faux. La preuve en est dans les luttes vives des scolastiques contre Averroès et lesaverroïstes. « Les docteurs les plus respectés du xme siècle, écrit lienan, sont d'accord pour combattre l'averroïsme. » Averroès et l'averroïsme, 2e édit., Paris, 1861, p. 259. — La preuve en est encore dans le grand souci que les scolastiques ont eu de faire traduire les œuvres d'Aristote directement sur le texte original, afin de posséder ainsi l'expression la plus pure et la plus authentique possible de sa pensée.

4. En résumé, les Arabes en fournissant aux scolastiques les œuvres d'Aristote n'ont fait que leur rendre ce qu'ils avaient reçu eux-mêmes des chrétiens à l'origine. — Ils n'ont commencé à être en rapport avec la scolastique qu'au XIIe siècle; ils n'ont donc pu avoir aucune influence sur elle dans le haut moyen âge. L'action très réelle qu'ils ont exercée plus tard a consisté à donner, avec les textes, des commentaires savants, utiles et fréquemment consultés. — Ils n'ont pu imposer à la scolastique aucune de leurs erreurs. Ils n'ont pas fait dévier l'interprétation légitime des œuvres d'Aristote, les versions gréco-latines étant là pour dénoncer les falsifications qu'ils auraient tentées. Sans eux la philosophie scolastique se serait construite certainement; avec eux elle s'est édifiée peut-être plus tôt, elle leur doit sûrement des lumières. Mais il est faux de dire que la scolastique, avec les Arabes ou à cause des Arabes, a mal compris Aristote.

VI. Perversion de la méthode des sciences rationnelles et du dogme lui-même. — On reproche encore à la scolastique d'avoir perverti la méthode des sciences rationnelles en substituant à celle-ci l'argument absolu et aveugle d'autorité. Nous ne nous arrêterons pas à ce grief suffisamment réfuté plus haut, par ce •que nous avons dit, soit des principes des scolastiques sur la valeur de l'autorité en philosophie, soit de leur conduite en face des philosophes anciens, particulièrement d'Aristote. — On ne peut davantage accuser de paresse scientifique une philosophie qui atteste la possibilité il la nécessité du progrès constant, ainsi que nous l'avons rapporté également. — Quant à l'accusation d'avoir troublé l'intelligence des dogmes, et favorisé ologiques, rien ne la combat plus effica- - paroles du grand gardien des dogmes, le souverain ponlife lui-même. Dans l'encyclique jE terni Patins, Léon Mil. rapportant 1rs paroles de Sixte V. décril air lienfaits de In théologie scolastique:

i La connais ance el la pratique de cette science si salutaii ujours pu sans doute être d'un grand

«ours à l'Église soit pour bien comprendre et saine-

ment interpréter les Écritures, soit pour lire et expliquer les Pères avec plus de sécurité et de fruit, soit pour découvrir et réfuter les erreurs et les hérésies; mais en ces derniers jours, où déjà sont arrivés les temps dangereux décrits par l'Apôtre, quand des hommes blasphémateurs, orgueilleux et séducteurs, avancent de plus en plus dans le mal, s'égarant eux-mêmes et poussant les autres dans l'erreur, elle est très nécessaire pour confirmer les dogmes de la foi et réfuter les hérésies. » Or, ajoute-t-il : « Ces paroles semblent ne regarder que la théologie scolastique, mais il est clair qu'il faut les prendre aussi comme un éloge de la philosophie. En effet, les grandes qualités qui rendent la théologie scolastique si formidable aux ennemis de la vérité... sont dues uniquement au bon usage de la philosophie que les docteurs scolastiques, par un dessein sagement conçu, avaient coutume d'employer partout, même dans les disputes théologiques, >; La philosophie scolastique est plus qu'utile à la théologie, elle lui est indispensable : « Les théologiens scolastiques se distinguent tout particulièrement en ce qu'ils ont uni par un intime lien la science humaine et la divine; or, la théologie, où ils ont excellé, n'aurait certainement pas pu acquérir tant d'honneur et d'estime dans l'opinion des hommes si leur philosophie eût été incomplète, imparfaite, ou frivole... Il estabsolument nécessaire de la traiter (la théologie scolastique) à la manière grave des scolastiques, afin que concentrant en elle les forces de la révélation et de la raison, elle ne cesse pas d'être l'invincible rempart de la foi. » Aussi ce qui a fait la grandeur théologique de saint Thomas d'Aquin, c'est précisément sa connaissance de la philosophie scolastique. « Appliquant cette méthode philosophique à la réfutation des erreurs, il est parvenu à triompher seul de toutes les erreurs des époques précédentes et à fournir des armes invincibles pour vaincre celles qui surgiront dans toute la suite des temps. De plus, s'il fait nettement la distinction nécessaire entre la raison et la foi, il les unit toutes deux par un accord amical, et il a si bien ménagé leurs droits et maintenu leur dignité que la raison portée par l'aile de saint Thomas au sommet de la capacité humaine semble ne pouvoir s'élever plus haut, et que la foi ne peut plus attendre de la raison d'autres secours ou de plus puissants que ceux qu'elle trouve dans saint Thomas. »

VIL Condamnations ecclésiastiques portées contre l'aristotélisme. — La question de l'existence de l'aristotélisme en face des prohibitions de l'autorité ecclésiastique au xiii« siècle est plus délicate. Nous rapporterons les différentes sentences portées contre l'enseignement de certains livres d'Aristote, et nous dirons ensuite quelle fut sur ce point l'attitude des scolastiques, maîtres et étudiants; car il y a lieu de distinguer, en ce problème, une situation de droit et une situation de fait.

1. En 1210, un concile de la province de Sens assemblé à Paris, sous la présidence de Pierre de Corbeil, archevêque de Sens, condamne, d'une pari, Amaury de Chartres et David de Dinant, voir Amaury de Béne, d'autre part, défend l'enseignement de plusieurs livres d'Aristote. Voici le texte de cette sentence : « Les livres d'Aristote sur la philosophie naturelle et leurscommenlaires ne pourront plus être lus, soit dans les leçons publiques, soit dans les leçons privées, à Paris, sous peine d'excommunication. » ...Nec libri Aristotelis de naturali philosophia ver commenta legantur Parisius publiée vcl secreto, et. hoc sub pena excommunicationis inhibemu8. Denifle - Châtelain , Chartularium unir. . Paris, 1889, t. i. p. 70. — a. Par les livres de philosophie naturelle, il faut entendre probablement non pas seulement les traités de sciences naturelles,

mais encore ceux de physique qui étaient ordinairement nés sous le même nom, et ceux de métaphysique

ARISTOTÉLISME DE LA S< 1 [QUE

dit. ctemenl visés en 1215 par le n où Robert

,i, i . Uri on i onûrme la présente bi ntenci du concile

de Parla. Ajoutons qi ce décn t, en mentionnant a la

de naturali philosophia el li ,, »ise clairemenl 1 dérivées de l'ai

car ellea étaient les seules qui fussent accomp commentaire! Forget, Dam quelle mesure les philo- Wp/,( nuateurs des philosophes grec»,ont

,,is , grès de la philosophie scolasti

dans le Compte rendu des travaux du Congrès scienti-

international des catholiques, Bruxelles, l m section, p. 252. — b. Les commenta proscrits en même temps que les livres d'Aristote sont évidemment les commentaires d'Averroès, couramment appel'' aloi Commentateur >>, commentator. — c. Nec legqntur publiée vel secreto, il s'agit ici des interprétations laites dans les Irons publiques ou dans les leçons pi des écoles. C'est donc l'usage des livres d'Aristote dans nient des maîtres qui est seul défendu. Ne legerenlur amplius in scolis sunt prohibai, dit Giraldus Cambrensis, Opéra, édit. Brewer.t. îv, p. 10, dans Deni- Qe-Chatelain, loc. cit. Dès lors chacun, en particulier el pour son usage personnel, pouvait lire ces livres, les étudier, écrire sur eux des commentaires. — d. Notons encore une autre restriction de la défense. Portée par un concile de la province de Sens, dont la juridiction est par conséquent limitée, portée pour Paris, Parisius, elle n'oblige que l'université de Paris et les écoles de la capitale. Le même terme Parisius sera reproduit dan- Le statut de Hubert de Courçon en 1215, dans celui de Grégoire IX en 1231. Roger lïacon dit expressément: Parisiis excommunicàbantur, de ceux qui interprétaient les livres de philosophie naturelle d'Aristote. Charles, Roger Bacon, Paris, 1861, p. 412. Ce fait est si vrai qu'en 1229, l'université de Toulouse, fondée et organisée sous le haut patronage du légat pontifical, cherche à attirer de nombreux étudiants au pied de ses chaires, en leur faisant miroiter l'avantage d'y entendre l'interprétation des livres défendus à Paris. Libros naturales qui fuerant Parisius prohibiti poterunt illic audire qui volunt nature sinum medullitus perscrutari. Denifle-Chatelain, op. cit., t. i, p. 131.

2. Cinq ans après le concile de Paris, en 1215, le légat, Robert de Courçon, donne à l'université de Paris un nouveau statut qui fixe les conditions d'exercice de l'enseignement dans les facultés des arts et de théologie, détermine les livres qui seront interprétés dans les leçons, et enfin promulgue un règlement disciplinaire pour les étudiants. Or, dans ce statut, Robert de Courçon, d'un côté, prescrit l'étude de certains traités d'Aristote, ceux de dialectique : Legant libros Aristotelis de dialectica tam de veteri quam de nova in scolis ordinarie et non ad cursum, Denifle-Chatelain, op. cit., t. i. p. 78; d'un autre côté, défend les livres de métaphysique et ceux de philosophie naturelle, les sommes qui en ont été faites, les doctrines de David de Dinant d'Amaury de Chartres et de Maurice d'Espagne : Non legantur libri Aristotelis de nietaphysica et de naturali philosophia, nec summe de eisdem, aui de doctrina magistri Davidis de Dînant, au' Amalrici heretici, aut Mauritii hyspani. Denifle-Chatelain, ibid. — a. Les livres de métaphysique sont ici indiqués formellement; me sont probablemenl des résumés des traités d'Aristote faits par les maîtres parisiens i pour utiliser ce philosophe el respecter quand même la lettre de la défense de 1210 ». Mandonnet, op. cit., p. xxx. Pour les doctrines de David de Dinant el d'Amaury de Pêne. voir Am\i r.v de I'.i'm:. — ''. Ce Maurice d Espagne estil Averroès que l'on désignerai! ainsi par une corruption de la dénomination de Mourus hyspa 1 opinion <ln P. Mandonnet. ibid. Est-il distinct d'Àver-

coi le soutiennent le- auteurs du Cartulaire de

l'université de Paris, op. cit., p. 80, appuyés sur une

citation d'Albert le Grand, où Averroès et Maui

sont mentionnés comuu différents? Les découvertes futures de l histoii vale décideront. — Quoi qu'il i n soit, en m

imnation de 1210 et le statut de 1215, il 1

Paris il est interdit, sous peine d'excommunication, d'in- !• rpréter, dans les leçon- publiques ou privées, les 1, de physique, de métaphysique, de sciences n

d Aristote, les résumés ou so

>i les commentairei d kvei

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