‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 137 sur 338 · IV. DU CONCILE DE ClIIRAKAVAN A CELUI DE HROMKLA · texte numérisé non relu

IV. DU CONCILE DE ClIIRAKAVAN A CELUI DE HROMKLA

(862-1179). — Le concile de Partav est le dernier du vme siècle. Au siècle suivant, nous n'en rencontrons qu'un seul, mais celui-là est d'une importance capitale, je veux parler du synode de Chirakavan, tenu, en 862, sous la présidence du catholicos Zacharie Ier Tsakétzi (855-877), le contemporain et le correspondant de Photius. Là, pour la première fois depuis Karin, toute la nation réunie accepta le concile de Chalcédoine, cria anathème aux conciliabules de Tvin et de Manazkert, et condensa sa croyance en quinze canons d'une grande portée théologique. Voir le texte de ces canons dans Galano, op. cit., Rome, 1658, t. n, p. 124-137; dans G. de Serpos, t. il, p. 435-438; dans A. Balgy, op. cit., p. 217-219, et le résumé dans J. Issaverdens, op. cit., p. 133-135. Sans être de tout point irréprochables, ces décisions ramenèrent du moins pour un temps la paix entre Grecs et Arméniens et rendirent les perturbateurs syriens moins audacieux. Je dis « pour un temps », car, un siècle après, le catholicos Vahan (968-969) était déposé par un sjnode d'Ani pour avoir voulu « renouveler l'hérésie de Chalcédoine ». Ter-Mkrttschian, Die Paulikianer, p. 58-59. — 11 est vrai qu'un autre synode d'Ani, celui de 1030, présidé par le patriarche des Aghovans, Joseph, déposa le catholicos Dioscore, coupable d'avoir « outragé la mémoire de saint Léon », le pape de Chalcédoine. Matthieu d'Édesse, trad. Dulaurier, in-8°, Paris, 1858, l™ part.,c. xi„ p. (',:;; cf. Et. Azarian,2?cctesim armetUB traditio de romani pontifias primatu, inme, 1870, p. il.

Au début du xii' siècle, on oublie momentanément la question du monophysisme pour s'occuper avant tout ■ I' maintenir intacte l'unité hiérarchique, menacée par des divisions intestines. Vers 1114, pies de 2 500 personnes du clergé el iln peuple [''unies eu synode condamnant l'anticatholicos David d'Aghtamar et ses adhé- I er Mikélian, op. cit., p. 86.

Viennent ensuite les multiples démarches faites sous

Manuel Comnène en vue d'amener uni' réconciliation

les deux I i cque et arménienne. J'en ai

dit plus liant les médioci ■!-, qu'il nie sufli-e

ici d'indiquer l' conférenci ou a embléei tenues à

cette occasion : elles forment une des plus intéressantes pages de l'histoire des conciles. La première eut lieu en 1170. Le compte rendu officiel, rédigé par Théorianos, a été publié d'abord par J. Leunclavius, puis, d'une façon beaucoup plus correcte, par A. Mai, Scriptorum vet. nova collectio, t. vi; P. (t., t. cxxxm, col. 119-210. La seconde conférence est plus intéressante encore ; on en trouve le procès-verbal, précédé de la correspondance échangée dans l'intervalle, dans Migne, P. <i., t. cxxxm, col. 211-296. Cf. A. Balgv, op. cit., p. 33-47, 220-285.

Dans la pensée de leurs auleurs, ces conférences n'avaient d'autre but que de préparer les conclusions à soumettre à l'approbation d'un concile général. Ce concile, plusieurs fois ajourné, se tint enfin en 1179àHromkla. L'évêque de Lampron, Nersès, l'ouvrit par un discours très conciliant et tout en faveur de la doclrine des deux natures. Orazione sinodale, édit. P. Aucher, in-8°, Venise, 1812 (arm.-ilal.). Chaque partie présenta ensuite une série de questions ou de griefs que la partie adverse devait expliquer. Nous avons encore ce questionnaire ; il compense dans une certaine mesure la perte des actes mêmes de l'assemblée. Galano, op. cit., 1. 1. p. 331 -3i5 ; Balgy, op. cit., p. 52, 286-293. Cf. Hefele, Histoire des conciles, trad. Delarc, t. vu, p. 496-498 ; G. de Serpos, t. il, p. 41-2-454 ; Ter-Mikélian, op. cit., p. 104-106.

Page 1