‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 139 sur 338 · L. Petit · texte numérisé non relu

L. Petit

III. ARMÉNIE. Littérature. — I. Langue et écriture. II. Début de la littérature chrétienne. III. Les traductions. IV. Historiens et théologiens du Ve siècle. V. Du vic au xip siècle. VI. Du XIIe au XVIIIe siècle. VII. La littérature des deux derniers siècles.

I. Langue et écriture. — Sans rappeler ici les longues et vives discussions sur l'origine et la nature de l'arménien, bornons-nous à dire que Ton rattache communément aujourd'hui l'idiome des Urartiens, des premiers habitants du pays, au groupe ouralo-altaïque; par sa construction, cet idiome se rapprochait beaucoup du soumérien et du dialecte particulier de la Susiane. Quant à la langue de la seconde race, des Arméniens au sens propre du mot, elle appartient incontestablement à la famille indo-européenne. Elle contient, il est vrai, bon nombre d'éléments éraniens; aussi Pelermann, de Lagarde, Poil. Windischmann et beaucoup d'autres philologues l'ont-ils introduite dans le groupe éranien. Mais la présence dans une langue d'éléments empruntés révèle simplement les contacts que cette langue a subis, les leçons qu'elle a reçues des civilisations voisines; c'est la grammaire seule, cette âme du langage, qui permet de fixer les liens de parenté entre idiomes voisins. Or, par sa phonétique comme par sa morphologie, l'arménien présente bien les caractères essentiels de I indo-européen. Cette question d'origine serait vite tranchée si nous possédions quelques monuments de l'antique littérature de l'Arménie; il n'en subsiste malheureusement que des fragments peu considérables, con-

s par les premiers auteurs chrétiens de la nation. D'après l'hypothèse très vraisemblable de P. Jensen, la langue des hiéroglyphes dils hittites ne serait autre que le vieil arménien. P. , Jensen, Grundlagenf ûreine Entzifferung der hatischen oder cilicisc/ien Tnschriften, dans Zeitschrift <!. deulsch. morgenl. Gesellschaft, t. xlviii, p. Jilô sq., 429 sq. ; Die kiliskischen Inschriften, dans Wiener Zeitschrift fur Kunde <l. Morgenlandes, 1896, p. 1 sq. Quand le déchiffrement des inscriptions de Cilicie sera venu confirmer cette hypothèse, la connaissance de 1 arménien primitif aura fait un grand pas.

Sur les anciens monuments littéraires, chants et légendes, voir

J.-B. Emin, Chants historiques de l'Arménie ancienne (arm.

anc), in-8", Moscou, 1850; E. Dulaurier, Eludes sur les chants

liistoriques et les traditions populaires de l'ancienne Arménie,

d'après une dissertation de M. J.-B. Emin, dans Journal

[que, 1832, p. 1-58; V. Langlois, Collection des historiens,

t. i, p. ix-xi; J.-B. Emin, Moïse de h'horen et les chanta his-

tes de l'Arménie (en russe), in-8*, Moscou, 1881; P. Vetter,

inge der alten Armenier, dans Tvtb. theol.

alschrifl, 1894, p. 48-70.

La perte des anciens monuments littéraires provient on partie de l'absence d'une écriture nationale fixe. Aux caractères, d'origine araméenne, employés avant notre les missionnaires venus des pays du sud mêlèrent les caractères syriaques; l'écriture grecque était également en usage dans certaines régions. Comment, avec une pareille confusion, le développement des lettres il été possible? Elles avaient besoin, pour prendre leur essor, d'un alphabet nouveau. C'est à Mesrob, surnommé Machdots, que revient l'honneur d'avoir doté sa nation d'une écriture spéciale. Il classa d'abord les sons de sa propre lui, ne d'après l'ordre de l'alphah I grec, puis il créa pour les exprimer des signes probablemenl basés pour la plupart sur ceux usités précédemment.

II. Hubschmann, Ueber Ausprache >md Umschrelbung des AUarmenischen, d&ns Zeitschrift d. deutsch. morgenl. Gcsrll*ehaft, 1876, p. 53 Bq. ; V. Gardthau den griechischen

nng der armenischen Schrift, ibid., p. 74 q,

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