ARMENIE. LITTERATURE
Traité de rhétorique. Par malheur, ce n'est point de Moïse deKhorenque provient ce bel héritage, mais d'un écrivain du vme siècle, qui a mis son œuvre à l'abri d'un grand nom. C'est bien, en effet, au Ve siècle qu'a vécu le personnage du nom de Moïse de Khoren, mais les ouvrages dont on lui fait honneur lui sont postérieurs de trois siècles. Après les belles études d'A. Carrière, il n'est plus permis d'en douter. Nous reviendrons d'ailleurs sur cette question à l'article Moïse de Khoren. Ici, nousdevons nous borner à quelques indications bibliographiques. L'Histoire d'Arménie a eu plusieurs éditions; la meilleure est celle qu'ont publiée les mékitaristes dans les Œuvres complètes de Moïse, in-8°, Venise, 1843, 1865; traduction française très infidèle de Le Vaillant de Florival, in-8°, Paris, 183G, que l'auteur retira bientôt pour en éditer une autre fort recommandable, accompagnée du texte, 2 in-8" à Venise, 1842, et reproduite à Paris, s. d., avec un nouveau titre; autre traduction française dans Langlois, Collection des historiens, t. Il, p. 53-175. Sur la valeur historique, voir A. Carrière, Moïse de Khoren et les généalogies patriarcales, in-12, Paris, 1891 ; Nouvelles sources de Moïse de Khoren. Éludes critiques, in-8°, Vienne, 1893; cf. Buchesne. Bulletin critique, 1893, p. 286 sq. ; Nouvelles sources... Supplément, in-8°, Vienne, 1S94; — La légende d'Abgar dans l'histoire d'Arménie de Moïse de Khoren, dans le volume du Centenaire de l'École des langues orientales vivantes, in-4°, Paris, 1895, p. 357-414 ; cf. A. Burckhardt, dans Byzanlinische Zeitschrift, t. VI (1897), p. 426-435; G. Chalalianz, L'épopée arménienne dans l'histoire d'Arménie de Moïse de Khoren (en russe), 2 in-8°, Moscou, 1896; cf. R. v. Stackelberg dans Byz. Zeitschrift, ibid., p. 435-439. — La Géographie de Moïse, simple adaptation de la Chorographie universelle, de l'Alexandrin Pappus, a été publiée en dernier lieu, avec traduction française en regard, par A. Soukrian, in-8», Venise, 1881. — Enfin le Traité de la chrie, publié dans les Œuvres complètes mentionnées plus haut, a été l'objet d'une savante étude de A. Baumgartner, Zeitschrift der deutsch. morgenl. Gesellschaft, t. XL (1886), p. 457-515. Sur Moïse de Kboren en général, voir P. Vetter, Kirchenlexikon, t. Vin, col. 1955-1963.
Au Ve siècle appartient encore Eghiche ou Elisée, mort vers 480, après avoir écrit une Histoire de Vartan et de la guerre des Arméniens contre les Perses sous Iazdegerd II (439-451). Souvent rééditée, les seuls mékitaristes de Venise l'ont publiée huit fois de 1825 à 1893, •elle a été traduite en italien par J. Cappelletti, in-8°, Venise, 1840, en français par C. Kabaradji Garabed sous le titre de : Soulèvement national de l'Arménie chrétien/ne an V* siècle contre la loi de Zoroastre, in-8°, Paris, 1884, et par V. Langlois, Collection des historiens, t. Il, p. 183-251, et en anglais, mais incomplètement, par I N'eumann, in-4°, Londres, 1830. Voir sur cet auteur F. Nève, L'Arménie chrétienne et sa littérature, in-8°, Louvain, 1886, p. 299-316. — l'n peu plus jeune qu'Elisée, Lazare de l'barp écrivit une histoire d'Arménie de 388 à 186, pour faire suite à celle de Faustus, dont il vante le mérite. Publiée .i Venise en 179!! et en 1824, en format m 8°, puis en 1807, 1873, 1891 en format in-24, elle a été traduite en français [in S. Chésarian dans la Collection di- Langlois, t. il, p. 239-367. — On a du catholicos Jean Handacouni (405-485)un recueil de vingt homélies, in-8°, Venise, Ik.'!7. 1860, et plusieurs formules de prières indans le bréviaire arménien. Les homélies oui été l'oit bien traduites en allemand parJ. M. Schmid, Hei- //</.' Reden îles Johannes Mandakuni, in -8°, Ratisbonne, 1871.
\. Du vi* \\ xii" SIÈCLE. — A cette brillante période, •i cet* I - 'i "i i omme I appellent lis écrivains nationaux, succèdent deux siècles de presque absolue stérilité. L'unique épisode scientifique du vi« siècle est la fixation du calendrier national (552 , Non» ne parlons pas
des écrits de l'évèque Abraham, de l'archevêque Pierre, des patriarches Abraham et Kyrion : c'est à peine si on en connaît vaguement l'existence et l'objet. Le P. B. Sarkisian vient de publier, sous le nom de l'évèque Abraham le Mamikonien, une lettre au roi d'Albanie Vatchakan sur le concile de Nicée : Abraham évêque le Mamikonienet sa lettre ù Vatchakan, in-8", Venise, 1899 (arm.), mais l'authenticité en est fort douteuse. Certains manuscrits l'attribuent à l'évèque syrien Philoxène deMabboug (f 553) et indiquent pour destinataire, au lieu de Vatchakan le catholicos Komitas, chose d'ailleurs impossible, Komitas ayant vécu presque un siècle après Philoxène. Encore plus douteuse l'authenticité des deux homélies publiées par le même éditeur sous le nom de l'évèque Ananias, disciple de Mesrob, Ananias le Traducteur, in-8°, Venise, 1899 (arm.). Cf. P. Vetter, dans Lilterarische Rundschau, t. xxvi (1900), p. 203. Au VIIe siècle, vivait Jean le Mamikonien; mais on a vu que l'Histoire de Baron, dont on lui fait parfois honneur, lui est bien postérieure. Le manuscrit Petermann 141 (Berlin) contient sous le nom du Mamikonien un petit traité sur la pénitence, mais l'authenticité en est douteuse. Die Paulikianer, p. 68. Le seul monument littéraire de celte époque est l'Histoire d'Héraclius, de l'évèque Sébéos, qui raconte la lutte de l'empire contre les Perses et les Arabes jusqu'à l'avènement de Moavia (661). Publiée à Constantinople, in-8°, 1851, et à Saint-Pétersbourg, in-8", 1879, elle a été traduite intégralement en russe. par Patcanian, in-8°, Saint-Pétersbourg, 1862, et partiellement en allemand, par H. Hùbschmann, Zur Geschichte Arméniens und der ersten Kriegc der Araber ans d. Armcn. des Sebéos, Leipzig, s. d. — Un Discours contre Maïragonient,de Théodore Kherthénavor, a été publié dans les Œuvres complètes de Jean Otznétzi, in-8°, Venise, 1833. L'éditeur fait vivre ce Kherthénavor au vu" siècle, en corrigeant un passage de son discours; Ïer-Mkrttschian a émis quelques doutes sur la valeur de cette correction. Die Paulikianer, p. 69. Les opuscules scientifiques d'Ananias de Chirak sont en dehors de notre cadre, mais nous devons mentionner son Autobiographie et son Discours sur la Pâque, récemment traduits par F.-C. Conybeare, Ananias of Shirak (A. D. 600-650). Bis autiobiographij. His tract on easter, dans Byzant. Zeitschrift, t. VI (1897), p. 572-584. La première nous apprend que, blessé dans un combat entre les Grecs et les Perses, Ananias s'enfuit à Antioche, puis, de là, se rendit à Jérusalem, Alexandrie, Rome, et finit par rentrer à Constantinople. De la fin du VIIe siècle datent la traduction arménienne de l'Histoire ecclésiastique de Socrate et la composition en grec par un arménien d'une Histoire île l'Eglise d'Arménie depuis saint Grégoire l'Illuminateur jusqu'au vne siècle. Cette dernière a été publiée, très imparfaitement d'ailleurs, par Coinbelis, dans le deuxième volume de son Auctarium novum, in-fol., Paris, 1648, p. 272 sq., d'où Migne l'en a tirée à deux reprises, /'. G., t. cxxvn, col. 885-902; t. cxxxn, col. 1237-1258, la seconde fois avec les notes de Combefis. Le Quien attribue celte composition au catholicos Chahak ou Isaac III (677-7(13) qui vint à Constantinople sous Juslinien II et y abjura le monophysisme. Oriens chrislianus, in-fol., Paris, 1740, t. i, col. 1356.
Le vil!" siècle se recommande de deux ou trois écrivions remarquables. Le catholicos Jean Olznélzi, surnomme le Philosophe, nous a laissé: un Discours contre les phantas tiques, publié par J.-li. Aucher, in-8°, Venise, 1807, et, avec traduction latine, iliiil.. 1816, un Discum-s contre les pauliciens et un Discours synodal suivi de Canons, c'dit. J.-li. Auclier, in-80, Venise, 1833 (arm. -bit.) et divers autres traités réunis pur le même éditeur dans le volume : Domini Johannis Ozniensis philosophi Armenorum catholici opéra, in-8°, Venise, 1834 (arm. -lai.). — Ghevond (Léonce) Jéretz ou le Prêtre, 'lit le « grand vartapi t »,a composé uue Histoire des origines de l'on-
ARMÉNIE. LIT! ÊR \ï i RE
pire de Mahomet et !'■"'
Garabed \ Chahnazarian, In 8 ll"1'
par lui en français bous le litre de Histoire dei et ■'■ ■ '
1856; K. Patcanian en a d '■ une li idui tion i us»
tri de Histoire de» khalifes, in * , Saint-Pi boui A la même époque, I évéquede Siounik,
Etienne, li iduisil les œuvres de plusieurs Pères, pseudoi \,, opagite, Grégoire de Nysse, Cyrille d Uexan- ,i, i, . etc., ainsi que la lettre du patriarche Germain aux Arméniens. Voir Quadro dette opère anticamenle traduite m arnieno, p. -.J'.i-ICJ.
Li \ siècle voit naître la grande Histoire d'Arnu de l'origine à 925, du catholicos Jean VI, éditée à Jérusalem, i ii- * , 1853, ci à Moscou, in-8°, 1853, et traduite en français par J. Saint-Martin, in-8°, Paris, 1844, mais il une façon très imparfaite. Voir F. Nève, L'Arménie tienne et sa littérature, p. 317-340. A la même époque, Thomas Artzrouni compose son Histoire des Artzrounis, allanl jusqu'en 936; la première partie contient l'histoire générale de l'Arménie, la seconde celle de la province du Vaspourakan. Publiée à Constantinople, 1852, et à Saint-Pétersbourg, 1887, elle se trouve en français dans Brosset, Collection d'historiens arméniens, in-8», Saint-Pétersbourg, 1874, t. t, p. 1-266. A la demande du catholicos Ananias de Mok (943-965), Ananias, abbé du monastère de Narek, le plus célèbre théologien de l'époque, compose un traité contre les thondrakiens. Ter-Mkrttschian, Die Paulikianer, p. 83. Jusqu'ici, cet ouvrage n'a pas été retrouvé, quoi qu'en ait dit Neumann, Geschichle derarm. Litteratur, in-16, Leipzig, 1836, p. 127. C'est à tort que le journal Ararat (Etchmiadzin, 1892, n. de janvier) a attribué à ce théologii a t les Confessions du bienheureux père Ananias «publiées par lui. Mkrttschian, op. cil., p. S Chosrov le Grand, évéque d'Andzevatsente, mort vers l'an 972, écrit de très intéressants Commentaires du bréviaire et îles prit res de la messe, Constantinople, 1730; l'explication de la messe a été traduite en latin par P. Vetter, Chosrom magni, episcopi monophysitû plicatioprecum misses, in-8», Fribourg-en-Brisgau, 1880.
— Mesrop le Prêtre (Iéretz) compose la biographie de Nersès le Grand. Madras, 1779; elle forme, avec l'histoire des Orbélians, les tomes vi el mi de la Bibliothèque choisie delà littérature arménienne, in-24, Venise, 1853.
— Aucun auteur de ce siècle n'égale en célébrité Grégoire de Narek, fils de Chosrov le Grand, le « Pindare i des Arméniens. On a de lui quatre-vingt-quinze Élégies sacrées, plusieurs lois imprimées, entre autres en 1827 par G. Avédikian, in-8°, Venise; des Homélies el des Odes, in-S\ ibid., 1827; un Commentaire sur le Cantique drs cantiques, in-12, Venise. 1789, el divers Panégyriques; il existe une édition complète de ses œuvres, in-8-, Venise. 1840; sa lettre dogmatique contre les thondrakiensa été traduite par Ter-Mkrttschian, Die Paulikianer, p. 130435. Voir une notice littéraire et bibliographique dans F, Nève, r>p. cit., |). 256-268. Citons encore : !. Oukhtanès d'Ourha, auteur d'une Histoire d'Arménie, in-8», Vagharchapaf, 1874, (incomplète), et, en français, dans Brosset, Deux historiens arméniens, Kirakos de Ganttac, Oukhtanès d'Ourha, in-4», Saint- Pétersbourg, 1870; 2. Moïse Kaghankatovatzi ou d'Outi, auteur d une intéressante Histoire des Aghovans ou Albanais, le seul document que nous possédions sur les premierstemps de ce peuple ; publiée par Emin, in-8 . Moscou, 1860, il Chahnazarian, Paris, 1860; quelques extraite dans Brosset, Additions et et laircistementsàl'his-
de in '•'■ orgie, in-4», Saint-Pétersbourg, 1854, p 161i'.ii: excellente étude el extraits dans Agop Manandian, / trâgezuralbanischen Geschichte, in-8», Leipzig, 1897. Moins illustre pie le V, le xi« siècle a pourtant produit trois ou quatre écrivains recommandables : Estienn ghik, auteur d une Jlisiuiiv universelle, qui s'arrête é l an
i irtii -i éti ti aduilc en fi am ais p ir E. 1 1 mi . i
!, |uête di i in*
- . Venise, 1845 d E. l'rud
Paris, 1864; le moine Paul d siste el adversaire passionné il- l'Eglise romaine;
.niie le théolo Btanlinople. in-4», 1752; cf. I.
Die Paulikianer, in-8°, Leipzig, 1893, p : un grand
sur di el >l un poéi n m
dit-on, • n trois joui
■ •■. in-16, lisfiH: tin invi ntaire détaillé et des extraits de trouvent dans V. Langlois, Mémoire sur la écrits du p
\ l série, t. xm, 1869. p. i sq. I <Uee-
tùm dt "-■ t. i, p. i"l-'>' •!■ G. Chai. mtiantz. /
mente iranischi Wiener
hrifl f. d. Kunde d.M Trois lettres deGrégoire relativi kiens, issuedu manichéisme, ont été traduites en allei par Ter-Mkrttschian, Die Paulikianer, p. 136-153; cf.
VI. 1m xil« \t xvnr SIÈCLE. — La prospérité au xii- siècle du royaume de Petite-Arménie, -ous i roupéniens, provoque dans le domaine d une
s,,rt.- de renaissance, qui ne manque pas de grandeur. Le plus brillant écrivain de ce temps , S| Ni n,, mm.' ajuste titre Chnorhali ou le Gracieux, qui j
l'Église comme catholicos de 1166 à H 73; on lui un poème de huit mille vers, uni d'Édesse et des poésies sur divers sujets, imprimi Venise, in-24, 1830; plusii m traduites en français, par F. Nève, op. cit.. ; en allemand par P. Vetter. Tûb. theol. QuarlaUchrift, t. i.xxxi 1899), p. 89-111; l'élégie biblique « Jésus le Fils i a été traduite également par P. Veti t. i.xxx 1898 . p. -j:;.t -2Tt; ; IV l 'gie sur la chute d'Édi été rééditée et traduite en français pai E. Dulau Historiens arméniem di -
t. i. p. 226-268. Beaucoup plus importantes pour le théologien sont les œuvres en prose d< Iles comprennent une Lettre pastorale publiée, avec traduction lutine, par .1. Cappelletti, in-8», Venise. 1830, un Discours synodal et des lettres, in-24, Venise, 1848 Li plupart de ces œuvres se retrouvent, accon : une traduction latine, dans Sancti pera omnia, i dit. J. Cappelletti, 2
F. Nève, Le patriarche Nersès IV Schnorhali, op. cit., p. 269-286. Rappelons comme curi ■ tra-
duite en trente-six langues, in-12, Venise. 1882. -Deux vartapets, Lune et Sarkis, nous ont laissé, le premier, un Commentaire sur saint Lue. in-8*, Constantinople, Ijs-ii; le second, quarante-trois Homélies, in-8°. Const.mtinople.ITi:!. et un Commentaire sur les épi! liques, ibid., 1743, ISJC>. — L'Histoire, de Matthieu d 6desse, allant de952à 1 1 : t« î . et continuée jusqu'en 117'
mire le Prêtre, constitue une source précieuse pour l'histoire des croisades; traduction françaised'E. Dulaurier, in-8 . Paris, 1858. Les parties relatives aux crois s, .nt reproduites, texte el traduction, par le même, dans Historiens arminiens dis croisades, t. I, p. I -01. Cf.
F. Nève, Chronique de Matthieu d'Édesse, op. cit., p 341-370.— De Samuel d'Ani.nous avons une Chronique ersettt ou plutôt de simples tables chronologiques allant de l'origine du monde a 1179; le texte a été publié par v IVr-Mikeli.in. in-8», Vagharchapat, 1893, la ti-iduction latine, par J. Zohrab el A. Mai, Milan, 1818, reproduite par M igné, /'. t... I. xix. col. 598 deuxième partie a été traduite en françaisavec nombreuses par Brosset, dans sa Collection d'hisloi