VII. La LITTÉRATURE DES DEUX DERNIERS SIÈCLES
Les malheurs mêmes de la nation donnèrent aux lettres une impulsion jusqu'alors inconnue. Bannis de leur patrie, les Arméniens se dispersèrent en Europe et \ créèrent des imprimeries, d'où n'ont cessé de sortir, avec des éditions des anciens écrivains, des œuvres originales nouvelles. Le XVI" siècle voit s'établir une imprimerie à Venise | 1565) et à Borne (I58i) ; au XVIIe, d'autres se fondent tour à tour à Lemberg, Milan, Paris. Ispahan, Livourne, Amsterdam, Marseille, Constantinople, Leipzig, Padoue. A côté de chaque imprimerie, des sociétés s'organi^eiil qui mettent au jour une foule d'ouvrages de science cl île vulgarisation. Je ne puis citer ici que les plus grands noms ; la plupart sont déjà connus du lecteur qui ama parcouru les pages qui précèdent.
A la tête du mouvement littéraire marchent les mékitaristes de Venise, qui onl reçu de leur fondateur, Mékitar de Sébaste, le double héritage de la vertu el il'- la science. Nulle Académie n'a publié plus d'ouvrages que celle de San Lazzaro; malheureusement, la critique en esl souvent absente. San>- entrer dans de fastidieux détails de bibliographie pure, je dois rappelerces laborieux travailleurs qui oui nom Michel Tchamtchian 1 17384823), Mguerditch Avkérian (J.-B, Aucher), Gabriel Avédikian,
Ed. HurmUZian, et, pour finir par celui qui leur est
supérieur à tous, Léon Alishan, h1 Nestor de l'érudition arménienne. Rivalisant avec leurs confrères de Venise, les mékitaristi de Vienne meltcnl tous les ans en cir
ARMÉNIE. LITTÉRATURE - CROYANCE ET DISCIPLINE
lîtii
cotation de n brous i vulgarisation. La
science théologique .1 été surtout 1 cheicus
par J. Catergian et A. Balgy, dont les PP. Gr. Kalemkiar, Raphaël Baroncz et I. Dashian continuent la noble 1 1 toujours orthodoxe tradition.
1 études arméniennes ont en Russie un centre actif. l'Institut Lazare\ des langui s orientales, fondé a Moscou par le comte Jean de Lazarev ci ses trois fils. Là, pendant pris d'un demi-siècle, a enseigné Mgui rditch i.I.-Iî.i Ëmin, né à [spahan le "Jô novembre 1815 et mort à Moscou le 13 décembre 1890. Kditeur et traducteur infatigable, philologue et historien, Lrnin a apporté à l'élucidation d'nne foule de problèmes d'ordre religieux une érudition presque universelle, jointe aune critique toujours sûre d'elle-même. Son successeur à l'Institut Lazarev, Gr. Chalathianz, a réuni les dissertations du fécond écrivain dans les volumes suivants : Recherches et dissertations sur la mythologie, l'archéologie, l'histoire et l'histoire littéraire de l'Arménie (1858-1884), in-8\ Moscou, 1896 (en russe) ; Traductions et dissertations sur la littérature religieuse de l'Arménie (18T)9-1882). Apocryphes, Vies de saints, Homélies, etc., in-8°, Moscou, 1897 (en russe); Recherches sur la langue, l'histoire et la littérature de l'Arménie (1840-1855), in-8», Moscou, 1898 (arm.). -Deux autres arméniens de Russie, Osgan et Patcanhn, ont également rendu de grands services à la littérature religieuse de leur patrie.
Après Venise, Vienne et Moscou, c'est à Constantinople que la vie littéraire est le plus active, mais les travaux d'érudition y sont rares; la controverse ou, pour mieux dire, la polémique religieuse, voilà d'ordinaire l'objet des productions hâtives qui y sont mises au jour. Citons, parmi ces polémistes, le patriarche Jacques Nalian (f 1760i, dont l'Arme spirituelle et la Pierre de la foi, in-8°, Constantinople, 1733, sont encore admirées de ses coreligionnaires, et, en ce siècle, un laïque, Tchamourdjian, auteur de diverses brochures sur des matières ecclésiastiques, comme Le critique, Le transigeant, etc. Etchmiadzin, qui n'a produit longtemps que des œuvres de mince valeur, tend à devenir un centre d'études très actif, grâce au zèle de quelques vartapets qui ont puisé en Allemagne le goût et la méthode des travaux scientifiques. Mentionnons enfin, par ordre d'importance, les villes de Tillis, de Calcutta et de Jérusalem comme les plus riches en publications arméniennes. Les arménistes européens sont venus à leur tour, et plusieurs ont laissé de véritables travaux de maître ; mais les bornes étroites de ce Dictionnaire ne me permettent pas de parler des écrivains étrangers à 1 Arménie.
A l'heure actuelle, les études arméniennes sont propagées par divers périodiques, où, comme dans toutes les revues relatives à l'Orient, les questions religieuses occupent une place importante. Tel est le Pasmaveb ou Polyhistor, revue publiée par les mékitaristes de Venise; mensuel depuis 1889, ce périodique avait paru tous les trois mois de "1873 à 1888, et tous les deux mois de 1843 à I87'2 ; il avait été précédé, au début du siècle, par 1*06servateur de Byzance (1812-1816). Les mékitaristes viennois ont aussi, depuis 1887, un organe mensuel. Hantes» Amsorya. Enfin, depuis trente-cinq ans, parait à Etchmiadzin l'Ararat, revue mensuelle, dont chaque fascicule contient des articles de théologie et de morale, de littérature et d'histoire, de pédagogie et de philologie, s.iii- oublier la politique. Voir, sur ce périodique, A. Burckhardt, Armenisches dans Byz. Zeitschrift, VII (1898 . p. 260, 261. Sur la presse en général, voir Gr. Kalemkiar, Histoire du journalisme arménien, in 8°, Vienne, 1893 (arm.).
Voici, par ordre 'le date, les principaux ouvrages à <•■ nsuitcr sur L'histoire littéraire de l'Arménie; de cette liste sont exi dessein les simples articles de revue, les travaux de 1 are 1 hilologie uu dui caractère trop Bpéclal. Ceux qui, parmi ces derniers,
rasai ■ , , ,j, mraent
.1 leur place n--; , ,10 driui
Utteraria di Armenia, m-v, Vei ;»nn.
denW
K. Patcanian, Catalogue de li lilléralun
-le jusque vert le milieu du xvir, Mêlai fues, Saint-Pi 1800, Liv, I
p. 75-134 ;l\ Karékin, Histoire littéraire de l'Arménie ani du n rte (arm.), in-8-, Venise, 1863; 1' édit., 5888;
Histoire littéraire de l'Arménie moderne, du xiv siècle à nos (arm.), in-12, Venise, 1878; Bibliographie arminienne il5C5-1883j. Catalogue alphabétique des publications et, yue arménienne depuis la découverte <<■
notre trmjis (arm.). in-8', Vei h. l'atcaman. Esquisse
bibliographique de la littérature historique des Arminiens (en 1 t-Pétersbourg, 1880; G. Chalathiani, Esquisse rate de la littérature nationale de l'Arménie «n russe), in-8*, Moscou, 1885; F. Sève, L'Arménie chrétienne et sa littérature, in-8", Louvain, 1886; ce dernier livre est moins une hist..ire suivie qu'une série d'essais sur diverses • litté-
rature ; la meilleure section est consacrée à l'hymnographie, p. 40-247.
Le lecteur trouvera bon nombre d'autres indications dans les catalologues suivants: Catalogue des livres de Vimprii arménienne du Saint-Lazare, in-8-, Venise. 1894 (arm. et fr.>. avec supplément pour les ouvrages parus de 1893 à 1898. (arm.) ; G. Kalemkiar, Eine Skizze der li'.erarisch-lypograpliischen Tlialiykcit der Mechitaristen-Congreyationin M'i'ii, in-8", Vienne, 18t)8 ; Catalogue des livres et manuscrits de la bibliothèque de l'Institut Lazarev des langues orientales (en i in-8', Moscou, 1888 ; la section arménienne comprend, pour le* imprimés, les n. 344-1106, et, pour les manuscrits, les n. 1257. 11 faut y joindre le Supplément I, Moscou, 1896, composé des ouvrages provenant de la bibliothèque de feu J.-B. Emin, et comprenant, comme livres relatifs à l'Arménie, les n. 3003-3375.
A côté de ces catalogues d'imprimés, il convient de m. 1 ner les catalogues suivants de manuscrits : Korganof et Brosset, Catalogue de la bibliothèque d'Etchmiadzin (russe-français), in-8*, Saint-Pétersbourg, 1840; J. Dashian, Katalog der armenischen Handschrxflen in der .'•/ n-Uibhuthek ru
Wien (all.-arm.), in-8*, Vienne, 1895 ; Katalog der arment*. chen Handschriflen in der k. k. Hof-Bibliothek zu Wim arm.), in-8', Vienne, 1891 ; G. Kalemkiar. Katalog der arm. Handschriflen in d'-r I;. Hof-und Staatsbibtiolhek zu Munclien (all.-arm.), in-8*. Vienne, 1892: N. Karamianz. Handschn/tenverzeichniss der k. Bibliolhek zu Berlin. X. Verzfichniss der armenisclo-n Handschriflen, in-8", Berlin, 1888 ; Kr. Mueller, Die aimenist hriften des Klostert von Argni
Aiijliana) publié dans Sitzunberiehl. der k. Akad. d. Wtt- 111 Wien. Philos.-histor. Classe, t. cxxxrv, n. iv, 1896; M., Die armenischen Handschri/t >.wasi und
Senqùs, ibid., t. cxxxv. n. vi, 1887; G. de ViUefroy a dres-
I dernier, le catalogue des manuscrits arméniens de la Bibliothèque nationale de Paris dans Catalogus manu.'. Bibliothecx regiss, in-fol., 173".'. t. 1. p. :■-