SYMBOLE ARMENIEN
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Ipuil' <i(//t"J/b//i . qu////iq/iu/)ii'/i 'liqm/l. qmPnq/>//t. bl iiiilinpbpil tptlïl b/(bqbg{i :
Credimus in unum Deum Patrem omnipotentem, factorem cseli et terras, visibilium et invisibilium ;
et in unum Dominum Jesum Christum, Filium Dei, genitum ex Deo Paire, Unigcnitum, hoc est ex substantiel Patris, Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero, genitum non factum, ex eadem cum l'atre natura; per quem omnia facta sunt in ceclis et in terra, visibilia et invisibilia; qui propter nos bomines et pro nostra sainte descendens de cœlo incarnatus est, bomo factus est, natus est perfecte de Maria sancta Virgine per Spiritum Sanctum, per quem assumpsit carnem, anirnam et mentem et omnia, quoecunque in homine sunt, veraciter, non per pbaniasma; passus, crucifixus, sepultus, tertia die resurrexit; ascendit ad cselum eadem carne, consedit ad dexteram Patris.
Venturus est eadem carne et cum gloria Patris judicare vivos et mortuos; cuius regni non est finis.
Credimus et in Sanctum Spiritum increatum et perfectum, qui lo-
cutus est in lege et in proplietis et in evangeliis, qui descendit in Jordanern, prsedicavit missum et babi tavit in sanctis.
Credimus et in unam solam universalem et apostolicam Ecclesiam, in unum baptisma, in penitcnliam, in remissionem peccalorum, in resurreclionem mortuorum, in judicium aeternum animarum et corporum, in regnum cx'lorum et in vitam
Eos autem qui dicunt fuisse tempu- cum Pilius non esset, vol fuisse tempus cura Sanctus Spiritus non c-'-cl. vel ( \ uullis sulisistentibuseos f.icios esse, aut ex alia substantia dicunl esse Filium Dei el Sanctum Spiritum, eosi/iie mutabiles esse vel alterabiles, bos anathematizat catbc lica el apostolica Ecclesia.
ARMENIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
A première vue, ceformulain pai ill i ti e indépendant de celui de Nicée, à tel point que i iip i
arméniens ou étrangers • roulu reconnaître entre
l'un et l'autre aucun lit d de subordination. I; icetn
re, Ai -.. lv Ter-Mikélian ■ tenu cette thèse, Die
armenische Kirche, in-8», Leipzig, 1892 p. 21 sq. Par contre, pre quetou conviennent de l'étroite parenté tant entre le syml oie arménien el le formulaire pseudoallianasien, connu sous le nom d 'Epu.y)vefai etc tô (TJ|i6oXov, p G , t. xxvi, col. 1232. Il suffit de rapprocher J'un de deux documents pour en apercevoir non pas seulement la ressemblance, mais l'identité. LesArmél avouent de bonne grâce ; seulement, ils réclament la priorité en faveur de leur symbole; à les entendre, l"Epnï)veta ne serait qu'une contrefaçon grecque de ce dernier. Or, c'esl juste le contraire qui est vrai. Après les consciencieuses r< cherches de .1. Catergian, De fidei symbolo, quo Armenii utuntur, observationes, in-80, Vienne, 1893 (œuvre posthume composée en 1870), et de F. Kattenbusch, Das apostolische Symbol, in-8°, Leipzig, 1894, t. i, p. 303 sq., on ne peut guère soutenir que le formulaire arménien ne dérive pas de l"Ep|jiT|veîot. Que < 'lle-ci ait pour auteur saint Atlianase, comme le pense J. Catergian, op. cit., p. 36, ou l'un de ses deux premiers successeurs, comme le veut C. S. Caspari, Vngedrttckte... Quellen zur Gesch. des Taufsymbols und der Glaubensregél, Christiania, 1866, t. i. p. 1-72, elle date sûrement du dernier quart du ive siècle. Le moine Évagre, mort en 399, en fait usage dans un traité, dont il existe une version arménienne, Catergian, p. 21 sq.; au début du VIe siècle, on la trouve répandue dans toute la Syrie. 11 est probable que les Arméniens l'auront reçue des Syriens, mais sa toute première origine ne saurait être mise en cloute. Quant à son adoption par les Arméniens, elle n'est pas antérieure au vie siècle. Dans sa première lettre aux Syriens, datée de 504, le catholicos Papken ne lait usage que du pur symbole de Nicée; mais, dans la seconde, il emploie notre formulaire. Il est permis d'en conclure que les négociations avec les Syriens auront, dans l'intervalle, amené le catholicos à user de leur symbole. Si, au siècle précédent, le catholicos Isaac (y 140) insère déjà ce symbole dan-; sa réponse à Proclus, ce n'est pas que ce symbole tût déjà en limais parce que. dans cette partie de sa lettre, Isaac a simplement décalqué Évagre; il lui emprunte même. à la fin, tout un passage qui n'a aucun rapport avec son sujet. Catergian, p. 19-23; llahn, Bibliothek der Synirbalr, s, 137, avec l'indication des différentes opinions sur son origine, p. 134-155. Voir deux autres formules de lui, llahn, s 136, 138. Sur ceite dernière, voir /■ d'histoire el de littérature religieuses, 1904, p. 227-229.
Introduit au vie siècle à la place du pur symbole de Nicée, antérieurement en usage, Catergian, p. 24-26, le formulaire reproduit plus haut est le seul employé dans l'administration du baptême et à la messe, ou sa récitation esi de (uns les jours; c'est, en un met. le seul authentique. Quant au symbole rapporté d'Orient par le chevalier Ricaut, The présent slale of the g réel; and armenianChurches anno Christi 1618, in-80, Londres, 1679, p. 411-414; Histoire de l'estai le l'Église
grecque etde l'Église arménienne, trad. de Rosemond, in-12, Middelbourg, 1692, p. 404-406, et longtemps regardé comme la formule officielle, ce n'est qu'une compilation du \iv siècle, dans laquelle on a nus a contribution le symbole arménien proprement dit. le syn de saini Atlianase. le symbole des apôtres, - .ins compter d'autres éléments créés par le compilateur. Malgré son m' tardive, ce deuxième formulaire a longtemps joui d'une certaine faveur. Usité encore, il y a on demi-siècle, a l ordination du prêtre et du diacre ainsi qu'à la promotion des vartapets, il se récitai! aussi tous les jours au débul de l'office divin. Aujourd nui, on ne le dit (dus guère qu'à celle dernière place; partout ail-
l'antique symbole, que l'on pour tient d ,- ler pai a i. j.i ia son rang. .1. '
tte foi mu!
n loi moyi nnant certaini - impoaéi
Rome. Il u est pas jusqu au s qui n'ait subi a Rome des retou< maire ou la doctrin I
trop loin; la tendance actuelle i t d'ailleurs au i pur et simple à l'ancien formulaire. J. Cal p. 41-48. On trouvera, d ms Catergian. p. 39 i duction latine du second symbole dunt il vient d question, el dans 'II/./, r—.u-.-.'./r 'A,/r>:i7.. t. xv (1 p. 86, une excellente traduction grecque.
La récitation du symbole est suivie, nu moins a la e, d une courte îormule doxologique, dont voici la traduction : « Oui, nous le glorifions, celui qui • avant tous les siècles, en adorant la sainte Trini l'unique divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, maintenant et à jamais, dans les Amen. (.ii. addition est généralement attribuée par les auteurs arméniens à saint Grégoire l'IUuminateur. Toutelois, comme elle a avec le symbole une U étroite, elle ne doit pa- être antérieure à ce dernier. Celte affirmation de la consubstantialité des trois personnes divine-, succédant à la condamnation de ceux qui la nient, semble indiquer une origini débats monophysites. Cl. Catergian, :
Après les symboles, il convient de signaler les professions de loi. formulées à diverses époques par les ( religieux de la nation arménienne; beaucoup plus développées que le symbole, elles s'expriment très clairement sur les points controversés et sont la meilleure source d'information pour le théologien. L'une des plus complètes et des plu< vénérées est celle Gracieux adressa en 1166 à l'empereur Manuel Comie on la trouve traduit.- en grec et en latin dans l'édition donnée par A. Mai de la seconde conférence de Théorianos, J'. G., t. cxxxiu. col. 215-222. Un Grec arméi de Constantinople, I). T-olak ni sans d
la version de Théorianos, en a donné une autre faite directement sur l'arménien, 'Axo).o-j6:gt -or. iy:'o'j f. G'j.z-'ji/.TL-y. -b.; c-.yi--j.li:; -. . '..
ciy.:. in-8°, Con«tantinople. 1881, p. 46-57, 'E/., 'A.., ,:iï, t. xv (1895), p. 69-71. Ed. Oulaurier l'a traduite en français dans son ouvrage : V/idilions et liturgie d e, ia-
18, 2'- .dit.. Paris, 1857, p. 65-81.
Signalons ensuite par ordre de date la confession d'Abgar, l'ambassadeur auprès du pape Pie IV duc licos d'Etchmiadzin Michel (1562-1563), A. Lial^y. /, en! d catholiese inler armenos, in-88, Vienne.
IS7S. p. 166-171, et celle du catholicos de S s
. op. cit., p. 339-oii. Cette dernière est particulièrement importante.
Aux professions de foi rédigées par les Arménien-, il faut ajouter celles que Rome dans ses r.ij . us
leur a imposées. Elli ^ se réduisent à deux : la n'esl autre que la célèbre constitution d'Eugène IV L'.rultate Deo, souvent réimprimée, A. Balgy, op. cit., p. 101- 131 ; la seconde est la prolession d'Urbain VIII commune a tous les Orientaux. . fur. pontif. de Propagande /i<ie, part, I. m-'i . Rome, 1888. t. i. p. 227-232. lle-i que-lion dans une lettre d'Innocent XII. du 3 mai 1698, d une profession de loi adressée aux Arméniens par le pape Sylvestre 1" et remise par lui a saint Grégoire l'IUuminateur. ./... pontif. île propag. fuie, Rome, 1889, t. u, p. 183-184. Ce document, que je n'ai pas -u retrou est évidemment apocryphe; si je le mentionni pour inviter le lecteur à ne pas le mettre sur le n que li - précédents. Non moins que
.nation imposées .■■
ARMÉNIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
niens à leur entrée dans une autre confession chrétienne témoignent officiellement de leur croyance. Veulent-ils devenir catholiques, ils doivent réciter la formule d'Urbain VIII que je viens de rappeler. S'agit-il au contraire ili leur admission dans l'orthodoxie, les formulaires varient avec les groupes orthodoxes. J'ai indiqué plus haut, col. 1929-1930, la littérature du sujet; le lecteur voudra bien s'y reporter et consulter en mitre le curieux document, d'ailleurs hors d'usage, publié par J.-B. Cotelier, (Juomodo recipiendi sant Armenii hseretici, not. ail Constit. apost.,\. V, c. xiv, P. G., t. i, col. 864-872; t. cxxxn, col. 1257-1266.
II. Procession du Saint-Esprit. — Si des formules générales nous passons aux points particuliers, la première question qui se présente à notre examen est celle de la procession du Saint-Esprit. A lire attentivement le symbole de foi, tel qu'il existe maintenant, on s'aperçoit bien vite d'une lacune dans la partie qui concerne la troisième personne de la Trinité; la divinité ilu Saint-Esprit est très nettement affirmée, mais on se tait sur ses relations avec les deux autres personnes. Ce silence, chose remarquable, ne provient pas d'une omission, mais d'une suppression. On lit, en effet, clans l"EpjAï]V£;a : IIkjts-Johev eU tô 7ive'j(j.a tô âytov, zo ojy. àXXÔTpiov Ttarpô; y.a\ uioû, àXX' Ô[jioo'J<tiov ov izxtçiX xac •/:<r>, etc. Credimus et in SpiritumSanctum,'nonalienum a Pâtre et Filio, sed consubslantialom Patri et Filio, et, au xne siècle, Nersès de Lampron disait encore dans son Explication du symbole : Neque alienus [SpiHtus] ab eadeni ipsa subslanlia Patris et Filii. J. Catergian, op. cit., p. 15, 46. Quand il s'exprimait de la sorte, le grand évêque de Tarse avait sûrement sous les yeux un texte non mutilé.
D'où provient cette mutilation? Sans doute des efforts de l'Église grecque pour amener à son propre sentiment sa « fille aînée > d'Arménie. Commencées avec Photius, ces tentatives obtinrent à la longue un succès partiel, succès d'autant plus facile que les Arméniens n'avaient jamais eu à prendre parti dans cette question. A l'époque même où Nersès de Lampron écrivait son Explication de la messe, le catholicos Nersès le Gracieux disait dans sa Profession de foi : SpiHtus a Paire incomprehensibiliter inscrutabiliterque proccdens. P. '.'.. t. cxxxni, col. 215. Il n'est pas, on le voit, question il h Fils. Si ce dogme de la procession du Fils eût été alors professé explicitement par la majorité de la nation, Théorianos n'eût pas manqué, dans ses conférences avec Nersès, de chicaner sur ce point le catholicos arménien.
Dans l'exposé des erreurs soumis vers 1 3 10 au pape Benoit Ml, le premier article est ainsi conçu : « Dans l ancien temps, les Arméniens ont enseigné que le Saint- Esprit procédait aussi du Fils; mais, plus tard, un synode arménien a rejeté ce dogme et il n'y a plus maintenant que les Arméniens unis à enseigner le Filioque, s L'article suivant reproche également aux Arméniens l'omission du Filioque dans leur symbole. Hefele, Histoire des conciles, Irad. Leclercq, t. vi, S 707. En réponse à cette double accusation, le concile de Sis(1342) observe que mil us livres arméniens ne parlent que très rarement de cette procession; elle est pourtant affirmée dans une oraison pour la Pentecôte. Quanl au synode qui aurait rejeté ce dogme, il n'a jamais existé. En revanche, la croyance de l'Eglise romaine a été acceptée dans | il ii s il un synode de la Petite-Arménie, fend., p. 553.
Autant qu'on en peut juger par ces vagues donn le Filioque n'étail pas entré d'une façon bien explicite dans la croyance de l'Eglise arménienne, non pas que cette Église y liit formellement opposée, mais parce qu'elle - 1 ri était jusque-là désintéressée. ' luand elle dul prendre parti, elle se rangea du côté des grecs dans ses relations avec Constantinople, el du côté des latins dans rapports avec Home. A la lin, l'influence grecque
l'emporta, et aujourd'hui, les Arméniens non catholiques n'admettent pas que l'Esprit-Saint procède aussi du Fils. Quant aux catholiques, Eugène IV et Urbain VIII leur ont imposé l'insertion du Filioque au symbole dans les deux décrets rappelés plus haut; la S. C. de la Propagande en a fait autant en 1833. Jur. pont, de Prop. l'aie, part. I, t. v, p. 86. Un mékitariste de Venise, le P. Gabriel Avedichian, a écrit toute une dissertation pour prouver la perpétuelle orthodoxie de son Église en cette matière, Dissertazione sopra la processione dello Spirito Santo dal Padre a dal Figliuolo, in-8°, Venise, 1824. Même après l'avoir lue, on garde l'impression que les Arméniens se sont occupés de la question assez tard, que plusieurs de leurs docteurs et de leurs conciles n'ont fait aucune difficulté d'admettre la doctrine catholique, que le plus grand nombre y est resté indifférent ou opposé-, et qu'on ne peut établir la « perpétuelle orthodoxie » sans solliciter parfois les textes. Je ne parle pas des deux conciles de 1251 et de 1342, où le Filioque fut solennellement admis, mais des temps postérieurs. Dans la période antérieure, le concile de Chirakavan (862) est le seul à parler de la procession du Saint-Esprit; il le fait en se servant des termes employés par Photius dans sa lettre au catholicos Zacharie, et ces termes sont ambigus. Il tant toute la bonne volonté d'un P. Avedichian pour découvrir sous une formule identique l'erreur d'un côté et la vérité de l'autre. Op. vil., p. 65-
III. L'Incarnation. — La doctrine de l'incarnation ou. pour mieux dire, des deux natures dans le Christ est la grosse pierre de scandale pour l'Église arménienne. N'ayant pu, à cause des circonstances extérieures, prendre part au concile de Chalcédoine, elle en rejeta, une fois redevenue libre, toutes les décisions, par raison d'État plutôt que pour des motifs dogmatiques. En disant anathème, en 491, aux Pères de Chalcédoine, elle se conciliait la bienveillance du théologien couronné' de Byzance, dont l'appui lui étail nécessaire pour sortir de la domination des Perses; el, quand l'Empire redevenu orthodoxe lui demanda de reconnaître le concile, elle lui répondit le plus souvent par un refus, manifestant ainsi aux (liées son désir de les voir s'occuper exclusivement île leurs propres affaires. Telle est l'impression qui se dégage de toute l'histoire de cette Église. Moins jaloux d'orthodoxie que d'indépendance, l'arménien se fait orthodoxe quand son intérêt l'exige, el, une l'ois cet intérêt hors de cause, il redevient monophysite avec une extrême facilité', monophysite, c'est-à-dire partisan de l'Eglise nationale, et non partisan d'une seule nature dans le Christ. De ce point de doctrine, il n'a aucun souci. Cet (Hat d'âme explique seul les perpétuelles contradictions doctrinales que l'on rencontre à chaque page de rhistoirereligieu.se de l'Arménie.
Les Grecs n'ont cessé' de reprocher aux Arméniens leurs doctrines christologiques; ils les traitent tour à tour d'ariens, de manichéens, d'apollinaristes, de nestoriens.d eiihebéens, d'acéphales. Cf. NicetasStethatos, Refulatio Epis t. régis Armeniœ, P. '<'., t. cv, col. 587- 666; Luthymius Zigabenus, Panoplia dogmatica, tit. xxin,P.G.,t.cxxx,col.ll73sq.;NicéphoreCalliste,H.£'., xviti, .">:>, P. G., t. cxlvii, col. 440-441 ; Isaac l'Arménien, Oratio contra Armenos, c. i, P. G-., I. CXXXU, col. 1156 sq. ;Nicetas Acominatos, Thésaurus orthod.fidei, l. XVII, /'. G., t. cxi., col. 89-101. A ces accii-.iii.ni~, les Arméniens peuvent opposer les déclarations du concile de Tarse, qui, dans sa deuxième réponse, condamne Euty-
chès et sis partisans el se montre disposé à renoncer à la formule : una natura Verbi bncarnali, source de tant d'équivoques, Hefele, Histoire des conciles, trad. Leclercq, t. v. §633, et, avanl celte époque, celles des conciles de Karin el de Chirakavan. Ces décisions, il est vrai, 'lit dé' précédées el suivies de décisions tout oppo ées, aux conciles de Tvin ci de Manazkert; aujour-
ior,i
ARMÉNIE. CROYA NCE ET DISCIPLINE
d'hui encore, les Irméniens Don catholiquee n'admettent m le concile de Chalcédoine ni m - i
Ter Mik( lian, op. cit., p 16 iq. M n'] a donc rii a i de ces d cision i ontradii loin le».
Si nous consultons les pn defoi.nousytrouve-
n termes exprés que J.-C. est « Dieu parlai) el homme parfait, une seule personne t,mais qu'il est aussi une seule nature unifiée. Cum Deiu ettel perfenlus, factui est h titiin perfectus cum anima ac mente et carne, una hypostasis, una persona el dwa natura muta. Deuxième symbole, dansJ.Catergian, op. cit., p. :!'.'. L'expression o une seule nature unifiée » prête merveilleusement à confusion; c'e9t là-dessus que les débats théologiques furent Le plus souvent engagés. Dans sa Profession de foi, le catholicos Nersès le Gracieux en donne nue explication parfaiteraenl admissible : Factaque nova conjunctio est ex duabus naturis tub persona unica ineffabiliter et inseparabiliter unitis, Deusque humanalus de Maria natus est...: in ineffabili divinitatis et humanitatis unione,immutabilis el inconvertibilis naturarum mansitostensio...:quodautem nosunam naturam dicimus, ici nemo ob aliam causant fieri existimet,nisi auia duarum naturarum inseparabilis unio est... P. G., t. cxxxm, col. 218. Le catholicos se réclame de l'autorité de saint Cyrille, dont la phrase: Confitemur imam Verbi naluram incarnatam, a soulevé tant de discussions. Si la formule arménienne vient du docteur alexandrin, on peut évidemment l'expliquer de la même façon que la célèbre phrase de ce dernier. En ce cas, on aurait tort de traiter les Arméniens de monophysites. Toutefois, beaucoup d'entre eux tiennent à passer pour tels. Leur hérésie n'est ni le nestorianisme, ni l'eutychianisme, mais plutôt ce que l'on a nommé le monophysisme in specie, soutenu avec tant d'ardeur par les moines palestiniens et leur chef Théodose. Hefele, Ilist. des conciles, trad. Leclercq, t. n, p. 8.77. Us s'obstinent à penser qu'il n'y a dans le Christ qu'une seule nature, sans vouloir expliquer comment la divinité et l'humanité peuvent ne former qu'une seule nature. D'aucuns prétendent que par nature ils entendent Inpersunne. et les apologistes catholiques ont accueilli avec empressement cetieexplication. Asgian, La Cliiesa arniena e l'Eutichianisnw, dans le Bessarione.t. vu, p. 507-517. Reste à savoir si le commun de la nation, qui ne cesse de répéter dans son symbole : una hypostasis, una persona, una natura unita, considère ces trois expressions comme synonymes. Malgré qu'on en ait dit, la chose n'est pas probable. Cf. Galano, Conciliatio EcclesUe armenœ cum romana, Rome, "1658, t. il. Ce volume du célèbre controversiste est exclusivement consacré à l'examen de la doctrine christologique des Arméniens, mais il faut se garder d'admettre toutes ses assertions; il laisse trop souvent de côté les passages embarrassants ou contraires à son sentiment pour ne prendre chez les auteurs que ce qui favorise sa thèse. Richard Simon a dit de son eût' : « Cette hérésie est imaginaire, el ne consiste qu'en clos équivoques de nom. i De Moni (pseudonyme de It. Simon), Histoire critit/uc de la errance et des coutumes des nations du Levant, in-12, Francfort, 1603, p. 1 4-0. Equivoques, soit; mais les Arméniens n'en veulent point démordre.
IV. Le TRiSAfiioN. — Xon moins tenace est leur persistance à réciter le trisagion, à l'office comme à la messe, avec la Limeuse addition de Pierre le Foulon :
ipn crui i/i.tus es pro \lobtS Que l'auteur de cette formule l'ait employée dans un sens hérétique, la chose n'esl pas douteuse; en esl il de même des Arméniens?
Grosse question sur laquelle on discute eue. ne II est
bien probable qu'à l'origine cette addition a passé d'Antioche en Arménie avec le sens que son inventeur \ avait attaché; mais, en Arménie, ce vice originel parait avoir été corrigé ultérieurement par un emploi plus restreint du trisagion. An lieu de l'adresser i la Trinité
t ,ui entière l'ÉgUti arménienne, a en croire s^sapoloi i u aie qu'au Verbe incarné; il n .-n faut pas davanl : le rendre orthod i
sens restreint est bii n le sens authentique,
celui que les auteur- ou réformateurs de la liturgi ménienne ont prétendu donner au trisagion en lui
^ n .m t telle- ou telle place a l'office ou a i < lr, à
la distance ou nous sommes des év< nements, avec !• que nous savon- des origines liturgiques de l'Armi la que-lion parait difficili ; Force n
d'en appeler au témoignage d< urs.
Que nous répondent ces écrivains? Que le trisagion s'adresse effectivement à J.-C. seul, et non à toute la Trinité. Dans -es conférences avec Théorianos, Nersès le Gracieux a beaucoup insisté sur ce point, et s< gumenta sont péremptoires. La formule ordinaire du r ion est celle-ci: Dieu saint, Dieu tout-puissant, liicu éternel, crucifié pour nous, ayez pitié de nous. Or, à certaines solennités, on remplace les mots crucifié pou,- nous par d'autres paroles appropriées à la du jour : à Noël : gui vous êtes montri . a la Purification et le dimanche des R.uncaux : (jui êtes venu, et qui viendrez; le jeudi saint : Itéré pour nous; le sjmedi saint : enseveli puer nous; à Pâques et dans le temps pa- al : ressuscité d'entre les morts; à l'Ascension : qui êtes monté avec gloire vers le Père ; à la Transfiguration : apparu sur le mont Thabor ; à l'Assomption : venu pour la mort de votre mère, la sainte Vierge. A la P côte pourtant on l'adresse au Saint-Esprit, comme le montre l'addition : descendu sur les apôtres. Voir/ t. cxxxm. col. 185-189, la réponse du concile de Tarse (1177i dans Galano, Conciliatio Eccl.arm. cum romana, t. I, p. 335, 336. et beaucoup d'auti i âges postérieurs dans G. Avedichian. Sulle correzioni faite ai libri ecclesiastici armeni neWanno Î677, in-S nise, 1868, p. 375 sq. ; G. de Serpos, Compendio storico di memorie cronologic/ie.t. n, p. 317-356.
En dépit de ces multiples témoignages, les Arméniens furent accusés plus d'une fois auprès du saintd'employer le trisagion dans un «ens hérétique; Ruine s'en émut et ordonna, des 1677. de supprimer la malencontreuse addition; elle répétait encore en 1833 ; Trisagii additamentum qui cbccifixus i ■ <>bis,
minime fi«t aut reciletur. Lettre du 4 juillet 1833 à M Nourigian, dans Jur. pont, de I p. / le, part. I, t. v. p. 86. Toutefois, dans la récente édition du Jamagarkoùtioun, in-8°, Venise, 1889, les mékitaristes de V ont partout restitué la fameuse addition : une partie du clergé catholique a applaudi, l'autre partie s'est révoltée et en a appelé à Rome mieux informée. Adluic sub judice lis est. Quant aux grégoriens, ils n'ont jamais supprimé- celte formule de leurs livres, malgré les sollicitations des grecs. Cf. Grégoire de Chios. lhp\ ivùciw; ti.iv xpiuvfoiv (jiE-i ?f,: xvxto) !xr,; opQoScSgou ixx).r,o-:'a;, in-88, Constantinople, 1871, p. 136-137. Sur le trisagion ei néral, cf. l'excellente dissertation de Le Quien dai préface aux œuvres de saint Jean Damasaène. J'. G., t. xciv, col. 331-350.
\ État des ami - après la mort : le pi rgatoire. — Ij doctrine des Arméniens sur l'âme humaine, son origine et si destinée n'a pas toujours été- exempte d'erreur. Certains de leurs auteurs, comme Vu tan et Simon de Joulfa, ont ouvertement enseigné' la préexistence des âmes, Galano, Conciliatio Eccl. arm. cum romana, part II. Home. 1661, t. n. p. 1-2-2; voir col. Ic.M- 1021; d'autres ont enseigné le traducianisme, ibid.. p -j;'. 35 . d autres, la délivrance par Notre-Seigneur, Ion de la descente aux enfers, de toutes les âmes, ju-! impies, qui s'\ trouvaient enfermées, ibid., p. '.'■' d'autres, la suppression par N.-S., dans la même rir- Constance, de l'enfer proprement dit, auquel aurait été substituée une certaine région de l'air destinée à reo les âmes des pécheurs, lOul., p. 77-'.''.t. d'autres, qu'il
ARMÉNIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
n'y a pas immédiatement après la mort de chacun de jugement particulier, mais que l'àme une fois séparée du corps s'en va dans une région supérieure (Gaijank), où elle attend sans récompense ni châtiment le jugement généra], ibid., p. 101-156; d'autres, que la vision béatiiique n'existe pas, Dieu ne pouvant être contemplé dans son essence par aucune intelligence créée, ibid., p. 157- 189; d'autres enfin, que le purgatoire est une chimère. Ibid., p. 191-224. Ces erreurs, ai-je besoin de le dire, ont été individuelles et non générales; enseignées par quelques théologiens, elles ne sont jamais entrées dans la croyance commune de l'Église arménienne. Le théatin Galano, à l'ouvrage duquel je viens de renvoyer, n'a pas eu de peine à les réfuter à l'aide des seuls écrits d'autres auteurs arméniens.
Il est pourtant un point sur lequel les grégoriens, aujourd'hui encore, ne s'entendent pas avec les catholiques, je veux parler du purgatoire. Dans un travail d'ailleurs méritoire publié, sous le voile de l'anonyme, par l'un des membres les plus distingués de la société grégorienne, on trouve ce curieux passage : « L'Église d'Arménie admet un lieu de transition où resteront les âmes jusqu'au jour du jugement dernier et délinitif. Celles des justes y reposent dans la joie, en souvenir du bien qu'elles ■ont fait pendant leur vie terrestre, et en prévision de la récompense et du sort glorieux qui les attend un jour; mais les âmes des pécheurs y sont tourmentées par le remords et la perspective du châtiment qui leur est réservé. Les prières que prescrit l'Église arménienne pour les morts ont pour objet de désarmer la colère de Dieu à l'égard de ces âmes coupables. » Cette longue note se réfère à la phrase suivante du texte : « Elle (l'Église d'Arménie) adresse à Dieu des prières pour les morts et pour le pardon de leurs péchés, mais elle n'admet pas de purgatoire, et ne reconnaît pas les indulgences. » Histoire, dogmes, traditions et liturgies de l'Église arménienne orientale, in-8°, Paris, 1855, p. 147. Dans Jes deux éditions ultérieures de ce livre publiées sous le nom d'Ed. Dulaurier, la phrase du texte est restée, mais la note a disparu. La même erreur, et partant les mêmes •contradictions se retrouvent dans beaucoup d'autres récentes publications. Aussi ne sera-t-on pas surpris de rencontrer parmi les avis donnés par la S. C. de la Propagandeà MurNourigian, en 1833,1e passage suivant, dont la teneurlaisse suffisamment deviner la doctrine opposée : Judicium animarum particulare slatim posl obitum hominis fieri credatur, id est prompla remuneralio ■ac destinatio sive ad gloriam sire ad pœnam. Paradisus autem non terreslris aliijuis locus, sed omnino cseleslis, inquo Dei visio intuitiva est, credatur. Purgatorium insuper et jus conredendi indulgcntias extra otnnem dubilalionem sit. Lettre du 4 juillet 1833, dans Jur. pont, de Prop. fitlr, pari. I, t. V, p. 86.
Tout en niant le purgatoire, les grégoriens, par une étrange contradiction, ne laissent pas de prier pour les morts aussi bien que les catholiques. Les uns et les autres consacrent spécialement à cette dévotion le lendemain des cinq principales fêles Hnghavar) : Epiphanie, Pâques, Transfiguration, Assomption, Exaltation de la sainte Croix, ainsi (pic le .jour des saints Vartaniens (jeudi gras). On chaule pendant la messe un cantique sur les trépassés, et, après la messe, on donne une sorte d'absoute, comprenant un cantique, un évangile et la mémoire de tous les défunts, Quelques-unes des hymnes funèbres ont été traduites par F. Nève, L 'Arménie chrétienne, p. 212-217.
VI. La primauté nu pape. — Après Jésus-Christ, I I glise. Quelle est sur ce dernier point la doctrine des Arméniens? Comme bon nombre d'orientaux, il> dislinpuent entre Vessencc et Vexistcnce. dans son essence, le cbrislianisme est un, car son fondateur est unique, de Blême que son but; mais il varie dans les condition- «le sou existence, dans le- formes extérieures. Quelles sont
D1CT. DE THÊOL CATJIOL.
demanderez-vous, ces conditions, ces formes? qu'embrassent-elles? Il y a d'abord le rite, de l'aveu des catholiques eux-mêmes, puis la discipline et les usages, toutes choses qui constituent des droits et des devoirs pour chaque membre du corps social ; et, comme ces droits et ces devoirs s'exercent surtout par la hiérarchie, celle-ci n'est qu'une forme de l'existence; elle peut varier sans que l'unité essentielle soit détruite. Ces principes posés, les conclusions sont faciles à tirer. L'Eglise est une dans son essence, et sous ce rapport elle a pour chef Jésus- Christ, et, dans une certaine mesure déterminée par les conciles, le pape; elle varie dans ses modes d'existence, et chacun de ses groupes a pour chefs ses patriarches respectifs; pour règles, des lois qui lui sont propres. Autant de patriarches, autant de hiérarchies distinctes, indépendantes, autonomes ; tous les patriarches étant égaux en pouvoir, car tous sont également chefs d'une hiérarchie, il ne saurait y avoir entre eux de subordination; ils sont simplement coordonnes. Quelle sera dès lors la place du pape dans l'Église? Il faut distinguer en lui le pape et le patriarche; comme pape, il est l'égal des évêques; comme patriarche, il est l'égal des autres patriarches. Seulement, il a reçu des conciles une priorité d'honneur sur les autres patriarches. Telle est, réduite à sa plus simple expression, la doctrine des Arméniens, tant anciens que nouveaux; c'est elle qui a créé le dernier schisme de 1870, et, dans l'exposé qui précède, je n'ai guère fait que résumer la thèse du patriarche actuel des non-catholiques, M9r Malachia Ormanian. Voir son livre, Le Vatican et les Arméniens, in-8", Rome, 1873, p. 15 sq.
Dans cette conception de l'organisme intérieur de l'Eglise, l'idée dominante est la pleine autonomie des patriarcats respectifs. D'où leur vient cette autonomie? De leur fondation même, œuvre des apôtres, envoyés par le Christ, et non par Pierre. En verlu de leur mission divine, les apôtres ont créé les diverses Églises, établissant dans chacune d'elles des usages spéciaux, qui contribuèrent par leur diversité même à laisser à chaque Église sa physionomie propre, et partant son autonomie. Ce qui, à l'origine, recommanda telle ville plutôt que telle autre au choix des apôtres, ce fut uniquement son importance politique. A supposer que la primauté' soit un dogme, le fait humain qui a attribué à l'évêque de Rome la possession de cette primauté rentre dans les conditions disciplinaires, dont le règlement appartient aux canons. Ormanian, op. cit., p. 112 sq. H est inutile de pousser plus loin notre examen. Au moyen âge comme aujourd'hui, c'est au nom du principe d'égalité entre les patriarches que les docteurs arméniens hostiles à Rome ont rejeté la primauté papale. Cf. Galano, op. cit., t. m, p. 228-372. On trouvera dans cet auteur bon nombre de témoignages en faveur de la primauté tirés d'auteurs arméniens. Sur ce point comme sur tant d'autres, il y a solution de continuité dans l'enseignement de l'Eglise d'Arménie.
Voir aussi X..., Selecta testimonia doctorum ecclesim Armeniœ de S. liom. sedis Buprema auctoritate, in-8", Venise, 1800; Ed. Hurmuzian, Dissertazione sul primato del romanoponteflcepi obato dalla sioria armena, in-8*, Venise, 1856; Et. Azaiïan, Ecclesia artnenu Iraditio c/e romain pontifteis primatu jurisdictionis et inerrabili magisterio, in-8', Hume, 1870; Al. Balgy, Historia iloclrinr CalholiCB mtrr Ar-
menoe unionisque eorum cum Ecclesia romana in concilia
Flurentino, in-8", Vienne, 1878.
VII. Les sacrements. — Je n'ai pas à exposer ici toutes les particularités liturgiques en usage chez les Arméniens dans l'administration des sacrements, cette description trouvera sa place ailleurs; je dois simplement indiquer les points qui intéressent la controverse.
\° Baptême. — Connue les priTs et la plupart des orientaux, les Arméniens baptisent par immersion. Plongeant
ARMENIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
le sujet dans la piscine, le prêtre prononce les paroles de la forme N. n ""'"
menatu ad baplisnu m baptizatur in nomine Paint pr< mil n immersion i 1 / Hit seconde immersion
et Spi) i'«im s'"" '< '' ' iè '"""' ,M"" ^de%
otionem Patrii Christx et
teniplum Spiritut Sancti. Trois fois, i i lersion i si
,,.,, tée au nom de chacune des personnes dû mais l'invocation delà sainte Trinité n'a lieu qu'une fois. Tel est du moins l'usage général; il suffit di conformer pour éviter les reproches de certains théologiens ombrageux, comme Galano. Les Arméniens ne font pas sur le front du sujet le signe de la croix; ils ne connaissent pas les exorcismes ni l'huile des catéchumènes; toutes les onctions se font avec le saint chrême. Le baptisé reçoil le nom du saint dont on célèbre la fêle le jour même du baptême ou, s'il n'y a pas ce jour-là de fête spéciale, le nom de celui dont la fête est le plus proche. Le choix du patron n'est donc pas libre. Il n'y a d'autre ministre du baptême que le prêtre; en cas de danger pour l'enfant, on appelle le prêtre à la maison, mais on ne baptise pas en son absence. Par contre, il n'est pas rare de voir un prêtre donner le baptême a un entant déjà mort. Le baptisé devant communier tout de suite après le baptême doit 11 cessairement être à jeun. En général, la cérémonie a heu huit jours après la naissance.
Voir sur le ba] tême des Arméniens, Galano, op. cit., t. ni. p. 489- 518; G. de Serpos, op. cit., t. m, p. 174-186, 232-266; H. Denzinger, lïitus Orientalium, in-8',Wurri>ourg, 1863, t.i, p. 14-48, passim et, pour le rituel, p. 383-403; J. tssaverdens, The s, terril rites and cérémonies of the armenian Church, in-46, Venise, 18S8, p. 14-23; D. Tsolakides, 'AwXouOta «S «■. »u *.,---^,.,;-Z; avawXwîls if|«v«i|s hx*T)ffia«, in-81, Constantinople, 1881. '
2° Confirmation. — Chez les Arméniens comme chez la majorité des orientaux, la confirmation est inséparable du baptême, à tel point que celui-ci administré sans l'autre serait tenu pour invalide. On leur a reproché d'employer parfois du beurre en tçuise de matière, Denzinger, op. cit., p. 53; l'accusation ne parait pas fondée. Toutefois, il est certain que pour la préparation du chrême ils se sont souvent servi d'huile de sésame au lieu d'huile d'olive, très rare dans leurs montagnes. /'. G., t. cx.xxm. col. 192 sq. Us y mêlent d'ailleurs une foule d'autres essences. Les onctions se font sur les principales parties du corps, front, oreilles, yeux, narines, bouche, main--, poitrine, épaules, pieds; chacune d'elles esl accompagnée (l'une ceinte formule. A la dernière, le
ministre ajoute: Pax tecum, redempte a Deo ; pas tecum, uncte a Deo. 11 n'y a pas che/ les Arméniens
d'imposition des mains distincte des onctions. La forme sacramentelle est multiple: autant d onctions, autant de formules distinctes. Ce sacrement accompagnant toujours le baptême, le ministre ordinaire en est naturellement le prêtre.
Apres l'onction, le nouveau baptise esl conduit a 1 autel pour y recevoir la communion. S'il s'agit d'un nouveau -né. 'comme c'est habituellement le cas, le prêtre trempe le dbigl dans le calice OU sont les deux saintes espèces, et le passe en forme de croix sur les lèvres de l'enfant, en disanl : Plénitude Spiritus Sancti. C'est ce qu'on appelle la i communion par les lèvres - [cherthnahaghortouthioun). A cause de la communion, on administre ordinairement le baptême pendant la messe.
pour plus de di tous, voiries ouvrages cites pour le baj et en partlcullei Serpi cit., p. 181
ini.
3 Eucharistie. - On signalera plus loin certaines particularités de la messe arménienne; il n'es! présentement question que de l eucharistie considérée comme
nent. Ala différence de tous les autres orientaux, le- maronites exceptés, les Arménien i ni comme
matière eucharistique di pain azyme et de mélan L un et l'autre usage sont très ancii .
L premier d a évidemment rien que de très orthod goire de Chios \ voii un
transmis aux Arméniens par l< tiques .11 • ; '■•■" 'A p > "'"; «va"
. -,. I KxXr.ata;, in-8», Constantinople, 1871, p. 60. Quant au les Arméniens l'ont ad
précisément pour se séparer des ébionites; c'est du moins l'assertion de N'ersés le Gracieux dans une d
Théorianos. P. G., t. cxxxiu, col Ce n'est pas ici le lieu de discuter cette question. : sévères sur ces deux premiers points envers leursi lils aines . les grecs n'ont quedes éloges à leur distribuer
leur m. me re d entendre la consécratioi Vépiclète que les Arméniens attribuent la transsubstantiation, et non aux paroles du Sauveur. Tel est du moins le s.niimeiit des non-catholiques actuels; on le trouve déjà formellement exprimé- dans l'Explication des prières de la messe d<- Chosrot le i ('dit. lat. de P. Vetter, in-8», Friboi 35, etc. l.n 1342, ce sentiment lut pourtant réprouvé par le concile d.- sis. Voir la réponse de i & la
66e objection, dans Hefele, op. cit., t. ix. p. 59 tholiques sont naturellement d'un avis contraire. Ln revanche, catholiques et grégoriens sont d'accord, en théorie du moins, pour donner la communion sous les deux espèces: ils le font en distribuant avec les d et sans ['aide de la cuiller des parcelles de la grande hostie trempées d'abord dans |e précieux de la Propagande, sans blâmer cet usage, recommande certaines précautions: Sacra laicorum sub utraque specie communia, propter usum inveteratum, non terdicitur. Verum tamen modus, quem non gendi SS. hostiam in calicem, et max eam rnottu sacerdotal i in os populi ingerendi,cave admodum »«' cm periculo obnoxim tit. Lettre du 4 juillet 1S.13 à l'ai véque-primal de Constantinople dans Jur. pont fiile. part. I. t. v. p. ST. Toutefois, pour éviter tout scandale che/ les fidèles, les catholiques n.- communient plus s,, us les ileux espèces : c'est la un pri\.. dont ils peuvent user, mais dont ils n'usent p
V,.ir sur ton f. al., p. 27-161 : I
i Pénitent 1 a pénitence s'administre dans I È-
glise arménienne à peu près comme dans l'Église latine. De part et d'autre, à la différence des auti orientales. |a formule de l'absolution est indicativ partie principale, absolvo te ah omni vincido pe< ram tuorum, i' cogitationibus, a \<erbis et ab ojteribus, in nomine Patris et Filiiet Spiritus Sancti, parai: un emprunt fait aux Latins. H n'y a pas d'époque fixée OÙ tout fidèle SOit tenu de s'approcher du saint tribunal. Ceux qui se confessent le font surtout à l'Epiphanie et .i Pâques, moins fréquemment à la Transfiguration, a l'Assomption et à l'Exaltation de la Croix, hn dehors de ces cin | l'êtes, il est excessivement rare de roir un arménien non uni se rendre à confess plupart se contentent d'une confession gi nérale publique faite a l'église axant les prières du matin; inutile d'ajouter que celte confession, bien que très ûYtailh l rien de sacramentel.
\ ir Galano, f. ctt.. p. 604-630; Serpes, t, cit., : Denilnger, p. 100-115, passim, et, peur le rituel, p. i.l-i.i verdi us. t. cil., p. 29-31.
.". Extrême-Onction. — En théorie, les Armel rangent l'extréine-onction parmi les sept sacren mais ils ne l'administrent jamais. Ueja.il en était ainsi à l'époque du concile de Florence, mais en 1318, une lettre du pape Jean Wll marque expressément qo
ARMÉNIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
sacrement était encore en usage. On continue pourtant à en imprimer le rituel, Lien que, en certaines éditions, on l'ait déjà supprimé. La cause de cette disparition n'est pas facile à connaître, mais on peut indiquer diverses circonstances atténuantes. Le rituel, importé, semble-t-il, des pays grecs, exige sept prêtres, condition difficile à remplir, surtout dans les campagnes; la rareté excessive de l'huile d'olive dans l'Arménie du nord a sans doute eu aussi sa part d'influence; enfin, certains auteurs arméniens ont malencontreusement assimilé les deux sacrements de pénitence et d'extrêmeonction, en ce sens que la réception de celle-ci équivalait à leurs yeux à la confession. Pour sauvegarder l'usage de la confession menacée de disparaître, on aura sacrifié l'extrème-onction. Quoi qu'il en soit de ces motifs, il n'est que trop vrai que les non-catholiques n'usent plus de l'extrême-onction. La bénédiction du beurre suivie de l'onction sur les personnes présentes qui a lieu le jeudi-saint, et cette autre onction qui se fait sur les cadavres des prêtres défunts peuvent bien être regardées comme des vestiges du sacrement disparu; mais ce sont de simples sacramentaux, non des sacrements. On se sert chez les catholiques des prières du rituel romain.
Cf. Galano, t. cit., p. 631-649 ; Serpos, t. cit., p. 303-356; Denzinger, t. i, p. 184-190, passim, et pour le rituel autrefois en vigueur, t. it, p. 519-525; Issaverdens, p. 60-63.
G0 Ordre. — De toutes les Églises d'Orient, c'est celle d'Arménie qui se rapproche le plus de l'Église latine pour le nombre et les degrés des saints ordres; si grande est la similitude qu'il est permis de tenir pour vraie cette assertion de Grégoire de Césarée écrivant au catholicos Moïse que les Arméniens ont emprunté leurs ordres aux latins. Cf. Galano, t. i, p. 109. Au premier degré d'initiation se trouve la tonsure, ou, comme dit le rituel, la dignité de « chantre et de lecteur », simple cérémonie préparatoire à la réception des ordres proprement dits. Viennent ensuite les ordres mineurs de portier, de lecteur, d'exorciste, d'acolyte, et les trois ordres majeurs : sous-diaconat, diaconat, prêtrise. Le diaconat comprend les simples diacres et les archidiacres, et la préirise les simples prêtres et les vartapets. Ceux-ci se distinguent à leur tour en mineurs (quatre degrés) et en majeurs (dix degrés); leur classe est propre aux Arméniens. Il n'y a au-dessus d'eux que la double dignité d'évêque et de catholicos. Les impositions des mains, les onctions, la tradition des instruments accompagnée d'une formule sont, hormis quelques détails de peu d'importance, analogues à celles du pontifical latin. Les ordres sonteonférés par les seuls évoques, maisla consécration des évéques est réservée de droit au catholicos, et, chez les catholiques, au patriarche. Les cérémonies d'ordination ont lieu le dimanche, et, de préférence, les l«, 4, 7 et 10 du mois. Les ordinands s'acquittent de leurs fonctions respectives pendant plusieurs jours (fi' suite après leur ordination, mais ils peuvent monter d'un degré à un autre sans observer d'interstices réguliers. Le mariage est permis aux clercs inférieurs, même après leur ordination; à partir du sous-diaconat, il est absolument interdit, m us les sous-diacres, 1rs diacres et les simples prêtres peuvent continuer de vivre avec la femme qu'ils ont épousée avant de recevoir le sous-diaconat. Le célibat absolu n'existe chez le^ non-catholiques que pour les vartapets et les évoques ; chez les catholiques, il est devenu presque général, sans être néanmoins obligatoire: dans l'intérieur de l'Anatolie, les prêtres catholiques mariés sont en assez grand nombre.
Sur les ordrea en général, voir Galano, op. cit., t. I,p. 109-119; t. m, p. 650-708 ; if., p. 370-486; Denzinger, op. cit.,
t. i. p. 127 >■[., et, pour If rituel, t. u. p. 274 ■' i < rden . (. cit., p. 64-112. ( tuteura donné du rituel des i
tions jusqu'à la prêtrise inclusivement une traduction un
dans The armenian ritual. Part III. The ordinal, in-16,
Venise, 1875.
7° Mariage. — Aux yeux des Arméniens, le mariage consiste essentiellement dans le contrat intervenant entre les deux conjoints; la bénédiction du prêtre en est la consécration officielle, et non l'indispensable condition. Les empêchements s'étendent, pour la consanguinité, jusqu'au septième degré, et pour l'affinité, jusqu 'au quatrième; on compte les degrés comme dans notre droit canonique. Le mariage est regardé comme indissoluble; toutefois, l'adultère de la femme donne droit au mari lésé de convoler à d'autres noces. Il n'est pas rare de voir le divorce se produire pour des motifs moins graves. Les fiançailles ont lieu dans la maison de la fiancée, mais le mariage se célèbre à l'église, en présence du curé ou d'un prêtre délégué par lui ou par l'évêque; le rite en est assez semblable à celui des grecs. C'est toujours à la messe que s'accomplit la cérémonie, ou, comme on dit, le « couronnement », de préférence le lundi. Les jours déjeune et d'abstinence et les fêtes dites « dominicales » sont des époques prohibées. Voir plus bas la détermination de ces fêtes, qui embrassent une grande partie de l'année. Les secondes noces, sans être interdites, exigent une dispense de l'évêque : elles se célèbrent sans solennité, le plus souvent à la maison. Quant aux troisièmes noces et au delà, on les tient pour invalides.
Galano, t. m, p. 709-771; Serpos, t. ni, p. 163-174, 198-232; Denzinger, t. i. p. 150-183, passim, et, pour le rituel, t. il, p. 4ôu- 482 ; Issaverdens, op. cit., p. 113-121.
VIII. Calendrier liturgique. — Il me reste à exposer en peu de mots les divers points de la liturgie arménienne qui, après les sacrements, intéressent plus ou moins directement la controverse théologique, tels que fêtes, jeûnes, culte des saints et de leurs reliques, messe et office divin, livres liturgiques, etc. Je ne signalerai, bien entendu, que le principal; les détails m'entraîneraient hors des limites de ce Dictionnaire. Voici d'abord sur le calendrier quelques notions indispensables à l'intelligence de l'héortologie et des jeûnes.
Je n'ai pas à m'occuper ici du calendrier civil ou national des Arméniens ; mais comme la plupart de leurs fêtes sont mobiles, il est indispensable de donner une notion sommaire de leur calendrier liturgique. Là, comme partout ailleurs, la fête régulatrice de toutes les autres est celle de Pâques. On sait que cette fête tombe nécessairement dans les limites du 22 mars au 25 avril inclusivement. Quel que soit son jour de coïncidence, elle entraine invariablement dans son évolution, chez les Arméniens, une série de vingt-quatre semaines ainsi distribuées : dix la précèdent, dont trois sont comme une préparation au grand carême (aratchavorot: paregentan) et sept forment le carâme lui-même ; quatorze la suivent, réparties en deux séries de sepl ; la première série embrasse les semaines qui séparent Pâques delà Pentecôte, et la seconde celles qui séparent la Pentecôte de la Transfiguration (vartavar). Soit, au total, un cortège annuel de cent-soixante-huit jours attribués par le calendrier arménien à la fête de Pâques. Entre le dernier et le premier terme du cycle pascal S'étend une longue période, variable elle aussi et di-
yiséeen sériions, dont l'étendue est déterminée par les incidences respectives des fêtes suivantes : I" l'Assomption, que l'on célèbre le dimanche le plu-, rapproché du
lô août, c'est-à-dire le dimanche tombant entre le 12 et le
ls d mois; 21 l'Exaltation de la Croix, dont on fait
la solennité le dimanche 14 septembre, ou le dimanche le plus voisin de cette date, du II au 17; 3» le carnaval ilit de la cinquantaine [Hisnagatz paregentan), qui a lieu le dimanche le plus rapproché du IX novembre entre le 15 et !<■ 21 de ce mois; '<■ Noël ou l'Epiphanie, fête unique invariablement fixée au 6 janvier du
ARMÉNIE. r.noYANCE ET DISCIPLINE
calendrier julien. C'esl donc entre le vartavar vu* dimanche après la Pentecôte) d'une part, el l'orotcAa» 10, h': paregentan aotre dimanche de la Septuagélime d'autre part, que devront être échelonnées, par
us ].iii- (.m inouïe considérables, les vingt-huit semaines laissées en dehors du cycle pascal.
I m vertu de ce système, le calendrier liturgique doit être tous ii s ans entièrement refondu. l'our simplifier le travail, le catholicos Simon IwdeYérévan a imaginé, en 1771. une méthode fort simple, au moyen des lettres annuelles [darchir). A chacun des 35 jours où peut tomber la Pâque (du 22 mars au 25 avril) il a appliqué une lettre, d'après l'ordre de l'alphabet arménien, qui en compte 38. Les 35 premières ont reçu une numérotation successive, à partir de l'unité, avec l'addition d'une lettre complémentaire pour les années bissextiles. Chaque année est marquée de sa lettre particulière, dont la valeur numérale indique le nombre de jours qu'il faut compter depuis l'équinoxe vernal, 21 mars, en commençant au 22, jusqu'au jourde Pâques inclusivement. Si, par exemple, la lettreannuelle est a (haïp), Pâques tombera le premier jour après l'équinoxe, c'està-dire le 22 mars. Des deux lettres affectées aux années bissextiles, la première sert du 1er janvier au 29 février, et la seconde, du 1" mars au 31 décembre. On choisit pour seconde lettre celle qui précède immédiatement la première dans l'ordre de l'alphabet. A la suite de la lettre annuelle, le calendrier indique, dans autant de colonnes parallèles, les dates d'incidence des principaux événements liturgiques de l'année, fêtes, jours gras, jours maigres, etc. Voir un tableau de ce genre en français dans K. Dulaurier, Rcclterclœs sur la chronologie arménienne, in-4°, Paris, 1859, p. 402-405, en arménien dans X. Nilles, Kalendarium matinale ulriusque Ecclcsiae, in-8", Inspruck, 1897, t. 11, p. 55i, et dans tous les almanachs arméniens. Je ne rappellerai que pourmémoire les discussions très vives, parfois sanglantes, auxquelles le comput pascal a donné lieu entre Grecs et Arméniens et entre Arménien; et Géorgiens. Voir à ce sujet Dulaurier, op. cit., p. 85-100, et sur le calendrier en général, 'ExxVqtnacrrtXT) 'A/r/jsia, t. xix (1899), p. 37i-379; t. xx (1900), p. 45-47.
IX. FÊTES. — Les courtes notions qui précèdent aideront à comprendre l'économie de l'héortologie arminienne, unique dans son genre. 11 n'y a dans l'année que quatorze jours à posséder une solennité' fixe, déterminée par le calendrier solaire. Ce sont : les 5- 13 janvier, consacrés à l'Epiphanie (5. vigile; 6, solennité',- 7-13, octave) ; le 1'» février, Chandeleur; le 7 avril, Annonciation; le 8 septembre, Nativité de la sainte Vierge; le 21 novembre, Présentation; le 9 décembre, Conception de la sainte Vierge. Toutes 1rs autres fêtes sont mobiles; leur retour est soumis aux évolutions du calendrier liturgique. Elles sont de deux sortes: les fêtes « dominicales 1 et les Fêtes des saints. Sont consiif comme « dominicales • toutes les fêtes de N.-S., de la Croix.de l'Église, de la sainte Vierge; le dimanche étant consacré au souvenir de la résurrection rentre (lancette Catégorie, ainsi que les vigiles ou les octaves ,|e ces mêmes fêtes. Il y a donc par an 140 jours I dominicaux I en moyenne. Ce chiffre a son importance, car
on a vu qu'une fête dominicale empêche la célébration
du mariage. Les commémoraisons des saint- sont assignées chaque année aux jours non occupi s par une IVIe dominicale ou par un jeune quelconque. Le
nombre n'en est pas considérable. En théorie, il s'élève
à une moyenne de 122 jours Formés par les lundi, m. mil. jeudi et samedi de chaque semaine, mais on
ne doit pas oublier que les incidences des jeunes OU des fêtes dominicales amènent de fréquentes suppressions. Ainsi, en carême et dans les semaines de jei'ine. on De
peul fêter un sont que le samedi, jour de demi-jeûne;
pendant les 50 jours du U mps pascal, a lOUS les dl-
manchei de l'année, à toutes les fêtes dominical
pendant buis octaves, lei f ints sont in|,.r.
dites, même le samedi, la samedi de Pâques I samedi
mulhi* .on lut pourtant mémoire de la décollation de saint Jean-Baptiste, mus seulement a la m même, le dimanche de la Trinité, on fait mérnoiri saint l.lie.
De la, l'usage des Ai méniens de fêter plusieurs saints idoc ... le même jour; de la aussi : je
déterminer tous les ans. selon h du cycle
pascal, la distribution du sancloral; comme les termes extrêmes de ce cycle oscillent entre le II janvier et K- 20 juin, la fête d'un même saint se célèbre tantôt en été, tantôt en hiver.
C'est sans doute pour n'avoir pas connu ou compris ce procédé que des • 1 rivains superficiels ont pu reprocher aux Arméniens d accorder très peu de plai culte des saints dans leur liturgie, l'n des caractei. ce culte, c'est qu'il est national avant tout. La gi majorité des saints fêtés appartient aux docteurs ou aux martyrs arméniens du v si<
A l'exemple des autres 1 ^i,., ■=. celle d'Annénii garde certaines fi les comme obligatoires, et cest la un point qui intéresse directement la théologie. Ce sont, en dehors des 52 dimanches de l'année. : Jini-
nicales suivantes : l'Epiphanie avec le lendemain et l'octave, 0, 7 et 13 janvier; la Chandeleur. 14 févi l'Annonciation, 7 avril; le jeudi-saint. 7' jeudi du carême; le lundi et le mardi de Pâques; l'Ascer 6» jeudi de la 1 cinquantaine ■ ; l'Invention des reliques de saint Grégoire l'Illuminateur, 3' samedi api Pentecôte; le lendemain de la Transfiguration, l'r lundi du Vartavar; le lendemain de l'Assomption, Ie' lundi de « l'Assomption »; la Nativité de la sainte Yi< 8 septembre; le lendemain de l'Exaltation de la sainte Croix, A" lundi « de la Croix 1 : la Présentation, 21 novembre; la Conception, 9 décembre. Certain fêtes sont considérées, au Caucase, comme obligafc et en Turquie, comme facultatives. Ce sont : la des île saint Grégoire l'Illuminateur dans la I medi
du carême; la sortie de saint Gn goire de la I 1" samedi après la Pentecôte; saint Thaddée et sainte Santoucht, 1" samedi du Varia var; saints 1"' llluminateurs, l* samedi de la <> cinquantaine » de Noi I. En certains endroits, on célèbre encore les fêtes suivai les saints Vartanians. 3" jeudi de l'Aratehavork ; h s saints Traducteurs, J* jeudi après la Pentecôte; les saints Archanges, 8' samedi de 1 la Croix ; les saints Basile, Grégoire de Nysse, Silvi stre et 1 phrem, dernier samedi de décembre.
Conformément à une coutume autrefois assez répandue, même chez les Grecs, au témoignage de saint l.piphane, Hseres,, 1.1. 4.7'. G., t. xi.i. col. 892. les Arméniens célèbrent le même jour, 6 janvier, la double fête de la Nativité de N.-S. et de l'Epiphanie; de vives disputes ont eu lieu a ce sujet entre eux et les Byzantins, voir les conférences de Nersès Chnorali avec T: /'. (.'., t. CXXXIII, col. ISi-lSÔ. 265-368, mais jamais ils n'ont consenti à renoncer à leur ancien usage. Cf. Ed. Dulaurier, Recherches sur la chronologie arménienne, p. I i.">. liti Toutefois, les catholiques, obéissant aux instructions de la s. C. delà Propagande, célèbrent la .Nativité le 25 décembre, et l'Epiphanie le ti janvier. Jur. pont, de /Vu;), /nie. part. I. t. v. p -
V IMAGES. — Une question étroitement liée à la précédente es! celle du culte des images. On a reproché aux Arméniens d'être opposés à ce culte, l'accusa est-elle fausse? Oui, si l'on n'envisage que le côté théorique de la question. A maintes reprises, [es repn tants officiels de l'Eglise d Arménie ont admis la I mité de ce culte; plusieurs même ont pris s, .m de venger leur nation du reproche Contran lu avant l'apparition de l'iconoclasme à Byzance, de:- hcrcli
ARMÉNIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
avaient prêché en Arménie la proscription des images. On voit par un curieux chapitre de Moïse de Kaghankatouk (ou d'Outi) que le haut clergé du pays, tout en affichant son dédain pour les peintures religieuses des Grecs, ne laissa pas de s'opposer à ces hérétiques. Histoire des Agliovans, 1. III, c. xlvi. Cf. Karapet Ter- Mkrttschian, Die Paulikianer im byz. Kaiserreiche, in-8", Leipzig, 1893, p. 52-53. Vers le milieu du xme siècle, un concile de Sis ordonna « d'honorer les images du Sauveur et des saints et de ne point les mépriser comme les images des faux dieux ». Une centaine d'années auparavant, le patriarche Nersès de Klag avait, dans sa réponse à l'empereur Manuel Comnéne, exprimé la croyance de son Église touchant les images en termes d'une parfaite orthodoxie. Sancli Nersetis Clajensis opéra, édit. Capelletti, in-8°, Venise, 1833, t. i, p. 226 sq.; E. Dulaurier, Histoire, dogmes, traditions et liturgie de V Eglise arménienne , 2e édit., Paris, 1857, p. 98-101. Si l'enseignement officiel sur ce point est à l'abri de tout reproche, la pratique, il faut bien en convenir, lui a souvent donné des démentis ; elle lui en donne encore aujourd'hui. En général, les Arméniens aiment peu les images. Ils n'en conservent que dans les églises, et en très petit nombre. Le plus souvent, il n'y en a qu'une seule, celle du maitre-autel ; encore n'est-il pas rare de la voir remplacée par une simple croix. L'église patriarcale d'Etchmiadzin garde suspendues à ses murs nus les images de l'Illuminateur et de ses premiers successeurs, mais personne ne les vénère. Ceux des Arméniens qui vivent au milieu des grecs se conforment davantage aux usages de ces derniers, du moins aujourd'hui. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Il est même permis de croire que si l'Eglise arménienne a un peu délaissé le culte des images, c'est surtout pour marquer son hostitilé vis-à-vis des grecs. Parmi les motifs invoqués par le synode d'Ani pour justifier la déposition du patriarche Vahan (970), l'un des principaux est que ce prélat avait introduit des images. En rappelant ce l'ail dans son « Discours contre les partisans de Chalcédoine », Èlienne de Siounik reproche à Vahan d'avoir, en important des images en Arménie, « substitué le culte des icônes au culte de la croix sur tous les autels. » Ne pourrait-on pas conclure de ces paroles que la profonde vénération des Arméniens pour la croix n'est pas restée étrangère à l'espèce d'ostracisme dont ils ont frappé les autres objets de dévotion, les images surtout? Cf. Ter-Mkrttschian, op. cit., p. 56-60. Les Pères du concile de 1342 invoquent un autre motif, la crainte des musulmans, ennemis, comme on sait, de toute représentation figurée. Voir la réponse à la 74e accusation, dans Hefele, Hist. des conciles, trad. Lrclercq, t. vu, §707. Ce qui vient d'éire dit sur le peu d'expansion du culte des
;es chez les Arméniens ue saurait, je le répète, être tenu pour la règle gértérale. 11 y a telle contrée, par exemple, OÙ les images des saints, de Marie surtout, sont l'objet d'une dévotion toute spéciale. Partout, d'ailleurs, l'intercession des saints est regardée comme un dogme de foi; sainl Jean-Baptiste, saint Grégoire l'Illuminateur et saint Etienne sont les patrons les plus honorés.
XI. Jeûnes. — Les Arméniens ont régulièrement deux jours déjeunes par semaine, le mercredi, en mémoire
incarnation, el le vendredi, en souvenir du crucifiement. Ils ont aussi, cela va de soi, le grand carême; celui-ci commence le lundi de notre Quinquagésime et dure
semaines. Ils ont enfin, chose propre à leur Église, emaines de jeûne (Chapatha-bahk). Cette dernière Institution remonte au concile de Tvin (555), qui ordonna nue semaine déjeune par mois, soit douze semaines par an. Deux de ces semaines, celles de mars et avril, étanl comprises dans le grand carême, il n'y a qu'à la place des dix autres. La semaine de janvier précède la fête de l'Epiphanie, 6 de ce mois, et celle de r est toujours placée immédiatement avant le grand
carême, dont elle forme comme une préparation; voilà pourquoi on l'appelle aralchavork, c'est-à-dire préalable. Quant aux huit autres semaines de jeûne, elles sont échelonnées le long du reste de l'année avant chacune des huit fêtes principales suivantes : saint Élie, 1er dimanche après la Pentecôte ; saint Grégoire l'Illuminateur, samedi qui suit le 3e dimanche après la Pentecôte ; Vartavar ou Transfiguration, 7e dimanche après la Pentecôte; Assomption, dimanche le plus proche du 15 août; Exaltation de la Croix, dimanche le plus voisin du 14 septembre; Varaka Khatch ou Apparition de la Croix sur le mont Varak, 2e dimanche après l'Exaltation de la Croix; Hissnag-atz, ou jeûne de la « cinquantaine », semaine qui suit le 1er dimanche de la « cinquantaine », lequel tombe entre le 15 et le 21 novembre; saint Jacques de Nisibe, samedi après le 4e dimanche de la « cinquantaine ». L'Hissnag, analogue à notre avent, est une période d'environ cinquante jours précédant la fête de l'Epiphanie. Sur un désir manifesté dans un de ses discours par Nersès le Gracieux, on a parfois consacré au jeûne les neuf jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte; mais cet usage est presque partout tombé en désuétude; là où ce jeûne subsiste encore, au lieu de durer neuf jours, il se réduit à trois : le vendredi, lendemain de l'Ascension, le mercredi et le vendredi de la semaine suivante. Le dernier jour de ces « semaines de jeûne », c'est-à-dire le samedi, le laitage est permis; ce jour est désigné sous le nom de navakalik, littéralement dédicace, et, par extension, commencement de fête. Enfin, détail intéressant, chacun de ces carêmes hebdomadaires est précédé d'un jour de réjouissance qui est toujours un dimanche, excepté pour le jeûne de l'Epiphanie, dont le commencement coïncide avec celle des fériés de la semaine que détermine la lettre dominicale. Ce « carnaval » d'un jour se nomme paregentan, littéralement bonne vie, c'est-à-dire bonne chère. On voit que les semaines de jeûne ne sont en définitive que de cinq jours. En additionnant ces jours avec ceux du grand carême et avec les mercredis et vendredis de l'année, hormis l'octave de l'Epiphanie et le temps pascal, nous obtenons un total de 120 jours de jeûne par an, en moyenne. On a vu que les jours de jeûne, de même que les fêtes dominicales ne permettent pas la célébration du mariage. Le tempus clausum est donc de 260 jours environ.
En principe, l'occurrence d'une fêle « dominicale » devrait dispenser du jeûne; mais, en fait, il n'y a que l'octave de l'Epiphanie et le temps pascal, de Pâques à l'Ascension, où l'usage de la viande soit permis d'une manière continue. C'est pour éviter l'occurrence des fêtes avec les jours de jeûne que l'on renvoie généralement les premières au dimanche; toutefois, pour quelques-unes, cette translation est impossible, pour les six dimanches du carême, par exemple, et pour tant d'autres, dont la célébration est commandée précisément par le dimanche qui précède ou qui suit. Si l'occurrence d'une fête ne supprime pas le jeûne, elle en atténue parfois la rigueur en transformant le jeûne strict en une simple abstinence.
Il y a lieu, en effet, de distinguer trois sortes de jeûne : 1° le jeûne strict (bakh), qui ne permet l'usage ni de la viande, ni des œufs, ni du laitage, ni du poisson, ni même de l'huile et du vin. mais seulement des légumes; 2» le jeûne dit dzuom, identique au précédent sons le rapport de l'abstinence, mais n'autorisant qu'un
seul repas, après les vêpres; 3° le jeune dit navaguihk,
dans lequel la viande sente est interdite. Si l'on excepte le jeûne de Varatchavork et du grand carême, tous les
autres jeûnes de l'année sont de simples abstinences,
au sens théologique du mot; on peut manger à toute heure el en n'importe quelle quantité de tous les alimenls non prohibés. Même dans le grand carême, le jeune proprement dit finissait primitivement au coucher
ARMÉNIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
du wleil, «près Im w pp ctuellement, .1 m termine
i i i, On pourra .1 ■• nrn 1 n ci man{
midi à minuit, à tout* I et en toute quantité, des
alimenta périma; voilà corn 1 on peul foire carême
tout en mangeanl plusieurs fois du lait, du fromage, de la riande même, en vertu d'un induit, mais, seulement ;, partir de midi. , . ,
Ces institutions pénitentiellea des Arau mens n ont rien que de très légitime. Tel n'est point l'avis des , PeCs gens enclins, comme on Bait, à ne trouver bon que ce qu'ils font. Pendant plusieurs siècles et jusqu'à cesdernières années, ils ont attaqué avec une violence inouïe le jeûne hebdomadaire de ['aratchavorata qui s'observe une semaine avant l'ouverture «lu grand carême, c'est-à-dire durant la semaine qui précède notre dimanche de la Septuagésime. Ce jeûne, institué en m< moire de celui des Ninivites, n'est pas exclusivement propre aux Arméniens; les Chaldéens l'observent également N'importe, jamais les grecs ne rappellent l'oepxÇt- 6owptov, - c'est ainsi qu'ils écrivent, - sans y joindre les épithètes de monstrueux et de satanigue. 11 est juste de reconnaître qu'ils n'ont épargné ni les railleries ni les calomnies pour le rendre effectivement monstrueux. Des multiples raisons fournies par les Arméniens pour justifier cet usage, aucune n'a trouvé grâce aux yeux des irréductibles théologiens de Byzance.
Ne pouvant refaire ici l'histoire de celte misérable controverse, ie me bornerai à renvoyer le lecteur aux principales souro côté des grecs : Anastase de Césarée (al.S.Nicon), Dearti rioadversus falsam Armeniorum religionem, édité par Cotelier dans ses notes aux Constitutions apostoliques, P. G., t. i, col 6ûô-«;r.K ; Isaac d'Arménie, Orat., H, contra Armenos, hseresi 23 P G t. cxxxn, col. 1233-1235; voir aussi ibid., col. 1203- 1204;Wlsamon. In cnn. 69 Apostol., P. G., t. CXXXVII, col. 177- 178. Du coté des Arméniens : Nersès de Hag, Opéra, Venise, 1833, t. i, p. 193 sq.; cf. Nilles, op. cit.. t. II, p. 7-11, 550, 572; E. Dulaurier, Histoire de l'Église arménienne, p. 102-103. Sur le calendrier en général et sur les jeûnes, voir X. Nilles, op. cit., t. n, p. 556 sq.; Calendrier détaille de Vhôpital national Vannée 1900 (arm.t.p, 95-103. Voir aussi G. de Serpoa, Compendio storico, t. OI, p. 9-20.
Les Arméniens catholiques ont, en principe, les mêmes jeûnes que les grégoriens, mais ils en ont peu à peu atténué la rigueur. Tandis que les grégoriens s'abstiennent généralement de poisson et même d'huile, les catholiques en usent; ils y ajoutent même le fromage, le lait. 1rs œufs, VOire, dans certains diocèses, la viande, en vertu d'induits octroyés par le patriarche ou Pévêque du lieu. XII. Livres liturgiques. — Je n'ai pas encore parlé des deux formes principales du culte, l'office divin et la messe. Avant de le faire, je crois utile de donner une ourte notice des livres liturgiques, sans lesquels on ne saurait célébrer ni messe ni office.
Pour ne point s'égarer le long de leur année liturgique — on a vu combien celle-ci était compliquée les Arméniens ont entre les mains un guide très complet, le Donatzouitz ou indicateur des fêtes. Ce livre joue le rôle de notre Ordo divini officii; seulement, comme on ne le recompose pas chaque .innée, il esl nécessairement beaucoup plus développé que notre ordo, car tous les cas de concurrence, d'occurrence et d'incidence des fêtes j Boni prévus. Sous chacune des rétes dominicales, sanctoralesoufériales.on trouve l'indication des hymnes, .les chants, des psaumes, des épitres et des évangiles à lire ou à chanter tant a l'office qu'a la messe; on \ indique aussi, pour les . randes fêtes, le quantième du mois où cette fête se rencontre dans l'flomiJiaire (voir plus loin), indication qui permet de retrouver aisément dans ce dernier livre la notice historique ou l'homélie à lire avant les vêpres. Imprimé à Constantinople en 170-2 et à Venise en 1807, ce livre a été presque entièrement modifié par le catholicos Siméon dans son édition de 1780, m-i . Vagharthap.it. D'abord mal accueillies, les réformes de Siméon
ont été d. l'uni i
atinople dans i • dition d< 1872
U Donalzouiti sert indifféremment pour lot: uilz ou livre de la c.
,,,. la messe est, au contraire, propre a la n l'appelle encore Khoreurtadéder ou Litre du ta* - „„.„, il m distingue de notre missel en ce quil ne contient que la partie du prêtre, ou, pour mieux dire, célébrant à la messe eh., niée, la seule messe que les Ai aiens non mus connaissent. On n'y trou les morceaux chantes par le chœur, ni même !■ et évangiles chantés parles ministn quement les pièces que le c h brant doit lui-n chanter ou réciter. Tout récemment 1879), M Ha* a publié une édition à l'usage des prêtres catlioli qui désirent célébrer la m< et il y a fait en
les épitres, les évangiles, en un mot toutes |< ,1,. la messe. Cette édition, imitée de notre i trèsrépandue parmi les catholiques, mais mconnni
oriens. Même l'ancien missel des catholi lente avec celui des gréa, iriensdes différences plu moins notables, introduites par la - C. de la lv gande sur le rapport du prêtre arménien \ ■;■ 1693); cette édition corrigée, sur laquelle il nous laudra revenir, parut à Rome en V Sur les autres éditions, cf. P. Karékin. pp. cit., p. 278-282. Exclus du Badarahamadouïlz, les évangiles et les épitres de la messe se trouvent dans le Djachotz, . ralement Livre de midi; c'est un grand volume imprimé en très gros caractères et contenant, avec les parties que je viens d'indiquer, les autres pièces des être chantées par les ministres sacrés, non seulement a la messe, mais encore à l'office, telles que prophépitres et évangiles de l'office, prières solennelles, etc. On peut l'assimiler aux anciens Lectionni
1" édition. in-fol., Venise, 1686. Sur les autres, v. irP.Kar op. cit., p. 383-386.
De même que le Djachotz contient la partie des ministres sacrés, le Tèbroulioun ou Livre des enfants de chœur renferme les chants, les hymnes, en un mot toutes les pieees chantées par le chœur; c est un recueil analogue à notre paroissien. Les éditions en soni u, mil. relises; la première a paru a Venise, in-38, 1 -5<5. Cf P. Karékin, op. cit., p. IOl-ltï-2.
Vu lieu d'avoir pour l'office un livre unique, analogue a notre bréviaire, les Arménien: dent plus),
dont l'usage n'est pas toujours commode. J'ai déjà nommé le Djachotz, commun a la messe et a l'office. LUauniauourk, littéralement ce jou)<-ci, contient les vies abréou les éloges des saints et des homélies sur les ttinicales .dont la lecture est faite au peuple avant les \ épi es. Ces puces sont dis| ns 1 ordre
du calendrier CÙ il OU des mois de l'anm l - p< B-
dant des synaxàires grecs et de nos leçons du second et du troisième nocturne. La majeure partie de I : OOurk a été traduite du grec par le CBtholicOS I
issér, l'ami de» martyrs. Cf. N. Nilles, op. ci*., t. i. p 256 en note. La première édition a paru i Constantinople, in-fol.. 1706. Cf. P. Karékin, op. cit., \ 1 -usage de lire avant les vêpres la leçon de I uour* est religieusement observé par les us el
les catholiques de l'intérieur de l'Asie Mineure; mais catholiques de Constantinople l'ont abandonné. - Le Djareundir ou Discours cho tu est un livre analogue au précédent par sa nature comme par son usage; il distingue seulement en ce qu'il ne contient que h melies s,,,- les fêtes dominicales et les panégynqui saints; les biographies des saints en sont exclues. \oir dans P. Karékin, op. cit., p 387, la description de l'édition de Constantinople, in-fol., 1723.
ARMÉNIE. CROYANCE ET DISCIPLINE
La partie usuelle de l'office est contenue dans le Jamarkik ou Livre des heures, analogue à r<ôpo),ôyiov grec et, d'une certaine façon, à notre diurnal; on y trouve les psaumes, les oraisons, les formules qui se récitent tous les jours, à l'exception des chants et des hymnes. On distingue le Jamarkik ordinaire et le grand Jamarkik; celui-ci est d'un format plus grand que le premier et contient quelques chants de plus, lesquels se chantent à la messe du haut des gradins qui s'élèvent à côté» de l'autel. Comme ces gradins se nomment adian, le e,rand Jamarkik s'appelle, pour cette raison, Adianijamarkik. Les éditions de ce livre sont excessivement nombreuses; la première a paru à D.jougha (Joulfa), en Perse, in-4°, 1642. Sur les autres, cf. P. Karékin, op. cit., p. 218-236.
Les cantiques ou hymnes, non compris dans le Jamarkik, sont réunis dans un livre spécial bien connu des Européens, au moins de nom, le Charagan ou Hymnaire. Ce volume contient toutes les pièces chantées de l'office; mais celles de la messe ne s'y trouvent pas, à moins qu'elles ne soient communes à la messe et à l'office. Les paroles sont accompagnées île notes musicales qui présentent la plus grande analogie avec celles de la musique religieuse des grecs et des Syriens. Les cantiques eux-mêmes sont composés d'après un système de versification semblable à celui des grecs; le terme même du canon qui sert à les désigner est grec. Il est vrai que le système des grecs provient lui-même d'une imitation des Syriens, et il est difficile, dans l'état actuel de la science, de dire si les Arméniens sont les tributaires immédiats des premiers ou des seconds. Imprimé d'abord à Amsterdam, en 1664, in-8°, sous le nom moderne de Charagnolz, ce livre comple une foule d'éditions, dont la dernière a paru à Constantinople en 1877. En dehors de l'édition ordinaire, il en existe une autre en grand format, contenant les pièces destinées à être chaulées du haut de Vadian et appelée, pour ce motif, Adianicharagan. Cf. P. Karékin, op. cil., p. 502-516. On doit à F. Nève une étude sur ce livre et la traduction de ses plus beaux morceaux. L'Arménie chrétienne et su littérature, in-8°,Louvain, 1886, p. 46-247. Les mékitaristes de Venise ont publié en un volume spécial le texte et la traduction des hymnes en l'honneur de la sainte Vierge, I. nulles et hymni ad SS. Mariai virginis honore») ex I rmenorum breviario excerpla, in- 4°, Venise, 1857. Une traduction russe complète du charagan a été publiée par .1.-1!. Emin, Recueil des canons et des hymnes religieux de l'Église arménienne orientale, in-8", Moscou, 1871). Enfin le P. Gabriel Avédikian a écrit sur ce livre un volumineux commentaire, Explication des hymnes eu usage dans les offices de l'Église arménienne, in- î", Venise, 1814, Certaines expressions d'une orthodoxie douteuse oui été justifiées par le même auteur dans son œuvre posthume, Sulle correzioni faite ai libri eccletiastici armeni nell' anno iOll, in-8°, Venise, 1868, p. 119-261.
On conçoit fort bien qu'une telle abondance de lirende malaisée la récitation privée de l'office. Les mékitaristes de Venise ont voulu obvier à cet inconnt en réunissant dans un même volume semblable à notre bréviaire toutes les pièces éparpillées dans les livres que je viens d'énuinérer. Ce volume s'appelle Jamagarkoutioun, c'est-à-dire mise en ordre des heures, entendez de l'office. On \ trouve, dans une première partie toute la partie commune du Jamakirk; viennent ite, dans une seconde partie, toutes les pièces propres, hymnes, chants, épltres, évangiles, prières diverses, pour tons les ofliecs de l'année. Une première tentative de ci <ii été faite en 1842 par les mékitaristes
de \ ienne, mais avec les textes cori igés, au xvn< siècle, par Parsek. Dans leur édition, parue en 1889, 1rs éditeurs vénitiens onl partout rétabli le texte primitif. (X l'. Karékin, p. 237. Cette restitution, bien qu'approuvée
par le patriarche Azarian et même par la S. C. de la Propagande, a été fort mal accueillie par une partie du clergé catholique; au lieu de profiter de la facilité que donne la nouvelle édition, on préfère murmurer contre les éditeurs et... se dispenser de l'office.
Reste un dernier livre, le Machdotz, véritable manuel du prêtre dans l'exercice de son ministère; c'est le pendant de notre rituel. Le terme de Machdotz est le surnom donné à Mesrob, l'inventeur de l'alphabet; s'il sert en même temps à désigner le rituel, c'est que la compilation de ce dernier appartiendrait à Mesrob. Ainsi, du moins, l'affirment beaucoup d'Arméniens; mais cette assertion est insoutenable, car le Machdotz est un agrégat d'éléments de toute provenance et de tout âge. Certains auteurs l'attribuent au patriarche Machdotz, qui vivait au ixe siècle. Cf. G. Avédikian, Sulle correzioni, etc., p. 6. Quoi qu'il en soit, le Machdotz, dans son état actuel, contient : 1° le rituel des sacrements, baptême et confirmation, fiançailles et mariage, confession, prières auprès des malades, viatique, extrême-onction, prière des agonisants; 2° le rituel des funérailles pour les laïques en général, pour les enfants, pour les religieux, pour les prêtres et les évéques : 3° le cérémonial des visites à faire au cimetière, les 21-', 8e, 15°, 40e jours après la mort et à l'anniversaire; 4° les divers cantiques et prières pour les morts, disposés d'après les huit modes musicaux; 5° la bénédiction des maisons à l'Epiphanie et à Pâques et dans leurs octaves; 6° bénédictions diverses : croix et tableaux à mettre dans l'église, calice et patène, vêlements sacrés et nappes d'autel, portes de l'église, cloches, livres liturgiques, encens, eau bénite (avec une relique de la vraie croix que l'on plonge dans l'eau), repas funèbre du 8e jour après la mort (okiaukis), agneau pascal, poules et poulets, sel, plantes, moisson, aires, prières pour la pluie et contre les tempêtes, bénédiction des puits, absolution publique des parjures, bénédiction solennelle des raisins le jour de l'Assomption après la messe, des vierges et des veuves qui se vouent à la vie religieuse dans le monde. Après cette partie commune aux grégoriens et aux catholiques, le rituel catholique, in-8°, Venise, 1831, 18iO, etc.. en contient une seconde renfermant certaines cérémonies empruntées aux latins, mais très aimées du peuple. Telles sont la bénédiction de l'eau, l'indulgence de la bonne mort, la bénédiction des cierges (2 février), des cendres, des rameaux, du chapelet, du scapulaire du Carmel, du lait et du miel, du fromage el des œufs, du pain i I des fruits. Enfin, au lieu de laisser en appendice cette partie supplémentaire, Mor Hassoun en a fait entrer les éléments dans le corps même du rituel imprimé par ses soins en 1880, in-8°, Vienne; il a aussi considérablement réduit le rituel des cérémonies propres aux Arméniens, à la joie des uns et au scandale des autres. Cf. P. Karékin, op. cit., p. 400-403.
XIII. Office divin et messe. — Les Arméniens ont une distribution des heures canoniales analogue à celle des grées; leur office comprend neuf parties : le nocturne, l.'s matines le lever du soleil (prime), tierce, sexie, noue, vêpres, l'entrée de la nuit (complies) et le repos (prière à dire avant le coucher). Les deux dernières se disent toujours en particulier; prime et compiles (lever du soleil et entrée de la nuit) se suppriment
tous les samedis et à tontes les fêtes dites g dominicales D, dont on a vu plus haut rémunération ; en revanche, les premières vêpres de ces fêtes dominicales sont toujours solennelles, c'est-à-dire chaulées avec assistance du diacre el encensement.
Matin el soir, l'office se récite publiquement à l'église, du moins chez les grégoriens; les catholiques ont lais>é> tomber cet usage, qu'ils n'onl remplacé par rien, pas même par la récitation privée de l'office. Leur principe est qu'un prêtre qui n'assiste pas à la récitation publique d< l'offici n I pa! tenu il y suppléer en récitant ce
ARMÉNIE. CROYANCE ET DISCIPLINE — ARMINIUS
même office en particulier. C'eat là, d'ailleurs, pour le dire en passant, un principe '-,,111111011 .1 tous l< - orientaux, catholiques ou non.
Après ce qui a été dil plus haut sur l'eucharistie considérée comme sacrement, il ne me restée mentio r
que quelqui - partii ulariti 9 secondaires de la a arménienm On sait qu'à l'exception de certaines orai- 1 des hymnes, cette messe, prise dan- son ensemble, n'esl qu'une compilation de la messe grecque
de laint Jacques el de Baint Jean Chrysostome. Com
les Grecs, les Arméniens transportent, au moment «le I offertoire, les oblats de l'autel de la prothi se au grand autel, au milieu d'un pompeux appareil et des témoignages de vénération des assistants. Certains théologiens se -oui émus de cette cérémonie; ils y or.t vu une Mimer 'I 11 h ui' pour la piété populaire, exposée à prendre pour les espèces sacramentelles ces éléments du sacrifice encore intacts : aussi beaucoup d'Arméniens catholiques en ont-ils demandé la suppression, au grand scandale des partisans de l'opinion contraire. Consultée, la s. C. de la Propagande a répondu : Armenorum veneralio erg a oblata [id est materiam euclutrisliœ conficiendœ prseparatam) preematura videtur atque intempestiva ; ceteroquin diversarum gentium consuetudines tolerandse ssepe sunt, prœsertim ijuia populut satis novit <>/,lata Ma nondum esse consecrata, ideoque periculum falsi cuIiks abest. Lettre du i juillet 1833 à Mb' Nourigian dans Jur. pont, de Prop. fide, part. 1, t. v, p. 87. Non moins que la cérémonie ellemême, les paroles chantées par le chœur durant la procession ont donne- lieu chez les Arméniens à de très vives discussions, pui- à des corrections dans le texte en usage chez les catholiques. Voir pour les détails -G. Avédikian, Sulle correzioni fatte ai libri ecclesiastici, p. 274-285; G. de Serpos, Compendio slorico,t. m, p. 15-50. Le transfert des oblats est suivi du baiser de paix que les assistants se donnent entre eux. Cet antique usage a été' maintenu par le saint-siège: Nihil obstat quominus in templo populus paeem ïnvicem impartialur; quandoquidem viros seorsim a mulieribus id facere affirmas. Lettre citée, p. 87. J'ai déjà parlé de la grosse question de l'épiclèse; elle a provoqué, elle aussi, de violents débats el créé entre les catholiques et les grégoriens une divergence de plus. G. Avédikian, op. cit., p. 322-375. Même remarque pour l'usage de mêler un peu d'eau au vin, abandonné des uns et conservé' par les autres. Avédikian, op. cit., p. 265-267; G. de Serpos, Compendio storico, t. m, p. 140-160. Sur ce point, la déri-ion de Home r-t formelle : .\</ua s calici subdistriclo prsecepto miscenda est. Lettre citée, p, 86. Par mesure de prudence, Rome .1 conseillé de distribuer les eulogies ou le pain bénit, non au moment de la communion du prêtre, mais à la lin de la messe, ne forte symbolum cum vera re confundalur. Tbid., p. 87. L'emploi des instruments de musique et derideaux servant à cacher tout l'autel à certains moment-, n'a donné lieu à aucune difficulté théologique.
Les Arminien-; non unis ne célèbrent pas de messes basses, et, comme il n'y a qu'une messe chantre par jour, il en résulte qu'ils ne célèbrent qu'à d'asseï longs
intervalle-, s'ils SOnl plu-ielir- a de--ervir une égli-e;
en ce dernier cas, ils se chargent, à tour de rôle, chacun pendant une semaine, de- offices el ilr la meSSe.
Pour être autorisée chez les catholiques, la messe basse esl encore loin d'j être générale, malgré les recommandations du saint-siège: Ui>s<iriui> lectarum [p soUetnnem] pia utilisque consuetudo nequaquam al>oleatur : quare et idoneus altarium numerusin templis statuendua est. Tbid., p. 86. Il n'est pas rare de voir des prêtres s'abstenir pendant de longue- semaines «le toute célébration, même en dehors du carême, lequel semble avoir amené cette abstention, en vertu d'une
COUlUQM \i-, t dans un autre pa--age de la lettre poli-
tificali ' 1 quidi milieu fi mittse m
nonnullii onlt teptuagerimam diebus, <•< determinalxi quibusdam intra quad -,
viluperandtu non videtur, nisi fort* querette
eorum, qui jamdiu aliter agere noient, pertimescet Tbid., p. 86
t., mnafffl arn g rien» existe en trad-
H I Église ai »•■ niei p. 107-174, en an| texte arménien, d "iza-
m -s ] dans K.-E.
inriri, Liturgies eastern ami - - t. 1.
/. Liturgies, p. M 2-457 traduit sur l'ai.,
dans A. Ii uiiivergr,
2, p 151-480. Pour la messe
llii-n-, r.itl,,.|ii|iie.. voir '
l; 1 , 1642, 1670, el avi i 1677 iarm.
lat.), Liturgi
nibue, in-'i- el in-8', Venise, 1823 lanii. lat.) ; A kian, Uturgia fait < n tsportata m Ualiano,
!f édiL, i n— H. . \ • ■ .-une,
in-8\ \ I, 1hTii;?'. - I « Liturgie der I.
lischen Armetiier, in-8\ Tu] Tlie
rtton liturgy, in-46, Venise, 1872; J.-b.-E. Pascal, Liturgie arménienne, 'J.m- Migne, Dictionnaire de m-4",
1sii. coL 1257-1302. Pour le cemmentaire it-- la ■
hosrose Magni, epi scopi m cum missx. trait. P. Vetter, in-H-, Fribourgn
- de Lampron. Réflexions sur les institutions de VÉglite el explication du mystère de la messe. in-8#, Venise, 1847 (arm.). Pour les manuscrits et autres détails sur la messe, cf. Brightman, op. cit., p. xcvi-ci.