DIFFÉRENCES ENTRE L'ASCÉTISME CHRÉTIEN ET
l'ascétisme non chrétien. — 1. Différences entre l'ascétisme chrétien et l'ascétisme juif '. — Dans les desseins de Dieu, la religion juive, plus encore que la religion primitive, devait servir de préparation à la religion chrétienne. Aussi ses observances religieuses étaient-elles comme une ébauche encore lointaine de i ■ qui devait être réalisé, d'une manière beaucoup plus parfaite, dans la société chrétienne. S. Thomas. Sum. theol. , Ia II", q. CI, a. 2, i. Pour la même raison, les pratiques ascétiques, communes à tout le peuple juif ou spéciales à quelques ascètes, doivent être considérées comme une préparation à l'ascétisme chrétien. Mai n'est qu'une préparation encore bien imparfaite.
Celte imperfection ressort évidemment: 1" du petit nombre d'ascètes proprement dits parmi les Juifs véritablement fidèles; car on ne peut réellement donner i nom qu'aux nazir et, en un certain sens, aux membres des communautés de prophètes; 2° du genre de vie (lices ascètes, qui ne connaissaient ni la vie érémitique proprement dite, ni la vie monastique avec tout ce qui la constitue véritablement, l'obligation du célibat, la règle, les vœux el l'autorité monastique : sous ce rapport, les communautés esséniennes elles-mêmes restent encore loin de la vie monastique véritable; 3° du peu d'influence exercée par l'ascétisme juif, qui ne parait point avoir rendu de services importants au peuple juif dans l'ensemble de son histoire, el dont on ne voit aucune
trac- évid tout l'Ancien Testament
un rolc important d loin i el politique d temps du ju-
dalsme et a foi m< le rabbinisme, peu nombreux et trop i
h <jut pas indue beaucoup, sinon par l'exemple, sur ! iris.
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non chrétien, consid<
cipales, l'ascétisme philosophique et bouddhique. —
Dans cette étude comparée, nous devons considérer 1 ascétisme chrétien dan- l'ensemble de son hist abstraction faite de défaillances individuelles ou d'abus partiels dont l'ascétisme chrétien ne peut être tem; ponsable. Quant à l'ascétisme non chrétien, d minerons que ses deux manifestations principal' l'ascétisme philosophique, pythagoricien, stoïcien >t toïcien ou néo-platonicien, et l'ascétisme bouddhique. Pour mieux (aire ressortir les différer!
- deux ascétismes, chrétien et non chrétien, nous les jugerons, l'un el l'autre, d'après leurs c-lfets les plus manifestes, leurs elfets sociaux, c'est-à-dire li matériels, intellectuel- et moraux que l'un et l'auti rendus à la société. Après avoir rappelé les faits historiques, nous indiquerons les conclusions qui en découlent naturellement.
Les faits historiques peuvent se ramener aux quatre suivants :
1. Travail manuel. — \" L'ascétisme chrétien, particulièrement l'ascétisme monastique, a hautement proclamé et fidèlement pratiqué le devoir du travail manuel à raison de son influence moralisatrice et préservatrice, soit comme moyen de se procurer des ressources pour distribuer des aumônes plus considérables. S. Pakhôme, Régula, 5. 7, P. L., t. x.xin. col. 66: S. Basile. Ri brevius tractatx, interrog. 69, P. G., t. xxxi. cul. I1..1 ; Régulas fusius tractatx, interrog. '■'>'. 11. P. G., t. xxxi. col. 1009, 1021; S.Jean Chrysostome, I» Matth., h vin. P. G., t. lvii. col. 87: De sacerdotio, I. VI. P. (;.. t.xLvni, col. 682; S. Épiphane, ?'..'> P. G., t. xiu.col.8v0: Adv. hasr., ixxx. P. G., t. xi.n, col. 766: S. Jérôme, Epist., cxxv, ad n. 11, !'■ I... t. xxn. col. 1078 sq.: Epis t., cxxx. triadem, n. L">. P. L., t. xxn. col. 1119; S. Augustin, De opère monachorum, P. J... t. xi.. c> 5. Nil, De
voluntaria paupertate, il. 12, I'.G..\. utxrx, coL 1019; Epist., 1.1. episi. cci x. /'. G., t. i.xxix. col. 195; S. 1-idorede Péluse, Epist., 1. I. epist. xi.ix. P. G., t. lxxviii, col. 21 1-21 i; S. Benoit, Régula, c. xxvm, P. L.. t. lxvi. col. 703, 701; (loin liesse, Le inuine bénédictin, Li 1898, p. 185 si].: Les moines d'Orient, Paris. p. 33ô sq.; C>. Goyau, Le rôle social du monastère au moyen âge. dans la Quinzaine du 1" mai 1901.
On sait d'ailleurs quelle profonde influence a eue sur la société, au point de vue de l'habitude du travail et de la diminution des rigueurs de l'esclavage antique, cet exemple universel et constant d P. Allard. Les esclaves chrétiens, à' edit.. Paris. :
Si quelques moines, comme les massaliens, ont voulu. prétexte de mysticisme, se soustraire à l'obligation du travail, leur conduite, universellement blâmée, n'a servi qu'à mieux faire ressortir la fidélité du resti moines. S. Épiphane, Adv. ha ■■ . ix\x. /'. (... t. xi.n, col. 7i2 761 rille d'Alexandrie, Adv. antln
morphitas, /'. (>'.. t. lxxvi.coI. 1076 sq. ; Verba s, rum. /'. /... t. LXXIII, Col, 768, 807.
2 Ce que l'ascétisme philosophique non chrétien a pensé et accompli, sous ce rapport, est bien man ' dans l'histoire de la civilisation païenne. I dans son ensemble, il n'a pas su s'élever au-dessus ce pr mutin, parla, par les plus grands philo-
sophes de 1 antiquité, et qui considérait comme indigna
ASCETISME
d'un homme libre l'exercice du travail manuel et des industries qui s'y rattachent. P. Allard, op. cit., p. 381 sq. En ne combattant point l'antique préjugé contre le travail manuel, en l'entretenant même, par son approbation formelle, l'ascétisme philosophique a contribué, pour sa part, à perpétuer le grand obstacle à la destruction de l'esclavage. Les nobles protestations émises par quelques-uns de ses meilleurs représentants sont restées sans aucun elïet pratique. Tant que l'on proclamait le travail manuel une occupation exclusivement réservée aux seuls esclaves, l'esclavage était une nécessité sociale, car aucune société ne peut exister suis le travail manuel. P. Allard, op. cit., p.' 383.
3° Quant à l'ascétisme bouddhique, il a constamment ignoré l'obligation et la pratique du travail manuel, Hardy, Der Buddhismus nach ûlteren Pali-Werken, Munster, 1890, p. 80 sq.; R. Falke, Buddha, Mohammed, Cliristus, ein Vergleich der drci Persônlichkeiten vint ihrer Religionen, Gùtersloh, 1897, t. n, p. 167, 209; Oldenberg, Budd ha, sein Leben, seine Gemeinde, 3eédit., Berlin, 1897, p. 1 47 ; soit parce que ces occupations ne sont d'aucune utilité pour la science du vrai bonheur, soit parce qu'elles constituent assez fréquemment une occasion de tuer quelque être vivant, ce que réprouve la doctrine bouddhique de la métempsycose.
2. Bienfaisance et assistance matérielle. — 1° L'ascétisme chrétien, particulièrement l'ascétisme monastique, s'est rendu très utile à la société par beaucoup d'œuvres de charité corporelle, comme de fréquentes distributions d'aumônes, l'hospitalité à l'égard des voyageurs et des étrangers, l'assistance et le soin des malades à domicile ou dans des hospices fondés par la charité chrétienne. Souvent aussi, les ascètes chrétiens intervinrent, par charité-, auprès des empereurs, des princes ou de leurs représentants, en faveur des intérêts matériels de leurs concitoyens. S. Macaire, Régula, 20, P. L., t. cm, col. 450; S. Pakhôme, Régula, 50, 51, P. L.,\. xxin, col. 70; S. Jean Chrysostome, In Matth., homil. i.xxji, n. 3, 4, P. G., t. lviii, col. 071 ; S. Basile, Régulas brevius tractât se, interrog. 87, 91, 92, 100, 101, 181, 271, 302, P. G., t. xxxi, col. 1139, 1146, 1151, 1203, 1231, 1295; Pallade, Ilist. lausiaca, ci, exiv, cxvi, P. G., t. xxxiv, col. 1205 sq., 1221 sq.; Sozoméne, //. E., 1. III, c. xvi, P. G., t. i.xvn. col. 1091 sq. ; Théodoret, Relig. hist., iv, x, xiv, xvii, /'. G., t. i.xxxii, col. 1342, 1390, 1411, 1423; de Monlalembert, Les moines d'Occident, Paris, 1800, t. i, p. LVll-l.vx, i.xyiii-i.xxiv; Marin, Les moines de Cons- 1897, p. 01-72; 1». Allard, Saint Basile, Paris, 1899, p. 100-112; dom Besse, Les munir* d'Orient, Paris, 1900, p. 445453.
2° L'ascétisme philosophique non chrétien a quelquefois proclamé', d'une manière éloquente, par Fores meilleurs représentants, le devoir d'aimer tous les hommes. Sénèque, De clementia, 1. I, c. ni; 1. II, c. vi ; De ira, I. I, e. v; 1. II, c. xxxi; Debenefi- I. VII, c. i: Epist., XI vit ; Epictète, Entretiens, I. 13; Ilannol, Essai sur la morale stoïcienne et ses consi I de vue de la civilisation,
Bruxelles, 1880, p. 'i~ sq., 55-58; Ogereau, Essm sur le ophique des stoïciens, Paris, 1885, p. 237; Cbollet, /." morale stoïcienne, Paris, 1898, p. 259 sq. il ilemenl prononcé de belles paroles sur la pratique de l'aumône. Sénèque, De clementia, 1. II, c. vi ; De vita beata, 24; Epist., xcv; Epictète, Fragments, cvin; Marc-Aurèlc, Pensées, l. XII, c xxvi; de Champagny, Les Césars, 5e édit., Paris, 1870, p. 244; Hannot, ../.. cit.. p. 15.
M. us .,n ne m, ii aucune preuve réelle de sa bienfaia l'égai d -lieux île I. .ii i genre ; la pra-
tique 'le I.imi.i m lie lui est point Connue; e( il
complètement étranger ■< toute œuvre d'assibtance. en pré ence des plus grandes infortunes, Sénèque
' .e .le a conseiller que l. smenle, moyen
providentiel qui est toujours à la disposition des malheureux. Sénèque, Consolalio ad Marciam , 20 ; Epist., LXX, lxxvii; De providentia, 6; De ira, 1. III, c. xv; P. Allard, Les esclaves chrétiens, p. 170-172; Id., Etudes d'histoire et d'archéologie, Paris, 1899, p. 84-90.
3° L'ascétisme bouddhique ne connaît point la charité proprement dite. Ce qu'il recommande et pratique n'est que l'absence de haine, même à l'égard des ennemis, comme aussi l'absence de tout amour quel qu'il soit, fût-ce même l'amour de la famille. Le motif de cette double pratique purement négative est l'amour intéressé de soi-même et le désir de s'épargner les soull'rances inséparables de tout amour ou de toute haine, et de se faciliter l'accès du nirvana. Monier Williams, Buddhism, Londres, 1889, p. 131, 143-146; Falke, op. cit., t. n, p. 204 sq. ; Oldenberg, op. cit., p. 335 sq.; Schrœder, Buddhismus und Christenthum, was sie gemein haben und was sie unterscheidet, 2e édit., Reval, 1898, p. 26-32. Si l'on rencontre chez les peuples bouddhistes, particulièrement à certaines époques, des institutions humanitaires, on n'a point de preuve qu'elles sont ducs à l'influence des ascètes bouddhistes. Car ceux-ci, d'après les documents que nous possédons, paraissent n'avoir donné aucun concours à ces œuvres de bienfaisance et d'assistance, du moins à l'égard des laïques. Ils se sont contentés de prêcher la nécessité de l'aumône que leur doivent leurs coreligionnaires et de la recevoir régulièrement. Oldenberg, op. cit., p. 346; de Groot, Le code du Mahâyâna en Chine, son influence sur la vie monacale et sur le monde laïque, Amsterdam, 1893, p. 126, 129, 131; Kern, Histoire du bouddhisme dans l'Inde, trad. franc., Paris, 1901, t. i, p. 460.
3. Activité intellectuelle. — 1° Les ascètes chrétiens surtout les moines, ont attaché une grande importance à l'étude de ce qui pouvait leur être utile, particulièrement à l'étude de la sainte Écriture, soit comme préparation à la contemplation des choses divines, soit comme moyen d'exercer autour d'eux un apostolat plus fructueux. S. Pakhôme, Régula, 139, 140, P L.. t. xxm, col. 78; S. Basile, Epist., n, ad Gregorium theol., P. G., t. xxxii, col. 229 sq.; S. Jean Chrysostome, Comparatio régis cum monacho, n. 2, P. G., t. xi.vii, col. 389; In Matth., homil. lxviii, n. 5, P. G., t. lviii, col. 646; Ini Tint., homil. xiv, n. 4, P. G., t. lxii, col. 570; S. Jérôme, Epist., cxxx, ad Demetriadem, n. 15, 20, P. L.,t. xxn, col. 1119, 1124; Bulin, Hist. monach., xxi, P. L., t. xxi, col. 444; Pallade, Ilist. lausiaca, xxi, c.xi.in, P. G., ,t. xxxiv, col. 1003, 1240. Cette estime des moines chrétiens pour l'étude les porta à s'imposer le pénible travail de transcription des manuscrits, soit de la Bible soit des écrits des Pères ou même d'autres ouvrages. Pallade, Hist. lausiaca, xxmx, P. G., I. XXXIV, col. 1103; S. Jean Chrysostome, In I Tim., homil. xiv, n. 4, P. G., t. lxii, col. 570 ; S. Jérôme. Epist., cxxv, «il Rusticum monach., n. 11,/'. /,., I. XXII, col. 1079; Marin, op. cil., p. 401-409; dom Besse, op. cit., p. 378-395.
2° Quant aux ascètes philosophes, il est évident que leur étude a noialilenient différé de celle .le-- ascètes chrétiens dans son objet et dans son motif; et il est non moins évident, comme nous le montrerons bientôt, qu'elle n'a point contribué, comme pour les ascètes chrétiens, à aider leur influence morale sur la société
qui les eut. .ur.nl. Cliollet, np. cil., p. 236 Sq. 3° L'ascétisme bouddhique n'a jamais donné', dan
règlements monastiques, aucune place au travail intellectuel ou a l'étude, en dehors de la lecture ou r. .il, lion de la loi ou Dharma, Monier Williams, op. cil., p. 83; Hardy, op. cit., p. 81; Oldenberg, op. cil., p. 471 sq. Une seule connaissance lui importe, celle des quatre grandes vérités du bouddhisme sur la souffrance, n -.■-. sa cessation et les moyens d'obtenir cette n. .n. route autre connaissance lui est indifférente .1 net ,le srl pari l'objel d'aucune recherche. Mu: n r
i.ï ISME
Williams, op, cit., p. 99; Hardy, op. cit., p. 140; Palke, op. cit., t. il, p. 208 sq.
; i/...sf../<i/ ,-t influent - l Les ascètes
chrétiens, particulièrement les moines, exercèrent sur tout) une influence considi rable par l'attrait
de leurs exemples, S. Jean Chrysostome, In I Tint., homil. xiv, n :'.. i. 5, P. G., t. util, col. 575 sq.; In
Matth., I il. ïAMii. n. :î. î.."i. /'.'... i. l vin, col. 643 sq.;
par li m- haute autorité morale, don! ils ne craignaienl point cl.' s,- servir pour réprouver les scandales publics, pour avertir el reprendre les fidèles et même les pri les prêtres et aussi les évéques, quand lebiendel'l l'exigeait, S. Isidore de Péluse, Epist., 1. I. epist. x.\xi.xl\'|I,ci.x.\iv. ci.. \x\. i:\i.i. 1:1.1:1:1. xxxi il. i:i:i:ci\\x\ il. ' i xxxix. ccccxc, /'. G., t. i.xxviii. col. 202, 214, 295,296, 306, !46, S50; par leurs prédications aux chrétiens et aux païens, et par leurs écrits en laveur de l'orthodoxie, pour laquelle ils eurent souvent à subir de longues et pénibles épreuves. S. Athanase, Vita S. Anto-
70, P. G., t. xxvi. col. 942 sq. ; S. Jean Chrysosti Comparatio régis cum monacho, n. 2, P. G., t. xi.vn. col. 389; Epist., i.v, CXXII, cxxvi, CCXXI, P. G., t. i.n. col. 639, 676, 685, 732; S. Grégoire de Nysse, De nia S. Ephrem Syri, P. G., t. xi.vi, col. 83i sq. ; Rufin, //. £'., 1. II, c. ix, P. L., t. xxi, col. 518; Théodoret, Relig. hist., i, vi, xn, xxi, xxvi, xxviii. P. G., t. lxxxii. col. 1293, 1359, 1391, 1398. 1447, 1471-1482, 1490; Sozomène, //. E., I. II, c. v; 1. VI. c. xx. P. G.,l. i.xvn. col. 947, 1342 sq.
2° L'ascétisme philosophique non chrétien parait avoir restreint son zèle à quelques disciples choisis qui, seuls, ont pu profiter de son enseignement et de sa direction. Il ne s'est point préoccupé' d'exercer son apostolat en faveur de la grande masse de la société, qu'il ne crovait point capable de recevoir sa formation. D'ailleurs, il proclamait l'inutilité de toute lutte ou protestation contre les coutumes établies. Epictète, flf anuél, c. xi.vi; G.Boissier, La religion romaine d'Auguste aux Ahtonins, Paris, 1892, t. il, p. 28-31, 45; Chollet, op. cit., p. 266-
3° Les moines bouddhistes, aux différentes époques de leur histoire, ne paraissent pas avoir exercé d'autre apostolat à l'égard des Iniques que odiii des recommandations morales qu'ils ont pu faire dans leurs visites de quête à domicile, Oldenberg, op. cit., p. 316 sq.. ou que celui de l'éducation des enfants qui pouvaient être placés, pour un temps assez court, dans leurs monastères. L. Féer, à l'art. Bouddhisme, dans la Grande Encyclopédie, Paris (en cours de publication). Cet apostolal très restreint ne semble pas avoir exercé une influence sérieuse sur la conservation du bouddhisme, ni sur les mœurs des peuples qui l'ont accepté' au moins partiellement. C'est ce que Lémoignenl particulièrement l'histoire de la décadence progressive du bouddhisme dans riiule jusqu'à sa disparition presque totale vers le vil" siècle et l'histoire de ses altérations multiples dans les autres pays ou il s'est propagé. Mollier Williams.
up. cit.. p. 147-171; Zôckler, op, cit.. t. i. p. (il-78.
Conclusion. - L'ascétisme chrétien, considéré dans son ensemble, en dehors de quelques fautes individuelles
ou de quelques abus partiels, a exercé' unr heureuse
influence sur tous les peuples, par les innombrables
Services matériels, intellectuels el muraux qu'il leur a
constamment et universellement rendus. L'ascéti non chrétien, dans --es deux formes principales, philosophique et bouddhique, considérées dans l'ensemble de leur histoire, n'a eu presque aucune influence sur la grande masse du peuple pour ->'ii bien matériel, intellectuel ou moral, l'es différences aussi profond aussi universellement constantes entre les effets sociaux de l'ascétisme chrétien el ceux de l'ascétisme non i tien, ne peuvent véritablement s'expliquer que par une différence r< i Ile dans la nature intime des deuv causes
productrii leux ascél
et non < tii i tien.
Telle ' -t la corn lusion évidente des faits historiq Quanta l'explication théologique de ces différei times, elle ressort clairement de toute cette étude. I p.nt. l'amour de Dieu et la charité vérita rd du
nain dirigeant la volonté et lui inspirant, pour motifs surnaturels, la pratique généreusi du ment évangélique intérieur et extérieur, non ■-euh
dans ce qui est strictement requis parla loi cl
mais encore dans ce qui est -impie nent conseillé par l'Evangile. D'autre part, l'amour d'- soi-même et d< bonheur personnel que l'on place dan- la parfaite lité des passions ou dan- l'absence complète de toute douleur, aiiKjur égoïste qui est le principe el le t' final de toute la vie morale contrairement aux <!■ stricts du souverain maître de tous les hommes, et aux presciptions ou recommandations de la véritable cl. envers le prochain.
3. Différences entre l'ascétisme catholique el iascétisnie des séries hérétiques ou dissidentes. — S répéter létude comparée que nous venons d'esqi. pour l'ascétisme non chrétien, nous indiquerons seulement trois différences extérieures principales entre I ascétisme catholique et celui des sectes hérétiques ou dissidentes : 1" Kn fait, l'ascétisme de la plupart d.
- s'élève bien rarement jusqu'à la hauteur de cet ascétisme spécial que l'on appelle anachorétisrne ou inonachisme proprement dit, c'est-à-dire vie monastique véritable, comprenant les vœux, l'obligation permanente, li règle et l'autorité monastique. 2» L'ascétisme des sectes hérétiques ou dissidentes parait avoir exercé peu d'influence bienfaisante sur la société. Itans les pren. siècles, les sectes gnostiques et manichéennes, comme plus tard les albigeois, au xnr siècle, ont été surtout nuisibles à la société par leur répudiation des fins naturelles du mariage et par les graves excès qu'elles ont autorisés. Au moven âge, l'ascétisme des vaudois et flagellants n'a rien réformé, ni produit aucun bien dans la société; il n'a guère servi qu erreurs funestes à la société, en ruinant le principe d'autorité et en inclinant à se dispenser d'o morales absolument nécessaires. Dans la période derne. la répudiation de l'ascétisme par le protestantisme orthodose a détruit, dans beaucoup d plus belles manifestations de la vie chrétienne et a supprimé en même temps, au grand détriment de la société, des institutions très utiles au bien matériel ou moral des individus, des familles et des peuples. Cette perte si considérable pour la société n'a point été compense par les efforts louables de quelques ai renses, qui ont cherché a donner au protestanlisn
lui. une direction ascétique, avec une tendance prononcée vers des œuvres de bienfaisance.
-tance et de reforme sociale. Ce-bien partit très limité, provenant, non des principes du protestantisme, mais plutôt d'un retour encore incomplet vers la \ rite chrétienne, ne fait que mieux ressortir les beaucoup plus considérables rendus par 1 lisme catholique.;!' Si nous considérons l'ensembl l'histoire, l'ascétisme des sectes hérétiques et d dentés, quelle que soil l'influence sociale que l'on v< lui attribuer, ne l'exerce point d'une manière universelle, quant au temps el quant aux lieux, comme 1 ti-me catholique. Ses bienfait-, dans la mesure treinte où ils existent, sont limités à certaines régions ! i certaines époques, tandis que 1 influence de 1 ti-ine catholique rayonne dans tous les pays de la t pendant toute la durée de l'histoire de 1 I ^lise.