‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 180 sur 338 · C. ToDSSAnrr · texte numérisé non relu

C. ToDSSAnrr

ASIE. l'n premier article sera con>;n i reli-

gieux de l'Asie, el un second a l'histoire des mis catholiques de cette partie du monde.

I. ASIE lÉtat religieux de l'i. — I. Aspect général et population totale. 11. Asie ru — III. Asie occidentale. IV. Indes et dépendances. V. Asie orientale.

I. Aspect général et population totale. — Berceau de l'humanité, l'Asie est regardée comme le centre de dilfusion des diverses races qui ont. par des migrations successives, transporté dans les autres parties du monde les germes d'une civilisation commune d.ms 'un principe, mais différenciée par les circonstances dont . lution constitue l'histoire du genre humain.

De cette longue chaîne, les derniers anneaux seulement sont connus; le reste forme ce qu'on appelle la préhistoire et c'est par des inductions ingénieuses ou des conjectures hasardeuses que les savants essaient de reconstituer un lointain passé.

Ce qni demeure acquis, c'est que quatre races principales semblent encore se partager le contint ni tique, mais leur développement, influencé par la d site du milieu, a eu des destinées fort différentes, tant au point de vue de la multiplication de l'espèce qu'au point de vue du mouvement social et religieux; ainsi que nous nous efforcerons d'expliquer la variété des mœurs et des croyances.

L'Asie est le plus grand îles continents; sa superDcie est quatre f».is el demie celle de l'Europe qui parait, sur les cartes, n'en être qu'un prolongement péninsulaire. He plus, par sa configuration massive. l'Asie est la gion continentale par excellence; et si. dans le sud, par les presqu'îles arabique, indienne et indo-chin si, dans l'est, par ses archipels et par se~ grands lli navigables, elle se la lisément pénétrer pai

influences extérieures, au nord au contraire cornu l'ouest, c'est une région fermée, avec ses mont. r inaccessibles, avec ses déserts sans eau. ses nuis intérieures et son océan arctique où les glaces forment une barrière le plus souvent infranchissable.

l.e système montagneux qui occupe le centre d vaste rectangle est composé de chaînes élevées, orienta is généralement de l'ouest a lest et qui se réunisen un point central, la région des Pamirs, que du pides explorateurs ont seuls pu aborder sans \ tiv une roule pouvant servir utilement les i: nuques et sociaux.

Autour des Pamirs. les quatre chatn ont constitué quatre compartiments qui communiquent difficilement entre eux et ou ont pris naissance qu civilisations distinctes, celles des Kinno-Tartai Mongols, des Aryens et des Sémites.

Difficiles, les commuuications n'étaient cependanl |

ASIE (ÉTAT RELIGIEUX DE L'

impossibles : on voit en effet de l'est à l'ouest, c'est-àdire parallèlement aux grandes chaînes, se dessiner deux routes qu'ont suivies les migrations et les invasions; les Aryens qui forment le fond de la population de l'Inde, les Mongols qui, dans les temps historiques, ont occupé une partie de l'Europe, sous Attila et plus tard sous Ta merlan ; puis, en sens inverse, les Sémites mahométans qui ont reflué sur l'Inde et les Russes qui débordent actuellement dans les régions moyennes de l'Asie septentrionale. Quant aux relations entre le sud et le nord, elles ont été nulles jusqu'au jour où les convoitises des Européens plus puissantes que les obstacles naturels ont déterminé un courant, artificiel d'ailleurs, entre le Turkestan et le Pendjab, d'une part, et d'autre part entre la Birmanie et la vallée du Yang-tse-kiang.

La population de l'Asie est estimée à 800 millions d'habitants, soit plus de la moitié de l'espèce humaine ; elle se répartit très inégalement dans les quatre parties de ce continent.

L'Asie russe compte environ 25 millions d'habitants, l'Asie occidentale 32 millions, l'Inde et ses annexes 303 millions, la Chine avec la Corée, le Japon et l'Indo- Chine 409 millions.

Voici les chiffres donnés par le géographe A. Supan, dans les Mitlheilungen de Petermann (Erganzungsheft, n. 135, Gotha, 1901).

1» Asie russe 24947500

2° Asie occidentale.

Empire ottoman (partie asiatique) 17176500 j

Arabie indépendante. . . . 1950000 ( .voe-cenn

l'erse 9000000 \

Afghanistan 4550000 '

3" Inde et dépendances 302831700

4° Asie orientale.

Chine 330829900

Corée (1899) 9670000

lapon (1899) 46494000 } 408893900

Indo-Chine française (1890). 15590000 Siam 6320000

II. Asie russe. — L'Asie russe se divise administratif inent en trois parties distinctes, Sibérie, Caucase et Asie centrale.

1° Sibérie. — Le recensement de 1897 donne une population de 5727090 qui a dû s'accroître considérablement depuis, de 200000 habitants peut-être (selon un rapport présenté à l'Exposition de 1900) par l'émigration devenue extrêmement intense. Dans l'ensemble, l'élément indigène atteint à peine 650 000 âmes et se répartit en trois groupes : Finnois, Turco-Tartare, et Mongol.

Les Finnois qui sont établis dans la partie septentrionale de la Sibérie sont au plus 50000; ils se divisent en Samoïèdes, Ostiaks, Vogouls. Ils sont chamanistes, bien que la plupart d'entre eux soient comptés comme grecsorthodoxes, mais, alors même qu'ils fréquentent l'église russe, ils demeurent attachés à leurs vieilles superstitions. I I urco-Tartares, au nombre de 300 0<)0, habitent plus au sud el forment plusieurs groupes (Yakoutes, Tatars, Kalmouks, etc.) qui sont ou des finno-mongols, ou des convertis à l'islamisme; leur langue est le turc. I Mongols, qui sont aussi ,'500 000. se divisent en deux les principaux, les Bouriates el les Tougouses; ils bouddhistes et reconnaissent l'autorité du grand lama. La réco-russe esl donc.au moins nomi-

nalemi rit, celle des neuf dixièmes environ de la population sibérienne, en ne tenanl pas comptedi ratkolnika de plu ieui dénominations donl il est difficile d'évaluer le nombre, car ils se cachent ordinairement pour éviter niions, n \ ;i un métropolite à Irkoutsk : el des évéques à Tobolsk, < Irnsk, Tomsk, Yakoutsk et Yenisselsk,

nu. T. DE THKOL. CATHOL,

auxquels il faut ajouter les trois sièges de création récente de Blagovechtchenk, Transbaïkalie-Nertchinsk et Vladivostok.

Les catholiques déportés, descendants de déportés ou émigrés libres, sont environ 50000, répartis en cinq paroisses et relèvent spirituellement de l'archevêque de Mohilev, dans la Russie d'Europe.

2° Caucase. — La population de 92i8695 âmes augmente rapidement; elle était en 1858 de 4 millions et dsmi et de 5 800000 en 1880. A la suite de l'annexion d'une partie de l'Arménie, l'émigration en masse des Tcherkesses musulmans passés en Turquie (au nombio de 600000, entre 1860 et 1890), a été largement compensée, pour une partie, par l'immigration de nombreux Arméniens, qui fuyaient la domination ottomane, etsurtout par une aflluence de paysans russes, qui sont venus s'établir au sud du Caucase pour travailler aux sources de pétrole. On peut évaluer le nombre des slaves à 3 millions, les Géorgiens ou indigènes chrétiens seraient 2 millions, les Arméniens, près de 1 million et les indigènes musulmans, 3 millions.

La majorité des Arméniens appartient à l'Église monophysite ou grégorienne; il y a cependant environ 15 000 Arméniens catholiques, relevant de l'évêque d'Artuin.Un grand nombre des Arméniens grégoriens sont entrés, depuis la conquête russe, dans l'Église orthodoxe; il faut en dire autant des nestoriens et jacobites émigrés de Turquie; ils se sont laissé inscrire en entrant en Russie au nombre des fidèles de l'Église officielle. Quelques milliers de jacobites et de nestoriens passés en Russie appartenaient au protestantisme et les presbytériens américains avaient entrepris de suivre leurs fidèles, niais cette mission était vue d'un mauvais œil par le gouvernement russe, comme celle que les Suédois ont commencée chez les Bouriates, et elle est à peu près abandonnée.

Les Géorgiens ont formé autrefois une église indépendante qui a longtemps gardé un attachement sincère à l'Église romaine; puis elle s'en est séparée et a subi l'influence grecque ; quand les rois de Géorgie durent délaisser les beaux établissements que leur nation avait à Jérusalem et en particulier dans la basilique du Saint- Sépulcre, les Grecs s'arrangèrent pour s'en attribuer la plus grande partie.

Quand les Russes franchirent le Caucase et occupèrent l'illis, l'Eglise géorgienne fut absorbée parcelle de Moscou, et le seul vestige qui reste de son ancienne indépendance est la présence d'un délégué de la Géorgie parmi les membres du saint-synode.

11 y a des Géorgiens catholiques, mais pas assez nombreux pour qu'il ait été possible jusqu'à ce jour de leur donner l'autonomie propre aux autres églises unies; faute d'un nombre suffisant de prêtres de leur race, les Géorgiens catholiques sont confiés aux soins des curés arméniens-unis, ce qui n'est pas sans présenter de graves inconvénients, étant donnée la rivalité séculaire qui a toujours divisé1 les deux peuples.

L'Église russe a (les évéques à Koutaïs, Poti, Soukhoum-Kaléet Vladikavkaz, sous l'autorité du métropolite de Tillis.

3° Asie centrale. — Sous cette dé-nomination les Russes ont réuni tout le pays de l'Oural à l'Hindou Koucb, et de la mer Caspienne au Pamir; ce sonl les Steppes du Turkestan et du district transcaspien, el aussi 1rs territoires peuplés el prospères des anciens khanals de Kbiva, Samarkande el Boukhara. Les statistiques do. Reclus datant de 1870 à 1877 comparées à celles de 1897 présentent une énorme différence, allant pour certains districts du simple au triple. Il faul dire qu'il > a trente ans, dans un pays à peine son mi s, beaucoup de iiilnis nomades arrivaient à Be soustraire au recensement, prélude de l'impôt; on peul dire aussi que l'optimismi liciel tend souvent i grossit les chiffres. Nous admet-

ASIE ÉTAT RELIGIEUX Dl

troni a pendant, faute de mieux, ' officielles

qui évaluenl la population a 7 721 684 habitante. Dana le nord (provinces d'Akmolinsk, Semipalatinsk, Semirestchenk), la population russe, immigrée dans d fertiles el facilement exploitables, dépasse certainement un million ; les autres habitants sont en grande partie des indigènes 1 1 « - race turco tartare et de religion musulmane, Kirghises, Turkmènes, Karakalpalu, Sartes et Uzl A mesure qu'on avance dans le sud, le voisinage de la Per e Be reconnaît a la proportion de sang aryen qui se mêle au sang turc. Les Tadjyks sont de race aryenne presque pure. De môme on trouve dans l'est de nom breux Chinois.

L'Église orthodoxe a pour chef un prélat qui a le titre d'évéque du Turkestan. Les musulmans de cette partie de l'Asie sont, comme les Persans, de la secte des scbiites et vont en pèlerinage àMeched, dans le Khorassan ; mais leur islamisme est mêlé de nombreuses superstitions païennes qui leur sont communes avec les autres populations musulmanes de la Russie.

III. Asu: occidentale. — 1° Généralités. — L'occident de l'Asie se compose de trois parties : la Perse, les pays sémites et l'Asie .Mineure. S'il est possible de reconnaître dans les Persans et les Arméniens deux races sœurs, de souche aryenne, si la race sémitique domine au milieu de la diversité îles religions en Syrie, en Arabie et même en Mésopotamie, il est beaucoup moins facile de déterminer quel est le fond ethnique des populations de l'Asie Mineure. Parcourue en tout sens par les conquérants qui y ont tous laissé quelques colons, depuis les Perses et les Médes, jusqu'aux Turcs, en passant par les Grecs, les Gaulois, les Romains et les Arabes, l'Asie Mineure n'a d'autre principe d'unité que la domination des Ottomans qui a fait prendre le nom générique de Turcs à cent peuples divers par leur origine et leurs mœurs.

Premier foyer d'expansion du christianisme, l'Asie occidentale fut vite unie dans une communauté de foi, car les Juifs avaient totalement disparu, et ce n'est que dans des montagnes reculées et dans les districts d'Arabie qae subsistaient des tribus que l'Évangile n'avait pas éclairées ; mais cette unité de croyances ne tarda pas à se briser; les hérésies suns nombre divisèrent l'Église et ileux d'entre elles, le nestorianlsme et le monophysisme subsistent encore. Au milieu de ces déchirements lit son apparition l'islamisme qui ne tarda pas à submerger toutes ces Églises, celles qui étaient (idèles, comme celles qui axaient faibli: et, comme si ce n'était pas assez, le schisme de Constantinople vint achever le désastre. Pendant plusieurs siècles il n'y eut plus de catholiques déclarés en dehors de quelques points privilégiés, comme la montagne du Liban, où les Maronites, toujours fidèles, ou tout au moins revenus bien vite d'une erreur passagère, continuaient à vivre en union avec Rome, centre de l'Église, et avec le pape, vicaire de Jésus-Christ. Il ne faudrait pas conclure de là que tous les chrétiens orientaux lurent formellement séparés de l'Eglise catholique; une ignorance profonde les préserva d'une rupture complète; on le \it bien quand les missionnaires latins se présentèrent à eux en Suie, en Arménie ou en Mésopotamie ; et quand l'Église de Constantinople voulut, au xvni" siècle, imposer une séparation plus explicite, des protestations s'élevèrent, d'un sortirent les églises orientales unies, qui, au prix des luttes les plus généreuses, et grâce à l'appui de la France, surent conquérir peu

a peu auprès des sultans leurs droits de eoininunaul. s

autonomes.

2° Empire ottoman. — A l'heure présente le christianisme a dans l'empire ottoman une situation officiellement reconnue, bien que subordonnée au bon plaisir et

a I arbitraire. Si les oric ■nl.iux-unis doivent à la proie. lion île la Franco une vie moins difficile, bien qu'elle le soit trop encore, les Cl inautés séparées vivent sou- Ja loi du vainqueur, et c'est bien souvent qu'on a vu le

sultan faire et défa i

|ue et arménienne; la i rien et mieux vaut, leur semble- t-il, n larid-'i'urc

que du pape.

Sur 17 a 1W millions d'habitants qui peuplent la ;

lie asiatique de l'empire ottoman, il faut COI de li millions et demi de mahométans; il faut

adant que les statistiques rangent parmi !• de I islamisme un million environ de d: kizyl-bach, kurdes, bédouin- et autres, qui m lulmans que de nom et qui pratiquent l< petit

nombre, le paganisme, d'autres, des cultes mal connus, lesquels se retrouvent les vestiges des mystères impurs des antiques superstition-

Les juifs, sur lesquels les renseignement! recueillis -ont manifestement inexacts et incomplets, sont pi blement 200000. Pour les chréti .aluations

devraient être plu- précises et cependant rien n'est plus difficile que d'en obtenir; sans parler de la tendance bien naturelle qui porte chaque nationalité à se dire nombreuse que ses rivales, il faut tenir compte aussi du profond désordre administratif qui entrave toute enquête régulière. Les chiffres que je donne dans le tableau cicontre diffèrent assez notablement du total que nous avons tiré des derniers travaux du Dr A. Supan 17 176500); je les reproduis cependant pour l'ii qu'ils présentent au point de vue de la répartitioi différents cultes; je leur reconnais une valeur cou rable car ils sont tirés en grande partie de l'excellent ouvrage de M. Cuinet intitulé La Turquie d'As Comme secrétaire général du conseil de la dette ottomane, M. Cuinet avait sous ses ordres tout un pei nel européen, chargé de surveiller la rentrée des ii. dans toute l'étendue de l'Empire; il a pu se procurer par ses subordonnés des indications très précir qu'il a utilisées avec discernement, mais il ne pou pas cependant éviter des omissions et des erreurs, tableau que nous donnons en contient certaine! mais son travail n'en a pas moins fit faire un énorme à la question et rectifie sur plus: données erronées sur lesquelles je me suis appu\. mon ouvrage. A travers l'Orient. Paris. Ii<96. surte ce qui concerne les Églises dissiden'

On peut dire que les chrétiens de la Tur<: -ont un peu moins de 3 millions 600 000. dont 700 000 catholiques et 100000 protestants.

Le protestantisme exerce son activité en Syi tout en Arménie.

En Palestine c'est dés l'année 1821 que la S blique a commencé- ses travaux, mais l'installation du protestantisme à Jérusalem date de l'année 1841 ; par suite d'un accord entre l'Ai r la Prusse, un

évéché protestant fut institué tt doté par les deux Couronnes . le titulaire devait être pris alternativenn nt parmi les anglicans et parmi les luth

sur tous les réformés de Palestine, une autorité qui n'impliquait nullement l'unité de confession de foi : que fidèle devait resté attaché' à son symbole particulier, l.e premier évéque désigné par la reine d'Anglel était un ancien juif polonais. Salomon Alexander, vaut h. braisant, el sa mission était, avant tout, de I vailler à la conversion des israélites. Après lui. le nois Samuel Cobat occupa le - ndant plu-

trente ans : citait un homme tri - nant qui f<

à Jérusalem différents établissements dont le prine e-t celui des diaconesses de Kaiserswerth. M Gobât, l'alliance hybride de l'anglicanisme et du h. ranisme fut bu- n ,i .1 i us

purement anglais et les Allemands ont une commun. distincte dont l'empereur a inauguré la magniliq bus dr son récent voyage en Orient

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