‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 19 sur 338 · VI. APOLOGÉTIQUE. XIX- siècle, en France. — Pour · texte numérisé non relu

VI. APOLOGÉTIQUE. XIX- siècle, en France. — Pour

faciliter les recherches et grouper les renseignements, nous distinguerons, sans attribuer à cette division une valeur absolue: 1° les maîtres de l'apologétique au XIXe siècle; 2° les apologistes de la chaire; 3° l'apologétique doctrinale; 4° l'apologétique philosophique; 5" l'apologétique historique; 6° l'apologétique scientifique ; 7° évoques apologistes; 8° publicistes apologistes; 9" des ouvrants récents d'apologétique.

1. Les maîtres de l'apologétique. — François-René de Chateaubriand (1768-1848) est le « premier écrivain du xix' siècle, disait Villemain dans l'ordre du temps et de la gloire ». Sa démonstration de la religion révélée est contenue dans le Génie du christianisme, 5 in-8", Paris, 1802, dont les principes sont vérifiés, confirmés et appliqués en plusieurs autres ouvrages de l'auteur, tels que : Les martyrs ou le triomphe de la religion chrétienne, 1809; les Éludes historique», 1831, et la Vie d, Rancé, 1833. Le titre primitif du Génie du christianisme en fait bien connaître l'objet : Des beautés poéliquet ri morales de la religion chrétienne ci tir sa su- /<< ■ o) </' sur tous les autres cultes de lu terre. L'ouvrage fut une très opportune réaction contre la philosophie artificielle el inintelligente de Voltaire, une réhabilita- Bon du sentiment religieux, de l'importance el île la leur des problèmes qu'il fait naitre. On \ a relevé l'imprécision de certaines formules, la faiblesse de cer taims preuves, mais l'auteur avait atteint son but: for- 1 9 contemporains à accorder leur attention respectueu e auchri tianisme, leur montrer qu'ils lui devaient ''" reconnai unts pour ses bienfaits, leur révéler les poésie et d'émotion qu'il renferme, son accord avec 'a nature el la civilisation, enfin sa beauté propre, absolument différente de la beauté' antiqu

d'un caractère si transcendant qu'on en pouvait conclure sa vérité et son origine surnaturelle.

Bien qu'il fût né avant Chateaubriand, le comte Joseph de Maistre (1753-1821) publia plus tard que lui ses principales œuvres. Le pape, Lyon, 1819, très vigoureuse réfutation du gallicanisme et, malgré ses omissions, ses inexactitudes, ses exagérations, très solide traité sur les droits du souverain pontife. Mais Les soirées de Saint-Pétersbourg, parues après la mort de l'auteur, Paris, 1828, sont le meilleur titre de gloire de cet admirable écrivain. Elles ont pour objet de démontrer et de justifier le gouvernement de Dieu sur le monde, d'expliquer le mal physique comme le châtiment du mal moral. Malgré les paradoxes où il se complaît parfois, J. de Maistre se montre penseur original, éloquent et profond. Son émule, Ambroise de Bonald (1754-1840), nous a laissé une substantielle et diverse réfutation de Rousseau et de Montesquieu. C'est un métaphysicien un peu froid, mais aux formules nettes. Il a beaucoup écrit. Il faut signaler ici, comme nous appartenant plus spécialement, La théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, 3 in-8°, Constance, 1796; La législation primitive, 3 in-8°, Paris, 1802, et les Recherches philosophiques sur les premiers objets de nos connaissances humâmes, 2 in-8°, Paris, 1818. Les traditionalistes empruntèrent à ces ouvrages les lignes et les arguments de leur système. Le rôle de la tradition el de la société y est démesurément accru, mais ils abondent en considérations vraies et en rétlexions graves qui fixent l'esprit et lui suggèrent des idées.

Félicité de Lamennais (1783-1854) a exercé une action très active, très efficace. L'Essai sur l'indifférence en matière de religion, 4 in-8°, Paris, 1817, bouleversa les esprits et les cœurs. Le premier volume était une vaillante charge contre l'incrédulité: les trois derniers volumes sont de beaucoup inférieurs, contiennent les principes du lidéisme (voir ce mot) et préludent aux excès qui entraînèrent l'auteur parmi les révoltés, les apostats et les panthéistes. Il conçut, en philosophie, des ambitions démesurées, mais son Esquisse d'une philosophie, 4 in-8°, Paris, 1841 -1846, d'où on a extrait une remarquable Philosophie de l'art, garde des traces du merveilleux talent éclatant et âpre dont il avait fait preuve à ses débuts.

II. Les apologistes de la chaire. — Il y avait beaucoup moins d'idées nouvelles mais beaucoup plus de sagesse dans les discours de Denis Frayssinous (1765-1842) dont les Conférences sur la religion ou Défense du christianisme, 3 in-8°, Paris, 1825, sont un développement ordonné des principales questions qui se rapportent à la foi: vérités naturelles, certitude, témoignage, notes de la révélation, Jésus-Christ, etc. La langue est nette et rappelle parfois la prose du grand siècle. Mais l'éloquence devait revêtir l'apologie d'un magnifique vêtement dans la chaire de Notre-Dame de Paris où, successivement, Ravignan, Lacordaire, Félix, Monsabré, d'Hulst, répandirent sur les preuves de la religion l'éclat de leur parole. Lacordaire (1802-1861), dans ses Conférences de Notre-Dame de Paris, 4 in-8°, Paris, auxquelles il faut adjoindre ses Conférences de Nancy, 2 in-12, Paris, 1900, et ses Conférences de Toulouse, Paris, 1857, s'attache principalement à la démonstration du christianisme par ses effets, Il est hors de pair par l'émotion el la \ie, l'ardeur et l'enthousiasme, le succès et l'influence. Le P. de Ravignan (1795-1858), dans ses Conférences, 4 in-8°, Paris, 1868, a va il manifesté sa profonde vie intérieure et son zèle persuasif. Le R. P. "Félix (ISHi- 1891) développa, pendant quinze ans, la parole de saint Paul : Crescamus in illo per omnia qui es! capui G/n-is-

tirs, Eph., IV, 15, en (les discours exactement divisés el purement écrits, avec ordre et logique, Conférences. Le progrès par le christianisme, etc., 17 in-8", Paris, 1858 sq. Son successeur est encore heureusement \i-

AP0L0GÉ1 [QUE XIX* SIÈCLE

vaut, cr qui nous empêche de louer ton oeuvre comme elle le mérite; un doit au It. I\ Monaabré ai en 1822 les Conft rencei de Saint-1 homas d'Aquin, lin-&. Parie, 1866, et 1rs Conférence» de Notre-Dame, 18 lo 1873-1890, où ilacommen or la partie dogma-

tique de la Somme de sainl Thomas. Aprëe lui, M " d Hulel 1841-1896) aborda le Décalogue, Conférence! de Notre- Dame, 1 in-8°, Paris, 1891-1894, avec un esprit philosophique très pénétrant el une culture solide et variée. La chaire de Notre-Dame est demeurée la première chaire apologétique du monde chrétien; elle resta fidèle

nés avec !'■ I'. Olivier, qui traita de L'Église (1897el le I'. Étourneau qui s'est attaché à mettre en lumière le dogme fondamental de la providence(1899-190l).

III. Apologétique doctrinale. — Il nous faut maintenant revenir en arrière, jusqu'à l'oratorien Hérault (1744-1835) qui fortifiait les arguments favorables au christianisme par les aveux mêmes de ses adversaires. Les apologistes involontaires, 1806, est un livre clair et qui fut utile à son heure. Il en faut dire autant de L'école d'A thènes, Paris, 1830, et de l'ouvrage intitulé : Du rationalisme et de la tradition, 1834-, dus à Claude Riarnbourg (17713-1836). Le jésuite Rozaven, théologien de premier ordre (1772-1851), dirigea contre les incrédules La vérité défendue et prouvée, 1817; Avignon, 1825. Contre les attaques des schismatiques il écrivit L'Eglise catholique justifiée, Paris, 1822. Le gallicanisme d'Eugène de Genoude 1 1802-1819) ne doit pas nous empêcher de reconnaître et de louer les services rendus par ses ouvrages : la Divinité de Jésus-Christ, 2 in-12, Paris, 1842. et la liaison du christianisme, 6 in-12, Paris, 1841, où il publia des fragments apologétiques empruntés aux théologiens et aux philosophes et les fit précéder de notices qui en font connaître les auteurs. Le discernement n'est pas toujours heureux, mais l'intention est excellente et on \ peut glaner de très bonnes pages en faveur de la religion.

Parmi les polémistes de la première moitié du siècle, citons le P. Chastel (1801-1861), dont les ouvrages : De l'origine des connaissances humaines, 1852; De la valeur de la raison humaine, 1851, sont une réfutation du traditionalisme et méritent de survivre au débat qui en fut l'occasion. Ils étaient dirigés contre les doctrines de E. Bautain( 1735-1867), qui a laissé d'excellents ouvrages: La philosophie du christianisme, Paris, 1835, La morale de l'Évangile, 1855; La religion et la liberté, 1818, et bien d'autres où il réfute le rationalisme, le maté rialisme et l'athéisme. C'est un laïque, un magistrat, A. Nicolas (1807-1888), dont les Etudes philosophiques sur le christianisme, 4 in-8°, Paris, 1812 ; L'art de croire, 2 in-12, 1866; Du protestantisme et de toutes les hérésies dans leur rapport avec le socialisme, 1852, sont une très estimable contribution à l'apologétique, et obtinrent, malgré des rapprochements forcés et des inexactitudes, un légitime succès. Il s'était beaucoup inspiré des travaux de E. Chassay (f 1866), auquel on doit une copieuse Conclusion îles démonstrations évangéliques, Paris, 1853, et Le Christ et l'Evangile, histoire critique des systèmes rationalistes contemporains sur les origines de la révélation chrétienne, Paris, 1817; troisième édition augmentée, 1851. Il eut pour éditeur l'abbé Aligne (1800-1875) auquel les catholiques sont redevables pour ses innombrables publications et qui nous donna.

en dix huit volumes, les ouvrages traduits en français, de 117 apologistes, depuis Tertullien jusqu'au milieu du

XIX* siècle, dans ses I)i ninustrations ciawji liques, 1853 sq. Le cheux n'est pas toujours heureux, mais l'entreprise était considérable, et cette collection est précieuse pour les théologiens. (ligne a aussi édité un Dictionnaire d'apologétique catholique, par Jehan, S m-1 . 1855, Le même ''loge convient à Bonnette 1 1798 1879 . en dépit de ses erreurs traditionalistes, car les Annales de philosophie chrétienne, 95 in-8", Paris. 1830 sq., renfer-

ment d'innombrables el riches documents sur l'histoire

• ligions. Plus prêt de nous, |e jt p. ;,),• fait connaître el apprécier par La ut,, ,

humain dans la foi Catholique, Pans. 1884, et La question du surnaturel, 1863. >>n remarque de menu œuvres du P. Causeette (+ 1880) : Le bon sens de la foi, Puis, 2 in-8°, 1871, et Ananie le de l'ho

ton retour à Dieu, S in-8», 1870. L'auteur y fait preuve, avec talent, de psychologie p< . vacte

connaissance des besoins de son temps. L - P. P. Lescoeur

a publié La tCÛ naturels

raine, Paris, 19uu. Le dictionnaire apologétique de la

foi catholique, I -.1. publié- sous la direction de

l'abbé Jauge] f 1894), contient les preuves princi; de la vérité de la religion et les réponses aux objections tirées des sciences humaines. Il complète les trai! théologie fondamentale par lesquels les théologien! cents commencent leurs Institutiones theologicm. Citons parmi les plus connus ceux de M«* Bouvier MM. Lebrethon, Leboucher, Martinet, Bonal. Vincent, etc. Ces deux derniers sont des prêtres de Saint-Sulpice, ainsi que M. Brugère qui mérite une mention spéciale pour les vues nouvelles et intéressantes de ses trait vera religions et De Ecclesia Christi, Pjii-. 1873 U autres ont suivi, avec plus ou moins de fidélité, en les corrigeant, les fortifiant et les perfectionnant, les thodes de Bailly et de Thomas de Chai in

IV. Apologétique philosophique. — Les préambules de la foi, indispensables à établir dans un siècle où la raison est en péril, étaient étudiés par des philosophes qui travaillèrent à préparer les âmes à la croyance. Des ouvrages tels que Le matérialisme et la science, Paris, 1868, et L'idée de Dieu dans la critique contemporaine, ibid., 1872, bien qu'ils n'aient pas directement en vue la foi chrétienne, rangent leur auteur. Eline Caro 1887), parmi les plus éloquents apologistes. Mieux que lui, Alphonse Gratry (1805-1S72 mérite notre admiration et notre gratitude. Parmi ses nombreux ouvrages, nous devons citer: De la connaissance de Dieu, 2 in-8". 1853: De la connaissance de l'âme, 2 in-8 . le.". /. ; ; e, i in-8", 1858; Etude sur la sophistique contemporaine, 1863; Lettres sur la religion, 1869. où sont émises quelques idées contestables, mais qui demeurent le témoignage d'une âme noble, ouverte, ardente et profonde.

L'abbé de Broglie (1834-1895), avec une persévérante activité et une culture très étendue, poursuit l'incrédulité sur tous les terrains où elle se réfugie. On lui doit : Le positivisme et la science expérimentale. 2 in-8', Paris, 1881; Problèmes el conclusions de l'histoire des retij ibid., 1885; La morale sans Dieu, ibid., 1886: La réaction contre le positivisme, ibid., 1891: Le présent et l'avenir du catholicisme en France, ibid., 1898; Religion et critique, ouv. posthume. Paris. 18i'~. Sa pens e maîtresse est que le christianisme est une forme religieuse absolument irréductible aux autres el transcendante. On peut trouver encore une introduction a la théologie surnaturelle dans la . . 3 in- 12. Paris.

1865, de M. de Margerie, et dans Ks Harnumt \ dentielles, Paris, 1871. de Ch. Levèque ft 1900). Le premier étudie les questions sur Dieu, sa nature. I.i tion et la providence; l'autre rajeunit et rend la preuve de l'existence de Dieu tirée de l'ordre du monde. En de nombreux et remarquables articles publies dans les | le lv. P. de BoMÙOt

(1831-1889) traita avec clarté, précision, esprit, div questions de psychologie cow., - en prit au mo-

nisme matérialiste. On lui doit en outre plusieurs ouvrages de controverse : Les malheurs de la philosophie contemporaine. Paris, IS79: Le mi

médicales, ibid., 1879: Histoire merveilleuse des animaux, ibid., 1890, mais surtout deux livres de doctrine el de forte discussion : Le mira, .tre-

façotu,ibid.,tSffl,e\ Le problème du mal, 1;>88.

APOLOGÉTIQUE (XIXe SIÈCLE)

Le livre de M. P. Janet (1823-1900), Les causes finales, Taris, 1872, malgré les préjugés rationalistes de l'auteur, n'est pas inutile pour la défense de la foi, et on doit lire avec précaution, mais on peut lire avec profit ses Principes de métaphysique et de psychologie, 2 in-8°, Paris, 1897. Son confrère à l'Institut, M. Nourrisson (1825-1900), était un chrétien et l'a bien prouvé dans ses livres : Philosophies de la nature : Bacon, Boyle, Toland, Buffon, Paris, 1887; Voltaire et le vollairianisme, Paris, 1899.

V. Apologétique historique. — C'est à l'histoire que l'abbé Gorini (1803-1859) emprunta des arguments pour La défense de l'Église, 4 in-8°, Lyon, 1854-, contre les erreurs historiques de MM. Guizot, Aug. et Am. Thierry, Michelet, etc. Ce livre de science et de bonne foi découvrit et signala des erreurs dans les ouvrages des historiens contemporains et quelques-uns eurent la loyauté de les reconnaître et de les corriger. Il faut citer, dans le même ordre de travaux, l'Histoire des Césars, 2e édit., 4 in-8°, 1853, Les Antonins, etc., du comte de Champagny (1804-1882) et L'Église et l'empire romain au iv* siècle, 4 in-8°, Paris, 1863, par le duc de Broglie. Les origines de l'histoire d'après la Bible, œuvre de François I.enormant (1837-1883), bien que mise à l'Index à cause d'interprétations téméraires de la Genèse, n'en contient pas moins des recherches et des idées dignes d'attention. M. Wallon, né en 1828, le savant secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions, nous a donné un excellent livre sur la Croyance due à l'Evangile, Paris, 1866.

VI. Apologétique scientifique. — Préoccupés de concilier les dogmes de la foi et les découvertes scientifiques, d'autres auteurs tentèrent des excursions sur le domaine des sciences physiques et naturelles; tel, l'abbé Maupied (1814-1878), qui commente les premiers chapitres de la Genèse dans son livre intitulé : Dieu, l'homme et le monde. Cours de physique sacrée et de cosmogonie mosaïque, Paris, 1815-1848, professé à la Sorbonne, utile en son temps mais qui n'est plus au courant des progrès scientifiques. Moigno (1804-1881) travailla toute sa vie à dénouer le conflit entre la nature et la croyance, en des oeuvres bourrées d'érudition, et très savantes mais confuses : Les splendeurs de la foi, h in-8", Paris, 1879-1881; Les Livres saints et la science, Paris, 1884; la revue intitulée Le Cosmos et les Mondes fut vouée à cette entreprise poursuivie avec persévérance et non sans succès. De Valroger (1806-1876), prêtre de l'Oratoire, s'occupe de l'histoire des doctrines indoues et de la crédibilité de l'Évangile, mais il nous a laissé encore di s livres estimés et utiles pour l'accord de la Bible et de l'histoire naturelle: L'âge du monde elde l'homme; La genèse des espèces, Paris, 1873. M. Duilhé de Saint- Projet (1822-1897), recteur de l'Institut catholique de Toulouse, publia un excellent manuel : Apologie scientifique de la foi chrétienne, in-12, 2e édit., 1885, où sont examinés et résolus, avec une remarquable netteté, les problèmes cosmologique, biologique et anthropologique.

VII. Évêques apologistes. — Il était impossible que l'épiscopat restât neutre ou indifférent. Non seulement les évi |ues favorisèrent de tout leur pouvoir ces études si importantes et si opportunes, mais plusieurs entrèrent dans la lice et combattirent pour la foi. Mo' A. de Salinis (fl861) consacra 4 in-8", Paris, 1805, à démontrer La divinité de l'Église et publia avec Ma* Gerbet

I80i);i la plume fénelonienne, Le mémorial catholigue,Paris, 1824, revue de combat conlre les erreurs et les attentats antichrétiens. Tout le monde a lu l'exquis opuscule intitulé': Considérations sur le dogme générateur de la piété catholique, 5« édit., Paris, 1853, et diverses instructions synodales d'une doctrine très pure et très élei e M P ai isis (1795-1866), défenseur énergique

droits de l'Église, fit paraître contre E. Renan:./ Christ eut Dieu, Paris, 1803; et, pour convaincre les

incrédules, les Impossibilités ou les libres-penseurs désavoués par le simple bon sens, 3L' édit., Paris, 1857. Le cardinal archevêque de Reims, Mor Gousset (1762-1865), donna pour sous-titre à sa Tliéologie dogmatique :« Exposition des preuves et des dogmes de la religion catholique, » 2 in-8°, Paris, 1814. Son collègue de Besançon, M(K Mathieu (1808-1875), écrivit: Le pouvoir temporel des papes justifié par l'histoire, Paris, 1863; il traita de l'origine, de l'exercice et de la souveraineté pontificale. M'Jr Landriot (1816-1874) fit précéder son ouvrage sur L'eucharistie, de deux discours sur les mystères, Paris, 1864, et publia ses conférences sur L'autorité et la liberté, 1872. M3>- Ginouilhac (1806-1875) composa V Histoire du dogme catholique jusqu'au concile de Nicée, 3 in-8°, Paris, 1866, et s'occupa, pour les défendre, de l'encyclique Quanta cura et du Syllabus. Mar de La Bouillerie (f 1882) étudia L'homme, son âme, ses facultés et sa fin, Paris, 1879. Le martyr de la Commune, Mar Darboy (1813-1871), publia des lettres pastorales sur la divinité de Jésus-Christ, le devoir, Paris, 1866. L'apôtre moderne contre l'esclavage, le cardinal Lavigerie (1825- 1892) avant son épiscopat, avait réuni en volume des leçons professées à la Sorbonne: Exposé des erreurs doctrinales dujansénisme, Paris, 1858.

C'est contre la Vie de Jésus d'E. Renan que Mgr Plantier (1813-1875), l'auteur des Etudes littéraires, 2 in-S", Paris, 1865, sur les poètes bibliques, composa la Vraie vie de Jésus, Paris, 1863. Il devait être imité et suivi par un autre évêque de Nîmes, Ma' Besson (1821-1888), qui recueillit dans L' homme-Dieu, L'Eglise, Le Décalogue, La vie future, Paris (1871-1874), les conférences où il avait abordé des questions se rapportant à la démonstration et à la défense de la foi. Si aucun des ouvrages de Mor Dupanloup (1801-1892) ne se rapporte directement à l'apologétique, plusieurs de ses écrits, admirables par le mouvement et l'ardeur, sont des œuvres de polémique, tels : l'Avertissement awa? pères de famille, Paris, 1863, et d'innombrables lettres et opuscules. Son illustre émule, le cardinal Pie (1815-1880), théologien de haute valeur, s'est placé au premier rang, parmi les apologistes, par ses Instructions synodales sur les erreurs du temps présent elLa constitution Dei Filius du concile du Vatican, Œuvres, 9 in-8", Paris, 1876-1879, t. m, vu. Les lettres pastorales sur l'Eglise, la papauté, le concile permettent de citer parmi les apologistes un prélat de riche doctrine et de poétique éloquence, Ma1' Berteaud (1798-1879), Œuvres, Paris, 1872. Pour bien des motifs, le même titre convient à M°-r Freppel, qui témoigna de qualités éminentes dans son Examen critique de la Vie de Jésus, Paris, 1861, des Apôtres, 1866, et en divers passages de son cours de patrologie. On ne pouvait guère aborder les œuvres de Tertullien ou d'Origène sans traiter des questions d'apologétique.

Les Études philosophiques, Paris, 1894, publiées avant sa mort par Ma' Hugonin (f 1897), sont dignes de remarque: cet évêque, à la pensée vigoureuse, avait autrefois adhéré à l'ontologisme, mais son dernier ouvrage n'en porte plus que des traces légères. M*' Maret (1804-1884) mérite d'être jugé par d'autres ouvres que ses livres conlre l'infaillibilité du pape. L'Essai sur le panthéisme, Paris, 1839; la Théodicée chrétienne, Paris, 1844; Philosophie et religion, 1866, lui acquirent une légitime notoriété. Le cardinal archevêque de Tours, Mor Meignan (1818-1896), nous a laissé une très complète étude De l'Ancien Testament dans ses rapports avec le Xouveau,l in-8», Paris, 1889-1896.

Mais l'ouvrage le plus important dû à un évêque français où la démonstration chrétienne est traitée ex professo est Le christianisme et 1rs temps présents, 5 in-12, Paris, 1872-1884; Mo' Bougaud (1821-1888) v établit la nécessité d'une religion, prouve la divinité du christianisme, expose les dogmes du Credo, étudie la constitution de l'Église, trace les grandes lignes de la

APOLOGÉTIQUE [XIX* SIÈCLE

vi. chrétienne. <>n lui ■ reproché quelques opiniom hasardées, des considérations an peu vagues el des inexactitudes, mais il abonde en larges aperçus, en réflexions ingénieuses, et il \ répand une ame débordante de sympathie 1 1 de ii le envers les hommt - pour les ramener à Dieu.

Parmi les évoques heureusement vivants, il n'en est presque aucun qui n'ait traité en quelque lettre pastorale ili-s questions d'apologie, et on ne saurait négliger les documents que nous fournissent sur le jansénisme VLv Fuzet (né en 1839), sur l'histoire ecclésiastique M'Jr Douais 1848), sur les méthodes des sciences sacrées M»' Latty (1844), contre les erreurs sociales Mvlsoard (1820), etc. Mais plus directement ont fait ouvre d'apologiste, M'Jr C.oux (1827), qui s'occupait déjà, il y a quarante ans, dans une thèse de doctorat en théologie, de la question aujourd'hui si agitée du Dévelopjiement des dogmes dans la doctrine catholique, Paris, 1858, et posait les principes qui permettent de la résoudre; Mar Turinaz (1838), L'âme, sa spiritualité, sa puissance, sa grandeur, son immortalité, Paris, 1887, s'est occupé des préambules philosophiques de la croyance; S. E. le cardinal Perraud (1828), parmi ses Œuvres pastorales, 3 vol., 1886, a écrit à l'abbé Lémann une lettre sur La critique intransigeante, et les services qu'elle rend à l'apologétique, 1881. On lui est redevahle aussi d'une étude sur L'abbé Gratry, Paris, 1900. Enfin Mur Mignot (184-2), auquel on doit des études sur la théologie et l'Écriture sainte, écrivait récemment une importante Lettre sur l'apologétique contemporaine, Albi, septembre 1900.

A côté des évoques, mentionnons des prélats dont les travaux ont rendu des services signalés : M9r Gaume, (1802-1849), adversaire acharné du paganisme, qui se montre excessif dans : Le ver rongeur des sociétés modernes, Paris, 1851, plus juste dans le Catécliisme du Syllabus,ibid., I86i;Mo'de Ségur (1820-1881), dont tout le monde a lu les opuscules simples et vivants, l'un d'eux : Réponses courtes et familières aux objections les plus répandues contre la religion, ayant eu près de deux cents éditions, de 1881 à 1894; Msr Sauvé (f 1890), recteur de l'Institut catholique d'Angers : Questions religieuses et sociales de notre temps : vérités, erreurs, opinions libres, Paris, 1887; Ma' Baunard, recteur de l'Institut catholique de Lille : Le combat de la foi, Le doute et ses victimes, La foi et ses victoires, 3 vol., Paris, 1882-1883; Mor Dadolle, recteur des facultés libres de Lyon : L'œuvre doctrinale de Léon XIII, Lyon, 1887. Des travaux de Mar Ratifl'ol, recteur de l'Institut catholique de Toulouse, on peut ranger parmi les œuvres apologétiques, les Six leçons sur les Evangiles, 2= édit., Paris, 1897.

VIII. Plblicistes apologistes. — Ce serait faillir à un devoir de reconnaissance, que d'omettre le nom d'orateurs et de puhlicistes tels que ifontalembert (1810-1870) qui, malgré son excessif libéralisme, fut un tros intrépide et très éloquent défenseur du catholicisme par ses discours, ses écrits, et spécialement par Les moines d'Occident, 7 in-8", Paris, 1800-1877; A. Cochin (né en 1823i. qui s'en prit victorieusement à E. Renan, travailla à résoudre la question sociale par la justice ci la charité, et laissa dans Les espérances chrétiennes, Paris, 1887, le résumé des principes qui avaient soutenu ses entreprises et dirigé sa vie;Théophile Foissel (1800- 1878), qui rendit témoignage à la foi dans : E. Renan,

vie de Jésus, Paris, 1863, et Catholicisme et protestantisme, Paris. I8i(i; mais surtout Louis Veuillot (1830- 1883), dont le talent de premier ordre, le dévouement infatigable servirent admirablement la cause chrétienne, Directeur de {'Univers, auteur d'une ViedeN.-S. Christ, 1864, il combattit énerglquemenl les librespensi urs et s'éleva contre toutes les tyrannies, s'il manque parfois de mesure, il n'en fut pas moins un

grand écrivain et un grand chrétien. Parmi ses collaborateur-, on distinguai! 1. Hello penseur original et suggestif E Renan,l'AUemagneet l'athéitmê au a/a' siècle, Paris, 1856; L'homme, 1*72; et parmi ses auxiliaires, Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880), auquel

on doit des pages remarquables ^Ur La douleur, Pi Lu légitimité, Paris, 187:;. et surtout, L'amou

In chute, Paris, 1868, ou sont 'tu: .(uestions

intimement mêlées aux doctrines durée' r la

révélation et l'Église.

Au même ordre de travaux appartiennent les émouvantes brochures de Keller(néen 1828), parmi lesquelles L'encyclique du X décembre et le,- ; Paris, ]*<;,-,. C'est une étude sur l'Église, l'Étal et la liberté. Malgré les exagérations de son libéralisme, le comte de Palloux (1811-1886) a traité les mêmes q lions en catholique convaincu : Discours et mélanges politiques, 2 in-8", Paris, 18<)0. Les Entretiens sur 1 Eglise catholique, 2 in-12. Paris, 1805, de l'abbé Perreyve (1830- 1865), donnaientpluset mieux que des espérances, lorsque la mort enleva l'auteur en pleine jeunesse. Le R. P. Ramière, S. J. I1821-188K. nous a laissé : L Église et la civilisation moderne, Le l'uv, 1861 ; Les doctrines romaines sur le libéralisme, Paris, 1870. et diverse- a-i de controverse philosophique. L'ingénieur Le Play (1804-1882) acquit un renom européen par sa Réforme sociale, 3 in-8», Tours. 1873, si souvent citée et commentée. Ln vulgarisateur, E. Balleyguier (dit Loudun. 1C rendit des services en mettant en lumière Les ignorances de la science moderne, Paris, 1878. et les prétendues Découvertes de la science sans Dieu, Paris, 1884. Un doit à l'abbé Cognât (1821-1888): Les problèmes religieux, Paris, 1861. et If. Renan, hier et aujourd'hui, Paris, 1883-1886. Son étude sur Clément d'Alexandrie, Paris, 1856, est aujourd'hui dépassée; elle ne nous intéresse pas directement.

IX. APOLOGISTES protestants. — Il serait injuste d'omettre, parmi les apologistes, quelques protestants à l'âme élevée, tels que Guizot (1787-1875 . McdUationset études morales, 1851 ; Méditations sur l'essence de la religion chrétienne, Paris, 1864, où l'auteur s'efiorce de maintenir la réalité et la nécessité du surnaturel; de Gasparin(néen 1810), LaBWe défendue. Puis. 1842;de Pn -sensé (né en 1824), L'école critique et Jésus-Christ, Paris. 1863 : Jésus-Christ, son temps, sa vie et son œuvre, 1866, réfutation de E. Renan et affirmation de la divinité de Jésus ; Les origines, 1887. Il ne faut lire qu'avec précaution ces divers ouvrages où les préjugés sectaires sont visibles et regrettables, mais dont le dessein est louable.

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