‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 213 sur 338 · L. Petit · texte numérisé non relu

L. Petit

ATTENTION. L'attention n'est que l'application de l'esprit à l'objet qu'on veut connaître. Cet objet peut être une vérité spéculative, connue ou inconnue, que l'on considère ou que l'on cherche à découvrir. L'attention est pour notre esprit le moyen d'arriver à savoir la vérité; quand cette vérité- est évidente ou déjà bien connue, il suflit, pour qu'elle suit aperçue ou qu'elle redevienne présente à la mémoire, que l'attention se porte sur elle. Aussi les mots : attention ou advertance et connaissance soni-ils fréquemment employés, connue synonymes, en théologie morale et dans le langage courant. L'attention peut porter aussi sur des faits psychologiques et c'est à ce point de vue qu'il convient de l'étudier ici. Elle a nécessairement sa place dans tous nos

actes libres et elle e-l une des causes dont le COnCOUTS

produit la responsabilité morale. Parce que l'intelligence dirige la volonté, une attention spéciale esl nécess là où il faut une in i en lion spéciale. Certains actes enfin, pour être convenablement accomplis, demandent uni attention particulière. De là, trois questions, d'inégale importance, que le théologien doit résoudre à propos de ntion: I. Quelle attention faut-il apporter à l'acte (pion accomplit pour en être moralement responsabU

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L'acte humain, selon la définition de sainl S uni. theol., 1» ll\ q. i. a. I. est lacté qui procède uV la volonté délibérée «le l homme. Ce qui c'est qu'il dépend essentiellement de cette volonté; -il se produit, c'est qu'elle le veut; il n'existerait | - v refusait. C est pour cela «pie i homme spon-

Bable, «ai cet acte étant de lui esl a lui et il ne pii.

ne pas lui être imputé. Mai- la volonté esl ■clair, e el

dirigée par l'intelligence; quand celle.)., ■. un

acte quelconque, (die le \ .-ut ou I accepte tel <| le lui montre et pas autrement. S il \ a danquelque particularité- qui reste inconnue ou qui | inaperçue de l'intelligence, elle ne compte pas pour la

-t ni recherchée, ni voulue. Au- Dieu, l'homme, uniquement responsable île ce qu'ils voulu, ne répond-il de se> actes que dan- la mesure où il les a connus.

Il suffit de rappeler ce principe pour faire comprendre toute l'importance du rôle de l'attention dans la vie morale : par définition, elle intervient nécessairement dans tous le- actes de cette vie. puisqu'ils procèdent tous de la volonté délibérée. Si donc on veut apprécier justesse, la responsabilité- de l'agent, il faut chercher avant tout ce qu'il a remarqué, ce qu'il a vu danacte : c'est cela et cela seulement qu'il a voulu principe est applicable à tous les actes humains, bons ou mauvais. Pour mériter, il ne suflit pas d'accomplir un acte objectivement bon ; il faut le vouloir et. par conséquent, le connaître d'abord connue tel. De même, pour pécher, il ne suflit pas de commettre un acte objectivement mauvais; il faut encore le connaître comme tel. Ce qui se dit des uns peut donc — mutatû mutanilis — se dire des autres, du étudiera ailleurs, en d minant les condition- requises peur mériter, comment il faut considérer et par suite vouloir un acte bon pour avoir droit à la récompense. Voir Ml rite. Ici nous examinerons seulement les deux questions relativi mauvais. 1. Quelle attention faut-il pour que, dans une mesure quelconque, un homme soit moralement responsable de son acte'' 2. Si la matièl e. quelle attention faut-il pour qu'il \ ait péché mortel?

I. Celui-là seul est moralement responsable de son acte qui en a réellement remarqué la malice; l'attention qu'il apporte à ce jugement de moralité peut d'ailleurs être parfaite on imparfaite, actuelle ou virtuelle.

La malice doit être remarquée. Que l'acte objectivement soit mauvais, il ne peut l'être subjectivement >i l'homme dont il est l'œuvre n'a pas pris mo-

ralité, car cette malice qu'il ignore, il ne peut pas la vouloir; il ne peut donc en être rendu responsable. Il faut qu'elle soi! réellement remarquée. Il ne suffi: qu'il > ait obligation de s'en rendre compte avec p bilité et même facilité de la connaître, si de fait on ne remarque pas que l'acte est mauvais.

l.a connaissance morale obtenue (.race a cette attention esl parfaite ou imparfaite : parfaite, si celui qui porte ce jugement de moi. dite e-t en pleine ;

de ses moyens de connaissance; imparfaite, m son intelligence, fortement gênée par quelque obstacle d'origine physiologique et psychologique (demi-sommeil, demi-ivresse, préoccupations absorbantes, etc .ne connaît plu- qu'à demi el dune 1.11,011 1res incomplète et

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