‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 234 sur 338 · III.' I Sur la conversion d'Au · texte numérisé non relu

III.' I Sur la conversion d'Au

gustinvtic développement de ta pensée Ignace Werner, Cjn-

versiornagni Augustini, Lincii, 1691 ; A. Naville, Saint Augustin,étude sur le développement de sa pensée, jusqu'à l'époque de son ordination, Genève, 1872 ; G. Boissier, La fin du paganisme, Paris, 1891, t. i, p. 339-379; A. Harnack, Augustin's Confessionem, 2' édit., Giessen, 1895; L. Gourdon, Essai sur la conversion de saint Augustin, thèse protest., Cahors, 1900; T. Wôrter, Die Geistesentivickelung des hl. Aur. Augustinus bis zuseiner Taufe, in-8% Paderborn, 1892; W. Timme, Augustins geistige Entwicklung in der ersten Jahren nach seiner Bekehrung, 386-391 , Berlin, 1908; H. Becker, Augustin. Studien zu seiner geistigen Entwicklung, Leipzig, 1908.

2° Sur la profession monacale ou érèmitique d'Augustin, voir le récit de la fameuse controverse dans les Actu sanctorum, t. vi augusti, p. 248-256 (liste d'ouvrages pour et contre); Thesis apologetica pro d. Augustini doctrina, statu et habitu monachali, régula..., in-4% Paris, 1649; Bonaventure de Sainte- Anne, Monachatus Augustini ab Augustino potissimum propugnatus, in-12, Lyon, 1674; Fulgentius Fosseus (pseudon. du célèbre Aug. H. de Noris), Somnia L. Francisci Macedo in itinerurio sancti Augustini post baptismum...,\n-li" ,L& Haye (Paris), 1687; Louis Ferrand, Discours où l'on fait voir que saint Augustin a été moine, in-8% Paris, 1689.

3- Sur les reliques du saint et son tombeau à Pavie, voir dans le Répertoire d'U. Chevalier les ouvrages pour ou contre la découverte des reliques à Pavie en 1695, surtout Muratori, Motivi di credere, luttavia ascoso, e non iscoperlo in Pavia l'anno M.DCXCV, il sacro corpo di S. Ayostiuo, dottore délia Chiesa, Trente, 1730 (anonyme, mais réimprimé dans les Opère, Arezzo, 1770, t. x); Germer-Durand, Le tombeau de saint Augustin à Pavie, dans la Bévue de l'art chrétien, 1878, p. 257-274; Beccard, Histoire des reliques de saint Augustin et de leur translation à Hippone, 2" édit., Paris, 1867. Sur cette translation, voir lettres de l'abbé Sibour à M. Nicolas (1842), Vie de saint Augustin, par Nicolas, t. i, Appendice, p. 413-456.

II. Œuvres. — Une analyse détaillée de toutes est impossible ici: on la trouvera dans les ouvrages de Tillemont et de Ceillier. Nous nous bornerons aux indications les plus importantes, surtout pour la chronologie et l'authenticité ; les apocryphes seront examinés dans une série spéciale. Un tableau final donnera la liste chronologique de toutes les œuvres. Ici, l'ordre méthodique (parfois un peu arbitraire) s'impose. Nous distribuerons les œuvres en neuf classes: 1° Autobiographie et correspondance; 2° Philosophie et arts libéraux ; 3° Apologie générale et polémique contre les inlidèles ; 4" Polémique contre les hérésies ; 5° Exégèse scripturaire ; 6° Exposition dogmatique et morale; 7" Théologie pastorale et prédication ; 8° Œuvres supposées ; 9° Écrits perdus.

Ve CLASSE : ÉCRITS AUTORIOGRAPniQCES ET CORRES- PONDANCE. — Les Confessions nous livrent l'histoire de son cœur, les Rétractations celle de son esprit, et les Lettres celle de son activité dans l'Église.

1° Les Confestionum libri tredecim, P. L., t. xxxir, col. 659-8C8 ; Retrait., 1. II, c. VI, ont été composés vers 'i00. — 1. But. — 11 est clairement indiqué par le titre bien compris: confession ici ne signifie point aveu ou récit ; c'est, dans le sens biblique du mot con/iteri, la louange d'une âme qui reconnaît et admire l'action divine en face de ses misères. Conf., 1. I, c. i ; 1. IX, n. 14; I. XI, c. i, etc. « Les treize livres de mes Confessions, dil l'auteur, Retract., lue. cit., col. 632, louent le Dieu juste et bon de mes maux et de mes biens, ils élèvent vers Dieu l'intelligence et Le cœur de L'homme, » Aussi est-ce à Dieu Lui-même que L'auteur s'adresse avec des élans incomparables de foi, d'humilité et d'amour: nulle part on ne trouvera une peinture plus saisissante du vide et de l'agitation d'une âme Sans Dieu : Fecisti uns ail te, etc. Ci'uj., I. I, c. I. — 2. Division. — La I"' parlie, I. I-IX. est le cantique de louange de l'âme d'Augustin au souvenir de sa vie coupable et des grâces de Dieu. La 11° partie, contemplation sublime delà création racontant la gloire de Dieu, (len., I, n'est pu un hors d'oeuvre, comme on l'a cru, mais le complément naturel du récil : Augustin nousdevail le portrait intime de son âme, telle (pie la foi ei i.i grâce L'avaient transfigurée. — 3. Jugement, — De tuu> les ouvrages du saint doc-

AUGUSTIN (SAINT

i.iir. aucun n'a été pluB anivi i nt la et admiré :

aucun n'a bit couler plus de larmes salutaires. Ni pour l'analyse pénétrante des plus complexes impressions de I il ne m pour l'émotion communicative, ni pour l'élévation des sentiments ou la profomltMir de* api i us philosophiques, ce livre n'a son pareil dans aucune littérature.

as fort nombreu as celles de Sommalius, 8. J.,

in-8*, Douai, 1608, si uvenl rélm] i imi e; de Wagnereck, S. J., avec

une étude el d i co lli Dtes notes ascétiques, Iiillingen, 1C3I ; avec

•ntaire en latin, Florence, 1757. — Éditions récentes : de

Pusey, Oxford, 1828; de Raiimer, 2-édit.. Stuttgart, 1870; de Km il

le Corpus de Vienne, 1898, t. xwiu — Cf. Études slgni à Vie (Harnack, Worter) ; Arthur Desjardins, Essai sur les I ressions, in-8", Paris, 1858; Douais, Les Confessions de s.iutl Augustin, in-8-, Paris, 1893 (étude, non traduction).

2° Retractationum libri duo, P. L., t. xxxn, col. 583- 6G5. — Ecrit dans les dernières années, 426-437, ou même fini en 428, d'après Tillemont, t. xm, p. 1010. Le titre doit èlre compris moins dans le sens français de réh actation, que dans le sens primitif de revision, ou examen critique de ses ouvrages, par l'auteur: « Jerevo\ais. dit-il, Episi., ccxxtv, n. 2, P. L., t. xxxiii, col. 1001, mes modestes ouvrages, et, si quelque passage me blessait ou pouvait blesser les autres, tantôt je le condamnais, tantôt le justifiant, j'établissais le sens qu'on pouvait et devait lui donner. » Il énumère ses écrits dans l'ordre chronologique, expliquant le but, l'occasion et l'idée maîtresse de chacun d'eux. Le livre Ier va de sa conversion, 386, à son épiscopat, 38G-395; le IIe, de l'épiscopat à l'an 426 : en tout 9i ouvrages en 232 livres. Cet ouvrage, monument de l'humilité du saint, est un guide d'un prix inestimable pour saisir le progrés de la pensée chez le saint docteur.

' 3° E/iistolœ, P. L.,t. xxxiii. — L'édition bénédictine compte 270 numéros: il faut y ajouter les deux lettres et un fragment retrouvés depuis, P. L., ibid., col. 751, 789-792, 929-938, et retrancher 53 lettres qui sont des correspondants d'Augustin : il reste 220 lettres authentiques distribuées en 4 classes par les bénédictins : 1. avant l'épiscopat, i-xxx ; 2. de l'épiscopat à la conférence de 411, xxxi-cxxin ; 3. de 411 à la mort, cxxivccxxxi ; 4. lettres de la 3e période sans date plus précise, CCXXXII-CCLXX. Celte correspondance est de la plus grande valeur pour connaître la vie, l'influence et même la doctrine de l'évéque d'Hippone. Les lettres de pure amitié occupent assez peu de place : aussi en ce genre n'a-t-il pas un cachet bien original. Mais, dit Ebert, Histoire de la littérature du moyen âge, trad. franc., t. i, p. 270, « nulle part mieux qu'ici ne se montre

1 importance considérable dont jouissait saint Augustin de son temps. » On le voit, consulté de tous cotés comme l'oracle de l'Occident, répondre aux questions les plus variées. Bon nombre de ses lettres sont en réalité de vrais traités que nous classerons dans le tableau de ses œuvres. Les bénédictins, P. L., t. xxxiii, col. 1173- 1177, dans un index méthodique très utile, ont distingué les lettres : 1. théologiques; 2. polémiques; 3. exégétiques; 4. ecclésiastiques ou liturgiques; 5. morales; G. philosophiques ; 7. historiques ; 8. familières. Fessier,

2 édit. Jungmann, t. n a, p. 380-384, a l'ait une distribution analogue, précise et détaillée.

fi.'ldbacricr, l'éditeur des Epistolœ dans le Corpus de Vienne. a rendu compte de la découverte de deux nouvelles lettres dans Wiener Studien, 1894, t. xvi, p. 72-7". Le fragment (extrait du commentaire de Primaslus), /'. /.., t. xwin. ooL 7.M. édité plus correctement par Haussleiter dans les Fvnehungen sur Geschichte d. rVeut. Kanons, de Zabn, fasc. iv. i p. 200-283. La correspondance de saint Augustin et de saint Jérôme a été éditée à part, à Oral/.. 17ïi. par Smith. Sur colle corri i adance, cf. Philippe de Barberiia, O. P., Discordante SS. Hieronymi et Augustini, Rome, 1481; Overbeck, A us dent Brieftuechsel des Augustinut mit Hii ronymuê, dans la /; Zeitachr. de Sybel, 1879, i. vi, | . 222-25 I entre saint Jérôme et saiul Augustin d'après tours lettre*.

dan» la Revus ilu clnrrjé franc., Wft, t. xxv, p. 141 mu les lettri '--s h. Au-

n M, ', m li • H

m Sa daft ika, nach Bonn,

//' il ISSB : (FA VflBS PHILOSOPHIQUES 1.1 l.ITTI

nF.s. — Ces écrils, dont le fond résume les ■

olitaires de Cassiciacum, ont tous été composés ou du moins commencés dans cette \illa. de la conversion au baptême (septembre 386- mars 387). Ils ont un double caractère: ils continuent l'autobiographie du saint en nous initiant aux recherches et aux hésitations de son esprit, ainsi qu'à ses conquêtes. Mais il y a moins d'abandon que dans les Confessions: ce sont des essais littéraires, écrits avec simplicité- sans doute, mais avec une simplicité qui est le comble de l'art et de l'élégance. .Nulle part ailleurs le style d'Augustin ne sera aussi châtié, ni s-, langue aussi pure; le saint docteur semble en avoir eu du remords : Calecliumcnus jam,... tedadhuc sseculariunt lilterarum inflatta

ludine scripsi. Retract., prol., n. 3, P. L., t. xxxn, col. 585. La forme dialoguée monlre qu'il s'inspira de Platon et de Cicéron. Les interlocuteurs sont, avec Augustin, son ami Alypius, le jeune Licentius, (ils de Piomanien, dont la vie mondaine préoccupera Augustin jusqu'à ce qu'il l'ait converti. Epist., xxvi. P. L., t. xxxiii, col. 103, Trygetius, frère de Licentius. Fr. Wôrter, Die Geistesentwickelung des h. Augustin, p. 75-210. examine à fond tous les ouvrages philosophiques. Cf. D. Ohlinann, De S. Augustini dialogis in Cassiciaco scriptis, in-8», Strasbourg. 1897 (diss. inaug.).

4° Les trois livres Contra academicos, P. L., t. xxxn. col. 905-958; Retract., 1. I, c. I, sont le premier écrit d'Augustin après sa conversion (automne 386) et il le dédie à son compatriote et ami, Romanien. qui lui ■ confié ses deux lils. Il y combat le scepticisme de la nouvelle académie, dont il avait tant souffert : le bonheur n'est point dans la recherche de la vérité, dans sa connaissance. 1. I" ; l'esprit peut atteindre la certitude et ne doit pas se contenter de la probabilité, 1. II et III.

5° Le De bcata vita, P. L., t. xxxn, col. 959-976 : Retrait., 1. I, c. n, est le résumé d'un entretien commencé le 13 novembre 386 (33' anniversaire de sa naissance). Il est dédié à Théodore Manlius, probablement le consul de l'an 399. mentionné dans De ciiitatc, 1. XXII, c. î.tv. Après un magnifique tableau de l'humanité voguant sur l'océan de la vie vers le port de la philosophie que lui ferme une montagne escarpée (l'orgueil), Augustin prouve que le vrai bonheur n'est que dans la connaissance d<- Dieu, el encore seulement la vie lui ure, ajoutera-t-il dans les Rétro* talions, loc. cit.

6" Les deux livres I) /'. L.. ibid., col. 977-

1020 ; Ut-tract., 1. I. c. Ut, dédiés à Zénobien, riche ami de Mil. m. examinent le rùle du mal dans le plan de la providence (386). A remarquer : la scène ravissante du 1. I", n. 29-33, col. 991-994; el dans le 1. II, n. 21 - ■" 1007-1012, l'union de la raison et de l'autorité, le rôle des arts libéraux dans l'éducation.

7° Les Soliloquiorum libri duo, P. L., t. xxxn, col. 869-901: Retract., 1. I, c. îv, sous forme d'entretien d'Augustin avec sa raison, sont un prélude aui sions par la magnifique prière du début, 1. l.n. l-t; l'expression ardente de sa passion pour la coi i de Dieu, n. 7-10. par les grandes vertus qu'il exige du

. n. Il 26. Le II livre, constatant que la véril immortelle, en conclu! que l'âme, siège de la \ éri: peut mourir. Ils ont été écrits en 3S7.

La concli Trombelll, dm*

/'. /... t. m \ n. col. 1157-1158 v S.

.us quatisphilosophtu u} i .n eat,qualis vu; iu-i>\ Hennés,

AUGUSTIN (SAINT

Apocryphes. — On a souvent publié ensemble trois pieux opuscules, un Liber soliloquiorum animœ ad Deum, des Mcditationes et un Manualc certainement non authentiques. Ce sont des recueils de passages (d'ailleurs fort saisissants) extraits de divers auteurs par un compilateur inconnu qui ne remonte pas au delà du xn* siècle. Dans le Liber soliloquiorum, P. L., t. XL, col. 8G3-898, on trouve des emprunts aux vrais Soliloques, aux Confessions, à Hugues de Saint-Victor (L. de arrha animœ), et au concile de Latran de 1198. Parmi les Meditationes, P. L., t. xl, col. 902-942, les unes sont déjà dans le recueil anselmien, voir Anselme, col. 1340, les autres paraissent être de Jean, abbé de Fécamp (f 1178). Le Manuale, P. L., t. XL, col. 951-9(18, imprimé aussi en partie sous le nom d'Anselme et d'Hugues de Saint-Victor, réunit des fragments des saints Augustin, Cyprien, Grégoire et Isidore de Séville. L'édition des bénédictins signale avec soin la provenance de chaque chapitre.

8° Le Liber de imnwrtalitate animœ, P. L., t. xxxn, col. 1021-1034, a été écrit à Milan en 387, comme un complément des Soliloques : il reprend la preuve de l'immortalité de l'âme, par l'éternité de la vérité. Plus tard, Relract., 1. I, c. v, les arguments parurent insuffisanls à l'auteur lui-même, et l'expression trop obscure.

9° Le dialogue avec Évodius De quantilate anima:, P. L., t. xxxn, col. 1035-1080; Retract., 1. I, c. xn, composé à Rome vers le commencement de 388, étudie la grandeur et la dignité de l'âme qui découle de son immatérialité.

10° Le De magistro, P. L., ibid., col. 1193-1222; Retract., 1. I, c. xn, composé en 389, est un dialogue entre Augustin et son fils Adéodat, âgé de seize ans, destiné à mourir deux ans plus tard, dont son père nous dit, Conf., 1. IX, c. VI : Horrori mihi erat illud ingenium. Après une intéressante étude sur le rôle du langage, c. î-vm, Augustin développe sa célèbre théorie du Verbe, seul mailre intérieur: elle sera expliquée plus loin, Doctrine de la connaissance.

Comparer la question De magistro inspirée à saint Thomas par cet opuscule : De veritate, q. xi, édit. Vives, t. XIV, p. 581. — W. OU, Uber die Schrift des h. Augustinus De magistro, in-8% Hechingen, 1898 (progr.).

11° Encyclopédie des arts libéraux. Saint Augustin avait entrepris un recueil de traités sur toutes les branches de l'enseignement : grammaire, rhétorique, dialectique, catégories, etc. ; plusieurs étaient achevés: tout a péri, sauf le De musica. Les traités longtemps attribués à saint Augustin, De grammatica liber, P. L., t. xxxn, col. 1385- 1410; Principia dialeclicœ, ibid., col. 1411-1420; Catégorise deceni ex Aristotele decerptœ, ibid., 1429-1439; Principia rhetorices, ibid., col. 1439-14V8, sont tous apocryphes, d'après les bénédictins. Toutefois, le P. Rottmanner, Jlistor. Jahrbuch, 1898, p. 894, dit que le De grammatica nous a été conservé par extraits et rein, mil'. Cf. Teuflël, Gesch. der rôm. Lilrratur, 5e édit., p. 1133. C'est aussi la thèse de Huemer, Der Grammatiker Augustinus, dans Zeitschrifl fur ôsterr. Gynin., 1886, t. iv, p. 256.

12° Les six livres De musica, P. L., t. xxxn, col. 1081- 1194; Retrait., 1. I, c. xi, commencés à Milan en 387 et terminés àTagasteen 391, exposent d'abord la technique <lu rythme, milic et vers. L. I-V. Mais le dialogue avait pour but d'élever l'esprit du rythme changeant des corps et des âmes, au rvthine immuable de l'éternelle vérité. L. VI, c. xi-xvh, /'. L., ibid., col. 1179-1193. Ce dernier livre mérite d'être lu, les mystiques du moyen âge aimaient à s'en inspirer. Les cinq autres sont 1res difficiles â saisir, au jugement d'Augustin lui-même. Cf. / pist., ci, à Memorius, n. 3, /'. L., t. xxxiii, col. 369.

Eust. Uriarlo, Lu musica segun s. Agustin, articles nombreux dans in Revista Agusliniona, 1885-1880; l'Y-tis, Biogi aphie cale, Pari 1860, t. i. p. 17(M71, Le Psalmus contra ■ n Donati, d'Augustin (voir Œuvr* donatistes,

col. 2294 e la plus ancienne poésie latine ryth-

dans le célèbre traité de Wllbem ÎAeyer, Anfang und l'r- *prung der lateinische und griechischen rhythmischen Dicli-

tung, voir Abhandl. d. bager. Acad., t. xvn, p. 284-2P8; et par Ébcrt, Hist. gén. de la littér. du moyen âge, t. i, p. 271-272. Cf. Ed. du Méril, Poésies populaires latines, 1843, p. 120-142; Manitius, Geschichte der christliclie latein. Poésie, Stuttgart, 1891, p. 320-323. — h'Eœsultet, ou chant triomphal du samedi saint, serait assez vraisemblablement d'Augustin, d'après Adalbert Ebner, dans Kirchenmusikalisch.es jahrbuch, t. vin (1893), p. 73-83. Cl".' Jahresbericltt..., de Conr. Bursian, 1895, t.Lxxxiv,

IIIe CLASSE : APOLOGIE OÉNÉTtALE ET POLÉMIQUE

comue les INFIDÈLES. — 13° De civitate Dei libri XX11, P. L., t. xli; Retract., 1. II, c. XJ.III, composé de 413-426 avec de fréquentes interruptions; le livre X a été écrit après 415, et les livres XX- XXII sont de 426.

— 1. But. — Après la chute de Rome, en 410, les païens l'attribuaient, comme tous les malheurs publics, à l'abolition du culte païen. Malgré des apologies ébauchées dans les lettres à Volusien et au tribun Marcellinus, Epist., cxxxvi-cxxxviii, P. L., t. xxxiii, col. 514-535, celui-ci demanda une défense plus complète de la toi. Augustin se mit à l'œuvre. Se trouvant en lace du problème de la providence sur l'empire romain, il élargit encore l'horizon, et, dans un élan de génie qui transformait l'apologie en philosophie de l'histoire, il embrasse d'un regard les destinées du monde groupées autour de la religion chrétienne, religion unique, qui, bien comprise, remonte aux origines et conduit l'humanité à son terme final. La cité de Dieu, société de tous les serviteurs de Dieu dans tous les temps et dans tous les pays du monde (sens nouveau du mot ciritas, remarque fort bien de Hertling, Augustin, Mayence, 1902, p. 100), la cité terrestre ou du démon, société de tous les ennemis de Dieu, ces deux cités morales bâties par deux amours contraires, voilà le véritable objectif de la providence et le triomphe de la cité de Dieu est le vrai centre du plan divin. —2. Analyse. — Le grand docteur, Rctract., loc. cit., retrace en détail le cadre de son ouvrage, avec ses divisions en deux grandes parties : Irc partie (apologétique, 1. I-X) : Le polythéisme païen est également impuissant : a) à donner la prospérité en ce monde comme le peuple l'espère (1. I-V, histoire des calamités sous les dieux, et vrais motifs de la grandeur de Rome) ; b) à préparer le bonheur de la vie future comme les philosophes l'affirment (1. VI-X, critique serrée, profonde et mordante de la théologie païenne, sous toutes ses formes, surtout de la démonologie néoplatonicienne). IIe partie (expositive, 1. XI-XXII) : Le christianisme donne la ciel de la providence en montrant la cité de Dieu, quoique mêlée ici-bas à la cité terrestre, en marche vers ses destinées éternelles. Et Augustin raconte les trois grandes phases de celte histoire en consacrant à chacune quatre livres : «) la naissance (crortus) des deux cités (I. XI-XIV, création, chute des anges, chute d'Adam et péché originel); b) le progrès (procursus) ou évolution des deux cités dans l'histoire (1. XV-XVIII, les trois premiers expliquant les grandes périodes bibliques marquées par le déluge, Abraham, David, la captivité, le XVIII0 réservé à la cité; terrestre ou histoire des empires); c)la fin des deux cités (fines dcbiti)ou étude des lins dernières (1. XIX-XXII, la béatitude, le jugement, l'enfer et le ciel des ressuscites). Dans ce cadre grandiose, les digressions dogmatiques, morales ou historiques sont fréquentes : les contemporains qui arrachaient à L'auteur chaque livre à mesure qu'il était écrit, s'inquiétaient moins de l'ensemble que des questions du jour envisagées de si haut. — 3. Jugement.

— La Cité de Dieu est considérée comme l'ouvrage le plus important du grand évoque ; le sujet si vaste embrasse l'universalité des problèmes qui tourmentent l'esprit humain, et l'auteur y prodigue les vues profondes et originales, c.e livre, avec les Confessions, mérite nne place .i pari : les auires (envies intéressent surtout les théous : celles-ci appartiennent à-la littérature générale

cl passionnent toutes les âmes. Les Confessions sont la

Al GUSTIN - \I\T)

théologie vécue dan» une Ame el l'histoire de l'action de Dieu dans les individus. La Citt dt Dieu est la théologie vivante dans le cadre historique de l'humanité et explique l'action de Dieu dans le m. unir. L'érudition d'Augustin serait aujourd'hui en retard : mais, quoi qu'on en ait dit, ses vues -< aérales dominent même les faits et les peuples '|u il h a pas connus.

I. Commentaires. - Louis Vives (dans l'édition d'Eranm 1622), ai i.' ni 'l'.'i.- (Coqueau), O. S.A.,

Itate l>'i, in-lol., Paris, 1636.

II. ÉDITIONS SEPAREES. — B. Sadler, O. S. B., avec notes, 5 in-s , Ingolfitadt, 1737: sans notes. 2 in-8\ Leipzig, 1K2.">; plus réoemment, Strange, 2 in-8-, Cologne, 1850; meilleure par Dombart, 2 .Mil.. 2 In- 1877.

III. Analyse kt ETUDES. — Voir une analyse très détaillée dans Tillen M2; Ceillier, 2* édit, p. 288-327 ; Ébert, Bist. de la littérature du m lyen Age, trad. franc., 1. 1, p. 241-259; Boissier. La fin du paganisme, Paris, 1891, t. u, p. 330-300; de Hertling, op. cit.. p. 98-105.

IV. Ou vrages spéciaux. — Fr. A. Bittner.Df civitate Deicommentarii, in-8-, Mayence, 18'i5; Carlson, De contentione Aur. Augustini cum paganU m libre ejust De civitate Dei », in-8", Lundae, 1*47; 3. Heinkens, Geschichtsphilosophie des h. Augustiru, Schaffhouse, l«t;tj; Seyricb, Die Geschilsphitosophie Awjuslins nach seiner Scliri/t « De civitate Dei », Leipzig, 1801 (diss. inaug.); M. Bonvvetsch, Von der Sladt Gottes (nach Augustin), dans Mittheilungen a. Nachrichten fur die Ev. Kirche in Hussland, Riga, 1801, p. 103-200; .1. Biegier, Die Civitas Dei des h. Augustinus, in-8", Paderborn, 1804; van Goens, voir plus loin Doctrine ; Dombart, Zur Textgeschichle « De civitate Dei » Auaustins, Leipzig, 1008.

V. Sur les sources. — Karl Frick, Die Quellen A ugustins im XVI II Huche seiner Schriftt De civitute Dei », in-8*, Hoxter, 1886; Dràseke, Y.n Auguttins i De civitate Dei », xvm, 42, eine Quellenuntersuchung, dans Zeitschrift /. wiss. Tlieol., 1889, t. xxxii, p. 23U-248.

14° Le De vera religions, P. L., t. xxxiv, col. 121-172; 'Retract., I. I, c. xm, fruit de la solitude de Tagaste (389-391) et adressé à Rornanien, est un petit chefd'œuvre d'apologie, non seulement contre les manichéens, dont il est spécialement parlé, mais contre tous les infidèles. La vraie religion n'est que dans l'Eglise catholique, c. i-vii, fondée sur l'histoire de la religion et les prophéties, c. x-xx (ébauche de la Cité de Dieu). Plus tard, en 145, Augustin, consulté sur les preuves de l'existence de Dieu, renvoyait L'vodiusà ce livre. Epist., clxii, n. 2, /'. /.., t. xxxiii, col. 750.

15° Le De utilitate credendi, l'. L., t. xi.ii, col. 65-92; Retract., 1. I, c. xiv, adressé a son ami Honorât, encore manichéen (391), prouve que la foi, dont il se moque, n'est point accordée à l'aveugle, mais sur des preuves divines de l'autorité infaillible de l'Église catholique.

16° Le Liber de fide rerum t/uœ non videntur, P. L., t. XL, col. 171-188, traite le même sujet : il est de 100, et n'est pas mentionné dans les Rétractation», mais dans Fi>ist., c.cxxxi, n. 1 ; peul-étreest-ceunsermon.

17" Le Liber de divinatiorle dsemonum, P. L., t. m . col. 581-592; Retract., I. II. c. xxx, a été écrit entre 406-411, à la suite d'un entretien de l'évéque d'Ilippone avec plusieurs laïques instruits sur les prédictions attribuées aux faux dieux.

18° Les Sex qusestiones naîtra paganos expositœ, ou Epist., Cil, à Deogratias, prêtre de Carthage, /'. L., t. xxxiii, col. 370-386; Retract., I. Il, c. xxxi. vers 108- 109, répondent aux moqueries de Porphyre et des païens sur la résurrection, la nouveauté du christianisme, le culte et les sacrifices, etc.

19° La Lettre, cxviii, un païen Dioscore, /'. /..,

t. XXXIII, col. 432-449, est un essai d'apologie indirecte, en réponse à des questions de rhétorique profane qu'il

écarti [en H0). Le tableau qu'il trace des égarements de

toutes les écoles philosophiques fait ressortir l'autorité de la loi chrétienne, a laquelle il l'imite.

20° i' Fractatus advenus judmos, /'. /-.. t. xi.ii. col. 51 lii. est un Miinon (de 128?) sur la mis-ion du

Christ el la réprobation du peuple juif et de son culte.

Sur le caractère messianique du Christ, cf. 8erm., xci. /i CLASSE : POLÉMIQUE COHTBB LMB BÉBÉBIMê. —

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