‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 253 sur 338 · C. Interprétation scolastique [saint Thomas et son · texte numérisé non relu

C. Interprétation scolastique [saint Thomas et son

Dieu serait la lumière de l'âme : a) comme i créatrice de l'intelligence: c'est lui qui par la créations allumé le flambeau de la raison; b\ comme source de t iule vérité : les idées divines sont le type, l'exemplaire auquel doit se conformer toute connaissance pour être vraie. S. Thomas, Snni. titrai., 1». q. i.xxxiv. a. .">; q. i.xxwni, a. 3. C'est l'interprétation courante chez les scolastiques. Zigliara, Délia luceintellettuale,c. xi-xin. Rome, 1874, t. i; Lepidi, De ontologismo, Louvain, IS71, p. 192-223; Franzelin, De Deouno, Rome, 1870, p 140-148. — Critique : Cette explication est insuffisante. Les textes mêmes de saint Augustin disent plus que Cela, on l'a \u. Mais uni' réflexion tranche tout: si on s'en tenait là, il faudrait dire que saint Augustin n'aurait jamais touché au problème de la connaissant e, qui parall cependant avoir été la préoccupation de sa vie

entière. Toutes ses réponses se réduiraient a eeei : Nous

savons, parce que tout savoir est une image des jd< es divines, et parce que Dieu nous a donné l'intelligence

pour s;,w,ir. Mais rel.i dit. tout le proMémi

quoi consiste cette intelligi nce donm

comment arrive-t-elle, finie et ci

vérité éternelle'/ Platon répond : rémini

et l'Ecole effet de l'abstraction; d'autre

dépdl mystérieux des vérités. Mai

rien dit. Tout Bon livre lin maître i/<(.

rail a dire Dieu a créé non - l -t impos-

sible. Saint Thomas l a senti, el i à el la. il veut al

saint Augustin au système aristotélicien. Cf. I>

q. \. Efforts inutiles les textes d Augustin t.

entrer dans le cuire, et saint Thomas avoue en maint

endroit qu'il a été trop platonicien.

:i. Solution. — A. i La doctrine

d'Augustin est doue, d'après nous, la théorie au moyen âge qui la lui emprunta, de l'illumina divine des intelligences. — a i in peut la formuler ain-i : Notre /mie ne peut atteindre à la vérité intellectuelle, sans une influence mystérieuse de Dieu, ne consistant point a se montrer lui-même à nou produire (effective) dans notre âme comme une in de ces vérités qui détermine notre connaissance langage scolastique. le rôle que les aristotéliciens attribuent à {'intellect agent qui produit les specie» im\ s;e, ce système l'attribue à Dieu: Lui. le maître, il lerait à l'âme, en ce sens qu'il imprimerait cette r sentation des vérités éternelles qui sérail la eau-notre connaissance. Les èl :es ne seraient p comme dans les anges, mais successivement prodi dans l'âme qui les connaîtrait en elle-même. — b) Il faut

irderde confondre cette explication avec l'averroi qui attribuai! la connaissance elle-même à nue intelligence séparée. D'après les Arabes, Dieu ou la r universelle supplée non seulement Vintellectus ai mais Yintellectus possibilis, et toute la connaiferait en moi sans moi. C'est le panthéisme intellectualiste combattu comme destructeur de la foi par - Thomas et toute la scolastique. — c) Au contraire, li terne de l'illumination a été regardé de tout t. comme une opinion libre, ainsi que Suarez l'affj encore, De anima, l. IV, c. vin. n. '». Paris, 1856, t. \i. p. 741, in re tant abdita, dit-il, le prohleui si ohscur que toute liberté reste. Augustin a eu des tis;ins illustres, en particulier dan- ntu-

rienne. Voir la publication franciscaine très inl De humaine cognitionis ratume anecdota s. Bonaventurss et nonnullorunt n in-l'. Quaracchi, 1883, surtout la diss. prasvia, p i5. Voir Al ol siiMsMi:. Telle est. à peu pris, l'inti i talion d'Augustin, adoptée aussi par Leibnitz e! Gerdil. Cf. Lepidi. op. cit., p. 2I8-2IH. Saint Thomas lui-mi l'insinue dans l'opuscule De spiritualU n. 1(1, liront s/iiritiis af/i'ns sit iniiis omnium h Qusest.disp., Paris. 1889, I. \iv.p. 19-54.

B. Preuves en faveur de cette interprétation. — a Klle esl formellement exigée par les textes cités: tous pliquenl et s'éclairent : on comprend la l'impression d'une image, les comparaisons du sceau, du soleil, du maître qui parle intérieurement, de 1 quand il illumine les hommes, De Genesi ad lin.. 1. XII. n 58, l'affirmation d'un secours nécessaire,

intns ailjiiverit. Epist., CXX, '.. 11. 2. /

t. XXXIII, Col. 453. Sur la comparaison du soleil, Soliloq., I. I. c. vin, n. I.".. d.m- le De Trinit . I. Ml. c. XV, n 24, /'./... t. xi. n, col. 101 1, il dit que i templons la vérité in quadam mm sui gek i.po-

itEA, quemadmodum oculus carnis videt qu i corporea luce circumadjacent. Cette lumii n'est donc pis Dieu, mais produite par Dieu. est exigée surtout par la théorie gët gUStin. L'illumination de l'intelligence esl ordinaire; comparée à l'inlluence de la j;ràce dans la * c'est une des thèses favorites ,lu docteur d'Ilq :

AUGUSTIN (SAINT

eivit., I. VIII, c. ix-x, n. 2, P. L., t. xli, col. 235. Voir plus haut col. 2328. Or nul ne doute que l'influence de la grâce s'exerce d'une manière effective; il en sera donc de même de l'illumination intellectuelle. Un texte très intéressant est fourni par le 1. Xl\,De Trinit., exil, n.15, P. L., t. xlii, col. 1018, où la lumière qui éclaire l'âme est comparée à la grâce qui la justifie, et l'une et l'autre sont des formes créées dans l'àme. — c) Elle est réclamée enfin par ses origines historiques.il serait facile, mais trop long, d'établir que Platon et Plotin par leurs explications ont préparé le système du docteur d'Hippone.

Conclusion. —Est-ce à dire que cette explication d'Augustin soit la vraie théorie de la connaissance? Nous ne le pensons pas, mais nous avions à déterminer la pensée d'Augustin, non à la justifier. D'ailleurs il sied d'être réservé en ces matières : du système que nous attribuons à Augustin, saint Thomas, In IV Sent., 1. II, dist. XVII, q. ii, a. 1, Paris, 1873, t. vin, p. 221, parle avec respect : satis probabilité)' , dit-il. Il est d'ailleurs très intéressant de comparer ces deux grands génies sur cette question : dans l'opuscule qu'ils ont écrit chacun De magistro et dans les passages suivants : Soliloq., 1. I, c. vi, n. 42, P. L., t. xxxn, col. 875, et S. Thomas, Sum. theol., IaIIœ, q. cix, a. 1, ad 2um ; .De magistro, c. XI, XII, ibid., col. 1215, et S. Thomas, In IV Sent., 1. II, dist. XXVIII, q. i, a.5,ad3"">; Confess., 1. X, ex, n.17, ibid., col. 786; De Gènes, ad litt.,\. XII, c.xvi,n.33,P.L.,t. xxxiv, col.467,etS.Thomas,£>erc/i<., q. x, a. 6, ad 5ura; De Trinit., 1. XII, c. n, n. 2, P. L., t. XLII, col. 999, et S. Thomas, ibid., ad 6um; Confess., 1. XII, c. xxv, n. 35, P. L.. t. xxxn, col: 840 : siambo ..ni* veruni esse quod dicis, etc.; De vera rclig., c. XXXVI, n. 66, P. L., t. xxxiv, col. 151, et S. Thomas, Quodlib., X, q. iv, a. 7, ad lum.

3° La foi et ses rapports avec la raison : Augustin apologiste. — « Augustin est le premier des Pères qui ait senti le besoin de raisonner sa foi, et de se rendre distinctement compte des problèmes préliminaires que nous devons aujourd'hui traiter dans les prolégomènes de toute dogmatique. Les Alexandrins, il est vrai, avaient agité ces questions, mais chez eux, formel et matériel de la loi, fondements primitifs et déductions éloignées, tout est mêlé'. » Cette réflexion est de Harnack, Lehrb. der Dogmengesch., t. m, p. 97, et il cite à l'appui les questions de Laurentius dans VEnchir., c. iv, P. L., t. XL, col. 232. Nous ajouterons que le système si clair et si net du grand docteur sur l'union de la foi et de la raison, s'il avait été mieux compris, aurait préservé les théologiens du xvne siècle des subtilités nuageuses dont l'analyse de la foi se dégage aujourd'hui avec tant de peine.

1. Augustin affirme, des le début de sa conversion, les deux sources de nos connaissances religieuses, la n ,t l'autorité. — C'est la conclusion de son premier ouvrage, Cont. acad., 1. III, c. xx, n. 43, P. L., t. xxxn, col 958 : Nulli dùbium est , geniino pondère nos vmpelli a,/ diseendum, auctoritatis algue )~ationis. Voir col. 2326. : la thèse développée dans le De ordine, 1. II, c. ix, n. 26, ibid., col. 1007. — La nécessité de croire à une autorité est le fond même du De utilitate credendi, où il établit en général nihil omino huma/ce societatis inco-

lunie rémunère, si nihil eredere stut iieriiniis, ijiunl nmi

potsumut tenere perceptuni, c. xn, n.26, P. L., t. xlii, col. 8i. — La util ure île lu foi est nettement exposée par

exemple dans Y Epist., cxlvii, ad Paulinam, c. u, m, n. 7, 8, P. L.,\. xxxiii, col. 699-600 ; elle n'est point je ne quel sentiment vague de l'âme adhérant à une doctrine sans motifs rationnels; elle est une adhésion Intellectuelle aux vérités qui lui sont garanties, non par

une vision intime de ces vérité*, mais par des témoins

dignes de créance; Creduntur ergo illa qum abtunt a tension» nostri» si videtur idoneum quod eis testimoniuiu perhibetur. Lue. cit., n.7. Ainsi, d'après le grand

DICT. DE T1IÉOL. CATHOL.

docteur, le caractère essentiel de la foi, c'est d'avoir pour unique motit d'affirmation un témoignage, mais un témoignage vérifié, tandis que la science voit l'objet en lui-même, dans les causes ou les effets intimement liés avec lui. La liberté de l'adhésion et la nature mystérieuse de l'objet sont des propriétés de la foi chrétienne, elles n'en constituent pas le fond essentiel.

2. Priorité de la raisonetde la foi sous divers aspects. — Il est assez d'usage de résumer la pensée d'Augustin, comme Weber l'a fait, Histoire de la pliilos. europ., 4e édit, p. 168 : « Chronologiquement, la foi précède l'intelligence : pour comprendre une chose, il faut préalablement l'admettre, credo ut intelligam. » Et de fait bien souvent le grand docteur affirma la priorité de la loi, De ordine, 1. II, c. ix, n. 26, P. L., t. xxxn, col. 1007 : Ail diseendum necessario dupliciter ducimur, aucloritate et ratione. Tempore auctoritas, re autem ratio prior est; De Trinit., 1. VIII, c. v, n. 8, P. L., t. XLII, col. 952 : priusqunm intelliganvus, credere debemus; 1. IX, c. i, n. 1, col. 961 : fuies utcumque inchoat cognitionem; In Evang. Joa., tr. XL, n. 9, P. L., t. xxxv, col. 1690 : credimus ut cognoscamus, non cognoscimus ut credamus. Mais dans tous ces passages, il s'agit uniquement de l'intelligence intime des vérités révélées. Quant à la préparation de la foi, nul n'a marqué, avec plus de netteté et de mesure qu'Augustin, le rôle de la raison qui précède et accompagne l'adhésion de l'esprit. Voici donc l'ordre complet des relations entre la raison et la loi : — a) Avant toute foi, la raison doit montrer non la vérité intime des affirmations du témoin, mais les titres de celui-ci à être cru sur parole : De prœdest. sanct., c. n, n. 5, P. L., t. xliv, col. 962-963: nullus quippe crédit aliquid, nisi prius cogitaverit esse credendum; De vera relig., c. xxiv, n. 45, P. L., t. xxxiv, col. 141: auctoritas fidem fkigital et ralioni prœparat hominem... Quanquam neque auctoritatem ratio penilus deserit, cum considérât cm sit credendum, et c. xxv, n. 46, col. 142 : nostrum est considerare quibus vel hominibus vel libris credendum sit ad colendum recte Deum. La lettre cxx à Consentais étudie les rapports de la raison et de la foi, et, après avoir proclamé le grand principe : etiam credere non possemus, nisi raliouales animas haberemus, explique cette priorité de la raison, c. i,n. 3, P. L., t. xxxin, col. 4ô3 : Si igilur rationabile est itt ad magna quiudam, quse capi non possunt, fuies prœcedat rationem,procul dubioquantulacumque ratio quse hoc persuadet, eliam ipsa antecedit fidem. — Mais une fois établies l'autorité et l'existence du témoignage divin, ce serait folie d'attendre pour croire qu'on ait résolu toutes les questions quse non sunl finiendsB ante fidem, ne finiatur vita sine fide, dit-il. Epist., Cil, ad Deogratias, n. 38, P. L., t. xxxin, col. 386. — b) Dana l'acte de foi lui-même, la raison garde cette vision de l'autorité du témoignage : l'esprit ne peut atteindre que le vrai, et la vérité des dogmes révélés n'apparait que dans le témoignage. Saint Augustin ne cesse de le redire : cogitât omnis qui crédit, credendo cogitât,

et cogilanilii crédit. De pr:rdest. suint., C. II, /'. L.,

t. xliv, col. 203. Et que voit le croyant? ce ne sont pas seulement les concepts, éléments du dogme, c. De Trinit., 1. VIII, c. v, n. 7, P. L., t. XLH, col. 952; c'est la vérité de ces dogmes, manifestée par un témoignage autorisé : si videtur idoneum... teslimmiium. Cf. Epist., cxi. vu, n. 7. Et avec plus de clarté encore, Epist., cxx, ad Consentium, n. 8. /'. /,., t. xxxni, col. 156 : lluiiet namque ftdes oculos sims, quibus quodamnwdo

VIDET VBRUH ESSE quod imudiim videt, et i/uilius cerlissime videt ui'iidum se videre quod crédit. {Quodamnwdo exprime la vérité vue seulement par le dehors, par le témoin.) Quelle n'eûl pas été la stupéfaction d'Augustin si on lui eut dit (pie la foi doit fermer les yeux sur les preuves du témoignage divin, sous peine de devenir la science ! si on lui eût parlé d'une foi d'au-

erwo

M GUSTIN (SAINT

torité<ja\ donne 'un assentiment, 'lit on, sans regarder aucun motif qui prouve la valeur du '■ rm l mue

s il étail posaible à l'esprit humain il accepter un lémeimotifif, ou, ce qui eal la mène chose, sans motifs connue! Ou encore, comme ai le témoigu même savamment critiqué, pouvait jamais donner la science, la vue intérieure de l'objet! Saint Augustin, au contraire, loin d'avoir pi urdu mot de science et de vision, l'une et l'autre, pourvu que l'objet en soit seulement le témoignage, Epiât., ixivn.c. ni , n. 8, P. L., t. kxxiii, col. 600 ; Constat igitur nottra icientia ■ i rebut et creditis: sed m iis qust vidimus vel videhuis, nos ipsi testes sunvus; \u his autem qust credimus, aliis testibus movemur ad fidem, et ;ilors la foi requiert des documents, qdibi s visis non visa credantur. Il ajoute aussitôt que cette adhésion aux dogmes, appuyée sur un témoignage reconnu di^nc de créance, peut être appelée une science, mais elle reste toujours /<( foi, puisqu'elle ne voit pas l'objet en lui-même. — c) Mais, pour l'intelligence intime du mystère, la foi précède la raison, lies que le témoignage divin est connu, la raison s'arrête au seuil du mystère, sans retarder sa foi jusqu'à ce qu'elle ait mieux compris le mystère. Klle n'attendra même pas, pour croire, qu'on ait résolu toutes les questions. C'est après avoir cru, que le fidèle cherchera les explications plus ou moins approximatives du dogme. Mille fois Augustin l'a redit, et il aime à invoquer l'autorité' d'Isaïe, vu, 9, ou plutôt de la traduction inexacte des Septante : nisi credideriHs non intelligetis. De lib. arbit., 1. II, c. n, n. (i, P. L., t. xxxii. col. 1-213; Epist., c\\, c. i, n.3, P. L., t.xxxm. col. S53. C'est la grande thèse introduite plus tard par Anselme dans la scolastique primitive, /ides quserens intellectum.

Deux sermons renfermant un admirable résumé de celte théorie: le sermon XLiutout entier, dont la conclusion explique la vérité de ces deux formules : inteUige ut credas, crede ut intelligas, c. vu, n. '.), P. L., t. xxxvin, col. 258; et le sermon xvm in Ps. r.xviu, surtout n. 3, P. L., t. xxxvn, col. 1552 : quamvis enini, nisi aliquid intelligat, nemo possit credere in Deum, tamen ipsa fide qua crédit, sanatur ut intelHgat ampliora. Alla enim sunt, qum nisi intelliganius, non credimus; et alia sunt, qum nisi credamus, non intelligimus.

3. La démonstration de In foi. — a) Le rôle de l'apologiste a été tracé dans le De lib. arbit., 1. 111, c. m, n. 60, P. L.,l. xxxn, col. 1301 : donner les litres de l'autorité qu'il invoque, et repousser les objections, advershs incrédules hactenus defendenda, ut vel mole auctoritatis infidelitas eorum obteratur, vel eis ostendatur, quantum potest, primoquam non «il stultuni talia credere, deinde quam sit stultum talia non credere. — 6) A la base de toute démonstration, Augustin pose le grand principe que la connaissance de la providence divine doit précéder tout, et que toute preuve de la révélation par les miracles suppose déjà établis l'existence de Dieu et le gouvernement du monde par lui. Ci. De utilitate cred., n. 34, /'. L., t. xlii, col. B9 si enim Dei providentiel non providet rébus huma nihil est de religions satagendum, etc.; Confess., 1. VI, c. v, n. 7. s. /'. /,., t. xxxn. col. 783 (l'autorité de l'Écriture démontrée par la providence). — <•) Les grandes preuves sur lesquelles Augustin appuie l'autorité de Jésus-Christ ou de l'Église dans le De fide rerum qum mm videntur; De civitate Dei; De vera religions, sont déjà indiquées dans le De utilit. cred., loc, cit. 11 signale en particulier : — a. les miracles du Christ, sannti languidi, mundati leprosi; — b. au-dessus dea miracles, i prophéties; voir Serin., xi.in, c. iv, n. '■>. I'. l . t. xxxvin, col. 256, magnifique développement du firmiopropfieticum sermonem, Il Pet., i. 18; — c lu multitude des croyants, partini tequentium mul-

titudine, !>■ util. • if.; cf Epist . i x\in

j. /'. /.., i. xwin, ■ ■ gumenf iu-ufi

• r le nombi e nls, Augustin ri ■

- 1 1 j ^ — i rétablissement merveilleux de i i r

1ère de catholicité si souvent opposé aus n chéens et aux donatistes, • i le miracle providentiel qui peut seul expliquer la conquête du moi Sert»., xi. ni. c. v, o. 6, P. /.., t. xxxvm, col. i"»7, le pâtres dans l'établie . —

./. mais la grande preuve qui semble avoir fi davantage Augustin, c'est la sainteté du chri incarnée dans l'Église, et la transformation morde du monde. Cf. tout l'ouvragi De ntoribu ' col. 2292 . De utilit.cred., c. xvii, n. 37, P. /.., t. xlii, col. '.Mi. Lui-même, il lut convaincu par l'histoire de l'héroïsme apostolique. Voir col. 2274. Dans le /'■ relig., c. ni, iv. n, 3-7. P. L., t. xxxiv. col. 123-126, après avoir trace'' un magnifique tableau de la révolution morale accomplie, il conclut que, si les grands philosophes, Sociale et Platon, en étaient aujourd'hui moins, christiani fièrent, n. 7, col. 126. A l'évéqu d'Hippone ainsi qu'aux Pères du concile du Va! (conslit. De fide, c. ni), l'Église apparaît comme la monstration mise à la portée de tonlimons Domini, etc. Cf. In 1 Joa., tr. I, n. 13, /'. /. . t. xxxv, col. 1988.

i. Les sources de la foi, d'après saint Augustin. — A. En général, Augustin proclame l'autorité des trois règles de foi : Ecriture, tradition et magistsiastique. — Il est si évident qu'il n'a sacrilié ni la Bible à la tradition orale, ni l'Église à la Bible, qu. critiques protestants, impuissants à concilier ces deux éléments, ont, ici encore, accusé Augustin de coi. diction : « Ceux qui placent l'Écriture au-dessus du symbole, tout comme les partisans de l'idée contr peuvent se réclamer du nom d'Augustin, car il a fortifié la tendance bibliciste. tout en fortifiant également la position des hommes d'Église qui, comme Terlullun, démolissent les biblicistes. i Harnack, Précis de i îles dogmes, trad. franc,-, p. '203. Cf. Lehrbuch mengesch., t. ni. p. 92. Ce reproche est sans fonden et saint Augustin, en signalant ces diverses souri-' noire foi, en a très bien décrit la subordination et l'harmonie.

Pour lui, les Écritures canoniques sont une i indéfectible. De nat. et grttt., c. i XI. n. 7. / t. xliv. col. '282: solis canonicit dla

récusations corn des Pères et aux apocrypl

b) Mais tout n'est pas dans l'Écriture, et la seule nous a transmis bien des révélations apostolii comme le baptême des enfants. De bapt., I. V, c. XXIII, n. 31, /'. /...t. xi.in. col. 192: sunt multa qust tenet Ecclesia, et ob hoc ab a}x>stolis prsscep ta I credutitur, quanquam scripta non reperiuntur I. II, c. vu. n. 12, col. 133; 1. IV, c. vi. n 6, col. I Epist., i.\i. n. 1, P. L . i. xxxni. col. tradi-

tion du baptême nécessaire aux enfants lui foum preuve favorite du péché originel, ('.ont. .lui., 1. \ I n. 13, /'. i. . t. xi îv, col. 830. Mais, poui apostolique, la tradition doit apparaître revêtue d'un caractère d'universalité, et saint Augustin formule déjà la règle que développera bientôt Vincent di

'!>/.. I. IV. c. xxiv. n 31, P. I. . t xi m. col. 174 : quint universa tend Ect I sed semper retentum est, iwnnisi auctoritat* lica traditum rectissime creditur. A la traditi se rapporte le symbole, régula fidei, que doit i l'interprète de l'Écriture, comme une loi im Cf. De doct. christ., I. III. c. il, n. i, /' /... t. x\ col. 651. Augustin l'a souvent com christ., c. xiii-xxxiii. P. /.., t. J ridion, c. ix-cxui, ibi ' . col. 255-5

AUGUSTIN (SAINT

catech., ibid., col. 627-637; Serm., ccxn-ccxv, in tradit. symboli, P. L., t. xxxvin, col. 1038-1076. Hahn, Bibliothek der Symbole, 3e édit., § 33, 47, p. 38, 58, a extrait de ces commentaires deux formes du symbole, l'une usitée à Milan, l'autre en Afrique, dont la variante la plus importante est la conclusion : vitam selernam per sanctam Ecclesiam.

c) Au-dessus de l'Écriture et de la tradition est l'autorité vivante de l'Eglise. Elle seule nous garantit les Écritures, d'après la célèbre parole, Cont. epist. manich., c. v, n. 6, P. L., t. xlii, col. 176 : Ego vero Evangelio non crederem, nisi nie çatholicse commoveret auctoritas. Cf. Cont. Faust., 1. XXII, c. lxxix, ibid., col. 452; 1. XXVIII, c. n, col. 485. C'est elle encore qui nous transmet le symbole. De doct. christ., 1. III, c. n, P. L., t. xxxiv, col. 651. Par son enseignement, elle est la règle suprême que l'on doit suivre dans l'interprétation de l'Écriture et de la tradition. De doct. christ., 1. III, c. xxvii, n. 38, P. L., t. xxxiv, col. 80; De Gcn. ad lilt. lib. imperf., c. i, n. 1, P. L., t. xxxiv, col. 221 : quxrendi dubitatio çatholicse fidei metas non débet excedere. Enfin, par ses conciles, elle tranche toutes les controverses. De bapt., 1. II, c. IV, n. 5, P. L., t. xliii, col. 129.

d) Dans l'ordre logique de la démonstration de la foi par Augustin, la divinité de l'Église, prouvée non par les Écritures (il y aurait cercle vicieux), mais par les grands miracles de son établissement et de sa sainteté, précède la connaissance des Livres saints, au moins de leur inspiration. Puis de l'Église catholique reconnue divine dans ce qui est le fond essentiel de sa pensée religieuse, il reçoit, avec le symbole, les Écritures inspirées qui lui révéleront d'une manière plus distincte la mission et les privilèges de l'Église. Tel est le sens de ce passage fameux, Cont. epist. manich., 1. IV, c. v, P. L., t. xlii, col. 175 : nudta sunt alia quse in ejus (Ecdesise) gremio nie justissime teneant : tenet consensio populorum atque gentium : tenet auctoritas miraculis inchoata, etc.

B. En particulier, la Bible et saint Augustin. — Il est certain qu'Augustin a contribué, par son exemple et ses théories, à développer le rôle de l'Ecriture dans l'Église. Harnack n'a pas craint dédire, Précis de l'hist. des dogmes, p. 152, qu'à partir du ve siècle, en fait l'Ecriture sainte a reçu, dans la vie de l'Église en Occident, une place autre qu'en Orient, elle se tient davantage au premier plan et cela s'explique surtout par l'in/luence d'Augustin.

a) Il est un des témoins des plus anciens du canon complet des Ecritures : il y a compris les deulérocanoniques, au moment où saint Jérôme s'en tenait aux hésitations de l'Orient, et, dit Harnack, op. cit., p. 150, l'opinion d'Augustin fit règle pour l'Occident tout entier. La liste des livres canoniques qu'il donne, en 307, De doct. christ., 1. II, c. vm,n. 13, P. L., t. xxxiv, col. 41, concorde parfaitement avec le canon dit gélasien, que les critiques modernes croient promulgue par le pape Damase dans un concile romain de 374 (Thiel, Epist. mm. pont., p. 56; Jaffé, Regesta, n. 40, 91). et avec la ]i-i> envoyée a Exupère de Toulouse parle pape Innocent I"r, en 405, P. L., t. xx, col. 501. Un catalogue semblable, avec, des variantes sans portée, était déjà dressé en 393 par le concile d'Hippone, auquel assistait Augustin, comme simple piètre, can. 38, Mansi, t. m, col. 924, canon renouvelée Carthage en 397, eau. 47, Mansi, t. m, col. 891, et en 419. can. 29, Mansi, t. iv, col. 430. Ces conciles ne prétendent pas formuler une décision définitive et ajoutent qu'il faudra consulter le pape Bonipro confirmando isto canone Mansi, t. rv, col. 891. lie même Augustin connaît et permet les divergences entre les diverse i glises, De doct. christ., I. Il, c. vin, n. 12, /'. /... t. xuiv, col. 48, ei eu particulier les doute de l'Église orientale, Dedvit., 1. XVII, c. xx, n. 1,

P. L., t. xu, col. 551. Mais personnellement il ne varia jamais sur la valeur des deutérocanoniques, et dans le De civit., 1. XVIII, c. xxxvi, P. L., t. xu, col. 596, il défend toujours linspiration de la Sagesse. Il modifia au contraire ses idées sur l'auteur de plusieurs livres : il avait attribué la Sagesse à Jésus-Sirach, mais plus tard changea d'avis, Retract., 1. II, c. iv, n. 2, P. L., t. xxxn, col. 631, sans pouvoir désigner d'auteur. Voir Spéculum, § 21, P. L., t. xxxiv, col. 947. O. Rottmanner, dans Saint Augustin sur l'auteur de l'Épilre aux Hébreux dans la Revue bénédictine, juillet 1901, a établi qu'à partir de 409 jusqu'à sa mort, Augustin ne cite plus cette épitre comme un écrit de l'apôtre, sans toutefois se prononcer contre l'origine paulinienne. Cf. De peccat. mer., 1. I, c. xxvm, n. 50, P. L., t. xliv, col. 137 (l'inspiration même de l'épitre est niée par certains). — Quant aux apocryphes, il les répudie avec énergie. De civit. ,1. XV.cxxm, n. 4, P.L., t. xu, col. 470; 1. XVIII, c. xxxvm, col. 598; Cont. Faust, nian., 1. XI, c. n, P. L., t. xlii, col. 245.

b) La doctrine de l'inspiration doit aussi à Augustki d'avoir été précisée dans le sens « du biblicisme strict », Harnack, op. cit., p. 151, c'est-à-dire de l'origine divine et par suite de l'inerrance absolue des Livres saints, telle que le concile du Vatican l'a proclamée, quam (Scripturam) esse veraceni nenio dubitat nisi infidelis et impius. De Gen. ad. litt., 1. VII, c. xxvm, n. 42, P. L., t. xxxiv, col. 371. C'est l'esprit de Dieu qui « parle par la bouche des prophètes et conduit la plume des apôtres ». De doct. christ., 1. II, c. vi; 1. III, c. xxvii, etc.; Confess., 1. VII, c. xxi, n. 27; 1. XIII, c. xxix, n. 444; De civit., 1. XVIII, c. xliii. On peut même dire que les livres des apôtres sont les écrits de Jésus. De cons. Evang., 1. I, c. xxxv, n. 54, P. L., t. xxxiv, col. 1070. Toute affirmation absolue de l'Écriture, même celles que l'écrivain a conçues sans révélation, devient une vraie révélation pour le lecteur, parce que Dieu, l'inspirant, lui donne la garantie de sa divine parole. Aussi une erreur dans la Bible est-elle impossible. Epist., lxxxii, c. i, n. 3, P. L., t. xxxiu, col. 277; n. 24, col. 286. Si on croit y rencontrer une assertion fausse, c'est que aut codex mendosus est, mit interpres erravit, aut tu non intelligis. Coût. Faust, man., 1. XI, c. v, P. L., t. xlii, col. 249. Cf. Epist., lxxxii, loc. cit., col. 277. Tout le De consensu Evangel., P. L., t. xxxiv, col. lOil sq., la controverse avec saint Jérôme sur Gai., il, 14 sq., ont pour but d'exclure de la Bible, non seulement toute dissimulation volontaire, mais toute erreur inconsciente. Voir encore Epist., XCIH, c. x. n. 35-36, P. L., t. xxxm, col. 3; 9; De (ici. ail litt., 1. V, c. vin, P. L., t. xxxiv, col. 329; In Joa., tr. CXI, n. 1, /'. L., t. xxxv, col. 1930. Toutefois pour saisir exactement la théorie d'Augustin, il faut tenir compte des restrictions qu'il fait : il admet, des oublis, la confusion d'un nom mis pour un autre, De cons. Evang. ,l.lll,c. vu, n.30, P. L.,t. xxxiv, col. 1175; les discours sont fidèlement rapportés pour le fond et la pensée, mais on peut trouver entre évangélistesdes divergences d'ordre ou d'expression. Ibid., 1. II, c. XII, n. 27-29, col. 1090. Vogels, S. Augustins Schrift De consensu Evangelistarum. Fribourg-en-lirisgau, 1908.

C) Sur les versions de la Bible, saint Augustin eut des opinions moins heureuses. Il considéra la version des Septante comme inspirée. Sans doute il raconte comme une simple « tradition B la légende des 72 cellules. De civit., I. XVIII, e. xlii, /'. L., t. xu, col. 603; De doct. christ., I. II, c. XV; Knarr. in l's. LXXXVIl, n. 20. mais il insiste sur l'inspiration, et explique par la volonté do Saint-Esprit les divergences entre l'hébreu et le texte grec, l'un et l'autre étant inspirés même dans les parties qui manquent dans l'un des deux textes. De eti ''.. loc. cit., c. xi. in, col. (loi.

Parce qu'il ne reconnaît d'autorité qu'an texte grec

AUGUSTIN SAINT

de l'Ancien el du Nouveau Ti tamenl ainl Augustin conserve en face des textes latins une entière i

d'appréciati t de disi uasion. Il reproduit surtout des

textes i italiens . parce que l'Ilala a ses prétérences; cependant il emploie Fréquemment les anciens textes .. africaine . el parfois même la Vulgate de saint .ii. .m. Rônsch, /' Bibelûbersetzungen

m, christliclien Afrika :ur Zeit des Augustinus, dans la Zeitschrift fur die hist. Théologie, 1*07. p. 0<h; sq.; 1870, p. 91 sq.; Douais, Saint Augustin et la Bible, dansla Revue biblique, 1893, p. 62-81,351-377; Burkitt, The old Latin and Xtala, dans Texte and Studies, Cambridge, 1896, t. iv. fasc. :i. p. 55-78; P. Monceaux, Ilist. littéraire de l'Afrique chrétienne, Paris, 1901, t. i, p. 138-154.

d) Sur V herméneutique de saint Augustin , nous n'avons qu'à ajouter deux remarques importantes : — a. Il fait une loi sévère d'une extrême prudence dans la détermination du sens scripturaire : qu'on se garde des interprétations hasardi es et opposées à la science <|iii livreraient la parole de Dieu en risée aux incrédules. De Gen. ad lilt., I. I, c. xix-xxi, surtout n. :{9, P. /.., t. xxxiv, col. 200 sq. — h. Augustin mit le premier en avant, sans l'affirmer absolument, la théorie de l.i pluralité du sens littéral, qui aurait été fatale à l'exégèse, si elle avait prévalu. Tout ce qu'un lecteur peut ou veut comprendre de pieux et de vrai en lisant la Bible, quand même l'auteur sacré n'y aurait pas

.•'■, serait te sens de l'Écriture, voulu par le Saint- Esprit qui prévoyait cette future interprétation. « Moimême, dit-il, si j'étais écrivain inspiré, je voudrais parler ainsi... » Confess., 1. XII, c. xxxt, n. 'i>2, P. L., t. XXXII, col. 8ii; De doct. christ., 1. III, c. xxvn. n, 34, P. L., t. xxxtv, col. 80. On sait les discussions auxquelles a donné lieu cette théorie. Saint Thomas l'avait approuvée sans réserve dans le De potentia, q. iv, a. 1, Paris, 1889, t. xm, p. 118; mais plus réservé dans la Somme, la, q. I, a. 10, il ne garde plus que la formule, et l'entend tout autrement, des sens allégorique, moral, anagogique, qui sont fondés sur le sens littéral toujours unique. L'opinion d'Augustin est aujourd'hui universellement abandonnée. Cf. Patrizzi, De interpret. Scriptur., Home, lS't-'t-, p. 15-54; I. T. Beelen, Dissertatio theologica qua sententiam vulgo receptam esse sacrse Scripturae multiplicem interdum sensum litteralem, nullo fundamenlo salis firmo niti demonstrare conatur, Louvain, 1845, surtout p. 40-18. Voir Moirat, L'herméneutique augustinienne, 1907.

e) Un jugement d'ensemble sur l'exégèse augustinienne est difficile à formuler, si multiples sont les aspects de son œuvre. Les plus remarquables de -es travaux bibliques appartiennent ou à la théorie [De doctrina christ.), et elle est généralement louée; ou à la prédication qui cherche volontiers l'interprétation mystique et allégorique {In Joa., In Psalmos), et en ce genre il est incomparable; ou à des questions spéciales [De consensu Etang.) et on admire sa pénétration. Mais de commentaires suivis on ne trouve guère que le De Genesi ad litteram, les essais sur les h'pitres aux Romains et aux Galates: l'œuvre proprement exégétique d'Augustin n'égale donc, ni par l'étendue, ni par le caractère scientifique, celle de saint

Jérôme. Trois circonstances ont contribué à cette infériorité : — «. Une insuffisante connaissance des langues bibliques : il lisait le grec, mais avec peine; quant a l'hébreu, tout ce qu'on a pu conclure des étudi récentes de Schanz et de Rottmanner, Theolog. Quartalschr., 1895, t. lxxvii, p. 269-276, c'esl qu'il était l.imilier avec le punique, langue sémitique apparentée a

l'hébreu. — h. Le but moral et d'actualité pratique que

visait son éloquence, le portait a des abus incontêsl

du sens mystique. — <•. Enfin dans la polémique, les

deux grandes qualités de son génie — passion ardente

du tempérament africain et subtilité prodigii espi ii in- lui laissait m point

tations violent* lidité. Aim

texte de Matth., xvn. 20, attribuant i I' rémie une prophétie de Zacharie, Augustin affirme que I Esprit-Saint I a voulu ainsi pour signifier l'accord ou plutôt l'idi de- toutes les prophi tî< - De / , l III,

c. xxx. /' /... t. xxxi'.. col. 117."». De même un al risme exagéré est né du désir de vérifi rj des

deux Testaments d'après la formule : lu Velen .'■ latet, et m tfovo Vêtus palet • Heptat., I II,

q i xxiii. /'. /.., t xx.xiv. col. 623. Clausen, A s. Script, interpres, 1*27. p. 167-207, 252-21 recueilli une série de textes dont l'exégèse au, nienne ne saurait être acceptée.

fv. iitn ti ses Œi mes. I Tliéodicée aug nienne. — A jir<-< ce qui a été dit des hautes conceptions empruntées par Augustin aux théories platonicien il reste à signaler quelques idées fonda ne • notre connaissance : 1. de l'existence de Dieu nature ;'.l. de la Trinité-.

1. L'existence de Dieu .• — o) Elle est pour Augustin une de ces vérités auxquelles la providence donne une telle clarté qu'il est malais.', il.- s'j dérober. Nul nepeul pleinement ignorer Dieu. In l's. lxsiv, n. 9, /'. L., t. xxxvi, col. 85'2 : (Deus) ubiq 'us est, ubique /

gneiii nulli lieet, ut est. cognoscere, et quenx /• mittitur ignorare. Les athées eux-mêmes ne le sunt guère que dans le cœur, par passion, in corde tuo. In l's mii, n. 2. ibiiL, col. IH. Encore s'en trouve-t-il fort peu, rarum hominum genus, In l's. in. n. 2. ibid., col. 643, et c'est une véritable folie, insania ista paucoeum est.Serm., i.xix. n.3, /'. /... t. xxxvm. col. 141. — b) Dieu n'est pourtant point l'objet de notre intuition directe et immédiate. A propos de la théorie de la connaissance, on a vu que saint Augustin ne sait rien ni d'une contemplation immédiate de Lieu, ni des innées. Il décrit lui-même, De Genesi cul tilt., 1. IV, c. xxxu, n. 19, /'. /. , t. xxxiv. col. ;>17. comment notre âme, parlant de la connaissance des cl hs,

s'élève, grâce â l'illumination du Verbe, jusqu'aux invtsibilia Dei. — c) Il a touché à toutes les prei siqnes de l'existence de Lieu, mai- un trouverait rarement chez lui une démonstration systématique. Il attache une importance particulière au consentement du genre humain. /;/ Joa., tr. CVI, n. L /'. 1... t. x\x\. col. 1910: exceptis paucis ut quibus natura nimium depravata est, universum genus humatiun / niunili liujus fatetur auctorem. — L'antique pi pai' la finalité- et l'ordre du monde a été développée par lui avec une délicatesse, une grâce, une en inimitables : partout dans |., beauté de la nature, il lit le nom de l'architecte divin. Cf. Serm., cxii. n. 2. I'. L.. t. XXXVIII, col. 770 : philosophi nubiles

mi et exarte artificem cognoverunt. — Mais éloquence est surtout admirable quand il développe la preuve métaphysique du monde fini et changeant, réclamant un créateur infini et immuable. Dans Confessions, I. X. c. vi, n. 9. il s'écrie : Interr terram... mure... et abyssos... et responderuni : quatre supet nos... Ipse feeii nos. D'autres foi-, avec une logique plus sei lie. ilml.A. XI. n. 0. col. 811 : Ecce sunt e.rlum et terni : limitant quod facta sunt : ututanttir rnim atqtie variantur. Quidquid autem factum m lumen est, non est in eoquidquam quodantenonerwt, quod est mutari algue variari. Clamant etiam ■; teipsa non fecerint, etc. Il faut remarquer dm réponse a la consultation d'Évodius en il"' Cl XII, n. -2, /'. /.., t. xxxin. col. 306 n. l-;i. ioid., col. Toi i. la profonde réflexion d'Angoatin :

toutes DOS preuves montrent que Iheu . liste, non qu il

doit exister : ce ne sont pas des raisons <i pri

existence. Il renvoie au De vcra relig., c. xxxi, n. 58, P. L., t. xxxiv, col. 147-148. — d) Mais la démonstration augustinienne par excellence est celle qui est développée ex professo dans le De div. quœst. LXXXill, q. i.iv, P. L., t. xl, col. 38, avec plus d'étendue dans le De libero arb., 1. II, n. 7-33, P. L., t. xxxii, col. 1243- 1263, et enfin dans les Conf., 1. VII, c. x, n. 16, ibid., col. 742. Elle repose sur la constatation d'une vérité éternelle et immuable, supérieure à l'homme, et pourrait être formulée ainsi : La raison de l'homme (et l'esprit angélique, ajoutent les Rétract., 1. I, c. xxvi, ibid., col. 627), occupant le plus haut degré de la hiérarchie des êtres de ce monde, si elle découvre un être plus parfait, cet être sera Dieu. Or, ma raison constate qu'audessus d'elle, il y a la vérité éternelle et immuable, qu'elle ne crée pas, mais qu'elle contemple, qui n'est ni mienne, ni en moi, puisque les autres la contemplent aussi bien que moi et hors de moi. Cette vérité est donc Dieu lui-même, ou si l'on suppose un être encore plus élevé, nous conduit du moins à cet être, source de toute vérité. Cf. De lib. arb., Inc. cit., n. 7-12, 13-14,15- 38, col. 1243-1261. M. Jules Martin, Saint Augustin, p. 101-188, a vu là un prélude à l'argument de saint Anselme. Mais c'est à tort : Augustin ne conclut point de l'idée de Dieu à son existence. Mais analysant les caractères de la vérité, il les trouve inexplicables, si audessus d'elle il n'y a un être immuable, source de l'immuable vérité. Dès 388, cette idée s'empara de toute l'âme d'Augustin, et elle se trahit par des exclamations comme celle-ci : « 0 Dieu, vous êtes le père de la vérité, le itère de la sagesse, le père de la vraie et souveraine vie, le père de la béatitude, le père du bien et du beau, le père de la lumière intelligible, le père de notre réveil et de notre clarté... » Soliloq., 1. I, c. I, n. 2, P. L., t. XXXII,. col. 870. Au fond, cette preuve, comme les autres, se ramène à la trilogie fameuse, dans laquelle Dieu est conçu par le grand docteur comme source de tout être, de toute vérité, de tout bien : causa subsistendi, ratio intelligendi, et ordo vivendi. De civit. Dei, 1. \ III, c. iv, P. L., t. xli, col. 228-229.

2. Notre conception de la nature divine. — a) La limite de notre connaissance de Dieu, l'impuissance de le comprendre et de l'exprimer par le langage humain, est un des thèmes préférés du grand docteur. Certes il est loin d'être agnostique, on l'a vu ; mais, plus que tout autre, il éprouve le tourment du mystère divin qui nous enveloppe; il ne cesse de redire que ni nos concepts, ni nos paroles ne peuvent épuiser l'infini. Si rompre/tendis, non est Dcus, dit-il. Serm., cxvn, n. 5, /'. />., t. xxxviii, col. 663, cf. n. 7. In Ps. i.wxv, n. 12, /'. /.., t. xxwii, col. 1090: Dcus ineffabilis est, faci- Uus dicimus quid non sit quam quid sit; In Evang. Joa., tr. XIII, n. 5, P. /.., t.xxxv, col. i4S5: Omniaposxii ni il ici de Deo, et nihil digne dicilur de Deo. Les conceptions les plus vraies seront encore les plus génépourvu que nous sachions en déterminer les contours trop vagues: pour Augustin, Dieu est l'être, I i tre absolu, l'être dans sa plénitude et sa perfection, l'être au-dessus duquel, en dehors duquel et sans lequel rien n'existe, Soliloq., I. [, c. i, n. 3, i, P. L., t. xxxn, Col. 870-871. — b) Parmi les attributs de Dieu, la simplicité est la caractéristique qu'il met en saillie. Étant ntiellemenl pure actualité de l'être, sans qu'on [un se le concevoir jamais en puissance qui peu à peu se transforme en acte, Dieu est également toute perfection. Augustin va même jusqu'à regretter, en parlant de l'essence divine, l'emploi du moi substance qui semble établir une distinction entre le fond de l'être et d' qualités accidentelles, De Trinit., I. VII, c. v, n. 10, P. L., t. xi.ii, col. 942 : Deus si sobsisiit ut substantia dici possit, inest m et) aliquid tanguant in subjecto, etnon est simplex, etc. M il conclut: Essentia proprie diciu mtia abusive. - Pour écarter de l'Être

divin toute espèce de composition métaphysique, il so plaît à décrire l'identité absolue qui tait de chacun de ses attributs, bonté, sagesse, justice,... non des accidents surajoutés à son être, mais son être même : Quod habet, hoc est..., sic habet sapientiam ut ipse sit sapientia, etc. In Evang. Joa., tr. XLVIII, n. 6, P. L., t. xxxv, col. 1743. II insiste également sur l'identité de ces attributs entre eux. De Trinit., 1. XV, c. v, n. 7, 8, P. L., t. xlii, col. 1039; et. 1. V, c. x; 1. VI, c. vu; Serm., cccxli, c. vr? n. 8, P. L., t. xxxix, col. 1498; De civit. Dei, 1. XI, c. x, n. 2, P. L., t. xli, col. 326. Sous celte inspiration augustinienne, Suarez et d'autres théologiens ajouteront un dernier aspect de la simplicité divine: nos idées elles-mêmes des attributs divins ne seront pas formellement distinctes: elles se compénélreront mutuellement : je ne puis concevoir la justice divine, sans embrasser dans cette justice infinie qui m 'apparaît comme la plénitude de l'être, la miséricorde infinie qui est comprise dans cette plénitude. Cf. Suarez, De Deo, 1. X, c. x-xiv; card. Zigliara, La luce intellettuale, t. n, p. 101. — c) Ala lumière de cette simplicité ineffable, s'expliquent plus aisément les rapports de Dieu au temps et à l'espace. L'éternité est l'actuation si parfaite de toute la vie divine, que, nul changement n'étant possible, on ne peut y distinguer ni hier, ni aujourd'hui, ni demain. Le temps nait, non pas avec les révolutions des astres, comme Platon l'a dit, mais avec le changement inhérent à toute créature. Tempus est creaturse motus ex allô inaliud. DeGen. ad lilt., 1. V, c. v, n. 12, P. L., t. xxxiv, col. 325. Ct. De Gen. cotit. manich., 1. II, c. H, n. 3, ibid., col. 175; Confess., 1. XI, c. xix. — De même la simplicité montre Dieu élevé audessus de tout espace, présent partout mais inétendu et incommensurable. Epist., cxxxvn, ad Volusianiim. c. n, P. L., t. xxxin, col. 519. — d) La théorie de la science divine se résume chez Augustin en cette grande conception : Dieu contemple, en un seul regard immuable, tout être, toute vérité, tout objet possible ou réel. Cette connaissance est une intuition éternelle devant laquelle le passé et l'avenir sont aussi actuels que le présent, mais chacun pour la partie du temps auquel répond leur réalité. Dieu embrasse tous les temps et peut ainsi connaître l'avenir (qu'il soit produit librement ou avec nécessité) aussi infailliblement que le présent. Cf. De lib. arb., 1. III, c. n-iv, n. 3-10, P. L., t. xxxn, col. 1272-1274; De civit. Dei, 1. XI, c. xxi, P. L., t. xli, col. 33't. — On n'ose guère plus aujourd'hui nier qu'Augustin ait admis en Dieu la science du futur conditionnel, qui ne se réalisera jamais, mais qui se réaliserait, si certaines conditions étaient posées: il semblerait à première vue, que ces objets purement hypothétiques ne peuventêtre présents au regard divin, comme quelque chose de réel. Mais, comme les autres l'éres, saint Augustin a admis en Dieu cette connaissance: bien plus, il en a fait avec raison, nous le verrons, le ressort de sa providence. Quand les scmipélagiens abusent de cette Connaissance, et croient y trouver des mérites qui annulent la gratuité de la grâce et le don de la prédestination, le grand docteur de la grâce nie de pareilles applications de cette science, mais il admet la connaissance elle-même. Cf. De prmdes t. sanct., c. IX, n. 17, P. L., t. xliv, col. 273, De dono persev., c. ix, n. 23, P. L., t. xi.v, col. 1005-1006. Voir plus loin la doctrine de la grâce.

3. LaTrinité.— D'après Schwane, HUt. des dogmes. Ir.nl. franc., t. il, S 20, p. 265, Augustin aurait mérité le premier rang parmi les docteurs de l'âge patrislique, non moins par sa doctrine de la Trinité, que par sa doctrine de la grâce. Il est certain que ses quinze livres De Trinitate condensent et complètent ce qu'on avait dit de plus profond et de plus précis sur ce grand uns tire; spécialement pour mettre en harmonie avei l'unité de litre divin, la divinité, désormais hors de

AUGUSTIN (SAINT

discussion, du Fils el do Sain) Esprit Le caractère saillant de ni doctrine ii inilaire, c'est «pic nous pouvons > saisir, dans une pleine lumière, la marche de l'esprit

latin dans la concepti le la ["rinité, marche op|

à celle des Péri rientauz. Le P. de Régnon,

Éludes de théologie positive, p. 300-429, a développé cette divergence des deux conceptions, mais il faut le □naître, son admiration pour les grecs ne lui a pas permis d'apprécier toute la valeur du progrès accompli ou du moins préparé par le génie d'Augustin. Ce développement tlu dogme est cependant d'autant plus remarquable qu'en passant parla Bcolastique, la théorie ti-inil.ii if d'Augustin orientera tous les théologiens occidentaux. Les principes communs aux Pères grecs et latins, au moment où écrivait Augustin, étaient d'abord le d des trois personnes participant pleinement et ('gaiement à une même nature divine, puis l'explication du dogme par cet axiome, implicitement formulé parles grecs euxmêmes : In divinis omnia sunt unum, ubi non obtint relationis oppositio, formule dans laquelle l'unité se rapporte à la nature, l'opposition aux personnes; cf. De Trin., 1. V, c. v-vi, P. 7.., t. xlii, col. 912; dans le Proœmium du 1. VIII, ibhl., col. 9i7, dont les formules ont été certainement imitées par l'auteur du symbole pseudo-atbanasien Quicunque, il aflirme la grande règle : il faut exprimer au singulier toutes les propriétés absolues de l'essence : imus Deus, bonus, omnipotent ipso, Triniias,et quidquid aHud non invicem relative, sed ad se singuli dicuntur; /toc enim tecundum essentiam dicuntur. Trois traits caractérisent le concept latin et le progrés accompli sous l'influence du grand docteur : a) la conception de la nature avant les personnes; b) l'insistance à attribuer toutes les opérations ad extra à la Trinité entière; c) l'explication psychologique des processions.

A. Dans l'explication de la Trinité, Augustin conçoit la nature divine avant les personnes. Sa formule de la Trinité sera : une seule nature divine subsistant en trois personnes; celle des grecs au contraire disait: trois personnes ayant une même nature. Jusque-là, en effet, l'esprit des grecs se fixait directement sur les personnes : sur le Père, conçu comme le Dieu unique (primitivement le mot Deus, 6 0Éoç, lui était spécialement réservé), credo in unum De uni Patrem; puis sur le Fils, né du l'ère, Deuni de Deo, et enlin sur le Saint- Ksprit procédant du Père on tant que l'ère, donc par le Fils. Ce n'est qu'à la réflexion que leur esprit considérait directement dans ces trois personnes une seule et même nature divine. Saint Augustin au contraire, préludant au concept latin que les scolastiques lui ont emprunté, envisage avant tout la nature divine et poursuit jusqu'aux personnes pour atteindre la réalité' complète. Deus, pour lui, ne signifie plus directement le Père, mais plus généralement la divinité-, conçue sans aucun doute d'une manière concrète et personnelle mais non comme telle personne en particulier. C'est Dieu-Trinité, C'est-à-dire au fond la divinité qui s'épanouit sans succession de temps ou de nature, mais non sans ordre d'origine, en trois personnes, Père, 1 ils et Saint-Esprit.

Ce caractère spécial de la théorie trinitaire d'Augustin explique seul la forme si nouvelle du symbole pseudoathanasien qu'elle a inspiré. Tous les anciens symboles, Denzinger, Enchiridion, a. 1-43, même ceux usités du temps d'Augustin, et employés par lui à Milan et en Afrique, Rahn, Bibliothek der Symbole, 8* édit, s 'Xlii, sont formulés d'après le concept antique, débutant par la foi au Dieu unique qui est le Père, pour clôturer par le Saint-Esprit, sans exprimer autrement la Trinité,

Credo in Deinii l'itlrem (première personnel... et in

Jesum Christum filium, etc. (forme la plus ancienne du symbole, Denzinger, loc. cit.); Credimvs, in i NOM Dn m

l'uni:)/... ,l m i \i \i DOHIItl M nottrum Jesum. vie. (symboles dits de Nicée it de Constantinople, 11. dm.

hic ■ 145, p. 160-160 M symbole I

cumque, d inspiration augustinienne, s'ouvre par la foi à la divinité commune aui do Fideê eatho-

liea /,,/-, rt,i, nt unum Deum [nal I initate et

Trinilatem m unitate vent Denzinger,

i i doctrine, certes, est la même, mai- qui ru- voit que le concept augustinii a, i a exprimant avant tout l unité de nature, prévient el écarte d'avance les object — a) Jamais, jusque-là, I unité divine n a .ait été mi puissamment en relief en lace des trois personnes divines, atuaienl le rôle de ces personm s, était nt constamment harcelés par les accusations de- trith.V et, pour cela, obligés de récapituler ta Trinité dans -a source première, le Père. Voir les paroles du pape saint Denys a saint Denys d Alexandrie citées par saint Athanase. De decretit A n., n. 26, /'. G., t. xxv,

col. 164. Mais chez saint Augustin, la divinité- unique apparaît de prime abord et, de cette vue, naîtra plula distinction des deux traités De Deo une < '. D trino, distinction que le concept grec n'aurait point inspirée. Cf. De Trin., tout le I. VII, spécialement c. i\\ vi, P. L-, t. xxii, col. 939, 946. — b) L'égalité des sunucs divines éclate aussi avec plus de clartcept antique faisait ressortir le rôle du Père, unique principe de la divinité, et, pour parler avec saint Di de tout l'être, t?,; ôvtotiitoç, source, origine des autres personnes, en sorte qu'à lui seul semblait appartenir en propre la divinité-; il est le Dieu suréminent, i jiavTÛv 9eo*c, ô mâv 4Xfi»v W:i; : mais cette insistance, pour certains esprits moins profonds, n'était pas danger d'une subordination du Fils et du Saint-Fsprit. Chez Augustin, c'est la nature divine, avec touteperfections absolues, qui apparaît tout d abord, existant identiquement la même dans chacune des trois personnes. De là cette égalité si grande qu'Augustin peut dire, De Triait., 1. VIII, proœm., P. L., t. xtn, col.9i7 : Tantant esse xi/ualitatem, ut non solum Pater non sit major quant ï'tlius, sed nec... singula quwque persona qttxlibet trium minus aliquid sit quant Trinitas. — c) L'n autre péril, il est vrai, se présente. Cette divinité, que l'on s'habitue à considérer indépendamment des trois personnes, ne sera-t-elle pas conçue peu à peu comme Dieu personnel, avant d l'ère. Fils et Saint-Esprit, entraînant ainsi ou une quaternité en Dieu, ou l'absorption des trois personnes . n un sabellianisme nouveau? Jamais la théorie de Cajet.ni, lu Sunt. S. Th., III», q. III, a. 2; I», q. xxxix, a. 4, et de Durand, In 1 V Sent., I. III, dist. 1, q. il. n. 7, affirmant une sttbsistence commune aux trois personnes, n'aurait pu surgir de la conception antique, tandis qu'eli présente assez naturellement à l'esprit latin. Ce danger, Augustin l'a pressenti et l'a prévenu, en niant à cette divinité toute réalité distincte de la réalité des personnes divines. Cf. plus haut col. Q'M. n. 90.

11. L'n autre progrès de la théorie trinitaire d'Augustin, c'est l'insistance à faire de toute opération divine ad extra l'œuvre indistincte des trois personne--. Seulement comme chaque personne possède la nature divine dune manière particulière, on attribue à chacune d'elles dans les opérations extérieures le rôle qui convient «I 1ère de son origine : simple appropriation, diront les latins après Augustin. Certes les P< i eux

aussi, affirmaient cette unité- d'tvtpYtia en Dieu: elle était même pour eux la grande preuve de l'unité de nature. Mais celait là l'ouvre de la réflexion: dan- la description directe de la Trinité, ils accentuaient, au contraire, connue un l'oie distinct de chacune dl - ;

sonnes dan- les œuvres accomplies en communauté

d'action. De là ce- formules si difficiles pour les latins :

j llaTfo; ôii tov flot) h ti'.« [Ivtû|um. De là des

assertions absolues qui semblaient réserver exclusivement a chaque personne une opération propre : seul le

AUGUSTIN (SAINT

Saint-Esprit était formellement descendu à la Pentecôte, comme l'incarnation appartient seulement au Fils. De là en particulier cette explication fréquente des théophanies de l'Ancien Testament, d'après laquelle le Fils seul avait apparu aux anciens patriarches. Saint Augustin proclame d'abord qu'en réalité les tliéophanies sont nécessairement l'œuvre de toute la Trinité, quoique l'une des personnes puisse être parfois spécialement manifestée* De Trin., 1. III, c. XVII, n.32, P. L., t. XLH, •col. 866. Le Père, ajoute-t-il, peut, aussi bien que le Fils, apparaître. IfAd., n. 32-33; cf. c. x, n. 17-18, col. 835. De fait, au paradis terrestre, ce n'est pas une personne, c'est la Divinité, Père, Fils et Saint-Esprit {indiscrète Deus) qui s'est manifestée, ibid., n. 16-17, col. 855; et les paroles entendues par Adam n'ont pas seulement •été produites par la Trinité, mais au nom de la Trinité, personam demonstrantes ejusdem Trinitatis. Ibid., n. 18, col. 857. D'ailleurs, dans ces apparitions, la Trinité s'est ordinairement servie des anges comme de messagers pour se manifester sous une forme créée. De Trinit., 1. III, c. xi, n. 27, col. 886. linlin dans l'incarnation elle-même, bien que seul le Verbe communique sa personnalité à l'humanité du Christ, toute la Trinité a opéré cette ineffable union : humanam illam formant ex Virgine Maria Trinitas operata est, sed solius Filii persona est; visibilem namque Fiiii solius personam (c'est-à-dire l'humanité visible) invisibilis Trinitas eperala est. De Trin., 1. II, c. x, n. 18, col. 857.

C. Enfin, Augustin a jeté les fondements de la théorie psychologique des processions : dans cette conception, systématisée plus tard par Anselme et achevée par saint Thomas, l'esprit essaie de pénétrer la vie intime de Dieu et, contemplant la nature divine douée d'intelligence et de volonté, explique par ces deux opérations le nombre et la nature des processions concernant l'origine du Fils et du Saint-Esprit: le Fils naît du Père •comme Verbe de l'intellection divine, per modum intelligibilis actionis, dira saint Thomas, Sum. thcol., Ia, q. XXVII, a. 2; le Saint-Esprit procède du Père et du Fils comme le terme substantiel de leur amour, processio ■amoris, S. Thomas, ibid., a. 3; et, avec ces deux processions, le cycle de ce qu'on pourrait appeler l'évolution divine est complet, parce que deux opérations seulement réclament un terme substantiel. Profonde métaphysique que saint Augustin a inaugurée par son analyse subtile de l'âme humaine, dans laquelle il aimait à voir la plus belle image de la Trinité.

Mais il avait cherché les vestiges de ce grand mystère dans les autres créatures, analogies partois arbitraires et forcées, mais qui attestent du moins chez le docteur africain une rare ingéniosité. Pour résumer les vues augustiniennes, il a paru utile de retracer ici dans un tableau (d'après K. Scipio, Des Aurel. Augustinus Metaphysik, Leipzig, 1886, p. 66-67, mais modifié et corrigé) les principales formules et images par lesquelles sont représentées les trois personnes de la Trinité. Voir le tableau des formules et images de la Trinité, col. 2361-2352.

2° La création et les créatures. — 1. Cosmogonie •aagustinienne. — On a signalé plus haut, à propos du 'néoplatonisme de s.iint Augustin, ses grandes thèses de la création exnihilo, distincte de Dieu, œuvre de la liberté divine. Il reste à mentionner ici sa théorie de l'Hexami ron, théorie qui atteste sa largeur de vues en exégèse, et son originalité dans le problème si ardu 'I oi i-ines.

A. En quel sent Augustin admet-il la création simultanée de ion/ 1'universf -- On sait les tâtonnements et Iles hésitations de son esprit en face du récit de la Ge-

Voir col. 2300, n. 67-70. Il ne s'esl jamais purement rallié ni à l'école allégorique d'Alexandrie, ni à l'école littérale de Svrie; mais sur ces problèmes des origines -qui le. hantent sans cesse, il s'inspire tour à tour de l'une

et l'autre de ces écoles pour former ce qu'on a nommé son éclectisme. Tous ces eflorts ont abouti aux conclusions suivantes :

a) Tous les systèmes affirmant l'éternité du monde, même avec la création, sont, pour lui, contraires à la raison et il n'admet point la théorie de saint Thomas d'après laquelle seule la foi nous apprend que le monde a commencé. Au 1. XI de la Cité de Dieu il traite à fond celte question et il prouve successivement que le monde ne peut exister en dehors du temps, procul dubio mundus non faclus est in tempore, sed cum tempore, loc. cit., c. vi, P. L., t. xu, col. 322, et que le temps, essentiellement successif, ne saurait être infini et éternel, tempus autem quoniani mutabilitate transcurrit, selernitati immutabili non potest esse coseternum. Ibid., 1. XII, c. xv, n. 2, col. 366. Que l'on suppose des mondes innombrables ayant précédé le nôtre, ou que l'on admette un seul monde, « soumis à d'innombrables alternatives de destructions et de renaissances que ramènent certaines périodes séculaires » (système platonicien), toujours il y aura une distance infinie entre ces temps et l'éternité, considèrent nihil esse diutumum in quo est aliquid extremum. Ibid., 1. XII, c. xu, col. 359. A ceux qui demandent pourquoi Dieu n'a pas créé le monde plus tôt? il répond : Pourquoi ne l'a-t-il pas créé ailleurs? Quod si dicunt inancs esse hominum cogitationes quibus infinita imaginantur loca, cum locus sit ntdlus prseler mundum, respondetur eis, islo modo inaniter homines cogitare prœterita tempora vacationis Dei, cum nullum tempus sit an te mundum.

b) Le récit des six jours de la création dans la Genèse ne peut être pris à la lettre et au sens propre. Dès 389, dans le De Genesi cont. manich., 1. I, c. XXIII, n. il, P. L., t. xxxiv, col. 193, Augustin exclut les jours ordinaires. Entre autres raisons, il se demande ce que signifient trois jours sans astres. De Gen. ad litt. lib. imp., c. xu, n. 36, P. L., t. xxxiv, col. 235. Et après la création du soleil, il ajoute : « Quiconque se rend compte que, pendant notre nuit, il y a le soleil ailleurs..., celui-là cherchera une signification plus relevée pour de pareils jours. » Ibid., c. XIII, n. 43, col. 237.

c) En réalité, l'action créatrice a été instantanée et les six jours de la Genèse correspondent à l'indivisible instant où tout fut créé. De civit. Dei, 1. XI, c. ix, P. L., t. XLI, col. 324. S'appuyant sur la parole de l'Ecclésiastique, xvin, 1 : creavit omnia simul, Augustin repousse, non pas toute intervention nouvelle de Dieu, mais toute nouvelle création : post eam conditionem a suis operibus requievil, non condendo aliquid amplius, dit-il. DeGen.adlitt.,\. V, c. iv,n. 10, P. L.,i. xxxiv, col. 325; cf. ibid., 1. I, c, x, col. 253; De Genesi ad litt. I. imper f., loc. cit., c. vu, n. 28, col. 232; De civit. Dei, 1. XI, c. ix, P. L., t. xli, col. 324.

d) Il ne suppose point cependant, comme bon nombre de ses contemporains, que l'acte instantané du créateur ait produit l'univers organisé, tel que nous le voyons aujourd'hui. Mais il dislingue entre la création proprement dite et la lormation ou développement du monde : cette seconde œuvre due, au inoins en très grande part, aux forces déposées dans le sein de la nature par le créateur, a été graduelle, progressive, parcourant diverses phases dont le rérit mosaïque peut donner une idée approximative. Confess., 1. XII, c. vin, n. 8. /'. L., t. \xxii, col. 829; De Genesi ad litt..\. VI; 1. IX.

U. Comment Augustin conçoit-il les éléments primitifs du monde et /es « rationes séminales»? — a) D'après lui, à l'origine, Dieu créa les éléments du monde à l'étal de masse confuse el ,,. -hideuse : le mot est du saint docteur, Dr tir,,, ad litt., 1. I, c. xn, n. 27, col. 256, nebulosa *}„■,-,,<* apparet. Ces éléments, selon i données aristotéliciennes, il les appelle matière et forme, ou plutôt matière informée. Partois. il est vrai, il semble affirmer que Dieu produisit d'abord la mi-

AUGUSTIN SAINT

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