‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 260 sur 338 · W ■ \INT · texte numérisé non relu

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dam la d ' I Dorner lui mén

in tus, p. 146 ~«i . i expressément réiuté celte invraisemblable assertion.

I - vérité esl dans ci tte juste remarque de M. Tarmi l (remarque trop oubliée par son auteur . Revue d'hitl a de lilt. r. Ug., 1901, p. 30-31. Le péché originel, toul qu'il est, étant d une nature essentiellement diffi i autres fautes el n'exigeant pas un

di la volonté des enfants d'Adam pour être

os ibles de la faute de leur père qui leur est n

lemenl imputée, les Pères anciens, Burtoul les grecs,

ont insisté sur le côté pénal el afllictifqui frappe d'abord,

tandis qu'Augustin a été amené par la polémique péla-

! nue (et uniquement par elle) à mettre l'accent sur

l'aspect moral de la faute du genre humain en Adam.

■; question : Saint Augustin a-t-ii identifié le péché

originel avec la concupiscence qui en rst seulement

l'effet? — A première vue et si l'on s*en lient à l'écorce

(l ■ certaines formules, on serait tenté de l'afGrmer,

comme le fait encore, après bien d'autres, II. Turmel,

/' ue d'hist. et de litt. relig., spécialement 1902,

p. 510-533. .Mais si l'on Compare ces textes avec d'autres. on arrive à une conclusion tout opposée. D'après le grand docteur, la concupiscence n'est qu'un des effets d ■ la chute paternelle, mais plus intimement lié au péché originel. Ici. surtout, il ne s'agit point d'émettre des hypothèses, mais de tenir compte de tous les textes et de les harmoniser. — a) Lui-même nous avertit que la concupiscence est le péché originel, comme l'ignorance, ou même la mort, c'est-à-dire en vertu de cette métonymie qui identifie les effets avec la cause. (Seulement la concupiscence étant l'inclination au péché, a un caractère d'imperfection morale qui justifie mieux l'appellation de péché.) Cela est si vrai que les plus fidèles disciples d'Augustin au moyen âge définissaient le péché origine] aussi bien par l'ignorance que par la concupiscence : originale peccatum est concupiscentia mali et ignorantia boni, lit-on dans la Summa sententiarum, faussement attribuée à Hugues de Saint-Victor. Nul cependant n'ose dire que, d'après Augustin, lignorance constitue essentiellement le péché originel.

b) I>e plus, il a toujours soutenu avec énergii deux assertions : a. que la concupiscence reste tout entière après le baptême; h. que cependant le péché originel, est totalement effacé, détruit : il proteste contre lespélagiens qui lui reprochent de ne pas affirmer cette destruction. Cont. duas épis t. Pelag., 1. 1. c. xm, n. 27, /'. /.., t. xi. iv, col. '>('éi. Or, si le péché originel n'est que la concupiscence, comment peut-il être effacé, la concupiscence demeurant absolument la même? — Elle n'est plus imputée, répond-on en citant ce mot d'Augustin : Ipsa... ic dimitlitur... ni jarn non sit peccatum. Ibid. On comprend ces termes, si la concupiscence n'est pas le péché, mais une annexe, un effet du péché confondu avec lui dans la terminologie : mais si elle est tmit h- péché dans sa réalité, il esl clair que imii le péché reste, seulement Dieu ne l'imputerait plus.

Or, c'est contre celte interprétation (devenue plus tard la doctrine prétest. miel que saint Augustin proteste,

précisément en cet endroit ; on l'accusai) de dire que le baptême n'enlève pas réellement ce péché, non auferre crimina, sed radere, ibid., col. 562, il déclare que c'est une calomnie, el on prétend que dans ce même passage, il avouerait que tout le péché reste, nuis non imputé 1 II semblait cependant clair de conclure' : si la non-imputation de la concupiscence détruit absolument toul le péché', la concupiscence restant, c'est que le péché consistait, non dans cette concupiscence, mais dans {'imputation morale de ccito concupiscence.

I I c'est justement l'explication que donne saint Augustin en termes formels el d'une grande pi

deux. Il distingue expressément dans la concupiso nce

deux éléments bien distincts : l'un, la con' dam sa réalité physique [inclination au mal), l'auti

I , n),i- i (MU Upi imputai. Ulté n

concupi»

mis a la révolte des seni nous

M d'Adam d'avoir perdu l'état d qui nous

primitivemi nt destii souvent incompris, est d< ne c< tte part d< moralement imputée a chaque lils d'Adam, en vertu de laquelle Dieu peut lui dii

personnellement commise, mais |,, faute de la famille, faute retombée justement sur loi) si lu es soumis à une révolte que je voulais t'épargner. Ainsi le péché originel n'est point constitué proprement par la concupis- (. ne. en elle-même (Augustin a déclaré pique Dieu pouvait créer l'homme innocent avec la concupiscence, el il l'a déclaré dans les dernier- temps, Retract., I. 1. c. ix, n. fi. /'. I. . t. xxxii, col. 598i, mais il consiste uniquement en ce que nous sommes responsables de la présena I 'n non-, c'est-à-dii

ce que par notre participation i faute d'Adam,

nous sommes les auleiiis de cette concupiscence. . que celte union morale de notre responsabilité à celle d Adam subsistera, Dieu ■■ us, avec un dé]

et une hostilité- légitimes, cette révolte des sens (il faut en dire autant de l'ignoi ince el de la mort). Celte volontariété morale, a -t. a lui seul, d'une

nière précise et formelle, tout le péché- originel; la concupiscence, l'ignorance, etc.. n'en sont pi que ]. - effets. Ainsi, dès que Dieu, par le lia pi nous pardonne cette volontariété morale qui nous rend ns.ihles de la faute d'Adam, le péché 01

totalement pardonné : la concupiso : mais elle

demeure sans liaison avec notre faute à nous, puisque

celle-ci a été pardohnée : dimittitui

peccatum. Cf. Cont. Julian., I. VI. c. xvii, /'. L.. t. xi.iv,

col. 852-853; Denupt. cl concup., I. I. c. i.xxii -

col. 468.

d) Non seulement il n'y a plus contradiction, mais il \ a harmonie parfaite avec la tli 1 Au-

gustin d'après laquelle tout i de Tordre aimai, une transgression commise pei nellement ou par union moi aie à une autre personne) d'une loi divine, et par suite ne peut dans un élément purement physique, indépendant de la volonté libre, tel qu'est la concupiscence.

e Et c'est précisément Augustin lui-même qui fait l'application de ce principe au péché originel. Dans un autant plus décisif qu'il est de la fin de sa vie. Retract., 1. I. c. xv. n. -2. /'. /... t xxxn. col. 608, il affirmera, que tout péché est dans la volonté: b. que le p. che originel ne fait pas exception : c. qu'en effet il n'a existe dans sa réalité physique que dans la vol d'Adam, mais (pie ses fils sont impliqués dans sa culpal, ilité. reatu ejus implicatos ; 'I. que la concupiscence est un effet il dit formellement, un châtiment. \ la lin de ce texte (qu'il faut lire ell élite

ttum quod I lani ilicin lea-

here, iii est. reatu ejus impl ; pansa

obnoxios detineri, usqua Um-

tair. quia voluntale lommissum est. quatuli prœcepti facta est transgrrxsio. Il n'est poinl de dire ici qu'il s'agil de la concupiscence baptême (voir Turmel, loc. cit., p. 531), pu -lin

explique précisément comment avant peut j avoir un péché dans les enfants.

Il est cependant incontestable que, po'. ijnee la transmit s foi

d'Augustin exagèrent le rôle de la concupiscence. I que, ordinairement, elle intervient dans :ion

humaine, il semble dire que la jouissam la condition nécessaire de transmission de la souillure .. Ile qui affecterait la chair, avant même d iniî

AUGUSTIN (SAINT

l'âme. Cetteconception trop matérielle du péchéoriginel a été exprimée d'une façon presque brutale par son disciple Fulgence dans le De fide ad Petrum, c. il, n. 16, P. L., t. xl, col. 753, et adoptée par la scolastique primitive avec Pierre Lombard, Sent.,]. II, dist. XXX, c. ix, et surtout dist. XXXI, c. vi : Multiplex defectus carnis et prxcipue pollutio quœdam, quam ex fervore coïlus parenlum et concupisccntia libidinosa contraint caro dum concipitur, causa est originalis peccati. Mais une étude plus attentive, en particulier du grand passage de VOpus imperf. cont. Jul., 1. VI, c. xxn, P. L., p. xlv, col. 1552-1554, écarte cette grossière interprétation; Augustin recourt à une union morale entre Adam et nous, semblable à la solidarité qui nous unit au Christ sauveur: quia induti surit illo qui voluntate peccavit, traînait ab illopeccati reatum... siculparvuli quiChristo i uduuntur,.. .sumunl ah illo participationem juslilise. — Les grands docteurs, par exemple saint Thomas, In IV Sent., 1. II, dist. XXXI, q.i , a. 1, Paris, t. vm, p. 422; saint Bonaventure, ibid., dist. XXXI, a. 2, q. i, ■ dit. de Quaracchi, t. n, p. 748 sq., et leurs successeurs, ont entrevu que le seul fait de naître (ils d'Adam par la génération naturelle rend la personne humaine responsable (dans le degré déclaré) de la faute paternelle et de sa propre déchéance. Mais il a fallu une élaboration lente et continue, et c'est un des points où le progrès de l'éclaircissement du dogme se manifeste avec plus d'éclat. ■'r question: Comment saint Augustin a-l-il compris la damnation qui résulte du pèche originel? — Une exagération plus grave d'Augustin concerne la mesure ne clans laquelle le péché d'Adam est transmis à ses descendants, c'est-à-dire la nature intime de la damnation des fils d'Adam. Souvent on lui reproche d'avoir accablé l'humanité déchue d'effrayants anathèmes : le premier, selon la remarque de Pelau, Dogm. theol., 1. X, c. I, n. 8, 9, t. I, il a pris dans un sens péjoratif le ç-jpap-a = conspersio, massa, et appelé la descendance d'Adam massa luti, massa peccati, peccatorum, iniquvmassa irœ, mortis, damnationis, offensionis, massa tota viliala, damnabilis, damna/a. Cf. les citations très précises du H. P. Rottmanner, Der AugusHius, p. 8. — Mais tout cela c'est le dogme de la chute, non son explication. S'il y a péché, iï y a darnnation, et dans la mesure même où il y a péché, il y a damnation; aucun catholique n'en peut douter. Mais ce péché et cette damnation sont-ils de même nature que le péché personnel et la damnation qu'il mérite? Les expressions si dures en apparence ne nous apprennent rien sur la pensée d'Augustin, il tant la chercher dans sa théorie sur le sort des enfants morts sans baptême. El là, malgré les efforts de certains théologiens et même il1- grands docteurs scolastiques pour adoucir ses expressions, sa théorie est vraiment trop dure, bien qu'elle soit moins cruelle que d'autres ne l'ont prétendu.

a) Trop dure : 11 les place en enter et, dans l'enter, les condamne à un châtiment éternel. Au début, il a douté ou même, dans le De lib. arbit., I. III, c. xxm, il accorde un lieu intermédiaire entre le ciel et i'enfer, et niediam judicis sententiam inter prsemium et supplicium. Mais plus tard, il n'hésite plus el parle toujours d'une peine qu'ils ont à soultiir. .Même dans sa lettre ci.xvr. c. xxm. /'. /.., t. xxxn, col. 727, bien qu'il avoue son embarras, cum «•/ pâmas ventum est i an arctor angustiis nec quid respondeam

■ ■■>, il n'hésite pas sur leur existence, quo te est trahantur. Cl. De dn,t<< persev., c. xn, n. 30, /'. /.., t. xi. in, col. 1010; Serm., ccxcrv, c. iv, n. S, /'. /.., t. xxxviii, col. 1337 (très sévère); Op. ./. cont. Julian., I III, n. 199, /'. /.., t. xi v col. 1333.

!i) Moins cruelle qu'on ne l'a dit : car toujours il a proclamé la légèreté >\>- cette peine; il l'appelle milistimapœna dans V Enchiridion, c. sein, P. L.. t. xl,

col. 275; levissimam damnationem. Cont. Julian. ,1. V, c. xr, n. 44, P. L., t. xliv, col. 809. Et qu'on ne dise point que ces expressions n'ont qu'un sens comparatif aux peines des autres damnés. Augustin ajoute aussitôt qu'il n'ose décider si leur sort n'est point préférable au néant : quse qualis et quanta erit, quamvis definire non possim non tamen audeo dicere, quod eis ut nulli essent, quam ut ibi essent, potius expediret. Ibid. Augustin est donc moins sévère que ne le pense F. Schmid, Quiestioncs selectse ex theol. dogm., Paderborn, -1891, p. 255. Il reste acquis que, dans sa pensée, la damnation due au seul péché originel, est essentiellement différente de celle que méritent les péchés personnels. La théologie a progressé depuis et a formulé plus clairement que le péché originel prive uniquement des biens surnaturels et laisse la nature intacte.

5' question : Suint Augustin a-l-il affirmé la transmission d'autres péchés que celui d'Adam? — Il n'a point affirmé, mais on doit reconnaître que, pour lui, il n'est pas improbable que les entants portent les iniquités de leurs parents. Enchirid., c. xlvi, xi.vn, P. L., t. xl, col. 254-255 : Parentum quoque peccatis parvulos obligari, non solum primorum hominum, sed eliam suorum, de quibus ipsi nati sunt, non improbabilité}' dicitur. Voici les limitations qu'il apporte à celle opinion étrange : a) Ces péchés ne seraient héréditaires que jusqu'à la troisième génération, puisque les textes de l'Ancien Testament, sur lesquels on s'appuie, Deut., v, 9, admettent cette réserve. — b) Bien que ces péchés paternels créent une vraie responsabilité, ils ne peuvent pervertir la nature humaine, comme le péché d'Adam : etsi non ita possunt mu tare naluram, reatu tamen obligant filios, nisi gratuila gratia ... subveniat. — c) Ces péchés héréditaires sont d'une nature si différente de la faute d'Adam, que celle-ci seule exige un rédempteur. //'('(/., n. 14, col. 255. Les disciples de saint Augustin ne lui ont guère emprunté cette erreur : on peut cependant citer S. Grégoire le Grand, Moral., 1. LV, c. i.vn, /'. L., t. lxxv, col. 1110.

7° Lu prédestination augustinienne. — I. Exposé du problème. — Pour comprendre l'attitude d'Augustin, le mieux sera de mettre en regard les diverses réponses qui ont été faites déjà de son temps à une question soulevée par lui. Le problème de la prédestination se réduit à ceci : Dieu, dans son décret créateur et avant tout acte de la liberté humaine, détermine-t-il, par \\n choix immuable, les élus et les réprouvés? Pendant l'éternité, les élus devront-ils remercier Dieu uniquement d'avoir récompensé leurs mérites, ou encore de les avoir choisis, avant tout mérite de leur part, pour mériter celle récompense ?

Trois réponses ont été faites à la question posée :

A. Le système semipélagicn tranche en laveur de l'homme. Dieu prédestine également tout le monde au salut, et donne à tous une égale mesure de grâces. Seule la volonté de l'homme, par sa résistance ou son assentiment à la grâce, décide si on sera sauvé ou perdu. Toute prédestination spéciale, si elle n'esl fondée sur le mérite réel ou conditionnel des élus, serait opposée à la justice de Dieu et à la liberté humaine. Ils allaient jusqu'à insinuer (ce que répéteront plus lard certains théologiens) que le nombre tics élus n'esl pas arrêté ni certain i

lî. Le sNsièine prédestinai ien (que les semipélagiens attribuaient à saint Augustin el que d'autres croient en eftel trouver dans ses écrits) affirme, non seulement des l'éternité, un choix privilégié di - élus pur Dieu (ce qui bien compris est le dogme catholique), mais en même temps : a) la prédestination des réprouvés à

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