‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 264 sur 338 · I.o notion du sacrement n'a pas encore chez saint · texte numérisé non relu

I.o notion du sacrement n'a pas encore chez saint

-tin cette précision que lui donnera le xme se mais le premier il en a déga r». Il

il donc le sacrement : a comme un lieux. s«<7 uni signum, De <t'tt.. I. \. c. v. P. L., t. xxi, col. 2$2; — b) puis comme un lien social, m d union entre les membres de l'Église: D

■. nomen, paudssimis, dise, i alloue ]

limis Uione prœslantissimis sociut.uem nom

. i.iv. n. 1 ; -- - ne se

bientôt : c'est un rite commémoratif d'un passé, signifiant, un don sucre ijue nous devons recevoir. Epist., iv. n. 2. P. L., t. xxxiii, col. 205. Sans doute : a. ce don à recevoir c'est la grâce; b. cette est produite par le rite en vertu de l'institution par le Christ; c. indépendamment du mérite personnel du ministre. Mais ces idées développées ei el là, nnulle part synthétisées comme notes essentielles de tout sacrement. Ainsi Augustin donnera ce nom à bien des choses qui ne le sont pas pour nous, à la traditio symboli ou a l'oraison dominicale, Serm., CCXXYIII, n. 3, P. L., t. xxxvm. col. 1102; il parlera du sacrement de l'exorcisme. Serm., ccxxvii, ibid., col. 1103. Et cependant voici la définition augustinienne du sacrement d'après les critiques protestants, llahn. Die Lehrt deu Sakramenten, etc., 1864, p. 12, et Harnack, /

. t. ni. p. 146 : l.< saci ement est un 6 . matériel d un objet spirituel, institué par Jésus-Christ, mais naturellement apte à désigner cet objet, par lequel communique sa grâce à ceux qui en font us nditions. »

2. L'effit •>, ité intrinsèque des sacrements» été étud à l'occasion du schisme donatiste. —a) Le dogme .

sur lequel --'accordaient donatiste* et catholiques affirme l'influence sanctificatrice des sacrements. C'est là, d'après Augustin, le caractère distinctif des sacrements de la loi nouvelle, comparés à ceux de l'ancienne loi : ceux-ci prophétisaient la ^ràce. les nôtres la confèrent I. XIX. c. mu. n. 16, P. L.. t. xi.ii, col. 355, 356.

'• I1' i i miner l'influence spéciale du rite sacré et de l'instrument humain dans la collation de la grâoi est 1' soulevé par les donatistes. I>

l'ordination conférée par un traditor ne pouvait être valide : comment celui qui n'a pas le Saint-Esprit pourrait-il le donner'.' Logiquement ils devaient -

que tout ministre pécheur perd ses j mentaux. La Réforme devait soulever le même problème. igeanl plutôt le sujet: Est-ce le sacrement qui sanctifie, ou seulement la foi de celui qui le re.

ce double aspect, les ouvrages d'Augustin contre les donatis I. 2277, 2294-2296, constituent une

sorte d'apologie de ce dogme, par l'explication rntionnelle, quoique incomplète, du rôled du rite, du ministre el du sujet, a. Le sacrement est valide malgré l'indignité du mi-

nistre, qu'il soit même traditor ou hérétique. Cela revient à dire que le ministre ne perd point ses pouvoirs de l'ordre par ses chutes. La raison fondamentale repose sur la théorie augustiniennede l'Eglise. Le vrai ministre du sacrement, ce n'est pas tel homme, même consacre, c'est l'Eglise, épouse du Christ qui l'envoie, et finalement c'est le Christ lui-même qui opère toujours dans l'Église et par l'Église. Même quand le ministre en est séparé par l'hérésie ou le schisme, il représente cette Église dont il porte le caractère par l'ordination ou le bapiême. Ainsi c'est l'Église, c'est la colombe qui baptise, même quand le sacrement est donné par le vautour hérétique, De bqpl., 1. III, c. xvn, n. 22, P. L., t. xliii, col. 149; n. 23, col. 150; elle est l'épouse qui engendre et per uteruni suum et per uteros ancillarum ex eisdem sacramentis tanguant ex viri sui semine. De bapt., 1. I, c. x, n. 14, ibid., col. 117. Ou encore c'est Jésus- Christ lui-même qui baptise, ainsi qu'il le proclame si souvent. Ou enfin c'est l'Esprit-Saint qui agit. Cont. epist. Parm., 1. II, c. xi, n. 24, P. L., t. xliii, col. (57. Conclusion : A l'axiome des donatistes : conscienlia dantis adtenditur, il répond : non cogitandum quis det, sed quiddet. De bapt., 1. IV, c. xvi.

b. Mais ce baptême valide conféré par un hérétique donne-t-il la grâce? Augustin le nie souvent, mais il suppose toujours la mauvaise disposition du sujet, in quantum hœreticorum ... perversitati consentit. De bapt., 1. III, c. x, n. 13, P. L., t. xliii, col. 144. Ct. Cont. epist. Parm., c. xi, n. 24, ibid., col. 68.

c. La théorie de la reviviscence des sacrements est née de l'ensemble de cette doctrine : quand le baptisé' par un hérétique revient à l'Église avec les dispositions voulues, le sacrement produit son effet, auparavant empêché par la faute du sujet. De bapt. cont. don., I. I, c. m, n. 18, P. L., t. xlii, col. 119.

Conclusion : Augustin a vraiment enseigné l'efficacité' des sacrements, telle que la scolastique et plus tard l'Église ont voulu l'exprimer par la formule ex opère operato. Ct. ('.ont. Cresc, 1. IV, c. xvi, n. 19, P. L., t. xliii, col. 559 : Non eorum meritis a quibus ministratur, nec eorum quibus ministratur, constat baplismus, sed propria, sanctitate atque veritate propter eum a quo institutus est, bene utenlibus ad salulem.

3. Le caractère sacramentel. — a) D'après Reuter, Aur/usl. Htudien, p. 265-, « Augustin est le premier des docteurs qui ait introduit le terme caractère dans la théorie du baptême et de l'ordination. Bien qu'il n'y ait jamais joint l'adjectif indelebilis, le sens de ce mot est de l'augustinisme le plus authentique. » Augustin n'a pas inventé, mais il explique les affirmations de ses prédécesseurs que ni le baptême ni le pouvoir de l'ordre ne se perdent par le schisme ou l'apostasie, que ces deux sacrements ne peuvent être réitérés. C'est (pie, dit

Augustin, ils impriment à l'âme une marque ineffaçable qu'il compare au signe militaire alors en usage. Cl. Cont. epist. Porni.,1, 11. c. .nui, n. 29, ibid., col. 71. Ce caractère, le baptisé le porte partout. Epist., XCVIII, n. 5. Augustin a donc nettement distingué deux effets te ii différents de ces deux sacrements : la grâce ou n it-Sainl qui n'est accordé' qu'aux âmes bien dispoi h le,,, toujours imprimé, dès que le baptême est régulièrement conféré. De tmpt., I. V, c. xxin, n. 33, /'. /.., t. xi. m, col. 193. — L'inamissibilité de pouvoirs île l'ordre et la validité' des ordinations conférées par le- hérétiques ont donné lieu, aux x« el ntroversi très passionnées dont le fond étail toujours l'autorité d'Augustin, Pierre Damien t'appuyai! sur lui pour soutenir la validiti de ces ordinations, ainsi que le moine de Constance, Bernold, conlrelecanlin.il Humbert, On trouvera tous les documents réunis dans les Monum, Germ., Libelli de lite iniperatorum et potlliflcum, Hanovre, 1890-1897,

t. i-m. C. Mirbt, Die Stellung Augustins in der Publicislik, etc., Leipzig, 1888, a donné la liste de tous les passages d'Augustin allégués de part et d'autre.

4. Le nombre des sacrements. — a) La notion du sacrement était encore trop vague pour qu'Augustin songeât à une numération exacte. Aussi s'est-il contenté de nous dire qu'ils sont moins nombreux, plus simples, et d'une signification plus haute que ceux de l'Ancien Testament. Cont. Faust., 1. XIX, c. xiii, P. L., t. xlii, col. 355. Dans la lettre liv, n. 1, il nomme le baptême et l'eucharistie, et siquid aliud in Scripturis canonicis commendatur. Dans le sermon i, In Ps. cm, n. 9, P. L., t. xxxvii, col. 1343, il affirme plus nettement in baittismo, in eucharistia,m C/ETi:ris sanclis sacramentis. Déjà ces seules affirmations suffisent à condamner la thèse de llahn, que saint Augustin n'a connu que deux sacrements. Du reste, pour trancher la question, ce n'est point le mot de sacrement qui doit guider, mais le fond de la doctrine et surtout l'efficacité attribuée à un rite. Or, en comparant les divers textes d'Augustin, on arrive à celte conclusion : Sur nos sept sacrements, six sont décrits par Augustin avec des caractères vraiment sacramenlaux, et tous les six reçoivent le nom de sacrement (en des sens divers) ou sont énumérés, avec les vrais sacrements : le baptême est expliqué' en des livres entiers, l'ordre a été mentionné, l'eucharistie, la pénitence et le mariage seront étudiés à part. — b) La confirmation est très clairement décrite : non seulement Augustin la met sur un même rang avec le baptême et l'eucharistie, parmi les sacramenta infantium : sacramentum chrismatis... in génère signaculorum SA.CR0-

SANCTUM EST SICUT IPSE BAPTISMUS. Cont. litt. Pet., 1. II,

c. civ, n. 239, P. L., t. XLIII, col. 312. Il en décrit l'efficacité surnaturelle, le don du Saint-Esprit : Vnctio spiritalis ipse Spiritus Sanctus est, cujus sacramentuni est in unctione visibili. In I Joa., tr. III, n. 5. La force chrétienne est la grâce propre de ce rite, et justifie le nom qui lui a étédonné plus tard. Cont. Faust., 1. XIX, c. xiv, P. L., t. xlii, col. 356. — c) Seule l'extrêmeonction ne semble point décrite par Augustin : du moins les textes allégués dans la Confessio de Torres sont tous apocryphes, et ceux de Cupetioli traitent de la confirmation. Toutefois, dans le Spéculum, P. L., t. xxxiv, col. 1037, parmi les autres préceptes extraits de YEpistula Jacobi, il rapporte le fameux texte, Jac, v, 14 : infirmalur t/uis, etc.

7° L'eucharistie et la présence réelle. — Parmi les critiques protestants c'est, d'après Loofs, Realencyclopàdie, 3e édit., I. n, p. 61-63, une conviction unanime que « le plus grand docteur du catholicisme occidental a pris, dans sa doctrine de l'eucharistie, à peu près la même position que Bérenger, Wiclel, et Calvin ». Il cile les noms de Kahnis, Ebrard, Rùckert, Dorner.A. Ilarnack

partage le même senti ni, Dogmengeschichte, t. m,

p. 148, mais il est loin d'avoir autant d'assurance, et trahit un réel embarras, même quand il dit qu'aucun lexte d'Augustin n'est absolument décisif en laveur de la présence réelle. Parmi les catholiques certains ont paru s'effrayer en ces derniers temps, par exemple la Revue d'hist. et <!<■ huer, relig,, 1901, p. 535. En réalité, dans l'œuvre d'Augustin, les protestants eux-mêmes en conviennent, il y a deux séries de textes a première vue inconciliables : en faveur de la présence réelle les

tormules abondent, tout le langage augustinien est imprégné de celte idée : mais d'autres textes, réunis par Loofs, Dorner, etc., étudiés de tout temps par les docteurs catholiques (récemment parWilden, Stentrup, Synopsis de euch., p. 12-49, Schanz, voir bibliographie), semblent

affirmer une présence en figure. Pour résoudre le problème, examinons trois éléments qui en donnent la solution : I. I.nls incontestés qui supposent la pré

réelle; 2. textes el théories augustiniennes qui l'exigent 3. théories qu'on nous oppose.

2il0

A.UGUSTIN SAINT)

A. ' pi ndenl impossible l'in-

lei pn talion proti slanlc de la di Augustin.

a) Dans toute l'œuvre du grand docteur, il u \

une parole, pas une Beule qui insinue la raoindn

divi rgence <l opinii i '• d une im|

atemporains ou Bes pré irs. Il

suppose toujoui ti ine est celle de toute

l'Eglise D'autre part, la doctrine de la présence réelle iin • Iirisl dans l'eucharistie i i dans l'Eglise

rue et latine avec une clarté qui déGe toute interprétalion : elle était l'âme de toute la liturgie. Loofs lui-même avoue, Leilfaden... der Dogntengesch., 3* édit., p. 137, que Tertullien atteste la conception réaliste de l'eucharistie par l I glise d'Afrique d. ( In ie\ ra donc affirmer ou qu'Augustin n'a j >< >i n t compris la pensée si claire des

grands docteurs, Chrysosto , Cyprien, Hilaire, ...ou

qu'il s'esl séparé d'eux lous, -ans jamais examiner ou critiquer leur doctrine ' Qui le croira?

b) En particulier saint Ambroise, dans le De mysteriis, c. vm-ix, /'• /-•, i. xvi, col. 403, a formulé non seulement la présence réelle, niais ce «jueLoofs appelle la conception rdaliste-dynamiste de la transsubstantiation (le texte est si clair, que Loofs prend le parti désespéré d'en nier l'authenticité). Puisque Augustin parle ordinairement de l'eucharistie comme Ambroise, son maître vénéré [Epist., cxlviii, n. 52, tanquam plantalori et rigatori meo, etc.) et que jamais il n'indiqua une controverse sur ce point, il entendait ces formules dans le même sens.

ii Nul des contemporains ou de ses successeurs, nul de ses adversaires (et on sait s'ils furent nombreux, acharnés et perspicaces parmi les donatistes et les pélagiens), n'a jamais signalé une dissonance dans la doctrine eucharistique d'Augustin : et pourtant le De doet. christ., De catechiz. rudibus, etc., d'où sont tirés les textes suspects, étaient entre toutes les mains. Enfin les disciples d'Augustin, par exemple Césaire d'Arles, Grégoire le Grand, furent tous des défenseurs de la présence réelle.

d) Enfin un fait attesté par Augustin avec une insistance singulière, c'est Varcanum eucharistique, ou le secret fidèlemenl gardé à l'égard des catéchumènes sur ce mystère : Non oportet ut hoc memoremùs propter catechumenos, dit-il au sermon ccevu, n. 3, P. L., i. xxxviii, col. 1107. Cf. Sernu, cxxxi, n. I, ibid., col. 729; à'erm. ,cxxxn,n.l, i&td., col. 734; Serm., clxxxii, n. I, ibid., col. 734, et surtout Epis t., cm., n. i^. col. 554. 11 faut l'avouer, si la cène est une simple cérémonie symbolique, ce mystère est au moins difficile à expliquer. Le pardon des péchés par l'Église aurait une bien autre importance.

2. Théories augustiniennes qui exigent la présence réelle. — Les textes en laveur de ce dogme sont fort nombreux, et parfois si clairs que certains protestants avouent n'en point trouver l'explication. Voici celle que propose M. Loofs : Le langage d'Augustin, il en convient, est absolument réaliste, il avoue môme que ses formules ont contribué a détourner les théologiens postérieurs de l'explication symboliste. Mais Augustin, d'après lui, les

a tendait dans un sens figuré puisqu'en certains passages il a lui-même affirmé que l'eucharistie est un signe, et par suite elles n'ont aucune portée pour révéler la pensée intime du saint docteur. Mais le savant critique n'examine pas si ces formules, prises dans le -eus figuré, ne constitueraient pas souvent, avec le texte qui les encadre, une contradiction flagrante. Laissons donc les textes innombrables où le pain eucharistique et le corps du Sauveur sont identifiés : citons quelques paBSageS OU non seulement les paroles, déjà

très expressives, mais les théories et les raisonner d'Augustin exigent absolument la présence réelle. Sans

cette pr isi nce -"nt absolument inexplicables les thi euivan

n >le l'eucharistie, justifiée par Augus-

iin parce qu'elle est la chair du Christ. In Ps. x« vin,

P. /... t. xxxvii, a i 1365. Ce p i U du nt

fameux : Lisant dans le psaumi lum

, il est troubli trie Puis tout à coup il ti lulion la chair du

: a été prise de la terre dans le sein de Mari' cette chair est dans l'eucharistie que ions adoroi voilà la terre adorée sans impiété : / me ai Christ um et invertie quon taie

lur terra..., caro de terra est et de carne M cornent accepit, et quia n ipsa < iu.vjs hicambui et IPBAM i IRNBU nobit manducandant adsalulern dit, nento autem in i u i i/.x/ m (la même évidemment, ipsam, illaim ntanducat vist /•/■// - adoravbrit, in (uni est quentadnwdum aderetui taie scabellum pe~ <i 'nu Domini, et non solum • .us adorando,

si a /■/.< i i.mi s non adora .,.'.. De bonne foi, si Augustin n'admet pas que la chair du Christ soit réellenu nt dans l'eucharistie, ce raisonnement ne croule-t-il dépourvu de tout sens? Et puis, quel parallélisme d'expression : nous adorons la chair même qu'il a reçue de Marie, qu'il avait dans le Coui - -t celle-là

ons!

Subtilité auguslinienne ! dira-t-on. Précisément tout ce passage est inspiré, même imité du commentai! clair de saint Ambroise, qui a tant tourmenté les vains protestants. De Spii itu Sancto, I. III, c. xi, u /'. L., t. xvi, col. 794-795 : Jtaijuc per scabellum i intelligitur, per terrain autem caro Chrisli, QtJAM hoquoque lit mtstbbus adoraucs et quant apostoli in Domino Jesu... adorarunt. (C'est la même chair, adorée par les apôtres, adorée sur l'autel!) Comment, après cet accord de pensée, mettre une opposition entre la foi d'Ambroise et celle d'Augustin '

b) Le miracle de Jésus se portant dans ses mains à la cène. In Ps. .\x.\iii, enarr. i. 1'. L., t. xxxvi, col. 30(5, Augustin assure que cette parole i traduit. Septante] :el ferebatur m manibus suis, inintelligible de David et de tout simple mortel, s'esl réalisée à la 1 dans le Christ : ferebali kristus in manibus

mmendans u\-i m i m, ait, hoc

est corpus rneum, Matih.. xxvi. 26 : (en bal enim illud in manibus suis. Enlevez la présence réelle, comment le Christ se porle-t-il dans ses mains'.' — .. En image, » répondra-t-on, le signe a reçu le nom de la chose si-niliée. Mais alors, où est la merveille que l'on exaltait, nento manibus suis portalurf Tout homme peut en (aire uutant. Et remarquons qu'il tient à cette merveille: il \ revient dans \ Enarr., il, n. i. col. :>Ois: eum i mendarel ipsum corpus si i m i:i saxgci.xbm suc m, etc. Lu transformation miraculeuse du pain dans la consécration. — Auc M. Harnack, /<>e. cit., Dorner, slinus, p. ■J7-J. les protestants disent que saint Augustin n'a jamais parlé' de transsubstantiation. (Juand on

leur cite : non munis punis sed OCCipiciiS bened iicm ChriSti fit corpus Christi, Serm.. i cxxxtv, n. -. ils répondent, c'est une transformation purement morale, comme iUihs les autres sacrements. Ils expliqueraient de même l'.onl. Faust, mon.. I. XX. c. XII l. /' I. . t. xi u. col. 379 : certa itione mysticus

/il noius. non nascitur. Mais voici une théorie autrement expressive. Dans le lllr livre De Trinitate, 1 que d'Ilippone explique les interventions et manif

- miraculeuses de la toute-puissance divine : or non seulement il cite la consécration mystérieuse des éléments eucharistiques, mais il en fait la grande nui-veille a côté de laquelle les autres miracles de Dieu n'ont rien d'étonnant : l'homme a pu fabriquer ce pain et ce vin, mais p. air les changer en un si grand sacrement, il y faut l'opération du Saint-Esprit : Cuni per manus hontinum ad illam visibilent q rducatur, nisi

ificalur ut sit TA M uagxum sacramentum,

AUGUSTIN (SAINT

OPERANTE INVISIBILITER SPIRITU BEI...; quid miriim si etiam in crealwa cœliet tcrrrr, etc. De Trin., 1. III, c. iv, n. 10, P. L., t. xlii, col. 873-874. Voilà certes qui est bien spécial à l'eucharistie. S'il s'agissait seulement d'une présence en figure, à quoi bon cette opération invisible du Saint-Esprit? Pourquoi l'énumérer surtout parmi les grandes couvres de Dieu? Pourquoi y revenir une seconde fois avec insistance, ibid., n. 2I, col. 88 1 , parler de ce mystère au milieu des grands miracles accomplis par Dieu et ses anges, signaler comme un grand mystère que les catéchumènes ignorent unde vel quomoùo conficiatur? Sans la présence, tout est inexplicable dans ce texte qu'il faut lire en entier.

d) Inexplicable aussi la communion des indignes d'après Augustin. Dans le système symboliste, les pécheurs reçoivent sans doute le sacrement, le signe, mais ils ne mangent point la chair du Christ, puisque ce serait participer à la vertu du sacrement, à l'union avec le Christ dont le pécheur est exclu. Or le saint docteur enseigne que le pécheur reçoit validement l'eucharistie, qu'il mange la chair du Christ et boit son sang, mais sans recevoir la grâce du sacrement, cum ipsam camem manducent, et ipsu M sanguin em bibant. Senti., lxxi, n. 17, P. L., t. xxxv, col. 453 (tout le passage est à lire); De bapt., 1. V, c. vin, P. L., t. XLIH, col. 181. Dans la doctrine catholique, rien de plus clair. Mais si Augustin rejette la présence réelle, que reçoit le pécheur, que mange-t-il en plus du signe? M. Harnack écrit très loyalement, ouv. cite, t. m, p. 148 : « Ce que les indignes reçoivent, et d'après Augustin ils reçoivent validement le sacrement, demeure entièrement obscur. Et je ne puis souscrire à cette parole de Dorner : Augustin ne connaît pour les incroyants aucune manducation du corps réel et du sang du Christ. »

e) Inexplicable surtout la doctrine d'Augustin sur le sacrifice eticharistique. Ses témoignages sont ici d'une richesse sans égale, et c'est toujours le Christ luimême qui est à la fois la victime et le prêtre s'offrant à son Père en même temps qu'il est offert par le ministre à l'autel. Ainsi Monique mourante demande qu'on fasse mémoire d'elle à l'autel, unde sciret dispensari VU 11MAM QUA DELETUM EST CIIIIUiCRAPIIf.il, etc. C'est la victime même qui nous a sauvés. Confess., 1. IX, c. xui, n. 36, P. L., t. xxxn, col. 778. Et Augustin rapporte qu'on célébra près du corps de Monique, le sacrificium pretii nostri. Ibid., n. 32, col. 777.

Toutes les fois qu'il parle de ce sacrifice commémoratif de celui de la croix, il répète que c'est l'oblalion du corps du Christ, l'oblation sacrosainlc, etc., emphase incompréhensible s'il s'agit d'une simple cérémonie en ligure : ChrislUmi peracli hujus sacrifiai (de la croix) memoriam célébrant SACROSANCTA OBLATIONE El PARTICIPATIONS CORPORIS ET SANGUINI3 DOMINl. Cont. Faust, man., 1. XX, c. xvm, P. L., t. xlii, col. 383. Il nous dit du veau gras tué au retour de l'enfant prodigue : Vilnius ille /.v CORPORB et SANGUINE noMi.su n OFFERTVR PATR1 et poscit totani domum. Quœst. Evang., 1. II, c. xxxiii, n. 5, P. L., t. xxxv, col. 1346. M. Ilarrîack prétendait que jamais Augustin n'a parlé du corps du Christ offert de nouveau au Père par le prêtre : que signifie donc < ti et il y en a

tant d autres! Dans le sermon CCXXV1I, /'. /.., I. xxxvin, col. 1100, c'est le prêtre qui offre ce sacrifice, prpsbyter qui offert. Mais voici une pensée d'Augustin encore plus significative. Au livre XVII De mit., c. xx, n. 2, /'. L., t. xi, i, col. 556, il no se contente pas de dire que le neuve,m sacrifice eucharistique, qui succède à toutes les anciennes immolations, est offert par Jésus-Christ lui même, et que la victime e l son corps et son sang . ... sacerdos ipse mediator Testamenti Novi exhibei seeundutn ordinem Melchisedech de corporb ii sanf. suo. C'est pour ce sacrifice de l'autel, ajoute-l-il, que son corps a été formé dans l'incarnation, afin qu'il

pût l'offrir à son Père sur l'autel et le donner à ses fidèles : propter quod etiam vocem illani, Ps. xxxix, ejusdem Mediatoris per propheliam loquentis agnos- <i)uus : sacrificium et oblalioneni noluisti, corpus AU te M PERFECifTl MlHi : quia pro illis omnibus sacrifiais et oblationibus, corpus ejus offertur et participantibus ministratur. Ainsi le corps qui est offert en victime et distribué aux communiants c'est le corps même que le Verbe s'est uni dans l'incarnation, et qu'il a pris précisément dans ce but. Et c'est là une idée chère à saint Augustin : il la développe de nouveau dans YEnarv. in Ps. axa///, n. 6, P. L., t. xxxvi, col. 303. Croirait-on que Dorner, Augustinus, p. 269, ait persisté à voir ici, dans le corps du Christ, l'Eglise, son corps mystique? Ainsi l'Église serait le corps formé au Christ dans le sein de Marie, le corps offert au Père et distribué aux convives eucharistiques !

f) Inintelligibles enfin seraient les applications que saint Augustin aime à faire de l'eucharistie, et les conclusions qu'il formule. Voici en effet comment il prouve à l'incontinent que la communion lui fait un devoir de la vertu, Scrnt., ix, n. 14, P. L., t. xxxvm, col. 85: Jam nos li prêt ium tuum,jam nosti quo accedis, quid nianduces, quid bilias, /.I/O QUEM manduces, quem bibas : Abstine le a f'ornicalionibus. Sans parler du peu d'efficacité qu'aurait cet argument si l'eucharistie n'est qu'une figure, conçoit-on, si le Christ n'est pas présent, que l'orateur ait pu se corriger ainsi : tu sais cehà que tu manges, cehà que tu bois. Un sacramentaire pourrait-il s'exprimer ainsi ? De même pourrait-il, avec saint Augustin, comparer le sang du Christ au sang d'Abel criant vengeance vers le ciel, et dire que le sang du Christ reçu dans la communion, crie aussi vers son Père : Habet enim niagnam vocem Cliristi sangids in terra, cum eo accepto ab omnibus gentibus respondelur, Amen. Hœc est clara vox sanguinis, quam sanguis ipse EXPRIMIT ex ohe fidelium codem sanguine redemptorum. Cont. Faust, man., 1. XII, c. x, [P. L., t. xlii, col. 259.

3. Théories eucharistiques d'Augustin qu'on oppose à la présence réelle. — Certaines formules, il faut en convenir, sont difficiles el étonnent (moins cependant que les textes précédents ne doivent étonner des adversaires de la présence réelle). Croire, ici encore, à des contradictions incessantes, serait par trop simpliste. Pour tout concilier, il suffit, nous semble-t-il, d'entrer davantage dans les pensées du grand docteur, et de concevoir les choses comme il les concevait de son temps. Les obscurités ont leur origine dans les divers aspects du mystère eucharistique : les textes opposés, étudiés dans le passage dont ils font partie, fournissent souvent une admirable confirmation du dogme catholique. Nous ramenons les principales objections à trois théories dont on ne semble pas avoir toujours saisi la portée.

î™ théorie, des signes et des figures dans l'eucharistie. — Pour Augustin, dit-on, l'eucharistie est une figure du corps du Christ. D'après VEnarr. in Ps. ///, n. 1, /'. L., t. xxxvi, col. 73, à la cène corporis et sanipiiiiis sut figurai! discipulis commetidavit et tradidit. VA dans Y Epis t., XCVIII, n. 9, P. L., t. xxxiii, col. 364, il donne une théorie générale : les situes sacramentaux, dit-il, à cause de leur ressemblance avec les réalités qu'ils représentent, reçoivent les noms de ces réalités. Ainsi, quoique le Christ n'ait été réellement immolé' qu'une fois, nous disons qu'il est immolé tous les jours. Ainsi encore SÏCUt sccumlum quemdam moiinin sacramentum corporis Christi corpus Christi est, ita sacramentum fidei fides es/ (le baptême des enfants permel de dire qu ils oui la fui). Aucun texte, dit Loois, n'esl plus riche en enseignements que celui-ci. Ou peul seulement en rapprocher l)<' catechiz. nul., c. xxvi, n, 50, /■ L., t. XL, col. 844. — Explication /Ces locutions sont cependant naturelles si on f.iil deux refissions ' a) L'eu-

Al Gl STIN SAINT

charistie, an sent catholiqm i ■ ■ .1 au-

tres sacremenl 1 grâce à produit 1

elle se compose d'un d ment : l'un invisible,

rps de Ji Chi l'aùti eul > isible et bensible, le pain du pain, les accidenta qui en

jouent le rôle et en gardi nt les apparent pain,

ou, comme n ! ourd'hui, ces espèces sont

dan toute la force du terme, un Bigne du

i . ■ 1 non ce coi ps : elles représentent ce

yeux ne voient pas, que la foi seule dé-

b) D'autre part, Augustin ne donne le nom

de sacramenlum qu'à l'élément sensible et palpable

(tout élément invisible étant la res ou la virius

nanti . tandis qu'aujourd'hui le terme de sacrement,

de saint sacrement, éveille chez nous l'idée du corps

du Christ, au iv siècle ces mots signifiaient proprement

le pain apparent, ce qu'on nommait improprement

partis, nalura panis. Rien d'étonnant donc qu'il dis.'

que le sacremenl de l'eucharistie (élément sensibli 1

idents) est une Ggure du corps du Christ, pui c'est la stricte vérité. Terminologie d'ailleurs bien raisonnable : nos adversaires savent-ils que les théologiens disent. -ni encore --i le corps du Christ constitue, dans la rigueur du terme, l'essence même du sacrement? Il fallait d'ailleurs avertir des auditeurs encore grossiers que nous ne voyons pas, que nous ne touchons pas, que nous ne divisons pas le corps du Christ, mais seu- 1 nient le signe du corps mystérieusement présent. Ces réflexions vont s'appliquera la manducation.

2" théorie, de la manducation spirituelle d'après Augustin. — Il n'a admis, prétend-on, qu'une manducation en figure et on cite le célèbre texte De doct. christ., 1. III, c. xvi, n. 24, P. L., t. xxxiv, col. 71-75. Le précepte nisi manducaveritis, etc., pris à la lettre, commanderait un torfaif : figura est ergo, prsecipiens 1 assioni dominicae communicandum, et suaviter atque uliliter recondendum in memoria quod pro nobis caro ejus crucifixa et vulnerata sit. On rappelle aussi un autre texte fameux, In Ps. XCV1II, n. 9, P. L., t. XXXVII, col. 126 : Non hoc cor/tus quod videtis manducaturi eslis..., sacramentum alïquod rubis commendavi : spir rilualiter intellectum vivificabit vos. Etsi necesse est illud visibiliter celebrari, oportei tamen invisibililer intelligi. On peut citer aussi les traités KXV1 et XXVII /// Joa. — Explication. Elle consiste uniquement à saisir la vraie pensée d'Augustin. De même que plus haut il considérait le signe du corps du Christ ou le sacrement sensible, de même ici il envisage la manducation, c'est-à-dire la réception, l'action du fidèle pour s'assimiler le Christ, pour remplir la grande loi : Nisi manducaveritis. Or, la réponse d'Augustin esttrès catholique et très vraie, dans ses trois assertions : a) Pas de manducation matérielle, charnelle, au sens des grossiers capharnaïtes : acceperunt illud stulte... etputaveruni quod prsecisurus esset Dominus particulas quasdam de corpore suo. lu Ps. xcvm, n. 9. C'est la seule erreur qu'il signale et réfute, par ex. lu Joa., tr. XXVII, n. 12; De doct., loc. cit. — b) Il exige une manducation spirituelle, lu Ps. xcvm, une manducation par le cœur, non par les dents, h, Joa., tr. XXVI, n. 12, enfin des actes intérieurs comme la foi et le souvenir du Christ mort pour nous. Aujourd'hui en, l'Église exprime de même les devoirs du fidèle pour

voir le Christ avec fruit. — c) Enfin cette manducation, il l'appelle figurée, in figura, e\ c'esl 1res juste, dans le sens et dans les termes d'Augustin. Car. il faut i noter, il ne dit pas la présence du Christ n'est qu'en figure, c'est la manducation du Christ qui est appelée

rative, et avec raison. Car si le Christ est réellement

présent^ si la réception de son corps en nous est très

. si la manducation des espèces est ..m-i réelle, la

'"'"> du corps du Christ par nos organes n'est

que figurée : le corps du Christ, en eflet, est à I abri de

qui t'app cation : il

pai les dents, ni siti ré, ni assimilé : ut atteintes. Voila ce qu docteur a voulu inculquer à ton peuple. Joui comme lui. l'Église dit . ncon aux Ddi

préparez Christ

Unsi comme plus haut le corps du

i . tait réellement présent dans un

nsi ce cor-].- est reçu réellement et n 1 ligure, par une manducation réelle des • illu-

mine de ce corps sacré qui ne saurait être ni alfa assimilé.

On objectera : Cette manducation spirituelle. Augustin, exclut toute réception réelle du Christ. — Interprétation gratuite et iausse : — a) Ole est contraire au texte : Augustin repoi il la man-

ducation matérielle, le morcellement du Christ : la réception réelle du Christ dan nulle

part rejetée. Tout le rite extérieur, avec la consécration et ses eflets connus des fidèles, est positivement réclamée : necesse est illwl visibiliter celebrari, etc. — ontraire au but du saint docteur: il est uniquement

cupé de repousser tout morcellement du coij Christ, d'expliquer comment /• ibus.

In Joa., tr. XXVII, n. 3, col. 1666; et. n. •->-.">. b.n sermon cxxxi, n. 1.7'. L., t. xx.wiu. col. 729, même préoccupation : Putalis quia de Ituc corpore </uud t partes faclwus sum, et membra mea concisunu, et Et Augustin répond, non en niant qu'on reçoive le Christ, en disant au contraire qu'il nous donne en nourriture son corps et -on sang, de CORPORE ac sanguine si o dedet nobis salubrem refeetionem, mais que Tint. -rite' de ce corps est sauvegardée par la manducation spirituelle : et tam magnant breviler solvit de sua integritate quseslionem... Vitam mandut vitam bibanl... et intégra est iita... Si quod in sa mento visibiliter sumitur, in ipsateritate spiritualiter manducetur et spiritualiter bibatur. — c) Contraire au contexte, puisque c'est précisément dans le principal des textes objectés, lu Ps. xt mu, qu'est proclamé le devoir d'ADORER le corps eucharistique du Christ. Voir col. 2120. — d) Contraire enfin au principe (si souvent proclamé par Augustin) île la communion des entants. 11 a tant insisté que plusieurs ont pensé qu'il croyait la réception de l'eucharistie indispensable au salut d'après la loi : Nisi manduc rilis. Mais quelle manducation supposait-il donc d les enfants? Seulement matérielle'.' Elle est inutile. Spirituelle par ta foit Elle leur est impossible. Il admi donc une manducation spirituelle par la présence 1 du Christ.

S théorie, de l'eucharistie figurant l'Église, corps mystique du Christ, — l'n îles textes les plus concluants contre la présence réelle, d'après ses adversaires, serait le sermon cclxxii, d'après lequel le pain et le\in

n-tiques représenteraient seulement les fidèles.

<s ergo Cliristi si vis intetligee, . .1, stolum audi dicentem : Vos autem estis corpus Christi. 1 Cor., xn, 27. S corpus Christi et membra, m

rium vestrum in mensa dominica positumest; m rium rotre image symbolique) accipitis... Audis

pus Christi; et respondes, Amen. Esto m

Christi, ut rerum sit amen. Et montrant l'unité de l'Église formée de la multitude des fi comme le pain d'un grand nombre de grains, il conclut : mysterium paciset unitatis noslrsB in sua mensa eon-

P. /... t. xxxviii. col. 1 H6. Ainsi, d'à] Augustin, le corps du Christ dans l'eucharistie, ce point son corps réel, mai- son corps mystique, l'Église. Dorner, Loofe croient cet argument invincible, et la

il'li^t. et delitt. relig., loc. cit., en «si effraj — Explication, — Voir dans l'eucharistie le grand lien i glise et dans les symboles eucharistiques lu,

AUGUSTIN (SAINT

de son unité, ce n'est pas seulement conforme à la pensée de saint Augustin, c'est, nous osons le dire, une des idées dominantes de sa théorie eucharistique : il y revient constamment, par exemple dans les sermons aux néophytes. Ci. Serm., lvii, n. 7 ; Serm., ccxxvn, ccxxix, ibid., col. 389, 1100, 1103; In Joa., tr. XXVI, n. 13-15, P. L., t. xxxv, col. 1614; Episl., ci.xxxv, n. 50, P. L., t. xxxiii, col. 815. Parlantde ces deux idées que l'Église est le vrai corps mystique du Christ, corps dont il faut être membre pour participa à sa vie, et d'autre part que manger son corps et son sang dans l'eucharistie c'est devenir membre du Sauveur, être un avec lui, il envisageait ce mystère comme le sacrement de l'incorporation parfaite du fidèle au Christ et à son Église. 0 sacramentum unilatis! Ovinculum caritatis! s'écriaitil. In Joa., loc. cit. Et il empruntait à saint Cyprien le symbolisme du pain et du vin formés de multiples grains de blé et de raisin broyés et confondus dans l'unité. Théorie aussi belle qu'elle est ancienne dans l'Église. Mais, loin de former une objection contre la présence réelle, elle en est une admirable confirmation.

En eflet, le symbolisme de l'Église n'est donné par Augustin que comme un sens secondaire, mystique, de la formule corpus Clirisli : il suppose toujours le sens premier et littéral qui désigne le corps réel de Jésus- Christ. On pouvait discuter, plus haut dans les deux premières séries de textes, si Augustin entendait que ce corps du Christ fût présent on seulement représenté dans le pain eucharistique: mais prétendre qu'au sens littéral il exclusif, le Hoc est corpus meum et tous les textes eucharistiques, d'après Augustin, désignent seulement l'Église, corps mystique du Christ, et en aucune manière son corps réel, c'est absolument contraire à l'évidence : tous les lextes déjà cités, ceux même que Loofs el Dorner ont allégués, protestent contre une interprétalion qui ferait dire à saint Augustin : la chair du Christ née de Marie, qu'on adore dans l'eucharistie, c'est l'Église; le pain descendu du ciel que nous mangeons, /;/ Joa., tr. XXVII, n. 5, c'est l'Église; la victime du Calvaire qui s'offre sur l'autel, c'est encore l'Église; le sang donné dans le sacrement, avant d'être répandu sur la croix, De pecc. mer., 1. I, n. 34, ce n'est pas le sang du Christ, c'esl toujours l'Église. Bien plus, il faudrait attribuer tout cela à saint Paul, dont les paroles unus pauis, unum corpus, I Cor., x, 17, ont inspiré la théorie de l'évoque d'Hippone.

La vérité est que pour saint Augustin comme pour saint Paul, l'eucharistie et les formules qui l'expriment enferment un double mystère : d'abord le mystère du corps et du sang réels de Jésus-Christ, donnés sous les du pain et du vin, et l'incorporation i\a fidèle au (;inisi lui-même qui devient, par la vertu sacramentelle,on principe de vie divine ; puis le mystère du corps mystique du Christ, l'Eglise, et l'incorporation du fidèle dans l'unité de ce corps mystique. Et ce second symbolisme, loin d'exclure le premier sens, le suppose essentiellemenl et en dérive, dans la pensée de Paul et d'Augustin, comme une conséquence à la fois logique el symbolique. C'esl précisément, parce que les fidèles, en recevant les ments, surtout en « mangeant » le corps réel du Christ, se sont incorporés à Lui, et vivent de Lui qu'ils forment tous ensemble unteulcorps mystique, l'Église. S.i in) Augustin nousavait expressément prévenus. Dans le sermon ccxxvn, voulant développer contre les donafavorite de l'unité de l'Église figurée dans l'eucharistie, il commence par affirmer le sens littéral, la communion au corps el au sang du Christ,

tang qu'il a répandu pour nos péchés. \ oici coi

il parle mx néophytes qui ont fait la communion dans la nuit de Pâque : Panis ille queni videtis in allai-), êanctificalut per verbum Dei, corpus est Cwusti. Calix ille, imo quod habel calix, sanctifleatum per verbum Dei, sam. us ESI ClIRlSTI. Per ista volait Dominus

commendare corpus et sanguin em suum, quem rno

NOBIS FUDIT INREMISSIONEMPECCATORTJM..P. L., t. XXXVIII,

col. 1099. Certes, jusqu'ici, ce corps et ce sang répandu pour nous, ce n'est point l'Église, mais bien le corps réel du Sauveur : voilà le sens premier et littéral de l'eucharistie. Et voici aussitôt le sens figuré, l'unité de l'Église : Si bene accepistis, vos estis quod accepistis. Aposlolus znim dicit : UNUS panis, etc. Sic exposait sacramentum mensse dominicae... commendatur valus in isto pane quomodo unitatem amarc debealis. Numquid enim panis ille de uno grano factus est? etc.. Ibid. « Si vous avez dignement reçu (ce corps et ce sang du Christ), vous êtes désormais ce que vous avez reçu (c'est-à-dire membres du Christ, le Christ luimême), etc. » Il y a plus : le même sermon retrouve ce symbolisme de l'Église dans deux autres sacrements : « Vous étiez les grains de blé, dit-il en substance, il a fallu les exorcismes pour vous moudre, l'eau du baptême pour vous pétrir, et le feu du Saint-Esprit figuré dans le chrême (confirmation) pour cuire ce pain mys- I' rirux que vous êtes. » I)ira-t-on que le baptême et la confirmation sont seulement le symbole de l'unité de l'Église?

8° La pénitence. — Voici les principaux points de la doctrine augustinienne sur celle question qui lut, dit llarnack, Précis de t'hist. des dogmes, trad. franc., p. 252, « le problème propre à l'Eglise latine. » En effet, tandis que l'Orient se divisait sur la personne du Christ, l'Occident était agité surtout par les diverses tonnes du novatianisme, et se demandait commenl les pécheurs devaient être traités par l'Eglise. Pour comprendre la théorie pénitentielle d'Augustin, il faut supposer ici la démarcation si nette qu'il a tracée entre les péchés mortels (letalia, crimina) qui condamnent à l'enfer, et les véniels qui sont compatibles avec la grâce. Voir plus loin ce qui est dit de la morale d'Augustin.

1. L'idée fondamentale d'Augustin est la célèbre distinction des irais pénitences si différentes par leur nature et leur objet ; elle a été développée dans les sermons cccli, ceci. n, /'. L., t. xxxix, col. 1535-1560; Cuil. .lui., 1. II. c. vin, n. 23, P. L., t. xi.v, col. 689. Nous empruntons une forme plus concise au Serm. de symb. ad catecli., c. vn-vm, n. 15, /'. /.., t. XL, col. 636. La première pénitence est le baptême, remède à tous les péchés, propter omnia peccata, baptismus inventas est. La deuxième est la pénitence quotidienne par la prière (surtout l'oraison dominicale, dimilte nobis...) pour les péchés véniels ou de chaque jour : propter levai, sine qtiibus esse non possumus, oratio inventa... ; semel abluimur baptismale, quotidie abluimur oratione; ailleurs il ajoute le jeûne, l'aumône corporelle el spirituelle, surtout le- pardon des injures. Serm., ix, n. 17, /'. /,., t. xxxviii, roi. 88; cl. Epist., ci. ni, n. 15, /'. L., i. xxxiii, col. 659, misericordim sacrificiis expiatur, etc. Il s';igii uniquement des péchés véniels, dans ce sens moderne du mot. c'est-à-dire de ceux qui ne méritent point l'enter, Enchiridion, c. i.xxi, eol. 2ii5. De quotidianis autem, brevibus levibusque peccatis, sine quibus lare vita non ducitur, par opposition aux crimes dont les coupables, regnum Dei non possidebunt. Ibid., c. lxix. La troisième et la magna jn niii'uiia, par laquelle on obtienl de l'Église le pardon des fautes graves : illi euim quOS videtis ai/rre

pœnitentiam scelera commiserunt, <"</ adulteria aut aliqua facta immania : unde aguni pœnitentiam. ftam si levai peccata ipsorum estent, iai hsec quotidiana mutin delenda sufficeret, Sermo de symb., lue vit.

2. Le pouvoir <irs clefs, — Dans cette troisième pénitence, il n'affirme pas seulement un vrai pouvoir sacramentel de remettre les péchés devant Dieu, avec

ie ce site d'y recourir pour les finies graves, mais encore

l'extension de ce pouvoir à tous les crimes sans exception : le temps du rigorisme esl définitivement passé.

— a) Tout cela est parfait) menl exprimé dans l Enchi-

/'./... i . • ■ il i bien il un

vrai pardon devant Dieu, ila ut, quibut remittuntur,

quantui nam, i i non poinl seulement

d'une réconciliation au i > i térieur, ut Ecclcsim fiai

< pardon esl faute, d

minibus quamlibi i magnis. La nécessité de recourir au pouvoir des cleûi esl nettement indiquée pai mots : extra eam [Ecclesiam) quippe non remitluntm-. Ipsa namque proprie Spiritut Sancti pignus ac- . Il Cor., i. 22, sine quo non remittuntur ulla ata. Cf. ibid., c. xi.vi et c. i.xxxm. où la négation du pouvoir des clefs, si elle persévère jusqu'à la mort, esl appelée le péché irrémissible in Spiritum Sanctum.

— b) Le sermon CCCLII, c. m, n. 8, /'. L., t. xxxix, col. 1558, donne ainsi un résumé de loule la doctrine pénitentielle : c'est l'Église qui a reçu le pouvoir de ressusciter le Lazare spirituel, mortuum latentem et putentem, en vertu de ces mots, .loa., xi, 39-44, solvite Muni. Ce pouvoir est universel : car 1rs téméraires qui ont voulu excepter certaines fautes exclusi siml de Ecclesia et hseretici facli sunt. Cf. lnch. expos, in Epist, ad Rom., n. 16, P. L., t. xxxv, col. 2100. Enfin aucune autre voie de pardon ne nous est offerte. Cf. aussi Serm., CCLXXVIH, q. 12, P. L., t. xxxvin, col. 1274 : gravia et mortifera... dimittuntur per clav.es Ecclesise; Serm. de symb. ad cat., n. 15, P. L., t. xl, col. 636; De agone christ., c. xxxi, P. L., t. xl, col. 308; h civil., 1. XX, c. ix, n. 2, /'. L., t. xi.i, col. 67i; De doct. christ., 1. I, c.xvni, P. L., t. xxxiv, col. 25 (interprétation de Malth., xvi, 19); In Joa., tr. CXXIV, n. 5, P. L., t. xxxv, col. 1973 [Ecclesia... claies... accepit in Petro, id est potestatem ligandi solvendique peccata); Serm., ccxcv, n. 2, /'. L., t. xxxvin, col. 1349 (très important); De bapt. cont. don., 1. III, c. XVIII, n. 23, P. L., t. xliii, col. 150. Il est absolument incompréhensible que M. Charles Lea, A history of auricular confession ami indulgences in Ihe latin Church, Philadelphie, 1806, t. i. p. 1 16-118, ait osé attribué au docteur d'IIippone la négation du pouvoir sacramentel des clefs. Cf. II. Casey, S. I., Noies on a History of auricular confession, 2« édit., Philadelphie, 1899, p. 68-78.

3. Quels péchés sont soumis à cette pénitence sacramentel ?— A. L'affirmation constante d'Augustin en exempte les péchés véniels, qui sont effacés parla vertu de pénitence et les œuvres inspirées par elle (jeûne, aumône, prière). Voir les textes cités, par exemple Serm. de symb., n. 15. Il est incontestable que les confessions de dévotion n'étaient point en usage et cela explique comment, selon la remarque du II. P. Rottmanner, llisim-. Jahrb., 1898, p. 895 (remarque dont plusieurs se sont bien à toit scandalisés), on ne voit nulle part que saint Augustin, de son baptême à sa mort, ait reçu le sacrement de pénitence. Cette observation s'applique aux autres saints Pères. La confession générale (renfermée par exemple dans la récitation du dimilte nobis débita nnslra, voir Serm., xvn, n. 5, /'. /.., t. XXXVIII, col. P27) suffisait : « Nous aussi. évéques, assistant à l'autel, nous frappons notre poitrine avec tout le peuple. » Serm.. CCCLI, n. 6, P. L., t. xxxix. col. 1544. Il tant lire dans le sermon lvi, n. Il, /'. /.., I. xxxvin, col. 382, l'humble explication de la pénitence épiscopale. Augustin, à propos du Pater, a dit que tous nous sommes débiteurs de Dieu par nos péchés, n Peut-être me dire/.-vous : Vous aussi '.' Et nous répondons; Nous aussi. Comment ! Vous aussi, évéques saints, vous êtes débiteurs? Nous aussi nous le sommes. Vous aussi) Non, c'est impossible, ne vous calomniez pa ainsi. Je ne me calomnie point, je dis la vérité: nous sommes débiteurs. » Et il indique les remèdes à ces taules de chaque jour, prière et aumône, non la confession.

B. L s péchés mortels, au contraire, ceux qui excluenl

du royaume des rieur, d'api I Cor., vi, 9-10. tous i Augustin a la :

du pouvoir d< I avec

évidence «le la distinction des deux péni

baptême. Voir ! plus haut. Seul

bre\ m. q r la péni-

tence intérieure, parla prière : les autres rie -ont pardonni

mina rem Enchiridion, c. imx. /'. /.., |

col. 265. Cf. lie symbole , c. vu, i6<</.. col. 636. et tout particulièrement De fide etoper.,c. xxvi, n. 48, il col. 22S. ou il n'excepte de la pénitence ecclésiastique que les péchés véniels sine quibus hsec nia > De même dans le sermon cclxxviii, n. 12 P /. . t. xxxvin, col. 1223, les gravia et nwrtifera d.. être soumis «>ix de/s; sont exceptés seulement qua devitari omnino noi

C. Reste une question : Augustin soumet-il à I DJtence publique tous les péchés mortels, ou seulement certains crimes d'une gravit.' exceptionnelle? La question est aussi difficile qu'importante.

a Dans une série de textes. Augustin ne signale que deux classes de péchés, les véniels et les morte' semble bien attribuer tous les mortels à la péni' publique (laboriosa . Ainsi en est-il au sermon n. 12. /'. /.., t. xxxvin. col. 1273. Plus clairement encore le Sermo ad catech. de symb., c. vu, n /'. /.., t. XX, col. 636, ne distingue que les péchi niel-, sine quibus vita ista non est, et les mortels qui tous requièrent l'exclusion de l'eucharistie, pro quibus necesse est nia Chris ti a aremini. Si tous les

péchés mortels privent de la communion, de sérieux critiques en concluent qu'ils sont tous soumis à 1 nitence publique. Voir Rotlmanner, //i.<f«r. Jahrb.. ' p. 895; Vacandard, La discipline pénitentielle, dans la Revue du vierge franc., 1901, t. xxvn, p. 611 sq.

b) Mais il n'est pas moins certain qu'ailleurs Augustin a distingué, très expressément, en dehors des pvéniels effacés par la prière, deux sortes de p mortels, dont les uns sont soumis à l'excommunication de la pénitence publique, tandis que les autres sont guéris quibusdam correptionum medicamentis, n sans privation de l'eucharistie. Voici ce texte important du De fide et oper. (en 113 . c. xxvi, n. 18, P. L., t. xl, col. 228 : A'isi essc/it qusedam ita gravia, ut etiam excommunicatione plectenda suit (pénitence publiqm item nisiessent qusedam non <a humilitate pnnitentim ida,qualis in Ecclesia datur eis qui proprie pœnitentes vocantur, sed quibusdam correptionum me-

rnentis, non dicerel ipse Dominas: corripe ■ uiter le et ipsum solum, et si te audierit, lucratifs es f rat rem tuum. Quelque sens que l'on veuille donner à ces remèdes et à cette correction ecclésiastique, î certain qu'il s'agit de péché mortel (les péchés véniels sont réservés à une troisième série, et d'ailleurs mots lucratus es fratrem indiquent une faute gra\ que ce péché mortel est soumis à une sorte de pénileno [ui n est pas la pénitence publique. Cf.

Collet, Dv ptenit., III» part., De sati<f., c. vi. n. 110. Mirent. La confession, dans les Études, 1899, t. LXXX. p. 600; Vacandard. loc. vil., p. 611-612.

Le laineux sermon CCCLI De ptenit., c. IV, n. 9. distingue plus express, -ment encore deux sortes de p mortels : seul- les scandales notoire- seraient soumis à la pénitence publiqu ur s'adresse au pécheur :

Pental al anlistites, ... a prœposilis sacramentorwn accipiat satisfaclionis suœ niodum... Il, si pecoatum

non -.H I M IN GRAVI KJI S MALO si n ETIAM INTA1

scandalo xi lui; i m est, algue liov expedire utililati Ecclesia videtur antisliti, m notifia multorum,

eiiam lutins / pvnitcntiam non

Si donc on admet l'authenticité de ce sermon, col. 2310, il faut bien avouer que le ministl

AUGUSTIN (SAINT

damne pas tous les pécheurs à la pénitence publique. Une interpolation ne parait pas vraisemblable. On pourrait citer encore le sermon lxxxii, n. 9-11, P. L., t. xxxviii, col. 510-511, et même le c. lxv de VEnchiridion. Plus claire encore est l'affirmation du De div. (jusest. lxxxiu, q. xxvi, P. L., t. XL, col. 17 : probabilité)' judicari potes t, qui non suit cogendi ad pœnitentiam luctuosamet lamentabilem, quamvis peccata fateantir (ces peccata ne paraissent pas des péchés véniels, on ne les accusait pas). Voir encore De corr. et grat., c. xv, n. 46, P. L., t. xliv, col. 944.

c) Tour concilier les deux séries de textes, il suffit d'admettre que tous les coupables de fautes mortelles se soumettaient à la confession (secrète), premier acte de la pénitence ecclésiastique, mais que le ministre imposait pour certaines fautes plus graves « le traitement de la pénitence plénière » avec satisfaction publique, et pour les lautes moindres « une satisfaction privée ». Voir Ma» Batifïbl, Eludes d'/iistoire de théologie positive, p. 162-163, rappelant une décision de saint Léon en 458. Cf. Jatlé, n. 544, et S. Léon, Epist., clxviii, inquisitio xix, P. L., t. liv, col. 1209.

4. Le mode d'administration de la pénitence. — a) Le premier acte est la confession du coupable, et tous les textes de saint Augustin, loin de supposer un aveu public, s'harmonisent plutôt avec la confession secrète et auriculaire. Ct. Ms» Batiffol, op. cit., p. 211, 217. Loofs, Leitfaden, etc., p. 195, prouve que la confession est secrète par le sermon 'lxxxii, c. viii, n. 11, P. L., t. xxxviii, col. 511, nos non prodimus palam, sed in scercto arguimus. Cf. Vacandard, La confession, 1902, p. 21. — b) Le ministre est, d'après Augustin, celui qui préside à l'Église, Encliirulion, c. LXV, P. L., t. XL, col. 262 : ii qui prsesunt Ecclesiis. Le sermon cccli, n. 9, nomme encore lesanlistiles, et peu après les prœposili sacrante» torum. Ce sont donc les évéques (si nombreux en Afrique) et peut-être ceux qu'ils ont délégués à ce ministère. — c) Le rôle du ministre après la confession consiste à prononcer le judicium culpse dont parle un décret gélasien, Jaflë, n. 674 : il décidait :

a. s'il y avait lieu à une pénitence publique ou non; cf. De div. qutvst. LXXXUT, q. XXVI, P. L., t. XL, col. 17-18;

b. ' ombien de temps devait durercette pénitence. Senn., Ci < il, n. 9. Saint Augustin ne décrit pas cette imposition de la pénitence, niais il l'appelle, comme les autres Pères, aclio psenitenlise, et nous apprend que cette cérémonie faisait partie de l'administration du sacrement di pénitence, puisque, même dans les grands dangers d'une épidémie, les fidèles se précipitaient pourdemanil i , les uns le baptême ou la réconciliation, les autres V aclio pxnitcntise. Epist., CCXXVHI, ad Honoralum, n. 8. /'. L., t. xxxiii, col. 1016. Cf. le 2- canon du I" concile d'Orange. — </) Les divers degrés et les exercices de la pénitence publique ne sont indiqués que d'une manière vague : elle est luctuosa, htmiillima, et prive de la table eucharistique, Sernu, ccclii, n. 2, /'. L., t. xxxix, col. 1558 : pxnitentia gravior in qua proprie

mlur in Ecclesia pasnitentes remoti scilicet asacra-

ilo altarit partiexpando. Ces mots confirment la

distinction ignalée plus haut des deux pénitences.

D'après VEnchiridUm, c. lxv, /'. /.., t. XL, col. 262, non

in, n consideranda esl tnemura temporis quant doloris,

5. /."• réconciliati » solennelle clôturait la pénib Nous savons p,ir la lettre CCXXVHI, citée plus haut, que les fidèles la regardaient comme nécessaire, I

n 32e du IIP concile de Carthage (août 397), au di but de l'épiscopal d'Augustin, défend aux prêtres de réconcilier les pénitents, sans avoir consulté l'évèque, ité en i absence de celui-ci.

Mansi, t. m, col. kv"> et ::;:> (can. i'i de la Colle africaine); Heiele, Conciliengeschichte, 2" ('dit., t. il, i> 66; trad. Leclercq, p. 98, IV. Lauchert, Die Canones der... allkirchl. Concilien, 1896, p. 167.

6. Le sort des rclapsi. — a) Le saint évêque proclame d'abord, comme les autres Pères, que la pénitence solennelle ne peut se réitérer. Epist., CL1II, ad Maced., n. 7, P. L., t. xxxm, col. 656 : Seruel in Ecclesia... ne ntedicina vilis minus utilis esset xgrotis. Mais il est difficile de déterminer la situation des relaps, de ceux qui, après une première réconciliation, étaient retombés dans de graves fautes. — b) Augustin affirme encore très clairement qu'ils peuvent certainement obtenir le pardon de Dieu, s'ils ont un vrai repentir. Epist., Cliii, ibid : Quis tamen audeat dicere Deo : quare... iterum paras? Le nier, c'est les jeter dans tous les vices qu'entraîne le désespoir. Il avait même dit plus haut que Dieu leur accorde largissima mimera vitœ AC SALUTIS. — c) Il semble donc que l'on observait en Afrique le décret du pape Sirice, en 385, Jaffé, n. 255, permettant aux relapsi l'assistance aux prières, mais avec interdiction de communier, saui en danger de mort.

7. La pénitence est-elle un sacrement? — a) Quoi qu'il en suit du langage d'Augustin le pardon accordé par l'Église a sans aucun doute, dans sa doctrine, tous les caractères que la terminologie actuelle attribue aux sacrements. Specht, op. cit., 109, reproche justement à Dorner, Auguslinus, p. 286, d'avoir, ici encore, nié le caractère sacramentel de la pénitence, et même le rôle de juge si nettement attribué au prêtre par le grand docteur. De civit., 1. XX, c. ix, n. 2. Harnack a très bien remarqué ce dernier fait, Lehrbuch der Dogmcngesch., 3e édit., t. m, p. 150; il prétend même qu'Augustin le premier (?) a donné une base à la théorie sacramentelle de la pénitence, en affirmant que la grâce produite est distincte de celle du baptême; il ajoute qu'au ive siècle la pénitence était ordinairement rapprochée du baptême, « comme si c'étaient les deux sacrements capitaux. » Cf. Enchiridion, c. xi.vi.

b) D'ailleurs est-il exact, comme on l'a dit souvent, que la pénitence ne soit jamais appelée par Augustin un sacrement? La voici expressément énumérée parmi les sacramenta, assimilée au baptême, à la confirmation et à l'eucharistie. De bapt., 1. V, c. xx, n. 28, P. L., t. xliii, col. 180: Si ergo ad Itoc valet quod dictum est in Evangelio, Deus peccatorenx non audit, Joa., ix, 31, ut per peccatorenx saciumenta non celebrentur, </uomodo exaudit homiddam deprecantem vel superaquam baptismi, vel super oleum (confirmation), vel super encharisliam, cri super capita eorum quibus mams imponittr. Qux omnia et fïunt ET valent eliam per homicidas... Celte imposition des moins esl bien un sacrement, les termes sont formels, le débat et le raisonnement l'exigent: il s'agit de sacrements qu'un hérétique peut bien conférer validement, puisqu'un criminel le peut. Mais quel sacrement? La confirmation? Non, elle esl déjà nommée à son rang. L'ordre? Non, cardans le même ouvrage, il est dii que cette imposition est réitérable. De bapt., 1. 111, c. xvi, n. 21, ibid., col. 149: Munus auiem impositio non sicut baplismus repeti non potest. 11 ne reste que la pénitence: el de fait Augustin affirme que ce rite concerne le pardon des finies, ibid., 1. Y, c. XXIII, n. 34, col. 193: Manus impositio si non adhiberetur ab hœresi venienti, tanquam extra onineni culpam esse judicaretur.

Ce dernier texte soulevé la question très complexe de l'imposition des mains sur les hérétiques convertis, Lsl-cela confirmation, comme les grecs l'onl pratiquée? Est-ce un nie non sacramentel, assimilé .'i la confirmation, comme le pense Mu' Duchesne, Liber pontificalis, t. i, p. 167? Voir Morin, Cotnmentarius /usine, de disciplina.., pœnit., I. IX, e. vi, Paris, 1651, p. 643-650,

(.i /.e mariage. La doctrine de ce sacrement, développée en plusieurs écrits spéciaux, voir col, 2304, doit a Augustin un grand progrès. - 1. On Bail qu'il la (ail repos i mi le principe gi néral des trois biens, qui en marque aus--i trois grai I ments: la lin du mariage

AUGUSTIN SAINT

on les entants, la loi du mariage ou fidélité* mutuelle d< époux, la signification sacramentelle ntum),

i t-4-dire le lien indissoluble des époux chn tiens, Ogare de l'union de Ji sua Christ avi ■ a i . li-.e.

2. Le caractère sacramenb l du mariage a été reconnu par Augustin. Mais, qu'on le remarque, la preuve n'en

es! point ] r nous dans l'appellation de acn ment. Cl*

terme est trop imprécis chez le saint docteur, comme as le texte de sainl Paul, Eph., v. 32. dont il s'inspire. On peut dire avec Vasquez, Mullendori el ainl Augustin n'appliquait pas ce mot nu mariage dans le même sens qu'au baptême, à l'eucharistie, à l'ordre, dans lesquels il > a une consécration

iale d'un élément matériel. .Mrtis d'autre pari croyons avec Schanz, Die Lehre von den Sacram., p. 731, que ce mot a ici un sens très relevé, et que de l'ait saint Augustin attribue au mariage deux caractères qui en font un vrai sacrement au sens moderne du mot: a) L'institution par Jésus-Christ même de ce symbolisme admirable de son union avec l'Église. In Joa., tr. IX, n. 2, P. L., t. xxxv. col. 459. — b) La grâce est conférée en vertu de cette institution sacramentelle. C'est la conséquence de la grande théorie augustinienne que tout sacrement du Nouveau Testament confère la grâce qu'il signifie. Or, celle signification est ici un fait d'une importance singulière, elle est la source de sainteté poulie mariage chrétien et l'élève au-dessus de tout mariage naturel: quod autem ad populum Dei spectat, i in sanctitate sacranienti. De bono conj., c. xxiv. n. 32, P. L., t. XL, col. 39i. Voici d'une manière pré-ci-' la pensée d'Augustin en ce passage remarquable : a. Le mariage des chrétiens est élevé a la sainteté d'un s religieux. — b. Pour que la signification du Christ et de son Église soit exacte, elle exige une indissolubilité absolue, plus étroite que celle du mariage naturel: celui-ci avait pu être dissous par le divorce; devenu sacrement, le mariage, par sa signilication même, enferme un vinculum nuptiale indestructible, tant que les époux vivent. — c) Ce vinculum est proprement ce que saint Augustin appelle res sacramenli. De nupt. etconc, C X, n. 11. Il est comparé au caractère du baptême et au caractère de l'ordre. De bono conj., c. xxiv, n. 30, P. L., t. XL, col. 39i.

3. L'indissolubilité du mariage a trouvé dans Augustin r.n défenseur invincible. — ai II en fait une propriéténaturelle du mariage naturel; mais Dieu a pu décréter des exceptions, témoin le privilegium paulinum. De conj. adul., 1. I, c. xin. P. L., t. xl, col. 159. — ),) Mais dans le mariage chrétien, l'indissolubilité est une propriété essentielle, puisqu'elle constitue la res sacramenli. Aussi ni adultère, m séparation de fait, ni stérilité, ni même apostasie, ne peinent dissoudre ce lien : seule la mort de l'un des époux le rompra. Dr nupt. ri conc, c. xvn. n. lit. /'. 7... t. xi.iv, col. 123. — c) Après ces paroles si absolues écrites en 119, on n'est point surpris que, vers le même temps, il ait composé le De conjugiis adul., voir col. 2301. pour condamner la dissolution du lien conjugal, ob causant fornicationis. Il l'avait déjà repoussée avant :>2t> dans le De sertn. Doni. in monte, I. I, c. xiv. n. 39, /'. /.., t. XXXIV, col. 1249. Mais ce qui ('tonne, c'est qu'entre ces deux dates, en 412, dans le Dr fuir ri op., c. xix. n. 35, /'. L.. t. xi. col. 221, il ail pu exprimer un doute sur ce point et dire : ut, quantum existimo, ibi venialiter quisque fallalur, paroles non rétractées. L. I. c. xxxvm. du doit cependant s'en tenir a sa dernière opinion. Les hésitations des Rétractations,\. I.c.xix.n.ii. /'. /.., t. xxxni. col. OIG; 1. II. r. i.vii, col. 653, difficillimam qusestionem, semblent concerner, non le fend du débat, mais bs circonstances, la nature de cette fornicatio, etc.

4. La virginité perpétuelle n'est point inséparable du mariage, d'après Augustin, parce que l'usage du mariage n'est point nécessaire pour établir le vinculum,

élément i du contrai -rr-ment.

la sainte Vii i ; i,0ji ,i „n

véritable mai , 1. I, c. xj,

/'. /... i. xliv, col, 120; Cont. J.d . i .

col. mu: Con*. Faust., 1. XXIII, c. via, P. L., t. xi n. col. 171.

Ml. UOH

CBAttirÉ. — Quand

envisagent dan- Augustin l'inspirateur de la j

tienne, ee n'est punit (b-d.nii de son œuvre dogmatique,

une observation profonde -m b- .

génie et de -,,n œu nous b- diron

soi tout dan-- l'émotion qui accompagne la contemplation de la vérité. La vraie science, pour lui. c'est uniqu< la sagesse, sapientia, celle qui est goût.'.- par le cœur, aussitôt qu'elle éclaire l'esprit, et la philosophie autre chose que la piété principe auquel il

ditil dans YEnchirid., c. n. P. L., t. xl, -

, 1. XIV. c. xxviii, /'. L . t. m.i. col. 136; /<■ et hit., c. xiii, n. 21 P. L., t. xliv, col. 264. Auss œuvres se distinguent-elles pai le cachet pratiq l'impression intense de vie chrétienne qu'il infuse aux

s. Il ramène toute contemplation des mystères à l'union

avec Dieu : adkserere Deo bo,,u,,, est. — Ce qucritiques ont moins compris, c'est que nul n'a su. mieux qu'Augustin, montrer le lien indissoluble qui fait dépendre la morale du dogme. Ij.ui- l'immensité de son œuvre tout est dogmatique el à peine peut-on détacher certains opuscules d'une allure plus strictement morale. Voir col. 2304. .Mais à tous ces écrits dogmatiques il a su donner leur portée pratique pour la vie de l'âme. — Nous nous bornerons à indiquer ici. d'après le grand docteur : 1° les fondements de la morale: 2' la loi U mentale de la charité; 3° les lois particulières; 4 degrés de la perfection morale.

1° Les fondements de la morale, d'après saint Augustin, peuvent être ramenés à trois principes : 1. le bul de la vie en Dieu seul, bien suprême; 2. le bien moral et le devoir; 3. le mérite et les bonnes œuvres complément de la loi.

1. La fin de l'homme et le but de la vie est en 1 seul, bien suprême. — La morale étant lois de la volonté, ou du développement libre de Ile problème fondamental qui, dès le début, Augustin, fut le terme Gnal vers lequel tendent to les énergies de notre âme. Où est la /in de n c'est-à-dire le bien dent la possession a perfection et mettra fin a tout effort, à toute tendance, no- inclinations étant di sormais dans un i

bienheureux? Or cette lin est Dieu même, qui apparaît ainsi, sous un nouvel aspect, cause première et supr. : comme créateur il était source de tout être et de l'ordre ontologique; comme bien suprême, il est source de tout vouloir et moteur de toute activité consciente : toute la morale, implicitement ou explicitement, ce : tera à diriger vers Dieu notre liberté. Telle est la première base de la morale qu'Augustin îles le début, dans b- Dr l,rata vita, P. L.. t. xxxn. col. 959 sq.; Dr mort bus Eccl., I. I |\r.ti traité morale), c. in-ix. ibid., col. 1312-1320. Plus l domine et pénètre toute la tran dément I. II. c. vi ; I. IV. c. xn: I. V. c. r.

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