‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 265 sur 338 · I. X: elle revient dan- le /'. /. I. XII. c. iv-viii. et · texte numérisé non relu

I. X: elle revient dan- le /'. /. I. XII. c. iv-viii. et

dans le Dr cuil.. en particulier l. XIV. I. XIV presque entier, dans le sermon cl, et mieux et - cxTilt,

serm. i. xn, xiii, xxn. Voici la marche générale d pensi

■ i Le point de départ est un fait psychologique indubitable : l'aspiration innée (donc venue du .

irrésistible de noire âme au bonheur : elle v

être lue», c'est-à-dire atteindre le plein épanou

de 50 vie dan- la paix el la béatitude. Cette tend

AUGUSTIN (SAINT

le principe de toutes nos volontés, même clans le suicide. De lib. arb., 1. 111, c. vin, a. 23, P. L., t. xxxii, col. 1282; De civit., 1. XI, c. xxvn, P. i., t. xli, col. 3i0. A cette soif de bonheur nul ne peut se dérober : nul même ne la discute, tout le débat roule sur son objet. De Trin., 1. XIII, c. iv, n. 7, P. L., t. xlii, col. 1018. La conception augustinienne de la morale est donc franchement eudémoniste : le bonheur y est conçu comme la lin de la vie, précisément parce que l'âme le cherche d'un irrésistible élan. Il y a là l'optimisme essentiel à tout spiritualisme logique. Jamais Augustin n'a pu supposer que cette béatitude soit une chimère et que la nature, en marâtre cruelle, se soit fait un jeu barbare de nous bercer d'aspirations irréalisables. Qu'on n'accuse pas cette théorie de cacher un épicuréisme raffiné, bien inférieur au stoïcisme. Augustin a déjà répondu dans le sermon cl, P. L., t. xxxvm, col. 808-8 li, et la théorie de la charité conciliera tout à l'heure le désir de notre félicité avec le plus pur amour du bien.

b) Un second principe augustinien identifie la béatitude avec Dieu lui-même. Partant de cette donnée platonicienne, que le bien est identique à l'être, le mal n'étant qu'un déficit ou une négation de l'être, il établit que là seulement sera le bien parfait et absolu, où se trouvera l'Etre complet, sans limites, par suite immuable et éternel. Mais toute créature est mélange d'être et de néant; el inspexi caetera infra te et vidi nec omuino esse, nec oninino non esse, etc. Confess., 1. VII, c. xi, n. 17, P. /.., t. xxxn, col. 742. Dieu seul sera donc le bien parfait, le summum bonum,bonum omnium bonorum, bonum a quo si/ut omnia bona, bonum sine uuo nihilesl bonum,et bonum quodeseteris bonum est. In Ps. cxxxiv, n. 6, P. L., t. xxxvn, col. 1747. Ainsi Dieu, notre vraie béatitude, doit être l'unique objet de nos aspirations : Bonorum summa Deus nobis est... Neque infra remanendum nobis est, neque ultra quserendum : alterum periculosum, alterum nullum es/. De mor. Eccl., 1. I, c. vin, n. 13, P. L., t. xxxn, col. 1316. La grande, l'unique loi fondamentale de la morale sera de nous attacher à Dieu. Augustin en empruntera mille fois la formule au psaume i.xn, 28 : mihi Aini.-Km:ni: l)i;<>

i i si ; hoc est totum bonum. Vullis amplius? Uoleo volentes; fratres, quid vullis ampliusf Deo adkserere nihil melius. In Ps. lxu, P. L., t. xxxvi, col. 928. Voir Béatitude.

c) La conclusion sera la célèbre théorie du 1. I De doct. christ., c. m, n. I, /'. /... t. xxxiv, col. 19 : Dieu siu I peut être aimé pour lui-même, de lui seul on peut jouir (/rut); des biens créés on doit seulement user [uti) : ils ne sont que des moyens pour aller à Dieu. Cf. De musica, 1. VI, c. xiv, n. 46, P. L., t. xxxn, col. 1187. Cette formule empruntée à Augustin par l'ierre Lombard, Sent., I. I, dist. I, c. n, sera la première maxime développée au début de toutes les Sommes.

Bonaventure, In IV Sent., I. I. dist. I, a. 1, 2, Quaracchi, t. i, p. 30 sq. ; S. Thomas, ibid., q, n.

Mais la jouissance de Dieu qui béatifie l'âme, est réservée à la vie future. Voir col. 2330. [ci-bas une seule chose est possible, l'effort pour nous unir à lui par la Connaissance el l'amour : Deo adhxrere non valemus nisi ■ . amore, caritate. De mor. Eccl., I. 1,

c. xiv, n. 21, P. L., t. xxxn, col. 1322. Tout.- la morale résumera doue dans la victoire de la charité, qui est l'amour de Dieu jusqu'au mépris île soi, sur la cupidité qui - ur de soi jusqu'au mépris

de Dieu.

On B'est ('tonné (Nourrisson, ouv. cit., t. n, p. 389) d'entendre Augustin railler les doctrines confuses de l'antiquité sur la nature du souverain bien, et déclarer que. Platon mis à part, aucun philosophe ancien n'a su pénétrer l'énigme de la vie. C'est qu'à ses yeux, le bel li /rôles sur le bien el le devoir

étaunt affectées d'un vici ; ible, I oubli de Dieu

DIU. HL THKOL. tAïilOL.

et de son culte : seul Platon a fait dépendre directement la vertu du Lien suprême, de Dieu, et a du coup divinisé la morale.

2. Le bien et le devoir. — Deux vues, incomprises de nos jours, seront seules signalées sur ce point que d'ailleurs Augustin a moins approfondi rationnellement : la loi révélée lui suffisait.

a) Le caractère absolu du bien et du mal a été admirablement enseigné dans le 1. III De doct. christ., c. xiv, n. 22, P. L., t. xxxiv, col. 7k Le grand docteur montre la justice immuable, indépendante des coutumes des peuples. Voir le texte caractéristique du 1. I Retract., c. xm, n. 8, P. L., t. xxxn. col. 605. Bien plus, ainsi que Weber l'a signalé, Hist. de la philos. europ., p. 175, il remonte plus haut que la volonté de Dieu pour trouver la source du bien et du mal. Ainsi dans le Cont. mend., c. xv, n. 31, P. L., t. xl, col. 540, ce n'est point parce que Dieu l'a défendu que le mensonge est un mal, mais Dieu l'a prohibé parce qu'il est contraire à l'éternelle justice, règle du bien. Tel est le sens profond de la célèbre définition de la loi éternelle, prescrivant ce qui est déjà fixé par l'intelligence divine et l'ordre des êtres : Lex aeterna est ratio divina vel valuulas Dei, ORDINEM NATl'RALEM conservari jubens et perlurbari velans. Cont. Faust, man., 1. XXII, c. xxvn, P. L., t. xlii, col. 418 (tout le chapitre est important).

b) La source de l'obligation ne peut point se trouver dans le seul caractère du bien. Augustin distingue en effet avec l'Évangile les préceptes et les conseils. Puisque, au-dessus des vertus obligées, il y a une perfection surérogaloire, il est bien clair que tout bien n'oblige })as. Obligation dit uni? dette, donc envers quelqu'un. Aussi le docteur d'Hippone conçoit-il tout devoir comme imposé par le domaine souverain de Dieu : l'ordre du monde est la propriété de Dieu qui a le droit de la faire respecter. Ainsi tout péché est conçu comme une injustice à l'égard de Dieu : peccatum est voluntas retinendi vel consequendi quod justifia vetat, De duab. anim., c.xi, n. 15, P. L., t. xlii, col. 105; même formule dans le De Gen. ad lia. lib. imp., c. i, n. 3, /'. /.., t. xxxiv, col. 221. C'est là un aspect que saint Augustin aime à développer : le péché est la violation de la propriété divine, au moins en ce sens qu'il dégrade l'âme, niaison de Dieu, el détruit l'ordre du monde. Dans le très beau sermon CCCLXXVI1I, n. 8-10, /'. L., t. xxxvm, col. 1272, il dit : Vous êtes intempérant : qui aura le droit de vous accuser? Nul certes parmi les hommes : seil lamrn... Deus arguit, exigens de te integritatem

TEMPLI SI! ET INCORRUPTIONEM habi la I itmis su:r. De même dans le sermon IX, n. 15, ibid., col. 87 : in corruptelis eum offendis, in te illi facis INJURIAS] : facis euini injuriam gratis ipsius, domuj e.ius. Augustin revient sans cesse sur cette idée. Cf. Serm., cclxxviii, n. 9, ibid., col. 1273. L'obligation commence donc là OÙ la liberté', renversant l'ordre essentiel OU naturel des Créatures, porterait atteinte au domaine du créateur en le dégradant. L'homme n'est point tenu de viser à la plus haute perfection, il est tenu de ne point détruire l'œuvre et la propriété de Dieu.

3. /.'• mérite et la nécessité des boums œuvres. — Ici surtout, de l'aveu des critiques protestants, éclate le caractère catholique de la doctrine augustinienne, el ce

1ère est aussi éminemment moral. Coi ;nl le pro-

testantisme a-t-il pu rompre le lien indissoluble que la morale natun lie a établi entre le devoir el le salut, et

faire de ['inutilité de la vertu, la base du nouvel Évangile? Toujours est-il qu'il doit renoncer à se réclamer d'Augustin sur ce point : « Dans ses écrits, dit Bindemann, /*.•/• ii . Augustinus, t. m. p. 935, les rapports des œuvres avec la foi sont énergiquement affirmi 9 au sens catholique : on y retrouve les mérites el l'invocation des saints, g il suffira donc de signaler les trois prin 1 d'Augustin en opposition avec la conception protestante.

AUGUSTIN SAINT

2ifW

in opposit de la /'■< q

Neander avail prétendu trouvei chea l'évéque d'Hippone l'idée prol la foi, l'assurance de sa propre jus-

ition par le Christ. Mais Dorner, .1 ugustinus, p, l'.ii- 195, après \\ > jers, prouve forl bienqu'Augu l'adhésion int( Il iui vérités i

2 opposition lement, Augustin n a jamais connu la théorie pi t. mi' du .ainsi que I. noue A. llar-

. voir col. 2324, mais il l'a mille luis expressément te foi ipu justifii e qui opère par

la charité. Dr spir. et lilt., c. x.wn, n. 50. P. L., t. xi.iv. col. 237 ; Serni., lui, n. Il, 1'. L., t. xxxvin. col. 309. Ou encore : sans les œuvres, la fui ne sauvera !• i -unne. De fide et oper., du c. xiv à la lin, /'. /.., t. xi., col. '211, voir col. 2303; l><- »«. bapt., c. x, n. 17. P. L., t. xi.iii, col. COl; De bapt. cont. don., 1. IV. c. xix. n. 26, ibid., col. 172 ; lu Ps. xxxi, enarr. n, surtout n. (i, /'. L., t. XXXVI, col. 261. — Il concilie saint Paul, Rom., m, 28, avec saint Jacques, n, 20. en ce que le premier affirme l'inutilité des œuvres aianl la foi, et le second la nécessité des œuvres après la foi. De div. qitœst. LXXXUI, q. i.xxvi. P. L., t. xl, col. 87-89.

3° opposition : 1rs bonnes œuvres constituent îles méritespour le croyant. — Voici encore un point en opposition irréductible avec tous ceux qui attribuent à Augustin un fatalisme déterministe. L'idée de mérite suppose en effet (par la nature des choses et dans la pensée constamment affirmée par le grand docteur; la responsabilité de bayent, la liberté, le domaine sur son acte. Retract., I. I, c. xxm, n. 2, P. L., t. xxxn, col. 017. Or il a toujours affirmé les mérites des justes, tout en soutenant que ces mérites sont dus à un don gratuit. Confess., 1. IX. e. xm, n. 34, ibid., col. 798: Quisquis enumerat vera mérita sda, quid Hl>i enumerat niai mimera tua. Cf. De grat. et lib. arb., c. i, 1, P. L., t. xliv, col. 881 ; De civit., 1. XIV, c. xxvi, P. L., t. xi.i, col. 438; Epiai., cxciv, c. v, n. 19, P. L., t. xxxm, col. 880. Loofs, Leitfaden zum Studium der Dogmeng., p. 226, conclut que cette théorie du mérite était muporte ouverte au semi-pélagianisme. C'est une erreur évidente, puisque le premier mérite est du lui-même à la grâce. Il eût été plus juste de conclure qu'on s'était trompé en attribuant à Augustin l'idée d'une grâce nécessitante, absolument inconciliable avec le mérite.

2° Loi fondamentale de la charité. — Nul Père n'a fait ressortir comme Augustin ce cachet de la loi du Christ « loi d'amour ». L'Enchiriilion ramenait toute la morale à la charité, comme les dogmes à la foi. Otii itaque prsscepti finis est charitas, id est ad chantaient refertur omne pnvceptum, Enchir., c. cxx. P. L., t. xi., col. 288, et déjà dans le De moribus Ercl., I. I, c. xv, n. 23, P. L., t. xxxn, col. 1322, il ne voyait dans toutes les vertus que des formes diverses de l'unique charité. C'est une idée fondamentale qu'il reproduit sous diverses formes : on connaît les deux amours qui constituent les deux cités dans la Cité de Dieu, 1. XIV. c. xxviii, /'. L., t. xi.i, col. 439 : Fecerunt civitates iiuas amores duo : terrenam scilicet, atnor soi usque ail contemptum Dei : cmlestem vero amor Dei usque ad COntemptum sui. De même dans le Dr doctr. rhr., I. III. c. x. n. I."). /'. /.., t. xxxiv, col. 71: Non prœcipit Scriptura nisi charitatem ; cf. ibid., n. 16; Epist., ccxxxi, ail Darium, n. (i. /'. L., t. xxxm. col. 1020; Servi., cm, n. i. /'. /... t. xxxviii, col. 168; De patientia, c. xxm, n. 20, /'. /... t. xl, col. 622: surtout Epist., c.Lxvn, ad Ilirron., P. J.., t. xxxm, col. 733 sq. Mais on a étrangement abus,- du rôle donné par Augustin à la charité et il faut en rétablir le sens exact pour le dégager de diverses erreurs.

/' question : La chat \tè est-elle la seule vertu d'après saint Augustin? — Baius et les jansénistes ont conclu qu en dehors de la chante chrétienne ou surnaturelle

ute autr.- affection d t cupidité

mondaine et coupable. Hais il- n'ont pas su comprendre Augustin, bu mille endroits il nous avertit que /" ritt n'eel pas toujours l'amour de Dieu, vertu th gique, mai* l'amour du bien, de la vertu, di il <st vrai que le bien il

dans sa Onalité objective tend & Dii u, il i -i vrai encore que l'amour du bien a i ipréme et son cou-

ronnement dans l'amour formel de Iiieu. mais jamais saint Augustin n'a \oulu restreindn rnier acte

le champ de la vertu. Contra duo» epist. l'rl., I. II, C. IX, n. 21. /'. /.., t. xi.iv. col

ditas nisi charitasf Cf. De grat. Chr., c x\m, n. 19. P. i.., t. xliv, col. 370. Il reconnaît et admire d .. vertus moins hautes et plus humaines, même pur. ni. -nt naturelles. Cf. .S<-,„,., ccxxxix, n. 2. P. L., t. xxxix, col. 1530 ' huniana charitas qua

uxor diligitur... huniana est, •.,-./. ,</ dixi, liâta est. Il ajoute même que cet amour est obligatoire et prw qu'on le trouve chez 1rs païens. Cf. ibid., c. vu. De civit., I. XIV. c. vui, n. 1-3, J'. L., t. xli. col. M3- M5; In Ps. LIXIX, n. 13. /'. /.., t. xx.xvi, col. i In Ps. xxxn, serm. n, n. 13. ibid., col. 371 charitas quse dicitur et voluntas boua. De Tr, 1. VIII. c. x. n. li. P. L., t. xi.ii, col. 900: E\ CLXVii, ad Hieron., c. IV, n. 15, P. L., t. xxxm, col. 739.

2' question : Saint Augustin exige-t-il, pour qu'un acte soit honnête ou même méritoire, une ittflo positive et formelle du motif de la charité théologal- C'est la thèse exagérée de certains théologiens augustiniens, comme Louis Habert, trompés par linsisLance d'Augustin à exiger que tout amour de notre volonté soit rapporté à sa lin dernière, à Dieu. Cf. Cont. Juliati., 1. IV, c. ni, n. 33, P. L., t. xliv, col. 755 : Sine hoc amore créa loris nullis quisquam bette utitur créât uris. De grat. et lib. arb., c. xvui. n.37. ibid., col. 903: 1 omnia prsscepta dilectionis, id est charitatis qux Umta el talia sunt ut quidquid se putacerit homo fa bene, si fiai sine charitale nullo modo fiât bene.

Mais d'après le saint docteur. Iiieu étant la source de toute loi, de tout ordre, de toute honnêteté, dès que la volonté agit par le motif d'une vertu quelconque, implicitement et objectivement, elle rapporte tout a Iiieu. bien qu'elle ne songe pas explicitement a lui. La théorie cb- saint Augustin n'est pas qu'il faut toujours explicitement aimer Dira pour aimer le bien, mais qu'il faut aimer le bien pour ne jamais perdre l'amour de Dieu, Aussi célebre-t-il la beauté de chaque vertu prise à part Le sermon cl. c. VIII, n. 9. P. L., t. xxxviii, col. M2. explique et complète la célèbre théorie sur les wrtus cardinales, formulée dans le De moribus Eccl. cath., c. xv. n. 24, 25. P. L.. t. xxxn. col. 1329 xvi. n. 8. /'. /... t. xxxvii, col. 146-147; Di 1 Joa., tr. VI. n. 3, /'. /.., t. xxxv, col. 2021; tr. VIII, n. 1. ,/.„/.. col. 2035-2036.

3' question: La doctrine augustinientie du castus amor Dei est-elle quiétiste? Confond-elle la charité c désir de posséder Dieu? — Les quiélistes ont cité triomphalement les formules d'Augustin réclamant pour Dieu un amour pur, dégagé de tout intérêt, l'amour de l'épouse qui aime son époux pour lui-même, non pour le- trésors qu'il apporte. In l's. lt, n. 17, /'. /... t. xxxvi. col. 658: Nos ergo Deum amemus, frai pure et caste. Non est castum cor si Deum ad mer,-, dem colit... N'est-ce point condamner ou du moins exclure tout retour de lame sur son propre bonheur?

Mus la théorie d'Augustin est à l'opposé du quiétisme.

Il interdit le désir de tout don distinct de Dieu. d. tout bonheur mis en autre chose «pie Dieu. Cardans le i même qui a été allégué il ordonne d'aimer Dieu notre récompense et notre béatitude. Citons la théorie -j belle du n. 16. Les païens, dit-il, attendaient de Dieu les biens

de la terre, des troupeaux, des moissons... Or, Dieu abandonne ces biens à ses ennemis. Ibid., n.16, col. 657. Et un peu plus loin, n. 17, col. 658, il ajoute : Quid ergo? Mercedem de Dei cultu non habebimus? Habebimus -plane, sed ipsum Deum quem colimus. lpse nobis merces eritquia videbimus eum sicuti est. Vouloir jouir de Dieu c'est l'amour chaste, c'est l'amour de l'épouse. In l's. L.xxir, n. 33, P. L., t. xxxvr, col. 928.

Aussi venge-t-il de toute attaque le désir de cette récompense divine éternelle. De civit., 1. V, c. xvi, P. L., t. xli, col. 160; cf. 1. XIV, c. ix, ibid., col. 423; In l's. xciu, n. 24, P. L., t. xxxvn, col. 1211 : Intendite, f retires, vénale est. Vénale est qund liabeo, dicit tibi Deus; cme illud. Quid habet vénale'' Requiem venaient habeo, eme illam de labore. Cf. ibid., n. 24-25, col. 1211-1213; In Ps. cxxxvr, n. 15, ibid., col. 1770; Epist., cxxxvm, ad Marcelin/, >, c. m, n. 17, P. L., t. xxxm, col. 533; et surtout De calecli. rud., c. xxvn, n. 27, P. L., t. xl, col. 331.

Augustin approuve aussi la crainte de la damnation, même quand elle redoute le châtiment sans être encore la frayeur filiale de perdre Dieu. In I Joa., tr. IX, n. 5, /'. L., t. xxxv, col. 2049 : Quis est linwr caslusf Ne amillas ipsa bona. Ce passage explique admirablement pourquoi au n. 5 du même sermon il condamne la crainte de celui qui est encore attaché au mal. Cf. Senti., lxv, c. v, P. L., t. xxxviii, col. 429; clvi, c. xm, xiv, col. 857-858; ci.xi, c. vin, n. 8, col. 882; De sancla virginilate, c. xxxvm, n. 39, P. L., t. XL, col. 418; De g rat. et lib. arb., c. xvni, n. 39, P. L., t. xliv, col. 904-905; De catec/i. rudib., c. v, n. 9, P. L., t. xl, col. 316; Opus imperf. cont. lui., 1. VI, n. 40, P. L., t. xlv, col. 1508 sq. La pensée d'Augustin sur l'efficacité de l'altrition a été étudiée par les théologiens, et récemment par de San, Tractatus de pxnilentia, c. xvm,

A' question : Saint Augustin a-t-il conçu la charité sa)is l'amour de bienveillance:' — Le désir de posséder Dieu, d'après saint Augustin, joue un grand rôle dans la charité. De là est née une interprétation de sa doctrine diamétralement opposée à la précédente. La charité meurt, disait le quiétisme, des que l'âme aime en soni r.iiit à le posséder : c'est un é^oïsme coupable, au moins imparfait. Au contraire, d'après Bolgeni et ses disciples, Augustin ne prêche que l'amour intéressé, le désir de Dieu pour le posséder. La charité devient pure chimère, dit l'école nouvelle de Dolgeni, si elle cherche à minier Dieu pour lui-même sans l'envisager comme la béatitude couronnement de tous nos désirs. C'est un effort contre nature puisque toute volonté', faite pour le bien, cherche en tout ce bien qui doit toujours être son propre lien. Ainsi Augustin n'aurait point connu ce que les théologiens, après saint Thomas, appellent amour de bienveillance, amour de Dieu considéré en lui-même à

de ses perfections infinies, sans un retour sur

propre béatitude. La vraie charité serait l'amour qui cherche son bonheur non dans les richesses île Bon

, mais dans la communauté de vie et d'affection.

Solil., I. 1, c. vi, n. 13, /'. L., t. XXXII, roi. 877 : Chari-

idere perfruique desideret. De morib. Eccl.,

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