CRITIQUE T)E CETTE PRÉDÉTERMINATION MORALE
— Nous devons indiquer sommairement les raisons que les autres écoles opposent â ce système si répandu autrefois.
1° Critique générale. — 1. On peut accorder à ce système deux points (avec Suarez, De au.riliis, 1. III, m. 2, Pans, 1858, t. xi, p. 19-2) : a) Dieu peut en ellet, dans son trésor infini de grâces, en trouver d'assez puissantes pour entraîner sûrement le consentement libre de la volonté. Les hommes sont parfoissi puissants pour changer les résolutions des autres hommes : quel
- ira le pouvoir de Dieu qui agit â son gré dans l'intérieur même de l'âme, pour multiplier lumières et attraits! — 6) En fait, on peut admettre, si l'on veut, que Dieu en a usé ainsi dans certains miracles de la grâce, comme la conversion de sainl Paul.
2. Mais la prédétermination morale n'explique point le mystère de la grâce. — a) De fait, l'expérience prouve que Dieu n'emploie pas universellement ce moyen. Il n'est ni vrai, ni vraisemblable que Dieu donne
a tOUS ceux qui tout bien (même dans les plus pelites
es, une légère aumône, etc.), une abondance de ; moralement irrésistible, en sorte qu'il leur serait non seulement plus difficile, mais moralement impossible de résister l'expérience de chaque âme semble établir qu'il n'en va poinl ainsi. b) En principe, l'infaillibilité du gouvernement divin ne Berail pas suffisamment sauvegardée. Jamais Dieu, connaissant la nature de ces grâce n'aurail qu'une certitude morale du consentement futur. Or la providence de Dieu exige une infaillibilité métaphysique. Qu'on examine même le cas d une grâce ainsi choisie, aussi in le use que l'on voudra.