‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 30 sur 338 · V. LES APOLOGISTE! Il I-A PniLOSOPHIE. - A · texte numérisé non relu

V. LES APOLOGISTE! Il I-A PniLOSOPHIE. - A

cle, la philosophie, sous I influence <i

cherchait a jouer un rôle dans l'histoire de I

religii prendre la direction de la a

humaine, en substituant la la foi. en

de barrer I au christianisme. Il importe donc

,1,. noter l'attitude prise par les apologistes en fa.

la philosophie; naturellement m

immorales, ils devaient h- condami - Hais tout n'était pas erreur; il y avail rites,

incomplètes sans doute et plu- ou moin- pi on

avait droit de revendiquer. Or les apologi i-nt

aborder l'examen de ce problème délicat, en connaissance de cause: car, anciens philosophes pour la plupart, ils n'avaient passé au christianisme que pou par de graves motifs. Ces motifs, nous les connaissons: d'un , comptes, les déceptions rencontn

sein des écoles, Justin, Dial., 2, col. 477; l'insuflisance de la raison aux prises avec la vérité, les contradictions des philosophes sur les points fondamentaux. ! erreurs et les suites immorales de leurs - Justin, Apol., i, 44, col. 396; Tatien, Orat., 29, col. 808; Hermias, Irris., 10, col. 1180; Athénagore. Lrgat., 7 col 904; Théophile, Ad Aulol., II, 4-9; m. 2-3.6-8, côl 1052-1001. 1121-1121. 1128-1133; Tertullien, Apolog., 47, P. L., 1. 1, col. 510-520; d'un autre coté, la certitude apportée par l'enseignement des prophètes, la garantie de la vérité dans la réalisation des prophéties. Théophile, Ad Autol., i, 14, col. 1045; Tertullien, Apolog., 19. 20, p L , t. i. col. 382,389-391 : la sublimité de la doctrine évangéliqùe, l'incomparable beauté- de la morale chrétienne, la pleine satisfaction procurée par le christianisme à l'esprit et au cœur. Justin, Dial., 8. col. Tatien, Orat., 29, 35, col. 868. 877.

Quelques Pères apologistes, sous l'impression de leurs anciens errements et surtout devant les dangers de la cmose, ne gardèrent pas de mesure et réprouv entdoc toute la philosophie. Tatien hait les Ile)! il blâme leur rhétorique, instrument de mi d'injustice; leur poésie, peinture de licence et d'immoralité' leur philosophie, amas de futilités et d dictions, source de vices. Orat., 1. 2. 3. col. a»5-811. Hermias se fait un plaisir de relever les contradictions des philosophes sur les points de première importance, se moque de l'ambition exagérée de leurs recherches qui se perdent dans le vague, constate qu'ils ne sappuient pas sur l'évidence de la raison et ne possèdent pas la certitude. Irris., 10, col. 11*. Athénagore, quoique plus modéré, observe qu'ils n'ont pu troui vrai parce que. au lieu de le demander a Dleil. ils ne

l'ont demandé qu'à eux-mêmes. Légat., 7. col. Tertullien. en attendant qu'il les traite de atumal glorise, De anima, i. P. L.,i. n, col. 84 triarches des hérétiques », Adv. Rermog., i t. n. col. 201, les qualilie d'amis de 1 erreur, d interpolateurs de la vérité. Apolog., 40. P. L.. t. l. col. 51 '. et conclut qu'on n'a rien à faire avec eux.Dadl après le Christ et l'Évangile on n'a plus besoin de rien chercher. Pwsscrip., 7, P. L.,t. n. col. 21. Hermias était aile plus loin en disant .pie la philosoph du diable, rrris., 1. col. 1109: a la suite d'Irénée, Tertullien v voit la source de l'hérésie, Pr«cnp.i / t II' col. 20-21 ; et l'on sait que le but des 7>/,i/os<>phoum'ena est de démontrer que l'hér fc ^

philosophie.

De tels excès d'appréciation sont heurensemen r,res par les autres apologistes. Ceux-ci, sans se muier la part d'erreur ou ,1e contradictions de la philosophie ont la bonne foi de reconnaître qu elle Conl certaines vérités clairement exprimées, d'autres plu- ou moins caeh.es sous le voile des svmbo! ucore

APOLOGISTES (LES PÈRES

reconnaissables. C'est ainsi par exemple, qu'Octavius fait un mérite et une gloire aux philosophes d'avoir proclamé l'unité de Dieu, malgré la différence de leur langage et la diversité des noms employés. Octavius, 19, 20, P. L., t. m, col. 293, 297. En avertissant de ne pas se laisser prendre aux fables, enfantées par l'erreur, mais réfutées par les sages et condamnées par la raison, col. 298, il accuse surtout les poètes d'avoir nui à la vérité, 21, col. 307. Un courant s'établit donc en faveur de la philosophie; on lui emprunta des arguments pour la combattre sur son propre terrain et avec ses armes ; et loin de lui jeter l'anathème, on l'estima assez pour la mettre au service de la foi.

Du moment que les philosophes se rencontraient avec les chrétiens sur certains points, et qu'entre la philosophie et le christianisme il y avait des rapports de similitude ou d'analogie indiscutables, la question se posait de savoir quelle était la cause de cette rencontre et de cet accord partiels. Fallait-il les attribuer à la puissance de la raison naturellement chrétienne ou à un reste de la tradition primitive ? Fallait-il y voir le fruit de quelque révélation particulière ou un emprunt à l'Écriture? La question, bien que non précisée en ces termes, reçut deux solutions : l'une, hypothèse rendue vraisemblable par les travaux d'Arislobule, de Philon et de Josèphe, ainsi que par les voyages des philosophes grecs en Palestine ou en Egypte, mais non vérifiée dans la réalité des faits, consistait à dire que les philosophes avaient connu et mis à contribution les Livres saints. Justin, Apol., i, 44,59, col. 396, 416; Théophile, Ad Autol., il, 37-38, col. 1116-1120. Ces emprunts, auxquels Athénagore ne croit guère, Légat., 30, col. 1165-1168, font dire à Octavius que, sur certains points, poètes et philosophes tiennent à peu près le même langage que les chrétiens, et que, par suite, les chrétiens sont autant de philosophes ou que les philosophes ont été autant de chrétiens, Octavius, 19, 20, P. L., t. m, col. 297, 298; emprunts défigurés et démarqués, selon Tatien, par ceux qui voulaient avoir l'air de dire quelque chose de personnel ou de donner à la vérité, faute de la comprendre, l'apparence d'une fable, Oral., 40, col. 88i; emprunts altérés sans scrupule, observe Tertullien, qui singent la vérité, la corrompent jusqu'à rendre incertain ce qui était certain. Apolog., 46, 47, P. L., t. i, col. 507, 516. Prise de ce biais, cette solution trouvera crédit et conduira l'école d'Alexandrie à des rapprochements ingénieux mais forcés, plus vraisemblables que vrais, à tout un système qui offrira prise à la critique.

L'autre solution, que saint Justin a eu également le mérite de formuler, est celle de la vérité disséminée dans le monde. Après avoir fait le tour des philosophies, saint Justin trouva la vérité dans les prophètes, Dial., 7, 8, col. 492; mais, constatant que les philosophes en général et Platon en particulier ont parlé de certaines vérités qui ne sont pas étrangères au Christ, mais qui ne sont pas pleinement du Christ, Apol., il, 13, col. 465, il expliqua la présence de ces vérités partielles par la diffusion du Aôyo; iitEpixattxô; dans le monde. Le genre humain, Apol., I, 32, 46; n, 8, 10, 13, col. 380, 397, 457, 460, 465, participe d'unecertaine manière au Adyo;, non au A<Syo; complet, mais au AcSyo; en germe, au airépua to0 Adyou; chaque homme possède une partie de ce Av/o; 07tep|Aomx6; ; il le voit d'après ses aptitudes personnelles et, en affirmant ce qu'il voit, il proclame une vérité qui appartient au Adyoç, qui est chrétienne; mais ce n'est qu'une vérité; partielle, aperçue dans une pénombre plutôt qu'en pleine lumière, parce que le Logos jusqu'à son incarnation ne s'est communiqué qu'à l'état de germe. De sorte que la philosophie, loin d'être en opposition avec lechristianisine, y conduit; elle est un christianisme anticipé, contemporain du genre humain, à l'étal (I ébauche ; une révélation partielle de I lieu plus ou moins altérée par les idées et les passions humaines; et les

philosophes, en dépit de leurs imperfections, sont, dans certaines lignes, des disciples du Verbe ou du Christ, des chrétiens d'avant l'heure. D'autre part, le christianisme étant la révélation complète de Dieu, possédant dans le Aoyoç |Aopcp;o0E;ç ou Verbe incarné la vérité, non plus fragmentaire, mais totale, est la seule philosophie digne de ce nom, et les chrétiens sont les seuls vrais philosophes. Par là plus d'antinomie ou d'opposition : la philosophie est un acheminement au christianisme et trouve en lui son terme, sa plénitude, sa perfection. C'est la théorie que Clément d'Alexandrie va systématiser dans sa trilogie du npoipeirTixô;, du llatoayojyri; et des STpa)[xaT£7.«; elle fera la gloire et aussi le danger du Didascalée.

VI. Les apologistes et l'empire. — C'est au triple point de vue, religieux, judiciaire et politique, que se placèrent les Pères apologistes en face de l'empire. La religion nationale, disait-on, a fait la grandeur de Rome. Prétention illusoire, répondirent-ils ; car, en principe, il est impossible d'attribuer la prospérité de l'empire à une superstition qui prend pour dieux de simples mortels ; en fait, cette prétention est contraire à l'histoire. Rome, en effet, est née dans le crime et n'a prospéré que par le brigandage et le sacrilège. Octavius, 25, P. L., t. m, col. 3(6, 317. C'est plutôt l'irréligion qui a fait sa grandeur; car, pour grandir, elle a dû vaincre; pour vaincre, détruire des villes et des royaumes, des prêtres et des dieux étrangers. Par suite, autant de sacrilèges que de trophées; autaht de victoires sur les dieux que de triomphes sur les peuples; autant de simulacres captifs que de dépouilles opimes. Tertullien, Apolog., 25, P. L., t. i, col. 422-431. Rien de plus vrai; mais ce préjugé n'en devait pas moins persister longtemps.

Sur le terrain judiciaire, l'attitude des apologistes ne fut pas moins nette. Devant les tribunaux, la cause chrétienne était perdue d'avance, victime d'une législation d'exception ; tout chrétien dénoncé ou convaincu était condamné. Ni enquête, ni instruction de la paît du juge; la torture, seul moyen d'obtenir l'aveu du coupable, était inutile, puisqu'il y avait aveu ; on ne l'en appliquait pas moins pour faire apostasier ; la sentence entraînait toujours une pénalité grave. Les apologistes protestèrent donc contre l'illégalité de la procédure, l'iniquité de la sentence, l'injustice de la loi. Qu'on informe, réclamait saint Justin, qu'on fasse une enquête et qu'on instruise la cause; mais surtout qu'on n'obéisse pas à d'aveugles préventions, à des entrainements populaires, à une haine irréfléchie; qu'on procède sans parti pris, avec le calme et la droiture qui conviennent à la justice. Apol., I, 2, col. 329. Qu'on observe les formalités légales, le droit commun, l'égalité devant la justice, disait à son tour Athénagore, Légal., 2, col. 896. Vaines réclamations : on continua à condamner sommairement. Tertullien, traitant à fond la question juridique,protesta contre l'illégalité de la procédure, Apolog.. 2, P. L., t. I, col. 276 ; il constata qu'on ne condamne jamais les chrétiens pour cause d'homicide, d'inceste ou d'autre crime ordinaire, mais uniquement parce qu'ils sont chrétiens. Apolog., 3, P. L., I. i, col. 289. Déjà Athénagore avait dit que rien n'est plus odieux que de s'en prendre à un nom, Légat., 1, 2, col. 892, 893, el Tertullien répète que ce nom ne constitue pas un délit. Apolog., 2, P. L., t. I, col. 276. Il s'en prend en outre à l'iniquité de la sentence, à la violation de toutes les formes et de l'essence même du jugement, ibid. ; il s'en prend enfin à l'injustice de la loi ; loi tyrannique, puisqu'elle a Néron pour auteur ; loi qui n'a été appliquée que parmi autre Néron, Domitien,ou par des princes impies, infâmes el iniques, el nullement par ceux qui ont respecte'' le droit divin el humain, Apolog., 5. /'. L., t. I, col. 293,295 ; donc loi à abr comme on en abroge tant d'autres sans tenir compte du

APOLOGISTES LES PÊ

respect dû a la tradition. Lei «pologlati protester la législation impériale ne changea ,..„,;,. ,i, Septime Sévère, dès 202, elle s'aggrava par la publication de véritables édita de persécution.

l ,. terrain politique semblait plus inabordable encore. L'État sonpçonnail les chrétiens de nourrir des sentiments hostiles el de former des projeta dangereui pour ... sécurité. Il fallait dissiper toute écroivoque et pro que les chrétiens n'étaient pas, qu'ils ne pouvaiçnl être un danger. Déjà saint Justin, pour apaiser les susceptibilités du pouvoir, avait affirmé que ce n est pas un royaume terrestre qu'ils révent de conquérir, maie celui du ciel, Apol., i, 11, col. 341, et qu'au point de vue temporel ils ne peuvent éveiller la moindre crainte. Apol i, 12, col. 341. Et à sa suite, les apologistes dinsister sur le loyalisme des chrétiens, de montrer en eux des citoyens inoffensifs, respectueux du pouvoir, Qdèles observateurs dus lois, priant pour la prospérité de l'empereur et de l'empire, ni insoumis, ni révoltes, pas même conspirateurs. Nous prions pour les empereurs, dit Tertullien, Apolog., 30, P. L-, t. I, col ..1 ; car c'est notre devoir, d'après nos saints Livres, tout., M, col. 446; et c'est notre intérêt, lbid., 32, col. 447. Mais il y avait mieux à faire, c'était de montrer dans les chrétiens et le christianisme une force et un soutien pour l'empire, la meilleure des forces, le plus ferme des soutiens. Suint Justin avait déjà dit : Nous sommes vos aides, vos auxiliaires ; car il n'y a pas de principes plus efficaces que ceux que nous professons pour maintenir la paix et empêcher tout mal. A)>uL, I, 12, col 341. Le christianisme, en formant des hommes religieux, prépare d'excellents citoyen* Et des lors ce n'esl pas seulement à la liberté qu'il a droit, c'estala protection. Celse avait compris l'appoint que pouvait fournir le christianisme ; car, après l'avoir combattu, il réclamait le concours des chrétiens en faveur de 1 empire menacé. Il y avait donc un terrain d'entente. Les apologistes entrevirent-ils la possibilité d un empire chrétien? Peut-être. Athénagore, en tout cas, avait tenu le langage d'un politique clairvoyant, quand il regardait comme une chose injuste la transmission héréditaire du pouvoir et priait pour l'accroissement territorial de 1 empire après avoir plaidé la cause de l'hérédité impériale. L-nat 37, col. 072. Et c'est là une évolution caractéristique de l'apologétique au h« siècle. On avait compris que le pouvoir était l'arbitre absolu de la situation, et i pourquoi on s'appliqua non seulement à le désarmer mais encore à se le rendre favorable. On insista donc pour prouver que le christianisme, loin detre l'ennemi qu'on s'imaginait, était une force sociale, dont on devait se faire un appui. Meliton semble bien avoir entrevu cette alliance possible et féconde entre 1 empire et le christianisme ; car, remarque-t-il, la philosophie chrétienne (c'est ainsi qu'il appelle le christianise commence de fleurir pendant le règne d Auguste et a été d'un heureux augure pour l'empire; c'est de ce moment ,,ue date le développement colossal de la puissance romaine. Eusèbe, //. /■:., iv. 26, P. G., t. xx. col. 393. L'apition du christianisme coïncidant avec le règne du premier empereur, servant de bon augure à la grandeur impériale et progressanl parallèlement avec l'empire,

C'e-t la un l'ait que Méliton souligne, et dont la Ci

quence est qu'entre la prospérité de l'empire el la cause chrétienne il y a corrélation, sinon dépendance. ibid., col. 396. Il est vrai que ce point de vue optimiste lui fait accorder les circonstances atténuantes i Néron et i ,,„.,,. qu'il suppose trompés par des calomniateurs, ,., UI1 rôle plutôt bienfaisant a Hadrien et a Antonin. Ibid., Col. 396. Sa thèse n'en marque pas moins une tendance significative et comme l'espoir secret de trouver enfin dans un prince philosophe l'ami ei le protecteur du christianisme. Le christianisme, en eftet, est

des lois une puissance qui n'est pas a dédaigner ei avec

laquelle il tant compter. Désormais ce n'< • po-

lytln isme qui assure la grandeur > 'e

christianisme; point de vue tout nouveau qui n

après a ironiquement

mtradictiona du '-■ '' L >

t i col 273. le projet de Tibère voulant placer Jesus- Christ au nombre des dieux, ibid., h, col. 201. el sou' mie les bon- en n'ont pu être 1,0-1, les au ci

tianisme, i&id., 5, col. 296, Tertullien qualifie I impériale de flatterie honteuse et funeste, de I ;.sse el sacrilège adulation, ibid., 34, col. 451, el que

ceux qui honorent cette seconde n que

hypocrites et des ennemis, ibid., 3o, col. iô! : car rai Romain, le serviteur dévoué, c'est le chrétien. Ibid., 36, col. 160. Et voila formulée cette idée politique que li mpire doit s'entendre avec le christianû quoi il n'a que des risques à courir ; car si les chrétiens ne pratiquent pas la vengeance, ils le pourraient contre l'empire avec d'autant plus de succès qu ils sont la force et le nombre ; même sans prendre les armes, sans se révolter, rien qu'en se séparant des Romains, en les laissant dans la solitude et le silence, en les al andonnant a la merci des démons, ils causerais l'empire les plus graves préjudices. Ib\ l., 3/. col iOi. L'exagération de ces paroles n'enlevé rien a I idée politique qu'elles supposent ; l'empire a tout profit a se faire un allié du christianisme, en cessant de le persécuter et en lui accordant une intelligente protection.

VII. Les apologistes et la doctrine cnr.nn.NNE. — Pas plus que les Pères apostoliques, les Pères apologistes n'ont laissé un exposé complet de l'enseignement chrétien, parce qu'ils écrivaient au gré des circonstances et selon les besoins de l'heure présente. Toutefois, ils sont beaucoup plus explicites sur certains points et contribuent, malgré le caractère forcément restreint de leurs œuvres, a nous faire mieux connaître la foi de 1 Eglise dans la seconde partie du IIe siècle.

i. Écriture saint.'. — Il semble qu'ils n'auraient dû faire usage de l'Écriture sainte qu'avec les Juifs et les hérétiques; mais ils ont invoque son tén auprès des païens, soit pour combattre l'imputation d'athéisme, Athénagore, Légal., 7. col. 904, soit pour démontrer la mission divine de Jésus-Christ Justin, Apol., i. 12, 30, 31, 53, col. 345, 376, W5. La regardant comme une œuvre de Dieu, ils lui reconnaissent une autorité exceptionnelle, Tatien, Oral., 29, col. tullien, Apolog., 18, 19. 20, P. L., t. i. col. - 389 capable de convaincre et de donner la foi aux pa Tatien, Oral., 29. col. 868; Théophile, Ad Autol 30 col. 1168; Tertullien, i*polog.,18,P. L., t. i.co! en même temps que de fortifier la foi et l'espérance chrétiennes. Tertullien. Apolog., 41, P. L., t. i. col. 489 Elle est lue publiquement dans les synaxes. Justin. ApoL.u 67 col. 420: Tertullien. Apolog., 20, P. LA. i. col Pendant plusieurs siècles, elle a et, rédigée par divers écrivains, tous inspirés de Dieu, organes du Saint-Esprit. Justin, Apoî.,i, 31: DioL, 7, col. 37 Légat., 7. col. 904; Théophile, Ad AutoL, i, 11: n. '■.'• m ' 12. 17. col. 1045, 1084, 1137. 1144.

Le Nouveau Testament est également inspiré. Théophile. .4./ AiitOl, m. 12. col. 1137. Sans donner la des livres qui b' composent et sans en nomn. leurs, ils font de fréquents emprunts soit aux ! qu'ils désignent sous ce nom. Justin, ApoL, l.MjDurt., KM col. 129, 700; Théophile, Ad Autol., m, 12, col. I ou sous celui de mémoires di ' loi. 102. 103. col. 712.713. 717. soit auxdiverses El , l'Apocalypse.

.. /,;,.„. Nous avons vu plus haut comment les

apologistes ont défends contre le polythéisme lie

Dieu, son existence, son unit.'-, s., providence,

Trinité. - Le dogme de la Trinité n'a été ngou- ! reusement défini qu'à Nicée; jusque-là la langue tbéo-

APOLOGISTES (LES PERES

logique manque de précision; les concepts d'hypostase ou de personne ne sont pas fixés; la nature des relations entre les personnes divines n'est pas l'objet d'un examen approfondi; c'est dire que le langage des apologistes est parfois obscur; que leurs essais d'explication sont incomplets ou erronés. Ils ne parlent de la Trinité qu'en passant, sans la moindre prétention à donner la clef du mystère, mais d'après la formule baptismale et le symbole. Ils proclament l'existence de trois êtres divins, l'éternité du Verbe, sa génération avant le temps et son incarnation, la divinité du Saint-Esprit, l'inspirateur des prophètes : trois êtres, numériquement distincts et ne faisant qu'un Dieu, si étroitement unis qu'Athénagore a pu dire : « Le Fils est dans le Père et le Père dans le Fils par l'union et la vertu du Saint-Esprit. » Légat., 10, col. 909. Mais comme ils s'occupent beaucoup moins de la vie intime de Dieu que de sa manifestation extérieure, du Verbe dans ses relations avec le Père que dans ses rapports avec la création et dans son œuvre rédemptrice, et du Saint-Esprit que du Verbe incarné, ils emploient parfois des expressions qui ne cadrent pas actuellement avec la pure orthodoxie. C'est ainsi, par exemple, qu'après avoir affirmé la co-éternité du Verbe, ils ne le font sortir du sein du Père, par voie de prolation ou de génération, qu'au moment et dans le but de créer; ce qui impliquerait une génération temporelle; le Verbe semble ainsi avoir passé par un double état, celui de Èvîiaâe-ro; et celui de irpoçopixd;; ces expressions sont de Théophile, Ad Autol., ii,10, 22, col. 1064, 1088; mais l'idée qu'elles expriment se trouve dans Justin, Apol., i, 5, 13; n, 6; Dial., (il, col. 336, 348, 453, 613; Tatien, Orat., 5, col. 813-816; Athénagore, Légal., 6, 10, 12, 24, col. 901, 909, 913, 945. Enfin, tout en défendant l'unité divine sous le nom de monarchie et la distinction du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans cette unité, ils accusent trop la subordination. Dès la fin du ue siècle et le commencement du m», il y eut conflit entre l'école unitaire et l'école trinitaire, l'une exagérant la monarchie aux dépens de la trinité, l'autre appuyant trop sur la distinction des personnes et encourant le reproche de dithéisme. Ce n'est que peu à peu, grâce à un examen plus approfondi, que la thèse modaliste, sabellienne, fut écartée et que l'accord s'établit entre ces deux notions d'apparence contradictoire, l'unité' de Dieu et la trinité des personnes.

4. Création. — Dieu, d'après les apologistes, a tout créé de rien. Saint Justin, il est vrai, dit qu'il a créé le monde l\ ànôpcpou CXtjc, Apol., i,10, 59, 67, col. 340,416, 4211; son langage pourrait faire croire qu'il admettait comme Platon une matière éternelle; mais sa pensée nous est connue grâce à son disciple. Tatien, en effet, précise que le Verbe, pour créer le monde, s'est d'abord créé à lui-même la matière; car celle-ci n'est pas à'vapyo; comme Dieu. Orat., 5, col. 817. Athénagore compare bien Dieu au potier, Légat., 10, 15, 19, col. 909, 920, 929, mais après avoir affirmé que la matière a été créée, Légat., 4, eut. 897; que tout, to irfiv, a été créé par le Verbe. Ibid., col. 908. Théophile est catégorique : il remarque que la création l\ oùx 6'vtwv a été enseignée par les prophètes, Ad Autol., H, 9, 10, col. 1064; que la matière a été créée, Hmi., col. 1064, ex nihilo, ibid., H, 13, col. 1072; et que Dieu ne serait pas le créateur de tout si la matière était incréée, car sa puissance éclate précisément en ce qu'il crée ex nihilo, à la différence de l'artisan qui n'opère que sur une matière préexistante. Ail Autol., II, i, col. 1052. De même, Tertullien : Molem islam cum muni instrumenta elemenlorum,corporn m , tpirituum, Verbo guo jussit, ratione qua disposuil,

ule qua poluit, de nihilo expressif. Apolog., 17, 1'. /.., 1. 1, col. 375. Son traité Adv. Hermogcncm, P. L., t. n, col. 193 sq., combat l'éternité de la matière.

5. Anges. — Au-dessous de Dieu, les anges. Créés par lien avant l'homme, Tatien, Orat., 7, col. 820, ce sont des être intelligents et libres, Justin, Apol., 1,28;

Dial., 88, 128, col. 372, 685, 776; chargés de veiller sur les œuvres de Dieu, Athénagore, Légat., 24, col. 945, 948; reconnus par la théologie, Athénagore, Légat., 10, col. 909; et vénérés des chrétiens. Justin, Apol., i, 6, col. 336.

Mais, parmi les anges, il en est un, diable ou Satan, qui s'est rendu coupable de négligence et d'improbité, Athénagore, Légat., 24, col. 9i8; il en est d'autres qui ont abusé de leur nature et de leur ministère, se sont laissé séduire par les femmes et ont donné naissance à la race des géants ou des démons. Justin, Apol., il, 5, col. 452; Athénagore, 24, col. 948; Tertullien, Apolog., 22, P. L.,t. i, col. 405. Sous l'influence de ces anges rebelles, l'homme est tombé, Tatien, Orat., 7, 8, col.^O, 821; il a rejeté la providence, Athénagore, Légat., 25, col. 949, et adopté le fatum, Tatien, Orat., 8, col. 821, la magie, les sacrifices, tout ce qui constitue l'idolâtrie. Justin, Apol., i, 14, 56, 58; n, 5, col. 409, 413, 416, 452. Ces anges déchus et ces démons s'acharnent contre l'homme pour le perdre : d'où leur rôle dans la poésie, la philosophie, l'hérésie, la persécution. Voir plus haut. Ils sont libres de faire le mal jusqu'à la fin du monde et à l'apparition du juge. Mais ils sont destinés à souffrir éternellement. Tatien, Orat,, 12, col. 832.

0'. Homme- — L'homme a été créé par Dieu, Tertullien, Apolog., 48, P. L., t. i, col. 524; à l'image de Dieu, Tatien, Orat., 7, col. 820; libre et immortel. Justin, Apol., i, 63; Tatien, Orat., 7; Théophile, Ad Autol., n,

27, col. 425, 820, 1096. Mais Eve, à l'instigation du serpent, a enfanté la désobéissance et la mort, Justin, Dial., 100, col. 712; elle a été trompée par le serpent et est devenue la source du péché, Théophile, Ad Autol., il,

28, col. 1097 : allusion assez claire au péché originel, terme que ne connaissent pas les apologistes. Ils connaissent la chose; car leur langage, malgré son imprécision, implique l'idée de la chute et de sa transmission héréditaire. Adam, disent-ils, a péché, et depuis Adam, le genre humain est tombé dans la mort et la fraude du serpent, Justin, Dial., 88, col. 685; il est tout entier soumis à la malédiction, Dial., 95, col. 701, sans doute pour ses péchés actuels, mais aussi à cause du péché d'origine; l'homme doit être régénéré par le baptême pour faire disparaître le vice de sa génération, Justin, Apol., i, 61, col. 421; seul Jésus-Christ est né sans péché, Justin. Dial., 23, col. 528; ce qui suppose que tous les hommes naissent avec le péché, qu'ils sont viciés dans leur génération.

Dans l'état actuel, l'homme n'est pas le jouet de la fatalité : il est libre, responsable, capable de faire le bien ou le mal, de se sauver ou de se perdre, sans excuse. Justin, Apol., i, 28, col. 372. D'après l'usage bon ou mauvais de sa liberté, il se prépare une éternité de bonheur ou de malheur. Justin, Apol., i, 8, 12, 43, 52 ; n,7; Dial., 117, 141, col. 337, 341, 393, i05, 156, 748, 797; Tatien, Orat., 11, col. 829; Théophile, Ad Autol., ii,37, col. 1116; Tertullien, Apolog., 47, /'. L., t. i, col. 520.

7. Eglise. — Ceux qui croient au Christ forment une seule âme, une synagogue, une église. Justin, Dial., <>:'.. col. 621. L'Ëglise est un corps organisé à l'image du corps humain : chaque chrétien en est membre. Justin, Dial., 42, 116, col. 565, 745. Théophile voit dans les ('-lises catholiques des îles où se réfugient ceux qui veulent assurer leur salut. Ad Autol., II, 14, col. I07(i.

8. Sacrements. — Plus explicite que la /" Clementis et la Didaché, saint Justin, au sujet de l'initiation chrétienne ou du baptême, nous indique les éléments constitutifs de ce sacrement, les dispositions requises pour le recevoir, sa nécessite, ses effets. Apol,, i, 61, col. i20. Il marque de même les parties essentielles ou intégrantes du sacrement de l'eucharistie, ablation, consécration, communion. C'est la messe, sauf le mot, avec les prières, les lectures, l'olfrande du pain et du vin, la

APOLOGISTES Ll - Pi I

10i Kl

consécration, l'échange du I-^'H-.

,,„„„„ M, les diacres, de la communion el lactionu Se! ,Apol., 1,65-67, col. 128-428; c'est e sacriuce ,',wv,li, Loi, le vrai sacrittce déjà "S»* *»" fLcien Testament Dial., 41, 117, col. 564, 745. NotresSSr y est offert dans la réalité de son corp. .et de ^ng; «rie changement du nain au corps et du vm

:„ .„„: ,i, Jésns-Christ est clairement indiqué,

, Je la théologie appellera transsubstantiahon; donc

„ , „•, réelle et réelle participation du commuman

àûeorpsetausangde.lésus-Chr.s..,,... mal compn^ où Sesties par lis païens, donnèrent heu a la double accusation d'infanticide et f anthropophagie. y Vie chrétienne. - Voir plus haut. IV, col. 1591. 10 Salut. -Voir plus haut, III, côl. 1587. La .foi sauve rnr la charité et la circoncision du cœur, l'as de justice LisVcSé Justin,^!., 13,14, 93, col. 501-508, 9, le Christ est venu pour appeler les pécheurs, Justin, Anal i 15, col. 349, et faire des chrétiens le vrai peuple én.DM., 119, 121, col. 752, 757. 11 nous donne sa grâce secours puissant et efficace, Apol u 10, çoL4M, «1 nous délivre de la captivité. Dial., 39, col. o60. 11 a répandu son sang sur la croix pour nous sauver. Dial., 93 9* 95 col. 697-701. En dehors de Jésus personne ne peut se sauver. Les philosophes ont pu être traites d'athées; s'ils ont vécu conformément auUre^s sont sauvés, Justin, DM., i, 46; n, 10, 13, col. 397, 160, 465- de même les Juifs. Mais, actuellement, on peut tolérer l'observation de la loi chez les chrétiens, a la condition de ne pas la regarder comme nécessaire pour le salut. Justin, Dial., 47, col. 5/6. P 11. Eschatologie. - Selon la prédication deMo.se, Justin, Apol., ., 60, col. 420, le monde do.t périr dans une conflagration générale, par 1 âxTwpox»;, Justm, Apol, H, 7, col. 456; en une fois. Tat.en, Ornf., 2o, col. 86E Â quelle époque ? On l'ignore. Saint Justin, écho des appréhensions de l'âge apostolique, croit —te cette fin du monde, Dial., 32, col. 544; Tertullien estime que le monde durera autant que l'empire roma.n. Avoloa . 32, P. L., t. i, col. 447.

Alors aura lieu la résurrection. Ce dogme du symbole chrétien restait toujours une pierre d achoppement pour les païens ; aussi les apologistes ne cessent-ils dy fnsister, d'en montrer la vraisemblance, a nécessite. îï.Vtin Avol i 19, 52; Diai., 69, col.357, Rio, 640; TaUen, A 6, 20, col. 817-820. 852. Théophile voit des images sensibles de la résurrection dans 1 alternative du jour et de la nuit, la succession des saisons, la croissance des germes, la fructification des arbres le retour des malades à la sanlé. Ad Autol., I, 1, ,8, U, col 1036 1041-1044. Athénagore. après une allusion Spide dans sa Legatio, 36, col. 972. consacre à ce dogme son traité HSp\ iv«<rxA«»«; laissant décote a question de l'état des corps ressuscites tant au point de vue physiologique qu'au point de vue surnaturel, négli- .,! „', |S images sensible^ ou les analogies, il démontre d'abord la possibilité, puis la réalité de la résurrection. en Se basant sur la destinée de l'homme, sur sa nature qui est la synthèse intégrante de l'âme et du corps, sur le jugement dernier el la lin dernière qui doivent sap- ,,1,' mer au composé humain. Te.tull.en. dans son Apo-

logeticus, signale rapidement les prinapaux arguments en faveur de la possibilité el de la nécessité de la résurrection. Apolog., '.s. P. /.-. L i, col. 522 sq. Mais, comme Athénagore, il compose un traité spécial, i)er««r.

Mtione camis, ou il insiste sur les données scrmturaipe8, sur « que le Christ est venu sauver 1 homme ,,„„ entier, De resur., 54, P. L., t. u, col. 848, et .1 condense tout son enseignement d^ cette propoBihon. Returget igitur caro,etqwdemomnt8,el qwdem ipso, cTqriden "intégra. De resur., 63, P. L^tn, col. 885. Anrès la résurrection, le jugement général. Dès tcibaa on do.t vivre de manière a n'être pas condamné

danacejiigementAtoéaagot«,I^«.,l*.çol • qui voit tout, patiente jusqu'au jour ou il phile Ad Autol., u. 37, col. 1116. Dans I ni 1rs bons ni les méchante ne sont traités selon l méri,eB. Aussi faudra-t-il rendre compte de sa v,, tout entière. Justin, Avol., t, 17. B, '•',. col. »• ■

Athénagore, Leoot., 12, col. 913 C-, le Christ qui présidera à ce jugement. Justin, Jp, col 337, 749;Tatien, Orot., 6, 25, col. 817, 861. A; quoi ce sera l'éternité de bonheur pour le corps comme pour lame. I'à8«v«d«, '•' mwouffia t» ©e», U «M *« ;,„„. .vec Dieu, a l'abri de la corruption et de la sot* tance, Justin, Apol., i, 10; Duxl 4o, 1-121. col.341, 573 718 765; Tatien, Oral., 25, col. 861; dan» la demeure' de Dieu. Justin, Apol., i, 8, col. 337; dansle paradis, séjour réservé au, saints, rertull.en Apo^, 47 p L t. 1 col. 520, où Ion mènera une vie toute céleste', à la manière des anges, malgré b présence du corps,' Athénagore, Ugat., 31 col 964; ou b,en ce sera l'éternité du châtiment, dans la géhenne, Justm, Apol., .. 19. col. 357; dans 1, feu éternel. Jus in i 17 21. 45; u, 1, 2. 8; Dial., 35, 15, 11/, col. 353, AI, '597 441 444 457. 553, 573. 748; Athénagore. U 5 col 964; Théopb.le. Ad Autol., 1,14, col. 1045; Tertultien parle de l'enfer éternel où le feu b. détruire. Apolog., 11,47,48, P. L., 1 1. col. 335,

CCtQ

J A côté de ces affirmations catégoriques sur lïternité des peines et des recompenses. .1 convient d ajouter l'opinion de certains apologistes d après laquelle ces pefnes et récompenses ne prendraient date <£*$*** jugement. Saint Justin, par exemple, a cause de évocation de Samuel par la Pythonisse d Endor croit que lame des justes n'est pas encore soustraite a 1 influence def mauvais anges, Dial., 105. col. 721; quelle se ïouve ^ns un lieu meilleur, où elle attend le jugement Diai., 5, col. 488; de même les mauvais anges et les démons ne seraient pas encore en enfer. Il CTO. Ltement au règne de mille ans. tout en connue certains chrétiens, attaches du reste a la pu, Ste doctrine, ne partagent pas ces ,d, es »■"£»£»■ Dial., 80, col. 664. Voir Eschatologie et MILITA- RISME.

/ahn Die apotogettscher, Grundgedanken in der ^teratur aercr^endZ jJhrhundertc eystematitch dargeeteUt. Wuraîoûra OT O. Schmit.Di« ApologU der drei crsUnJahrhun- SU' lV ÙtoruS&Btematitchen DareteUung, M.yenca.

VIII Valeur démonstrative des apologies. - L intervention des apologistes ne fut pas couronna d un uccès imtnédiat appréciable; car après comme avant iu.fset païens, philosophes et lettres, magistrats et empereurs continuèrent leur campagne contre e christianisme. Plus d'un siècle devait encore s écouler avan uë la cause chrétienne ne I En attendant

que l'avenir leur donnât raison. Us formèrent le second anneau de la tradition et relurent les Pères apostoli-

ux Pères du HP siècle. Mais ce qui intl : ' Uoire de lathéologie ces. qu'ils inaugurèrent le trarte de u divinité de Jésus-Chrisl el du chmtuuusme. Aoe 1K„nU,ev„e surtout, leur .euvre mente une attenuon

. ."tïrpour abandonner le paganisme et eml, - ,/foi alor que la profession de cette fo. entra.na.t les i^redou.alàescon.quei.ces. ...durent obe.r ad. m-

périeui motifs : motifs d'ordre négatif, tirés de 1 absurdfSrtde l'immoralité du polythéisme des contenons des erreurs, de l'impuissance OU de lasteril, philosophie, qui conduisaient soil au scepticisme en IÇière retigieu^e, soi. » cette étrange anomalie cons.sunt * tolérer, au nom de la politique, une reUgioni

u'n onda,n.,eauno,ndubon^.s.,no,,fsde,rd,e

oMt.r. tues de 1 examen extrinsèque et mtnnsèque du

APOLOGISTES (LES PÈRES) — APOSTASIE

christianisme, de son histoire, de ses titres de crédibilité, de son enseignement, de sa morale, de ses résultats sociaux. Justin, Tatien, Hermias, Athénagore, Octavius, Tertullien, en nous révélant ces motifs, ont ainsi fourni les divers éléments d'une démonstration substantielle de la divinité du christianisme.

Le christianisme opérait chez ses adhérents, quels qu'ils fussent, à quelque rang de la société qu'ils appartinssent, une transformation telle qu'on n'en avait jamais vu de semblable : pureté de vie, grandeur du caractère, noblesse des sentiments, courage devant l'épreuve, héroïsme devant la mort, sérénité et patience imperturbables, sans le moindre essai de révolte, sans la moindre manifestation de haine ou de simple hostilité; phénomène nouveau qui sollicitait, de la part de tout esprit droit et réfléchi, un examen approfondi. Les chrétiens prétendaient se rattacher à un crucifié nommé Jésus, qu'ils adoraient comme leur Dieu, puiser dans leur foi la pratique de toutes les vertus, posséder la vérité révélée, tenir, en y adhérant, une conduite éminemment rationnelle, appuyés qu'ils étaient sur des livres sacrés, les uns de date récente, les autres de date ancienne, mais portant tous la marque de leur origine divine et un témoignage absolument convaincant. Le fait contemporain de l'existence du christianisme et de sa puissance de transformation dans l'individu, la famille et la société, étant indéniable, n'était-ce pas déjà une forte présomption en faveur de son caractère extraordinaire? Restait à expliquer ce fait. Pour le faire, les apologistes étudièrent l'Écriture, soit dans le texte hébreu que possédaient les Juifs, soit dans la traduction des Septante que chacun pouvait consulter, l'un et l'autre de beaucoup antérieurs à l'apparition du christianisme. Or, l'Écriture renferme un grand nombre de prophéties et comme l'histoire anticipée de la venue, de la vie, du rôle et de l'œuvre de Jésus-Christ, de l'incrédulité et du châtiment des Juifs, de la conversion des gentils, c'est-à-dire de l'établissement du christianisme. Si donc il conste, d'un côté, que ces prophéties existent, et, de l'autre, qu'elles sont pleinement réalisées, la preuve est acquise : Jésus-Christ est Dieu; le christianisme est divin, Justin, Apol., i, 12, 30, 53, col. 315, 376, 405; il n'y a plus qu'à croire, Justin, Dial., 7, col. 492 ; Tatien, Oral., 35, col. 877; Athénagore, Légat., 7, col. 90i; Théophile, Ad AutoL, i, li, col. 10i5.

C'était là, aux yeux des apologistes, la démonstration capitale, décisive. Elle était d'un contrôle aisé puisqu'il n'y avait qu'à rapprocher des témoignages écrits, garantis doublement parle texte et par la traduction, avec le récit des événements passés, au siècle d'Auguste, sous les yeux des Romains, sous Ponce Pilate. Et par là s'expliquaient et la sublimité de la doctrine, et l'excellence de la morale, et la beauté du culte, et la rapide propagation de la foi malgré les obstacles, et l'efficacité de transformation que possédait le christianisme, et la vertu des chrétiens, et leur pouvoir sur les démons, et leur attitude héroïque devant le martyre : autant de traits que les apologistes eurent le soin d'indiquer comme autant de preuves à ajoutera la première. Sans doute, alors comme aujourd'hui, les humbles ne pouvaient pas trouver scientifiquement la raison de leur foi, ils en prouvaient du moins l'excellence par leur conduite; ils ne débitaient pas de beaux discours, ils produisaient de belles actions, Athénagore, Légat., 11, roi. 912; Non eloquimur magna sed vivimus, Octavius, 3b, P. L., t. m, col. 357; ils mouraient pour le Christ, ce que jamais disciple ne fit pour aucun philosophe. Mais, à leur défaut, des esprits cultivés, tels que les apologistes pouvant revendiquer leurs titres de philosophes et de lettrés, motivaient leur adhésion à la foi et <l imontraient rationnellement le bien-fondé de leur conduite. Leur- preuves restent acquises, dans leur ensemble puissamment lié; on y reviendra toujours,

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