‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 57 sur 338 · APÔTRES (LA DOCTRINE DES DOUZE · texte numérisé non relu

APÔTRES (LA DOCTRINE DES DOUZE

seul le chrétien peut participer à l'eucharistie, ix, 5, pour laquelle nous devons rendre grâce, IX, x. Le jour du Seigneur sera sanctifié par le sacrifice eucharistique, XIV, 1. Chaque jour on dira la prière que Notrc-Seigneur nous a enseignée dans l'Évangile, vm, 2, et l'on jeûnera le mercredi et le vendredi, vm, 1. Les ministres de Dieu seront honorés et reçus comme le Seigneur, XI, 1, 4; XII, 1; xm, 1, 2. A la fin des temps auront lieu la résurrection et le jugement général, xvi. L'homme est fait à l'image de Dieu, v, 2, mais il est pécheur et il a besoin de pardon, vin, 2 pour l'obtenir il confessera ses péchés, iv, 14; xiv, 1, 2, Il doit aimer Dieu et son prochain, i, 2, et pratiquer cet amour en s'abstenant de tout péché de pensée, de parole et d'action, I, 3; II, 1, 4; III, iv, en pratiquant les commandements comme le lui enseigne l'Évangile, xi, 3, sans y rien ajouter ni en rien retrancher, iv, 13. Sur les fins dernières la Didaché est très explicite; elle retrace dans son ensemble le tableau des derniers jours du monde. Elle en donne d'abord les signes précurseurs. On ne sait à quelle heure le Seigneur viendra, xvi, 1; en ces jours les faux prophètes et les corrupteurs se multiplieront, l'amour se changera en haine, xvi, 3, 4; alors paraîtra, comme fils de Dieu, le séducteur du monde, qui fera des choses iniques, xvi.l. Les hommes subiront une épreuve; beaucoup périront, mais quelques-uns seront sauvés par l'anathème luimême, xvi, 5. Cet anathème est probablement, Jésus-Christ, qui sera en ces jours un objet de contradiction et sur qui on a dit anathème. Gai., ni, 13; I Cor., XII, 3. Ensuite apparaîtront les signes de la vérité : le signe de l'expansion (probablement la croix), la voix de la trompette, la résurrection des morts, non pas de tous, mais des saints qui doivent accompagner le Seigneur, xvi, 6, 7. Alors le Seigneur viendra sur les nuées du ciel, xvi, 8.

2° Enseignements moraux. — Les six premiers chapitres de la Didaché sont une catéchèse morale, où sont passés en revue nos devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers nous-mêmes. Il n'y a rien de particulier à relever, sinon qu'après l'énumération des préceptes, il est dit : « Veille à ce que nul ne te détourne de ce chemin de la doctrine : car son enseignement serait en dehors de celui de Dieu. Car si tu peux porter le joug du Seigneur tout entier, tu seras parfait; si cela ne t'est pas possible, fais du moins ce que tu pourras, » VI, 1, 2. Cette conclusion a été expliquée de diverses manières; il est à croire que le joug du Seigneur est l'ensemble des préceptes et des conseils, qui ont été énumérés dans les chapitres précédents. Le chrétien est autorisé à faire seulement ce qui lui est possible, parce que tout n'est pas précepte rigoureux; il s'y trouve mêlés des conseils de perfection.

3° Le culte et les sacrements. — La Didaché est un témoin précieux de la liturgie primitive, qui en est encore réduite à ses parties essentielles. La Didaché défend de jeûner le même jour que les hypocrites, c'est-à-dire les juifs, et ordonne de jeûner le quatrième jour (le mercredi) et le jour de la préparation (le vendredi). Trois fois par jour on récitera la prière prescrite par le Seigneur dans son Évangile. Il est ordonné d'enseigner avant le baptême tout ce qui est contenu dans les six premiers chapitres. Celui qui administre le baptême et celui qui le reçoit devront jeûner ; le baptisé un jour ou deux auparavant. On baptisera aH nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dans l'eau vive ou. à son défaut, dans une autre eau, froide ou chaude, vu, 1-3; si l'on n'a ni de l'une ni de l'autre en quantité suffisante on versera de l'eau sur la tète trois fois, vu, 4. La Didaché affirme nettement que les péchés pourront être remis, xi, 7; l'àme est purifiée par la confession, IV, li; xtv, 1. Il est parlé •en détail de l'eucharistie dans les chapitres ix et x ; on y trouve reproduites les prières de bénédiction qui doivent être dites sur la coupe et sur le pain rompu, i prières d'actions de grûci repas eucharistique

ces prières cependant ne sont pas des prières officielles puisqu'il est permis aux prophètes de rendre grâces à leur gré, elles se rapportent certainement à l'eucharistie, sacrifice et sacrement, xvi, 1, 2, dont elles relatent les effets; c'est une nourriture spirituelle, x, 3, qui produit en nous la vie et la science par Jésus-Christ, x, 2, fait habiter le saint nom de Dieu dans nos cœurs, ibid., nous donne la foi et l'immortalité, qui sont révélées par Jésus-Christ, nous gratifie de la vie éternelle. Ibid. Pour participer à l'eucharistie, il faut être chrétien et saint, ix, 5; on se réunissait le dimanche pour la célébrer, xiv, 1, et c'est pour tenir ces assemblées que l'on devait élire des episcopoi et des diacres, xv, 1.

4° Le ministère chrétien, dans la Didaché, est à un état de transition; il est plus développé que dans le Nouveau Testament, moins que dans les écrits post-apostoliques. Il est difficile de préciser les fonctions des ministres; il est môme probable que sous des noms différents et avec certaines nuances ils remplissaient les mêmes fonctions. La prédication et la célébration de l'eucharistie, le jour du Seigneur, sont les deux principales. La première parait avoir été réservée aux apôtres et aux prophètes, avec ces deux différences que l'apôtre n'était pas sédentaire, tandis que le prophète pouvait l'être et que la mission du prophète lui venait de ce qu'il était inspiré de Dieu, inspiration qui doit être prouvée par sa conduite. La seconde parait être celle des episcopoi, car après avoir dit qu'il fallait se réunir le dimanche pour rompre le pain et offrir un sacrifice, la Didaché ajoute : « Choisissez-vous donc des episcopoi et des diacres, >> xv, 1 ; ce ne peut être que pour l'oflicef dont il vient d'être parlé, que ces ministres doivent être élus. Leur rôle cependant était plus étendu, puisqu'ils remplissent pour les fidèles le ministère des prophètes et des docteurs, xv, 1. Mais le ministère de ceux-ci était-il restreint à la prédication? C'est peu probable, car les prophètes sont les grands-prêtres des chrétiens; ils ont le droit de rendre grâces à leur gré après la célébration de l'eucharistie, seuls ils peuvent former des assemblées pour un mystère terrestre. Malgré ces prérogatives des prophètes, qui toutes dérivent du fait qu'ils sont inspirés de Dieu, nous croyons que le prophète était en dehors de la hiérarchie ecclésiastique, qui tendait à se fixer. La base en était les episcopoi et les diacres, auxquels s'adjoignaient dans certaines communautés, principalement pour la prédication et l'enseignement, l'apôtre, le prophète et le docteur. Seuls les episcopoi et les diacres sont dits l'objet d'un choix et d'une espèce de consécration qu'indique le terme ^etpoTovrjo-aTe, employé en parlant d'eux.

5° Canondes Écritures. — La Didaché parle de l'Évangile à diverses reprises, VIII, 2; xi, 3; xv, 3, i. Fait-elle seulement allusion à la tradition évangélique orale ou à un Évangile écrit? Peut-être aux deux. Chapitre l, 3-5, elle reproduit des passages communs à saint Matthieu et à saint Luc, mais y ajoute des sentences, spéciales à chacun des deux, et ne suit exactement l'ordre ni de l'un ni de l'autre. Dans ces versets, elle a dû reproduire une catéchèse probablement orale ou une harmonie évangélique dans le genre du Diatessaron de Tatien. Il est certain cependant que la Didaché' a connu un Evangile écrit. Les termes employés le prouvent nettement : « Ainsi que le Seigneur l'a prescrit dans son Evangile, vin, 2; comme vous l'avez dans l'Évangile, xv, 3, 4. » Cet Évangile étail probablement celui de suint Matthieu. Deux citations, dont l'une assez longue, sont presque textuelles : Matth.,vn, 6 = Did.,ix, ">,et Matth.,VI, .'» et 9-13 liid., vm, 2. On a relevé' 66 ressemblances de texte i litre saint Matthieu et la Didaché; plusieurs sont assez éloi nées; quelques-unes sont évidentes. Matth., xxn, 37 = Did., i. •-!: Matth., v. 26 Did., i. 5; Matth., v, 5 = Did., m. 7: Matth., xvm, 19 Did., wii, 1, etc. Voir E. Jacquier, La doctrine des doute apôtres, p. 13-45.

fcPÔTRES LA D0C1 RINE DES DOUZE - APPARITIO

i i m- de la Didai ' pa« avoir connu l I van-

rile de sainl Marc; il ne le cite jamais U xtuellement, et dans i i jes paralli les, qui se n trouvent dani gain) Marc, on vt.it clairement qu i! ' de saint

Matthieu , V-t-il connu I Évangile de saint Lui ' Il semble bien l'avoir cité, Luc, n, 28 :;l, 35, à moins qu'il a ait emprunté ces passages à la mi me source que saint Luc. H parait avoir connu les Actes «1rs apôtres, témoin le rapport d'idéi - et de termes qui existe entre les A< b s, iv, 32, et In.i ., iv,8. De l Évangile de saint Jean il n'existe aucune citation textuelle dans la Didaché; il j a cependant des ressemblances très frappantes entre les discours de la cène dans saint Jean, xiv-.wn. et 1rs prières eucharistiques dans la Didaché, x. Ces ressemblances s'expliquent parce fait que la Didaché reproduit les prières eucharistiques, composées d'après la prière sacerdotale de Noire-Seigneur, redite par saint Jean. On a compté 75 références aux Épltres de saint Paul; aucune n'est textuelle et la plupart sont très vagues. La pren Epltre de saint Pierre, n, H, est citée textuellement. Did., I, 4. Nous avons vu plus haut l'usage qui a été fait des livres de l'Ancien Testament.

VIII. CONCLUSION. — En résumé la Doctrine des douze apôtres, manuel élémentaire de religion, écrit dans la deuxième moitié du premier siècle, se place au point de vue tant dogmatique que liturgique entre le Nouveau Testament et les écrits post-apostoliques. Elle a été compilée par un juif converti et présente des traces nombreuses de judaïsme et de dialectique rabbinique. Elle montre comment s'est effectué le passage du judaïsme au christianisme, signale ce qui a été conservé des cérémonies juives et comment s'est opérée la transformation qui leur a infusé une vie nouvelle. Enfin, elle permet de comprendre quel était l'état moral et social des premières communautés chrétiennes; c'est donc pour les théologiens, les historiens de l'Eglise et les liturgistes un document très précieux.

Nous citerons seulement les ouvrages les plus important? ; on trouvera une liste plus complète dans E. Jacquier, La doctrine des douze apôtres, p. 261. — Bryennios Philotheos, Juîayj, r<Sv BcîîSexa àiroo-rôXoiv, Constantinople, 1883 (éditii □ pris Funk, Doctrinn duodecim apostotorum, in-8", Tubingue, 1887; Harnack, Die Lehre der zwolf Apostel, in-8\ Leipzig, 1884; Die AposteÙehre und die jùdischen beiden Wege, in-12, 1896; Harris, The teaching of the twelve apostles, in-'i\ Baltimore, Londres, 1887; Ad. Hilgenfeld, Novum Testamentum extra canonem receptum, fasc. 4% 2- éd., in-8-, Leipzig, 1884; Hitchkoek et Brown, Teaching of the twelve apostles, 2' «'dit., in-8", New-York, 1886; E. Jacquier, La doctrine des douze apôtres et ses enseignements, in-8% Paris-Lyon, 1891; Majocchi, La dottrina dei dodici apostoti, Modène, in-12, 1886; Uinasi, La dottrina del Signore, detta la dottrina dei dodici apostoli, in-8% Rome, 1891; von Renesse, Die Lehre der zwôlf Apostel, in-8", Cïiessen, 1897; Sabatier, La Didaché ou l'enseign des 'douze apôtres, in-8«, Paris, 18a",; Schaff, The teaching of the twelve apostles or the oldest Church manital, in-8-, 3* édit., New-York, 1889; Taylor, The teaching o) the ardre apostles. tritli illustrations fromthe Talmud, in-8', Cambridge, 1886; Wohlenberg, Die Lehre der zwôlf Apostel in ihrem Verhàllniss zum neutestamentUchen Schrifttum, in-8*, Erlangen, 1888; J. Schlecbt, Die Lehre der iwôlf Apostel in der Liturgie der katliolischen huche, Fiïbourg-en-Brisgau,

E. Jacquier.

APPARITIONS. - 1. Notion. 11. Espèces. III. Possibilité. IV. Convenance. V. Formes corporelles.

I. Notion. - Ce nom, dans le langage théologique, désigne toute manifestation sensible d'une personne ou d'un être dont la présence, dans les circonstances ou elle se produit, ne saurait s'expliquer par le cours ordinaire et naturel des choses. Kn toute rigueur du tenue et d après l'étymologie, une apparition s'adresse aux veux de celui qui eu esl i moin. Toutefois, d'après l'emploi commun

du mot, il n est pas indispensable que ce qui apparaît

soit proprement rendu visible : il suffil que, échappanl aux sens ou en vertu de sa nature, comme Dieu et les

quelles il se trouve, comme un homme qu

ictuellemenl de nous, u pourtant de manière a • tre p< n u pi On distingue généralement Yapparition di qui

n'implique pas nient |.

I objet per. u. t.mdis que I apparition la sup dif-

fère donc de la vision purement spirituelle, telle qu vision intuitive de Dieu par les bienheui vision simplement imaginaire, qui peut avoii et dans l'état d'extase ou de ravissement. I vision qui est manifeste aux sens extérieurs. Eli dite apparition par rapport à 1 objet qui ap]

et vision par rapport a ceux qui perçoivent l'ol

apparaissant.

11. Espèces. — Les apparitions ne peuvent point, si l'on considère le degré de certitude des faits et la d'assentiment qui en résulte pour le croyant, être plantes sur le même rang : il en est qui sont a gnées dans l'Écriture etattestées par la parole dii d'autres ne nous sont connues que par des docum profanes ou des témoignages historiques plus ou moins authentiques et plus uu moins dignes de foi.

/. APPABITIOKS BIBUQUBS. — La Bible atteste des apparitions de différent

i. De bien. — Iles les premiers temps de l'humanité, Dieului-mème se révèle sensiblement à l'homme : il converse avec Adam et Eve, Gen., il, 10, ni. B-S4, pour leur défendre de toucher au fruit de l'arbre de la si bien et du mal, puis pour leur annoncer leur désobéissance; il intime à Caïn, Gen., iv. 9-15, la sentence de condamnation qu'il a encourue en punition du meurtre d'Abel ; il donne ses instructif VI, 1-2-21 : vin. 15-22; IX, 1-17, avant et après le dé ! Abraham est le premier dont il soit dit expressément que Dieu s'est montré à lui : il voit le Seigneur d'abord en Mésopotamie, Gen., XII, 1-3; ensuite à Sichem. < ',, n. XII. 7 : puis, lorsqu'il avait déjà atteint l'âge de quatre-vingt-dixneuf ans. Gen.; xvil. 1-22. Sous le chêne de Mambi reçoit la visite de trois étrangers, dont l'un es Adonai et Jéhovah. Gen.. xvni. 1-33. Dans d'autres faits analogues, le caractère strict de l'apparition est a évident, notamment dans la vision d'Abraham, G» n..

XV. 1-19, et dans le Songe de Jacob, (b 11., XXVIII. 11-16. llans la suite des temps, le Seigneur apparaît encoi [saac, Gen., xxvi. 2-23, à Jacob, Gen.. xxxi: 24- Moïse, dans le buisson ardent. Exod.. III. 2. et sur le

Sinaî,Exod., xix, 3, enfin à un grand nombn

pliétosi. — IHeii s'est aussi montre aux hommes sous une tonne symbolique, celle d'une flamme, Gen.. xv. 17. Exod. n. 3; d une colonne de nuée, Exod., xm. 21 . 9;xxxiv, 5; III Reg., vin, 10; Il Par., v, 13; d'un souffle léger, 111 Reg., xi\. 12. Le Saint-Esprit est descendu en formé de colombe sur Jésus baptisé au Jourdain, Eue. n. 22, et en langues de feu sur les apôtres i la Pentecôte. Act.. u, 3.

9. Des anges. — La Bible nous parle aussi d'apparitions d'anges. Ainsi, un ange vient coule désert, Gen., xvi, 9-13; des anges, envoyés pom truire Sodoine, reçoivent l'hospitalité dans la I d'Abraham, Gen., xvm. 2-16; l'ange Raphaël devient le compagnon de voyage du jeune Tobie, Tob., v. 5-xn un ange apparaît à Balaam,Num..xxn. 22; à I v, 13; à Gédéon, Jud., vi, 11; à Manué el à son épi Jud., xm, 3-6; a David sur faire d'Oman le Jébus lui-ci ci à ses Bis, Il Reg., xxrv, I»''. 17. 1 I xxi, 15-21 :.iu prophète Elie, 111 R< - ■ va. 5-7; l\ I 1,3; aux trois jeunes Israi lites dans la Tournais Pan., m. 19,92; a llabacuc, Dan., xiv, 33, etc Dans le N, niveau Testament, le rôle souvent visible d< m nalé en bien des endroits, Rappelons seulement I parilions de Gabriel à Zacharie, Luc ,i, E Marie.

Luc, i. 26-38. Des ang s annoncèrent aux bergers de

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