A PRIORI, A POSTERIORI
fions libres de Dieu ad extra les jugements qui les affirment ne peuvent cire qu'a posteriori. En effet, on ne saurait les trouver dans l'analyse de l'idée de Dieu qui implique la liberté et donc l'indifférence à l'endroit de pareilles opérations. Le fait seul établit ces opérations dans le passé, comme la révélation seule les fait prévoir pour l'avenir. Quand je dis: « Dieu a apparu à Moïse sur le Sinaï, Dieu a parlé aux prophètes, Dieu nous a envoyé son Fils, Dieu ressuscitera les corps des hommes, » ces propositions sont a posteriori, et elles le sont nécessairement parce que seule l'attestation de Dieu ou la manifestation du fait en lui-même peuvent nous les inspirer.
IV. L'A PRIORI ET L'A POSTERIORI DANS LE RAISONNE- MENT dogmatique. — 1° 11 existe entre les causes et les effets un lien étroit qui permet au raisonnement de démontrer les uns par les autres. Quand le raisonnement démontre un effet par sa cause, par exemple l'immortalité de l'âme par sa spiritualité, il est a priori. Quand il prouve une cause par son effet, par exemple la spiritualité de l'âme par celle des opérations intellectuelles ou libres, il est a posteriori. Ces dénominations sont légitimes, car il y a entre la cause et l'effet un rapport de succession qui fait que la cause précède et que l'effet suit. Descendre de la cause à reflet dans le discours, c'est donc aller a priori ad poster lus, remonter de l'effet à la cause, c'est aller a posteriori ad prias. Démontrer une propriété par une autre propriété qui ne lui est ni antérieure, ni postérieure, mais qui lui est parallèle et essentiellement unie, également démontrer un effet par un autre effet parallèle de la même cause, c'est raisonner a simullaneo. Cette dernière méthode de raisonnement est rare, parce que les propriétés d'un même être s'enchaînent habituellement dans un ordre harmonique de dépendance et de subordination, et que les effets d'une même cause sont souvent produits les uns par le moyen des autres; dès lors, le raisonnement est a priori ou a posteriori suivant qu'il va des qualités principales aux qualités subordonnées, des effets intermédiaires aux effets lointains, ou bien des qualités subordonnées aux qualités premières, des effets lointains aux effets immédiats. Cependant on appelle parfois argument a simullaneo celui qui consiste à prouver l'existence de Dieu par son inlinité et sa perfection. C'est l'argumentation attribuée à Descartes et à saint Anselme dont nous avons parlé plus haut.
2° Que l'existence de Dieu ne puisse être démontrée par des arguments a priori allant de la cause à l'effet, la chose est évidente pour tous et n'a pas été contestée, puisque Dieu étant la cause première ne peut pas être effet. Son existence ne saurait donc être démontrée en partant d'une cause dont elle serait le produit.
3° Que l'existence de Dira se démontre a posteriori, c'est-à-dire en remontant des créatures au créateur, des effets finis a la cause infinie, c'est une doctrine certaine. ridant celte doctrine peut revêtir deux formes : l'une hardie et contraire à la raison philosophique, l'autre traditionnelle et dogmatique.