‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 3)Chapitre 72 sur 338 · La première forme a été' enseignée par Gûnther, cf · texte numérisé non relu

La première forme a été' enseignée par Gûnther, cf

Kleutgen, La philosophie scolastique, trad. Sierp, a. 926,

Paris, 1870, t. rv, p. 309, el par le li. P. Gratry, De la

- de Dieu, Paris, 1853; Logique, Paris, 1855.

Elle constitue ce qu'on a appel,', l'argument métalogique.

I ■ -le en un j procédé dialectique t qui, dans la créature, saisit immédiatement le créateur, dans le fini et le relatif, par une abstraction instantanée de la limite el de la dépendance, perçoit l'absolu et l'infini.

II n'\ a donc pas de raisonnement proprement dit, aucun Byllogisme, c'esl un « sens divin », une inférenec inimédiate qui, d'un trait, rail jaillir de la vue du monde l'évidence de la réalité divine. Ainsi le moi est perçu Immédiatement par la con cience dans les opérations de l'esprit. Vuici, du reste, comment le I'. Gratrj dé< rit

lui-même son « procédé dialectique » : «Nous terminons ici l'étude de la théodicée des philosophes du premier ordre. Nous avons vu que tous ont démontré de la même manière l'existence de Dieu... Tous ont trouvé le point d'appui de cet élan de la raison dans le spectacle des choses créées, monde ou âme; tous ont compris que ce point de départ n'est en aucune sorte un principe d'où la raison puisse déduire Dieu, mais simplement un point de départ d'où la raison s'élève au principe de toute chose que ne contient aucun point de départ, tous ont compris ou entrevu que ce procédé est absolument différent du syllogisme et qu'il est un des deux procédés essentiels de la raison, celui qui trouve les majeures et non celui qui tire les conséquences; tous ont décrit ce procédé comme une opération de la raison qui, regardant l'être fini, monde ou âme, voit par contraste ou par regrès dans ce fini l'existence nécessaire de l'infini et connaît l'infini par négation, en niant les limites de tout fini et de toute perfection bornée. » Connaissance de Dieu, I. II, c. vin. Ce procédé de connaissance a posteriori est immédiat. Il confond, dans une certaine mesure, le mode de connaissance de Dieu avec le mode de démonstration de son existence. On connaît Dieu, on se le représente avec des concepts négatifs venant corriger les notions positives que nous donnent les choses créées; mais on démontre que Dieu existe par une autre voie.

Cf. P. Ramière, Du procédé dialectique, dans les Mélangeshistoriques, philosophiques et littéraires, publiés par les PP. Cliarles Daniel el Jean Gagarin, S. J., Paris, s. d., t. h, p. 87; le cardinal Perraud, Le P. Gratry, sa vie et ses oeuvre-, c. il, Paris, 1900, p. 77 sq. ; P. Hontheim, S. J., Institutions theodicese, n. 100, Fribourg-en-Brisgau, 1893, p. 61.

2. La deuxième forme aposlérioristiquc de démonstration de l'existence divine a été indiqnée par l'auteur du livre de la Sagesse, xm, 1-9, par saint Paul, Rem., i, 20, développée par la tradition, enseignée par le concile du Vatican, lequel, dans la constitution D (ide cetholica, c. ii, s'exprime de la façon suivante : Eadem sancla mater Ecclesia tenet et docet Deum, rerum omnium principium et finem, nalurali humaine ratioxis lumine, E REBUS CREATis certo cogr sci posse : invisibitia enim ipsius a créât ura mundi ver ea quœ facta sunt intellecla conspiciunlur. Cette doctrine est infailliblement affirmée par le canon suivant du même concile : Si quis di.rerit Deum unum et verum, crealorcm et Dominum nostrum per ea quœ. facta sunt, nalurali rationis liumanse lumnie certo cognosci non posse, anathema sil. L'enseignement catholique est donc que Dieu peut être connu et qu'il est, en réalité, connu par un raisonnement a posteriori qui part des effets divins el remonte de ces effets à leur cause éternelle et infinie. Ce n'est pas une intuition de Dieu en lui-même, ni une sorte de sentiment de son être en présence des choses finies, qui nous le montrent, il est démontré par un vrai raisonnement remontant du monde au créateur. Voir les arguments apostérioristiques de l'existence de Dieu à l'article l)li;r.

V. L'a ptiiunt et l'A posteriori dans la méthode des sciences ecclésiastiques. — 1° On a souvent élevé l'accusation d'apriorisme contre la méthode des sciences ecclésiastiques, On a voulu à cause de cela diminuer la valeur et l'autorité des résultats acquis par mêmes sciences, surtout par l'exégèse et l'histoire iastique. <*n appelle donc a priori la méthi de qui consiste, avant toute recherche historique ou exégétique, à s'enquérir des données dogmatiques sur le point que l'on se propose d éclairer, à s'inspirer de ces données, à les avoir toujours présentes a l'esprit pendant le travail de critique biblique ou historique. Un tel procédé, dit-on, est antiscientifique, il gêne les recherches par ses idées préconçues, il jette de l'a priori dans des études qui devraient être Faites sans autre préoccupation que

A PRIORI, A POSTERIORI — A.QUARIENS

de dégager la vérité telle qu'elle eal contenue dan testes eu les documenta exploré». Il but, ajoute-t-on, substituer a cette méthode la marche ap ique,

laqui H.- - inspire uniquemi ni des critériums natui traite les raitsel les textes par li la critique

interne el de la critique exti rne communs a toutes les itionnelles, puis "/ - ' /'■"'

,,. des livres el la r al i ' des faits, compan résultats aux données dogmatiques, pour constater l'ac i .1rs deux connaissances, de la raison el de la foi igique naturelle et l'enseignement traditionnel s'élèvenl contre ces prétentions el défendenl l'opportunité, l'utilité de la méthode dite a priori. I. En effet, quand plusieurs sciences traitent d'un même obj que l'une d'elles est arrivée a (1rs résultats certains par ses méthodes propres, il est rationnel que les autres nces la consultent d'avance et s'informent de ses résultats. Mlles profitent ainsi de connaissances sûres, obtiennent une orientation déterminée. Lorsque, en route, elles aboutissent a des conclusions évidemment inconciliables avec celles qui ont été légitimement démontrées par les sciences connexes, elles constatent par là leur erreur et reprennent leur travail à l'origine, sans poursuivre en pure perte le sillon primitif. Ainsi la solution d'un problème fournie par l'algèbre oriente les calculs arithmétiques; ainsi les données mathématiques relatives à certaines lois des corps dirigent les expériences des chimistes. .-1 fortiori, les affirmations dogmatiques bien contrôlées et bien certaines ne peuvent qu'être d'une grande utilité dans les rechercbes des exégètes el des historiens. La vérité est une et si elle a été témoignée par la voix claire et précise d'une science, une autre science ne saurait que confirmer le premier témoignage. Connaissant celui-ci, elle arrivera elle-même plus sûrement et plus vite au terme de ses recherches. — 2. Dans l'encyclique Providentissimus Deux, du 18novembre 1893, le souverain pontife Léon XIII a spécialement loué cette méthode a priori pour les études ripturaires. Il la recommande aux professeurs : « Celui qui professe l'Écriture sainte, dit-il, doit aussi mériter cet éloge qu'il possède à fond toute la théologie, qu'il connaît parfaitement les commentaires des saints pères, des docteurs, des meilleurs interprètes. » Or, pourquoi le professeur doit-il être versé dans la théologie, s'il ne s'en inspire pas dans ses travaux bibliques, s'il ne s'oriente pas au préalable par les connaissances certaines (pie lui fournit la science de la foi? C'est tellement la pensée du souverain pontife qu'il ajoute relativement aux élevés : « Il faut donc pourvoir à ce que les jeunes gens abordant les études bibliques, bien instruits et munis des notions convenables de peur qu'ils ne trompent de légitimes espoirs et, ce qui est pire, de peur qu'ils ne courent, sans y prendre garde, le péril de tomber dans l'erreur, trompés par les fausses promesses des rationalistes et par le fantôme d'une érudition tout extérieure. Or ils seront parfaitement prêts à la lutte si, d'après la méthode que nous-même leur avons indiquée et prescrite, ils cultivent religieusement et approfondissent l'étude de la philosophie et de la théologie SOUS la Conduite du même saint Thomas. Ainsi, ils feront

grands et surs progrès tanl dans les sciences bibliques que dans la partie de la théologie qu'on nomme

positive. » — 3. La même méthode a priori convient aux études historiques chrétiennes, car. si la connaissance des vérités dogmatiques est indispensable, soit a

l'interprétation des Livres saints qui en sont les (.'moins

ni obscurs et laconiques, soit a l'exégèse des œuvres patristiques qui sont inspirées de ces mêmes vérités;

elle ne peut être que d'un grand s, cuis pour l'ilitcHi-

.1 événements accomplis dans une i istruite

sur la pierre de l'Évangile par des hommes vivant de la vie pratique de la foi ou de SOU hostilité déclarée. I. histoire d'une association de philosophes réalisant cl . u-

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