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IV. Caractère des principaux monuments chrétiens

DES NEUF PREMIERS SIÈCLES ET RENSEIGNEMENTS QU'ILS PEUVENT FOURNIR A LA THÉOLOGIE. — /. PRINCIPAUX

MONUMENTS: les catacombes. —Les principaux monuments étudiés par l'archéologie chrétienne sont sans aucun doute les anciens tombeaux chrétiens de Rome et d'autres pays.

La forme de ces tombeaux est tout à fait différente de a Ile des tombeaux païens. Les chrétiens en effet n'ont jamais adopté l'usage de la crémation, ils ont toujours eu la coutume, autant du moins que cela était possible, de grouper leurs défunts dans un cimetière commun, expression de la charité fraternelle qui animait la communauté chrétienne. 11 était naturel qu'ils imitassent le mode de sépulture usité en Palestine, puisque c'était celui qu'on avait employé pour le Sauveur et que d'ailleurs les premiers fidèles de la nouvelle religion étaient venus d'Orient. C'est ce qui explique le caractère général des catacombes .i Rome, à Naples, à Syracuse, etc. Lorsque la nature du sol ne permettait pas l'excavation soutêrcimetières chrétiens étaient construits en plein air, cwees, et entourés d'un mur d'enceinte, comme, par exemple, à Carthage. Kvidemment les monuments des cimetières souterrains ont été les moins endomma- Mieux conservés et plus importants que tous les autres, ceux de Rome suffisent à eus seuls pour donner une idée d'ensemble de l'histoire, de la foi, des usages dl 9 premiers temps du christianisme.

Dans cette reconstitution, il fuit se garder de demander aux catacombes plus qu'elles ne peuvent donner. "Vouloir y retrouver intégralement toute la vie et toutes

les croyances des anciens chrétiens serait une prétention bien excessive. Les catacombes sont avant tout des monuments funéraires, et occasionnellement des églises et des lieux de réunions; par conséquent ce que nous devons trouver d'abord dans les inscriptions et les œuvres d'art, ce sont les expressions et les symboles qui ont une relation plus ou moins étroite avec le dogme de la vie future. Autant il serait absurde de prétendre établir la règle de foi des chrétiens d'aujourd'hui sur le seul témoignage de leurs monuments sépulcraux, autant il y aurait méconnaissance des lois de la critique historique à restreindre au témoignage des tombeaux les preuves de la foi et de la discipline primitives.

Il n'en reste pas moins vrai que ces monuments, tels que la providence nous les a gardés, surtout dans les catacombes romaines, nous manifestent l'identité de notre foi actuelle avec celle des premiers chrétiens. Identité d'autant moins contestable qu'elle nous est attestée par des inscriptions et des peintures qui ne sont pas postérieures au commencement du Ve siècle, ainsi que l'a péremptoirement démontré M. de Rossi.

//. inscriptions. — Extrêmement simples, les inscriptions chrétiennes de l'époque la plus reculée n'expriment que les noms du défunt, tout au plus quelque acclamation comme in Deo, — pax tecum, — pax tibi, — in pace, etc., à côté de laquelle on a parfois peint ou gravé un symbole, l'ancre qui rappelle la croix, la colombe qui représente l'àme, etc.

Au IIIe siècle, l'épigraphie chrétienne, en se développant, commence à employer des formules relatives aux dogmes chrétiens. Elles parlent de la foi en un seul Dieu, en la divinité de Jésus-Christ, de la foi au Saint- Esprit, à la Très Sainte Trinité. Surtout elles font très fréquemment allusion au dogme de la communion des saints et à sa double conséquence : la prière des vivants pour le repos des âmes, et l'intercession des âmes bienheureuses en faveur des vivants. A la première idée se rattache l'expression de refrigerium (rafraîchissement) conservée jusqu'à maintenant dans la liturgie de la messe; à la seconde, la formule pete pro nobis, adressée aux défunts, surtout aux martyrs, que l'on priait aussi d'accueillir les âmes des fidèles et de les introduire en paradis.

Beaucoup plus rares sont, pendant les trois premiers siècles, les inscriptions dogmatiques relatives aux sacrements; il y en a néanmoins qui mentionnent le baptême et la confirmation; l'eucharistie est rappelée dans les deux célèbres inscriptions d'Abercius et de Pectorius, qui ne viennent point des catacombes romaines. Voir ces deux mots.

Une autre catégorie d'inscriptions nous montre, dès l'origine, presque tous les degrés de la hiérarchie ecclésiastique : nous avons des inscriptions de papes, d'évéques, de prêtres, <le diacres, d'autres ministres inférieurs, acolytes, lecteurs, exorcistes, portiers, fossoyeurs; puis celles de vierges consacrées, virgines sacrœ, virgines Dei ; de fidèles, de néophytes, de catéchumènes. II y en a une collection très importante au musée chrétien de Latran, à Rome; elle a été disposée avec unerarehabileteparM.de Rossi. Voir 0. Marucchi, Cuida del museo cristiano lateranense, Rome, 1896.

Enfin les inscriptions damasiennes nous ont conservé' de précieux souvenirs de l'histoire des martyrs et un témoignage authentique, on peut dire officiel, du culte que, dès le IV siècle, l'Eglise rendait à ses saints. — D'autres inscriptions historiques nous fournissent pour les six premiers siècles d'utiles renseignements sur la dédicace des basiliques, des baptistères, etc., sur l'histoire générale OU locale, sur certaines circonstances où s'exercèrent l'autorité de l'Eglise et la suprématie du siège apostolique. Voir Kpkjraphie chrétienne.

Ut. velmuhes. — Les peintures chrétiennes des cala-

ARCHÉOLOGIE CHU I IENNE

combes remontent jusqu'au i" siècle; mais au début, l'arl chrétien s'employa plutoï t la décoration des hypogées qu'à la manifestation des sentiments de foi et de ; même au milieu de ces pein-

tures déo d'un style qu'on pourrait appeler

pompéien, nous trouvons déjà des ligures symboliques, le bon Pasteur, la vigne, l'orante (symbole de I imi A„ h Bièi le, la i mgue symbolique de l'art chi formée; d iquesonl les fresquesdes cimetii

de Calixte et de Priscille, où nous voyons le poisson image «lu Christ, accompagné des éléments de l'eucharistie, le pain il le vin; et le repas eucharistique présidé parle prêtre qui brise le pain pour le distribuer aux fidèles, fractio punis.

Mais le symbolisme des sacrements se développe surtout au m" siècle; il a son expression la plus complète dans le cycle des peintures qui ornent, au cimetière de Calixte, lès chapelles dites « des Sacrements » : de la scène de Moïse frappant le rocher et en faisant jaillir l'eau de la grâce, on va au baptême qui communique cette grâce, à la pénitence qui la rend à l'âme coupable, au sacrifice de la messe qui la multiplie, et au repas eucharistique qui entretient la vie, en attendant que celle-ci soit consommée par la résurrection dont l'histoire de .lonas est la figure et la prophétie.

Le dogme de la communion des saints est aussi clairement exprimé dans les peintures que dans les inscriptions. Souvent on voit l'orante. c'est-à-dire l'âme bienheureuse, qui prie pour les survivants, et les martyrs qui accompagnent un défunt devant le tribunal du Christ ou aux tabernacles célestes. — Une autre composition a une importance très spéciale : c'est le groupe de la sainte Vierge avec l'enfant Jésus qui, répété plusieurs fois sur les tombeaux, nous montre le sentiment de vénération que les premiers fidèles avaient et témoignaient envers la Mère de Dieu. Les principales représentations de la très sainte Vierge trouvées jusqu'ici dans les catacombes romaines sont les suivantes : la sainte Vierge avec l'enfant Jésus et un prophète (cimetière de Priscille, II« siècle); — la sainte Vierge dans la scène de l'Epiphanie (même cimetière, II" siècle; cimetière de Domitille, ui« siècle ; cimetière de Calixte, fin du lllc siècle; cimetière des saints Pierre et Marcellin, commencement du iv siècle) ; — la sainte Vierge orante avec l'enfant Jésus sur la poitrine (cimetière ostrien, milieu du IV siècle). Le portrait de la sainte Vie i retrouve aussi sur quelques verres cimitériaux employés dans les agapes des anciens chrétiens.

Enfin, on a remarqué que les monuments figurés des catacombes apportent une contribution appréciable à l'histoire du canon des Livres saints. Les sujets qui J sont représentés ne sont pas empruntes seulement aux livres protocanoniques, mais aussi aux deutérocanoniques. Cf. Vigouroux, Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques, Paris, 1890.

iv. SCULPTURES. La sculpture chrétienne ne remonte pas à une époque aussi reculée que la peinture. Si, pendant les trois premiers siècles, les chrétiens étaient libres de traduire leur foi sur les parois obscures des cryptes cimitériales, il eûl été plus imprudent de le faire dans les ateliers ouverts au public. Aussi les fidèles se servirent-ils d'abord des sarcophages mêmes qui étaient

préparés pour les i ins,en évitant seulement tout sujet

idolàtrique ou superstitieux qui aurait pu blesser leur foi. C'esl pourquoi il est très rare, tout à fait exceptionnel, de rencontrer un sarcophage de cette époque avec des symboles chrétiens.

La vraie sculpture chrétienne naquit seulement après la paix de Constantin. Elle a produit outre les sarcopl des décorations pour les basiliques et quelques rares

statues. Les ornements des sarcophages chrétiens repre- 11, ■ toujours le même rxele. a la fois ln-lo-

rique et symbolique, tiré de l'Ancien et du Nouveau Tes-

tament; son sen eomme celui des peii I

rapporte Surtout a la vie futun irectlon et a la

Communion dl

r. basiliques. - L'époque de la paix di 1 1 du

triomphe du christianisme est marquéi pai la construction des basiliqo traiter la question très dis* ntéV di 1 origine de la basilique tienne, d'en fane connaître les f"rm les développements. Disons seulement que la basil nous représente, plus développée, la forme du le o primitivement se tenaient les ré-unions chrétien) dant les trois premiers blèrenl dans les cryptes cimitériales htm.

dles de maisons privées. L'autel et les auti

principales des basiliques nous permettent d'étudier l'ancienne liturgie et ses transformations, le culte des martyrs et de leurs reliques, la séparation, pendant les offices, du clergé et des différent de fidèles.

Dans les peintures et les mosaïques dont les basiliques étaient généralement décorées, nous pouvons suivre l'histoire de I art et le développement du symbolisme

depuis la paix jusqu'au moyen

Enfin les baptistères, très souvent réunis aux basiliques, ont gardé des vestiges des rites du baptême et de la confirmation.

L'étude de l'architecture chrétienne en France, en Allemagne et en Angleterre, pendant les siècles où fleurirent le style roman et le style ogival, forme aussi une branche importante de l'archéologie chrétienne pour ces pa\s qui n'ont pas, comme l'Italie, de monuments chrétiens de l'époque primitive. Nous n'en parlons point ici, parce que les monuments du moyen âge sont loin de fournir à la théologie des renseignements aussi précieux que les monuments des premiers siècles.

De tout ce qui précède, on peut conclure que l'archéologie chrétienne est pour la théologie un utile auxiliaire, qu'elle mérite de prendre place parmi les loct theologici. Aujourd'hui surtout, après tous les progrès qu'elle a réalisés, il n'est pas excessif de souhaiter que tous les théologiens aient une idée exacte de ses principaux résultats et des ressources qu'elle peut leur offrir.

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ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE — ARCIMROLDI

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H. Marucchi.

ARCHINTO Philippe, né à Milan, en 1500, s'adonna d'abord à l'étude du droit et en conquit le doctorat à l'Age de vingt ans, à l'université de Padoue, si renommée alors pour ses cours de jurisprudence. Il avait à un haut degré les qualités diplomatiques et l'art des négociations aboutissantes. Paul III le fit successivement gouverneur de la ville de Rome, vice-chambellan apostolique, évêque du Saint-Sépulcre, et de Saluées. Jules III continua à utiliser, dans différentes affaires, les talents supérieurs d'Archinto; il l'envoya présider, en son nom, le concile de Trente, transféré à Bologne par suite de la peste qui désolait le Tyrol. Car l'habile diplomate était en même temps doué d'une science théologique dont nous pouvons apprécier l'excellence dans les publications qu'il a laissées : De fiole et sacramcntis, 1 in-4°, Cracovie, 1545; lngolstadt, 1546; Turin, 1519; Oralio de nova christiani orbis pace habita, in-4°, Rome, 1544. Saint Ignace trouva en lui un précieux protecteur pour sa société naissante et pour ses œuvres de zèle. En récompense des nombreux services qu'Archinto avait rendus à l'Église et à la papauté, surtout au moment de la translation du concile de Trente, à Bologne, le pape Paul IV le nomma à l'archevêché de Milan, mais la mort empêcha le nouvel élu d'aller occuper sa haute dignité dans cette même ville de Milan qui était sa patrie, et dont il était, avec sa famille, la gloire et la défense. Il n'avait que cinquante-huit ans.

Pallavicini, Histoire du concile de Trente, édit. Migne, t. m, p. 1122; Moroni, Dizipnario di erudizione storico-ecclesiastica, Venise, 1840; Feller, Biographie universelle, Paris, 1845, t. Il, p. 276; t. m, p. 174; Micbaud, Biographie ancienne et moderne, Paris, 1855, t. il, p. 382; Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, 1899, t. iv, col. 1178-1179.

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