PIERRE DE BROUWERSHAVEN
(1532-1580). — Né à Duyvendyck (Zélande), mais élevé à Brouvvershaven dont il garda le nom, Cunerus Pétri fit ses études philosophiques et théologiques à Louvain, prit le bonnet de docteur en 1560, et devint curé de Saint-Pierre, en la ville universitaire. En 1569, le roi Philippe 1 1 le nomma évèque de Leuwardcn, siège tout récemment fondé (1561), dont Pierre devait être le second et dernier titulaire. Il en fut expulsé, en effet, par les Gueux, se retira à Munster-en-Westphalie, puis à Cologne, où il mourut le 15 février 1580. Théologien polémiste, Pierre s'est surtout exercé contre ics novateurs du xvie siècle, sans épargner Baïus, qu'il confondait volontiers avec eux. On lui doit : 1. Verse ac germante I). X. J. C. Ecclesise (quse columna et firmament uni est verilatis) désignât io : atque ejusdem per xiv proprielates ostensio, Louvain, 1568, Bocaberti en a inséré une partie dans sa Bibliotheca maxima pontifteia, t. vu, p. 799-819. — 2. De sanclissimo nussn'sacrificio, Louvain, 1572. — 3. De merilorum Christi et sanclorum concursu, ibid. — 4. Quœstiones pastorales et de cœlibatu sacerdotum, ibid. — 5. De prineipis christiani officio, Cologne, 1580. — 6. De gratia, libéra arbitrio, pnrdestinatione, justificatione, indulgenliis et D. Pétri cathedra' firmilate, ouvrage posthume paru à Cologne en 1583.
Notice dans Valère André, Bibliotheca belgica, 2e éd.,
Louvain, 1643, p. 167 (Cunerus Peints), transcrite dans
.Foppens, Bibl. belg., t. n, 1739, p. 222 (Cunerus Pétri),
dans Hartzheim, Bibl. Coloniensis, Cologne, 1747, p. 68
(Cunerus Pétri), et dans Hurter, Nomenclator, 3' éd., t. in, col. V2; E. du Pin, Nouu. bibliolh. des auteurs eccl., t. xvi, p. 136-137; Eubel, Hierarchia catholica Medii .-Evi, t. m. Munster, 1910, p. 210. Voir aussi A. J. van der Aa, Biographisch Woordenboek '1er Nederlanden, t. n, fasc. 4, Maarlem, 1855, p. 1449 (Broumershaven).
É. Amann.
17. PIERRE DE CAGLIARI, frère mineur capucin de la province de Sardaigne, exerça les charges de lecteur en théologie et de provincial. Il écrivit un commentaire sur les quatre livres des Sentences de saint Bonaventure, qui est resté inédit et fut conservé dans le couvent des capucins de Cagliari jusqu'à la suppression dj celui-ci.
Bernard de Bologne, Bibliotheca scriplorum capaccirwrum, Venise, 1747, p. 312.
Am. Teetaert.
18. PIERRE CALANNA, frère mineur conventuel de la province de Sicile (xvie siècle). Né à Termini, en Sicile, vers 1531, il fut docteur en théologie et enseigna la philosophie dans diverses universités. Il jouit d'une grande réputation à la cour d'F^spagne, ou il fut un des conseillers les plus recherchés. Il mourut dans sa ville natale, le 19 janvier 1606. Il est l'auteur d'une philosophie platonicienne, dans laquelle il s'elïorce de faire accorder les principes platoniciens avec la doctrine de l'Église : Philosophia seniorum saeerdotia et platonica a junioribus et laicis neglecta philosophis, Palerme, 1599. Elle est dédiée à Bernardin de Cardines, vice-roi de la Sicile.
J.-H. Sbaralea, Supplementum ad scriplores ordinis minorum, t. n, Rome, 1921, p. 332; Phil. Cagliola, Ilisloria provincial SicilltE min. conuentualium, explor. m, manif. 2; Ant. Mongitore, Bibliotheca sicula, t. n; Fil. Fvola, Storia tipografica letleraria del secolo XVI in Sicilia, Palermo, 1878, p. 188, n. 43.
Am. Teetaert.
19. PIERRE CALIXTE CAMPETTI, frère mineur capucin français (xviie siècle). Originaire de Saint-Sever, dans les Landes, il appartint à la province d'Aquitaine. Il mourut à Bordeaux, en 1670. Très versé en théologie morale, il composa trois ouvrages qui furent très appréciés à cette époque : Pastor catholicus sive theologia pastoralis, Lyon, 1668, divisée en trois parties : catéchistique, morale et sacramentelle, dans lesquelles il expose non seulement tout ce qui se rapporte à la théologie morale, mais fournit aussi les données fondamentales de la foi; De prseceptis dccalogi et Ecclesia1, Lyon, 1669; De peccatis seplem mortalibus et censuris ecclesiaslicis, Lyon, 1669.
Bernard de Bolome, Bibliotheca scriplorum capuccinorum, Venise, 1747, p. 215; H. Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. iv, col. 301.
Am. Teetaert.
20. PIERRE DE CANDIE, pape sous le nom d'ALE vAndre V, frère mineur (t 1410). — Sa biographie a été donnée t. i, col. 722-724; on se bornera ici à retracer brièvement son activité littéraire. Après avoir c mquis à Oxford le grade de bachelier en théologie, très probablement avant 1370, il commenta les Sentences à Paris, depuis le 28 septembre 1378 jusqu'en 1380. Sur les ordres du pape Clément VII, il fut promu docteur et maître en théologie pendant l'automne 1381. Son enseignement à l'université de Paris a été conservé dans son remarquable Commentarium in IV libros >,cntentiarum, dont plusieurs copies sont conservées dans différentes bibliothèques de l'Europe. On en trouvera rénumération et la description dans l'excellent ouvrage du cardinal Fr. Ehrle, Der Senten- :enkommentar Peters non Candia, des Pisaner Papstes Mexanders V., Munster, 1925, p. 18-24, qui en édite également plusieurs extraits.
Ce commentaire, toutefois, ne fut point composé par Pierre de Candie lui-même, mais il constitue un
PIERRE DE CANDIE
rcporiatum. c'est-à-dire une rédaction faite par quelqu'un de ses élèves du commentaire qu'il exposa à Paris. Comme ces rcportata reproduisent le commentaire du maître d'une façon exaete et bien souvent même mot à mot, on peut être certain d'y avoir la doctrine el les théories authentiques du commentateur. Ce reporlatum du commentaire sur les Sentences île Pierre Candie fut rédigé entre 1378 et 1380, époque a laquelle Pierre expliqua les Sentences à Paris. Le témoignage explicite de quelques manuscrits concorde parfaitement avec cette date. Dans le cod. Vat. lat. 1081, on lit : Explicit lectura super Sententias nenerandissimi /ratris Pétri de Candia, ordinis fratrum minorum, anno Domini M° trecentesimo ocloagesimo eompilata lempore quo Parisius legebat Sententias. façon de rerbo ad verbnm ut jaeet, suis seolaribus in scolis antedicti ordinis perlcgebat. Ce texte constitue également un témoignage important en faveur du caractère de rcportatum, attribué à ce commentaire. Un explicit semblable se lit dans le cod. Theol. 12 8 de la bibliothèque universitaire de Qœttinguc, ainsi que dans le cod. 111 de la bibliothèque Marcienne de Venise. Le eod. 110, fol. 7. de la même bibliothèque porte : hanc Senlentiarum Iccturam compilatam Parisius in scolis fratrum minorum anno 1379. Dans le cod. Amplon. fol. 94, de la bibliothèque d'Erfurt, il y a la rubrique : Compléta et lecta Parisius a venerabili magistro Petro de Candia, anno Domini M° CCCC. LXXX°.
Cet ouvrage, comme d'ailleurs toutes les œuvres analogues du xive siècle, ne constitue point un commentaire du texte même du livre des Sentences de Pierre Lombard, comme c'était l'usage habituel au xme siècle; mais il traite simplement quelques questions choisies, plus ou moins nombreuses, distribuées d'après l'ordre suivi dans le recueil des Sentences de Pierre Lombard. Cette indépendance, par rapport à l'œuvre du Lombard, constitue une note caractéristique des commentaires sur les Sentences du xiv° siècle. Ainsi, Pierre de Candie consacre au 1. I six questions: au 1. II trois questions; aux I. III et IV une question.
A l'exemple de saint Thomas et des autres commentateurs du xiii0 siècle, Pierre de Candie divise les questions en plusieurs articles. Quant à la méthode suivie par le maître franciscain dans l'exposé de la matière de chaque article, bien qu'il se rallie fondamentalement à l'ordre adopté par les maîtres du xme siècle : Quœrilur - utrum; videtur quod = arguo, arguitur; sed contra ad oppositum; respondco dicendum quod = pro decisione, pro declaratione, responsio ad difficultales. cependant, le plus souvent, les parties II et III entrent dans le corps même de l'article. C'est là une autre note caractéristique des commentaires du xive siècle. Ainsi. Pierre de Candie, après avoir donné l'énoncé de la question, expose et réfute immédiatement les opinions opposées, fournit des explications et des distinctions préliminaires, relate et démontre sa propre opinion.
I ne autre note caractéristique du commentaire de Pierre Candie, c'est que, contrairement à la coutume adoptée par les maîtres du xinc siècle et du début du xive, il cite le plus souvent par leurs noms les auteurs dont il critique ou partage les opinions. De plus, il connaît tous les docteurs anciens, modernes et contemporains; il cite et expose en substance leurs opinions; il les critique mais ne les rejette jamais formellement; il expose avec courtoisie les raisons pour lesquelles il ne peut se rallier à leurs thèses. Il conserve une entière liberté à l'égard de tous et de chacun et ne se rallie point à une école déterminée; il reste personnel et indépendant. Toutefois, il ne cache point ses préférences pour les doctrines de Duns Scot et pour un
noininalisme mitigé, de sorte que le cardinal Ehrle le dénomme un « nominaliste scotistc ». Op. cit., p. 77.
Quatre écoles semblaient se partager les maîtres du xiv siècle : le nominalisme, le scotisme, le thomisme et l'école des augustins, dont le docteur officiel était Cilles de Rome. Dans le commentaire de Pierre de Candie, les deux dernières écoles apparaissent comme insignifiantes. De l'école thomiste, en effet, il ne connaît que saint Thomas d'Aquin et seulement encore comme un docteur isolé. Il ne cite qu'une fois Cilles de Home, Fr. Ehrle, op. cit., p. 26(5, tandis qu'il s'occupe beaucoup de Grégoire de Rimini, non en tant qu'august inien, mais en tant que nominaliste.
L'école scotiste, au contraire, joue dans le commentaire de Pierre de Candie un rôle assez important; Duns Scot, François de Meyronnes, François de Pignano ou de Marchia, et Landolphe Caracciolo y sont allégués fréquemment. Les représentants et les sectateurs du nominalisme y viennent toutefois au tout premier plan : Guillaume Occam, le franciscain Adam Woodham, le cistercien Jean de Mirecourt et le général des ermites de Saint-Augustin, Grégoire de Rimini. En dehors de l'école scotiste et nominaliste, trois autres franciscains ont exercé une grande influence sur les doctrines de Pierre de Candie, à savoir Pierre Auriol, l'Anglais Rrinkel, ignoré jusqu'ici, et surtout Jean de Ripa.
Outre le texte du commentaire sur les Sentences, les quatre principia, qu'il a tenus, semble-t-il, en 1378- 1379, avant de commencer l'exposé de son commentaire sur les Sentences, nous sont parvenus au complet. Ils sont conservés dans quelques mss., dont le principal est le cod. Vatic. lai. 1081. Les principia se tenaient avant que le bachelier commençât son commentaire sur les Sentences et se composaient d'une collalio et d'une disputatio. Dans la collatio, le bachelier devait faire la louange de la théologie et de Pierre Lombard. La disputatio est constituée par l'exposé scientifique d'une question théologique, traitée par le bachelier d'après certaines normes déterminées. Cette disputatio, qui constitue proprement le principium, se distingue de la collalio et ne peut point être identifiée avec elle, d'après Fr. Ehrle, op. cit., p. 49-50. Tandis que la collatio constitue un discours sur les deux thèmes mentionnés, le principium serait une dispute théologique proprement dite, préliminaire au commentaire de chaque livre des Sentences. Ces collationes et ces principia du commentaire des Sentences de Pierre de Candie présentent un intérêt capital pour l'histoire de la littérature théologique du Moyen Age, parce qu'il est très rare que les collationes et les principia des quatre livres des Sentences soient conservés.
Le cod. 795 (xv siècle), fol. 106-110. de la bibliothèque de l'hôpital de Cues, attribue à Pierre de Candie un Libellas de terminis theologicalibus, qui débute : Ad facultatem theologicam accedcnles et finit : nec très omnipotentes. Le même traité serait conservé dans le cod. 975, fol. 190, de la bibliothèque de Berlin. Fr. Erhle, op. cit., p. 18.
Le cod. 475 (xv-xvie siècle), fol. 43, de la bibliothèque Pauline de Munster, contient une Qusestio de peccato originali de Pierre de Candie, qui constitue la q. n du 1. III de son commentaire sur les Sentences. Elle est appelée par J.-H. Sbaralea, op. cit., t. i, p. 10 : Tractatus de immaculala conceptione 11. .1/. V'., et imprimée par Pierre d'Alva et Astorga, dans Monumenta seraphica, Louvain, lt><>">. p. 191- 211. Pierre de Candie composa aussi un Ofjicium nisitationis B. V. Marias, conservé dans le cod. S. Croce Plut. XXV, sin. '■), fol. 99-102, qui a été inséré dans quelques bréviaires de l'ordre et édité par G. M. Dreves, Analeela hymnica, t. xxiv, Leipzig, 1X90, p. 98- 102. C'est un office rythmique, rédigé par le maître
PIERRE DE CANDIE
Franciscain, quand il était évèquc de Xovare, à savoir outre 1383 et 11(12, comme il résulte de Vexplicit. Il est l'auteur aussi de l'nefationes Ambrosiamr, conservées dans le cod. F. 20 des archives de Saint-Pierre à Home et non à la bibliothèque vaticane comme le dit .J.-A. Fabricius, Bibliotheca latina, éd. Mansi, t. i, Padoue, 1754, p. 59. Pierre de Candie doit les avoir composées quand il était archevêque de Milan. Il faut attribuer encore au maître franciscain cinq l'rosœ ou Séquentiel, contenues dans le cod. .S', ('.race. Plut. XXV, sin. 9, fol. 103-108. Ces séquences, toutefois, n'étaient pas destinées à l'usage liturgique. Elles ont été éditées par le P. \V. Lampen, O. F. M., dans Archip. francise, histor., t. xxiji, 1930, p. 174-182, qui les attribue toutes à Pierre de Candie, bien que, dans le ms., la 3e, 4e et 5e seules portent le nom du maître franciscain. Le ms. qui les contient doit avoir été écrit à l'époque où Pierre de Candie était déjà pape, donc entre le 26 juin 1409 et le 3 mai 1410.
Ce riiseours que Pierre de Candie tint à la ire session du concile de Pise, le 26 mars 1409, a pris place parmi les actes de ce concile. J.-D. Mansi, Concil., t. xxvn, 1784, col. 118-120. Pierre prêcha sur un texte du livre des Juges, xx, 7 : « Vous tous, fils d'Israël, qui êtes ici réunis, décidez ce qu'il y a à faire. » Il y dépeint la culpabilité des deux papes sous des couleurs vigoureuses et en conclut à la nécessité de la convocation d'un concile général. Pierre de Candie, qui avait été élu pape le 26 juin 1 409, à la xixe session du concile de Pise, et qui avait pris le nom d'Alexandre V, prononça, le 1" juillet de la même année, à la xxe session, qu'il présida, un discours sur le texte de saint Jean, x, 1C : « II n'y aura qu'un seul troupeau et un seul pasteur. Ensuite, il publia deux décrets réformateurs à la xxn° et à la xxiii0 et dernière session, édités par J.-D. Mansi, op. cit., t. xxvi, col. 1154 sq,, 1234 sq. Cf. Hefele- Leclercq, Histoire des conciles, t. vu a, p. 65-159. Alexandre V rédigea un Diploma, dans lequel il confirma les actes du concile de Pise, dans J.-D. Mansi, op. cil., t. xxvn, col. 83-91. Il composa également des Conclusiones in concilio Pisano, conservées dans le cod. '■) (/, 1, 0 ) de l'Emmanuel Collège de Cambridge, ainsi que dans le Cod. Harl. 431, fol. 30, 33-35, du British Muséum, qui est intitulé : Pro moderno schismate tollendo. II faut citer encore plusieurs bulles et lettres pontificales, qui ont été publiées en tout ou en partie par L. Wadding, Annales minorum, t. ix, an. 1409, n. viii-xiv, Quaracchi, 1932, p. 408-413; par Baronius-Raynaldi, Annales ecclesiastici. an. 1409, n. lxxxv-lxxxix, an. 1410. n. vu sq. : par Martène et Durand, Scriplorum velerum amplissima colleclio, t. vu, col. 1107-1108. La bulle, qui produisit la plus grande impression, est la bulle Regnans in excelsis, qu'Alexandre V promulgua à Pise, le 12 octobre 1409, en faveur des religieux mendiants. Il y confirma les décrets de Boniface VIII, de Clément V et de Jean XXII et censura les propositions nouvelles analogues à celles que Jean de Pouilly avait formulées auparavant, en ajoutant que quiconque les soutiendrait à l'avenir serait hérétique et encourrait l'excommunication réservée au pape. Comme quelque temps auparavant, le 2 janvier 1409, l'université de Paris avait réprouvé plusieurs assertions du franciscain Jean Gorel, qui contestait aux curés et revendiquait pour les mendiants le droit de prêcher, d'administrer les sacrements et de percevoir la dîme, la nouvelle bulle d'Alexandre V fut très mal reçue par l'université. Aussi, pendant que les mendiants s'empressaient de la publier, d'en développer en chaire le contenu, en l'amplifiant, l'université fit prêcher contre la bulle subreptice. Le chancelier de Notre-Dame, Gerson, fut du nombre; cf. Opéra, t. n, Anvers, 1706, col. 431-442. Les dominicains et les carmes déclarèrent alors n'avoir aucunement sollicité
ce décret du pape et n'entendre en faire aucun usage; les franciscains et les augustins, au contraire, le scutinrent fermement et furent exclus de l'université. Eu môme temps, le roi, selon le vœu de l'université, interdit à tous les curés, sous peine de voir confisquer leur temporel, de laisser aucun franciscain ou augustin prêcher, confesser ou administrer les sacrements dans leurs églises. Cf. Du Boulay, Hisloria univers. J'uris.. t. v, p. 200-202; J. Lenfant, Histoire du concile de Pise. t. i, Amsterdam. 1721. p. 309-320.
11 promulgua, le 20 décembre 1109. de Pistoie, où il s'était réfugié à cause d'une épidémie qui avait éclate à Pise, contre Jean Hus, la bulle par laquelle il lui défendait de prêcher dans les chapelles accessoires.
Mazzuchelli. (ili scriltori d' llalia. t.i, lrl part., p. 456, attribue à Pierre de Candie une F.pistola ad I'iorenlinos et des Reijuhc canccllariie. Cf. aussi L. Wadding, op. cit., p. 9. Le même Mazzuchelli, loc. cil., et 4. -II. Sbaralea, op. cit., t. i, p. 10, font mention d'un discours que le maître franciscain aurait prononcé à l'investiture de Jean Galéas Visconti, comme duc de Milan. Jean Gerson affirme que Pierre de Candie aurait composé un ouvrage Super Lucam, et un autre Super Canlica canticorum, tous les deux en vers hexamètres, dont il cite quelques-uns. Cf. P. l'éret. La faculté de théologie de Paris. Moyen Age. t. iv, Paris. 1897. p. 320; J.-H. Sbaralea, op. cit., t. i, p. 10.
h'Epistola ad Hugonem Flher.anum. que quelques historiens attribuent à Alexandre V et que La Bigne a insérée dans la 2e édit. de la Bibliotheca veterum Patrum, t. ix, col. 433, devrait être considérée comme l'œuvre d'Alexandre III, d'après C. Oudin. Commentarius, t. m, col. 1142-1143.
Quant à l'ouvrage intitulé Obligations, qui constituerait un traité de logique et que L. Wadding, op. cil.. p. 9, revendique pour Pierre de Candie, Fr. Ehrle soutient qu'il n'appartient très probablement pas au maître franciscain (op. cit., p. 18-19). Les raisons alléguées sont, d'abord, que des quatre mss. qui contiennent ce traité, un seul, le cod. Gaddiana ISS, de la bibliothèque Laurentienne de F4orence, l'attribue explicitement au frère mineur Pierre de Candie; les autres, au contraire, le revendiquent soit pour Pierre de Candie tout court (le cod. Val. lai. 2 loti. fol. 1047- 1051), soit au maître Pierre de Candie (le cod. Vat. lat. 3038, fol. 22-37), soit au docteur et maître es arts. Pierre de Candie (le cod. Vol. lat. 3061, fol. 98-105). Ce traité, dans tous ces mss.. débute : Rogasti me, carissime, ut tue in crucifixi latere caritati et finit : ideo hecde petitione ista dicta sufficianl. Comme il a été composé par un docteur et maître es arts et que, selon Fr. Ehrle, les frères mineurs ne pouvaient point acquérir un grade semblable, il faudrait dénier la paternité de ce traité au frère mineur Pierre de Candie. Ensuite, l'auteur fait abondamment usage de la dialectique nominaliste. C'est pourquoi le cardinal Fr. Ehrle hésite à attribuer ce traité à Pierre de Candie.
Enfin, le cod. Val. lat. 3065, fol. 37-40, contient un traité intitulé Consequenliœ et qu'une rubrique revendique pour le docteur es arts, le maître Paul (!) de Candie : Hxplieiunt consequentic composite a venerabili arlium dorlorc, magistro Paulo de C.andia. Cet opuscule commence : Consequentia est aggregatum ex conséquente cl antécédente cum nota illationis, et finit : palet quomodo uniuscujusque problemalis fit probalio, etc. Amen.
Notons, pour terminer, que Pierre de Candie, dans les listes des docteurs notoires de l'ordre des frères mineurs, est appelé Doctor refulgens, H. Spettmann, O. F. M., Queltenkritischcs zur Biographie des Johannes Pecham O. F. M. (t 1292). Zugleich ein Ueberblick iiber die Lileralurgeschichle des Franziskancrordens bis ca. 1500, dans Franziskanische Studien. t. n, 1915, p. 195, 196; dans un Ordo epithetomm doctorum, conservé à
PIERRE DE CANDIE
l'IKKUK DE CELLE
Wùrzbourg (c. cl, fol. 3. xv siècle), il esl dénommé
Duclor venerandùs. Revue d'histoire franciscaine, t. vi, 1921». p. 1 17. et P. Lehmann. Mittelalterliche Reinamen und E firent i tel, dans ///.s/or. Jahrbuch, t. \i i\.