‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 114 sur 437 · PIERRE BERTRAND ( PetrusBertrandi · texte numérisé non relu

PIERRE BERTRAND ( PetrusBertrandi

né à Annonay, avait été professeur de droit à Avignon, Montpellier, Orléans, Paris, puis archidiac e de Biliom (diocèse de Clermont), quand il fut nommé par Jean XXI I, le 28 janvier 1320, évêque de Nevers, d'où il fut transféré à Autun le 19 mai 1322; nommé cardinal de Saint-Clément le 20 décembre 1331, il mourut en Avignon le 24 juin (ou le 23 juillet) 1348. En 1329, lors d'une assemblée des évêques et des barons convoquée à Paris par le roi Philippe VI, Pierre Bertrand fut chargé de répondre aux griefs faits par les « gens du roi » (représentés en la circonstance par Pierre de Cugnières) aux membres du clergé, à cause des empiétements de ces derniers sur la juridiction civile. Ce fut pour l'évèque d'Autun l'occasion d'exposer les principes sur lesquels se fonde la juridiction ecclésiastique en matière temporelle. Ce Libellus super facto prœlalorum Ecclesiœ callicanœ ou Libellus de jurisdictione ecclesiaslica a été publié par Margarin de la Bigne, dans la Sacra bibliolheca sanclorum Patrum, t. v, Paris, 1575, col. 881-922 (3^ édit., t. v. col. 1055). D'inspiration analogue, mais s'élevant davantage à la considération des principes, est un petit traité intitulé De origine jurisdictionum seu de duabus polestalibus, temporali scilicet et spiriluali. Il a été imprimé deux fois dans les Traclalus illustrium in ulraque juris facullate jurisconsullorum, t. m a. Venise, 1584, fol. 29 6-32 b (où il est mis sous le nom de Pierre Bertrand de Vienne), et t. xn, Venise. 1581. fol. 408 6-414 b, où il est expressément attribué ;i » Pierre Bertrand d'Autun, depuis cardinal-prêtre du titre de Saint-Clément ». La parenté incontestable de cet écrit avec le Libellus de jurisdictione ecclesiaslica doit faire trancher la question de propiiété en faveur de l'évèque d'Autun. Les deux opuscules sont remarquables par le soin qu'ils ont de distinguer les deux juridictions civile et ecclésiastique. Bien qu'elles puissent être réunies dans la même main, elles ne laissent pas de différer par leur origine, leur objet, leur fin. L'évèque d'Autun évite ainsi des confusiontrop fréquentes à son époque.

Hurter, Nomenclalor, :'.'' éd., t. u, col. <iii7; Eubel, Hierarehia eaiholica Medii Mvi, 1. 1, Munster, 1898, p. 1 .">, 39, 1 1 ,386,

É. Amann.

13. PIERRE DE BLOIS, archidiacre de Batli (Angleterre) et écrivain ecclésiastique (xnc siècle).

I. Vie. — Pierre est né à Blois, vers 1135, d'une famille noble. Après avoir fait au moins une partie de

PIERRE DE BLOIS

s. -s humanités à Tours, il fut envoyé à Paris, où il suivit peut-être les leçons du célèbre Jean de Salisbury qu'il appelle son maître et son seigneur, et qui, de fait, professa à Paris de 1140 à 1150, bien que nous ne sachions pas où il l'a connu. De Paris, il se rend à Bologne pour étudier la médecine et les mathématiques. Dès ce moment, il se fait remarquer de ses condisciples par son éloquence et ses talents intellectuels. Vers 1 160-1 161, au cours de son voyage à Home, où il veut aller saluer le pape Alexandre III, il eut à subir, avec ses compagnons de route, les sévices des partisans de l'antipape Victor IV. De retour à Paris, il s'adonne aux sciences sacrées, à la philosophie, à la l liéologie et à l'Écriture sainte. En peu d'années, il devient un des bons théologiens de son temps. Ses études terminées, Pierre de Hlois passe en Sicile, où, vers 1167, il succède, dans le rôle de précepteur du jeune roi Guillaume II, à Gauthier, quand celui-ci fut nommé archevêque de Palerme. Chargé de plus de la garde du sceau royal, il occupe ainsi, après la reine et le chancelier Etienne, une des principales fonctions du royaume. Cette situation ne devait pas durer longtemps. Les Siciliens, jaloux de l'influence de Pierre de Hlois, tentent de l'éloigner de la cour en' le calomniant auprès du roi et en lui proposant deux évêchés et même l'archevêché de Naples, mais ce fut en vain. Menacé cependant par les conjurations répétées de ses adversaires, et malgré les instances du roi, il quitta l'île en 1169.

Revenu en France, il s'adonne quelque temps à l'enseignement. Mais, à la demande d'Henri II, il passe bientôt à la cour royale d'Angleterre. Devenu dans la suite chancelier de Richard, archevêque de Cantorbéry, auprès duquel il s'était retiré pour trouver la tranquillité, il fut chargé de trois missions à Rome, auprès des papes Alexandre III et Urbain III, pour régler les affaires du roi et celles de l'archevêque. A la mort de Henri II, la reine Éléonore le manda auprès d'elle comme secrétaire. Il remplit cette fonction de 1191 à 1195. C'est à peu près à ce moment que, calomnié par ses ennemis, il perdit l'archidiaconé de Bath. Pour le dédommager de cette perte et pour le retenir en Angleterre, l'évêque de Londres le nomma archidiacre de son Église. C'était uniquement un titre honorifique : pour combler l'insuffisance notoire de ressources de ce bénéfice, on lui confia aussi le doyenné d'un chapitre, au diocèse de Chester. Mais la vie déréglée et incorrecte des chanoines l'amena bien vite à démissionner et, dans une lettre datée de 1199 (152e), il demanda au pape Innocent III de confier le chapitre aux cisterciens. Pierre de Blois mourut, dans la pauvreté, après 1204; sa vie, bien remplie, avait été passée dans l'enseignement et l'entourage des rois et des grands de la terre. Son œuvre permet de se faire une idée de l'influence qu'il a exercée dans son pays natal et à l'étranger.

II. Son œuvre. — L'œuvre de Pierre de Blois est publiée dans P. L., t. ccvn, d'après l'édition de Pierre de Goussainville, de 1667, complétée par celle de .[.-A. Giles, de 1847. Elle comprend des lettres, des sermons et un certain nombre de traités.

1° Lettres. — Une douzaine d'années avant sa mort, Pierre de Blois, à la demande du roi Henri II, rassemble en une collection les lettres qu'il a écrites, soit en son nom, soit pour des évêques, archevêques, princes et personnages considérables. S'adressant au roi, dans la préface, il s'excuse de la liberté de son style, en rappelant au prince que sa correspondance n'avait pas été destinée à la publication. La collection contient 183 lettres, disposées au hasard sans aucun plan d'ensemble ou souci de chronologie. Elle n'est pas • complète, vu que Giles est parvenu à en authentiquer 234. Dom Ceillier et dom Brial ont donné l'ana-

lyse critique de cette correspondance. Nous nous contenterons d'un aperçu rapide, car elle n'intéresse qu'indirectement les théologiens.

Il y a des lettres adressées aux papes Alexandre III, Urbain III, Grégoire VIII, Célestin 111 et Innocent III. D'autres le sont à des cardinaux, à Octavien, légat en Angleterre, à Albert, chancelier de l'Église romaine, à Guillaume de Pavie ou à des archevêques comme Robert de Cambrai, Richard de Cantorbéry, Hubert de Cantorbéry, Conrad de Mayence, Gauthier de Païenne, et à de nombreux évêques, Jean de Salisbury, Renaud de Chartres, Pierre d'Arras, Eudes de Sully, évêque de Paris, à des doyens, à des archidiacres, à des abbés, à des prieurs, à des moines, à de nombreux savants, à des amis et à des compagnons d'études, aux rois et grands de la cour d'Angleterre et de Sicile.

Quoique nombreuses, les lettres qui nous sont parvenues de Pierre de Blois ne donnent qu'une faible idée de sa correspondance. Celle-ci fut certainement considérable, car il fut l'un des hommes les plus consultés de son temps et il jouissait de grandes facultés pour rédiger. Voir la lettre xcn, où il se vante de pouvoir dicter à trois secrétaires des lettres différentes, tandis qu'il en écrit lui-même une quatrième. P. L., t. ccvn, col. 290.

Grâce à la correspondance de Pierre de Blois, il est possible de fixer et de préciser bon nombre d'événements de sa vie et de se faire une idée de la société contemporaine. Les lettres nous révèlent les mœurs, les habitudes, les vices et les qualités des principales classes sociales : évêques, prêtres, religieux, clercs, princes et seigneurs. D'une façon indirecte, on pourrait extraire de cette correspondance un véritable code moral pour les mondains et pour les personnes consacrées à Dieu. L'intérêt documentaire est indubitable. Celui des serinons l'est moins, semble-t-il, à en juger parla moindre attention qu'y ont prêté les éditeurs.

2° Sermons. — Soixante-cinq serinons nous sont parvenus. Dès 1519, ils furent publiés par Jacques Merlin, curé-archiprêtre de Sainte-Madeleine, à Paris. (Dans .son édition de 1600, le P. J. Busée — induit en erreur par le titre incomplet d'un manuscrit de Louvain — donna les sermons de Pierre Comestor sous le nom de Pierre de Blois.) Ils ont été prononcés dans les réunions synodales, dans les écoles, les couvents ou dans les églises. La matière en est fournie par le texte liturgique des dimanches et fêtes de l'année, commenté d'une manière superficielle, dans un style plein de maximes, où les passages de l'Écriture sainte voisinent avec les citations des Pères de l'Église et même des auteurs profanes, avec une part trop grande faite à l'allégorie.

3° Traités divers. — 1. Le De transftguralione Domini, P. L., col. 777-792, a été rédigé pour Frumald, évêque d'Arras. Il a quelquefois été rangé parmi les lettres, car il en a toutes les apparences. L'auteur, qui cherche à y édifier le lecteur, s'efforce de montrer combien il était facile au Christ de manifester sa divinité. Quatre éléments concourent à la glorification des corps : l'agilité, la subtilité, l'immortalité et la clarté. Cette dernière seule se montre à la transfiguration de Jésus. La clarté dévoile aussi la beauté de la rénovation spirituelle opérée par le sacrement de pénitence dans l'âme du pécheur repentant. Le purgatoire achève la purification de l'âme et enlève à celle-ci tout ce qui ternit la clarté et la splendeur.

2. Le De conversione sancti Pauli ne présente aucun intérêt spécial. Ibid., col. 791-796.

3. Le Compendium in Job, col. 795-826, ainsi qu'en témoigne la lettre de dédicace, a été fait à la demande de Henri II, roi d'Angleterre. C'est un commentaire de quelques chapitres du livre de Job. Pierre, qui est alors archidiacre de Bath. insiste particulièrement sur la

PIERRE DE BLOIS

patience du saint homme, pour en montrer l'utilité en cette vie terrestre. A cette occasion, il attaque avec ardeur les prélats et les clercs, qui recherchent trop les avantages matériels et sensuels et se soucient peu du salut des âmes qui leur sont confiées. Il a été plus pénible de sauver les hommes que de les créer, et c'esl pourquoi l'incarnation du Sauveur n'est qu'une longue patience. Comme Job, le roi doit se détacher des biens périssables it ne pas vouloir trouver ici-bas la récompense de son labeur. Sensiblement de la même date est le Dialogus inter regem Henricum 11 cl abbatem Boneevallensem, col. 975-988, où le roi. s'appuyant sur des textes bibliques.se plaint île l'ingratitude de ses sujets.

•1. Dans le De Jerosolymilana peregrinatione acceleranda, col. 1057-1070, l'auteur exhorte les grands à la croisade. Malgré le vœu qu'ils ont fait et le tribut extraordinaire qu'ils ont levé sur leurs sujets pour secourir Jérusalem et la 'terre sainte, ils hésitent à partir. La croisade est pour les princes un moyen d'obtenir le pardon de leurs péchés : grave raison pour laquelle ils ne doivent pas différer l'exécution de leurs promesses. Cet opuscule est certainement de Pierre de Blois, mais le ton autoritaire avec lequel il est écrit rend admissible l'hypothèse de Brial, qui prétend qu'il a été composé au nom d'un archevêque éminent ou d'un grand personnage. On en rapprochera la Passio Keyinaldi, col. 957-976. qui raconte, en utilisant divers documents, la mort de Réginald de (".hâtillon, prince d'Antioche (t 1187).

5. Pierre de Blois est aussi l'auteur d'une Assertio fidei qui est probablement perdue, car il ne semble pas qu'elle puisse être identifiée, comme on l'a souvent fait, avec l'instructio fidei que le pape Alexandre III adressa au sultan d'Icône et qui porte sur les principaux mystères du christianisme. Ibid., col. 1069-1078.

6. A la demande d'un évèque, dont il n'a pas fait connaître le nom, Pierre de Blois rédigea un opuscule, De confessione sacramentali, col. 1077-1092. Après avoir prouvé, en s'appuyant sur les textes de la sainte Écriture et des Pères, que l'Église a reçu le pouvoir des clefs, il montre l'utilité, les qualités et les effets de la confession. Pour ce qui concerne les péchés mortels, le chrétien doit en faire l'aveu numérique avec toutes les circonstances aggravantes qui peuvent en changer la nature ou l'espèce. Les fautes vénielles ne doivent pas être négligées dans l'examen de conscience, sinon elles risqueraient de faire tomber insensiblement l'âme dans des péchés plus graves. La vraie contrition procède non de la manifestation de la pure sensibilité, mais de l'amour véritable de Dieu.

7. Le septième traité. De psenitentia a sacerdote injungenda, col. 1091-1098, est, quant au sujet, la continuation du précédent, mais il est adressé à un abbé et concerne surtout l'attitude du confesseur. Sous la menace de peines canoniques infamantes, comme la déposition perpétuelle, celui-ci est tenu au secret le plus absolu sur les fautes qui lui ont été accusées. De plus, pour sa vie morale et sa conduite, il doit être un sujet d'édification pour les chrétiens. A la fin de l'ouvrage, il y a quelques règles pratiques, destinées à faciliter le choix du confesseur dans les monastères et ailleurs.

8. Le Canon episcopalis, appelé aussi Traclalus de instilutione episcopi, col. 1097-1 1 12. est un traité écrit pour un de ses amis. Jean de Contantes, doyen de l'église de Rouen, nommé évoque de Worchester. Par les détails qu'il contient sur la vie spirituelle, les qualités, les vertus et les devoirs, c'est un véritable directoire de conscience pour les prélats. On y trouve aussi «les blâmes assez acerbes contre l'attitude déplorable de certains évêques contemporains, qui ne se soucient L'uère des intérêts véritables des âmes.

9. Pour répondre aux attaques injustes dirigées contre lui dans un écrit anonyme, dont l'auteur était un chanoine régulier, Pierre composa un opuscule apo logétique. intitulé Invectiva, col. 1113-1126. En y rappelant bon nombre de ses lettres, sermons et traités antérieurement publiés. Pierre se justifie d'avoir calomnié des évêques el flatté les grands de la terre; il a toujours agi avec droiture pour le bien des âmes. H prouve aussi qu'il n'a pas confondu la grâce et le libre arbitre, comme on l'en a accusé en prétendant s'appuyer sur des passages de ses oeuvres. La liberté est en dépendance et en relation si étroite avec la grâce que la bonté divine ne porte pas préjudice au mérite, ni la grâce au libre arbitre. Il est â regretter que cette apologie, qui. fait réellement justice des griefs dont on l'accusait, soit écrite avec trop d'acrimonie.

10. Contra perftdiam judœorum, col. 825-870. — Dans ce travail, subdivisé en trente-quatre chapitrés et écrit à la demande d'un de ses amis, qui s'avoue incapable de répondre à toutes les objections qui lui sont faites par les hérétiques et les juifs de son entourage, il souhaite que seuls abordent la discussion avec les adversaires ceux qui sont forts, en pleine connaissance de leur doctrine et qui ne risquent pas de perdre pied et de tomber dans l'erreur. Pour prouver les principales vérités de la religion chrétienne : la sainte Trinité, l'incarnation de la seconde personne, les deux natures de Jésus-Christ, les principaux événements de sa vie, ses miracles, sa passion, sa mort, sa résurrection, il recueille les passages marquants de l'Ancien Testament et établit, à l'aide des écrits de la Nouvelle Alliance, que le Messie a véritablement, dans sa vie, accompli toutes les prophéties qui le concernaient. Aux témoignages scripturaires sont ajoutés de nombreux, documents empruntés aux historiens païens ou juifs, tels que Tibère, Philon et Josèphe. Malgré certains défauts, tels que l'excès des allégories trop arbitraires, la citation de textes sans objet pour la fin envisagée, malgré l'appel à l'autorité de Virgile et de la Sybille, cet opuscule est un des meilleurs qu'ait produit le xne siècle en ce genre.

11. Dans le De amicitia christiana, col. 871-896, dont le De cantate, col. 895-958, est la suite et qui a été faussement attribué à Cassiodore, Pierre de Hlois, déjà parvenu à un âge assez avancé, disserte sur l'amitié chrétienne ou l'amour de Dieu et du prochain. Les deux parties de ce travail, dont la Irt' contient vingtcinq chapitres et la II1' soixante-cinq, tendent à prouver que l'amour de Dieu et celui du prochain reposent sur le même fondement, sur Dieu.

12. Dans l'opuscule suivant, De duodecim ulilitalibus tribulationis, col. 989-1006, il est question de 1' ' utilité des tribulations »; celles-ci offrent surtout à l'homme, qui doit les accepter et en profiter, l'occasion de se connaître et d'apprécier les vraies joies. Elles empêchent aussi les tentations du démon, donnent plus de valeur à la prière, purifient la conscience et font progresser dans la vie surnaturelle. L'authenticité de cet écrit n'est pas absolument certaine.

13. Le traité intitulé Quales sunt, col. 1005-1056. ne retiendra pas notre attention, car c'est à tort qu'il a été attribué à Pierre de Blois; il serait de Guillaume, prieur de Grandmont.

14. Il ne nous reste que des fragments des opuscules Dr silenlio servando, col. 1125-1128, De prsestigiis fortunée, où il est prouvé que la grandeur et l'abais sèment des hommes sont l'œuvre de Dieu, malgré les apparences.

Il ne semble pas que la notice sur les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament soit l'œuvre de Pierre de Hlois, pas plus que le poème sur l'eucharistie, col. 1135-1154, qui doit être attribué â Pierre le Peintre (voir ce nom). Par contre, Pierre est certaine

PIERRE DE BLOIS

PIERRE DE CANDIE

incnl l'auteur de quelques poésies d'inspiration séculière. Voir P. L., col. 1127, 1129, 1155.

D'autres travaux ont parfois aussi été mis sous le nom de Pierre de Blois. Les uns, tels que la vie des clercs, le péril des prélats, l'exhortation à un abbé et l'étude de la sagesse, dont parle Trithème, sont à identifier avec les lettres xiv, en, cxxxiv et cxl de l'auteur. Les autres sont perdus, ou connus en de trop courts lambeaux, comme par exemple : la Vie de Henri II, roi d'Angleterre, la biographie de saint Wilfrid, archevêque d'York, la Vie de saint Guthlac, l'addition à l'histoire d'Ingulfe, etc.

Très doué, vrai type de l'humaniste du xne siècle, Pierre de Blois était apte à disserter sur tous les sujets, la médecine, la littérature, les mathématiques, et surtout la philosophie et la théologie. C'est vraiment une intelligence universelle, un cerveau encyclopédique. Mais sa trop grande facilité lui ;: nui. Si dans ses lettres, ses sermons et ses traités — dont beaucoup furent considérés comme des modèles par ses contemporains — il avait prêté une attention plus grande à la qualité qu'à la quantité, Pierre de Blois aurait produit des chefs-d'œuvre et compterait parmi les grands esprits de son siècle.

I. Tkxtf.s. — .T. Merlin, Pétri Blesensis opéra, Paris, 1519 ; .1. Busée, Opéra Pétri Blesensis, Mayencc, 1600; du même, Paralipomena ppusculorum Pétri Blesensis, Mayence, 1605; P. de Goussainville, Pétri Blesensis opéra, Paris, 1667, reproduits dans la Maxima bibliolh. Patrum de Lyon, t. xxiv, col. 911; J.-A. Giles, Pétri Blesensis opuscula, 1 vol., Oxford et Londres, 1847 sq.; et, finalement, P. L., t. cevn, tout entier.

IL Notices et travaux. — Outre les préfaces des divers éditeurs, voir : Tritlième, De script, certes.; R. Ceillier, Histoire des auteurs ecclés., t. xxin, 1763, p. 206-243; 2e édit., t. xiv, p. 764-784; Histoire littéraire de la France (notice de Brial), t. xv, 1820, p. 341-413; Du Plessis, Notice sur la nie et les ouvrages de P. de Blois, dans Mém. de la Société des sciences cl lettres de Blois, 1833-1834, t. i, p. 373; Wright, dans Biogr. britann. litt., t. Il, p. 366 sq.; A. Bourgain, La chaire française au XII" siècle, Paris, 1879, p. 63-65; C. L. Kingsford, dans Diction, of nat. biography, t. xlv, 1896, p. 46-52; M. Manitius, dans Gesch. der lai. Liter. des M. A., I. m, Munich, 1931, p. 293-300.

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