La communion sous une seule ou sous deux espèces
8. L'adoration du Christ dans l'eucharistie. 9. La pénitence (sacrement) et ce qui s'y rapporte : contrition, confession, satisfaction. 10. Le septénaire sacramentel et l'usage des sacrements en général. 11. La hiérarchie ecclésiastique. 12. Les traditions humaines et ecclésiastiques. 13. Le culte des saints. 14. Les vœux de religion. 15. Le célibat ecclésiastique. 16. Le pouvoir de l'Église.
On voit que la plupart des points qui faisaient difficulté entre catholiques et protestants sont touchés dans ces controverses, mise à part la question du libre arbitre dans ses rapports avec la grâce sur laquelle l'auteur se proposait de revenir. Les deux appendices de la lro édition se rapportent, nous l'avons dit, d'une part à la discussion de la thèse protestante sur la dissolution du mariage en cas d'adultère d'un des conjoints et, d'autre part, à l'étude des actes des VIe et VIIe conciles qui venaient d'être publiés. Le fait d'Honorius régulièrement condamné par un synode œcuménique portait une grave atteinte à la théorie développée par Pighi au 1. VI de la Hiérarchie ecclésiastique. Notre théologien met donc tout en œuvre pour démontrer, prédécesseur en ceci de Bellarmin et de Baronius, l'inauthenticité des actes du VIe concile. Voir l'art. Honorius Ier, t. vu, col. 117.
L'ensemble des doctrines développées par Pighi dans ce gros livre ne présente rien de particulier, à l'exception de ce qui concerne le péché originel et la justification, sur quoi nous reviendrons. L'ouvrage se fait remarquer surtout par la clarté de l'exposition, un -sérieux effort pour saisir la pensée de l'adversaire, une mise au point fort précise des positions catholiques souvent mal décrites par les novateurs, un recours plus fréquent qu'il n'était alors d'usage aux sources de la doctrine et particulièrement aux Pères de l'Église. Il suffirait d'étoffer cette documentation pour avoir un excellent traité de controverse.
4° Ratio componendorum dissidiorum et sarciendœ in rcligione concordiae, Cologne, 1542; publié en appendice, des Controverses, dans l'édition de Cologne, 1545, 15 feuillets. C'est, en effet, une suite de l'ouvrage précédent. Les colloques de Worms et de Ratisbonne ont montré à l'évidence la vanité des réunions où les théologiens des deux confessions rivales s'efforcent de rapprocher leurs thèses. C'est, dit Pighi, perdre de vue la définition de l'hérésie qu'entamer ces colloques. Comment est-il possible de discuter avec des gens qui partent de principes totalement différents, puisqu'ils nient ce qui, pour le catholique, est l'évidence, c'està-dire l'autorité de l'Église. Ces colloques ne servent en somme qu'à donner aux hérétiques bonne opinion d'eux-mêmes. Qu'on les laisse entre eux; qu'on s'efforce de donner au peuple chrétien une solide instruction, que, par tout moyen, y compris l'appel au bras séculier, l'on préserve laïques et ecclésiastiques de la contagion des fausses doctrines; cela vaudra bien mieux que ces entretiens où les opinions catholiques et protestantes semblent mises sur le pied d'égalité.
5° De libero hominis arbitrio et divina gratia tibri X, Cologne, août 1542, in-fol., 183 feuillets numérotés, sans compter l'épître dédicatoire au cardinal Sadolet,