‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 190 sur 437 · PIN (LOUIS-ELLIES DU) - PINEDA (JEAN DE · texte numérisé non relu

PIN (LOUIS-ELLIES DU) - PINEDA (JEAN DE

cernent du monde jusqu'à présent, l vol. in- 12, Paris,

1712. et nouvelles éditions en 171 1. 1719, 1720, 1732, traduites en italien, 4 vol. in- 12, Venise, 171(1. par un carme. — Histoire profane depuis son commencement jusqu'à présent, 0 vol. in-12, Paris. 1714-1716 (Mémoires de Trévoux de mai 171(i. p. 787-789). Histoire de lu monarchie de Sieile contre les intrigues de la cour de Rome, in S", s. ]., 1710, et Défense de la monarchie de Sicile contre les entreprises de la cour de Rome, avec une relation véritable des procèdes des deux cours de Home et de Sieile, sur les contestations au sujet du tribunal de la monarchie, in-12, Amsterdam, 1710. Dans tous ces écrits, Du Pin prend positivement le parti de l'autorité temporelle contre l'autorité spirituelle de l'Église. Sous une forme légèrement différente, il attaque indirectement l'Église catholique dans la Bibliothèque des auteurs sépares de la communion romaine du XVIe et du .XVIIe siècle. 4 vol. in-8°, Paris, 1718-1719, et il comble d'éloges les fondateurs des différentes sectes protestantes (Mémoires de Trévoux de février 1720, p. 283-332, et mars 1720, p. 490-539). Les Mémoires de Trévoux portent un jugement sévère (mais quelque peu suspect de partialité) sur cet ouvrage de Du Pin et recommandent de ne pas se laisser éblouir par les éloges qu'il distribue libéralement aux novateurs; ils signalent « sa critique si hardie et si peu sûre, ses méprises grossières si souvent relevées non seulement en fait d'histoire et de chronologie, mais en matière de religion; ses expressions ambiguës sur des points importants et certaines contradictions, semées, autant qu'on en peut juger, à dessein de ne pas laisser trop voir quels étaient ses vrais sentiments; ses vols, ses pillages sans honte et sans scrupule sur les auteurs qui l'accommodent, catholiques, hérétiques, mais plus ordinairement ces derniers... » L'Europe savante, t. iv, p. 171-190, signale également sa précipitation dans les examens et ses inexactitudes dans les faits.

Enfin, il faut noter les ouvrages édités par Du Pin : Dialogues posthumes de La' Bruyère sur le quiétisme, in-12, Paris, 1099; Du Pin a ajouté deux dialogues aux sept qui avaient été composés par La Bruyère. — S. Optati Afri Milevitani episcopi. De schismate donatislarum libri septem qui bus accessere hisloria donatistarum una cum monumenlis veleribus ad eam spectantibus, neenon geographica episcopalis Africse, in-fol., Paris, 1700, et Anvers, 1702 (Journal des savants des 22 et 29 sept. 1700, p. 741-758; Histoire des ouvrages des savants, sept. 1700, p. 409-419). -- Joannis Gersonis... opéra, quibus preefixa sunt Gersoniana et adjuncta aliorum hujus temporis scriptorum opéra ac monumenta omniu ad negolium Gersonis spectantia, 5 vol. in-fol., Amsterdam, 1700 (Journal des savants du 21 mars 1707, p. 464-474, et du 31 mars 1707, p. 527-547).— Il a édité et continué l'Abrégé chronologique de l'histoire universelle du P. Denis Petau, 5 vol. in-4°, Paris, 1715; V Histoire du règne de Louis XIII de Jacques Le Cointe S vol. in-12, Paris, 1710-1717, et Recueil de pièces con- • ernant l'histoire de Louis XIII, 4 vol. in-12, Paris, 1710-1717; il faut enfin ajouter qu'il a rédigé de nombreux articles dans le Journal des savants et dans le Grand dictionnaire historique de Moréri, éditions de 1712 et de 1718, 5 vol. in-fol., Paris.

L'Europe savante, t. iv (août 1718), p. 200-214. — Miehaud, Biographie universelle, art. Dupin, t. xn, p. 1-5; Hoeler, Souvelle biographie générale, t. xv, col. 303-300; Aloréri, Le grand dictionnaire historiq ne, c dit. de 1759, t. vin, p. 359-362; Nicéron, Mémoires pour servir <i l'histoire des hommes illustres, t. u, p. 25-48, et t. x bis, p. 80-81 ; Chauffepié, Xouveau dictionnaire historique et critique, t. m, p. 115- 417; édition des Œuvres de Du Pin, in-4°, t. xix, p. 176-253; Dictionnaire des hérésies, t. xn, col. 764-768, dans l'Encyclopédie de Migne; Féret, La faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres. Époque moderne, t. vu, p. 5-20.

J. Cahreyre.

PINEDA (Jean de), frère mineur espagnol (xvie siècle). Originaire, d'après la plupart des historiens, de Médina del Campo (Valladolid), d'après d'autres, de Madrigal de las Tories, dans la province d'Avila (Ilustraciôn espanola y umericana, 1905, 8 et 15 juillet), il aurait appartenu d'abord à la province de Saint-Jacques-de-Compostelle et ensuite à celle de la Conception. D'après le témoignage unanime des historiens, il fut très versé dans les sciences sacrées et profanes, philosophe et théologien remarquable, écrivain fécond et infatigable. U mourut probablement à Médina del Campo, en 1593, âgé de plus de quatrevingts ans.

Jean de Pineda est l'auteur d'une histoire universelle, intitulée La monarquia eclesiâstica, ou Hisloria universal del mundo desde su creaciôn, comprenant trente livres en cinq volumes, publiée à Salamanque, en 1588; à Barcelone, en 1594 et en 1620. L'auteur y décrit les origines de tous les royaumes et toutes les républiques, énumère tous les rois et les princes et surtout démontre que la forme monarchique du pouvoir a toujours existé dans l'Église depuis Adam jusqu'à l'époque à laquelle il écrivait. Les principaux historiens de tous les pays, au nombre d'environ 1400. y sont cités et allégués. Cet ouvrage a exercé une influence sensible sur les ouvrages historiques postérieurs. Il composa encore une Agricullura christ iana, Salamanque, 1589, en deux volumes. En trente-cinq dialogues Jean de Pineda expose tout ce qu'un chrétien doit connaître et pratiquer. Dans le 1. 1, il traite de la vie et de l'instruction qu'un chrétien doit posséder au point de vue civil et des vertus qu'il doit pratiquer dans la vie politique. Dans le t. n, il traite des préceptes du Décalogue; des vertus morales et théologiques ; des péchés ; des symboles des apôtres ; de Nicée et de saint Athanase: de l'oraison dominicale; de Ja salutation angélique; de la vie et de la mort; de l'Antéchrist, du jugement dernier, des peines de l'enfer et des joies du paradis. Il est encore l'auteur des ouvrages suivants : Historia maravillosa de la vida y exceli'ncias del glorioso san Juan Baulisla, Salamanque, 1574 et 1034; Barcelone, 1590; El paso honroso defendido por Suero de Quinones, Salamanque, 1588, réédité avec la Cronica de D. Alvaro de Luna, dans la Colleciôn de cronicas, t. v, Madrid, 1779, et encire par Archer Milton Huntington, à New- York, en 1902; Exposicion de la salulaciôn angélica, Barcelone, 1590; Chitiades universi, ras. en deux volumes, qu'il rédigea en 1504- 1565; Hecatompocon ou Magnum opus latinorum sermonum, ms. en deux volumes dont le icr comprend : Cenluria sermonum sacrorum a dominica prima adventus usque ad resurrectionem Domini, le W Cenluria alia sermonum de tempore, ac de sanclis cum expositione evangeliorum u dominica resurreclionis usque ad dominicam primant adventus: Commentarii in symbolum Alhunasii; Commentarii in decem primas psalmos davidicos; Ephanomicum pnvludium ad explicalionem Decalogi; Pentalogus juniorum prœdicatorum; Commenlaria in metaphysicam; Clotalogia ou Liber contra peccata et errores linguœ; Chria Philolimiea adversus ambitiosos; De virtutibus et vitiis.

L. Wadding, Scriplores ordinis minorum, Rome, 1906, p. 148-149; J.-H. Sbaralea, Supplcmentum ad scriplores ordinis minorum, t. n, Home, 1921, p. 116-117; U. Huiler, Nomenclator, 3e éd., t. ni, col. 303; Enciclopedia universal curopeo-americana, t. xi.iv, p. 1007-1008, où l'on trouve de nombreux jugements de valeur sur Jean de Pineda et son activité littéraire; .1. Mir, /;'/ centenario Quijotesco, Madrid, 1905; du même, Prontuario de hispanisme u burbarismo, Madrid, 1908. Dans ces deux derniers ouvrages plus de mille textes sont cités, empruntés aux ouvrages de Jean de Pineda, pour démontrer que sa langue était un espagnol soigné.

Am. Teetaert.

PINEL PINTHEREAU (FRA NÇOIS)

PINEL (t 1776), est né dans les dernières années du xvii6 siècle, à Saint-Domingue; entré dans la congrégation de l'Oratoire, il fut professeur à .fuilly, en 1732, et ensuite à Vendôme, en 1730, où, disent les Nouvelles ecclésiastiques de 1730. p. 62-63, il s'occupait des pauvres et des enfants. C'est à lui qu'est adressée la fameuse lettre de Duguet contre les Nouvelles ecclésiastiques, 9 févr. 1732. Pinel fut obligé cependant de quitter Vendôme et il revint, en 1746, à la maison Saint-llonoré de Paris. Très attaché au parti jansé niste, il protesta contre les directions données par la congrégation de l'Oratoire, 30 août 1746, et il quitta la congrégation (Nouvelles ecclésiastiques du 20 nov. 1746, p. 1K5-186), afin de ne pas signer le Formulaire et de refuser l'acceptation de la bulle Unigenitus. Pinel s'abandonne alors à des idées singulières au sujet des Convulsions; il se mit à prêcher une sorte de millénarisme, et avec une sœur Brigitte qu'il avait fait sorlir de l'Hôtel-Dieu de Paris.il parcourut les provinces, annonçant le prochain avènement du prophète Élie. Il mourut vers 1776, laissant une partie de sa fortune à la sœur Brigitte, qui revint à l'Hôtel-Dieu et signa, le 15 novembre 1777, un acte de rétractation et de renonciation aux folies qu'elle avait prêchées avec le P. Pinel.

Pinel a composé, en faveur des Convulsions, un ouvrage intitulé : Horoscope des temps ou conjectures sur l'avenir; on croit qu'il publia d'autres écrits sur ce sujet qui divisa fort les jansénistes. Mais l'écrit le plus intéressant est celui qui a pour titre De la primauté du pape, en latin et en français, in- 12, La Haye, 1769, et Londres, 1770. Dans la préface, Pinel s'élève avec vivacité contre la bulle Unigenitus et il attaque avec violence le rapport qui fut présenté au synode d'Utrecht, en 1763, par Méganck : pour Pinel, Pierre n'avait aucune autorité sur les autres apôtres et les papes n'ont, sur les autres évêques, aucune juridiction; la primauté des papes n'est point d'origine divine. L'évèque de Borne a seulement la première place parmi les évêques. Les Nouvelles ecclésiastiques du 21 mars 1770, p. 45-46, analysent et critiquent cet ouvrage qu'elles attribuent au P. Le Courrayer. Le P. Pinel répondit à ces critiques dans l'édition qu'il publia en 1770. Une édition latine parut à Vienne, en 1782, dédiée à l'empereur Joseph H.

Michaud, Biographie universelle, t. xxxm, p. 355-356; Quérard, La France littéraire, t. vu, p. 177-17S; Feller- Weiss, Biographie universelle, t. VI, p. 5f>5; Picot, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant te XVIII* siècle, t. v, p. 444-445; P. Crêpe, jacobin, Notice de l'œuvre des convultions et des secours, in-8", Lyon, 178<S, p. 43-54 et 157-159.

J. Carreyre.

P1NELLI Luc, né à Melfi dans le royaume de Naples en 1542, entra dans la Compagnie de Jésus en 1562. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie pendant plusieurs années il fut envoyé en Allemagne pour lutter contre le protestantisme. Il t nsoigna avec grand succès la théologie pendant deux ans à Ingolstadt avec le P. Grégoire de Valentia, puis, sur la demande du duc de Lorraine, pendant trois ans à Pont-à-Mousson (1577-1580). Dans ces deux universités, il introduisit comme livre de texte, pour l'enseignement de la théologie, la Somme de saint Thomas. De retour en Italie, il fut recteur à Florence et Pérouse et supérieur de la maison professe de Païenne et s'occupa de la composition de ses ouvrages ascétiques. Il mourut à Naples le 25 août 1607. (L'année 1606, donnée par Hurter et Abram, est inexacte.)

Le P. Pinelli a laissé peu d'ouvrages proprement théologiques. Deux thèses soutenues en discussion publique à Ingolstadt furent publiées en 1577 et rééditées en 1581 : De statu animarum in altero sseculo: De

Christo Opt. Max. ac Maire ejus sancussima. La première fut reprise et développée dans un ouvrage italien : Trattato dell' ultra vita e dello stato délie anime m essa, Venise, 1604; Turin, 1606, etc., qui fut traduit en latin et en français : De altéra vita et animarum in ea statu, Cologne, 1605; Fruité de l'autre vie, de la condition, actions et opérations des âmes en elle, par le P. Pinel..., cl traduit de l'italien par le sieur S. D. V., sieur de Chevigny (Simon de Yillars ou Villers La Faye), Paris, 1607. Le P. Pinelli est connu surtout par ses nombreux ouvrages ascétiques : méditations sur les mystères du rosaire, la vie de la sainte Vierge, le saint sacrement, les mystères de la vie du Christ, les lins dernières, les péchés capitaux ; traités sur la confession, la valeur et les fruits de la messe, les indulgences, etc. (Voir la liste dans Sommervogel.) Le plus célèbre est son traité sur la perfection religieuse : Gersone, dellu per/ezione religiosa..., Naples, 1601; il fut souvent réédité en italien et traduit en latin (De perfectione religiosa libri IV, Cologne, 1602, 1603, etc.), en français (Douai, 1602; Liège, 1603, etc.), en allemand et en d'autres langues. Une édition complète de ses œuvres fut publiée en italien (Opère spirituali, 4 vol., Venise, 1604-1609, in-12), et en latin (Opéra spiritualia, 3 vol., Cologne, 1608-1614, in-12).

Sommervogel, Bibl. de la Comp. de Jésus, t. vi, col. 802- 817; E.-M. Rivière, Corrections et additions à la Bibl. de la Comp. deJésus, Toulouse, 191 1-1930, col. 663 etll91-1192; Hurter, Nomenclator, 3e éd., t. m, col. 366; Santagata, Isloria delta Compagnia di Gesii, apparlenente al regno di Napoli, t. m, Naples, 1756, p. 279 sq.; N. Abram, L'université de Pont-à-Mousson, éd. Carayon, Poitiers, 1870, p. 106 sq.; Ch. Verdiére, Histoire de l'université d' Ingolstadt, t. n, Paris, 1887, p. 47 sq.

J.-P. Grauskm.

PINTHEREAU François (1605-1664), né a Chaumont-en-Vexin (Oise), le 12 août 1605, entra au noviciat des jésuites, le 1er octobre 1621. Il professa les humanités, la philosophie et la théologie; puis, il fut préfet des classes supérieures à La Flèche et recteur à Caen. Il mourut à Paris, le 30 janvier 1664.

Les ouvrages du P. Pinthereau sont presque tous dirigés, "au moins indirectement, contre les doctrines jansénistes et contre les premiers jansénistes. Il faut citer particulièrement les ouvrages suivants : Les impostures et les ignorances du libelle intitulé « La théologie morale des jésuites », in-8°, s. 1., 1644, par l'abbé de Boisic (pseudonyme de Pinthereau'. L'ouvrage attaqué était l'œuvre d'Arnauld ou peut-être de François Hallier, et il avait été publié à Paris, en 1644; il fut réimprimé à Cologne en 1659, 1666, 1679. et mis à l'Index, le 10 avril 1666. François Hallier répondit à la critique du P. Pinthereau dans un écrit intitulé : Défense contre les impostures du supposé abbé de Boisic, in-8°, s. 1., 1644. Pinthereau répliqua par la Réponse d'Eusébe au théologien de courte robe, au sujel du libelle diffamatoire intitulé : Fhéologie morale des jésuites et lacéré par l'arrêt du parlement de Bordeaux. in-8°, s. 1., 1644; Arnauld répondit par la Lettre d'un théologien à Polémarque. Pinthereau publia encore contre les jansénistes ; Les errata de l'imprimerie de Port-Royal, in-8°, Paris, 1645; Les reliques de messire Jean de Verger (sic) de Haurannc, abbé de Sainl-Cyran, extraites des ouvrages qu'il a composés et donnés au public, in-8°, Louvain, 1646; Les erreurs françaises el latines du livre de la « Fréquente communion », in-4°, s. 1., 1647, dirigées contre le célèbre ouvrage d'Arnauld; Theologia Pétri Aurelii, seu prœcipui ejus errores contra fidem et sanos mor s.excrrpta ex latinis ejusdem operibus edilis annos 1646, studio chrisliani catholici, in-8°, Andomaropoli, 1647; Les nouvelles et anciennes reliques de l'abbé de Sainl-Cyran, in-4°, Paris, 1648, rééditées avec quelques additions en 1680. — De attritionis suffi-

PINTHEREAU (FRANÇOIS) — PINY (ALEXANDRE)

eienlia in sacm psenitentia liber in </"" opinionis illias anliquitas el certitudo, ex veteribus (heologis, sanctis Pair i bus, conduis, summis ponlificibus el scriptura adversus Baianos ostenditur, in-8°, Paris, 1664, dédié à [saac Habert, évêque de Vabres. Des curés de Gand dénoncèrent cette opinion des jésuites à la faculté de théologie de Louvain, le 12 mai 1662; la faculté rendit u\i jugement, le 30 mai 1662 (Annales de la société des soi-disant jésuites, t. v, p. 028-055). — Conformité des principes du lii're de la « Fréquente communion » avec ceux de Marc-Antoine de Dominis, in-4", s. I., 1664. - - La naissance du jansénisme découverte à Mgr le chancelier par le sieur de Préville, in- K Louvain. 1654. C'est un ensemble de lettres empruntées à la correspondance de Jansénius et de l'abbé de Saint-Cyran. Cet ouvrage fut de nouveau publié sous le titre : Lettres de M. Cornélius Jansénius, évêque </' Ypres. et de quelques autres personnes, à M. J. du Vergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, avec des remarques historiques et théologiques, par M. Fr. du Vivier, in- 12, Cologne, 1702. L'éditeur est Gerberon : il suit le texte du P. Pinthereau et il a seulement ajouté quelques attaques contre les jésuites. — Le progrès du jansénisme découvert à Mgr le chancelier par le sieur de Préville, in-4°, Avignon. 1655. — Anti-Aurelius Aureliani Iheologi, in-8°, Lyon.

Alegambe-Sotwel, Bibliotheca scriplorum SoCieftttis Jesu, édit. de 1676, p. 244-245; de Backer, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, t. iv, p. 563-565 ; Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, t. vi, col. 826- 830; Hurter, Xomenclatnr, 3? édit., t. iv, col. 69-71.

J. Cakreyre.

PINUELA Pierre, frère mineur mexicain (xvne siècle). Originaire de la ville de Mexico, il entra dans l'ordre des frères mineurs dans la province Saillt-Diégo du Mexique. En 1671, il passa aux Philippines, où il fut ordonné prêtre. En 1676, il se consacra avec succès aux missions de Chine. Il y mourut le 30 juillet 1704, à l'âge de 54 ans. Il a publié les ouvrages suivants en chinois, à Canton, en 1703 : Controverse au sujet de la loi divine avec les gentils; Brève explication des indulgences; Différence entre le temporel et l'éternel; Traité sur lu piété et la dévotion envers les limes du purgatoire ; Catéchisme de la doctrine chrétienne; Vie de saint François d'Assise: Exercice de l'oraison de saint Pierre d'Alcuntara ; Traité sur les vertus de diverses plantes et pierres; Règle du tiers ordre franciscain; Arle de la lengua chinica (en castillan et en chinois); Dialogue entre un ministre de la religion catholique et un lettré chinois, composé en 1688; Relaciôn de lus progresos de la mision de Lo-yuen-hien, terminée le 6 janvier 1680; Catalogus missionariorum franciscanorum, qui Sinam evangelisaverunt inde ab an. 1579 usque ad an. 1700. Ces trois derniers ouvrages sont inédits.

Marcellin de Civezza, O. 1". M., Saggio tti bibliografia tanfrancescana, Prato, 1879, p. 463-463.

Am. Teetaert.

PINY Alexandre (1639-1709). - Né à Barcelonnette. A. Piny prit l'habit dominicain à Draguignan. Lecteur, puis maître en théologie, il enseigna la philosophie et la théologie à Aix, puis à Marseille. Envoyé à Paris au couvent de Saint-Jacques, il obtint plus tard d'aller vivre au monastère plus fervent dit du « noviciat général », rue Saint-Honoré. Il y demeura seize ans, jusqu'à sa mort. Mais c'est lorsqu'il faisait partie du couvent de Saint-Jacques qu'il publia, entre 1676 et 1685, ses divers travaux de théologie mystique.

On ne peut s'empêcher de conjecturer, avec tous ceux qui ont abordé la biographie et l'œuvre du I'. Piny, que l'interruptiontqui nous parait brusque) de ses publications est liée à des difficultés doctrinales. Sans être précisément quiétistes, comme on le verra.

les écrits du 1'. Piny ressemblent par beaucoup de traits aux publications quiétistes qui sont absolu ment contemporaines. Les difficultés doctrinales qui lurent faites au quiétisme semblent bien avoir mis un terme à l'activité littéraire du P. Piny, soit en vertu de quelque injonction qui lui fut faite, soit par prudence de sa part. Ainsi, le P. Piny, qui avait commencé à publier, en 1675, alors que La guide spirituelle de Molinos rencontrait une extraordinaire faveur, s'arrêta dès l'arrestation de Molinos, en 1685.

Les écrits du P. Piny ressemblent d'ailleurs davantage aux écrits de Fénelon, postérieurs de quelques années, qu'au texte même de Molinos et surtout aux excès de laxisme dont le mystique aragonais fut soupçonné. Mais, au lieu d'être passé par l'imagination de Mme Guyon, l'apparent quiétisme du P. Piny s'était mûri et corrigé dans la méditation de l'orthodoxie de saint Thomas. Si, à l'analyse des diverses publications de Piny, nous aurons occasion de faire maints rapprochements de doctrines avec le quiétisme le plus strict, il ne faudra pas oublier non plus que Piny ne se donne pas comme disciple de Molinos, mais comme disciple de Tauler, à travers un auteur spirituel alors nouveau dans l'ordre de Saint-Dominique et qu'il conviendrait d'étudier d'une manière exhaustive, le P. Chardon. Cette considération nous donne à penser qu'on aurait tort d'étudier le quiétisme en général, et, à plus forte raison, le quiétisme français de la seconde moitié du xvne siècle, comme une famille d'esprits close. Cette famille appartient à une espèce plus large de mystiques de l'abandon à Dieu et du pur amour, espèce qui est l'aboutissement de genres divers dans tout un inonde de théologiens et d'auteurs spirituels.

Ce qui est sûr, c'est que cette mentalité de mystique de l'abandon à Dieu dans la théorie du pur amour rencontrait l'opposition d'une mentalité théologique à tendances plus classiques, plus s vertuistes ». Fénelon rencontra contre lui Bossuet. Dans l'ordre même de saint Dominique, les Chardon et les Piny seront en butte aux hostilités sourdes ou déclarées d'Antonin Massoulié et de ses amis. Massoulié écrivait des livres de spiritualité où il Insistait uniquement sur les traités des vertus selon saint Thomas d'Aquin. -L'homme atteignait à Dieu par une transposition, une conversion de son égoïsme dans l'ordre de la charité plutôt que par un suicide spirituel. Massoulié s'attaquera à Fénelon lui-même. Or, dès 1687. il faisait partie de la curie généralice des dominicains à Rome comme conseiller du nouveau supérieur général, maître Cloche. Malgré les protestations d'intérêt affectueux de ce dernier envers le P. Piny, le hardi mystique ne pouvait compter, en des temps devenus difficiles, sur l'appui dont il avait bénéficié jusque-là de la part du précédent maître général, le P. de Monroy.

Travaux de théologie mystique du P. Piny. L'ouvrage de Molinos. en 1675, s'intitulait : La guide spirituelle. La première publication du P. Piny, en 1676, à Lyon, s'intitule : Etat du pur amour ou conduite pour bientôt arriver à la perfection par le seul « Fiat ». dit el réitéré en toutes sortes d'occasions. Le pur amour fait que nous ne voulons avoir de vie qu'en Dieu. C'est la « voie d'abandon à Dieu ». Voici une maxime fondamentale de ce livre, p. 40 : « La perfection ne s'acquiert point tant en faisant comme en laissant faire. Le « faire », voilà, selon le P. Piny comme selon Molinos. l'ennemi de la vraie perfection. Mais le P. Piny n'y est pas en dehors de l'orthodoxie catholique car, comme le remarque finement H. Bremond au sujet de la doctrine « pinienne », Histoire du sentiment religieux en France, t. VIII : Métaphysique des saints, p. 104 : On ne veut jamais plus intensément, plus volontairement que lorsqu'on veut se laisser faire. Dans toute passivité impérée, il existe une activité d'autant plus vive

l'J.NY f ALEXANDRE

et d'autant plus profonde qu'elle est sous-jacente et première, à la manière d'une finalité continuée qui donne son ton à tout le reste, choisissant ses passivités comme ses moyens, les agréant .comme ses épisodes transitoires. Le P. Pirry est formel sur ce point important, p. 41 : « On fait beaucoup quand on approuve paisiblement l'impuissance où Dieu nous met parfois à ne pouvoir faire, comme de prier. > Ainsi, dès ce premier ouvrage, Piny transpose les doctrines floues et douteuses de Molinos, leur ôtant un caractère possible d'hétérodoxie. II se maintient dans une conception générale des choses qui, avec maintes variantes de détail, reste commune aux thomistes, aux jansénistes et aux plus modérés d'entre les quiétistes. A ce moment précis de l'histoire doctrinale, le pape Innocent XJ est fort peu ami des jésuites. Il penche en faveur des jansénistes, comme d'ailleurs les thomistes baiïésiens feront désormais. Piny va élaborer de nouvelles synthèses, au moins provisoires, de son mysticisme personnel.

Pour s'illustrer par un vivant exemple, la doctrine du « pur amour » n'a pas besoin de Mme Guyon. Tandis que celle-ci semble rédiger par sa conduite audacieuse la vie par excellence de la quiétiste intégrale, le P. Piny compose, en 1679, une Vie de la vénérable Mère Marie- Magdeleine de la Très-Sainte-Trinité, fondatrice de l'ordre de Notre-Dame de la Miséricorde. Ce lui est prétexte à exposer longuement la doctrine du « pur amour ». Il la donne en exemple, ne serait-ce que par la préface adressée à la Palatine. Cette princesse, comme beaucoup de dames de qualité, semble avoir bénéficié des conseils spirituels du P. Piny. Par la biographie de la Mère Marie-Madeleine, nous pouvons présumer que de tels conseils étaient nets et hardis. A la croire, nous ne pouvons refuser de nous laisser damner si tel est le bon vouloir du monarque divin. Cette situation casuistique (qui relève d'une psychologie théologiquement invraisemblable) ne fait pas plus peur au P. Piny qu'aux cjuiétistes stricts qui l'envisagent également, p. 441 : « L'amour est encore bien plus pur quand Dieu réduisant l'âme à voir son salut comme désespéré... ou du moins à ne rien voir sur quoi elle ose appuyer son espérance, on y demeure pourtant en paix. » Mais, à la différence des quiétistes hétérodoxes, Piny prend bien soin de préciser de nouveau, p. 461-462, qu'il ne s'agit pas, dans cet abandon de l'âme, d'une oisiveté mais d'une activité supérieure. Cet état reste un acte. Le P. Piny précise que s'il s'explique sur ce point, c'est contre « ceux qui improuvent cette manière d'oraison où l'âme, après s'être établie par un acte de foi en la présence de son Dieu... et s'être abandonnée par un acte ou sentiment du pur amour à sa toute sainte et adorable volonté pour être fait d'elle... selon son bon plaisir... ne pense plus qu'à demeurer, ainsi qu'une victime d'amour, dans cet état, en paix et en silence... » C'est que, en même temps qu'elle obtenait une grande vogue, l'oraison quiétiste rencontrait déjà d'ardents détracteurs.

Cependant l'élaboration d'un « quiétisme actif », si l'on peut ainsi dire, se poursuit dans l'esprit du P. Piny, et, au plus beau moment du quiétisme absolu, il publie l'opuscule qui est peut-être son chef-d'œuvre : La de/ du pur amour ou la manière et le secret pour aimer Dieu en souffrant et pour toujours aimer en toujours souffrant (1680). Mais s'agit-il seulement d'aimer Dieu rien qu'en souffrant, ne continue-t-on pas à l'aimer même en péchant? Les plus monstrueuses extrémités du quiétisme iraient jusque-là. Piny ne va pas si loin. Cependant, certaines équivoques de vocabulaire, dans sa Clef du pur amour, pouvaient étonner des esprits chagrins. Le mot « imperfection », p. 39 sq., tantôt peut vouloir dire péché véniel, tantôt peut se rapporter à une faiblesse non imputable moralement,

à ce qui serait en effel une épreuve envoyée par Dieu. D'où ce passage qui rend un son singulier: «Avec combien de charité Dieu supporte (l'âme) elle-même après ses cheutes si fréquentes dans l'imperfection; et comme elle ne doit pas se laisser aller à des impatiences et a perdre la paix et l'espérance quand les autres ne profiteraient pas sitôt de ses corrections; puisqu'ellemême quoy que maîtresse de ses volontés bien autrement que de celles des autres a pourtant tant de peine à se surmonter, à faire le bien qu'elle veut faire et s'empêcher de faire le mal qu'elle ne veut pas. Mais ce ne sont pas là les meilleurs fruits que nous pouvons tirer de nos imperfections, si tant est qu'elles nous crucifient et qu'elles nous soient devenues autant de sujets de croix; il y en a un autre qui est bien plus précieux, plus riche et plus salutaire et qui est celui du pur amour. » Il n'y a là rien de mal; mais était-il opportun de prêcher une doctrine que des âmes trop faciles pourraient ensuite rapprocher d'un laxisme à la manière de Molinos?

Il n'empêche qu'en 1683, pour deux nouvelles synthèses provisoires : L'oraison du cœur ou la manière de faire oraison parmi les distractions les plus crucifiantes de l'esprit; Le plus parfait ou des voies intérieures la plus glorifiante pour Dieu et la plus sanctifiante pour l'âme, Piny obtint encore les approbations chaleureuses de deux stricts théologiens dominicains : Goudin et Noël Alexandre. Il se rencontre pourtant dans Y Oraison du cœur... des formules hardies, p. 96 : » Laisser faire et consentir seulement à tout ce que Dieu fait en nous. » Il est vrai, p. 238-257, que toujours le laisserfaire est donné comme comportant une éminente activité spirituelle, profondément personnelle, un « exercice continuel », selon une expression qui n'était pas pour déplaire à l'école de saint Ignace. Le détachement de tout intérêt personnel à son propre salut, thèse caractéristique du pur amour quiétiste, est pourtant proposé nettement dans cette Oraison du cœur..., p. 159 : « La fidélité est bien plus grande lorsque, dans l'incertitude si nous sommes à Dieu avec assez de détachement de nous-même pour lui être un objet de joie, nous continuons pourtant à vouloir encore être sa joie 'sans oser penser qu'il doive être la nôtre. » Sans doute, cette attitude semble bien être pour le P. Piny humilité extrême plutôt qu'hérésie du pur amour. Le désespoir « pinien » suppose une espérance qu'on ne savoure pas, tout comme la passivité « pinienne » dont il est la conséquence suppose une activité foncière quoique latente. C'est ce que, en cette même année 1683, vient préciser l'opuscule Le plus parfait.... p. 343 : « Jamais notre éternité et l'affaire de notre salut éternel n'est plus sûre pour le moment où Dieu prononcera son arrêt que quand nous l'avons ainsi accepté amoureusement par avance », cet arrêt divin paraissant même à notre imagination comme une condamnation éternelle. Dans VOraison du cœur..., on voit assez que Piny sait ne pas oublier la métaphysique thomiste des vertus théologales. L'oraison sousjacente permanente d'amour de Dieu (que l'on pourra reprocher dans leurs équivoques aux quiétistes, ses contemporains) devient, chez le mystique dominicain, l'acte premier persistant. Vhabitus de la vertu de charité, p. 1-9. Nous rencontrons ici le terrain solide du Traité de l'amour de Dieu de saint François de Sales.

En 1684, le P. Piny publie une Retraite sur le pin amour ou pur abandon à la divine volonté, livre d'une vulgarisation qui trouve des audaces dans des tournures elliptiques, p. 359 : « La pieuse (âme) abandonne et sacrifie de si bon cœur à la divine volonté jusqu'à son éternité... »

En 1685 paraissent encore : Les trois différentes manières pour se rendre intérieurement Dieu présent, et La vie cachée ou pratiques intérieures cachées à l'homme

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