PISTOIE (SYNODE DE). CONVOCATION
sottu Leopoldo I. granduca di Toseana (1765-1790),
1 )cs lettres écrites par Ricci et des ailes de son administration, il est faeile de dégager ses thèses fondamentales, celles-là mêmes qu'il essaiera de faire triompher dans son synode diocésain et pi us tard, à Florence, dans les assemblées épiscopales qui devaient préparer \c concile national.
3° Le programme du dur de Toscane. Le 2 août 1785, le grand-duc Léopold envoya aux évêques toscans une lettre-circulaire qui lui avait été suggérée par Ricci. Les évêques devaient, au moins tous les deux ans, convoquer un synode diocésain, conjointement avec la classe respectable des curés, afin d'examiner les abus qui se sont introduits dans la discipline et d'y appliquer le remède nécessaire ». L'évèque de Fiesole, Mariani, convoqua, le premier, son synode, mais < en termes contradictoires qui tendent à dissuader les curés d'intervenir ». Aussi Ricci critiqua fort ce prélat et se brouilla avec lui, parce que l'évèque en question s'annonçait comme un souverain qui assemble ses sujets pour promulguer des lois qu'ils devront exécuter. Cet écrit artificieux contenait la quintessence de tous les principes scolastiques, tout l'esprit de domination de l'épiscopat et tout le fiel imaginable du fanatisme contre l'autorité souveraine qui se mêle de discuter les matières religieuses. » Ricci fit supprimer, par Léopold, ce mandement. « monument éternel d'ignorance et de fanatisme ». Lui se prépara à convoquer un vrai synode.
Mais, auparavant, le grand-duc fait paraître la fameuse Lettre-circulaire, du 26 janvier 1 786, adressée aux trois archevêques et aux quinze évêques de ses états, et accompagnée d'un grand ouvrage qu'il soumet à l'examen des évêques pour le bien de l'Église. A ce mémoire, l'évèque de Pistoie fit quelques corrections, mais le rapport de l'évèque arriva trop tard. Le secrétaire du grand-duc, Alberti, envoya la circulaire du prince qui accordait six mois de méditation aux cvêques, à qui il demandait une réponse franche et catégorique. Il voulait ensuite proposer les points au concile national, afin d'obtenir pour tout le grandduché une unité parfaite de doctrine et de discipline religieuse, en particulier pour les livres qui devraient servir à l'instruction des peuples. D'après le biographe, les points étaient presque extraits de V Ecclésiastique citoyen, publié en France.
Les Nouvelles ecclésiastiques accueillirent ce projet avec un enthousiasme délirant. Le duc désire que tous les évêques de ses états s'assemblent en synode au moins tous les deux ans, et cela doit commencer l'été prochain de 1780. Les curés, tant des villes que clés campagnes, doivent y assister, préférablement aux chanoines et autres bénéfleiers du diocèse. Un des principaux soins du synode sera de réformer les bréviaires et les missels et d'y supprimer les légendes fausses et erronées. L'Écriture sainte sera lue en ••ntier dans le cours de l'année. Il faudra restreindre le nombre des serments, dont beaucoup sont inutiles: on examinera s'il ne serait pas expédient d'administrer les sacrements en langue vulgaire et quelles sont, parmi les dispenses que Rome s'est réservées, celles qui sont une usurpation sur la juridiction des évêques. Il faudra fixer les auteurs qu'on étudiera dans les séminaires, et « toutes les études ecclésiastiques seront réglées selon la doctrine de saint Augustin ». Le duc propose ensuite ses vues et ses projets sur le titre d'ordination, sur l'âge compétent pour les divers ordres, sur les interstices et la durée des études nécessaires, sur les honoraires de messes, sur les bénéfices, sur les retraites ecclésiastiques, sur la prédication et sur les fonctions des prêtres, sur la suppression des oratoires privés, sur la tenue dis prêtres qui ne devront fréquen-
ter ni les théâtres, ni les cafés, ni les billards, ni les foires. Les évêques devront réglementer les fêtes, les expositions du Saint-Sacrement, les quarante heures, les neuvaines, la musique tant vocale qu'instrumentale. Dans les églises de campagne, on ne devra garder qu'un seul autel, sur lequel il y aura un crucifix et, tout au plus, le tableau du patron de l'Église et peutêtre aussi celui de la sainte Vierge. On ne devra dire qu'une seule messe à la fois dans une église: en dehors, il n'y aura que les processions de la bêle- Dieu et des Rogations et, dans l'enceinte de l'Église, les processions des Rameaux, du Saint-Sépulcre et de la Purification.
11 faut instruire le peuple sur la question des dévotions et le détourner des dévotions inutiles ou superstitieuses. Le mémoire ducal énumère ensuite les qualités du bon curé. Le prince pense qu'il serait bon que la messe fût dite lentement, à voix haute et intelligible. Les évêques pourront décider s'il conviendrait que ceux d'entre les fidèles qui connaissent le latin et comprennent ce qui se dit à la messe répondissent également à voixhaute. Le curé devra expliquerl'Évangile en quelques mots. L'après-midi du dimanche, on devra faire le catéchisme : le vicaire aux petits enfants et le curé aux adultes; on indique les ouvrages dont on devra s'inspirer pour cet enseignement, entre autres, on cite les Réflexions morales de Quesnel et l'Exposition de la doctrine chrétienne de Mésenguy. Tel est le résumé rapide des 57 articles, auxquels les évêques devaient répondre et sur lesquels ils délibérèrent à Florence.
II. Le synode de Pistoie. — /. CONVOCATION ET ouyertviie du synode. — Pour se conformer à la circulaire de Léopold. Ricci, par une lettre du 31 juillet 1786, convoqua son synode diocésain à Pistoie, pour le 18 septembre.
Dans cette lettre, l'évèque fait l'éloge du grand-duc et célèbre, à l'avance, les avantages du synode qu'il convoque. Contrairement à ce qu'avait dit l'évèque de Fiesole, il avertit ses curés qu'il ne veut s'arroger aucune domination sur eux; il ne veut point les obliger à jurer sur ses paroles, à souscrire aveuglément ses décisions et ordonnances épiscopales. 11 insiste sur les prérogatives et les droits des pasteurs du second ordre : » Nous devons concourir, tous ensemble, à former des lois générales pour le meilleur gouvernement du diocèse. La police doit en être réglée, du consentement unanime de tous les pasteurs, pour la gloire de Dieu, l'affermissement de la foi et le maintien de la saine morale. »
L'évèque s'applique à mettre en relief les prérogatives des curés : •< Me glorifiant de reconnaître l'institution divine des curés, je vous invite tous au synode... Je veux que les règlements que j'ai déjà faits pour le bien de l'Église, depuis le commencement de mon épiscopat, d'après ce que vous-mêmes m'avez suggéré et conseillé, dans les relations annuelles de l'état de vos églises, et conformément aux sages observations que vous avez faites en conséquence de ma lettre du 11 avril 1783, reçoivent de votre libre et commun suffrage, dans celte sainte assemblée, un plus grand degré d'autorité et de stabilité. » Le prélat fait remarquer que les mesures prises par le duc ont mérité les vœux et les félicitations de l'Église d'Utrecht; les évêques et le clergé de Hollande ont applaudi « aux vues pleines de religion, de sagesse et de modération qui ont dicté ce plan de réforme ecclésiastique ».
Ouverture du synode. — Le synode s'ouvrit le lundi 18 septembre par les cérémonies d'usage. L'évèque voulut qu'on fît revivre l'antique manière de résoudre les questions ■ ecclésiastiques par le consentement unanime de l'évèque et du presbytérium. Après les formalités habituelles du pontifical romain, un lecteur