‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 221 sur 437 · L. Cristiani · texte numérisé non relu

L. Cristiani

PITHOU, famille célèbre de jurisconsultes et de magistrats du xvic siècle, originaire de Normandie, mais établie en Champagne, a pour chef Pierre Pithou. Celui-ci eut quatre fils qui illustrèrent ce nom. Leurs écrits se rattachent à la théologie et à l'histoire et ont exercé une grande influence jusqu'à la fin du xvme siècle.

1. PIERRE PITHOU, le père (1496-1554), né en 1496, à Ervy, petite localité du bailliage de Troyes, fut un avocat distingué; il passa au calvinisme vers 1554 et éleva ses enfants dans la religion réformée : d'un premier mariage, il eut deux fils jumeaux : Jean et Nicolas, et d'un second mariage naquirent Pierre et François, tous célèbres. Pierre Pithou mourut à Troyes en 1554.

Il conserva les Œuvres de Salvien, que son fils Pierre édita en 1579, et quarante-deux constitutions des empereurs Théodose, Valentinien, Majorien et Anthémius, dont Cujas parle avec éloges dans l'épître dédicatoire du Code Justinien (1566). Ces constitutions, qui tracent le tableau de l'État et des mœurs à l'époque des invasions, furent éditées en 1571 par ses fils, François et Pierre, sous le titre : Imp, Theodosii, Valentiniani, Majoriani et Anlhemii nouellœ. constitutiones XLII, in-4°, Paris, 1571, et in-fol., Bàle, 1576.

Grosley, Vie de P. Pithou avec quelques mémoires sur son père et sur ses frères, 2 vol. in-12, t. i, Paris, 1756, p. 1-45; Haag, /.« France protestante, t. vm, p. 250-251 ; Et. Georges, Les illustres Champenois, in-8°, Troyes, 1849, p. 6-7.

2 et 3. JEAN ET NICOLAS PITHOU, frères jumeaux,

issus du premier mariage de Pierre Pithou, naquirent à Troyes, en 1524, furent tous deux élevés dans la religion protestante et durent se réfugier à Genève. Nicolas était avocat comme son père et il mourut en 1598, à Troyes, durant un voyage qu'il avait fait dans sa ville natale. Jean était médecin et il mourut à Lausanne, le 18 février 1602. Un de leurs biographes a écrit : « Ils se ressemblent exactement par la taille et par la physionomie, mais ils se ressemblent encore davantage par une entière conformité de goût, d'esprit, de volonté; une même âme semblait les animer. Ils habitèrent et vécurent ensemble; tous leurs biens étaient en commun; inséparables en France et dans les pays étrangers, dans leurs fréquentes transmigrations, dans leur séjour à la ville et à la campagne. » En qualité de fils aînés de Pierre Pithou, ils reçurent en héritage la très riche bibliothèque de leur père et conservèrent quelques travaux qui furent édités par leur frère plus jeune.

Jean Pithou a publié un Traité de la police et du gouvernement des républigues, in-8°, Lyon, 1550. Nicolas a publié des extraits des plus belles œuvres de saint Bernard, sous le titre : Thésaurus a monumentis D. Bcrnardi, Clarev. abbalis primi, non perfunctorie, sed onmi cura, diligentia et fide erutus, in-8°, Lyon, 1589, dédié à son frère. Les deux frères ont publié en collaboration, l'Institution du mariage chrétien, in-8°, Lyon, 1565. Ils célèbrent la grandeur et la dignité du mariage, mais l'esprit calviniste s'y manifeste en plusieurs endroits; au c. iv du I. Ier, on lit que la défense du mariage faite aux prêtres et autres est tyrannique et que le diable s'efforce, par là, d'obscurcir la dignité du mariage, et, au c. xxn, les deux frères approuvent les thèses protestantes sur cette -institution.

Nicolas Pithou a laissé deux manuscrits .qu'on trouve à la Bibliothèque nationale, collection Dupuy, ms. 698 et 940 : ils ont pour titres : Histoire ecclésiastique de l'Église prétendue réformée de la ville de Troyes, de la restauration du pur service de Dieu et de l'ancien ministère dans ladite Église jusqu'en l'an 1594 (ms. 698). C'est une histoire très partiale du calvinisme, où l'auteur s'étend fort longuement sur le massacre de Vassy. L'autre manuscrit (940) a pour titre : La discipline ecclésiastique des Églises réformées de France, c'est-à-dire l'ordre par lequel elles sont conduites, avec des notes et corrections autographes de Nicolas Pithoi', p. 5-70. Au ms. 104 de la même collection Dupuy, on trouve, fol. 10-12, 17-19, 24-25, des lettres écrites, de 1566 à 1573, par Théodore de Bèze à Nicolas Pithou.

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