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POLOGNK. SCIENCES SACRÉES, XIX* SIÈCLE

8° Sciences historiques. — Dans ce domaine, seule la connaissance des Pères de l'Église est moins bien représentée. Joseph Szpaderski (1820-1876), professeur à l'académie de Varsovie, écrivit un grand manuel, La connaissance des saints Pères, 2 vol., édité de façon assez négligente, après la mort de lauteur, à Cracovie, en 1879. Le professeur de l'académie de Pétersbourg, l'abbé André Retke, mentionné plus haut, publia un Palrologiœ compendium, Varsovie, 1889. Outre cela, il n'a paru, dans ce domaine, que quelques traductions polonaises des saints Pères. La publication de Varsovie : Mémoires religieux et moraux, 1841-1862, en contient un certain nombre.

Les autres branches du domaine de l'histoire ecclésiastique sont beaucoup plus largement représentées. A côté de maints ouvrages populaires parurent un assez grand nombre, d'oeuvres d'allure scientifique, monographies sur des questions et des personnes particulières, ayant quelque importance dans l'histoire ecclésiastique de Pologne. De même, les nombreuses éditions imprimées qui parurent des sources concernant l'histoire de l'Église, l'histoire de la théologie et l'histoire du droit canon en Pologne satisfont, d'ordinaire, aux exigences scientifiques. Mais il y a deux côtés faibles dans l'activité des historiens polonais du xixB siècle. En premier lieu, ils ne réussirent pas à donner un aperçu général et synthétique, de toute l'histoire ecclésiastique de Pologne. Ensuite, et c'est encore plus grave, les écrivains polonais ne franchirent presque point, dans leurs travaux, les frontières de leur pays. La Pologne ne collabora que très peu à l'œuvre générale concernant l'histoire de l'Église. Cet état de choses s'explique si l'on se rappelle ce que nous avons dit de la situation générale de la Pologne au xixe siècle. Le sentiment patriotique occupait tous les esprits et les détournait des autres questions, ne leur faisait envisager que les malheurs de la nation, son passé, son avenir.

Ouant aux auteurs, c'est Melchior Bulinski (1818- 1877), professeur à l'académie de Varsovie, puis au séminaire de Sandomierz, qui a essayé de présenter un aperçu de l'histoire de l'Église en général et de l'histoire de l'Église de Pologne en particulier. Il a publié une Histoire de l'Église catholique, 6 vol., Varsovie, 1860-1866, dans laquelle il présente les événements historiques jusqu'au concile de Trente (1563) et une Histoire de l'Église de Pologne, Varsovie, 1873-1874, où il va jusqu'à l'avènement du dernier roi polonais, Stanislas-Auguste Poniatowski (1764). Le premier de ces ouvrages est surtout fondé sur les Inslilutioncs historiée ecclesiaslicee Novi Fcederis, Pest, 1824, de l'abbé Jean-Nicolas Cherrier (1790-1862), un Français établi et enseignant en Hongrie. Bulinski a profité de cette œuvre en l'épurant de l'influence du joséphisme. Le second ouvrage s'appuie sur L'histoire et les lois de V Ég'ise polonaise (1793) du piariste Théodore Ostroski et elle en a les défauts. Bulinski a eu cependant le mérite de. susciter chez ses élèves une certaine ardeur au travail scientifique. Parmi ceux-ci, il faut mentionner comme ayant quelque mérite dans le domaine de l'histoire : Ignace Polkowski (1833-1888), directeur des archives diocésaines de Cracovie, auteur de quelques biographies, entre autres celle de Nicolas Copernic, Gniezno, 1873, ainsi que de Sources pour la biographie et pour les œuvres de Copernic, 3 vol., ibid., et d'une série d'articles et de courts traités de grande valeur scientifique; les deux frères mentionnés plus haut, Zenon et Stanislas Chodynski, tous deux professeurs au séminaire de Wloclawek, qui ont édité des actes du Saint-Siège concernant la Pologne, des décrétales de synodes provinciaux et diocésains et des sources pour l'histoire de leur diocèse de Cujavie. .11 faut encore citer Jean-A. Wadowski (1839-1907), ex-

dominicain, auteur d'une série d'ouvrages concernant le diocèse de Lublin : Les églises de Lublin, Cracovie, 1907, et le savant professeur de sciences bibliques, Ladislas Knapinski, mentionné plus haut, qui publia une série de traités historiques.

Ni l'université de Vilna, ni l'académie ecclésiastique qui lui succéda ne donnèrent des historiens de l'Église en dehors de l'archevêque Holowinski qui, cependant, ne s'occupa de l'histoire que de façon discontinue. L'cx-jésuite, Stanislas Szantyr (f vers 1840), qui prit ses grades à Vilna sans en être élève, est auteur d'un Recueil d'informations concernant l'Église et la religion catholique dans l'empire russe, de 1763 à 1S20, 2 vol., Poznan, 1843, dans lequel il a réuni de nombreux écrits et documents officiels, et qui donne à cette œuvre le caractère d'une source historique. L'académie de Pétersbourg fournit plusieurs historiens de l'Église, notamment : Mgr Ladislas Krynicki (1861-1926), professeur au séminaire de Wloclawek, plus tard évêque de Czestochowa, qui écrivit un manuel d'histoire ecclésiastique, basé sur des historiens allemands, à l'usage des séminaires : Histoire de l'Église universelle, Wloclawek, 1908, 1914, 1925, dernière édition revue et complétée par le rédemptoriste Ladislas Szoldrski, Mgr Ladislas Szczesniak (1858-1929), professeur au séminaire de Varsovie, puis coadjuteur dans cette ville, qui, en dehors de quelques ouvrages concernant les débuts du christianisme en Pologne, commença, à partir de 1902, à publier une Histoire de l'Église catholique. Découragé par une critique sévère, il se restreignit à 3 volumes allant jn qu'au Moyen Age. A l'académie même, l'histoire dt l'Église était enseignée d'abord par xMgr Boleslas Klopotowski (1848-1903), plus tard archevêque de Mohilôw qui, sans écrire luimême, encourageait les autres, et par Mgr Michel Godlewski (né en 1872), plus tard coadjuteur de Zytomierz, actuellement professeur à l'université de Cracovie, spécialiste de l'histoire ecclésiastique du xixe siècle en Pologne et en Russie. Il convient de mentionner encore ici Jean Kurczewski (né en 1854), professeur au séminaire de Vilna, epui fournit de nombreuses données sur l'histoire de l'Église en Lithuanie, dans une série d'articles, et découvrit de nombreuses sources historiques. L'actuel cardinal-archevêque de Varsovie, S. É. Mgr Alexandre Kakowski, né en 1864, mérite aussi une mention. Comme recteur du séminaire de Varsovie et, plus tard, de l'académie de Pétersbourg, il publia plusieurs œuvres relatives à l'histoire des lois ecclésiastiques en Pologne. Parmi les auteurs laïques, appartenant à l'annexion russe, il faut mentionner Julien Bartoszewicz (1821-1871), auteur de nombreux traités et d'articles de très grande valeur; Théodore Wierzbowski (1853-1910), professeur à l'université de Varsovie, auteur d'une monographie sur Christophe Warszewicki, mentionné plus haut, Varsovie, en russe, 1885, en polonais, 1887, et d'une monographie sur Jacques Uchanski, archevêque de Gniezno au xvie siècle, Varsovie, 1895; enfin, deux Russes contemporains de Wierzbowski : Nicolas Lubowicz, auteur d'une série de monographies sur l'histoire de la Réforme en Pologne, et P. Zukowicz, auteur d'un travail sur le cardinal Hosius.

Dans l'annexion autrichienne, il y eut aussi plusieurs auteurs laïques de mérite. L'un des premiers fut le comte Maurice Dzieduszycki (1813-1877) qui, sous le pseudonyme de Rychcicki, écrivit une vaste monographie : Pierre Skarga et son siècle, 2 vol., Cracovie, 1853-1854; 2e éd., 1868-1869. Ce même Dzieduszycki publia la monogiaphie du cardinal Zbigniew Olesnicki, 2 vol., Cracovie, 1854, et d'autres. Parmi les éditeurs de sources historiques, ce sont les professeurs de Cracovie, François Piekosinski et Boleslas Ulanowski, qui eurent le plus de mérite. Ils publièrent de

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nombreux documents) actes de synodes, do chapitres, de couvents. Bien des laïques des universités de Cracovie et de Lwôw contribuèrent plus ou moins à l'enrichissement de l'histoire ecclésiastique. 11 faut mentionner en particulier Ladislas Abraham (né en 1860), actuellement professeur de droit canonique à la faculté de droit de l'université de Lwôw, qui reçut de la faculté de théologie de la même université le titre de docteur en théologie honoris causa. Parmi les ecclésiastiques, il faut citer avant tout Jean Fijalek (né en 186-1). professeur d'histoire de l'Église, d'abord à Lwôw, puis à Cracovie, actuellement chanoine à Cracovie. Une érudition incomparable, une patience extraordinaire dans la recherche, une justesse et un courage remarquables dans l'affirmation des résultats mettent Fijalek à la tète de tous les historiens ecclésiastiques de Pologne. Il n'eut pas le temps de fournir un aperçu général de l'histoire de l'Église, mais, dans une très nombreuse série d'ouvrages plus ou moins considérables, il a établi maints faits historiques du Moyen Age et du xvie siècle. Sa plus grande œuvre est une monographie en 2 volumes du célèbre conciliariste de Cracovie du xve siècle, Jacques de Paradyz. Cracovie, 1900, où l'auteur expose le point de vue des théologiens de Pologne à l'époque du concile de Hàle. Outre l'abbé Fijalek, il faut encoro citer, parmi les historiens ecclésiastiques de l'annexion autrichienne, Mgr Louis Letowski (1786-18C9), coadjuteur de Cracovie, qui publia le Catalogue des évêques, prélats et chanoines de Cracovie, 4 vol., Cracovie, 1852- 1853; Ladislas Chotkowski (1843-1926), professeur d'histoire ecclésiastique à l'université de Cracovie, prédicateur connu, auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire de l'Église, celle des ordres religieux en Pologne et celle de l'union; Thadée Gromnicki (né en 1851), professeur à la faculté de théologie de Cracovie, auteur de plusieurs écrits et d'une œuvre plus vaste sur les apôtres des Slaves, les saints Cyrille et Méthoc.'e, Cracovie, 1880, et enfin Mgr Joseph Bilczewski (1860-1923), professeur à l'université de Lwôw et, plus tard, archevêque de cette ville, auteur de quelques ouvrâtes d'archéologie chrétienne : L'archéologie chrétienne en face de l'histoire de V Église et du dogme, Cracovie, 1890.

Parmi les historiens de l'annexion prussienne, la première place est due à Mgr Edouard Likowski (1836- 1915) qui fut, pendant de longues années, coadjuteur de Poznan et, vers la fin de sa vie, depuis 1914, archevêque de Gniezno-Poznan. Likowski fut l'un des bons historiens de l'union : Histoire de l'union de JJrzesc, Poznan, 1875; Varsovie, 1907; Histoire de l'Église uniale en Lilhuanie et en Rulhénie au XVIIe et au XVIIIe siècle, 2 vol., Varsovie, 1906. L'abbé Jean Korytkowski (1824-1888), plus âgé que Mgr Likowski, chanoine de Gniezno, entre autres ouvrages d'histoire, a publié : Les prélats et les chanoinrs du chapitre métropolitain de Gniezno, 4 vol., Gniezno, 1883, et un Catalogue des archevêques de Gniezno, Poznan, 1881. Il faut encore mentionner les auteurs suivants : Ignace YVarminski (1850-1909), professeur au séminaire de Poznan, qui a traité de l'histoire de la réforme en Pologne, et, spécialement de Jean Seklucjan le plus éminent représentant du luthéranisme au xvie siècle en Pologne, Pcznan, 1907; Camille Kantak, qui publia le t. i de l'Histoire de l'Église polonaise, depuis le Xe jusqu'au XIIe siècle, Dantzig-Poznan, 1912; Stanislas Kujot (1845-1914), qui a étudié le passé de l'Église en Poméranie polonaise, auteur de nombreux ouvrages. Parmi les historiens qui s'occupent de la vie des ordres religieux en Pologne, c'< st à Stanislas Zaleski (1843-1908), S. J., que revient la première place. En dehors de maints ouvrages de moindre envergure, Zaleski écrivit une apologie de la Compagnie, Les

jésuites ont-ils perdu la Pologne? Lwôw, 1872, 1874; Cracovie, 1883. Mais l'œuvre principale de Zaleski est le grand travail, en 11 volumes, Les jésuites en Pologne, Lwôw-Cracovie, 1900-1906. Cette œuvre de valeur, en dépit de certains défauts de méthode, contient une énorme quantité de données historiques pouvant servir à l'histoire de la nation polonaise et à celle de l'Eglise de Pologne. Parmi les travaux de ce genre, il faut mentionner l'Esquisse historique de l'ordre des frères prêcheurs, 1860-1863, œuvre du dominicain arménien-polonais Sadok Baracz (1814-1892) qui publia aussi des ouvrages concernant l'histoire des Arméniens en Pologne et l'Histoire de la congrégation de la Résurrection de Noire-Seigneur, 4 vol., Cracovie, 1892-1896, ouvrages du P. Paul Smolikowski (f 1926), général de cette congrégation. Quelques écrivains, qui s'occupèrent de l'histoire de la prédication en Pologne, restent à mentionner; outre Mgr Holowinski, dont l'Hcmilétique a été citée plus haut, il faut nommer Charles Mecherzynski, professeur laïque à l'université de Cracovie, qui écrivit l'Histoire de l'érudition en Pologne, 4 vol., Cracovie, 1856-1860; Mgr Krynicki, auteur du Verbe saint, Varsovie, 1906; Ladislas Jougan (né en 1855), professeur à Lwôw, auteur de maints petits traités concernant l'histoire de la prédication en Pologne; Mgr Pelczar, Esquisse historique de la prédication de l'Église catholique, 3 vol., Cracovie, 1896: Mgr Szlagowski, qui publia les discours de circonstances de Fabien Birkowski, O. P., célèbre prédicateur du xvne siècle, et y ajouta une vaste introduction, et quelques autres auteurs.

Parmi les historiens étrangers, il faut mentionner, le célèbre oratorien Augustin Theiner (1804-1874), qui a bien mérité de l'histoire ecclésiastique polonaise, en découvrant aux savants polonais les richesses des archives du Vatican, dans sa publication monumentale, Monumenta vêlera Polonise et Lilhuaniie historiam illuslranlia, 4 vol., in-fol., Rome, 1860-1865.

9° En ce qui concerne la théologie pastorale, nous mentionnerons : Joseph Krukowski, professeur à l'université de Cracovie, qui publia son œuvre à Lwôw, en 1869; Charles Debinski, Varsovie, 1914, et d'autres. Adam Kopycinski (1849-1910), professeur au séminaire de Tarnôw, écrivit un manuel précieux poulies confesseurs, Bu sacrement de pénitence, 4e édit.. 1883-1884, 1885, 1900, 1905. En outre, une foule de questions concernant la charge d'âmes ont été traitées clans les revues périodiques ecclésiastiques. Mgr Marian Fulman, né en 1866, actuellement évêque de Lublin, a de grands mérites dans ce domaine. Il fonda les Wiadomôsci paslerskie (« Informations pastorales »), publiées à Piotrkôw, 1905-1907, transformées en une Chronique du diocèse de Cujavie. Dans le domaine de la théorie de la prédication, il faut encore citer Krukowski mentionné plus haut : La prédication catholique^ Cracovie, 1877 ; François Ploszczynski, Modèles et exemples de prédication, Varsovie, 1877, et W. Galant, Méthode de l'enseignement catholique, Varsovie, 1911.

Le meilleur liturgiste de Pologne est l'évêque actuel de Plock, Mgr Antoine Nowowiejski (né en 1858), auteur de nombreux manuels liturgiques. Depuis 1893, il a publié à Varsovie une œuvre immense : Cours de liturgie de l'Église catholique; il s'est également intéressé à la musique d'église : Le chant liturgique, la musique et les chœurs de l'Église catholique, Varsovie, 1886. Le meilleur théoricien de la musique religieuse fut sans doute l'abbé Joseph Surzynski (1851-1919), professeur au séminaire de Poznan, auteur de nombreuses compositions musicales et d'oeuvres scientifiques : Monumnta musiese in Polonia, Poznan, 1 Nfs."> ; Année ecclésiastique (en polonais), Poznan, 1893: Magisier choralis, Ratisbonne, 1900; Directorium ehon, Poznan, 1883, 1892, etc.

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Ce n'est que vers le commencement du xxc siècle qu'apparut un assez vif mouvement dans le domaine de la sociologie chrétienne. Parmi les écrivains laïques, il faut mentionner ici, en premier lieu, Kdouard Jaroszynski, mort prématurément, Le catholicisme social,' 3 vol., Cracovie, 1908-191(1, et Léon Xlll et la démocratie chrétienne, Cracovie, 1900; ensuite, nous citerons H. Romanowski, Le solidarisme, Varsovie, 1909; Introduction à l'économie sociale et chrétienne, Varsovie, 1910; L'économie sociale, l'économie religieuse et la philosophie, ibid., 1911, etc.; le professeur de l'université de Lwôw, Léopold Caro, Études sociales, Cracovie, 1906; Nouvelles voies, 1907. Parmi les sociologues ecclésiastiques, il faut nommer avant tout Casimir Zimmermann (1874-1925), professeur à l'université de Cracovie, auteur d'une série de traités sociologiques. Puis Stanislas Zegarlinski (t 1918), Problèmes sociaux et moraux, Ire part, (seule parue) : Droit de propriété, Cracovie, 1911. Le dominicain Hyacinthe Woroniecki (né en 1874), qui écrivit l'Histoire de l'action sociale au XIX" siècle, Lublin, 1906; Antoine Szymanski (né en 1881), actuellement recteur de l'université catholique de Lublin, qui, depuis 1910, publia comme professeur au séminaire de Wloclawek plusieurs traités relatifs à l'action sociale chrétienne et à la politique sociale, et Alexandre Woycicki, né en 1878, actuellement professeur à l'université de Vilna, qui est l'auteur de plusieurs travaux concernant l'histoire du mouvement social chrétien.

VI. Conclusion. — L'époque contemporaine, qui commence avec la restauration de la Pologne, ne peut encore avoir d'histoire. La vie nationale de la Pologne ressuscitée, aussi bien que sa vie intellectuelle et que le mouvement scientilique religieux, se trouvent en pleine phase d'organisation. En ce qui concerne les écoles théologiques en Pologne contemporaine, l'état de choses se présente de la façon suivante : en dehors des séminaires qui existent dans tous les diocèses polonais et qui ont relevé leur niveau scientifique, en dehors d'établissements d'études organisés par presque tous les ordres religieux établis en Pologne, il y a quatre facultés théologiques dans les universités d'État; outre les anciennes facultés des universités de Cracovie et de Lwôw, deux facultés existent encore : l'une à Varsovie, depuis 1918, et l'autre à Vilna, depuis 1921. La cinquième université d'État de Pologne, celle de Poznan, ne possède pas de faculté de théologie, le cardinal Dalbor (t 1926), archevêque de Gniezno et de Poznan, n'ayant pas consenti à la transformation du séminaire de Poznan en faculté universitaire. En outre, l'université catholique de Lublin, fondée en 1918, possède, en dehors do la faculté de théologie, une faculté spéciale de droit canonique. Trois de ces facultés, notamment celle de Cracovie, de Lwôw et de Vilna, ont un ordinarium sludium theologiœ. Varsovie et Lublin ont pris pour modèle l'académie ecclésiastique de Pétersbourg et ne font que des cours complémentaires pour ceux qui ont terminé leur séminaire.

Le nombre des revues scientifiques et théologiques s'est considérablement accru. A côté des anciennes, de nouvelles se sont créées, notamment la Przeglad teologiczny{« Revue théologique »), depuis 1 919, à Lwôw, organe de la Société théologique de Pologne (depuis 1931, cette revue a pris le sous-titre de Colleclanea theologica); la Przeglad homilelijcznij (a Revue homilétique »), depuis 1923, à Kielce; Polonia sacra, à Cracovie; V École du Christ, organe des dominicains, paraissant à Lwôw; Mijslerium Christi, revue scientifique liturgique paraissant depuis 1929, à Cracovie. La publication intitulée Écrits des saints Pères de l'Église, en traduction polonaise, présente une grande importance. Elle paraît, à partir de 1924, à Poznan, sous

la direction de Z. Sajdak, professeur laïque de l'université de Poznan avec la collaboration de théologiens de profession. Sternbach, professeur laïque de philologie à l'université de Cracovie, publie également les œuvres de saint Grégoire de Nazianze. En outre, des documents concernant la Pologne et provenant des archives du Vatican, sont publiés, dans l'édition de Cracovie, Monumenla Polonue valicana. Des sociétés théologiques ont aussi été formées, en particulier, la Société théologique polonaise dont le siège est à Lwôw, et la Confédération des institutions théologiques de Pologne qui convoque des congrès tous les deux ans. De grands congrès des théologiens polonais ont eu lieu, à Lwôw, en 1928, et à Varsovie, en 1933. Ces congrès ont montré un progrès bien sensible dans le domaine du travail scientilique. En somme, un certain nombre de théologiens polonais se sont mis au travail avec ardeur, persévérance, dévouement, se rendant bien compte que, par suite de divers empêchements et de circonstances diverses, les sciences sacrées en Pologne n'ont pas encore atteint aujourd'hui le niveau auquel la théologie a pu déjà parvenir dans les autres États catholiques. C'est pourquoi chacun de ces travailleurs scientifiques se rend également compte de toute l'étendue de la tâche immense qui l'attend et se dit que c'est à lui que peuvent se rapporter les paroles adressées par l'ange à Élie : Grandis tibi restât via. III Reg., xix, 7.

Jusqu'à présent, nous ne possédons aucune monographie ni aucun article contenant l'ensemble de l'histoire des sciences sacrées en Pologne. En ce qui concerne les données bibliographiques, c'est Charles Estreicher (1827-1908), directeur de la bibliothèque universitaire de Cracovie, qui, à partir de 1870, s'est mis à publier une liste de l'ensemble des imprimés polonais. Cette publication ayant pour titre : Bibljografja polska (« Bibliographie polonaise »), contient, du t. i au t. vu, les écrits imprimés au xix° siècle selon l'ordre alphabétique; les t. vm-ix renferment la liste des imprimés du xve au xvme siècle, selon l'ordre chronologique; les t. x-xi contiennent les imprimés du xix» siècle selon l'ordre chronologique; et enfin les t.xnetsq. contiennent les imprimés du xv'au xvme siècle, selon l'ordre alphabétique; le t. xxn et dernier, publié par le successeur d'Estreiciicr, après la mort de ce dernier, contient la lettre S.

En outre, il y a des bibliographies partielles d'imprimés polonais. Estreicher lui-même a publié une Bibliographie polonaise de l'époque s' étendant entre le XV" et le XVI" siècle, en un volume, Cracovie, 1875, contenant seulement les noms des auteurs et les titres (en abrégé) dans l'ordre chronologique et dans l'ordre alphabétique. T. Wier/.bowski a l'ait paiaitre une bibliographie polonaise des XVe et xvie siècles, Varsovie, 1880-1894, 3 volumes. L'oeuvre de L. Finkel, professeur à l'université de Lwôw, Bibliographie de l'histoire de Pologne, Lwôw, 1891-1914, 3 vol. et 2 suppl., fournit de nombreuses sources pour l'histoire de l'Église. Une nouvelle édition de cette œuvre, complétée et remaniée, paraît depuis 1933.

Pour les auteurs jésuites polonais, en outre de la bibliographie de Sommervogel, il existe une bibliographie spéciale de Joseph Brown, Bibliothèque des écrivains polonais de la Compagnie de Jésus, Poznan, 1862.

Les catalogues des manuscrits dont certains sont imprimés se trouvent dans la plupart des bibliothèques polonaises, comme, par exemple, le catalogue de WisJicki des manusciils de la bibliothèque de l'université jagellonienne, Cracovie, 1877-1881, 2 vol., contenant une description des mss. depuis le n. 1 jusqu'au n. 4176 ; le catalogue de Ketrzynski, Catalogue de la bibliothèque de la fondation nationale du nom d'Ossolinslii, à Lwô'v, Lwôw, 1881-1880, 3 vol., etc. Les informations concernant toutes ces données bibliographiques sont contenues dans Théodore Wierzbowski, Vade mecum, manuel pour les éludes d'archives, 2e éd. complétée, Lwôw-Varsovie, 1926, dans Stanislas Ptaszycki, Encyclopédie des sciences auxiliaires de l'histoire et de la liltéràture polonaises, Lublin, 1921, et dans E. Chwalewik, Zbiory polskie (« Becueils polonais »), 2° éd., Varsovie, 1927.

Les données concernant l'état des sciences sacrées en Pologne sont éparses dans presque tous les manuels d'histoire de Pologne, d'histoire de la littérature et d'histoire de

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