‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 4)Chapitre 336 sur 437 · II. LES PREMIERS TEMPS DE I.'EtAT PONTIFICAL · texte numérisé non relu

II. LES PREMIERS TEMPS DE I.'EtAT PONTIFICAL

De Pépin le Bref et Charlemagne a Grégoire VII (vme-xie siècle). — Les donations de Pépin et de Charlemagne assuraient-elles au pape une indépendance politique absolue? Non pas, certes, mais seulement l'indépendance relative, la seule qu'il put désirer à cette époque. Le Saint-Siège, en effet, ne pouvait songer à un isolement splendide, alors qu'il avait à se défendre contre les entreprises des Grecs, les invasions des Lombards et, bientôt, des Sarrasins, ainsi que contre les surprises des seigneurs toscans et des ducs de Spolète. Il lui fallait une protection efficace, respectant l'autonomie du patrimoine de saint Pierre, sans avoir les inconvénients avérés de la domination byzantine. Le protectorat des Francs lui semblait répondre parfaitement à ce besoin; la collation du titre de patrice au roi Pépin et à ses fils, le couronnement de Charlemagne comme empereur d'Occident, l'investissant de Vadvocatie de l'Église, ce sont autant de gestes significatifs. Mais de saint Pierre et des mains de son successeur le nouveau césar, en recevant la couronne, reçoit des droits qui sont en quelque façon subordonnés au pouvoir spirituel. Jusqu'à quelles précisions, dans l'esprit des papes du vme siècle. s'élabore cette conception grandiose d'un Saint- Empire? Cf. Léon Levillain, Le couronnement impérial de Charlemagne, dans Rev. d'hist. de l'Égl. de Fr., t. xvin, 1932, p. 5-19.

Ce qui paraît certain, c'est que l'empereur carolingien reste le protecteur bienfaisant, mais lointain, des États de l'Église et du pontife romain. Il ne peut être formellement question, en effet, de rapports étroits et précis de vassal à suzerain. Ni la papauté, instruite par l'expérience de quatre siècles, n'y aurait consenti, ni le roi franc, ambitieux, certes, mais sincèrement religieux, n'y aurait voulu prétendre; et, du reste, le droit féodal s'ébauche à peine, en vertu duquel le suzerain choisira ou confirmera son feudataire, devra l'installer et pourra le déposer.

Il n'en demeure pas moins que la constitution du nouvel empire chrétien a des contours trop indécis. L'avenir en révélera bientôt les lacunes, et les papes ne tarderont pas à s'apercevoir que, réellement traités en vassaux, ils ont, en fait, de véritables suzerains.

1° Sous les Carolingiens (756-900). — Ce péril, Adrien Ier ne l'a-t-il pas déjà pressenti, alors que Charlemagne, n'étant encore que patrice des Romains, entendait exercer les droits d'un titre qui, à ses yeux, n'était pas seulement honorifique? Voir ici, art. Adrien Ier. t. i, col. 418-150. — Du moins, peut-on reconnaître que l'union intime entre le Saint-Siège et la famille carolingienne produisit, en général, d'heureux effets. Elle maintint à Rome une paix relative; elle y lit prédominer la force du droit, en protégeant l'indépendance du ministère apostolique. Sur la question du

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