I. DÉFINITION. — Une des plus anciennes définitions
srnlnstiques du baptême est celle de Hugues de Saint-
Vi ! r llaplismus est aqua abluendis criminibus san-
' ' /ler verbum Dei, « c'est l'eau sanctifiée par la
I 1 ■ Dieu pour effacer les péchés. » i)e saccajiientis, IL [Mil. VI, c. II, P. L., t. CLXxv, col. 443. Saint Thoiiias critique cette définition, parce que, dit-il, le baptême n'est pas quelque cho.se de permanent, mais un acte transitoire. Ce n'est pas l'eau qui fait le sacrement, mais l'ablution. Sum. tlteoL, III^, q. i.xvi, a. 1. D'après quelques théologiens, la doctrine de Hugues aurait été correcte et son expression, .seule, défectueuse. Voir .Suarez, De sacram., disp. XVIII, a. 1. Meilleure, en tout cas, est la définition d'un autre théologien de cette époque, disciple de Hugues : Immersio facta cum invocalione Trinitatis. Sumnia Sentent., tr. V, c. iv, P. L., t. ci.xxv, col. 129. Une autre définition qui se rapproche de celle-là, et qui a été longtemps classique, est celle de Pierre Lombard : Baptismus dicitur intinclio, id est abhitio corporis exterior, facta sub foi-ma prœscripta verborum. IV Sent., disl. III, P. L., t. cxcil, col. 843. Saint Thomas reproduit cette définition dans sa Somme tbéologique, loc. cit., et un grand nombre de scolasliques l'adoptent également. Duns Scot en donne une autre, qui mérite d'être citée, parce qu'elle est très explicite ; Baptismus est sacramenlum ablutionis animie a peccato consistens in ablutione liominis aliqualiler consentientis, fada in aqua ah alio abluente, cl in verbis certis simul ab eodem abluente cttm débita intenlione prolalis. IV Sent., dist. III. q. I, Opéra, Lyon, 1039, t. viii, p. 157. D'autres théologiens préfèrent définir le baptême par son genre prochain et sa différence spécifique : Sacramenlum regenerationis, ou encore sacramentum ad spiritualem regeneralionem /idelium institulum. Suarez, i)e sacramentis, disp. XVIII, a. 1. Enfin la plupart réunissent ou résument les di'finilions précédentes en une seule, qu'on peut formuler brièvement, avec le catéchisme du concile de Trente, part. II, c. il, n. 5 : Sacramentum regenerationis per aquam in verbo; ou, d'une façon plus explicite et plus complète : Sacramentum a Christo Domino institutum, in quo
JSAPTÈME DANS L'ÉGLISE LATINE DEPUIS LE YIIP' SIÈCLE 252
//(?/• ablutionem exteriorem corporis sub invocatione s(inctiBT7-initatis homospiritualiterregeneratur.Hurler, Tlieul. dogm. compend., Inspruck, 1891, t. m, p. 266. II. Institution. — La plupart des scolastiques ne s'ai'-. rélent pas à prouver en détail que le baptême est un .sacrement, ni qu'il a été institué directement par Jésus- Christ. Ils se contentent de reproduire, avec de sobres commentaires, les textes de l'Écriture et des Pères qui sont donné? plu? haut. Voir Baptême pans la saintk
pour cette -' li'ii'li' '|"i -t)"n. > m i ' i ■ . ■ mi xm-:
LOI et C.ir.c:ii\(.l-luN- \.-'- -r<.|.,.| i-|n. -, , -. |. l'.iv-;.
sont partai;e.s mii' [fpiMjuc Ar 1 m-i ilnii.-n An lipb'ini'. Nousallonsénumérer briéveiiii Ml. -^ l-n I ..nh - i lu himIm gique, les principales opiniuii- i|u il~ ^ ni ■ nu- -, • i niiindiquerons ensuite celle qui umi- par;iil I,i pin- pi-iluMn, 1" Opinions des scolastiques. — La question ne l'ul pas traitée ex professa avant le xiin siècle. Saint Bernard, répondant à Hugues de Saint-Victor, qui l'avait consulté sur l'.'pcnine île l'oliliirnlion du baptême, semble
supposer d:ill- -:i r t'i i- -| nr |r> ,.h|' .m-nl :i\:iil 'II- institué lors de l.in'iih n •{■ Ji-n- .i\r,- Xm^hI, m-, T,\irl. dehapt.,1' / .. I ' I WMi.ul. bi:;i -,|. Il Lml ,, m.ir.iuer cependant i|n, !■ -.nnl J.iil. iir /incl r-Un .iinni^'n irmii'' manière tuni i l.nl mml.iil.'. •[ IH' \\a\\<- r.. y., m/','.v.si,
que la qiir-liin il |i|i.ii|nf mi \,- l.qitc -I il.'.iiiu
obligatoire. Uu^ue.- de Saiul-Viclur laeuliunue le> divers sentiments qui ont été émis sur l'époque de l'institution; il est d'avis que le baptême fut d'abord mis en usage par le précurseur, puis par le Christ, ensuite par les disciples du Sauveur, afin qu'on s'iialiituàt peu à peu à cette pratique, car elle ne fut établie d'une manière universelle qu'au moment de la mission donnée aux apôtres par tout l'univers. De sacranieiHis, I. II. iiart. VI. e. iv, P. L.,.t. CLXXV, col. 4i9. Roland ILm^lin Me /- Sr„- Lenzen Rolands, édit. Gietl, Friboui n li i . i IS'.il. p. 199, tenait cette opinion comme plu- imnii 1 . < lie est encore soutenue par H. Schell, Kathulisclie Doquialih. Paderborn, 1893, t. m b, p. 450, Pierre Lombard croit que l'institution du sacrement eut lieu au moment du baptême de Jésus-Christ par le précurseur. IV Seul., dist. IV, P. L., t. cxcii, col. 845. Au xiil« siècle, Alexandre de Halès, Summa, part. IV, q. viii, m. ii, a. 3, Venise, 1576, t. iv, fol. 68, et .\lbert le Grand, IV Sent.., dist. III, a. 3, Opéra, Lyon, 1651, t. xvi, p. 39, veulent qu'on distingue plusieurs points de vue dans la question. D'après eux, Jésus-Christ aurait déterminé la matière du sacrement lors de son propre baptême; la forme, dans la mission qu'il donna à ses apôtres, Matth., xxviii, 19; la /in, dans son entretien avec Nicodème; la vertu, sur la croix, quand le sang et l'eau coulèrent de -nu cWr ; enfin Vrffcl saJrifiipn-, dans son discours d ,11 1 • n i,:- ij..'.lin,, M. lie.. \vi. Ile S.iiiil TIh'-
nlaS suit 1. ., ,:. n il l'i.lli' l.nliiliaed. Snnl. Ihri.l..
m», q. I.w: : . : lii|iail ,1ns thuhiiMes laduplnul
égalenienl. \ n IJln,:. Ile baptismo, diss. I, a. 2,
S 1. Le eai i ^ In I iieile de Trente l'accepte aussi
bien que Sy /.,,,•,,•, jure, 1. II, q. v, a. 4, Lyon, 158-2. p. ."i,. ,1 L..,ii, :, i.hipeus t/ieologisc thomisticse, :!<■ édit.. l'aris, IGtJll. t. v. p. 112. Duns Scot croit que le. ^acrement fut institué, non au baptême de Jésus-Christ, ni pninlanl -l n nnimlieii avec Xicodème, mais toutefois 'J ■ 1 MIS i|ir,in iini--;e préciser davantage
lilninii. I\ Sent., dist. III, q. iv, ". ' '■ Mil. I'. I.'^":. C'est aussi l'opinion
■'' . jneli|iies ailliez llléologiens modernes,
Ceux dr \\ ui/.l.,iuiy notaiinuenl, (jui inclinent cependant pour nue date niuins imprécise, en plaçant l'institution piuliulile du sacrement au moment où Jésus-
Christ envoya la première fois ses apôtres prêcher et baptiser en Palestine. Theol. Wirceburg., Paris, 1880, t. IX, p. 161. Voir aussi Einig, Tract, rie sacramcntis. Trêves, 1900, t. i, p. 53-54. Suarez admet que le baptême fut institué avant la passion , mais il a soin d'ajouter que ce n'est pas une vérité de foi, comme quelques-uns se l'imaginent : Solum est hœc sententia prohabilior et Scripturis conformior, et comniunis theologorum. De sacram., disp. XIX, sect. i, n. 4. Il croit aussi avec Duns Scot, qu'il n'est pas possible de pi.i I- r le moment de l'institution, et qu'il faut en emi .|ii lice interpréter l'opinion de saint Thomas de la iii.iiiinre suivante : Hanc sententiam asserentem Cliristum inslituisse sacranientum baptismi quando ipse baptizalus fuit, non esse in hoc rigore intelligendam... ut [baplismus] ex tune haberet suani signifiralioninn cl virtutem..., sed tune indicatam esse »?ia- I. 'ri, 1,11 ri frr, liant hujus sacramenti, et paulo post Il uriiiii nri-iiiiii vo vel facto vel verbis, vel utroque sniiul. h-mliilissi' C/iristuni hanc institutioncm. Ibid., sect. II. n. 1. Cette opinion, la même au fond que celle de Duns Scot, est adoptée par plusieurs théologiens ré- 'cents, entre autres Billot, De Ecclesix sacranicntis, 2» édit., Rome, 1896, t. i, p. 205, 206; Chr. Pesch, Prxlect. dogm., Fribourg-en-Brisgau, 1900, t. vi, p. 148. a» Conclusion. — Cette variété d'opinions que nous venons d'exposer indique bien que la question ne comporte pas de solution absolue. De fait, aucune d'elles ne peut invoquer en sa faveur des arguments décLsifs. —1. Les partisans de l'opinion qui place l'institution du baptême
après la résurrection fn n'était pas obligatoim tion définitive de It^ tecôte ; que le Sainl glorification de Jésu-.
toute sa vertu de la p être institué avant I nion que préfère S, toute cette qni -lion / menten dcr /.n' /,...-, P- ■
que le sacrement oit I e . p,,(|ue; que la fonda- I In. n' -nulement à la Pen- I : n I il |ias donné avant la I :! m s le baptême, tirant
.ni - ivniir, n'avait pas dû I 1 la croix. C'est l'opi-
|iii ' \puse fort nettement 1.1 lire L-un den heiligen Sacra- , Kirehe, Fribourg-en-Brisgau, 111 a répondu que l'obligation 'une loi est distincte de linstitution qui la crée; que les premiers fondements de l'Église existaient avant la passion de Jésus-Christ ; que l'effusion du Saint-Esprit dans toute sa plénitude avait eu lieu, il est vrai, à la Pentecôte, mais sans préjudice d'une effusion partielle antérieure; qu'enfin le baptême pouvait tirer sa vertu de la passion future de Jésus-Christ, et même de sa vie antérieure qui l'nt iin -nrrilice continuel. — 2. L'opinion qui veut cpi n' lit été institué lors de l'en-
tretien de I' n - il. me ne repose sur aucune
preuve coneluuii. \iiiii i hose est l'affirmation de la nécessité du baptême, et autre chose son institution. Il ne convenait pas d'ailleurs, ce semble, qu'un sacrement si important eût été institué pour ainsi dire en secret, dans un entretien nocturne où n'assistait qu'une < iil |ii i-onne, et qui n'avait aucune mission apostoln|iin. s,.|,;i„j, Coinnwntar ï(ber das Evang. des heit. .h.li.iiiiiin. Tubingue, 1885, p. 169. — 3. Soutenir que l'institution du sacrement eut lieu d'une façon partielle et successive, est une solution qui peut paraître ingénieuse au premier abord, mais qui n'est pas autre chose, au fond, que celle de la première opinion, puisque c'est la forme qui donne l'être définitif au sacrement, et que cette forme aurait été établie au même moment dans les deux systèmes, c'est-à-dire après la résurrection. — 4. L'opinion qui place l'institution du baptême au moment où Jésus-Christ envoya pour la première fois ses apôtres prêcher et baptiser dans la Palestine, est une simple hypothèse, vraisemblable si l'on veut, mais qui n'est prouvée ni par l'Écriture ni par la tradition. On peut en dire à peu près autant de l'opinion qui prétend que le baptême fut institué avant la passion, mais à une
liAPTKME DANS L'EGLISE LATINE DEPUIS LE VIII- SIÈCLE
date impossible à déterminer. Les Pères indiquent généralement quelque moment précis de la vie du Sauveur. — 5. Reste une dernière opinion, celle qui croit que le sacrement fut établi lors du baptême de Notre-Seigneur. Elle a un fondement incontestable dans l'Écriture, et surtout chez les Pères. Mais elle ne peut invoquer en sa faveur aucun argument décisif, et elle soulève même des objections qui ne sont pas sans importance. Voir Theol. Wirceburg., Paris, 1880, t. IX, p. 162 sq. C'est néanmoins l'opinion la plus probable, parce qu'elle repose sur les autorités les plus fortes. Le catéchisme du concile de Trente l'adopte sans hésitation, et conseille aux pasteurs de l'enseigner aux fidèles. Part. II, c. xix. Il importe seulement, selon la judicieuse remarque du savant Melcliior Cano qui traite la question en détail, de ne pas transformer en dogme proprement dit une opinion qui ne dépasse pas les limites de la probabilité. De lacis theol., 1. VIII, c. V, dans Migne, Cursus theologise, t. i, p. 517.
111. Matikiik. — Il faut distinguer la matière éloignée et la matière prochaine du sacrement.
1" Matière éloignée. — Les scolasliques sont unanimes à dire, après l'Écriture et les Pères, que la matière éloignée du baptême est l'eau naturelle. Les données scripturaires et traditionnelles sont trop catégoriques sur ce point, pour permettre aux théologiens une hésitation quelconque. S. Thomas, Sum. theol. , III», q. Lvi, a. 3, i. L'eau exigée comme matière valide du sacrement est toute espèce d'eau naturelle, qui mérite vraiment ce nom d'après l'estimation commune: l'eau de source, de rivière, de pluie, de mer, de glace ou de neige fondue, etc. Deux décisions pontificales du xiif siècle condamnent l'emploi de la bière et de la salive dans l'administration du sacrement. La première fut donnée par le pape Grégoire IX à un archevêque de Norvège, qui l'avait consulté sur la valiilil'- ilu l>ript.Mn<' que certaines personnes avaient conliiV il, m- -•>\i ili" cèse avec de la bière, parce qu'elles uDHiiiLii' ni d'i m Le pape lui répondit que ces baptéim^ . l,in ni nul- Haynaldi, Annal, eec/es., ann. 12il, ii. W. La seconde décision, portée par Innocent III, déclare également invalide le baptême que certaines personnes ignorantes avaient cru pouvoir cnnr'Ter avee de la salive : l'nxtii-
Dans la discipline actuelle de l'tglise, il faut se servir toujours, dans l'administration solennelle du baptême, et autant qu'on le peut dans la collation privée, au moins pour la licéité, de l'eau solennellement bénite les veilles de Pâques et de la Pentecôte, ou, à son défaut, de l'eau bénite suivant une formule plus courte du rituel. Plusieurs anciennes décisions du Saint-Oflice à ce sujet ont été publiées dans les Acta saurtiB sedis, Rome, 1892- 1893, t. XXV, p. 242, 245. Îi6, 2(it. Tout en maintenant ces prescriptions, les Congrégations romaines ont, à diverses reprises, permis aux missionnaires do conférer le baptême avec de l'eau naturelle seulement, à défaul deau bénite ou dans des cas de nécessité. Colleckanea .>. C. de Propaganda fide, n. 499-515.
2» Matière prochaine. — Elle consiste dans l'application de l'eau ou ablution, qui peut se faire de trois manières: par immersion, par infusinn el par aspersion. La plupart des tle''olii^i''n- .iiIhhM'iiI . n.riliiii.iii
que le baptême fut adiniMi-li. pir iiiiiii I i 1. .1.-
puisles tempsévangéli(iii' - jii-.iu ,in \i , n.n ii.
qu'on employa, du xiii" sitckau.w sutli. I uni,,, i.-,uu partielle du corps avec infusion sur la télé, et qu à partir du xv« siècle, l'infusion seule remplaça l'infusion accompagnée d'immersion. L'abbé Corblet a cru pouvoir contester ces faits dans son Histoire du sacrement de baptême, Paris, 1881. L'étude des textes et des monuments archéologiques l'a conduit aux conclusions suivantes pour l'Occident : « Du iv» au viip siècle, immersion partielle dans les baptistères, avec addition d'infusion. — Du vii= au XF siècle ; immersion verticale el complète des enfants dans les cuves. .\ elle époque et
dans tout le cours du moyen ài;r. | J. - Jn,-rs pour
le baptême des adultes qu'il niin' i-i ]■ il.le d'immerger dans le bassin des fonis. |iii\i ,111 iii siècle: iiiiinepsion horizontale et con]|il< i il m 1 i mes. ^-
\n\ MU' et xiv« siècles: tanhii i i,,ii r |il, !.■.
Kiniiii iiMiiiiTsion partielle accoiii|>,iL.n, i limi n, i,i-
ii-nenl infusion seule. — XV l'I \\1 -n i I , i,ii, iiiijil immersion complète, parfois immcrsien <\rr inlii-hm. le plus souvent infusion seule. — xvir . i wm . ,, un' de l'infusion seule; immersion conseix., |ii .pi .. ii.i~
et absrnliat
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encore, ipn
l'S cadrent bien.
Ilefele, Histoire i
IVconde la terre et est la luute végétation, de même
p. 20, --208, et Ugnibeue cité, ibid., noie, avaient ajouli' la grande facilité de se procurer l'eau, matière d'un sacrement nécessaire.
Queli|ii lin II Il f.)Ml laremanin.'eNiiresscWalafrid M I II II hii Hilies : .V(i/((»i/"iii antriii mm soluni merijciulu, i.,j,iini iliam desiiper fandendo, nniltos baptizatus fuisse, et adhiic passe ita baplizari si nécessitas sit... Hoc etiam solet evenire cum perfectiormn ijrandiias corporum in minoribus vasis hominem tingi „,u, i„n>inr. ne rébus ceci., .\xvi, P. L., t. cxiv, col. 'Il I un I -colastiques du XIIF siècle enseignent la Il I I iiino d'une façon plus didactique. Alexandre ,1, ll.ili. lal le premier à parler de l'infusion in pelvi vel sojpUu. Summa, part. IV, q. xill, m. IV, a. 1. Il cite plusieurs cas dans lesquels l'immersion n'est pas possible : lorsque la foule des néophytes est trop considérable, lorsque le prêtre n'a pas la force d'immerger l'enfant, rvl propter modicilatcm aqutc vel (/nia cimsuetudo est patriiv. Saint Thomas, examinant la question de savoir si l'immersion est nécessaire necessitate baplisDii, la résout dans le sens négatif, et reproduit ù peu près les mêmes arguments que Strabon. Il reconnaît d'ailleurs que la triple immersion est communior el
BAPTEME DANS L'EGLISE LATINE DEPUIS LE VIIL' SIÈCLE
laudabilior. Sum. theol., III», q. Lxvi, a. 7. Saint Bonaventure dit également qu'elle n'est pas de integritate baptismi, mais de congndtate. IV Sent., dist. III, part. II, a. 2, q. I, II. Parmi les différents motifs qui. légitiment ou exigent même l'emploi de l'infusion et de l'aspersion, saint Thomas en cite trois : le nombre considérable des personnes qu'il s'agit de baptiser; la pénurie d'eau, qui rend l'immersion impossible; la santé délicate de plusieurs personnes, que l'immersion ferait souffrir. /..)(•. rit. Ci- n'est qu'au xiv= siècle que l'Église
aaulori-' I min- :in même titre que l'immersion. Un
synod. •: l> i ; im en 1311, dit qu'on doit baptiser suli If " , ' '■' iinmersio/ie, c. xi. Cependant
un sjiioik (.11. l.ina.-,onu ordonnait encore en 1391 que, lorsqu'il y a danger de submersion. I, - .nrints soient tenus par les parrains et ne suiriii (|ih loi^m s, c. m.
On s'est demandé poui'i(iiùi h iilr lir 1 nniiiin'sion avait été peu :i |ioii .iliini.luin!.' .Ijh- I I -l\-r l,,iinr, ;i partir du Xll" .^livlr. Ccil.uii-. Ih-'i'hi-n'H- ri hhii'^ivloont invoqué coiimit' niriii pi ninii.il un, (pi. -1 Ir pudeur, surtout rL-lali\omL]a ju.\ lehiiucî, drpui.- la disparition des diaconesses. La vérité est que cette disparition a eu lieu aux \'-, vi' et vn« siècles, selon les différents pays, tandis que l'immersion a disparu beaucoup plus tard. D'autres ont cru que l'abandon de ce rite avait été motivé par la diminution du nombre des diacres qui aidaient le prêtre à plonger les catéchumènes dans le baptistère. Mais c'est encore là un anachronisme, car cette diminution s'est produite longtemps avant les premiers baptêmes solennels administrés par infusion. La véritable cause de cette transformation rituelle est plutôt, selon M. Corblet, la crainte fondée « de compromettre la santé des enfants nouveau-nés en les plongeant dans l'eau froide. Ce danger n'existait guère, alors qu'on ne baptisait qu'aux vigiles de Pâques et de la Pentecôte, époque où le soleil commence à chauffer l'atmosphère de ses rayons; d'ailleurs.sousce régime liturgique, la plupart des enfants qu'on présentait aux fonts étaient âgés de quelques mois ou du moins de qn- 1 pips >piii:unés, et pouvaient plus facilement supporiri ] impi- --h.n d'un bain froid. Il n'en fut plus de mém. . pu, uni m mit à baptiser les enfants quelques joursap^i■^ Lui nuisance, et à toutes les époques de l'année... L'n second motif qui dut faire renoncer à l'immersion, c'est la contamination de l'eau par des maladies de peau qui pouvaient se gagner, et par ces souillures qui firent donner à Constantin IV le surnom de Copronyme. L'impression de l'eau sur les enfants nus devait rendre assez fréquents des accidents de ce genre, et les théologiens ont du se demander en quel cas il fallait remplacer l'eau et procéder à ime nouvelle bénédiction des fonts ». Histoire du sacrement de baptême, Paris, 1881, t. i, p. 240-241.
Au reste, quelles qup soient le^: r;ii«on'; rpii aient déterminé ce changeijMiii dm- li di^nplm. -n-ramentelle du baptême, on in p, ni p,- , n im. un ^r^jef à l'Kglise romaine, sous pu i, .n- pu , ||. un ni niisi méconnu nil- ll.nlllnill IV ni ,111\ ;p,,,|,, - l.r lile de
l'imneTom .1 . Ir pi.iinper d e-1 mmi. ri m-.r.n.. prîtes aprl. -,r,r- . 11 Inil plh I, ,1-lllrll,-- rrri, -l.l-lnpir-
seulL-uuul, cl non lu Lail que pioiaul^aleuis d une institution divine; en d'autres termes, ce n'est pas une tradition divino-apostolique, s'imposant telle quelle à l'Église, mais une tradition apostolique pure et simple, qu'elle rP, ], p,,,i| ,ir niodiliri, >nr le- pl.unles du patriaiel, ,r ■ I ...1! I iiiriir-iir, / .,;,ves sepa-
rées.[\! :-:<:< ;,, -'.l'.in. I ,r:i nrl,),. . /.-rp/.sr ,y,vc(/«e-
orlli,ri,::, e.' r , ,„ , [\ai,. l'.iuu, t. 11, p. i:.-18. On a encore objecté que le baptême représentant, d'après saint Paul, la mort et la sépulture du Christ, devait être conféré par le rite qui rappelle le mieux ce souvenir, c'est-à-dire par immersion. Mais ce n'est là qu'une raison de convenance, qui ne peut pas contrebalancer des motifs d'ordre supérieur. Au reste, le symbolisme du
baptême apparaît suffisamment dans les autres mode» d'ablution, d'après saint Thomas : Figura septdturss Christi... in aliis modis baptizandi reprsesentatur aliquo modo, licet non ila expresse; nam qiiocumque modo fiai abbitio, corpus hominis vel aliqua pars ejus aquse supponitur, sicut corpus Christi suh terra ftiit positum. Sum. theol, III», q. lxvi, a. 7, ad 2»'».
Que le baptême soit conféré par immersion, ou par infusion et aspersion, plusieurs points sont à noter. L'ablution doit se faire sur la tête, parce que, dit saint Thomas, « c'est la principale partie du corps, celle où fonctionnent tous les sens, internes et externes, celle où se manifeste le plus l'activité de l'âme. » Sum. theol., 111% q. Lxvi, a. 7, ad 3""". Le baptême serait-il valide, si l'ablution était faite sur une autre partie notable du corps, par exemple la poitrine, le dos ou les épaules? Coiiiiiiiiiiissiiiia est sententia afiirmativa, dit saint Alplion-e de Liriiori, Theol. moral, I. VI, n. 107, Bas- -ino, I7',i;;. I. H, p. 189; et il invoque, entre autres, l'autiilr di Su. nez, qui dit à ce sujet : Si fiât ablulio in Miiyje/es, nu; :/i pectore, vel in liumeris, erit satis certa et indubilata materia. De sacram., disp. XX, secl. ii, n. 11. D'autres théologiens estiment que le baptême ainsi administré est douteux. Ballerini-Palmieri, Opus theologicum morale, Prato, 1893, t. iv, p. 540-544. Aussi, en pratique, tous les théologiens s'accordent à dire qu'il faut rebaptiser sous condition en pareil cas. C'est la recommandation expresse du rituel romain, quand une nécessil' ui o ni lu. ■:, baptiser un enfant qui n'est pas encore ermpl. i iirni -orti du sein maternel. Si infans caput fnii>r,ii cl jiriuidum mortis imniineat, baptizetur tn captte, nec ptistea, si vivus evaserit, erit iterum baptizandus. At si aliud niembrum emiserit, quod vitalem indicet 7notum, in illo, si periculum impendeal, baptizetur, et tune, si natus vixerit, erit sub conditione baptizandus. Le 8 novembre 1770, le Saint- Office a autorisé des missionnaires à baptiser les enfants en faisant couler l'eau salteni per aliquod princeps corporis pueri membrum, quand on ne pouvait le faire per caput et dans le cas de nécessité seulement. Il ordonne de renouveler le baptême sous condition, lorsque les enfants ainsi baptisés survivent. Acta sanclx sedis, Rome, 1892-1893, t. xxv, p. 244-245. Le 27 mai 1671, il avait déjà pris cette décision : Si sit certum quod quis sic fuerit baptizatus ut aqua nullo modo partem corporis principalem, sed vestes tantuni tetigerit, is est nbsolute baptizandus ; si vera sit dubium probabile quod tetigerit, est sub conditione iteruni baptizandus. Ibid., p. 256. A plus forte raison, le baptême serait-il très douteux, si l'eau n'était versée que sur les doigts ou sur les cheveux de l'enfant. Pesch, Prsslectiones dogmaticse, Fribourg-en-Brisgau, 1900, t. vi, Ve baptismo, p. 153-154. On demanda à Rome, il y a quelques années, ce qu'il fallait penser du baptême conféré per moduni unctioins in fronte cum }mllice in aqua baptismali madefacto, et comment il fallait agir pratiquement vis-à-vis des personnes ainsi baptisées. La S. C. du Saint-Office fit la réponse suivante (14 décembre 1898) : Curandum ut iterum baptizentur privalim sub cotiditione, adhibita sola ntateria cum forma, absqtie cxremoniis, et ad mentent. Canoniste contemporain, mai 1899, p. 299. La même Congrégation avait donné une réponse semblable le 25 août 1889. Muller, Theologia nioralis, Vienne, 1895, t. m, p. 169. — Quant au nombre des ablutions, les scolastiques enseignent, après les Pères, qu'il est indifférent pour la validité du baptême. Alcuin est peut-être le seul qui considère les trois immersions comme essentielles. P. L., t. c, col. 289, 342. Le concile de Worms (868) trancha la question d'une manière définitive, en déclarant que le baptême était également valide avec une ou trois immersions, les trois étant faites en considération des trois personnes divines, et l'unique étant faite à cause de l'unité de substance.
i;aptème dans L'église latine depuis le viii siècle
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Labbe, Concil., t. vin, p. 946. Roland Bandinelli et Ognibene, Die Sentenzen Rolands, êdit. Giell, p. 210, disent qu'une seule immersion serait invalide dans le cas seulement où elle serait pratiquée pour introduire une erreur. Ils disent qu'une seule est suffisante et que le poché est remis après la première. Saint Thomas ajoute que la triple ablution est requise pour la licéilé du sacrement : Graviter peccaret aliter baptizans, quasi rituin Ecclesix non observons; niliilominus lamen esset baptiumus. Siim. theol., III», q. Lxvi, a. 8. Scot, hi IV Seul., dist. III, q. Ii, Opéra, Paris, 1894, t. xvi, p. -288, après Pierre Lombard, ibitL, P. L., t. cxcil, col. 109-2, dit que l'Église romaine permet une ou trois innnersions et qu'il faut suivre la coutume des églises particulières.
IV. Forme. — La forme ou formule usitée dans l'Église latine est celle-ci : Ego le baptizo in nonnne Patris, et Fi'iii, et Spiritiis Sancti. Les scolastiques se posent à ce sujet quatre questions : 1» Le baptême serait-il valide, si l'on n'exprimait pas dans la formule l'action même de baptiser : Ego tebaptizof 2° Serait-il valide, si l'on ne mentionnait pas successivement le nom de chacune des trois personnes divines? 3» Que faut-il penser du baptême conféré in nomine Jesw? 4" Peut-on et doit-on quelquefois employer la forme conditionnelle?
1» Les mots te baptizo (ou la formule équivalente des grecs) sont essentiels à la formule. — Au xil" siècle, en Auvergne, certains fidèles prirent l'habitude de baptiser les enfants en danger de mort, sans prononcer les mots Ego le baplizo. L'évéque de Clermonl, nornmé Ponce, consulta à ce sujet Maurice, évéque de Paris, et Etienne, abbé de Saint-Euverte d'Orléans, devenu plus tard évêque de Tournai : Vlrmn istud (quod undeiare rocani) sil baptismus? Le premier, invoquant d'une façon générale le témoignage des Pères, répondit que ce baptême était nul, à cause de l'importance essentielle des mots supprimés : Tanla est horum verborum vivacitas,ut nihil immutari,nihil innnvarioporleat. P. L., t. ccxi, col. 313. Etienne soutint l'opinion contraire, en disant que les premiers mots de la formule sont de solemnitate ministerii, non de subslantia sacramenti. D'après lui, ni l'Écriture, ni les Pères, dont il cite plusieurs passades, ne pn-seAtent ces mots comme nécessaires; et il faut se garder de damner les nombreux enfants qui ont été ondojés par des laïques ignorants avec la formule suivante : En nome Patres, et Files, et Esperiles saules. Epist., v, P. L., t. ccxi, col. 314 sq. Les théologiens de l'époque intervinrent dans la question, sans pouvoir s'entendre davantage. Il fallut une décision de Rome pour trancher la controverse. Le pape Alexandre III déclara que le baptême était invalide, si l'on ne prononçait pas la première moitié de la formule : Si quis puerum 1er in aqua immerserit in nomine Patris, et Filii, et Spirilus Sancli, Amen, et non di:rerit : Ego baptizo te in nomine Patris, el Filii, et Spirilus Sancti, Amen, non est puer baplizalus. Denzinger, Enchiridion, n. 331. Voir t. i, col. 718. Cette décision du pape ne semble pas avoir été- connue de tous les scolastiques avant le milieu du xiil» siècle, quand fut publiée sous Grégoire IX la première collection des décrétalos. Albert le Grand n'en parle pas encore dans son Conimentaire sur les Sentences. Aussi n'est-il pas très affirmatif sur la nécessité absolue des mots Te baptizo. Il regarde cette nécessité comme plus probable, mais il constate que l'opinion contraire est celle d'un grand nombre. Quoad inslitulionem Ecclesiœ dicunt niuUi jHod verbitm ii.U'Tizo est de forma..., scd ego puto vertus quod est de foitna secund um necessitalcm, lia quod si dimitliturnon sil baptizatus qui baplizalur. 1 V Sent., dist. III, a. 2, Opéra, Lyon, Itiôl, t. xvi, p. ;i6. .Mais Alexandre de Ilalès connaît la décrétale du pape et y conforme son enseignement. Summa, part. IV, q. viit, m. iri, a. 3, Venise, l.'j?."), I. iv, fol. 73. Saint ïho-
DICT. DE Tlltol.. CATHOL.
traire, dans son Com, in administratione c. XVI, n. 21 sq., Anv.
soutenue comme th. ■ jgustin François I
mas la cite à son tour, et en donne en mémo temps la raison théologique. (?i(ia ab/iiJio hominis in aquapropler multa fieri polest, oporlet quod delerminetur in verbis fo)-ntsead quid fiât, quod quidem non jilper hoc quod dicilur : In nomine Patris..., quia omnia in lali nomine facere debemus, ul liabelur, Col., m. Et ideo si nonexprimaturaclusbaplismivelpermodum nostrum vel per modum grœcorum, non perficilur sacramentum. Sum. theol., III», q. LX.VI, a. 5, ad 2"'". Saint Bonaventure connaît aussi la décision pontificale, et la justifie également. IV Sent., dist. III, part. II, a. 2, q. i. A partir de cette époque, tous les théologiens, deux ou trois exceptés, sont unanimes à enseigner cette doctrine. Le concile de Florence, Décret, ad Armen., lui donna une nouvelle force par la déclaration suivante : Si eocprimitur aclus qui per ipsum exercetur ministrum, cum sanclee Tnnitatis invocalione, perficilur sacramentum [baplismi]. Denzinger.n. 591. L'oratorien Jean Morin se montra néanmoins favorable à l'opinion con- )U'nlarius fiistoricus de disciplina ,.,' ,.r,, .„'; i.,,.;ienliœ, I. VIII, i- il -J 'I iii.-). Elle fut même
I J I avril 1677, par
ai jciiutî. Mi 'Gloires pour servir
l'histoire littéraire des dijc-sept provinces des Pays- Bas, Louvain, 1770, t. xviii, p. 92. Rome intervint de nouveau, et le pape Alexandre VIII condamna la proposition suivante : Valuil aliquando baptismus sub hac forma collatus ; In nomine Patris, etc., prxtennissis illis : Ego le baplizo. Voir Alex.\ndre VlU (Proposition.i condamnées par), t. i, col. 760. Il est donc absolument nécessaire, pour la validité du sacrement, que le ministre exprime dans la formule l'acte qu'il accomplit. Suarez regarde cette doctrine comme étant de foi. De sacramentis, disp. XXI, sect. n, n. 1. Le 23 juin 18iO, le Saint-Office a déclaré invalide la forme suivante : Ego volo ministrare tibi sacranientum baplismi peccatorum in nomine, etc. Acta sanclx sedis, t. xxv,p. 246. Cf. Co/leclanea S. C. de Propaganda fide, n. 525.
Mais l'action du ministre étant suffisamment exprimée par les mots Te baptizo, l'emploi du pronom ego n'est pas indispensable. Quod additur ego in forma nostra non est de subslantia formœ, sed ponitur ad majorent expressionem intentionis. S. Thomas, Sum. theol., III», q. Lxvi, a. 5, ad l""". Cependant, dans beaucoup de langues modernes, par exemple en français, le pronom yedoit être exprimé; autrement, la phrase n'aurait pas de sens ou serait équivoque. L'omission du mot qui indique le sujet. Te en latin ou Sei-vus Dei N. chez les Grecs, rendrait le baptême invalide, d'après la doctrine commune, parce que la mention de la personnalité du sujet est nécessaire. Sans elle, la formule Ego baptizo n'aurait pas une signification suffisamment déterminée et pratique. Suarez, loc. cit., n. 6; Billuart, Summa, etc., De baptismo, diss. I, a. 4, S 4. La S. C. de la Propagande, consultée sur un cas de ce genre, a répondu, le 11 septembre 1841, que l'omission du pronom Te entraînait la nullité du baptême. Culh'ctanea S. C. de Propaganda fide, n. 526.
Les scolastiques se sont demandé à ce propos quelle était la valeur de la formule suivante employée par les Grecs : Le se>-vileur de Dieu N... est baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. C'est bien à tort qu'on leur a attribué de baptiser avec la formule déprécatoire : Que le sei-vileur de Dieu N... soit baptisé, 3a7tTi!;é.i0û). Il est reconnu aujourd'hui que leurs livres liturgiques ne l'ont jamais contenue. Kraus, Realencychpâdie der christl. Altertïimer, Fribourg-on-Brisgau, 1886, t. n, p. 828. Mais la plupart des scolastiques du moyen âge, peu au courant.4lc la langue et dos usages grecs, ont cru qu'ils se servaient de celte formule déprécatoire. De là, sans doute, le peu de confiance i|n'elle inspirait à (pielques-uns d'entre eux. Albert le Grand.