‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 146 sur 741 · BAPTÊME (SORT DES ENFANTS MORTS SANS) — BAPTISTE DE SALE 37S · texte numérisé non relu

BAPTÊME (SORT DES ENFANTS MORTS SANS) — BAPTISTE DE SALE 37S

ment naturel. » Didiot, Morts sans baplème, Lille, 1896, p. 98-100, 125-126.

3' objection. — Dieu est injuste, dit-on, d'appeler à l'existence des enfants qui n'ont même pas la possibilité de se sauver, et qui sont fatalement destines à la damnation éternelle. — Réponse. Si l'on entend par damnation les peines afllictives de l'enfer, même aussi mitigées que possible, j'accorde volontiers que l'objection est insoluble : ut c'est là précisément la grande raison qui milite contre la doctrine augustinienne. Mais si par damnation éternelle des enfants morts sans baptême on entend simplement, comme on peut et comme on doit le faire, l'exclusion de la vision béatifique, c'est-à-dire la privation d'un bien qui surpasse infiniment les exigences et les aspirations de toute créature, mais non la privation des biens naturels des limbes qui assurent à ces enfants un si large bonheur, Dieu ne saurait vraiment être taxé d'injustice, parce qu'il n'accorde pas à tous ce qu'il ne doit à personne. Maître absolu de sa gloire, il a le droit d'y mettre les conditions qu'il lui plaît. Or, au premier rang de ces conditions, il a mis le concours de la liberté humaine et le fonctionnement normal des causes secondes en général. Il aurait pu, sans doute, se passer du concours de notre liberté, et intervenir dii-ectement lui-même pour préserver de tout accident mortel les enfants non baptisés. Mais il n'a pas jugé à propos, pour des raisons très sages, de changer le cours normal des choses, et de bouleverser sans cesse, à coups de miracles, le gouvernement régulier de sa providence générale. Ne devant les joies du ciel à personne, il est libre de les donner à qui lui plaît et comme il lui plaît. Après tout, d'ailleurs, les enfants morts sans baptême jouissent d'un bonheur qui n'est pas à dédaigner.

et qui mérite une vraie i 5« objection. — La lioi que sa justice, est im^ avec la doctrine catbMlni nous enseigne que Ihi hommes, et que J.-C. esl

laissance.

Oien, dit-on, plus encore M' Jjii- le cas présent, iiiir [iiii, en effet, la foi iil N siilut de tous les t pour tous; d'autre part,

les faits quotidiens nous montrent plusieurs enfants visiblement exclus de la règle, puisqu'ils sont dans l'impossibilité matérielle de bénéficier de la rédemption. — Réponse. Que les enfants morts sans baptême échappent à la règle générale, c'est un fait incontestable ; mais que Dieu soit responsable de cet accident, soit parce qu'il a voulu créer une exception à la loi de la rédemption universelle, soit parce qu'il serait tenu de procurer à tout prix le salut éternel des enfants en question, c'est là une affirmation insoutenable. Dieu veut sincèrement le salut des enfants comme des adultes, mais.à la condition, nous l'avons dit plus haut, que les hommes et les causes secondes en général lui prêtentleur concours. Voir Franzelin, Tractalus de l)eo iino secunduvi naturam, th. LUI, 2= édil., Rome, 1876, p. 547-560. S'il y a, par exemple, faute ou négligence de la part des parents ou d'autres personnes, il est clair que Dieu n'est tenu à aucun titre de parer aux suites de ces négligences par une intervention miraculeuse. Or, certains théologiens n'hésitent pas à dire que la mort prématurée des enfants est toujours le résultat d'une faute de ce genre. Mais nous reconnaissons volontiers que cette opinion est peu probable, parce qu'elle est à la fois cruelle pour les parents chrétiens, contraire au sentiment commun des fidèles, et en contradiction avec les faits d'expérience, qui nous montreut souvent les enfants victimes d'accidents dus, en apparence tout au moins, au seul jeu des causes naturelles, sans que la responsabilité individuelle paraisse engagée. C'est là précisément que gît la grosse difficulté de la question. On a proposé différentes solutions au problème. 3'oir, entre autres, le système du P. Straub dans les Éludes religieuses, Paris, 1888, p. 5-26-51-7. Franzelin, loc. cit., dit que Dieu ne veut pas directement les effets par lesquels les causes secondes, morales

ou physiques, empêchent l'administration du baptême à ces enfants, il les permet seulement. Sa volonté d'appliquer à tous les enfants, qui meurent sans avoir reçu le baptême, les mérites de Jésus-Christ que leur conférait le baptême, est antécédente à la prévision des obstacles que les causes secondes opposeront à l'administration du sacrement. Quant il a prévu ces obstacles, il permet que l'ordre naturel ait son cours régulier et que par suite ces enfants meurent sans baptême. L'explication la plus rationnelle et la plus vraisemblable nous paraît être celle que l'abbé J.-B. .laugey a exposée dans la Science catholique, i888, t. ii, p. 390-396. D'après lui. Dieu accorde à tous les hommes une somme de grâces actuelles, destinées à diriger leurs déterminations libres, telle que, en toute hypothèse, même celle des accidents les plus imprévus et les plus fortuits en apparence, elle suffirait largement à empêcher la mort prématurée des enfants, si cette grâce était utilisée comme il faut. A ceux qui n'utilisent pas volontairement ces grâces, et à eux seuls, incombe donc la responsabilité de la mort des enfants sans baptême. « Supposons, dit l'abbé Jaugey, que Dieu ait disposé les grâces actuelles, destinées à diriger les hommes dans leurs actes libres, de manière à prévenir toute mort prématurée d'enfant; considérons ensuite que l'homme a conscience, lorsqu'il résiste à l'impulsion des grâces actuelles, de ne pas faire tout ce que Dieu demande de lui pour le parfait accomplissement de sa divine volonté, et alors l'explication du mystère de la mort prématurée des enfants se présentera sous un jour nouveau. En effet, puisque le salut des enfants est attaché, d'après les décrets divins, à l'accomplissement de la volonté divine que l'homme refuse de réaliser, c'est la volonté de ce dernier qui cause librement la mort éternelle des enfants morts sans baptême. Il est vrai qu'en résistant à la grâce actuelle, l'homme ne prévoit pas que sa résistance aura cet effet particulier : la mort prématurée d'un enfant; mais il prévoit d'une manière générale qu'elle aura pour résultat d'empêcher, par omission, un bien qui était dans les desseins de Dieu, un accroissement désiré de sa gloire qui pouvait consister dans le salut éternel de tefou tel enfant. Cette intention vague, mais réelle, de ne pas coopérer aux desseins de Dieu ne suffit-elle pas pour que le non-accomplissement de la volonté divine par rapport au salut des enfants soit imputable à l'action de la liberté humaine? » Loc. cit., p. 395-396. Cette explication, sans doute, n'est qu'une hypothèse, mais c'est une hypothèse rationnelle et qui satisfait bien aux conditions du problème à résoudre. Elle ne supprime pas, bien entendu, toute difficulté, puisqu'il s'agit, au fond, d'une question très mystérieuse, celle de l'inégale distribution de la grâce, dont Dieu s'est réservé le secret. Néanmoins, telle qu'on vient de l'exposer, elle peut aider l'apologiste à venger la providence des attaques imméritées dont elle est souvent l'objet.

Bolgeni, Stato rie" bambini morti senza battesimo, 2 in-8', Rome, 1824; De Rubeis, De peccato originati, c. LXxrv, Venise, 1757; Perrone, Prxiectiones théologien, Paris, 1852, t. I, p. 872- 883, 451-452, 1382-1386; Palmicri, Triiclatii.': de Deo créante et e/eraHre.Rome,1878,p.64!i-t'.n-Mn7'r|b,f>'P.'...-,-..niircnome, 1880, p. 755-764; Méric, /,-. .' ■ ,■ " ' ' s,.,,„s,,(„Vi(é

/jumaine, Paris, 1885, p. 1."" .' r I / , s .ir.jmu-

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BAPTISTA Jean, médecin juif converti au catholicisme, vivait au xv» siècle. Son ouvrage De confutatione hebraicse sectse, d'abord écrit en hébreu, fut ensuite traduit en latin et publié à Strasbourg, in-i», 1500. Hœfer, Nouvelle biographie universelle, Paris, 1853, t. n.

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