‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 158 sur 741 · BARDESANE · texte numérisé non relu

BARDESANE

d'accord avec toi, si elles ne nous plaisent pas, nécessité nous sera de t'en montrer la cause... » P. 28. Les interruptions ne sont pour ainsi dire que des transitions qui servent à passer d'un sujet au suivant ou d'un sujet principal à ses subdivisions et aux objections. Il s'agit de déterminer la cause du mal et de montrer que « c'est avec justice que l'homme sera jugé au dernier jour », p. 43, sur le bien et le mal qu'il aura fait en ce monde. Le mal physique dépend des astres. « Dans tous les pays il y a des riches et des pauvres, des chefs et des sujets, des hommes sains et des malades, car cela arrive à chacun d'eux, suivant le destin et l'horoscope qui lui est échu. » P. 53. Mais : a) Dieu ne peut pas être responsable du mal, car s'il avait créé les hommes de manière à ce qu'ils ne puissent pas pécher, il en aurait fait de purs instruments qui n'auraient aussi aucun mérite à bien faire, tandis que « par la liberté il les a élevés au-dessus de beaucoup d'êtres et les a égalés aux anges », p. 30, il leur a d'ailleurs donné le pouvoir d'éviter le mal et de faire le bien. — 6) Le mal moral ne provient pas de notre nature. Bardesane détermine ici le rôle de la nature et celui de la liberté: « Les hommes suivent la nature, comme les animaux, en ce qui touche leur corps, mais dans les choses de l'esprit ils font ce qu'ils veulent, car ils sont des êtres libres, maîtres d'euxmêmes et images de Dieu... Nous ne nous rendons pas coupables ni ne nous justifions par ce qui ne dépend pas de nous et nous arrive naturellement. Mais quand nous faisons quelque chose avec libre arbitre, si c'est bien, nous nous innocentons et nous nous en glorifions, si c'est mal, nous nous condamnons et nous en portons la peine. » P. 36-37. — c) Le mal moral ne provient pas du destin, c'est-à-dire de l'action des planètes, car l'horoscope ou le destin et la planète qui est censée régir un climat n'ont aucune inlluence sur la liberté humaine, puisque des hommes nés sous le même horoscope dans différentes contrées ou nés dans le même climat, et qui devraient donc agir de la même manière, n'en ont pas moins des mœurs absolument différentes suivant les lois de leur patjs. Cette dernière partie, la plus longue et la plus imagée, a donné son nom à tout le dialogue.

lU. Doctrine. — 1» D'après le dialogue des lois des pays complélé parle texte de Moïse Bar Céplia. — Bardesane est chrétien ; il professe un seul Dieu tout-puissant, car tout ce qui existe a besoin de lui; il créa les mondes, coordonna et subordonna les êtres; il créa d'abord les éléments primitifs: le feu, lèvent, l'eau, la lumière et l'obscurité, chacun d'eux avait une certaine liberté (des affinités?), car aucun être n'en est complètement dépourvu, occupait une place déterminée et avait une certaine nature. L'obscurité était nuisible et tendait à monter du bas où elle était, pour se mélanger aux éléments purs qui appelèrent Dieu à leur secours. Celui-ci les secourut par son Verbe et constitua le monde actuel qui est un mélange de bien et de mal, car les natures ou les éléments primitifs avaient déjà commencé à se mélanger; chacune d'elles garde ses propriétés, mais, par son mélange avec d'autres, elle perd de .sa force. Dieu laisse opérer le mal, parce qu'il est patient; plus tard, il constituera un nouveau monde dont tout mal sera banni. Ainsi le monde actuel aura une fin au bout de six mille ans. En attendant, le mal moral subsiste, mais il n'est pas l'o'uvre d'une puissance elTcctive, il est produit par la méchanceté et l'erreur. C'est l'œuvre du démon et d'une nature qui n'est pas saine. Dieu créa aussi les anges, doués du libre arbitre, dont une partie pécha avec les filles des hommes. 11 créa l'homme qu'il égala aux anges par la liberté, il le forma dune intelligence, d'une Ame et d'un corps. Le corps dépend des planètes pour la vie et la mort, la fortune et l'infortune, la santé et les maladies. L'homme est libre, il peut faire le bien et éviter le mal, il est immortel et sera récom-

DICT. DE TIIKOL. CATllOL.

pensé ou puni, selon ses œuvres. Il y aura un jugement au dernier jour pour tous les êtres.

2" D'après tes auteurs anciens, — II est certain que les théories philosophiques de Bardesane étaient basées sur l'astrologie. Nous l'avons déjà vu d'après le Livre des lois des pays et Moïse Bar Cépha. Saint Éphrem écrivait aussi : « Bardesane ne lisait pas les prophètes, source de vérité, mais feuilletait constamment les livres (traitant) des signes du zodiaque. » Opéra, t. Ii, p. 439. « La malédiction de N.-S. atteignit Bardesane ; ce que le fer de la vérité lui avait dévolu, N.-S. le lui donna à lui qui plaça sept Itié (planètes), prôna les signes du zodiaque, observa les horoscopes, enseigna les sept (planètes), rechercha les temps; il reçut sept malédictions et les transmit à ses disciples. » Opéra, t. il, p. 550. « Quand tu entendras les incantations, les signes du zodiaque, le blasphème et la funeste astrologie, c'est la voie de l'erreur et des voleurs..., pars et fuis loin de là. » Opéra, t. II, p. 498. La biographie d'Éphrem rapporte aussi que ce saint combattit surtout l'astrologie de Bardesane. « Quand Mar Éphrem arriva à Édesse, il y trouva deshérésies de tout genre et surtout celle de l'impie Bardesane...; il remarqua que tous les hommes aiment le chant, et ce bienheureux établit et constitua des religieuses contre les horoscopes et les mouvements des planètes : il leur apprit des hymnes, des chants et des répons; il mit dans ces hymnes des paroles intelligentes et sages sur la nativité, le baptême, le jeûne, la vie du Messie, la résurrection, l'ascension. Un jour il se tourna vers le peuple et dit : Ne plaçons pas notre espérance dans les sept (planètes) que prôna Bardesane; maudit celui qui dira comme il l'a dit que la pluie et la rosée en viennent, etc. » Opéra, t. m, p. xxiii-lxiii. Plus tard Diodore, évêque de Tarse, reproche à Bardesane desoumettre les corps à l'action des planètes. Cf. Pholius,. Bibliolh., cod. 223, P. G., t. cm, col. 829, 876. Eusèbel'appelle équivalemment « le prince des astrologues » r ÈTt' a-/.pov Tri X*^Saïy.-ri; iTc\rsTr,\i.rii IX-tilofuâ-zoi. Prœp.ev., VI, 9, P. G., t. XXI, col. 464. Michel le Syrien va jusqu'à l'accuser d'avoir tiré l'horoscope de Notre-Seigneur : « Il dit que le Messie, fils de Dieu, naquit sous (la planète) Jupiter et qu'il fut crucifié à l'heure de Mars. »

Le caractère astrologique de la philosophie de Bardesane étant ainsi bien établi, nous pouvons partir de là cour expliquer des allusions moins transparentes. Saint Éphrem écrit : « Il regarda le soleil et la lune, il compara le soleil au père, il compara la lune à la mère, il imagina à pleine bouche des mâles et des femelles, des dieux et leur progéniture, et adressa à beaucoup (la formule) : Gloire à vous, maître {moraï) des dieux. » Opéra, t. II, p. 558. Le père et la mère sont le soleil et la lune comme Bar Hébr:ous, adonné lui-même à l'astrologie, l'exposa très clairement. C/iron.eccies.,édit.Abbeloos et Lamy, 1. 1, col. 48; Histoire des dynasties, édit. Pocockev Oxford, 1672, p. 125. « Il appelle le soleil le père, et la lune la mère de la vie; » les dieux et déesses sont les signes du zodiaque appelés dieux par les astrologues, cf. Eirmicus Maternus, Malheseos libri VIII, Leipzig, •1894, 1. II, c. XXIII, xxvm, 3; 1. IV, c. xxi, 2, et divisés en signes mâles et femelles. Ibid., 1. II, c. I, 3; c. Il> 3-9. Enfin les maîtres («lomï) des dieux sont le soleiJ et la lune, ils ont reçu ce nom « parce que sous leur action, toutes les natures de la création grandissent, subsistent et sont conservées ». Die Kenntmss def Wahrheit, édit. Kayser, Leipzig, 1889, p. 208. Firmicus écrit : Masculini quidem signi dominussol est, fcniinini vero luna. Ibid., 1. II, c. Il, 3. C'était d'ailleurs une ancienne théorie égyptienne : MTjtfpa ttiv Sc).r,vr)v toû x(i(JlJ.o'jxa),ov<ji... nltipo'jiiivy <rnh "n),(ouxalxu't<Txo|iévr,v. Plutarqup, De Oside et Osiride, c. XLIII, édit. Didot, t. m, p. 450. Nous savons en outre, que Bardesane connaissait « les livres des i^gyptiens ». Lois des pays, p. 4t.

C'est à tort que l'on rapprocha plus tard cette théorie

BARDESANE — BARDESANITES

satrologique de Bardesane d'une théorie philosophique de Valentin. Philosophoumena, VI, 50, P. G. t \\i col. 3278-3279, et qu'on lui attribua la conception d un père et d'une mère de la vie distincts du soleil et de h lune (Micliel le Syrien).

Il suit de là que saint Éphrem reprocha seulement •» Bardesane d'avoir fait dépendre l'ornementation du paradis terrestre du soleil et de la lune (du père et de la rnère) et non de Dieu immédiatement. Opéra, t li p. 558.

Nous ne savons pas de manière claire, d'après saint Éphrem, t. ii,p. 551, 553, et Michel, comment Bardesane rendait compte des détails de la création de l'homme Pour lui, l'homme était créé à l'image de Dieu, Lois d pays, p. 31, et se composait d'une intelligence d un âme et d'un corps, ibid., p. 40; le corps était foun 1 mélange des éléments : feu, vent, eau, lumién' 1 1 1 rite, ibid., p. 59-60; mais fit-il intervriiii I. -^ | dans la formation de ce corps qu'elles il(\;iiii imagina-t-il une première création de ([uati ul stances : l'intellect, la force, la lumière et la science des quelles devaient procéder les âmes des hommes'' Nous en sommes réduits aux conjectures.

Nous ne connaissons pas non plus la conception que Bardesane avait du Saint-Esprit. S. Éphrem, Se)»! , LV t. Il, p. 527. Il semble lui avoir attribué un rôle dans h séparation de la terre et des eaux lors de la crtation Gen., I, 2, el liivoir ii^Mmiié' à une jeune fille, ce qui est tout natuiil d. Ii pnl d'un Syrien pour lequel le mot esprit, j-i'/m- , •-! I. mniiii.

Il nous semble certain du moins que Bardesane n'admit pas au bénéfice de la résurrection le corps humain formé des éléments et soumis aux planètes, et qu'il dut par suite doter le Sauveur d'un corps dillV'rent du notre qui put jouir d(- rillIUlol'tlllilé-, H'.ipivs 1rs l'illlnxnplinll ■

mena, M, 3."., /'. C. t. xvi. fol. :;-J.-.o. „ l;,,i ,lrs;ii;.. du que le corps du SiiiiMMir ('■Liit s|iii'iln-l. nu- Ir S.iiiil- Esprit vint sni M. ri- I, ^ i . .--,■, 1, |.ih- .mrc du Tout- Puissant et I , ! 'I ' ' i 1 ' M former ce que le Saiîil! , ' ' ■■■<'< .' kh W ■" Ce texte semble donc iiidninor -iinplinioiii ,[ih' Ir m'psdu Sauveur fut formé en Jlarie de manière luule spéciale, pour qu'il ne fût pas corruptible comme le nôtre, mais on ne tarda pas à prêter à Bardesane l'opinion et la formule même de Valentin, d'après lequel le corps du Sauveur descendit du ciel et passa par Marie « comme l'eau passe à travers un tube ».

En somme nous avons évité d'appliquer à Bardesane l'épithète de gnostique, parce qu'elle semble renfermer les théories du dualisme et de l'émanation qu'il n'a jamais professées. Si l'on veut cependant continuer à donner le nom général de gnostiques à tous les savants philosophes néo-chrétiens des premiers siècles qui cherchèrent à introduire dans le dogme chrétien toutes les philosophies et toutes les connaissances profanes, il serait à souhaiter qu'on particularisât cette épithète, comme l'a déjà fait l'auteur des Philosophoumena. Celuici en effet commence par exposer les théories des philosophes païens (1. I) et des astrologues (1. IV), puis il rattache chaque gnostique à la source d'où découlent ses erreurs; c'est ainsi qu'il rattache Basilide à Aristote, VII, 14-22, P. G., t. XVI, col. 3295-3322, Marcion à Empédocle, VII, 31, col. 3334, Noétos à Heraclite, IX, 7, col. 3370, etc. Dans ce cas, sans hésitation aucune, puisque les théories connues et caractéristiques de Bardesane dérivent de l'astrologie, nous en ferions un gnostique (philosophe) astrologue.

SounrKS rouR l'histoire de B.\rdesane : Jules l'Africain,

k;^ .. riTP^ V.' " .„-, „pen(, Paris, 1693, p. '275; Por-

phvir // 1^ rt De styrje (cité par Stobée,

i'r'- .. //. E., IV, 30, P. G., t. XX,

clû. ,1 , ■ , - )ii, p. G., t. XXI, col. 404-476;

DiLi.J.iL J i,ji , , .... I ,u I i,.,iiU6, Bibliotheca, cod. 2'23, P. G.,

t cm col 829 876 S Epiphane Hœr PO t \li col 989-

993 S Lpliiem U Ix d n O, i syro

latitui Rome 1 I 11 Leip

zig 1866 p 1 I

selecttt édit i /( t

33 4 ;ii Joi II mené

\ ïï P h t L\X\U1 cul 3 y liai

lier dans Te^te und Lis t i\

fasc 1 renrpes é\ q o dfs \ 1 | i-ms

Niu / I 1 I 1 d ns les

/ 'îf i.ar P gnon

Pai U unique édit

rhil pni-t des sources

l ft 1 ait

d » I »i i I j itiue

\ 1 1 cites ajoutons A Halin Bat lesanes gnostt

t ) / t nin it 1 I p pzip; 1819 Kuhner / Heidelberg 1833

L ps i n 1 \i osteile-

jei I 8 319 3i5 527

t m 1 ts chietiennes

La l II i la 1 1 ^1 ..48 On peut lire

sur 1 astrologie le hvie I\ des i /aic/6o;j/uu icna P G t XVI ou plutôt JuUi Fumici Vaterm mathcseos hbti Mil Leipzig

F Nau

BARDESANITES, hérétiques syriens du lll« siècle. — I. Histoire. II. Erreurs.

I. Histoire. — Nous avons dit que le Dialogue des lois des pays ùr Tl.ud: ^;inr élait une œuvre de transition entre le iMLrni-iuo i hildéon et le christianisme.

Il dut en être ilo m- d. lonie sa philosophie. Il était

en avance sur ]r milnu .nubiant, quand il affirmait à Ijlosso, au II" siècle, après sa conversion, le libre arbitre do I hoiiiiiii', l'unité et la toute-puissance de Dieu; mais il ;u;ul le lort de soumettre le corps à l'action des astres, et d'être ainsi amené à nier sa résurrection et à ne pouvoir faire de ce corps esclave le corps immortel du Sauveur. On ne tarda pas à le lui reprocher, et ses disciples, au lieu d'amender sa doctrine et de la rapprocher de la Bible, n'eurent souci, semble-t-il, que de l'en écarter. Son fils Harmonius apprit le grec à Athènes, Théodoret, H. E., iv, 26, P. G., t. lxxxii, col. 1189; Hser. fab., I, 22, P. G., t. Lxxxiii, col. 372, et ajouta déjà aux erreurs paternelles celles des Grecs touchant l'âme, la naissance et la destruction des corps et la palingénésie, il compo.sa aussi de nombreux cantiques, Sozomène, H. E., m, 16, P. G., t. Lxvii, col. 1089. Il est, d'ailleurs, inexact qu'Harmonius ait été le premier, comme l'ajoute Sozomène, à composer des poésies en langue syriaque, et qu'il lait fait à l'imitation des maîtres grecs. Saint Éphrem combattit les bardesanites, qui étaient alors tout-puissants à Édes.se, mais il eut peu de succès, semble-t-il, carRabboula.évéqued'Édesse (412-435 ), trouva tous les grands de la ville attachés à cette hérésie, et eut seul le mérite de l'extirper, dit son biographe. Bedjan, Acta marlijnmi et sanctonmi, t. IV, p. 431-432. Il resta cependant encore des bardesanites en Mésopotamie; Jacques d'Édesse et Georges des Arabes les mentionnent du vu" au viii= siècle, et Masoudi au X". Il est à craindre cependant que ce nom n'ait pas tardé à désigner des valentiniens, et surtout des manichéens, heureux de se réclamer du nom longtemps respecté et toujours célèbre de Bardesane, car ces bardesanites professent les erreurs de Valentin etdeManès; ceux de Masoudi, en particulier, sont dualistes.

II. Erreurs. — 1» Hs prirent leur nom de Bardesane, et saint Éphrem le leur reproche souvent, Opéra, t. il, p. 485, 489,490, 494, 559, car c les chrétiens n'ont qu'un nom, les païens et les hérétiques en ont un grand nombre ». Ils conservèrent aussi ses préoccupations

BARDESA.XITES

astrologiques pt scientifiques. « Ils observaient les mouvements des corps, supputaient les temps; l'un étudiait un livre (traitant) du tonnerre, un autre un livre de mystères; ils comparaient la décroissance de la lune au signe du zodiaque et, en place des études ecclésiastiques, pendant que la brebis (fidèle) parcourait les livres des saints, ils s'appliquaient à des livres de perdition. » S. Éphrem, Opéra, t. ii, p. 439. « Il nous faut supporter, mes frères, l'énoncé de leurs pai'oles : les êtres (Itié)..., la doctrine des étoiles et des signes du zodiaque. » Ibid., p. 553. Plus tard, Jacques d'Édesse mentionne une controverse entre l'un des docteurs de Haran et « Vologése d'Édesse, homme éloquent, l'un de ceux du parti de Bardesane, qui attaquait le destin et voulait en montrer la fausseté à l'aide des choses que la nature produit dans la terre ». P. Martin, L'Hexaméron de Jacques d'Édesse, dans le Journal asiatique, 1888, 8' série, t. ix, p. 74-75 du tirage à part.

Georges, évéque des Arabes, interrogé sur les ascensions (àvasopai), c'est-à-dire sur le nombre des degrés de l'équateur qui montent au-dessus de l'horizon en même temps que les trente degrés de chacun des signes du zodiaque, répond que, d'après les disciples de Bardesane, les ascensions du Bélier et des Poissons sont de 20°; celles du Taureau et du Verseau de 24»; celles des Gémeaux et du Capricorne de 28»; celles du Cancer et du Sagittaire de 32°; celles du Lion et du Scorpion de 36» ; celles de la Vierge et de la Balance de 40». Ces chiffres témoignent de connaissances positives en astronomie et en trigonométrie sphérique. Ryssel, Georgs (les Araberbischofs Gedichte und Briefe, Leipzig, 1891, p. 120, et dans Zeitschrift fur Assyriologie, 1893, t. vm.

D'ailleurs, les noms que les barde.sanites donnaient aux signes du zodiaque ont été conservés et publiés par Land, Anecdota syriaca, Leyde, 1862, t. i, p. 30, 32.

2» Le bardcsanitc M:irinos, dans VAdaniaiitius, soutient trois lli. I im i|iil ■; : 1. Le démon n'a pas été créé par Ih. i J I i t nest pas né d'une femme;

3. Il n'y a jn I i > ii.iii de la chair. W. H. de Bande Bakliu / -n, /' / IikiIocj des Adaniantius, Leipzig, 1901, dans Die Grwddschen Schrifsteller der erslen drei lahrliunderte, p. x, 116. (L'Adamantius se trouve aussi P. G., t. XI, col. 1711 sq.)

1. Nous ne reconnaissons |la théorie du mal de Bardesaiir pas à dire que le mal n'a pa- ■:

Dieu ne fait aucun mal, p. lliJ démon est de lui-môme et par

deux racines (principes), la mauvaise et la bonne, p. 118. Adamantius, par contre, parle comme Bard.sani', en disant que le mal n'est qu'une pri\:ili. n lu 1 i n ('S. Lois des pays, p. 3i, 56. D'ailleurs, I l i iil.

p. xvii, que » le rédacteur a eu plus d i , I ;■ , ' , r-

la vérité orthodoxe que de distinguer lu i ii iiuuiLiit ses adversaires ».

2. D'après Marines, p. 170, le Christ prit un corps céleste, p. 168; il prit un corps en apparence (5oy.T,«i) comme les anges qui apparurent à Abraham et mangèrent avec lui, p. 178. Ce bardesanite reproduit ensuite la doctrine et les expressions mêmes de Valcntin,

p. XVII.

3. La corps change tous les jours, il se consume et reprend des forces ; autre est le corps de l'enfant et celui du même individu devenu vieux; lequel donc de ces corps ressuscitera'.' P. 204. D'ailleurs, le corps est formé de terre, d'eau, de feu et d'air; après la mort, chaque partie retourne à son élément, comment la retrouver, si même elle n'a déjà .servi à d'autres corps; de sorte que les uns ressusciteraient pour les autres, p. 210.

3» Enfin les bardesanitcs semblent avoir rapproché les théories de Bardesane sur le paradis terrestre et le rôle du soleil et de la lune des fictions de Justin, cf.

V Aihimanliits

M IM' se borne

I 1' M. puisque

il ..juute que le

lui-mOme, ut qu'

Philosophoumena, V, 26-27 : X, 15. P. G., t. xvi, col. 3194- 3203, 3431-3434, et de Valentin, ibid., VI, 50, col. 3278- 3279, car ils semblent prôner un double paradis que des dieux délimitèrent, S. Éphrem, t. ii, p. 558, et admettre un père et une mère de la vie distincts du soleil et de la lune : « Priez, mes frères, pour les disciples de Bardesane, afin qu'ils n'aient plus la sottise do dire comme des enfants : quelque chose sortit et descendit du Père de la vie lui-même, et la Mère conçut et enfanta le Fils caché, et il fut appelé le Fils vivant. » P. 557. Peutêtre n'y a-t-il là, d'ailleurs, qu'une figure poétique relative à l'incarnation, car il no faut pas oublier que les cinquante-cinq discours de saint Éphrem contre les hérésies sont écrits en vers et visent uniquement, semble-t-il, les publications poétiques de ses adversaires, car les quelques citations qu'il fait (il cite en tout quatorze vers ou trente-sept mots) paraissent provenir d'ouvrages métriques. Il n'est donc pas facile, sous cette double couche de poésie, de découvrir la pensée exacte de Bardesane et des siens. Ajoutons que saint Éphrem écrit en tête de ces discours, nous pourrions presque dire en épigraphe : Quisquis œgruni sanare cupit, pœnani exagérât nec ideo mimis aniut, torqiiet, nec odit, nunquam minus iratus quam cum sxvit. P. 437.

4» Pour les Arabes du x» au xiF siècle, les bardesanites sont des dualistes comme les manichéens : « Ils admettent deux principes, la lumière et les ténèbres ; la lumière opère le bien avec intention et libre choix, les ténèbres opèrent le mal niiliirelleineint et nécessairement... » Schahrastàni, rii- |..m IIiI nl'ilil. Il^n-i,', ■«

der Ictzte Gnostiker, \.t 1 - l-'l ; ; 1 , 1^ I mm -' i pporte que, d'après cei I 1 1 n : mm m '-. Im1..,imm - -i même la racine de ht hiimeic. liiJ.. Lulin, .M.i-uudi écrit : « [Nous avons parlé] de la différence entre Manés et les dualistes qui l'ont précédé, comme Ibn Daisàn (Bardesane), Marcion, etc.; de la croyance commune de tous ces docteurs à deux principes, l'un bon, louable et désirable, l'autre mauvais, digne de réprobation et de crsinle... Sous Marc, surnommé Aurèle César, Bar Desan, évéque de Roha (Édesse), en Mésopotamie, publia sa doctrine, et fonda la secte des dualistes bardesanites... Nous avons rapporté les disputes qui eurent lieu entre les dualistes manichéens, bardesanites, marcionitcs et d'autres philosophes, touchant les principes premiers et d'autres points... » Le livre de l'avertissement et de la revision, trad. Carra de Vaux, Paris, 1896, p. 1-45, 182, 188.

Les auteurs arabes nous prouvent ainsi que les disciples de Bardesane, ou peut-être leurs historiens, développèrent les doctrines du maître dans un sens manichéen,

car, d'après Moise Bar Cépha et, implieilc ni, .1 ipi. s

les Lois des pays, Bardesane prône, en eii i i , innu i ■ et les ténèbres comme deux élémenl- j iimmIiI .1 Li création, mais ces deux éléments n'avaitul ,.ueiu plus d'importance que les trois autres : le feu, le vent et l'eau, et étaient de nature analogue avec des propriétés différentes. Lois des pays, p. 19. Ajoutons que l'on prêta alors à Bardesane des ouvrages sur lu lumière et les ténèbres, l'être immatériel de la vérité, le mouvement et l'immobilité, cf. Hilgenfeld, op. cit., p. 25, et un alphabet artificiel emprunté en réalité aux cabalistes juifs. Rubens Duval, Traité de grammaire syriaque, Paris, 1881, p. 12-13.

V.n somme, Bardesane et ses disciples dessinent au commencement de l'ère chrétienne un intéressant mouvement vers les sciences et la philosophie naturelle, qui manqua malheureusement d'une suite d'hommes de génie pour l'endiguer et le subordonner à la Bible et au dogme. Saint Éphrem arracha ses contemporains à l'étude de ce monde que Dieu avait livré à leurs controverses pour les occuper, Ecclc., 1,13; III, M. et les ramena à l'unique méditation de la Bible et des mysières inson-

Aùl

Page 1