‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 162 sur 741 · BAR HÉBR.EUS · texte numérisé non relu

BAR HÉBR.EUS

fegrat tégroto, ou résumé de logique, de physique et de théologie, ou\Tage non publié encore dont il existe des manuscrits à Florence, à Berlin (Sachau 211), à Londres <0r. 4080), à Paris (syr. 330).

//. OUVRAGES TBÉOLOGlQUES. — 1» Théologie dogmatitjue. — Bar Hébraeus a écrit un omTage intitulé Le candélabre des sanctuaires, Menorat qûdSé, dans lequel il expose les bases, ou principes, sur lesquels l'Église est fondée. Il n'est pas encore publié, pas plus que le Livre des rayons, Klaba dezalgé, qui en est une sorte d'abrégé, mais de nombreux manuscrits de ces ouvrages existent à Rome, Paris, Londres, Berlin, Cambridge, etc.

Les bases sur lesquelles l'Église est fondée sont la science en général, la nature de l'univers, la théologie {De Deo uno et trino), l'incarnation, les anges, le sacerdoce, les démons, l'àme intellectuelle, le libre arbitre, la résurrection, le jugement dernier, le paradis d'Eden.

La partie consacrée à l'incarnation expose la doctrine monophysite telle que la comprend Bar Hébraîus. Elle est divisée en six chapitres : 1. possibilité de l'incarnation; 2. du principe de l'unité de N.-S. le Messie;3. caractère de l'incarnation de Dieu le Verbe d'après la tradition et réponse aux objections; 4. qu'il y avait en Xotre-Seigneur unité de nature et de personne et pas seulement de volonté; 5. que la sainte Église des jacobitcs confesse une nature provenant de deux natures, les mar<iues distinctives de chaque nature étant conservées, etsans mélanger les deux natures ensemble; 6. que le corps, après l'unité, ne fut pas changé en la 'nature du Verbe et qu'il ne devint pas (comme le Verbe) infini et impassible avant la résurrection, comme le disent les partisans de Julien (d'Halicarnasse). Chaque chapitre est subdivisé en sections.

Certains de ces énoncés, franchement monophysites, semblent faire de Bar Hébrœus un hérétique formel, mais on ne peut plus être aussi aflirmatif quand on lit l'exposé de son opinion. Il suppose en effet que la nature ne peut pas exister sans la personne, et, cette erreur philosophique une fois posée, il ne peut plus placer deux natures en Notre-Seigneur sans y placer par là même deux personnes et devenir nestorien. Personam seu Injpostasim cuni substantia seu natura singulari perperani confundit, dit Assérnani, Bibliolh. orient., t. ii, p. 2Si-297.

Voici la traduction faite par Assémani d'un texte du Livre des rayons, dans lequel Bar Hébneus expose sa conception de la nature de Xotre-Seigneur : Non unatn sinipliciter naluram dicimus, sed uniun naliirain ex duabusnaturis substanlialiterdiversis ( ii< . > • > , ,,iisubstantialis est Patri,idemquecou.<iii i; . ^r,

quonuidn duas non habebit nalui"-. , ' /'('■

inœquati, œqualii sit? — Responsin . Itupica , .-.: dla una natura, non simplex : sec-iinduni diversas iyiturejus significationes inœqualibus illis ipse œqualis est. Loc. cit., p. 297. Au.ssi Assémani est obligé de conclure, p. 297-298 : Vides Jacobitas cum catholica Ecclesia (ère de nominc pugnare et omnia qum catholici de liyposlalica unione doccnt et credunt, eosdein docere et credere, naturani dupliceni appellantcs, quani nos duas naturas, ut vere sunt, esse affirmanius.

Ce n'est pas seulement Assémani, mais Bar Hébrœus lui-même qui croyait à une simple querelle de mots entre lui, les catholiques, les ncstoriens et les monothélites. Il écrivait, en effet, de ces diverses confessions, d'après Assémani, (or. cit., p. 291 : Reliquse vero, quic hodie in mundo oblinenl, sectic, quum omnes de Trinilalc et incoluniitate naturarum ex quibus est Christus absque conversione et conimislione œque bencsenlianl, in noniiiiihiis iininnis aniiim s,^riim pugnant. Nous l:ils-.,n. .'i I;.ii H.l.i.. n- I.i i^ ]■ n .l.ililé

de son opinion, i 1 n. -i ■ ml h i ih i .1 l'.-s

textes, qu'il est imli-p' m .il.l' . i I . n .. ir p r. ' liii , !!.:■•jnenl solide sur la c uli>.il.ilii'' Imiiu'II .I< - lp m ii.juos

orientaux, de commencer par publier et par étudier leurs ouvrages. On y trouvera leurs formules dans leur cadre naturel, expliquées par le contexte, et on pourra peut-être leur donner parfois un sens un peu différent de celui qu'elles ont quand on les transplante, en dehors du contexte, dans le cadre de la philosophie occidentale pour lequel elles n'ont pas été faites.

Nous avons constaté nous-méme, qu'au commencemeni du vi« siècle déjà, les monophysites confond.aient la nature et la personne. Us regardaient donc le concile de Chalcédoine comme une revanche des nestoriens, et s'imaginaient que ce concile avait promulgué, avec un autre mot équivalent, la doctrine de Nestorius. Nau, Les plérophories de Jean, évëqtie de Maiouma, Paris, 1899, c. VII, XIV, XX, XXVII, xxxin, xxxvi, xl, lu, lvii, ux,

LXI, LXII, LXIII, LXXIII, LXXXl.

2" Théologie morale. — Nous plaçons sous ce titre VEthicon seu nioralia publié par le R. P. Bedjan, in-8», Paris, 1898. Bar Hébra-us y distingue, p. 1-2, la science théorique, qui n'a pour terme que la connaissance, et s'occupe de discerner la vérité du mensonge, de la science pratique qui a pour terme la connaissance et l'action, et s'occupe de discerner le bien du mal. Il traite dans VÉthique de la science pratique ou d'action. Comme d'ailleurs toute action est corporelle ou spirituelle et que l'action corporelle a pour but l'éducation et la discipline du corps ou bien les opérations qui découlent de sa constitution, tandis que l'action spirituelle a pour but d'écarter l'àme des passions mauvaises ou bien de l'orner de vertus clioisies, il divise rou\Tage en quatre parlie.s : 1. de l'ordonnance des mouvements qui concourent à l'éducation et à la discipline du corps (prière, veille, offices, chants, jeûnes, retraite, solitude, pèlerinage à .Jérusalem); 2. des opérations du corps (du manger et du boire, du mariage légal, de la pureté du corps, des devoirs d'état, du travail des mains, de l'aumône i; 3. des passions mauvaises et du moyen de s'en débarrasser (de l'âme et de ses passions, de l'éducation de l'àme, de la gourmandise, de la luxure, des péchés de la langue, etc.); 4. des vertus et de la manière de les acquérir (de la science, de la foi, de la patience, etc.).

3» Théologie ascétique. — LeR. P. Bedjan a publié à la suite de l'ouvrageprécédent, p. 519-599, un petit traité ascétique de Bar Hébrœus intitulé Liber columbse, Kfaba d'iûna, seu directorium monachorum. Il existe des livres, dit Bar Hébroeus, p. 521-522, qui apprennent aux malades de corps ce qu'ils doivent faire lorsqu'ils n'ont pas de médecin auprès d'eux, il convient donc aussi d'écrire un livre qui apprenne aux malades d'esprit ce qu'ils doivent faire lorsqu'ils n'ont pas de directeur ou lorsque leur directeur est éloigné. L'ouvrage est divisé en quatre parties: 1. des exercices corporels que l'on doit faire dans un monastère ; 2. du travail spirituel qui s'accomplit dans la cellule; 3. de la quiétude spirituelle qui échoit à « la colombe », qui la place sur le degré royal et l'introduit dans la nuée divine où il est dit que le Seigneur habite ; 4. cette partie est surtout personnelle. Bar Ilébr.Tus raconte qu'il fut ramené au bien par la lecture des écrits d'Évagrius et des ascètes; il ajoute donc cent sentences spirituelles qui doivent produire le même salutaire effet sur l'àme de ses lecteurs. Ces quatre divisions correspondent à quatre parties de la vie de Noé : a) à s;i belle conduite qui lui fit trouver grâce devant Uieu; b) à son entrée dans l'arche pour fuir le déluge; <•) à sa sortie de l'arche, quand la colombe lui annonça que les eaux avaient diminué sur la face de la terre; d) aux révélations qu'il reçut et à l'alliance que Dieu contracta avec lui. Le P. Cardalii a publié aussi le Livre de la colombe, Kitliabha Dhijaund, seu liber colunibœ, Rome, 1899.

Signalons encore ici : 1. le commentaire de llar llébrœus sur le Livre d'Hicrotliée, conservé dans plusieurs

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