BASILE DE SOISSONS — BASILIDE
sainte tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, S in-8», Paris, 1689-1696.
Bernard de Bologne, Sacra bibliotheca script, ord. cuiniccin., Venise, 1747; Hurler, Nomenclator, t. il, col. 430. EDOUARD d'Alençon.
BASILIDE. — I. Sources. II. Vie. III . Système. iV. Critique. V. Secte basilidienne.
1. Sources. — Basilide est l'un des principaux chefs ■de la gnose au \v siècle. Bien que connu et réfuté par les écrivains ecclésiastiques, ses contemporains ou ses successeurs, sa vie et son système restent enveloppés de mystère. Jusqu'au milieu du xixf siècle, saint Irénée et Clément d'.\lexandrie étaient les seules sources. L'évêque de Lyon qui-, d'abord, n'avait eu en vue que de réfuter les erreurs de Valentin, dut se préoccuper de reclier- •cher quels furent les maîtres et les prédécesseurs du célèbre gnostique égyptien, et c'est ainsi qu'il fut amené à parler de Basilide. Il en parle à plusieurs reprises, mais toujours d'une manière fragmentaire, incomplète, sans ordre, empruntant ses renseignements soit au Stjntagma de saint Justin, soit à l'ouvrage d' Agrippa Castor. Saint Épiphane, à sa suite, donne plus de détails et a plus d'ordre, sans exposer, toutefois, l'ensemble du système basilidien. Clément d'Alexandrie, le mieux placé de tous les Pères pour connaître à fond la doctrine de Basilide, puisqu'il enseignait dans un milieu où elle était répandue et pratiquée, et qu'il avait entre les mains les œuvres de Basilide et de son fds Isidore, dont il cite des extraits, est précieux à consulter, mais est loin d'égaler saint Irénée. Car, au lieu d'entreprendre une
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dentellemenl, selon de ses leçons, qu'il :juelques points de unissant, çà et là, ilnliens des détails Il découverte et la rnt iIp? renseigne- Ir l;,i-(!i(ln: on crut lu ,1 - - ilisciples; m i\r -■\\n[ Irénée (|in' c'.'l.iit l)ien le l'auteur de com-
bler les lacunes de l'ouvrage de sainl Iréuée. Or, malgré l'appoint des Philosoplnmiena, l'ensemble du système de Basilide nous échappe encore; bien des points restent obscurs, des parties manquent. De tous les systèmes çnostiques, celui de Basilide est le plus compliqué et paraît le fruit d'une imagination puissante qui se joue des symboles, s'entoure de formules impénétrables et se perd dans une métaphysique abstraite. La logique, cependant, n'en est pas totalement absente. On y découvre quelques principes, toujours les mêmes et d'application uniforme, qui aident à combler, dans la mesure du possible, certaini - lnum ?. it à donner une idée moins imparfaite de 1j lhl-i I iMlnlimne, sans réussir toutefois à la reconsliln< 1 ,l,,n- ~nn inl.grité, ni surtout à concilier ses contr;nlnti>in<. Iji atlondant que de nouvelles découvertes fassent la lumière complète sur l'œuvre de Basilide, voici, dans l'état actuel de la science, ce que l'on en peut dire.
II. Vie. — Ni le lieu ni la date de la naissance et de la mort de Basilide ne nous sont connus. Ce que l'on peut simplement affirmer, c'est qu'il est né vers la fin du i" siècle, qu'il a été l'élève de Ménandre à Antioche, qu'il a eu pour condisciple Satornilus ou Saturnin, qu'il passa en Ég^pte, parcourut les nomes de Prosopis, d'Athribis et de Sais et se fixa à Alexandrie. Épiphane, Hœr., XXIV, 1, P. G., t. xli, col. 308; Irénée, Cont. hxr., I, XXIV, 1, P. G., t. VII, col. 674. Eusèbe l'appelle Alexandrin. H. E., iv, 7, P. G., t. xx, col. 316. C'est à Alexandrie que, sans abandonner complètement l'enseignement de ses prédécesseurs Ménandre et Simon de
Gitton, mais emporté par une fureur poétique, dit Épiphane, Hxr., xxiv, 2, P. G., t. XLi, col. 309, il chercha à faire une œuvre nouvelle, en compliquant et en développant outre mesure ce qu'il avait appris, ut altius aliguid et verisimilius invenisse videatur, dit Irénée, Cont. hier., I, xxiv, 1, P. G., t. vu, col. 675. Cf. Épiphane, Hœr., xxiv, 1, P. G., t. XLi, col. 309; Eusèbe, H. E., iv, 7, P. G., t. xx, col. 316. Dans la liste des hérétiques, il est toujours placé avant Valentin. Il vécut sous les empereurs Hadrien et Antonin, et pendant le pontificat d'Hygin, jusque vers 140. Clément d'Alexandrie, Strom., vu, 17, P. G., t. ix, col. 548, notes 47, 49, 52, col. 547-552; Eusèbe, H. E., iv, 7, P. G., t. XX, col. 317; De Basilide, de Massuet, n. 112-114, dans P. G., t. VII, col. 33-135. Il a donc été en pleine activité intellectuelle dans la première moitié du ii« siècle. Très attentif au mouvement religieux de son époque et en particulier au christianisme, il a vu l'importance que la tradition avait aux yeux des catholiques, et il en appela à la tradition, prétendant suivre fidèlement l'enseignement de saint Mathias, et avoir eu pour maître un certain Glaucias, interprète de saint Pierre. Clément d'Alexandrie, Strom., vu, 17, P. G., t. ix, col. 549. Voulant, comme tant d'autres, jouer un rôle prépondérant et créer une religion nouvelle purement gnostique, parce que tout était à la gnose, il rêva d'emprunter au christianisme quelques-unes de ses données et de les adapter à son système. Il connaissait les saintes Écritures et, bien qu'il rejetât l'Ancien Testament, il ne manquait pas de s'en servir, tout en le défigurant et en lui prêtant un sens particulier, pour étayer ses théories et tromper la foi des simples. Peut-être même composat-il des livres apocryphes; il attribuait les prophéties aux anges créateurs, et la Loi au dieu des Juifs. Irénée, Cont. hœr., I, xxiv, 5, P. G., t. vu, col. 678. Quant à lui, au dire de son fils Isidore, il avait composé une prophétie de Chain ; il vantait et exploitait celles de Barcoph ou Barcabbas et de Parchor. Clément d'Alexandrie, Strom., VI, 6, P. G., t. ix, col. 276. Il connaissait également le Nouveau Testament ; il écrivit même vingtquatre livres de commentaires sous le titre de èSriYiiTixà Etc ta B-jayyO.'.o'i. Clément d'Alexandrie, Strom., iv, 17, P. G., t. viii, col. 1289; Eusèbe, qui les appelle pi6).ta, ne spécifie pas s'il avait pris pour texte les Évangiles canoniques ou son propre Évangile; car il en avait composé un, tô xari BaacXEÎôou EÙaYYÉXiov, dont parlent Origène, In Luc, homil. i, P. L., t. xxvi, col. 221 ; saint Ambroise, In Luc, i, 2, P. L., t. xv, col. 1533; saint Jérôme, In Matth., prol., P. L., t. xxvi, col. 17. Clément d'Alexandrie cite un assez long passage tiré du livre XXIIIs de ces commentaires, Strom., iv, 12, P. G., t. VIII, col. 1289 sq.; l'auteur de la Disputatio Archelai cum Manete en cite deux, tirés du XIII^ sous le titre de Traité. Disput.,LV, P. G., t. ix, col. 1524. Parmi les Épîtres, il fit un choix, n'en admettant que quelquesunes, rejetant en particulier celles aux Hébreux, à Tite et à Timothée. S. Jérôme, In TU., prol., P. L., t. xxvi, col. 555.
Son enseignement ne passa pas inaperçu ; car il fut pris à partie et combattu par les écrivains chrétiens de l'époque. Eusèbe nous apprend, en effet, qu'Agrippa Castor avait composé contre lui un ouvrage où il dévoilait ses erreurs et les réfutait solidement. H. E,, iv, 7, P. G., t. XX, col. 317. Saint Justin, qui connaît Basilide, Dial., 35, P. G., t. vi, col. 552, dut le ranger dans son Syiihniiiin iMiiiil les hérétiques qu'il signalait à la réproli.iln n J. - ! li- ■> comme falsificateurs de la foi. Ces onM.u.- Mjnt. malheureusement, perdus; à leur défaut, cens, du sauit Irénée, de Clément d'Alexandrie et les Philosophumena suffisent pour nous montrer ce que le système de Basilide avait de contraire à l'Écriture, à la tradition, à la foi, à la morale et à la saine philosophie.
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III. Système. — 1» Obsenations préliminaires. — Basilide n'a pas échappé à la préoccupation de ses contemporains devant la grave question de l'origine du mal. Épiphane, Bxr., xxiv, 6, P. G., t. xu, col. 313. Les gnostiques cherchaient à la résoudre, mais sans vouloir accepter l'enseignement de la Bible et de l'Église et sans en arriver encore, d'une manière aussi nette et aussi formelle que les futurs manichéens, à proclamer l'existence et l'opposition de deux principes coéternels, le principe du bien et le principe du mal. Us se refusaient sans doute à faire de Dieu l'auteur du mal, puisqu'ils le proclamaient essentiellement bon; d'autre part, la présence du mal dans ce monde ne s'expliquait pas, à leurs yeux, par la déchéance personnelle et exclusive de l'homme. C'est donc entre Dieu et l'homme, dans quelque être intermédiaire, moins parfait que Dieu, mais supérieur à l'homme , qu'ils plaçaient l'auteur responsable du mal, rappelant ainsi le dogme de la chute des anges. C'est pourquoi ils eurent soin de sérier les êtres intermédiaires en nombre suffisant pour sauvegarder la vraisemblance et amener peu à peu l'esprit à concevoir la possibilité et à admettre la réalité d'une chute. Leurs éons participaient de moins en moins à la nature divine, au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient du premier principe; dès lors, ils étaient d'autant plus loin de posséder en partage la souveraine bonté de Dieu; la diminution en eux de l'être divin les rendait accessibles a quelque faiblesse, et l'idée d'une déchéance de leur part n'était plus une hypothèse invraisemblable. En fait, il y eut faute et chute parmi ces êtres intermédiaires, non point, comme nous le verrons plus loin, à la suite d'une désobéissance ou d'une révolte, mais par l'effet de leur ignorance et de leur orgueil. Le problème de l'origine du mal se trouvait ainsi résolu sans doute, mais cette solution malheureuse n'allait à rien moins, en définitive, qu'à faire de Dieu lui-même l'auteur du mal, bien que ses auteurs s'en défendissent. Car leur système d'émanation, faisant procéder les ëons les uns des autres depuis le premier principe, qui est Dieu, les affirmait toujours participants à la nature divine et, par là, plaçait l'origine du mal dans la nature de Dieu.
Basilide n'évit;i pas cette fâcheuse conséquence. Il eut beau se défendre d'enseigner l'émanation proprement dite et parler souvent de création. Le contexte prouve qu'il n'entend pas le mot de création au sens catholique ; et ses expressions, en particuliersa xaTaôo).-^, n'expriment pas d'autre idée, malgré la différence des termes, que celle de l'émanation. Il eut beau encore multiplier entre Dieu et l'homme d'une manière fan- Uistique les éons et les mondes qu'ils habitent, il ne réussit pas à soustraire la nature divine à la responsabilité du mal.
2» Le monde supérieur. — En tête du monde, Basilide place un premier principe : c'est le Paler innatus d'irénée, Cont. hier., I, xxiv, 3, P. G., t. vii, col. 675; lu £v TÔ àvcvvr.Tov d'Épiphane, Hier., xxiv, 1, P. G., t. xi,i, col. 309; le o-jxwv 06b;desP/ii<osop/iuniena, VII, I, 21, édil. Cruice, Paris, 1860, p. 3i6. Ce Père non né, ce Un non engendré, ce Dieu-néant existe, peut devenir quelque chose; il a l'être en puissance. II n'est ni iiialiirc, ni accident, ni simple, ni composé, ni compréhcnsilde, ni incompréhensible, ni accessible ou inaccessible aux sens, ni homme, ni ange, ni Dieu, ni rien de ce qui peut être perçu par les sens, conçu par l'esprit ou nommé par la parole. Philos., VII, i, 21, p. 3i5. Kt pourtant ce Dieu a voulu créer; Basilide n'explique pas, et pour cause, comment ce qui n'existe pas peut vouloir. Ce Dieu possède tous les germes ; il est le réservoir des mondes, «nripiia îto).'J|i.op?ov x«'i itoXuo-jaiov, tbid., p. 3i7; il renferme la panspcrmie, é/ei èv ti\jz& ■niaa.v rr|V itavrntepiiiav... socvra tJi o-isfpiiaTa Iv tàuTM «Oïi<jauptaii£va xa\ xaTaxe(|ieva. Philos., VII, I, 22, p. 3V9. Ces germes ne sont pas condamnés à la
stérilité absolue ; ils passeront en acte grâce à un principe d'activité consubstantiel à Dieu, que Basilide désigne par ce nom de •Ao-rr,;. filiation. Or cette v\6-rr,; n'est pas unique. Il en est une d'abord, très ténue, XeîtTojiîp:;, qui, dès la première émission du germe par le Dieu-néant, s'enfuit avec la rapidité de la flèche ou de la pensée et décrit une courbe rentrante; car, partie du fond de l'abîme, elle vole vers les régions supérieures et vient finalement se reposer près du Dieunéant. Il en est une autre, celle-ci grossière et confinée dans les germes, iia-/'j!X£p£ç, moins agile par conséquent. Elle peut se dresser; mais ce n'est qu'à l'aide d'uno aile, comme l'oiseau, qu'elle peut s'élever et se rapprocher de la première jîorr,; et de Dieu. Or, cette aile,^ c'est l'Esprit-Saint, le mtijy.a âviov, qui la lui prête,, mais comme celui-ci n'est consubstantiel ni avec le- Dieu-néant ni avec I'u'.iJ-yiç, il ne peut suivre celle-ci eS pénétrer à sa suite dans le séjour ineffable et sublime de la divinité ; il en conserve du moins, à raison deson union passagère, le parfum et la vertu, comme unvase garde l'odeur du parfum qu'il a contenu. Philos.^ \II, I, 22, p. 349-351. Reste une troisième -j'iô-rr,;, inférieure aux deux autres : celle-ci demeure dans la panspermie jusqu'au dénouement final qui suivra l'apparition de tous les mondes; car elle a besoin de purification;
Telle est la manière imaginée par Basilide pour mettre en branle le trésor des germes et expliquer le passage de la puissance à l'acte. Dieu émet un germe; ceci n'est pas une création, malgré l'emploi du terme, mais une émanation. L'-jiÔTr,; ténue est la première réalisation de la puissance, le premier personnage en acte qui peuple avec Dieu le monde supérieur, hypercosmique. La seconde uid-rr,;, et parce qu'elle est plus grossière et qu'elle ne peut agir seule, marque déjà un degré d'infériorité dans l'échelle de l'être divin, mais habite avec Dieu. Nous ignorons l'origine du Ttvsûna âviov ; nous connaissons du moins son rôle, celui d'aider la seconde yiô-r,;, et son séjour, le monde intermédiaire, au-dessous du monde supérieur, à la limite des deux, car il est appelé l'Esprit-limite, utOôpiov me-Jiia.
3» Le monde intermédiaire. — Ce monde intermédiaire occupe l'espace éthéré qui va du séjour de Dieu jusqu'à la lune. Basilide le remplit d'autant de cieux qu'il y a de jours dans l'année, en progression toujours descendante. Chacun de ces cieux a son nom propre; nous ne connaissons que le nom du premier, l'Ogdoade, celui du dernier, rHebdomade,et le nom d'un troisième, Caulacau, dont nous ignorons le rang exact dans la série. Chacun est peuplé d'un nombre considérable d'éons, procédant les uns des autres. Nous savons, d'après les sources, ce qui concerne l'Ogdoade et l'Hebdomade, et nous constatons que tout s'y passe de la même manière. Cette ressemblance n'est pas fortuite; elle autorise à croire que le même principe de similitude doit s'appliquer à tous les autres cieux, d'une extrémité à l'autre du monde intermédiaire.
Or voici la formation de l'Ogdoade, le premier des 365 cieux. Du germe ou panspcrmie en fermentation sort un être d'une beauté, d'une grandeur, d'une puis- .sance ineffables, le grand Archon, nommé aussi Abrasax ou Abraxas, parce que ses lettres additionnées forment le nombre de 365. Irénée, Conl. hier., I, xxiv, 7, P. G., t. VII, col. 679-680; Philos., VII, l, 26, p. 36-1 ; Épiphane, Hœr., xxiv, 7, P. G., t. XLI, col. 316. Cet Arclion-Abrasax 'joue dans le monde du milieu un rôle semblable à celui du Dieu-néant dans le monde hypercosmique. Il se donne d'abord un fils plus puissant et meilleur que lui, qu'il fait asseoir à sa droite, dans l'Ogdoade. Philos., VII, l, 23, p. 35i. Aidé de ce fils, il devient le démiurge de la création élhérée. Kn effet, de l'Archon et de son fils procèdent de nouveaux éons; de ceux-ci, d autres encore, et ainsi de suite jusqu'à ce que
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soit peuplé le premier ciel ou l'Ogdoade. Quels sont ces éons? Les Phllosophumena n'en nomment aucun. Clément d'Alexandrie en signale deux : la Justice et la Paix. SlfO>u., rv, 25, P. G., t. viii, col. 1372. Irénée, Cont. hsev., I, XXIV, 3, P. G., t. vu, col. 676, et Épiphane, Hxr., XXIV, 1, P. G., t. XLI, col. 309, citent l'Esprit, le Verbe, la Raison, la Force et la Sagesse, et spécifient que de la Force et de la Sagesse dérivent les éons du second ciel. Ce mouvement d'émanation successive et descendante se renouvelle dans chaque ciel pour ne s'arrêter qu'au dernier, à l'Hebdomade, qui clôt la série des cieux supralunaires. lie chef de l'Hebdomade est un Archon, et cet Archon est plus grand que tout ce qui est au-dessous de lui, mais il n'est plus ineffable comme l'Archon-Abrasax, il peut être nommé. Lui aussi se donne un fils plus prudent et plus sage que lui ; et d'eux procèdent les éons de l'Hebdomade. Cette similitude de formation du premier et du trois cent soixantecinquième ciel, nettement signalée par les Philosophumena, permet de conclure que chaque ciel avait son Archon, inférieur à tout ce qui le précède et supérieur à tout ce qui le suit.
4" Le monde inférieur. — Le troisième monde, le monde sublunaire, le nôtre, a eu pour démiurge, au dire des Philosopliumena, l'Archon de l'Hebdomade. Irénée, Cont. hser., I, xxiv, 4, P. G., t. vu, col. 676, et Épiphane, Hœr., xxiv, 2, P. G., t. XLi, col. 309, mettent la formation de notre monde «nr le compte du dieu des Juifs; ce n'est là qu'uin' CiiiIrMln lien plus apparente que réelle, l'Archon il. - li'iin^,,jil,iintena et le dieu des Juifs ne formant quiin >.ul r\ nuroe personnage, l'Archon empruntant le langage du Dieu de la Bible: c'est l'Archon-Jéhovah. H n'est pas à croire que cet Archon-Jéhovah ait été personnellement le démiurge immédiat de notre monde et de l'homme; ce sont plutôt les anges ou éons placés au dernier rang de l'Hebdomade, à l'extrême limite du monde intermédiaire, de la même manière que les éons du second ciel procèdent, non de l'Archon-Abrasax, mais de ses subordonnés, la Force et la Sagesse. Ces anges, dominés par l'Archon-Jéhovah arrogant et belliqueux, sont souvent en lutte avec lui et exercent, à leur tour, sur l'homme un pouvoir tjrannique. Épiphane, Hssr., xxiv, 2, P. G., t. XLI, col. 312.
5» Anthropologie. — L'homme est composé d'une âme et d'un corps ; le corps, pris à la matière, est destiné à y faire retour. Mais l'âme, si le système de Basilide est conséquent avec lui-même, ne peut procéder du démiurge que d'une manière semblable à celle qui fait sortir les éons les uns des autres, c'est-à dire par voie d'émanation. Elle est, en effet, représentée comme quelque chose de divin, d'étranger à ce monde, d'antérieur à son union avec le corps. Son origine céleste ne l'a pas mise à l'abri du péché ; car elle apporte avec elle une faute, sur la nature de laquelle il n'est rien dit, mais que l'on peut dire héritée du démiurge. C'est pourquoi le martj-re, par exemple, a pour but de punir ce péché, mais avec cette différence que, pour l'âme élue, c'est une punition honorable tandis que, pour l'âme non .'lu. . c'ost im châtiment juste. Exeget.,TiXUi, dans CI. NI. lit .r AI. x.uulrie, Strom., iv, 12, P. G., t. vin, col. I-211J. il.. |.lii- . Ik' est faillible sur terre, à cause du trouMi' .-1 ili. Il ii.nfusion primitive. Elle possède des affections, des passions, des appétits, qui lui font éprouver des désirs semblables à ceux que l'on remarque dans les animaux. Ce sont des appendices ou excrois-
sances, TipoaapT-!)|iaTa, Clément d Al 20, P. G., t. vni, col. 1056, qn son essence. Elle peut donc chaque fois que l'occasion se i ne pèche pas, elle n'a aucun dr ment d'Alexandrie, Slroiii., i col. 1289-1291.
n.lii
mm., II, ni pas à . pèche Wnl, elle lier. Clé-
t. VIII,
L'âme n'est pas la même chez tous les hommes; il y a âme et âme. Isidore signale l'âme logique et l'âme psychique, dans Clément d'Alexandrie, Strom., il, 20, P. G., t. VIII, col. 1057. Les Phllosophumena parlent d'une âme pneumatique. VH, i, 27, p, 364. C'est là, selon toute apparence, une division correspondant à celle des autres gnostiques, qui distinguent l'àme pneumatique, psychique et hylique, selon qu'elle appartient aux partisans de la gnose, aux chrétiens ou aux païens. Dans ce cas, l'àme pneumatique serait celle des disciples de Basilide, absolument prédestinée au salut; l'âme logique, celle des chrétiens placés dans l'alternative d'être sauvés ou damnés selon l'usage qu'ils auront fait de la gnose ; l'àme psychique, celle des païens, à prédominance matérielle, incapable d'entrer dans la gnose et d'être sauvée. Le silence des documents sur cette division, aussi nettement arrêtée, n'autorise à voir là qu'une conjecture, que la ressemblance de tous les systèmes gnostiques rend aussi vraisemblable que possible.
Quoi qu'il en soit, Basilide s'occupe surtout de l'âme pneumatique. Il dit qu'elle a la connaissance naturelle de Dieu; il l'appelle fidèle; il la proclame élue par sa propre nature. Clément d'Alexandrie, Strom ., v, 1 ,P.G., t. IX, col. 12-13. Or cette élection de l'âme s'est faite en dehors de ce monde. Strom., rv, 26, P. G., t. viii, col. 1376. Du fait de cette élection elle possède naturellement la foi, qui n'est ni un acte libre, ni une puissance, mais une substance, une essence, un être inhérent à l'àme élue, moyennant quoi elle n'a pas besoin de démonstration pour connaître la vérité ; une simple intuition lui suffit pour posséder toute la doctrine, toute la gnose. ."^Iroin., ii, 3. P. G., t. viii, col. 941.
On voit que c'est la prédestination absolue de quelques hommes; que le libre arbitre n'a pas de rôle à jouer pour le salut; que le fatalisme est au fond du système. Et l'on se demande comment Basilide a pu conserver l'idée de la rédemption pour l'humanité. Il est vrai que ce dogme est singulièrement réalisé dans son système, ainsi que nous allons le dire.
6" Chute et rédemption. — Basilide admet la chute, mais ce n'est pas celle qui est inscrite à la première page de la Bible. La chute, en effet, n'est pas le fait exclusif de l'homme; elle remonte beaucoup plus haut, à travers les 365 cieux, jusqu'au ciel de l'Ogdoade. Le premier coupable n'est autre que le grand Archon, malgré sa participation à la nature du Dieu non né, non engendré, non existant, et malgré son voisinage avec le monde supérieur. Il a eu le tort, en effet, de s'élever vers les hauteurs sublimes jusqu'au firmament, jusqu'à la limite du monde supérieur. Ne pouvant monter plus haut, il a cru de bonne foi qu'il n'y avait rien au-dessus; car il ignorait l'existence de l'Esprit-limite, des trois •jiÔTf,; et de Dieu, tout cela étant enseveli pour lui dans un mystère profond. Philos., VII, i, 26, p. 359. Il s'est donc cru le seul maître : ignorance et orgueil qui constituent une faute, une déchéance, et qui nécessitent sa propre rédemption. Même aventure dans chacun des 365 cieux. Au fjir et à mesure qu'on descend, l'ignorance et l'orgueil de chacun des Ardions constituent une chute semblable. C'est ce que l'on constate pour l'Hebdomade. Ici, en effet, l'Archon, dieu des Juifs, commet la même imprudence que le grand Archon-Abrasax, celle d'abord de se croire le seul Dieu parce qu'il ignore l'existence, non seulement de l'Esprit-limite, des trois •j\6zT,(; et de Dieu, mais encore de tous les cieux qui sont au-dessus de lui, et celle ensuite de vouloir faire peser sa domination sur les autres cieux de l'Hebdomade, en particulier sur les anges, avec lesquels il entre en lutte. Ainsi donc, en descendant l'échelle du monde intermédiaire, on voit comment s'explique la chute et comment la rédemption est nécessaii-e; mais alors la faute originelle est imputable aux êtres du
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monde divin, aux 365 cieux, à l'exception de Dieu et des deux •jîôtt,; qui habitent avec lui.
Avant la manifestation des enfants de Dieu, un nouvel éon vient jouer un rôle prépondérant dans l'œuvre rédemptrice ; cet éon se nomme Évangile. Le salut s'opérant par la science ou la gnose, Évangile doit posséder la gnose pour la révéler à chaque ciel. Il la possède, en effet; car il est la connaissance de tout ce qu'ignoraient l'Archon-Abrasax et tous les Archons jusqu'à l'Archon-.Iéhovah, c'est-à-dire de Dieu, des trois v\6-T,c et de l'Esprit-limite. Philos., VII, i, 27, p. 365. Étant cette connaissance par nature, c'est donc qu'il appartient au monde supérieur; il n'est autre, en effet, que la première -j'ioTr,;, l'vîÔTr,; ténue. ÉvangileviSoTT); sort donc du monde supérieur; ses pensées volent au-dessus de l'Esprit-limite; celui-ci s'en saisit, les transmet au fils du grand Archon, et ce fils s'élève alors jusqu'à Évangile. Évangile projette ses rayons de lumière sur lui. et, par lui, sur le grand Archon; et c'est alors que le chef de l'Ogdoade aperçoit clairement la vérité, à la lueur de cette révélation ; il apprend de son flls, le Christ, a.ssis à coté de lui, tout ce qu'il ignorait; il constate que, au lieu d'être le Dieu unique, comme il avait eu le tort de le croire, il n'est qu'une émanation. Philos., VII, l, 26, p. 359-360; Clément d'Alexandrie, Strom., ii, 8, P. G., t. viii, col. 972; il reconnaît et confesse son erreur. Philos., ibid., p. 3(30, et c'est ainsi que la gnose et par suite le salut s'étend à tous les habitants de l'Ogdoade. Une semblable révélation produit les mêmes effets dans chacun des 365 cieux. On voit du moins que cela se passe dans l'IIebdomade exactement de la même manière que dans l'Ogdoade. Philos., VII, I, 26, p. 360.
Après celte illumination des 365 cieux, grâce au rôle d'Évangile, la rédemption serait complète s'il ne restait à délivrer la troisième -ji'oty;;, condamnée on ne sait pourquoi à demeurer dans la panspermie. Mais celle-ci doit à son tour prendre place à côté du Dieu-néant, près de ses deux sœurs ; ce n'est qu'alors que s'achèvera la rédemption.
Ici intervient un nouvel éon, nommé Jésus. Jésus appartient au monde intermédiaire; il ne descend ni de l'Ogdoade, ni de l'IIebdomade, mais du ciel Caulacau, Irénée, Coût, hmr., I, xxiv, 5, P. G., t. vu, col. 678, dont il porte le nom. Théodoret, Hxr. fab., i, 4, P. G., t. LXXXIII, col. Ïi9. Son type préexistait dans le trésor des germes, mais il semble avoir emprunté quelque chose à l'Esprit-limite et aux divers cieux du monde intermédiaire. Il s'incarne en Marie, dont il est le fils, et procède à l'achèvemenl de la rédemption. Voici comment la lumière qui avait illuminé le fils du grand Archon et des autres Archons jusqu'à celui de l'IIebdomade, descend en Jésus, l'illumine et l'embrase, après être descendue en Marie et sans doute au jour du baptême. Philos., VII, I, 26, p. 362. C'est alors que la troisième -/lOTri;, transformée, purifiée, aussi ténue que sa Stt'ur ainée, s'attache à Jésus, s'élève vers le monde supérieur au delà de l'Esprit-limite jusqu'au sein de .son Père. Philos., VU, i, 20, p. 362. Jésus, en délivrant nioTT,;, met fin à la confusion désordonnée des germes, cl, à mesure qu'il remonte, restitue chaque élément à son centre respectif, laissant à la terre ce qui est à la terre, a chacun des cieux, à l'IIebdomade, à l'Ogdoade et à l'Ssprit-limile, ce qu'il en avait reçu, Philos., VII, l, 27, p. 36(i; après quoi il doit rentrer dans son ciel Oiulacau ; mais ceci n'est pas signalé par les Phitosophumeiia.
Reste l'homme : que devient-il? D'après les Philosophunirna, lorsque la troisième -Aé-nK aura fait retour auprès de Dieu, grâce à Jésus, la créature qui pleure et souffre, en attendant la révélation des fils de Dieu, obtiendra miséricorde. Tous les hommes de r-..WîT,{ quitteront la terre. Philos., Vil, l, 27, p. 363. II y a là une
restriction caractéristique qui laisse entendre que le reste des hommes, qui n'appartient pas à I'-jîott,;, sera perdu. Les hommes de Wlirr,: ne représentent donc que les seuls pneumatiques, c'est-à-dire ceux dont l'àme est élue dès avant son incorporation ; tous les autres seront damnés. C'est donc, pour l'humanité, dans le système de Basilide comme dans tous les autres systèmes gnostiques, une rédemption partielle.
De plus cette rédemption partielle est due, non à l'expiation et à la souffrance du rédempteur en faveur des rachetés, mais \Taisemblablement aune illumination ou à une révélation de Jésus, c'est-à-dire à une communication de la gnose. Car le fond de tous les systèmes gnostiques, c'est le docétisme. Et, en effet, d'après Irénée, Cont. hxr., I, xxn', 4, P. G., t. vu, col. 677, et Épiphane, Hxr., xxiv, 3, P. G., t. XLi, col. 312, Jésus n'a pas souffert, c'est Simon de Cyrène qui a été crucifié à sa place. C'est pourquoi les Basilidiens devaient se garder de reconnaître le crucifié, sous peine de rester soumis à la puissance tyrannique des anges ; ils avaient au contraire tout intérêt à le renier; car c'était le moyen de profiter de l'intervention de Jésus, venu pour les soustraire à l'oppression des anges; c'était faire preuve surtout qu'ils connaissaient l'économie providentielle, c'est-à-dire qu'ils possédaient la gnose, source de salut. Irénée, Conl. hxr., I, xxiv,4, P. G., t. vu, col. 676-678. Ces renseignements, nous devons le constater, se trouvent en opposition complète avec ceux des Philosophiimena, VII, i, 27, p. 365-366. d'après lesquels ce qui regarde le Sauveur s'est passé, après son baptême, comme le raconte l'Écriture, c'est-à-dire que Jésus, pour accomplir son œuvre, a réellement souffert. Il y a là une contradiction, la seule à relever dans les sources, et dont la solution nous échappe.
7° Eschatologie. —La rédemption, au sens basilidien, c'est donc la restauration de l'ordre primitif, la remise de chaque élément à sa place, une iitoxaTotsrïd;;. Philos., VII, I, 27, p. 364. Aloi'S Dieu plongera le monde entier dans l'ignorance pour que tout reste en accord parfait avec sa nature et son milieu et ne désire rien autre chose. En conséquence tous les êtres immortels par leur nature ne sauront plus rien de ce qui leur est supérieur et seront ainsi soustraits à tout désir irréalisable ou source de tourments. Le bonheur consistera dans cette ignuti nulla cupide; il sera purement négatif. Par suite, la connaissance des mondes supérieurs, des trois u'tÔTr,? et du Dieu-néant, entrevue à la lumière d'une révélation passagère, au moment de la rédemption, disparaîtra totalement et définitivement; de telle sorte que l'unique avantage de cette singulière rédemption sera de soustraire désormais les éons, placés en dehors du monde supérieur, à tout sentiment de curiosité intempestive et à tout acte de témérité orgueilleuse. Nous sommes loin de la vision intuitive et du bonheur réservé aux élus dans la possession immédiate de Dieu, d'après l'enseignement de l'Église.
8" Morale. — Les Pères reprochent à Basilide l'immoralité de son système. Irénée, Coiit. hxr., I, xxiv, 5, P. G., t. vil, col. 678. Saint Épiphane a honte d'en parler, Hxr., xxiv, 3, P. G., t. Xl.l, col. 312-313; saint Jérôme appelle Basilide un maître et un docteur en débauches. Adv. Jovin.,n, 37, P. L., t. xxiii, col. 335, et traite ses maximes de incrcdibilia portenla. Cont. VirjiL, 6, P. L., t. XXIII, col. 3'i">. Cf. Kpist., i.xxv, 3; c.vxxm, 3, P. L., t. XXII, col. 687, 115(1. 11 est possible que le gnoslique égyptien n'ait pas im^rité personnellement ces reproches, mais à coup sur son système a posé les principes d'où doivent découler nécessairement les pires pratiques. Son fils Isidore a été le premier à en déduire les conséquences les plus monstrueuses. Du momont que l'àme est élue par sa nature, antérieureiiienl à son introduction dans le corps et absiraclion faite de l'usage de sa liberté, elle po.ssède naturellement et
BASILIDE
irrémissiblement tout ce qui doit assurer son salut, la connaissance de Dieu, la foi, la gnose. Assurée de son salut, qui est une conséquence de sa nature, de son élection, elle n'a pas à s'inquiéter de son sort, elle peut pécher impunément. Clément d'Alexandrie, Stroni., m, l, P. G., t. VIII, col. 1104. L;i manducation des idolothytes, la .satisfaction des appétits sexuels, la recherche des jouissances charnelles, Irénée, Cont. Itset:, I, xxiv, 5, P. G., t. Yii, col. 678, ne tirent pas plus à conséquence que l'apostasie en temps de persécution; Agrippa Castor, dans Eusèbe, H. E., iv, 7, P. G., t. xx, col. 317; tout cela est indifférent. Elle peut s'abstenir de même des bonnes œuvres, en particulier des œuvres satisfactoires et du martyre. Clément d'Alexandrie, Strom., v, 1, P. G., t. ix, col. 13; Épiphane, User., XXIV, 4, P. G., t. XLi, col. 313. Le mariage n'est pas considéré comme une œuvre de Satan ; c'est un simple remède à la concniii-n lur, il.iiit on peut user ou s'abstenir sans incoiiK m. iii si:,.ia,, m, 1, P. G., t. viii, col. HOO. Du rt-t. I ,.|.i, nu- le bien, comme dit Isidore, il suffit de \uuluu- le faire. Strom., m, 1, ibid., col. 1101.
Une morale aussi relâchée ne pouvait que recruter de nombreux adhérents dans les bas-fonds de la Isociété. Présentée sous un appareil scientifique extraordinaire, elle était faite pour séduire les esprits enivrés d'euxmêm-es qui aiment à se distinguer de la foule et à se regarder comme des êtres supérieurs, d'ordre à part. Basilide traitait ceux qui ne partageaient pas sa doctrine de 'j'e; et de xÛveç. Épiphane, Bœr., xxiv, 5, P. G., t. XLi, col. 313. Connaissant bien son époque et tout ce
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Is de son temps, il > inc.inkiliuns il les invocations; XIV, .".. /'. (;.. 1. VII, col. 678; 2, P. G., t. xu, col. 309; il se ■ Abraxas, t. I, col. 121-1-24; tout iples et à titre d'appât. Il cherla curiosité, t-n s'eiilourant de --'I' I i-iiir., M II.' ,'..,,,! iiquant
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plusieurs degrés d initiation, à
révélation finale de la gnose. « Connaissez tout le
monde et ne vous laissez connaître par personne. » « Ne révélez ]■ -.cirl iiu:. un vu :i drux -ur ili\ millr. » Irénée, Coiii /i:i,.. I. wiv, r.. /', (;,. (. \ii.c,.| i;7;i: Épiphane, //,-,■, \M\. ."., ;■, (,.. I, XII, .■.ii, :ii;i. lùisèbe, H. E., IV, 7. 1'. (,., t, .\x. Col. J17. CU'Uiciit J .Vlu.\andrie nous signale une de leurs fêles, l'anniversaire du baptême de Jésus, qu'ils célébraient par une veille prépatoire, passée dans la lecture. Strom., I, 21, P. G., t. VIII, col. 888. C'était sans doute en souvenir du jour de l'illumination de Jésus.
IV. Critique du système. — Le système de Basilide peut passer à juste titre pour un délire d'imagination. Il pèche par beaucoup d'endroits et abonde, comme on a pu le voir, en erreurs et en contradictions. Les Pères en ont signalé quelques-unes. C'est ainsi, par exemple, que saint Irénée en a fiit n -~Miii blesse, selon la remar(|ij il. .m XXIV, 8, P. G., t. xu, col ;m; il damné l'immoralité. Au puuil iIl mi rédemptrice, il acculait le novat dilemme : ou c'est Simon de Cyrène quia été crucifié e dès lors ne prétendez pas que c'est le Christ qui a sauvé l'homiuo: .,11 c'. -I I.' CliLi^l qui :i saiivi' l'homme et dès lors cV.; . , .MO ,, i.oll. io,.ul -oiiil. Il, 76id., col. 317. Le dociioo.. ii|.|.]iiii.. I.i loil.nniii.iii et la rédemption coinluoiio lo ,lor. lisin... Cléiuoiit d'Alexandrie a réfuté en particulier l'enseignement de Basilide sur la préexistence, la prédestination et la nature de l'âme, ou plutôt de certaines âmes; il a montré, dune part, qu'en
folie et la fai [liphane, Hssr., '■paiement con- ■■cial de l'œuvre yplien
accordant à l'âme, en vertu de sa propre nature, l'élection, la connaissance de Dieu, la foi et la gnose, le rôle du Sauveur devient inutile, et d'autre part, qu'en déclarant nécessaire l'avènement du Sauveur, la prérogative d'une élection antérieure à l'introduction de l'âme dans le corps et indépendante de l'usage du libre arbitre n'a plus sa raison d'être. Strom., v, 1, P. G., t. ix, col. IS- IS, lia combattu aussi la théorie sur le martyre. Strom., IV, 12, P. G., t. VIII, col. 1293-1295. L'auteur des Philosophumena, se plaçant au point de vue philosophique, a surtout insisté sur la parenté du système avec l'enseignement aristotélicien, en montrant que les sophismes de Basilide ne sont que des emprunts faits à Aristote, Philos., VII, I, 14, p. 336, et quant au sens et quant aux termes. Philos., VII, i, 20, p. 343. Enfin, saint Épiphane a remarqué la dépendance du système de Basilide avec celui de ses prédécesseurs, Simon, Ménandre et Satornilus, qui sont très amplifiés, il est vrai, et comme noyés sous des images fantastiques et dans des songes fabuleux. Hier., xxiv, 1, P. G., t. xi.i, col. 309.
Au fond, malgré son apparence d'originalité et tout ce qui le distingue des autres gnostiques, Basilide a subi la mode de son temps qui était au syncrétisme. Son système n'est qu'un mélange de données chrétiennes et philosophiques, où se reconnaissent beaucoup plus les dogmes d'Aristote que ceux du Christ, comme disent les Philosophumena, VII, i, 14, p. 336, 'Apio-Toté/G-jç 8ÔY|J.«ta où' XpioToO, et où se retrouvent des influences indéniables soit de l'école pythagoricienne, Irénée, Cont. hser., I, ,\xiv, 7, P. G., t. VII, col. 679; Épiphane, Hser., xxiv, 7, P. G., t. XLi, col. 316, soit la philosophie orientale. Quelques idées, telles que l'idée du Dieu-néant, du fils des Archons plus grands que leurs pères, de l'ignorance finale, plus particulières à Basilide, semblent lui appartenir en propre; il n'en est rien. Elles lui viennent de l'antique Egypte, surtout du mythe d'Osiris et d'Horus, tel qu'il est décrit par Plutarque, De Iside et Osiride, xii-xix, édit. Dubner, Paris, 1841 ; c'est ce qu'a démontré M. Amélineau dans son Essai sur le gnosticisme égyptien, Paris, 1887. Le système de Basilide se réduit donc de la sorte à un vaste syncrétisme, où l'innovation a peu de part, mais où, en revanche, l'imagination, une imagination puissante, est presque tout.
V. Les basilidiens. — Étant donné que chaque disciple, par un excès d'émulation, cherchait à faire œuvre nouvelle et à dépasser son maître, il est difficile de faira la part exacte de ce qui appartient en propre à Basilide et de ce que ses disciples y ont ajouté. A n'accepter, comme l'a fait Hort, dans le Dictionarij of Christian biography, que la donnée des Philosophumena, pour y voir la pensée exclusive du chef, il ne faudrait retenir que l'Ogdoade et l'Hebdomade, et mettre sur le compte des disciples les 365 deux avec Abrasax, ainsi que le rôle spécial attribué au dieu des juifs, et les conséquences immorales. Mais c'est négliger les renseignements de saint Irénée et prêter aux Philosophumena une distinction entre le maître et les disciples, qui n'est pas nettement caraclc'risée. Les Philosophumena rapportant, en effet, lo ^v^h'in, do n.i^iliilo et de ses disciples, parlent do I i i,io,Hi.. . i .]. l llol.domade et aussi des 365 deux et .lAli oi\. -m- -p . iiior si ces derniers sont une a. M .111 -}-ioi,io iniiiiitif, due exclu-
Basilido Ml iii |i,i~ la vogue de V'alentin; il compta moins d. .Ii-oipl,- oolol.res, devenus à leur tour chefs di ~ioli - '-..il liis Isidore est le seul qui nous soit . iiMii III 11 -iode. Toutefois son influence se fit long- [. to|.- ~. iiiii i,iiioique confinée à l'Egypte, sa secle sur- \(oiit, s.iiiii Epiphane la trouva encore vivante au IV siècle dans le Delta du Nil. Saint Jérôme signale son infiltration chez les priscillianistes d'Espagne. Et Sulpice Sévère attribue l'importation de la gnose basilidienne