‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 218 sur 741 · BEDE LE VENERABLE · texte numérisé non relu

BEDE LE VENERABLE

passages difficiles du texte sacré, ou des homélies, destinées primitivement aux religieux de .Tarrow et vite répandues dans les autres cloîtres bénédictins. Selon Mabillon, nous n'avons plus de Bède que quarante-neuf homélies authentiques, P. L., t. xciv, col. 9-268; de ce nombre n'est pas la soi-disant homélie LXX, ibid., col. 450 sq., que le bréviaire romain fait lire le jour et dans l'octave de la Toussaint. Partout l'interprétation allégorique et morale prédomine ; les pensées et les textes des saints Pères fournissent la trame et le fond du travail. Dans la'matière de la grâce, Bède suit saint Augustin et le transcrit presque mot à mot.

Li^ .'. lil- I \ ■L'ii'iut's de Bède embrassaient l'Ancien el I' .\.i II, ! I -l;iiiient et formaient une somme bililÏMii '"1 l"iis ne sont pas parvenus jusqu'à

nous. r.ii\ i[iii -I ni publiés, J°. L.,t. xci-xcill, sont ou bien des résumés substantiels, clairs et méthodiques des commentaires antérieurs des Pères grecs et latins, ou bien des œuvres personnelles, dans lesquelles le sens allégorique et moral est recherché au détriment de l'interprétation littérale. Pour les détails, voir le Dicthninaire de la Bible, de M. Vigouroux, t. i, col. 1539-1541.

Aux œuvres théologiques on peut rattacher un Martyrologe en prose, où il est assez malaisé de reconnaître la main de Bède sous les retouches et les additions postérieures, P. L., t. xciv, col. 797-1148; - le Pénitentiel qui porte le nom de Bède, sans que celui-ci, dans le catalogue précité, en dise mot; voir Martène, Thésaurus nnvus anecdotorum, Paris, 1717, t. iv, p. 31-56; Mansi, Concil., supplément, t. I, p. 563-596; — le Liber de locis sacris, qui probablement ne fait qu'un avec l'abrégé, composé par l'infatigable travailleur, Hist. eccl., 1. V, c. xv-xvii, P. L., t. xcv, col. 256-258, du livre d'Adamnan, abbé d'Iona, De situ urbis Jérusalem.

2. Les ouvrages scientilîq'ies el Uttèraires sont au nombre de quatre : a. De orUwgraphia liber, P. L., t. xc, col. 123-150. — b. De arle metnca liber ad Wigbertum levitam, ibid., col. i49-176,'rédigés tous les deux par Bède à l'usage de ses disciples monastiques: le second offre, par les citations des poètr>= fliv-ti-ns bfin« «^oinmc par les explications que Bède . n ] i . i m : ,i 1 1 un !■ intérêt. — e. Un petit traité ili I !i II I [Il ji,i:,i|,; i -i intitulé 7)e .s'c/ie»)ia(is e( truies su ,, >,,,,,,, /.,. ibid., col. 175-186; l'auteur eu iiiipuir- Ifs pr.ceptes sur «les exemples de la Bible et y relève notamment, après Cassiodore, les beautés littéraires des psaumes. — d. Un autre ouvrage de la même classe a pour titre, X)ena/nra rerum, ibid., col. 187-278, et date de l'an 703. C'est un résumé méthodique et précis de ce qui survivait alors de l'astronomie et de la cosmographie des anciens, en même temps qu'un premier essai de géographie générale.

3. Les travaux chronologiijues et historiques de Bède sont d'une très haute valeur. En 703, le docte Anglo- Saxon prélude par l'opuscule De teniporibus, ibid., col. 277-292, à son grand ouvrage, De temporum ratiotte, ibid., col. 293-518, lequel en est une refonte et nous donne, au témoignage d'Ideler, Handbuch der Chronologie, 1. Il, p. 292, «un manuel complet de chronologie pour les dates et les fêtes. » Ici et là, Bède se prononce nettement contre le comput pascal des Églises d'Ecosse et d'Irlande, et tient pour le comput alexandrin, suivi par Denys le Petit. Au De temporum ratione il rattacha, en 725 et en 726, son Chronicon sive de sex œlalibus mundi, ibid., col. 520-571. Comme saint Isidore, il y divise l'histoire du monde en six âges; mais, à la différence de saint Isidore, il calcule les années depuis Adam jusqu'à Abraham selon l'original hébreu, non pas selon le texte des Septante. Saint Augustin est son guide, Eusèbe et saint Jérôme sont les sources auxanelles il se plaît à puiser.

Quelques années plus tard, Bède publiait son chef-

d'œuvre, cette HisUiria ecclesiastica gcntis Anglo)-um, P. L., t. xcv, col. 21-290, qui lui a mérité le titre de père de l'histoire anglaise et qui suffirait pour immortaliser son nom. Elle se partage en cinq livres; après être remontée aux premières relations des Bretons et des Romains et s'être faite comme l'écho de Gildas, d'Orose, de saint Prosper d'Aquitaine, elle prend vite une allure et un ton personnels et s'arrête à l'an 731. Les affaires de l'Église et les affaires civiles, les traditions religieuses et. les événements de tout genre y sont enchâssés dans une seule narration ; pas plus que saint Grégoire de Tours, Bède ne sépare les destinées des laïques et celles des clercs. Au fond, c'est une chronique, aussi bien que les ouvrages analogues des Grégoire de Tours, des Jornandès, des Isidore de Séville, des Paul Diacre, un recueil d'histoires, suivant l'ordre chronologique et d'après l'ère chrétienne. Mais les juges les plus compétents reconnaissent en Bède un chroniqueur instruit et pénétré du sentiment de sa responsabilité, un critique habile et pénétrant, un écrivain exact, clair, élégant, qui se lit avec plaisir et a le droit d'être cru. VHistoria ecclesiastica se continue, pour ainsi dire, et se complète dans la biographie des cinq premiers abbés de Wearmouth et Jarrow, que Bède avait tous personnellement connus. P. L., t. xciv, col. 713-730. Elle avait été précédée par un récit en prose de la vie de saint Cuthbert, que Bède ne tenait que des moines de Lindisfarne, et qui renferme, au milieu des miracles dont il fourmille, des détails assez curieux pour l'histoire des mœurs. Ibid., col. 733-790; Acta saitctorum, martii t. m, p. 97-117. La Vie de saint Félix, évêque de Noie, d'après les poèmes de saint Paulin, nous reporte à l'âge des persécutions. Ibid., col. 789-798. La Vie et passion de saint Anastase semble bien perdue.

4. Parmi les seize lettres que nous avons de Bède, l'une. De mquinoclio, est un opuscule scientifique; la lettre De Paschse celebrativne est reproduite deux fois, P. L., t. xc, col. 599-606; t. xciv, col. 675-682; une autre, Ad Plegwinut)!, s'élève contre la manie de vouloir déterminer l'année de la fin du monde, P. L., t. xciv, col. 669-675; sept sont adressées au plus intime ami de lauteur, saint Acca, et traitent de questions e.xégétiques; une est écrite à l'abbé. Albin, pour le remercier de son appui dans la composition de VHisloria ecclesiastica. Ibid., col. 655-657. La longue lettre écrite à l'ai-chevèque d'York, Egbert, est une espèce de traité sur le gouvernement spirituel et temporel de la Northumbrie; en jetant une vive et franche lumière sur l'état de l'Église anglo-saxonne, elle fait honneur à la clairvoyance comme au courage du Vénérable Bède. Ibid., col. 657-668.

m. Influence. — La renommée de Bède se répandit promptement de son pays natal dans' tout l'Occident, et ses ouvrages, qui prirent place dans les bibliothèques des monastères à côté de ceux des Ambroise, des .Jérôme, des Augustin, etc.* perpétuèrent son influence à travers le moyen âge. De son vivant, ses compatriotes, saint Boniface en tête, Epist., xxxviii, à Egbert, P. L., t. Lxxxix, col. 736, l'avaient tenu pour le plus sagace des exégètes. Lui mort, ses œuvres théologiques impriment à l'exégèse une impulsion vigoureuse et fraient la voie aux travaux d'Alcuin, de Raban Maur et de leurs plus illustrés émules. S. Lull, Epist., xxv, xxxi, P. L., t. xcvi, col. 841, 846; Alcuin, Epist., xiv, xvi, Lxxxv, P. L., t. c, col. 164, 168, 278. 279; Smaragde, CoUectaneum, pricf., P. L., t. cii, col. 13; Raban Maur, In Gen., P. L., t. cvii, col. 4i3 sq.; In Matth., ibid., col. 728 sq.; In IV Reg., piwf.. P. L., t. cix, col. 1; Paschase Radbert, Exposit. i» Matth., prol., P. L., t. cxx, col. 35; Walafried Strabou, Glossa ordinaria, P. L., t. cxiil, cxiv; Notker. De interpretibus S. Script., P. L., t. cxxxi, col. 996 Dès le temps de Paul Diacre, on se servait en nombre de cloîtres et notamment au iMont-Cassin des homélies de Bède. Dans son

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