‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 219 sur 741 · BEDE LE VÉNÉRABLE — BÉGHARDS, BÉGUINES HÉTÉRODOXES · texte numérisé non relu

BEDE LE VÉNÉRABLE — BÉGHARDS, BÉGUINES HÉTÉRODOXES

I)istiUition laïque, 1. I, c. xni, P. L., t. cvi, col. \'û- 148. etc., l'évêque d'Orléans, Jonas, rangera le moine de Jarrow parmi les Pères de l'Église, et le vieil auteur de VUéliand s'inspirera ici et là des commentaires sur saint Luc et sur saint Marc. Vers la fin du x' siècle, Adelfrid de Malmesbury ne se fera pas faute, dans ses deux premiers r.ecueils d'homélies, d'emprunter à Bède. Le diacre Florus de Lyon avait gagné, du moins en partie, sa réputationàremanierle A/artyco/ofife; ce Martvrologe, ainsi refondu, servira de base et de canevas, vers le milieu du ix» siècle, à celui de Raban Maur comme à celui de Wandelbert. Les liturgistes Amalaire de Metz, De eccl. of/iciis, 1. I, c. i, vii, viii; I. IV, c. i, m, IV, VII, P. L., t. c\\ col. 994, 1003, 1007, 1165, 1170, 1177, 1178; Florus de Lyon, De exposil. mUsse, P. L., t. cxix, col. 15; les théologiens et les canonistes, Loup de Ferrières, Epist., cxxviii, ibid., col. 603; Colleclaiieiini, col. 665; Rémi de Lyon, Liber de Irihus epist., c. VII, P. L.,X. c.xxi, col. 1001 ; llincmar de Reims, Èpisl. ad Carol, P. L., t. cxxv, col. 5i; De prœdeslinatione, c. XXVI, ibid., col. 270; les ascètes, saint Benoît, d'Aniane, Conrordia regtilarum , c. xxxvi, 6, P. L., t. cm, col. 1028 sq., recourent à l'autorité de Bède.

Les œuvres historiques de Bède seront également citées et mises à contribution. Paul Diacre, par exemple, dans son Histoire romaine et dans son Histoire des Lombards, prendra pour guide, entre autres, la Chronique; Frékulf et saint Adon au ix« siècle, Réginon de Priim au x', en relèveront et y puiseront à pleines mains. L'Histoire ecclésiastique sera traduite, hormis quelques coupures, en anglo-saxon par Alfred le Grand ; elle sera aussi la grande mine exploitée par Paul Diacre, dans sa Vie de saint Grégoire le Grand ; par .lean Diacre, cent ans plus tard, dans sa biographie du même pontife; par Radbod dans son panégyrique de saint Suitbert; par llucbald dans sa vie de saint Lébuin; et l'archevêque de Reims, llincmar, s'en autorisera pour publier les visions de Bernold. Raban Maur, dans son traité Du conipui, pillera des pages entières du De teniporum ratioiie. Adelfrid de Malmesbury à son tour traduira le Liber de temporibus, et le savant Héric d'Auxerre l'enrichira de ses gloses.

Les œuvres scientifîques et littéraires du moine de Jarrow ne resteront pas non plus sans influence. Le traité De Vortliographe marquera visiblement de son empreinte l'opuscule d'Alcuin sur le même sujet; et liridferlb, au x' siècle, devra sa réputation de mathématicien à ses gloses latines sur le De natura rerum et sur le De teniporum ratione, P. L., t. xc, col. 187 sq.

I. Éditions. — Les premières éditions des œuvres complètes de Bède, Paris, 1544, 1554 ; Bile, 1563; Cologne, 1613, 1688, fourmillaient de lacunes et d'erreurs. Grice aux travaux de Cassandrc, d'Henri Canisius, de Mabillon, etc., le tri de l'apocryphe et de l'anthpnlique s'est fait peu à peu ; les lacunes ont été comblées par d'heureuses trouvailles. Smith donna une meilleure édition A Londres en 1721 ; une autre, supérieure encore, bien qu'elle no dise pas le dernier mot, est celle de Glles, 6 vol., Londres, 1844, que Migne, P. L., t. xi:-xcv, a reproduite en la complétant. La meilleure édition partielle de VHiatoire ecclésiastique est celle de Robert Hussey, O.\ford, 1865. Mommsen a réédité à part le Chronicmt de sex xtatibus mundi. dans Monumenta germanica hislorica, Auctores anliquissimi, Berlin, 18!», t. XTV. La Vie de saint CuUibert a été éditée par les bollandistes, Aciii aanclonim, martii t. m.

II. Thavaux. — Protegomena de l'édition de Migne, P. L., I. xc, col. 9-124, où se trouvent réunies plusieurs vies do Bèdo, avec les jugemcntii de divers critiques; Gelilc, De Dcd.v Venerabilin vila et acriplis, Leydo, 1838 (dis.); Mcntalembert, /..««moines d-Occld<;,t, Paris, 1867, t. V, p. 59-1(rt ; Wemcr, Brda der Elirwùrdige imd sHnc Zeil, Vienne, 1881 ; A. Eberl, Histoire gcnirale de la littéralurn du moyen ih/c'cn Occident, Irad, franc.. Parla, 1883, p. 666-684; Kraus, Histoire de f Église, trad. franc.. 8- édil., Pari», 19(12, U il, p. 1(X1-1W ; dom Plaine, U Vinérablc Ilidr, docteur de l'Église, dans la Hevuc anglu-romaine, 1896, t. m, p. 49-96.

P. (iODKT.

BÉDÉ DE LA GOURMANDIÈRE Jean, jurisconsulte protestant, né en Anjou dans la seconde moitié du XVI' siècle. Il étudia à Genève et devint avocat au parlement de Paris. Il fut un des chefs du parti protestant et fut député par ses coreligionnaires à l'assemblée de Loudun et à d'autres réunions semblables. Parmi ses nombreux écrits nous mentionnerons : La messe en français, exposée par M. Jean Bédé, in-8», Genève, 1610, ouvrage traduit en anglais, in-4», Oxford, 1619; L'unité cathûlique, in-8». Saumur, 1610; Le droit des rois contre le cardinal Bellarmin et autres jésuites, in-S", Frankenthall, 1611 : écrit qui fut supprimé par ordre de la cour; Les droits de l'Église catholique et de ses prêtres, in-S», Genève, 1613; Consullat'wn sur la question si le pape est supérieur du roi en ce qui est du temporel, in-8», Paris, 1615; Réponse au libelle publié par les jésuites de Paris contre la dignité de la sainte Écriture, in-8», Charenton, 1618; Ceci est mon corjis, traité auquel est déduicte l'histoire de l'Écangile des grâces avec ses sceaux sacrés, in-12. Sedan, 1618; on lui attribue en outre : La Pasque de Charenton et la Cène apostolique avec la messe romaine, in-8", Charenton, 1639; Traité de la liberté de l'Église gallicane avec l'échantillon de l'histoire des Templiers, in-8">, Saumur, 1648.

C. Port, Dictionnaire géographique et biographique de Maine-et-Loire, 1878, t. i, p. 283.

B. llEfRTnr.rzE.

BÉGHARDS, BÉGUINES HÉTÉRODOXES. - I. Histoire. II. Doctrines.

1. Histoire. — Les origines et l'histoire entière des béghards sont passablement embrouillées.

Au début du .\iii« siècle, et déjà vers la fin du XIK, dans les Pays-Bas d'abord, puis un peu partout, en France, en Allemagne, en Italie, se formèrent des associations de femmes mi-laïques, mi-religieuses. Elles faisaient le vœ-u de chasteté, perpétuel ou temporaire. Libres de quitter la communauté, elles promettaient obéissance pendant la durée de la vie commune, sans que cette promesse eût nécessairement le caractère d'un vœu. On s'est demandé dans quelles limites elles professèrent la pauvreté, et de vives controverses se sont élevées sur la question suivante ; la mendicité fut-elle en usage parmi elles? Le résultat de la discussion parait être qu'il y a lieu de distinguer trois espèces de maisons : 1» celles qui abritèrent des femmes riches; la mendicité n'y fut pas admise, et même ces femmes conservaient généralement « la propriété et l'administration de leurs biens, dont elles pouvaient disposer en toute liberté, pendant leur vie et à leur mort », .l.-H. Alliancs, La vie de sainte Douceline, fondatrice des béguines de Uai-seillc, Marseille, 1879, p. lxiii; 2» celles qui avaient été dotées par leurs fondateurs et où se réfugièrent des femmes pauvres; la mendicité était interdite; 3" celles qui recueillirent des femmes pauvres et n'ayant pas de dotation particulière; la mendicité et le travail y assurèrent l'existence. L'afliliation, au xiv siècle, de la plupart de ces communautés aux ordres mendiants « leur imposa le vœu de pauvreté volontaire et le principe de mendicité ». H. Delacroix, Essai sur !,■ mi/xiicisme spéculatif en Allemagne au xiv siècle, l';ui-. 1899, p. 82, note. Les membres de ces associations se distinguaient, en outre, par un coslume spécial : la vie était simple, la prière fré<|uente, et l'on s'adonnait volontiers an devoir de l'hospitalité et au soin des malades. Lc-4 hommes ne tardèrent pas à imiter cet exemple; mais les connnunautés d'hommes eurent quelque chose de plus libre dans les allures, de moins rigoureux dans la discipline.

A ceux et à celles qui adoptèrent ce genre de vie — comme, du reste, à ceux qui vouèrent la chasteté tout en restant dans le monde — l'Kglise romaine « donna ofliciellemcnt le lilre de i:<)nlinentes... Les continents

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