S'exercer aux actes dos
BEGHARDS, BEGUINES HÉTÉRODOXES
toc
, licen-
Quod mulieris ad hoc natura non incliest mortale peccalum ; ; autem carnalis, cuni ad inclinet, peccatum
non est, maxime cum tentatur exercens.
8. Quod.in elevatione corporis Jesu Cliristi.non debent assui'gere. noc eidem re\er*?ntiam exliiliere, asserentes quod esset imperlectionis eisdem si a puritate et altiludine suîe contemijlationis lantum descenderent quod circa ministerium seu sacramentum eucliaristiaî, aut cii'ca passionem humanitatis Chiisti. aliqua cogitarent.
vertus est le propre de l'homme imparfait, et une âme parfaite se dispense de les pratiquer.
7. Embrasser une femme, quand la nature n'y incline pas, est un péché mortel ; mais un acte charnel, quand la nature y incline, n'est pas un péché, surtout quand celui qui fait cet acte est tenté.
8. Pondant l'élévation du corps de Jésus-Christ, on ne doit pas se lever ni lui donner des marques de respect: ce serait, affîi-ment-ils, une imperfection de descendre de la pureté et de la hauteur de sa contemplation pour penser au ministère ou au sacrement de l'eucharistie, ou à la passion de l'humanité du Christ.
(( Ces principes ne i-essHinlilpnt ]vio mal au quiétisrae de nos jours, » a 0I.--1 1 I iil nil. Histoire de la guerre des hussiles ■■: ,/,. Basle, Utrecht,
1731, M, p. 31. Cf., sin - I- M, \ . I Alùxamire. His(. eccies., Venise, 1778. I. 11 : ^■l>'.:r^\ -•, l' (|uiétisme a repris, sauf à les .Tlh iMi- ! 1 1 1- i|ui résu-
ment la doctrine des I m I , 1 1 ! -, à leur
tour, dépendent de rLUM i.iiaii!.: de- lïtic.-. du libre esprit, et peuvent être considérés cuiniiie une sorte de réduction des quatre-vingt-dix-sept propositions de la
secte de i espni et qui avaieril l'origine de c.
W. Preger, (.'. ailer, Leipzig, vent aussi dans
appoi
5 l'anonyme de Passau Albert le Grand. Sur f. les belles études de chen Mystikini Mittel- 7 propositions se trouon DoUiuger, Beilràge zur Sekten-
(/l'schichte des Mittelallers, Munich, 1S9U, t. 11, p. 395- 402. Aucune des formules condamnées à A'ienne ne contient l'affirmation directe de !'!.!■ nlil'' - nfre Dieu et l'homme, que l'on trouve dans I i ; : i. m ; .i - Jucuments relatifs au béghardisme; mai-, ' 1- n ment à la
fin, elle y est sous-entendue. L iM. e ImimIjih^ uiale c'est, conformément à ce qu'on lit dans 1 interrogatoire de Jean Hartmann, dans Dôllinger, Beitràge zur Sektengcschichle des Mitlelalters, t. Il, p. 384, que l'homme peut arriver à un état où units est cum Deo et ûeus cum eo uiuis absque omni distinctione. Il en résulte, au point de vue spéculatif, que l'homme peut s'élever à une perfection telle qu'un progrès ultérieur lui est impossible (a. 1), car Dieu ne progresse pas; que l'homme, dès à présent, peut jouir de la béatitude finale (a. 4), car il ne peut, dans l'autre vie, avoir mieux que l'identité aver Tiinii : qiip l'Iiomiiie n'a pas besoin de la lu-
uiiei. ; J.ii, I \,,ii Hieti et jouir de lui béatifi-
queiif !ii i-iii-^ii' Il Hiii , Usinent la créature intellectuelle -t lieiiln m. ii<, eii elle-même (a. 5), par le fait quelle est Dieu. On ne peut devenir plus parfait que le Christ (a. 1) ; tous les béghards ne seront pas de cet avis et, par exemple, Jean Hartmann niera que le Christ ait eu la liberté de l'esprit, dans Dôllinger, ibid., p. 387. Mais, si le Christ a été parfait, l'homme libre l'est autant que lui, et ce serait déchoir que d'abandonner les hauteurs de la contemplation pour arrêter sa pensée à la passion du Christ ou à l'eucharistie; il ne faut pas témoigner du respect à l'hostie consacrée au moment de l'élévation (a. 8). Selon la juste remarque de Delacroix, Essai sur le mi/sticisme spéculatif en Allemagne au A'/v siècle, p. 94-95, « ni l'ascétisme ni son contraire ne découlent nécessairement des principes panthéistes que la secte avait admis ; la liberté en Dieu peut être conçue aussi bien comme l'affranchissement de tout désir que comme le droit de laisser en le cœur affluer tout désir. » Les béghards hétérodoxes embrassèrent ce dernier parti, et conclurent de leur panthéisme
le droit et le devoir d'agir selon l'instinct et la passion. L'homme parfait est absolument impeccable (a. 1); comment ne le serait-il pas, dès lors que Dieu fait en lui toutes ses œuvres? H ne doit ni prier, ni jeûner, ni observer les commandements de l'Église ; il est délié de toute obéissance humaine, car où est l'esprit de Dieu là est la liberté ; la sensualité est tellement assujettie à l'esprit et à la raison qu'il peut accorder à son corps tout ce qui lui plait (a. 2, 3). Il n'y a donc pas de péché à commettre un acte charnel quand la nature y incline, quand la tentation y pousse; au contraire, le mulieris osculum, moins grave en lui-même que l'acte charnel, serait un péché grave si la nature n'y inclinait pas (a. 7). C'est le fait d'un homme imparfait de s'adonner à la pratique des vertus (a. 6). On a prétendu que les béghards avaient d'autres erreurs, qui « semblent imaginées pour justifier leurs principes contre les difficultés qu'on leur opposait : telle est la proposition qui dit que rame n'est point essentiellement la forme du coips; cette proposition parait avoir été avancée pour expliquer l'impeccabilité, ou cette espèce d'impassibilité à laquelle les béghards tendaient ; de l'expliquer, dis-je, en supposant que l'âme pouvait se séparer du corps ». Pluquet, Dictionnaire des hérésies, Besançon, 1817, t. i, p. 600. Tout cela est inexact ; la Clémentine sur l'union de l'àme et du corps, Clementinarum, 1. I, lit. m, De summa Trinitate et jide cathoUca, c. i, fut dirigée contre Pierre-Jean Olivi et motivée par les explications qu'il donnait en soutenant que le Christ n'était pas mort quand il reçut le coup de lance.
Loin de disparaître à la suite du concile de Vienne, les hérésies des béghards allèrent s'accentuant. L'édit de Jean de Dùrbheim, évêque de Strasbourg (1317), énumère un nombre considérable d'erreurs. La première, de laquelle toutes les autres procèdent, constate l'évèque, est un panthéisme, dont voici la formule : Dicunt se esse vel aliquos ex istis perfectos et sic tinitos Deo quod sint realiter et veraciter ipseDeus, quia dicunt se esse illud idem et unum Esse quod est ipse Deus absque omni distinctione. Ex hoc articula sequuntur multi alii articuli. Cf. Dôllinger, Beitràge zur Sektengeschichte des Miltelalters, t. 11, p. 389-390. Les blasphèmes contre le Christ et l'eucharistie abondent, l'existence de l'enfer et du purgatoire est niée, la bride est lâchée à l'instinct et à la passion, etc. Un demi-siècle plus tard, Berthold de Rohrback enseignait que l'homme libre n'a pas besoin de jeûnes et de prières; qu'il mérite plus de créance que l'Évangile, que le Christ, dans sa passion, douta de son salut, maudit la sainte V'ierge et la terre qui fut arrosée de son sang, etc. Cf. Raynaldi, Annal, eccl., an. 1353, n. 27. Mais ce qu'il importe de lire surtout, pour connaître les aberrations intellectuelles et morales des béghards, ce sont les interrogatoires de Jean de Briinn et de Jean Hartmann, publiés par W. Wattenbach, dans Sitzungsberichte der K. preussischen Akademic der Wissenchaften zu Berlin, 1887, et (le second) par DoUinger, Beitràge zur Sektengeschichte des iiittelalters, t. II, p. 384-389; il est impossible d'avoir des idées plus basses et d'agir plus vilainement. Est-ce à dire que tous les béghards hétérodoxes tirèrent des prémisses qu'ils admettaient toutes ces conséquences théoriques et pratiques? Non pas. Il y en eut certainement qui furent meilleurs que leurs principes. Mais, s'il n'est pas permis d'accueillir indistinctement tous les mauvais bruits qui circulèrent sur leur compte, si les accusations populaires dont ils étaient l'objet furent parfois aveugles et injustes, « des témoignages abondants et formels nous obligent à croire que, dans certains cas, du moins, les sectaires se laissaient aller à la plus grossière luxure. » Lca, Histoire de l'Inquisition, trad. Reinach, t. il, p. 428. L'extrême limite des débordements semble avoir été atteinte par la secte des turlupins, dans laquelle le pape Grégoire XI voit une variété de béghards. Cf.
ÎÉGHARDS, BEGUINES HETERODOXES
BELGIOUE
le D.-
A. Lolh. dans la