‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 224 sur 741 · TOT.\I · texte numérisé non relu

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L'histoire de la renaissance, de l'établissement et du développement rapide de ces nombreuses communautés religieuses en Belgique, depuis 1830 jusqu'en 1863, a été exposée au U' congrès de Malines par le savant bollandiste Victor de Buck. Voir Assemblée générale des catholiques eu Belgique, Bruxelles, 18t>4, t. 11, p. 273- 304. Le dévouement admirable des religieux et des religieuses surtout à soulager toutes les misères de rbumnniti., la prni'rosité des catholiques à faire des fondai!.. n- rh n iial.li.s, amenèrent le gouvernement à préseiili I .iii\ c.lLihil.ies, en 1857, un projet de loi qui, sous ciiiaiiu-v ciinililions, admettait les fondations de charité et les établissements de bienfaisance à s'établir avec des administrateurs particuliers. Ce n'était que juste et le résultat ne pouvait être que favorable aux pauvres en portant les riches à perpétuer leur nom par des fon-

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dations charitables. Mais le parti libéral, poussé par | les loges, cria au rétablissement de la mainmorte. Le peuple trompé méconnut ses intérêts et se souleva contre les coments. Le projet de loi fut retiré, le ministère libéral vint au pouvoir et le mouvement cessa. Depuis lors, les communautés religieuses ont continué de se développer et de se dévouer à la charité et à l'enseignement et n'ont plus été inquiétées malgré les efforts souvent renouvelés des loges. On peut voir une courte notice sur les communautés religieuses établies en Belgique, sur les œuvres auxquelles elles se vouent et sur le nombre de leurs maisons dans l'excellent ouvrage de l'abbé Ch. Tjnck, Notices historiques sur les congrégations et communautés religieuses du xix' siècle, Louvain, 1892.

IV. Missions. — La liberté d'association, garantie à tous les Belges sans distinction, a permis aux communautés religieuses non seulement de se vouer à toutes les œuvres d'enseignement et de charité que réclame la Belgique, mais encore aux missions. Les jésuites de la province belge ont obtenu la mission de Calcutta et du Bengale occidental qui est très florissante; ils ont à Calcutta un archevêque et un très grand collège; par ordre de Léon Xlll, ils ont érigé récemment un grand séminaire dans l'Ile de Ceylan; ils possèdent à Turnhoul une école apostolique, qui en 30 ans, a fourni plus de 300 missionnaires. Les capucins ont la mission du Punjab et un évêque à Lahoré; les conventuels sont en Herzégovine et à Jérusalem; les frères mineurs sont en Chine où le corps du P. Flavien, martyrisé, en 1899, a été retrouvé sans corruption quarante jours après son martyre ; ils ont une école apostolique érigée récemment à Selzaete; les Pères, dits de Picpus, ont les missions d'Océanie et une école apostolique récemment fondée à Aerschot sous le nom du père Damien, l'apôtre des lépreux de Molokaï.

Le séminaire américain, fondé à Louvain en 1857, pour fournir des prêtres séculiers aux États-Unis et dont les élèves suivent les cours de théologie à l'université, comptait, en 188i, deux archevêques et six évéques .lu concile de Baltimore et environ trois cents prêtres répandus dans les divers diocèses de l'immense république, tous sortis de ce collège. Depuis lors, il n'a cessé d'envoyer chaque année en Amérique de vingt à trente prêtres. On connaît le fécond apostolat du père Desmet parmi les Indiens des Montagnes-Rocheuses. C'est maintenant un évêque sorti du séminaire américain qui cvangélise ces sauvages.

En 1862, quatre prêtres du diocèse de Malines se réunirent à Scheut, près de Bruxelles, et fondèrent la congrégation du Cœur immaculé de Marie, pour les missions de Mongolie et de Chine. Leurs labeurs ont porté d'heureux fruits en Mongolie et dans le nord de la Chine. En 1891, la mission comptait 14 prêtres indigènes, 't séminaires et plus de (X) missionnaires. Kn 1001. les missions de Mongolie ont b(Miir..ii|i .nnllVii .11- .ni eu leurs martyrs, comme Ics.iiHi. i„i i n ,■ ' mm.,

l't depuis la paix, un missiunn l !i i

été massacré. Kn 1888, la cun^i .,.!.., , ,l, -, Im ,,l i,,, ordre de la Propagande et du pape, sauncxa le séminaire établi à Louvain par les évéques belges pour les missions du Congo. Depuis lors, la congrégation de Scheut n'a cessé d'envoyer chaque année plusieurs ouvriei-s évangéliques dans cette immense contrée. Le séminaire établi à Louvain pour les missions de Mongolie et du ConKo compte actuellement de trente à

liHiin i,ii^i,i,\ 1,1^,- Mjnt allés au Congo et se sunt . iilili .lin- .lui. i ni, districts : les Pères blancs au lac r.int<.iiiik.i. I.> pKiiiunlrés dans le Ouellé, les trappistes, le» réduiiiploristes et les jésuites occupent d'autres districts, de sorte qu'il y a actuellement au Congo quatre vicariat.s apostoliques. Les sœurs de la

Charité de Gand ont envoyé, en 1891, les dix premières sœurs pour élever les enfants nègres, les instruire et en faire des chrétiens. Les sœurs de Notre-Dame les ont suivies. Chaque année leur nombre s'accroît et avec elles le nombre de villages chrétiens de race noire. Ces religieuses aident puissamment les missionnaires dans leurs efforts pour civiliser et convertir les populations congolaises et les arracher aux marchands d'esclaves musulmans. Ce que les sœurs de la Charité et de Notre-Dame font pour le Congo, les fdles de la Croix le font pour Calcutta et les Indes, où elles ont dix maisons, et les ursulines de Thildonck pour Batavia. Enfin la Belgique contribue pour une large part à la subvention générale des missions par l'œuvre de la Propagation de la foi et par l'œuvre de la Sainte-Enfance, qui sont établies dans toutes les villes et dans toutes les paroisses des six évêchés du royaume. Voir sur ces missions Tynck, op. cit., p. 5, 14, 20, 25, 35-87, 52, et pour les détails les revues : Les mis.ûons de Mongolie et du Congo; L'œuvre du P. Damien; Le mouvement anliesclavagistc ; La mission du Kwango; les Annales de la Propagation de la foi; les Annales de la Sainte-Enjance,

V. Enseignement. — En accordant la liberté d'enseignement, le Congrès n'avait pas voulu mettre l'État hors du droit commun ; il avait décrété que l'État organiserait par de bonnes lois l'enseignement qui serait donné aux frais de l'État. Il est clair que l'intention du Congrès n'était pas de faire à l'enseignement privé une concurrence déloyale, mais plutôt de suppléer à son insuffisance et de le faire progresser par une noble émulation.

1" Enseignement supérieur. — L'État commença par l'enseignement supérieur. Une loi du 27 septembre 1835 érigea deux universités, l'une à G.ind, l'autre à Liège. Comme il n'y a pas de religion d'État, les deux universités de l'État n'ont que quatre facultés : le droit, la médecine, la philosophie avec les lettres, enfin les sciences mathématiques, physiques et naturelles; la théologie est exclue; elle est laissée au clergé à qui elle appartient de droit. Mais il ne s'ensuit pas que l'enseignement doive être neutre, car autre chose est de ne pas reconnaître de religion d'État et autre chose de déclarer l'État athée. Une école des arts et manufactures et du génie civil fut annexée à l'université de Gand et une école des mines et des arts et manufactures à l'université de Liège. Les évéques avaient devancé l'État. Dès le 4 novembre 183't, ils avaient érigé une université catlioli.|ii. .■. M.Iin..-, .11. 11., .■..iniii.n.ll .pi.- Ii-.iis facultés; l.i II. ....-: . ' . [.'II'. -..;.Im. .Il I. ih..-. I.'- sciences iiialli.'iii .': |M. -, ;.l.'.-i.;i. - . I M iiiM.'ll -, I.. 1 .l.'.cembre

de r^tiin. .■ -iir I.., .11. lui h in-i ,i l...u\Min et, en

vertu d'un couliat conclu avec la ville, installée dans quelques-uns des locaux de l'ancienne ^université. Elle fut complétée par l'adjonction des facultés de droit et .i m.'.l. . in.\ Le pape Grégoire XVI, par bref du 8 avril I- i; ni. Il -il la faculté de théologie à conférer les 1 , I .1 I .ihélier, de licencié et de docteur en théo- I ij i. I I . n ihuit canon. Le grade de docteur en théologie fut conféré pour la première fois en 1842. Le lauréat fut l'abbé Kempeneers, qui écrivit à ce sujet une savante dissertation De primalu romani ponti/icis. Ces grades ne procurent aucun avantage civil ; ils sont purement ecclésiastiques. Les loges maçonnicpies fondèrent presque en même temps l'université libre de Bruxelles, de sorte que, dès 1835, il y eut en Belgique quatre universités. Un jury central conférait les grades légaux de docteur en droit, en médecine, en philosophie et lettres et en sciences.

La loi du 15 juillet 1849 organisa plus complètement l'enseignement supérieur; elle fixa le programme des cours et des examens légaux. Les grades légaux furent désormais délivrés par un jury mixte, composé en nom-

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bre égal de professeurs de l'enseignement officiel et de l'enseignement libre avec un président choisi en dehors du corps enseignant. Ce jury, combiné de telle sorte que les professeurs de Louvain siégeaient alternativement avec ceux de Liège et avec ceux de Gand, dura jusqu'en 1876. La loi du 20 mai 1876 donna à chaque université le droit de conférer les grades académiques pourvu qu'elle satisfasse au programme légal; elle établit en outre un jury central accessible à lous. Les diplômes,

pour produire leur rii.-i ]■'■.:]. d.iiwiil T' iii.'ii[i,'>

par une commission -p il i|;i . i; ., , . j , , -, ; intions de la loi ontélc ^'^ i - \,ii ;;. /

arrêtés relali['s à /'. / • ^ , ' ■.:>/■,', ,,,,-, .imjc d.ju'^ SupjDlémeiils, liinv^M. \^s\-iSSS; Annuaire de l'univers, cath., ;in i ^: i Is77. La loi du 10 avril 1890

apporta de i;i.iiiiN . liiii^^iuents au programme des examens, scinda k- doctorat en philosophie et lettres et établit des grades légaux pour les ingénieurs. Annuaire cité, an. 1891.

2» Université catholique de Louvain. — Grâce à la fidélité du gouvernement à observer, dans ses lois sur l'enseignement supérieur, la lettre et l'esprit du pacte fondamental, l'université catliolique a pu se développer rapidement et parvenir à l'état florissant où nous la voyons après soixante-huit ans d'existence. Commencée à Malines, en 183i, avec trois facultés et 86 élèves, elle s'est complétée à Louvain l'année suivante. Ses progrès furent si rapides qu'en 1840 elle comptait déjà 644 élèves. Ces succès engagèrent deux membres de la Chambre des représentants à proposer, pour la nouvelle université, la ppr<:onnalit.' rivile. Mais le parti libéral agita avec tani -I. vj-li ik. I,- spectre de la mainmorte que le projet lu! n. lii- . \ii|..uid'hui les loges voudraient obtenir la purNuimalit.. cimIo pour l'universiti' libre rt elles engagent l'université catholique à ^r iihii.Ii r ù rll,s pour obtenir la même faveur; mais le iniiii-i. n . Jh,,lique ne se montre guère empressé «le >.iii.|,iii, .i n lie demande. Cependant l'univorsité ratlioliqui' routiaue sa marche ascendante. Iir^ Is:'^'^, ,!],■ .i ajnnl.- a son programme des cours de laii^m ~ v. iiiiii.|iii - ri Ijientôt paraissait la Chreslnniaihu' r.n^i.muM ri , linblaica de Beelen, Louv.iiM. lsil-|s;:;, l,. |iivi,iirr .niM-a-e de ce genre qui eu I -.n !-• |.hi,,ii In.]^,,,,,,. ,|,.|m,i. la révolution franyainr lii.ni.a I \,m. x ail Ir^ cours de

sanscrit et daiiu, uien. l'iu, lard l.'S r.aii- ,lr ^\riaqiip, d'arabe, de zend et de copie vinreiil ~\ junaliv lai même temps il se forma une société' (!.■ hii. lainn li mçaise et une société de littérature tlaman.le: daulies sociétés scientifiques, religieuses et charitables se sont formées par après au sein de l'université. Sur les instances du premier congrès tenu à Malines, en 1863, une école du génie civil, de l'industrie et des mines fut annexée à la faculté des sciences. Quelques années plus tard on ajouta une école d'agriculture et en 1901, un institut électrique ; dans l'intervalle on y joignait les étudia |ii ilh|n,^ an\ (oiir^ lliéoriques et l'on organisait <les LiIh.i ,i[mii '. d. iliiiiii,'. lie pharmacie, de biologie,

d'-'"'' '■ ■ 'I' i' '■ I' ii-l-:-ie. En 1882, sous l'impulsion

de L.iiii \lll, rLii.sLi.^iuiuent de la philosophie selon saint Thomas fut organisé; c'est aujourd'hui l'Institut et le séminaire Léon-XIII. Enfin l'importance qu'ont acquise, dans ces derniers temps, les sciences sociales et commerciales , r ii ,i,ii. er ù la faculté de droit une école des sei. i , , , et sociales et une école des

sciences conm i , i ,|, - , i misulaires.

De la sorte I uiiilisii: calliolique est véritablement, comme on disait au moyen Age, une universilas studiorum. V Annuaire de l'université pour il903 donne les noms du recteur, du vice-recteur et des 97 professeurs qui forment le corp- i, id- nd-iie a\ec le programme détaillé des cours. I. - , maires se font en trois années comme d,i , es,

Le nombre des élev, - .[ui ,,ni -imi les cours, en 1902,

est de 2011, répartis ainsi : théologie et droit canon 116; droit : 378; médecine ; 408; philosophie et lettres : 260; sciences : 293; écoles spéciales : 556. Sur ce nombre, 1094 ont obtenu devant les jurys d'examens un diplôme légal, 62 le diplôme de docteur en droit, et 59 le diplôme de docteur en médecine, chirurgie et accouchements. Les grades délivrés aux élèves en théologie, aux étrangers, aux agronomes, ne sont pas compris dans ce nombre. Le doctorat en théologie et en droit canon s'obtient après six années d'étude, par les élèves qui ont déjà terminé leurs études théologiques dans un séminaire. Souvent les évêques reprennent leurs jeunes prêtres avant qu'ils aient terminé. C'est ce qui explique le nombre relativement restreint de docteurs en théologie et en droit canon. Depuis 1841 jusqu'en 1902, on compte 36 docteurs en théologie, 154 licenciés et 421 bacheliers, 17 docteurs en droit canon, -48 licenciés et 115 bacheliers. Le doctorat exige l'étude approfondie et imprimée d'une question de théologie ou de droit canon. Dans les 54 dissertations doctorales toutes les branches de la théologie sont représentées : Écriture sainte, les Tliéophanies, Ph. Van den Broeck (1851); VÉpître de S. Jacques, A. Liagre (1860) ; l'Origine des Évangiles, .T.-F. Demaret (1868); l'Inspiration, G.-h Crets (1886); l'Autorité du livre de Daniel, A. Hebbelynck (1886); l'Auteur du IV' Évangile, A. Caraerlynck (1899); l'histoire du texte des Actes des Apôtres, H. Coppieters (1902); dogmatique, l'Unité de l'Église, C. de Blieck (1847); la Méthode en théologie, N. Laforêt (1849) ; la Primauté du pape, A. Kempeneers (1841); son Infaitlibilité, L-E. Hizette (18831: ÏÉpiscopat de saint Pierre ù Rome, M. Lecler iISS^ ; l}nriru,e d'Adrien VI, E. Reusens (T862I; le Mir.irir. AI. Van Weddingen (1869); la Connaissance naturelle ./e liiei,, C. Lucas (1883), la Procession du Saint-Esijril a Filio, Ad. Vander Moeren (1865); la Création ex nihilo, A. Van Hoonacker (1886); l'élévation de l'homme à l'ordre surnaturel, J.-L. Liagre (1871); le Péché originel, J. Thys (1877); le Sort des enfants morts sans baptême, F.-C. Ceulemans (1886) ; la Prédestination, P. Mannens (1883); la Foi divine, H.-J.-T. Brouwer (1880); la Confession sacramentelle, O.-F. Cambier (18&4); le Goui'emement ecclésiastique d'après les Pères, L.-J. Lesquoy (1881) ; l'Origine de l'épiscopal, A. Michiels (190(5); le Sacrifice de la messe, H. Lambrecht (1875); la Foi des Syriens à l'eucharistie, T.-J. Lamy (1859); l'HyperduUe, A. Haine (1864); la Résurrection des corps, L.-J. Mierts (1890); la Liberté civile, A. Knoch (1895); morale, le Doute en morale, G.-J.,Wafrelaert (1880) ; le Prêt à in lérêt,\an Roey (1903) ; patrologie, Jacques de Saroug, J.-B. Abbeloos (1867) ; Aphraates, J. Forget (1882) ; /saac le Ninivite, J.-B. Chabot (1892); S. Pachome, P. Ladeuze (1898); Jean Van i}uys6)oec&, A. Auger (1892); ApoHi/iai)e,J. Voisin (1901). Toutes ces dissertations, sauf celles de Ladeuze et de Voisin, sont en latin, langue dont s'est servie la faculté de théologie pour toutes les branches, sauf pour le droit civil ecclésiastique, jusqu'à la fin du xix' siècle. En droit canon, nous trouvons les dissertations suivantes : Mariages mixtes, H. Feye (1847); Situation des curés, V. Houwen (1848) ; Empêchements de mariage, A. Heuser (1851); Oratoires privés et publics, A.-C. Van Gameren (1861) ; Sépultures et cimetières, F. Moulart (1862) ; Résidence des bénéficiers, L. Henry (1863); Droit de l'Eglise sur ies universités, P. de Robiano (1864); Vicaire capitulaire le siège vacant, H.-J. Hermès (1873); Séminaires, B. T. Pouan (1874) ; Placet royal, A. MuUer (1877) ; Concordats, M.-B. Fink (1879) ; la Coutume en droit canon, J. Bauduin (1888) ; le Droit de l'Église d'acquérir et déposséder, C. Scheys (1892); Conflits de juridiction au diocèse de Liège, le Droit de l'Église de posséder sous les Mérovingiens, A. Bondroit (1900). Les évêques de Belgique envoient aussi des jeunes prêtres suivre les cours de la faculté de philosophie et lettres et prendre

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le titre de docteur pour enseigner les humanités dans les collèges ôpiscopaux ; quelques-uns prennent le doctorat en sciences physiques et mathématiques ou en sciences naturelles pour l'enseignement de ces sciences dans les cours professionnels et dans les petits séminaires. Voir les Annuaires publiés depuis 1837; L'université de Louvain, Bruxelles, 1900; Université catholique de Louvain. Bibliographie, 183i-1899, Louvain, 1900; supplément, 1901.

3» Enseignement moyen. — La loi du 1" juin 1850 a organisé l'enseignement moyen et de nombreux arrêtés royaux ont réglé les détails. Cet enseignement comprend deux degrés : 1" les athénées royaux et les collèges; 2» les écoles moyennes. Les athénées sont actuellement au nombre de 19 : ils ne peuvent pas dépasser le nombre de 20. Le programme des études comprend sept années ; à partir de la classe de cinquième commencent les humanités latines qui se poursuivent jusqu'en rhétorique. Ces éludes humanitaires sont exigées pour l'entrée à l'université des jeunes gens qui veulent obtenir le grade de docteur en philosophie et lettres, en droit et en médecine. Les petits séminaires, les collèges épiscopaux et les collèges des jésuites suivent le même programme et sont admis aux universités aux mêmes conditions. A côté des humanités latines, il y a les études professionnelles pour les jeunes gens qui se destinent au commerce et à l'industrie ou qui ne cherchent pas une formation littéraire aussi parfaite. Ces mêmes cours se donnent dans les collèges du clergé, mais non dans les petits séminaires, qui sont, avant tout, les pépinières du sacerdoce. Le grade de docteur en philosophie et lettres, ou en sciences pour les mathématiques, est requis pour obtenir le professorat dans les athénées. Un cours de religion, donné par un prêtre désigné par l'évéque, fait partie du programme. Il en est de même pour les écoles moyennes du degré inférieur. Le gouvernement nomme les professeurs de ses établissements : il a des inspecteurs pour les surveiller et un conseil de perfectionnement présidé par le ministre et composé de huit à dix membres pour examiner les méthodes, les programmes, les livres destinés à l'enseignement ou aux distributions de prix, en un mol tout ce qui concerne le progrès des études. Les écoles moyennes du degré inférieur comprennent un cours d'études de trois ans et sont comme le couronnement des études primaires pour les jeunes gens qui ne veulent pas faire les études professionnelles. La religion fait partie du programme. Depuis 1881 il y a aussi des écoles moyennes pour filles ; l'État peut établir cent écoles moyennes pour garçons et cinquante pour filles. Le cours de religion est obligatoire. Le clergé a aussi quelques écoles du même genre pour les garçons et de très nombreuses pour les filles.

i" Enseignement primaire. — La loi du 23 septembre 18i2 a organisé l'enseignement primaire, huit ans avant l'organisation de l'enseignement moyen. D'après celte excellente loi transactionnelle, qui a régi l'enseignement primaire jusqu'en 1879, la religion de la majorité des élèves fait nécessairement partie du programme; les enfants qui appartiennent à un autre culte sont dispensés d'assister aux leçons de religion. Le parti libéral, arrivé au pouvoir en 1879, supprima celte loi et éublil l'école neutre par la loi du 1" juillet 1879. Cette loi fut combattue avec une énergie indomptable par le clergé, qui s'imposa les plus lourds sacrifices pour créer, avec le concours des fidèles, dans toutes les paroisses, des écoles catholiques. L'opposition porta ses fruits; le ininislère libre-penseur fut renversé. La loi de I8V2, rétablie avec quelques changcmenLs par le nouveau cabinet, est devenue la loi du 20 septembre I88i, qui régit aujourd'hui l'enseignement primaire. Voici les principales dispositions de celle loi.

Il y a dans chaque commune au moins une école

communale, établie dans un local convenable. La commune peut adopter une ou plusieurs écoles privées et être dispensée de fonder une école communale, à moins que vingt chefs de famille ayant des enfants en âge d'école n'en réclament une pour l'instruction de leurs enfants. Les écoles primaires communales sont dirigées par les communes, qui nomment les instituteurs munis du diplôme requis. Les enfants pauvres reçoivent l'instruction gratuitement. Les communes peuvent inscrire l'enseignement de la religion et de la morale en tête du programme de toutes ou de quelques-unes de leurs écoles primaires. Cet enseignement se donne au commencement ou à la fin des classes ; les enfants dont les parents en font la demande, sont dispensés d'y assister. Si, malgré la demande de vingt chefs de famille ayant des enfants en âge d'école, la commune refuse d'inscrire l'enseignement de leur religion dans le programme ou met obstacle à ce que cet enseignement soit donné, le gouvernement peut, à la demande des parents, adopter une ou plusieurs écoles privées à leur convenance. L'instituteur doit ne négliger aucune occasion d'inculquer à ses élèves les préceptes de la morale. Les catholiques ont établi des écoles normales pour la formation des instituteurs et des institutrices; l'État a aussi ses écoles normales. Un prêtre y donne les leçons de religion. Un jury déli\Te les diplômes. Dans les grandes villes, comme bon nombre d'instituteurs n'oIVrent pas les garanties voulues au point de vue religieux, les catholiques maintiennent leurs écoles privées. .K la campagne le plus grand nombre des écoles de filles est tenu par des religieuses. Les catholiques ont fondé en beaucoup d'endroits des écoles de laiterie, des écoles ménagères, des écoles de couture, généralement annexées à des pensionnats. Voir les Rapports triennaux sur l'enseignement supérieur, moyen et primaire.

VI. Congrès et œuvres socules et charitables. — 1» Congrès catholiques. — A l'exemple des grandes réunions catholiques de l'Allemagne et de la Suisse, un certain nombre d'hommes d'œuvre, encouragés par le cardinal archevêque de Malines et par plusieurs évêques, invitèrent les catholiques belges et étrangers, dévoués aux œuvres, à se réunir à Malines en congrès « à l'effet de se rendre compte de la situation des œuvres, d'aviser aux moyens de les protéger, de les développer et d'étendre leurs bienfaits, et d'unir tous leurs efforts pour la défense et le triomphe des intérêts et des libertés catholiques ». Statuts, a. l«^ Les discussions politiques et théologiques étaient formellement exclues. Le congrès se réunit à Malines et siégea du 18 au 22 aoùtl863. Il eut un très grand succès. Les rapports qu'on lut sur les œuvres existantes, les discussions auxquelles elles furent soumises et les vœux qu'on émit ranimèrent les œuvres anciennes et en firent surgir de nouvelles. Il donna l'élan au séminaire américain de Louvain et aux missions de Mongolie qui venaient d'être créés. C'est au congrès de 1863 que furent décidées la création des écoles spéciales pour la formation des ingénieurs à l'université de Louvain, l'association des anciens étudiants de l'université catholique, qui a donné naissance à toutes les associations du même genre pour les collèges et séminaires, la création des cercles catholiques et d'autres œuvres de moindre importance. Ce congrès eut un grand retentissement. L'éloquent discours du comte de MonU'ilembert sur L'Église libre dans l'État libre, qui remua profondément ses 4 000 auditeurs, susciU\ une vive et longue polémique dans les journaux catholiques à raison de quelques idées du grand orateur sur les libertés modernes. La polémique sur ces libertés devint plus vive encore lorsque l'année suivante parut l'encyclique Quanta cura, à laquelle était annexé un Syllabus des erreurs condamnées par Pie IX. Elle s'est éteinte après la publication de l'encyclique de Léon XIII sur

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la Constitution civile des États et du gouvcnwmeut clirélien de la société domestique et civile.

Une seconde session eut lieu à Malines Tannée suivante. En l'ouvrant le cardinal arclievèque eut soin de rappeler que l'assemblée des catholiques ne s'associe à aucune école, à aucun parti, mais qu'elle adopte la grande règle de saint Augustin : In necessariis imitas, in diibjis Ubertas, in onuiibns cliaritas. Les membres de cette assemblée devaient donc être unanimes pour professer les dogmes de la foi catholique et obéir à ses lois; mais pour les opinions tolérées par l'Eglise ils restaient libres de penser comme ils l'entendaient. Cette session, dans laquelle M'J' Iiupanloup parla de l'enseignement populaire, ne fit pas surgir d'œuvre nouvelle, mais elle donna une grande impulsion au Denier de Saint-Pierre, à l'Œuvre de Saint-François-Régis, aux sociétés de secours mutuels qui ont pris un si grand développement dans ces dernières années, aux palronagef:, i la réglementation du travail des femmes et des enfants dans la grande industrie et aux œuvres antialcooliques; il insista aussi sur les œuvres d'enseignement, particulièrement sur le développement des écoles professionnelles et des garderies.

Une troisième session eut lieu dans les mêmes locaux en 1867; elle n'eut pas un moindre retentissement que les deux précédentes. Toutes les œu\Tes de sanctification, de charité, d'enseignement, d'art religieux et d'économie sociale eurent des orateurs pour les recommander. Jlais le congrès attira particulièrement l'attention de ses membres sur la question ouvrière et sur les nombreuses œuvres qui s'en occupent. La sanctification du dimanche, les associations de production et de consommation, les coopératives, les caisses d'épargne et d'assurances sur la vie, toutes ces questions qui préoccupent aujourd'hui si vivement le gouvernement, les économistes et tous les bons citoyens, furent déjà examinées, et différentes œuvres qui s'occupent du bienêtre et de la moralisation de l'ouvrier furent recommandées. Voir Assemblée générale des catholiques en Belgique, 1«, 2= et 3« session, à Malines, 5 in-S», Bruxelles, 1864-1865, 1868.

Tout ce qui concerne la question ouvrière fut repris et discuté plus en détail au Congrès des Œun-es sociales, que Uo' Doutreloux, évêque de Liège, tint dans sa ville épiscopale du 26 au 29 septembre 1886. Les nombreuses agglomérations ouvrières que les charbonnages et la grande industrie ont réunies autour de Liège et la nécessité d'opposer une barrière aux Ilots montants du socialisme donnaient une grande opportunité à ce congrès. Il fut divisé en trois sections : œuvres religieuses, œuvres économiques, législation. Il est nécessaire de soustraire les œuvres économiques à l'inlluence néfaste du socialisme; le congrès s'en occupa spécialement et donna une vive impulsion aux syndicats agricoles, aux banques populaires et surtout aux caisses Raifleisen, aux corporations ouvrières et chrétiennes, comme celle du Val-des-Bois de M. Harmel. Un second et un troisième congrès furent tenus à Liège dans les années suivantes. Le troisième, conformément au désir du souverain pontife, s'occupa de la question des salaires. Des réunions de Liège sortit l'institution des Aumôniers du travail, établis à Seraing. D'autres congrès du même genre eurent lieu à Namur, à Malines, à Nivelles, à Charleroi et s'efforcèrent de combattre les ravages que font, parmi les ouvriers, le socialisme, l'alcoolisme et l'irréligion.

De son côté, le gouvernement n'est pas demeuré inactif; il a pris sous sa protection les caisses d'épargne et de retraite; il les a instituées partout; il a pris diverses mesures pour faciliter et favoriser l'érection et l'acquisition des maisons ouvrières; il a augmenté les salaires des ouvriers des chemins de fer, assuré, dans la mesure du possible, le repos dominical pour ses employés,

augmenté la rémunération des soldats; il a constitué en 1895 le ministère du travail, auquel on doit déjà les largesses budgétaires accordées aux mutualités, l'inspection des usines, l'enquête sur le travail du dimanche et sur le travail des femmes, enfin la loi sur les pensions de vieillesse; il a établi les conseils formés de patrons et d'ouvriers pour prévenir les grèves.

Grâce aux efforts réunis du gouvernement, du clergé et des hommes d'œuvre, il existait en Belgique, au 31 décembre 1900, 626 syndicats ou ligues agricoles, comptant 45 059 membres, dont les œuvres principales sont les laiteries coopératives, les assurances du bétail, les achats en commun des engrais chimiques, les caisses Raiffeisen.

2" Congrès eucharistiques. — La dévotion au Saint- Sacrement est toujours très vivante en Belgique ; c'est une sainte de Liège, sainte .lulienne, qui a suggéré à Urbain IV l'établissement de la Fête-Dieu; c'est à Liège qu'ont eu lieu les premières processions et l'établissement des trois jours d'adoration dits des quarante heures. C'est à Mo"^ Doutreloux, évêque de Liège, que revenait l'honneur d'être le président permanent et l'àme des congrès eucharistiques. Quatre se sont tenus en Belgique : à Liège en 1883, à Anvers, à Bruxelles et à Namur. Deux cardinaux, le nonce apostolique, vingt évoques et plus de quatre mille membres ont assisté à ce dernier congrès, tenu du 13 au 18 juillet 1898 et terminé par une procession d'une magnificence extraordinaire. Toutes les questions concernant la dévotion au Saint-Sacrement y furent examinées. On peut en avoir le résumé dans le gros in-4" intitulé : Xi« Congrès eucharistique international, Bruxelles, 1898. Le congrès, tenu à Namur du 3 au 7 septembre 1902 sous la présidence de Ms> Ileylen, avec l'innombrable procession qui l'a terminé, a laissé un souvenir ineffaçable.

3» Nous ne devons pas omettre le III' Congrès international des catholiques qui s'est tenu à Bruxelles en ' 1894, dans lequel les questions les plus variées concernant les sciences religieuses ont été traitées par les savants nombreux qui s'étaient rendus à cette assemblée qui eut un légitime retentissement dans le monde instruit. Le Compte rendu forme 9 in-8», Bruxelles, 1895.

VII. Sciences sacrées. Publications. — Les guerres du commencement du xiX"^ siècle, les tracasseries du gouvernement hollandais, la fermeture des séminaires, la suppression des ordres religieux et le petit nombre des prêtres, tous absorbés par les travaux du ministère, firent que les publications religieuses furent presque nulles depuis le commencement du siècle jusqu'en 1830 et de même dans les dix premières années de l'émancipation ; mais depuis lors elles ont pris un magnifique essor; dans ces dernières années elles ont été aussi variées que nombreuses. Elles sont surtout sorties de deux grands centres d'érudition : l'université catholique de Louvain et la Société de Jésus. L'Académie royale et les trois universités de Bruxelles, de Gand et de Liège [sont aussi des foyers littéraires et scientifiques, mais la théologie en est exclue.

1» Écriture sainte. — Jean-Théodore Beelen, né à Amsterdam, le 12 janvier 1807 et mort à Louvain le 31 mars 1884, suivit à Rome les cours d'exégèse et d'hébreu du P. Patrizzi et fut nommé professeur d'Écriture sainte et de langues sémitiques à l'université que les évêques belges venaient de fonder à Louvain. Il fit renaître les langues orientales en Belgique. Dès 1841, il publiait sa Chrestomathiarabbinicaet c/iaidaica, 3 in-8», Louvain, 1841-18i3, qui renferme entre autres un dictionnaire des abréviations rabbiniques, le plus complet que nous possédions. Cet ouvrage fut suivi d'une dissertation latine où il soutient l'unité du sens littéral dans l'Écriture sainte, Louvain, 1845, puis de commentaires latins sur l'Épitre aux Philippiens, Louvain, 1849, 1852, sur les Actes des Apôtres, 2 in-12, Louvain, 1850-

BELGKJl'E

1851, et surTÉpitre aux Romains, Louvain,185i. Ce dernier a fondé la réputation exegétique du professeur de Louvain. Beelen s'attache surtout à mettre en lumière le sens littéral et à le démontrer par l'examen philologique du texte original sur lequel il s'appuie principalement sans négliger cependant les autres secours que fournit l'exégèse catholique. Trois ans plus tard il publia sa Grammalica grtscitatis N. T., l.ouvain, 1857. C'est l'ouvrage de Winer corrigé. Le savant exégète a consacré le reste de sa vie à la traduction flamande avec commentaire de tout le Nouveau Testament d'après la Vulgate en tenant compte du texte original. Cette nouvelle version, approuvée par tous les évêques belges et reçue avec joie par le peuple flamand, parut à Louvain de 1860 à 1866 en 3 in-iS»; 2'' édit., 1892. L'auteur y ajouta : les Kpîtres et Évangiles des dimanches, des fêtes et du carême, 2 vol., Louvain, 1870-1871; les Psaumes, 2 in-8», Louvain, 1878; les Proverbes, l'Fxclésiaste, la Sagesse, riicclésiastique, i in-S», Louvain, 1879-1883. Une société d'exégctes flamands, Van de Putte, Cornaerl, Dignant, Corluv, Hagebaerl. a traduit le reste de l'Ancien Testament," Bruges, 1«)(M8!)7.

A l'école de lîoolen, qui est celle des grands exêgètes des XVI' et xvii' siècles, appartiennent : J.-B.Van Steenkiste, Commentai-, in Matlh., 4 in-8», Bruges, 1876; 3" édit., 1880-1882; in Actus Apost., 5» édit., Bruges, 1897; in Epist. Panli, G' édit., 2 in-8», Bruges, 1899; in Epist. cath., 3' édit., Bruges, 1893; in Psalm., 3« édit., Bruges, 1886; A. Liagre, professeur au grand séminaire de Tournai depuis 40 ans, CommeiHarius in libi-os histor. N. T., 2= édit., 3 in-8". Tournai, 1899; in Epist. S. Jacobi, in-8», Louvain, 1860; T.-J. Lamy, auteur du présent article, Commentar. in Genesim, 2 in-8». Matines, 1883-188't; ce commentaire, traduit en français avec quelques addition . - 'i' [inlli' < n nrtieles séparés dans Le pré// V, Ih l'iT ' sur VExode, ibid., iS<^S-\m':^ : \ >.

ibid., en cours de publication . n ]'.'<:: , I i-

lypse, iftirf., 1893-1894; Questions ari„cll,<s cV r.rrilin-e sainte, ibid., 1899-1902; Introdiwtio in S. Script., 6" édit., 2 in-8°, Malines, 1901 ; cet ouvrage sert de manuel dans trois diocèses de Belgique; F.-C. Ceulemans, professeur au grand séminaire de Malines, Jii r/iiatKnr Evangelia, 3 in-8», Malines, 1899-1901 ; In Epist. ad Rom. et Gai., Malines, 1900; In Psalmas, Malines, liKlO; L. Van Ongeval, professeur au grand séminaire de Oand, In Mallhamni et Ecclesiasten , 2 in-8», Gand, 1900. Le Siiii ilrginm dngniatico-biblictim , commentaire sur les principaux endroits dogmatiques des Saints Livres, 2 in-8», Gand, 1881-, du P. Corluv, S. .1., et son Cnmnirnlar. in Jnan., 2" édit., Gand, 1889, sont écrits dans le même esprit. 1".-X. Schonppe a écrit un cours élémentaire d'Écriture sainte et de dogmatique plusieurs fois réimprimé et divers ouvrages de piété. Le Commenlarins in Epist. ad Hebr., Gand, 1902, du P. C. lluyghe, se rapproche davantage de la nouvelle critique. Les ■nouvelles éludes sur la restauration juive d/x/s l'cril de Babylone, Paris, 1896, d'Albin Van lloonacker, et /.e sacerdoce lêvitiijuc dans la loi et duns l'histoire des Hébreux, Londres, 1899, du môme professeur, rentrent dans le genre des travaux de l'école dite critique.

2» Tliéologie dogmatique. — Le Manuel de théologie de P. Dcns, résumant par demandes •■( pir ri'pnii^fs toute la Somme de saint Thomas, servil i / 1 n t mps

après 1830 de livre classique dans les -imhI nii .;

de Bclgi(|ui'. Il ••■-I encore le manuel mh.i m i n I /-

minaiii- t\'- Milini ~, mais il a été ni K' 'i un. Iri

desil.liiiii - iln r'nncile du Vatican ri ,1. ,nii. .\.,-

cuiiic-nl- |iMniilir,,iix. ,.n sorte (|u'il i'>.l nu- m inl

des piuijic.-, (li: 1.1 ..cience théologique el i|u il i ^1 iIim iiu la Theulogia ad usuni seminarii Mevhimien-sis. Uans les autres séminaires et chc7, les religieux les manuels ont varié.

Dans l'apologétique, le P. .I.-B. Boone, S. J., prédicateur de renom, nous a laissé de nombreux opuscules et le Manuel de l'apologiste, 2 in-8», Bruxelles, 1850- 1851. Parmi les apologistes la première place revient au grand prédicateur rédemptoriste Victor Deschamps, formé à l'université de Louvain et mort cardinal archevêque il MilliH - .|iu fut une des lumières du concile du \:iii :: ' ' r iilil avec science et talent l'infaillibilité ]. I ! Ni.. Mil' Dupanloup et le P. Gratry. Il noii~ . 1 ■ - < i.marquables Entreliens sur la démonstraliuii catholique de la révélation chrétienne; les Lettres théologiques sur la démonstration de la foi; La divinité de Jésus-Christ et les antéchrists dans les Ecritures, l'histoire et la conscience. Il appuie sa démonstration sur les faits divins, c'est-à-dire sur les miracles, les prophéties et la perpétuité de l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Œuvres complètes, 17 in-8» et in-18, Malines, 1874. A l'apologétique se rapportentaussi l'opuscule de N.-J. Laforêt, recteur de l'université catholique de Louvain, Pourquoi l'on ne croit pas, 3' édit., Louvain, 1867, et Les dogmes catholiques exposés, prouvés et vengés des attaques de l'hérésie et de l'incrédulité, 2» édit., 4 in-12. Tournai, 1860. Le chanoine Labis avait aussi édité une Démonslralion de l'Église catholique, mais un ordre de son évêque, Ma' Dumont, l'obligea à la retirer du commerce. Le P. jésuite Duvivier a publié un Cours élémentaire d'apologétique, lô'^ édh., Touvmi. ls'(iS: M ■ lîiitten, évêque de Liège, a donné aussi un '■ ' "d'apologétique qui en est à .sa dixièm- i i , . ivons également de lui Les promesses (/' ,,,, s ,;, "l\ih^r à travers les siècles.

Pour la dogmatique spéciale, signalons d'abord L'immacidée conception de la Bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi, par M" J.-B. Malou, 2 in-8», Bruxelles, 1857. L'illustre évêque de Bruges s'était distingué à Rome en 1854 parmi les défenseurs du dogme de l'immaculée conception, il a consigné dans ce livre le résultat de ses profondes études.

Le P. P.-F. Dummermuth soutient la prémotion physique dans S. Thomas et doctrina pnemolionis physicse, seu Kespntisin ad P. B. Sclnirrmaun S.J. aliosque scholœ thomislii r :,niiini,,<'hnr-<. iii-S . Paris, 1886. Le jésuite De San .i iiri-; l,i d. rni-c ilii I'. Schnecmann et opposé au P. hiiiiiiiii riiiulli \i;;uureuse argumentation dans son Traclalus de Deo uno et trino, Louvain, 1898, t. I.

Le P. jésuite Castelein soutient que le nombre des élus sera très grand : Le rigorisme, la doctrine du salut et le nombre des élus, Bruxelles, 1898. Le rédemptoriste Godls l'a combattu, De paucitate salvandorum quid docuerunt sancti, 6" édit., Bruxelles, 1899. Les jésuites De San, Lahousse et Vermeersch ont commencé la publication d'un cours complet assez développé de théologie, dont quatre volumes ont paru à Bruges. Le béniHlictin dom Laurent Janssens, un Belge qui en- .seigne à Rome, a commencé à Kribourg la publication d'une théologie dogmatique dont cinq volumes, comprenant De Deo uno et trino et De Deo Domine, sont déjà imprimés. Le chanoine U. .lungmann, professeur à l'université catholique, avait auparavant publié à Ratisbonne son traité De vera religione et ses Jnstitutiones theologim dogmaticK, ouvrages fort estimés, qui ont eu plusieurs éditions. Le chanoine .1. Liagre a publié aussi à l'usage de ses élèves du séminaire de Tournai une dogmatique élémentaire.

3» Théologie morale. — A. Haine, professeur à l'université catholique, a publié en latin des Éléments de théologie morale, 4" édit., 4 in-8», Louvain, 189S). Son collègue Ad. Van der Moeren a donné en volumes séparés les divers traités de la théologie morale, Gand, 1880-1892. Le jésuite Ed. Génicot a joint à ses Theologiiv moralis instiltttionea, des Casus conscicntite, 4 in-S»,

BELGIQUE

Louvain, 1899-1900. T. Bouquillon a publié Theologia nioralis fundamenlalis, in-8», Bruges, 1903. Ces théologies sont basées sur la Somme de saint Thomas et sur la Théologie morale de saint Alphonse de Liguori ainsi que sur les nombreuses déclarations plus récentes des souverains pontifes et des congrégations romaines. A. Pottier a donné un traité De jure et jiislitia, Liège, 1900, où il traite du salaire des ouvriers et des autres cas de morale qui se rapportent à l'encyclique Rerinn novarum sur la condition des ouvriers. Le P. Brahm a fait une dissertation latine sur la réticence volontaire des péchés en confession, 3" édit., Bruxelles, 1901. J.-E. Hizette, professeur au grand séminaire de Namur, a traité De casibus reservatis Rotiiaiio poiili/îci et episcopo namurcensi, in-8», Namur, 1901. Uv Waffelaert, avant son élection au siège épiscopal de Bruges, avait publié plusieurs traités ou dissertations sur des questions morales.

4» Théologie ascétique. — Il a paru en français et en flamand tant d'ouvrages ascétiques : livres de prières, sermûiiii:ilris. Ii\i.> iji il. \oiion à Notre-Seigneur, à la sainir Nil-' - Ml s.iiiiI-Shi , hient, au Sacré-Cœur, aux anges il .mx .^.unl^, i|n il r-l impossible de les énumérer. Mentiunnuii.-> lt'.s lEiiire^ iiiijiliijues de Jean van Ruysbroeck, éditées dans le texte original flamand par J.-B. David, 6 in-8», Gand, 1858-1868; le Trésor du Sacré-Cœur de Jésus, 8 in-8», Bruxelles, 1870-1872, par le P. Toussaint Dufau, auteur de plusieurs opuscules sur le même sujet; les Œuvres ascétiques de saint Alphonse de Liguori traduites en français par le P. L. ûujardin, IS in-12. Tournai, 1856-1880; les nombreux opuscules piilili/^ |iii- l'- rédemptoriste Sainlrain depuis 1867 pi-ipi iiii'iii.l liui; les Discours et allocutions de Ms' Carlin vils, m c. ■-recteur de l'université catholique, éparpillés dans différents recueils; les Mandements épiscopaux des six évoques belges ; les nombreux opuscules pour le chemin de la croix, le rosaire et le mois de Marie.

5» Patrologie. — J.-B. Jungmann a remanié et complété les Institutiones patrologim de Fessier, 3 in-8", Rastibonne, 1896. Cette oeuvre a été terminée par Hebbelynck et L:iiiiv. r,ft.]en ii éilili' m -iii.iipii ,.,.r version latine ilmx Lnhrs ./,■ N. i.7,',m. . ■ • . rierges,

sentiiiieni iiusi gii.TO :iiliiiis, M<' .\l,|,, l,inv ,, /■ilitédeux discours mélriqucs de Jacques de Saroug en syriaque et en latin ; il soutient l'ortliodoxie de l'évéque de Batna ; mais elle est fort douteuse. J.-B. Chabot a édité deux discours d'Isaac le Ninivite; il a lui-même établi plus tard que cet évêque était nestorien. L'auteur de cet article a recherché dans les manuscrits syriaques de Londres, de Paris, de Rome et d'ailleurs tout ce qu'il a pu trouver des écrits de saint Éphrem, et les a édités

en syriaque et en latin a

■ec des dissertations sur la vie.

les écrits et la métrique

du grand écrivain syrien, sous

ce titre : Sa„rt: /■,:/,,

T-./ si/n' hymni et sermones,

4 in-4«, Maliiii - 1 -J-I'i

6» Histo,,:

— Cette branche des

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monde entier, dont les 1

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cation et qu'on appelle

es Acla sanctorum. Ce grand

travail avait été interrompu par la révolution française, il était arrêté au li octobre. Ma"- de Bam, premier recteur de l'université catholique, insista vivement près du gouvernement pour qu'une œuvre qui faisait tant d'honneur à la Belgique ne demeurât pas inachevée et pour qu'elle fût conliée aux jésuites, à qui elle revenait. Le gouvernement accorda des subsides et ili s \x.u l,i ciintinuation des Acta sanctorum fut tliHiil.i , .\l,ii~ li jésuites, rétablis depuis peu, n'avaient m ir- lioniines

formés à la critique historique, ni les livres et les instruments d'érudition nécessaires. Il fallut se procurer les livres et préparer les savants. Les PP. J. Van Hecke et Van der Moere furent choisis; ils se mirent à l'œuvre et, après huit ans d'un travail opiniâtre, ils purent faire paraître en 1845 la première partie du t. VII d'octobre qui contient les vies des saints des 15-16 octobre. Les Acta S. Teresise (15 octobre), rédigés par le P. Van der Moere, forment à eux seuls un volume in-folio qui a été tiré à part. Les boUandistes, constitués en institut séparé, occupent une aile du collège Saint-Michel à Bruxelles; ils se consacrent presque exclusivement à l'œuvre boUandinienne. Depuis leur rétablissement jusqu'en 1903 ils ont publié treize tomes in-folio et sont arrivés au 4 novembre à saint Charles Borromée. Voir t. i, col. 330-331. Nous devons au P. Charles de Smedt, leur président actuel, les tomes I (1887) et ii (1894) de novembre, où se trouve son remarquable travail sur saint Hubert; les Acta sanctorum Hibernise, in-4», Bruxelles, 1887; Vlntroductio generalis ad historiani ecclesiaslicam critice tractandam, in-8", Gand, 1876; les Principes de la critique historique, Paris, 1883, et des Dissertationes. Le P. Van Ortroy prépare la vie de saint Charles Borromée. Le P. Delehaye a donné en 1902, dans le texte grec original, le synaxaire de l'église de Constantinople avec un choix des autres synaxaires. Depuis 1881 les boUandistes publient un périodique, les Analecta Boltandiana. Voir t. I, col. 331-332.

A l'hagiographie se rapportent : l'ouvrage inachevé de M'Jf de Ram, Hagiographie nationale. Vie des saints et des personnes d'une éniinente piété qui ont vécu clans les anciennes provinces belges, janvier-février, 2 in-8", Louvain, 1864-1868; Les martyrs de Gorcum, par Mai- Laforêt, in-12, Louvain, 1867; la Vie du B. Jean Berchmans, par le P. Van der Specten, 2» édit., in-8», Louvain, 1865; Saint Jean Berchmans, ouvrage posthume de Ad. Docq, 3" édit., in-8", Bruges, 1894. L'ouvrage, couronné en Espagne, du P. G. Hahn, Les phénomi'tws hystériques et les révélations de sainte Thérèse, a été prohibé par décret de l'Index du l" décembre 1885 et réfuté par le P. De San, Études pathologiques sur sainte Thérèse, Louvain, 1896.

J.-B. Jungmann a composé ses savantes Dissertationes in historiam ecclesiasticam, Batisbonne, 1880-1887; le chanoine J. Daris, professeur au grand séminaire de Liège, a beaucoup écrit sur l'histoire de cette principauté ecclésiastique, entre autres ses Notices historiques sur les églises du diocèse de Liège, 11 in-8", Liège, 1867-1883; Histoire du diocèse et de la principauté de Liège de il24 à 4852, 4 in-8», Liège, 1868-1874. Mar de Ram a publié une foule de documents sur l'histoire de l'ancienne université de Louvain. On trouve de nombreux détails sur l'histoire du christianisme dans les provinces belges, dans le beau et savant Cours d'histoire nationale de Ms' Al. Namècbe, troisième recteur de l'université catholique, 30 in-8». Louvain, 1853-1892, et dans l'Histoire de la patrie, Vaderslaiule Historié, du chanoine J.-B. David, 11 in-18, Louvain, 18i2-1866. Le chanoine Edmond Reusens nous a donné des Éléments d'archéologie chrétienne, 2» édit., 2 in-8», Louvain, 1885-1886, et dirige depuis 1864, avec la collaboration de Victor RnrliiPi- ni d'antres, les Analectes pour servir à l'histiiir, , , , /. N,,.s/,r/i(c de la Belgique. Nous ne pouvons unit llii> I llixi'irr du séminaire de Bruges, par le chanoinr lir s. IhvmI, 2 in-8°, Bruges, 1883-1897; Le chapiliv iir S,iii,i-.\iihain à Namur et d'autres monographirs p,ii' |r 1 liiijiiine Barbier; La Belgique sous ta domiuiiifn i,,i,i. ,ns,', par le P. Delplace, 2 in-8», Louv.iin. Ispi; : l.,i Ji.lijique chrétienne, depuis 1794 jusqu'en Is^ii. p;ii Ir chanoine Claessens, 2 in-8», Bruxelles, 1883; Li C.nrruiu.Hilance du cardinal de Granvclte, publiée ikins lis ilocuments de la Commission royale d'histoire,.

BELGIQUE

par Ed. PouUat et G. Piot, 12 in-4», Bruxelles, 1877- 1896; Léon XIII, par Ms' de T'serclaes, 2 in-S», Paris.

7» Liturgie. — La Belgique possède deux grands établissements typographiques qui rivalisent de zèle pour donner des éditions belles et à bon marché de tous les livres liturgiques. Ce sont l'imprimerie de Dessain à Malines et la Soeiété de Saint-Jean l'évangéliste à Tournai. Leurs éditions liturgiques sont répandues dans le monde entier. Plusieurs ecclésiastiques ont exposé avec une connaissance exacte de la matière et avec talent les rubriques des offices et de l'administration des sacrements selon le rite romain. Nommons Ghislain Bouvry, vicaire général de Tournai, Expositio rubficanim bi-eviarii, missalis et ritiialis romani, 2« édit., 2 in-8», Tournai, 1864; J.-B. Falise, Cérémonial romain et cours abrégé de liturgie pratique, in-S", 8« édit., Paris, 1887, et plusieurs autres ouvrages sur le même sujet; P.-.I.- B. de Herdt, chanoine de Malines, Sacrée liturgise praxis, 8«édit., 3 in-8», Louvain, 1889; Ma' Van der Stappen, évèque auxiliaire de Malines, Tractatus de divino of/icio; de rubricis missalis romani, de administratione sacramentorum ; de celehratione SS. Missœ sacrificii, 4 in-8", Malines, 1899-1902. Le capucin Vict.-Al. Appeltern, Libellus manualis sacerdotum pro missa, in-32, Malines, 1901.

8" Droit canonique. — Les publications canoniques furent rares dans les trente premières années de l'émancipation belge : elles se bornent presque aux dissertations doctorales mentionnées plus haut. Marien Verhoeven, professeur à l'université catholique, publia en 1846 un court traité, qui fit alors beaucoup de bruit. De regulariuin et sxcularium clericorum jnribus et ofliciis. Les boUandistes V. de Buck et Timebroeck lui reprochèrent de méconnaître les droits des religieux et le combattirent dans VExamen histoticuni libri Mar. Verhoeven, Gand, 1847. Verhoeven tomba malade et mourut peu après. La controverse s'éteignit. Le successeur de Verhoeven, H. Feile, qui fut secrétaire de la commission de la discipline au concile du Vatican, a publié un traité fort savant. De inipedinientis et dixpensalinniliiis matnmoniaUbus, dont la 4« édition a paru à Louvain en 1893 ; un de ses élèves actuellement professeur, .M'i' Moulart, a donné au public ses importantes leçons : L'Eglise ou l'Étal ou les deux puissances, leur origine, leurs rapports, leurs droits et leurs limites, 4* édit., Louvain, 1895. Un autre de ses élèves, mort évêque de Bruges, a publié un manuel complet de droit canonique sous le titre : Juris canonici et juris canonico-civiUs cnmpen(Uum,'i'- édit., 2 in-8», Bruges, 1881; 6' édit. par C. Van Coillie. Le chanoine Daris a beaucoup écrit sur le droit canon, notamment ses Prselectioncs cammicse, 5 in-8», Liège, 1863-1874. Plus récemment .Iules de Becker, docteur en droit civil et en droit canon, recteur du séminaire américain ot professeur à l'université, a écrit spécialemciil p m l'Am riiue : De spon.ialibusetntatrimoniis,ii\'> I ! liA.Ver-

meersch a traité savamment // , iinlis et

personis, 2 in-8», Bruges, 190:!. l: ■ nji -i i iules sur

les fabriques d'église ont paru dans le ilcnwriat belge des conseils de fabrique et dans la Revue catholique de Louvain.

9» Philosophie. — Casimir L'baghs, né à Berg dans le Limbourg en 1800 et nommé, dés ISVt, professeur de philosophie à l'université que les «•véques venaient de fonder à Louvain, publia successivement en latin et en français des manuels de logique, de psychologie, de théodicée el de métaphysique, qui eurent en peu d'années beaucoup d'éditions el valurent à leur auteur une gninde renommée et en même temps des adversaires ardcnLs. On reprocha au philosophe de Louvain de tomber dans le traditionalisme et l'unlolugismc. Ubaghs se défendit. Ses Theoiliceic elenwula, Louvain, I8il, et ses

DICT. DE TlltOl.. CATIIOl..

autres écrits furent déférés à la S. 0. de l'Index, qui, le

3 juin 1843, nota cinq points qui lui paraissaient devoir être corrigés, entre autres l'assertion : « Que nous ne pouvons parvenir à la connaissance des vérités métaphysiques extérieures sans le secours de l'enseignement et en dernière analyse sans le secours de la révélation divine, » et encore : « L'existence de Dieu ne peut êtri' démontrée. » Le 8 août de l'année suivante la S. C. ajoutait de nouvelles observations, confirmant les premières. Elle disait entre autres : « L'auteur éviterait toute ambiguïté s'il mettait : « L'existence de Dieu ne peut pas « être démontrée a priori, mais bien a posteriori. » Ces observations restèrent secrètes et ne furent publiées et envoyées à l'auteur qu'en 1864; Ubaghs se soumit humblement et corrigea ses ouvrages. Avant de les éditer il soumit ses corrections au Saint-Office; mais le cardinal Patrizi ne jugea pas les corrections suffisantes, la nouvelle édition ne parut pas, et Ubaghs, devenu souffrant et âgé, renonça à sa chaire.

De son coté, le recteur de l'université, X.-J. Laforêt, publiait un important travail sur l'Histoire de la philosophie ancienne, 2 in-8», Bruxelles, 1866-1872. Le successeur d'Ubaghs, Antoine Dupont, a composé une Théodicée et une Ontologie, i in-8», Louvain, 1874-1875. Peu après, Léon XIII, voulant restaurer la philosophie scolastique, proposa aux philosophes saint Thomas d'Aquin comme modèle et comme guide (Encyclique du

4 août 1879) et trois ans plus tard il créait à l'université de Louvain une chaire de philosophie thomiste. Cette chaire fut confiée à .Ma' D. Mercier. Elle est devenue l'Institut supérieur de philosophie, qui délivre les grades non légaux de liachelier, de licencié et de docteur en philosophie, a son imprimerie, publie des dissertations et des travaux philosophiques et édite la Revue néoscolastique et deux autres périodiques. Plus récemment on a annexé à l'Institut le séminaire Léon-XIll pour les ecclésiastiques à qui leurs évêques font faire trois années de pliilosophie. Le président de l'Institut, Ma' .Mercier, a publié de savants travaux philosophiques, principalement sur la psvchologie. Nous avons de lui : Criteriologie, i' édit.. lOÔO; Psychologie, 5' édit., 1899; Ontologie ou i/,('V.(;,/<.(w ,,,• <i.:„érale, 2« édit., 1894; et de nombreux aihil- l m- h Hevxtc néo-scolastique dont il est le ilirrri. m. in M.^ élèves de Mfl' Mercier, M. de Wulf, a di j.i piiblii du son côté deux ouvrages importants : Ilistuire de la philosophie médiévale, Louvain, 1900; Gilles de Lessines et son traité De singiilarilate formarum, Louvain, 1901.

En dehors de l'université catholique nous trouvons aussi de nombreuses publications philosophiques. Les jésuites de Decker (7 1870), Van der Aa, Lahousse et Castelein nous ont donné des cours complets de philosophie. Le P. Castelein, actuellement professeur de philosophie au collège de la Paix, retravaille et développe son cours de philosophie. Il a déjà édité ses

Instituliorui de philiis.iJ:, //i .? s^rnilr. et sa

Logique, i\o\.,liTU\e\\i-^ i"'''| '^ 1 . n- nip nn'ntion

spéciale aux remarqn.ii ' ■ |'l>il--M|,lM.|ues de

Mo' VanWeddingen, auni III 1 1 h., m ; Ixni : Essai critique sur la philosophie de S. An.-iclinc, dans les Mémoires couronnésde l'Académie royale de Belgique, [815; Essai d'introduction à l'éliule de la philosophie critique (Mémoires, l. Xl.li, 1889); L'esprit de la psychologie d'.iristole {ibid., t. XLiv, 1890) et une foule d'opuscules. Le P. Lepidi, aujourd'hui mailrc du sacré palais, a publié pendant les dix-sept années qu'il a enseigné lu philosophie à Louvain chez les dominicains, un manuel de philosophie selon saint Thomas, qui se distingue par la clarté el la miUhode : Elementa philosophie: christianw, 3 in-12. Louvain, I87.")-1879, et une dissertation. De ontologismn, 1871. Indiquons pour linir les Ménitiires couronnés de M'J' Moncliamp, sur le Cartésianisme eti Uelgique (1884), de M. A. Auger sur les Mystiques des 11. - 18

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