‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 229 sur 741 · BELLI · texte numérisé non relu

BELLI

BENEDICTINS (TRAVAUX DES)

BELLI François, de Sciacca en Sicile, appartenait au Tiers-Ordre régulier de Saint-François. Maître en théologie et prédicateur de renom, il publia : Libro délia verità cristiana, vel qiiale s'apportano molle figure delV antico Testamento hitorno a' inisteri di nostrafede, in-12, Pavie, 1601. On lui attribue aussi un ouvrage sur le Décalogue que les bibliographes déclarent n'avoir pas vu.

Mongitore, Bibliotheca sicula, Palerme, -1707. t. i. p. 207. P. Ki-i Al, h .i Alrni-on.

BELLUTI Bonaventupe, <l'' i'..iLiii'. rnir.i chez les conventuels et acheva ses étudr- l- ili-.i|,.i, au collège de Saint-Bonaventure érigé pai >i.\lL-giiuil dans leur couvent des Douze-Apôtres à Piouie. Il j rencontra le P. Barthélémy Mastrio de Meldola, avec lequel il se lia étroitement. Scotistes passionnés tous les deux ils résolurent de donner un nouveau lustre aux systèmes du docteur sulilil. Créés régents des études au couvent de Césène dahord, puis à Pérouse et à Padoue (1638-1641), ils IravailK'ient de conoert au liut propri^,' i>t pour cela ils publièreul d'abord nu rnuil Irul- .1.- lo-h|ii,. ,|ni r,parut quelques annér^ |, In- i,,mI -,.ii, rr iii,r /„^/,//,- Ik.nes logicw, qxas i-uhiu Simmudus. rul Luijninn parvatii nuiicupaiH, in-l-J., Venise, I6i6. Pendant leur séjour à Pérouse ils donnèrent le premier volume du cours de philosophie : Dispulationes in Aiistotelis liOros Phijsiconim.qiiibns ab adveisanlibns. tum vcte-

dicaliii-, iii-'i . Il , liillT I i , I I !.• imprimé à

raille exeiii]. 1,1111-, lui li.-l, ,,i î II nieilli du

ans. Il fut réédité à Venise en 16il. I ,m'

des Dispulationes in Organiim Ai-i.-.i Scoti logica vindicatiii;m-i'',\emse. \V,'''.i. |i;ii., Xi^li ~, 1660; Dispiitaliones i» libros de ca.'h> et metheoris, ...Dispulationes in libres de generalione et corriiplione,^ in-4«, Venise, 16i0, I6m.i&â9; Dispulationes in librO!! fh- nnhnn. in-1". V.>ni«e. ir.'iO. 16.V2. 1671. Ces

Ma

foriii pl,d, 16,^.^, P. i;

! ili leur régence à Padoue e.xpiré, le

I, liane, où il ne tardaitpas à être élu piuMi i II LU 1645. Pendant que son ancien

CoUaljoi.anu cuuliuuait à s'occiipei' di- t'en in <:<'. i] se proposa de traiter de Deo Itunin"' il il |iiili]i,iil i],-^ Disputationes de Incarnatione 'lin,/ 1 /,.,,' ,:,i !,:,■,, imi ihic(on« sufc(i;is, in-4", Catane. ir.l.'i. Il , uni. in, .ni cuiunie devant les suivre un traité De sacranienlis tum in génère, tum in specie, mais il ne fut jamais édité. Le P. Belluti mourut à Catane le 18 mai 1676, à l'âge de 77 ans; après sa mort on publia un Liber moralium opitsculûrum atque resolulionum miscellaneo apparatu digestoruni, in-fol., Catane, 1679.

B. Mastrio de Meldùla, Scolus et Sa'lislœ. Bellutus et Maslrius ej-imrijati a qiierelis Ferclf - ,. I , un, liSU; Uoagilove, Bibliollieca sicula, Palei-ni'. t i il,;

P. Im i. \;.I il \ liiiron.

BENEDICTI Jean, que \V,i.lil,ii^ ilil iiii;4inaire de Laval, religieux franciscain de l'Observance, très verse dans la connaissance de l'hébreu, du grec et du latin, fut secrétaire du P. Christophe de Chellontaines, général de son ordre, et il l'accompagna dans ses visites à travers l'Europe. Il fit de plus un pèlerinage en Terre- Sainte pour accomplir un vœu. Sur le frontispice de son principal ouvrage il prend le titre de professeur en théologie et Père provincial de la Touraine Pictavienne. Le P. Benedicti était mort en 1600. îsous avons de lui une Somme des péchez et le remède d'iceuLr, publiée pour la première fois à Lyon en 1584, et rééditée quinze fois, au dire de ,Wadding. Nous pouvons citer : Lyon, 1593; in-fol., Paris, 1597. 1599; in-12, ibid., 1600, 1601; in-fol., 1602; Lyon, 1C04, 1610 (V), 1628. Après la mort

de l'auteur, cette Somvie fut revue, corrigée et augmentée par les docteurs de la Faculté de théologie de Paris. Elle démontre la profonde érudition de l'auteur qui s'appuie sur les grands maîtres de la théologie scolastique. Il publia encore : La triomphante victoire de la Vierge Marie sur sept malins esjwits finalement chassés du corps d'une femme dans l'église des Cordeliers de Lyon : est ajouslé un petit discours d'un autre diable possédant une jeune fille et aussi expulsé, in-8». Lyon, 1582; in-12, 1612. Dans cet écrit l'auteur annonce un Mariale qui ne fut probablement pas publié.

Wadding, annotes minor., ad ann. 1596, t. iv; Scriptores ord. min.; Sbaralea, Supplementum ad scriptores O. M., Rome, 1806; Migne, Dict. de bibliographie catholique, t. n, col. 661 ; Angot, Dictionnaire de la Mayenne, Laval, 1900, t. i, art. Benoit (Jean).

P. EDOUARD d'Alençon.

BÉNÉDICTINS (Travaux des). — I. D'après la règle. 11. Aux vi' et vir siècles. III. Au vins siècle. W. Au IX' siècle. V. Au X' siècle. VI. Au xi« siècle. VII. Au XII siril.i. Vlll. Aux xiu'i et xiv« siècles. IX. Au XV» siècle. N ,\ii XVI siecli , .\1. Au xviie siècle. XII. A l'université de S.d/.liuiir^. .Mil. Au xvm« siècle. XIV. Au xix* siècle.

I. D APRES LA RiidLE. — Après avoir vécu quelques années de la vie érémitique, saint Benoît avait fondé douze monastères dans les environs de Subiaco et s'était ensuite retiré sur le Mont-Cassin où il établit une célèbre abbaye qui subsiste encore. Ce fut là qu'il mourut en 543 après avoir mis la dernière main à la rédaction de cette Règle célèbre, remarquable entre toutes par sa discrétion et que beaucoup de saints ont déclarée avoir été directement inspirée par l'Esprit-Saint. Il y recommande fréquemment à ses disciples la lecture des saintes Écritures, lecture attentive et méditée où ils trouveront l'aliment de leur vie spirituelle. Il veut que l'abbé soit choisi parmi les religieux les plus recommandables non seulement par la sainteté de la vie, mais encore par la pureté de la doctrine. Régula, c. LXiv. Il doit en outre être '( docte dans la loi divine, sachant où puiser les maximes anciennes et nouvelles », Regida, c. Lxiv, car « ses enseignements doivent se répandre dans les âmes de ses disciples comme le levain de la divine justice ». Régula, c. II. S'agit-il de choisir quelques religieux pour venir en aide à l'abbé dans le gouvernement de son monastère, le saint patriarche exige qu'ils soient désignés, non d'après le rang qu'ils occupent, mais d'après le mérite de leur vie et la sagesse de leur doctrine. Régula, c. xxr. De ces quelques textes il est facile de conclure qu'un enseignement doctrinal doit exister dans le monastère où saint Benoit admet de jeunes enfants. Nul en effet ne saurait acquérir une doctrine sûre sans la direction d'un maître expérimenté. Dans toute abbaye doit se trouver une bibliothèque renfermant avec les saints Livres les écrits des Pères. Si en tout temps le moine doit vaquer pendant quelques heures chaque jour à l'étude ou à la lecture, il le doit surtout pendant le temps du carême; aussi chaque moine recevra-t-il pour cette période de l'année un livre de la bibliothèque qu'il devra lire en entier et par ordre. Régula, c. XLViii. En terminant sa règle, le saint législateur renvoie ceux qui veulent atteindre à la vie parfaite aux enseignements des saints Pères dont l'observation conduit l'homme au sommet de la perfection. Régula, c. Lxxiii. Les fils de saint Benoît se montrèrent fidèles observateurs des sages préceptes de leur père et s'ils mirent de tout temps leur gloire à posséder de riches bibliothèques, ils eurent non moins à cceur d'étudier la doctrine contenue dans les saintes Écritures et dans les écrits des docteurs qui les avaient précédés.

II. AuxvieETViF SIÈCLES. — 1» Saint Grégoire le Grand, qui professa la vie monastique dans le monastère qu'il avait fondé sur le Mont-Ca?lius, monta en 590 sur la chaire de saint Pierre et mourut en 604. Fidèle aux

BENEDICTINS (TRAVAUX DES)

préceptes de la règle bénédictine il ne cessa d'étudier les saintes Écritures. Plusieurs commentaires nous sont •demeurés de ce saint docteur et son Expositio in libriim Job sive Moraliuni libin XXV, est comme un vaste répertoire des connaissances théologiques de son époque. Un grand nombre de lettres de ce pape sont parvenues jusqu'à nous et elles sont d'une grande utilité pour la connaissance de la discipline ecclésiastique dans les divers pays de la chrétienté. Dans un livre écrit vers 591 et .dédié à Jean, archevêque de Ravenne, le Pastoral, Liber régula pasloralis, il expose les devoirs du ministère sacré et dans les Dialogues il raconte la vie et les miracles de saints personnages du vi« siècle. Si on ne peut entièrement attribuer à saint Grégoire le Grand le Saci-anientaire qui porte son nom, il n'en reste pas moins hors de doute que la liturgie de l'Église doit beaucoup aux travaux de ce grand pape. Il envoya le moine Augustin (7 604) porter la lumière de l'Évangile aux infidèles de la Grande-Bretagne. Celui-ci devint le premier évêque de Cantorbéry. Plusieurs monastères bénédictins ne tardèrent pas à s'élever dans ce pays et à y devenir, au témoignage du Vénérable I3éde, des foyers de science et de doctrine. Parmi les religieux qui amenèrent ce résultat il nous faut mentionner saint Benoît Biscop (feOO), le fondateur de Wearmouth et de Jarrow, qui établit dans ces monastères de riches bibliothèques, Théodore, archevêque de Cnitorliéry (t690), et Adrien, abbé du monastère d. Siiul l'h 1 1 . en la même ville.

2» L'ordre de S.nni I ni - 1 |i.ind dans les divers pays : peu à peu l.i ivl 1 1 1 'i 1 ivhe des moines d'Occident supplantera les .luUes le^Ies et ses disciples travaillent à déraciner les Uoruiers restes du paganisme. Établissant leurs monastères au milieu de populations encore infidèles, ils en font des foyers d'où la lumière se répand au loin et autour desquels les nouveaux convertis viennent se lixer. A la fin du siècle inauguré par saint Grégoire le Grand, un autre bénédictin occupe le siège de saint Pierre, saint Agathon (7 681). D'accord avec l'empereur Constantin Pogonat, il réunit à Constantinople le VI" concile œcuménique qu'il fait présider par ses légats et lui adressa deux lettres dogmatiques demeurées célèbres et qui portèrent le coup de mort au monotliilisme.

Dans lu Grande-Bretagne, saint Adelme, abbé de Malmesbury, puis évêque de Sherborne (t709J, s'efforça de ramener les Bretons aux coutumes de l'Église romaine. Il composa en vers et en prose divers traités parmi lesquels un ouvrage De laudibus virginitalis sive de virginitate sancloi-uni, un livre De septiniano, un poème De latulibus virginunt . Par sa science et sa sainteté, il acquit une grande réputation et de nombreux di.sciples vinrent se grouper autour de lui. A la même époque se firent remarquer Otsfer (f 692), évèijue de Rochesler, deux abbés de .larrow, Céolfrid et Il uclicrl, et saint Jean de Beverley (f 721), évêque d'Hagulslad, puis archevêque d'York. Parmi les disciples de ce dernier, on place souvent saint Bède, plus connu sous le nom de Vénérable Bède, et que Léon XIII a mis au nombre des docteurs de l'Église universelle. Moine du monastère de Jarrow, il n'avait rien de plus à cœur, nous dit-il lui-même, que de méditer les saintes Écritures et d'en.seigner aux autres la doctrine qui y est renf'Tmée. Il en commenta presque tous les livres et résume fidèlement l'enseignement de ceux qui l'ont précédi-. Voir col. 523-527.il est à noter que son traité sur le prophète llabacuc fut écrit à la demande d'une de ses so'urs religieuse. Les moniales alors, en elTet, faisaient, selon les prescriptions de la règle, de la méditation et de l'élude de la Bible une de leurs principales occupations, s'elTorvant d'y trouver l'aliment de leur piéU'. Il nous faut nommer encore à cette époque Tobie (t727), évécpie de Rochesler, clBritwald (t'SI), archevêque de Cantorbéry.

in. Au \iw SIÈCLE. — 1» Abandonnant son nom de Winfrid pour celui de Boniface, un moine de la Grande- Bretagne va prêcher la foi en Germanie. Son premier soin est d'établir en ce pays des monastères pour lesquels il réclame de la charité des amis qu'il a laissés en Angleterre des copies des Livres saints et les écrits du A'énérable Bède. S'étant rendu à Rome, il y reçut la consécration épiscopale et, en 738, Grégoire III le créa son légat dans la Germanie. En cette qualité il réunit de nombreux conciles parmi lesquels en 742 le premier de Germanie et l'année suivante celui de Liptine. Les canons qui y furent portés règlent la discipline ecclésiastique dans ces pays nouvellement évangélisés. En 744, saint Boniface réunit le concile de Soissons qui rétablit l'autorité des métropolitains et s'efforça de porter remède aux maux communs de la Gaule et de la Germanie. Les lettres et les quelques écrits qui nous ont été conservés de cet apôtre sont une des sources les plus importantes pour l'étude de la discipline ecclésiastique du viii« siècle. Vers 747, il établit son siège métropolitain dans la ville de Mayence près de laquelle il avait fondé l'abbaye de Fulde dont son disciple saint Sturme fut, le premier abbé. Saint Boniface fut mis à mort en 755 par les Frisons auxquels il prêchait l'Évangile.

2o A Egbert, archevêque d'York, qui mourut en 766, nous devons un Pénitentiel et divers écrits parmi lesquels : Excerpliones e dictis et canonibiis sanctoruni; Canones de remediis peccatonim, et un dialogue De institutione calholica.

3° En Italie, le B. Ambroise Autpert (7778), abbé de Saint- Vincent du Vulturne, commente plusieurs livres de la sainte Écriture, parmi lesquels l'Apocalypse, en se servant surtout des œuvres de saint Augustin et de saint Grégoire, et le livre De con/lictu vitioruni et virttitur», placé ordinairement parmi les Sptiria de ces deux docteurs, peut lui être justement attribué. De Paul Warnefrid, plus connu sous le nom de Paul Diacre, moine du Mont-Cassin, mort à la lin du viii« siècle, il nous reste un recueil, Homiliafiuni pro totius anni circula ecclesiasticuni ex sanctis et antiquis Patribus.

4» Les diverses erreurs qui s'ét;iient glissées dans l'Église trouvèrent au cours du viii" siècle des adversaires redoutiibles dans l'ordre de Saint-Benoit. Le Vénérable Bède en divers endroits de ses écrits combat les erreursde Pelage et saint Boniface démasque les doctrines erronées de quelques faux prêtres ou évêques. L'hérésie de l'adoptianisme répandue par Élipand, archevêque de Tolède, et Félix d'Urgel, est dénoncée par Béatus de Liebana, abbé de Valgabado, Ethérius, son disciple, qui devint évêque d'Osma, et Félix, abbé d'Obona. Voir col. 517. Mais son principal advei-saire fut alors le célèbre Alcuin, qui la combattit par ses lettres et par divers traités : Libellus adversus hseresim Felicis; Adversus Felicem libri VII : Adversus Elipanduni libri IV; et au concile d'Aix-la-Chapelle (799) il parvint à triompher de l'opiniâtreté de Félix d'Urgel. Originaire de la Grande-Bretagne, Alcuin avait dirigé à York l'école épiscopale. Sur l'invitation de Charlemagne, il vint dans les Gaules et fut mis à la tête de l'école palatine. Le puissant empereur lui donna le gouvernement de plusieurs abbayes, de Ferrières, de Saint-Loup de Troyes, de Saint-Martin de Tours. Fit-il profession sous la règle de saint Benoit'/ on ne saurait l'aflirmer avec certitude; mais ce qui est hors de doute, c'est son iniluence sur l'enseignement dans les monastères dont les écoles prirent un grand développement dans les divers pays du monde chrétien. Voir t. 1. col. 687-692.

Un bon nombre des religieux que nous aurons à mentionner dans le cours du ix« siècle remplirent les fonctions d'écolàtre. Leur principal enseignement était l'interprétation des Livres saints commentés à l'aide des docteurs précédents. Parmi les conseillers de Charle-

BÉNÉDICTINS (TRAVAUX DES

magne nous trouvons avec Alcuin, saint Benoit, abbé d'Aniane, puis de Cornelimunster. En 794 il avait pris part au concile de Francfort où il défendit la pureté de la foi contre Félix d'Urgel. Il fut l'inspirateur du synode d'Aix-la-Chapelle en 817 et fut regardé comme le restaurateur de la discipline monastique. Voir Benoit D'AisiiNE.

IV. Au i\' SIÈCLE. - 1» Théodemir (fvers 825), abbé de Psalmodi, défendit contre Claude de Turin le culte des images qui, quelques années plus tard, aura parmi ses défenseurs Walafrid Sti-abon, abbé de Reichenau, Dungdalle, moine de Saint-Denis, et Hincmar, archevêque de Reims. Dans le diocèse de ce dernier prélat, un moine de l'abbaye d'Orbais, Gottschalk, après avoir étudié les écrits de saint Augustin et de saint Fulgence, avait quitté son monastère pour aller répandre partout de funestes erreurs, enseignant une double prédestination, l'une à la béatitude, l'autre à la damnation. Ce nouvel hérétique fut condamné dans les conciles de Jlayence en 848 et de Kierzy en 849 et soumis à une sévère pénitence. Il fut en outre combattu par les écrits de Raban Maur, ancien abbé de Fulde, devenu archevêque de Mayence, et d'Hincmar, archevêque de Reims. Malheureusement Scot Érigéne se mêla à la controverse et, en voulant réfuter les doctrines du moine d'Orbais, tomba dans d'autres erreurs qui eurent parmi leurs principaux adversaires Loup, abbé de Ferrières, et Ratramne, moine de Corbie. Aussi ces derniers, ainsi que Rémy, archevêque de Lyon, se trouvant en contradiction avec diverses assertions d'Hincmar, furent-ils à tort considérés par plusieurs comme partisans de Gottschalk. Les erreurs de ce dernier, censurées par divers synodes, furent définitivement condamnées par le concile de Touzy en 860. Voir t. i, col. 2527-2530.

2» À la même époque le schisme de Photius menaçait de se répandre dans les Gaules et dans tout l'Occident, et le monastère de Corbie fournit deux des principaux défenseurs des droits et des coutumes de l'Église romaine dans la personne du moine Ratramne et dans celle d'Odon qui, d'abbé de ce monastère, devint évêque de Beauvais (fSSl). Le premier de ces religieux que nous avons déjà eu l'occasion de mentionner écrivit à ce sujet quatre livres contre les Objecta Grmcoium. On lui doit en outre un ouvrage De prxdestinatione, composé à l'occasion des controverses suscitées par les erreurs de Gottschalk, et un livre De nalivilale Chrisli. On lui attribue en outre un traité De corpore et sanguine Chrisli. Il se trouve souvent dans ces divers écrits en contradiction avec un religieux du même monastère, saint Paschase Radberf '-j-Sfirvi. fpii en devint abbé et se rendit célèbre par sr- iri'.iii-., ili.ilogiques : De corpore et sanguine Doniiii' . /i- / .'. / - \ iryinis,e\. De fide, spe et charilate libn III. Adiviiki (t858), moine de Fleury-sur-Loire, écrivit également un traité De corpore et sanguine Domini, dirigé surtout contre Scot Érigène.

3» Dans les Gaules, Leidrade, archevêque de Lyon, puis moine de Saint-Médard de Soisàons où il mourut en 816, publie sur le désir de Charlemagne un traité sur le baptême. Il rétablit les écoles de son église cathédrale et y met pour écolàtre le diacre Florus (t859) qui revêtit l'habit monastique à l'abbaye de Sainl-Trond et prit une part active aux querelles théologiques nées de l'hérésie de Gottschalk. Smaragde, abbé de .Saint-Mihiel en Lorraine (819), est auteur de divers ouvrages bien connus au moyen âge sous les titres de Diadema nionachoruni et Fia regia. Hilduin, abbé de Saint-Denis (t842), fait connaître les livres célèbres attribués à saint Denys l'Aréopagite. Un moine de ce monastère, Hincmar, devient en 845 archevêque de Reims. Il prend, ainsi que nous l'avons dit, la part la plus active aux luttes contre les erreurs de Gottschalk. On lui doit divers ouvrages parmi lesquels des traités De prœdeslinalione; De una et non trina Deitate; De cavendis

litiis et virtutibus excercendis ; Erpositicnes ad Carolum regem pro Ecclesise fiberlatrim defensione.

4» En Allemagne \'i'r.-.]n rnr>rin-iir|nr. de Fulde brille d'un vif éclat sous la ilii i i il. m .Maur, écolàtre,

puis abbé de ce muii;i-i i ' ■■.' . .|iie de Mayence. Outre les écrits compo>i'^ r<,iitiv i ,>>iu< li.ilk, ce prélat est auteur de commentaires sur un grand nombre de livres de l'Écriture sainte et a laissé divers traités parmi lesquels De laicdibus S. Crucis; De institutione clericontm et cœremoniis Ecclesix; De oblatione puerorum, et un Pénitentiel. Parmi les religieux qui fréquentèrent l'école de Fulde se Ht remarquer Walafrid Strabon, mort en 849 abbé de Reichenau, auteur d'un ouvrage De ecclesiasticarum rerum exordiis et incrementis. Dans le même monastère avait étudié Loup Servat, écolàtre, puis abbé de Ferrières en Gâtinais, dont il ne nous reste, outre un certain nombre de lettres, que le De tribus gusestionibus, où il traite du libre arbitre, de la prédestination et de la rédemption de tous les hommes par le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il combat diverses assertions d'Hincmar, mais, comme nous l'avons dit, ne saurait être rangé parmi les partisans de Gottschalk. Parmi les moines de Ferrières qui vécurent à cette époque nous avons à mentionner Adon, archevêque de Vienne (t874), célèbre par le martyrologe qui porte son nom. Voir t. i, col. 401-402. Haymon, évêque d'Halberstadt (t853), fut moine de l'abbaye de Fulde. Outre des commentaires sur divers livres de la Bible et des homélies, il nous reste de cet auteur des traités De corpore et sanguine Domini; De varietale iibrorum sive de amore cseleslis patriœ. Dans les mêmes régions, Éginhard, le fondateur de Seligenstadt (t844), composait un ouvrage De cruce adoranda, que nous ne connaissons que par l'éloge qu'en fait Loup de Ferrières, et Helfride, moine d'Hirsauge, au dire de Trithème, in onini génère doclrinam ad plénum instructus, écrivait divers traités parmi lesquels un livre De sacramento altaris, qui n'est pas parvenu jusqu'à nous.

5» En Angleterre, vers la fin du ix« siècle, les études se sont relevées dans les monastères sous l'impulsion de moines venus des Gaules et quelques auteurs voudraient même faire remonter jusqu'à eux les commencements de l'université d'Oxford. Parmi les religieux qui se distinguèrent alors en ce pays par leur science et leur piété, on peut nommer les moines Neotus, Jean, Grimbald et Asserius.

V. Au x« SIÈCLE. — Les premières années du x« siècle sont marquées par un fait important dans l'histoire monastique : la fondation de l'abbaye de Cluny par le saint abbé Bernon et Guillaume, duc d'Aquitaine. Cet illustre monastère va être pendant plusieurs siècles le plus solide rempart de l'orthodoxie romaine. Au B. Bernon, mort en 928, succéda dans la chaire abbatiale de Cluny, saint Odon (t949), auquel nous devons un abrégé des Morales de saint Grégoire le Grand et trois livTes de conférences. Sous son impulsion bienfaisante, la réforme s'introduitdans un grand nombre de monastères bénédictins. Dans les Gaules, Rémi d'Auxerre (f vers 908) s'était fait remarquer comme grammairien et comme théologien et en cette dernière qualité il composa, outre des homélies, un traité De dedicatione Ecclesise, et une Expositio de célébrations missie. A la fin du siècle, Adson (t992), moine de Luxeuil et abbé de Montier-en- Der, écrit entre autres ouvrages un Libellus de Anlic/ins(o, généralement publié parmi les œuvres d'Alcuin. Voir t. I, col. 463-464. En Allemagne, les écoles monastiques sont très florissantes et il nous faut mentionner celles de Saint-Gall, de Saint-Maximin de Trêves, de Saint-Matthias en la même ville, d'Echternach, de Corwey, et de Saint-.\lban de Mayence. De l'abbaye de Lobbes sortit Rathier (f 974) qui devint évêque de Vérone et lutta sans trêve pour la réforme de son clergé et la pureté de la doctrine, comme en témoignent ses écrits,

BENEDICTINS (TRAVAUX DES)

ses sermons et ses lettres. En Italie, Gezon (vers 950), abbé de Saint-Marcien de Tortone, écrit un traité De corpore et sanguine Doinini.

VI. Au xj' SIÈCLE. — I^Dans le cours de ce siècle,rordre de Saint-Benoît se divise en plusieurs branches. Saint Romuald fonde les camaldules auxquels s'unissent les abbayes gouvernées par saint Pierre Damien, évêque d'Oslie et docteur de l'Église; saint Jean Gualbert établit Valloinbreuse; saint Etienne de .Muret, Grandinont; Robert d'Arbrissel, Fontevrault, et saint Robert de Molesines inaugure la réforme de Citeaux qu'illustrera saint Bernard. Nous laisserons de coté ces diverses familles du i;r:aid orchv In^nédicliii, nous attachant à la brandir jhiim i| il q'n ■ -i ■ IK- de ceux qu'on a appelé les , ; , i i.luny est à

cette époque la plu- I , :i . . 1 i l. unie inaugurée dans ce monaslLii. .-c iiij.ui.l J.iii.: luute la chrétienté sous l'inlluencé de ses grands abbés suint Mayeul, saint Odilon et saint Hugues. C'est dans cet ordre de Cluny que les papes, conseillés par le cardinal Hildebrand, moine de Sainte-Marie de l'Avenlin avant de ceindre lui-même la tiare pontificale, trouveront leur phis ferme appui dans la lutte contre les investitures et les désordes d'un clergé simoniaque et concubinaire.

2>' L'ordre bénédictin revendique à juste titre comme lui appartenant plusieurs papes qui illustrèrent l'Église au xr- siècle : Silvestre II, Léon IX, Etienne X, Grégoire VII, Victor III et Urbain II. Tous luttent pour le maintien de la discipline et le respect des lois de l'Église. Les décrets promulgués dans de nombreux conciles réunis par leurs soins, leur volumineuse correspondance sont les meilleurs témoins de leur zèle pour la pureté de la doctrine. A Silvestre II, célèbre avant son ponliticat sous le nom de Gerbert, moine de Saint- (lérault d'Aurillac, abbé de Bobbio, archevêque de Reims, qui nignorail aucune des sciences de son temps, nous devon- un traiti'' Ile corpure et sanguine Doniini.

3" Nombreux sont ceux qui à cette époque écrivent sur la .sainte eucharistie pour réfuter les erreurs répandues à cette époque et en particulier l'hérésie de Bérenger, archidiacre d'Angers. Durand (flOSS), abbé de Troarn en Normandie, Lanfranc (flOSS)), prieur du Bec, puis archevêque de Canlorbery, écrivent des traités De cofjwri! et sanguine Dinnini, et ce dernier, au concile de Tours en 1055, amena l'hérétique à abjurer ses erreurs. Un autre religieux du Bec, Ascelin, confond Bérenger i la conférence de Briosne et lui adresse une lettre où il affirme la doctrine catholique sur la présence réelle de Notre-Seigneur dans la sainte eucharistie. Voir t. i, col. ao:iC. Guiliuond (1088), moine de la Croix-Saint- LenlTroy et évèque d'Aversa, compose une Confessw lie sanvta Trinilate et Cliristi hunianitale co>'])ons(jue ne satiguinis Doniini nosln veritate,et un livre JOe corporc et sanguine Doniini. Un moine d'un monastère sujet dans une Epislola de ve- 'nii>t Chnsli. Le B. Wolphelme I 1 . .'crit une lettre sur le même III iils sur l'utilité de la lecture liiilis Écritures. L'ouvrage ini-riigarii daninalione est l'galement l'œuvre d'un religieux de l'ordre de Saint-Benoit. Albéric (f 1088), moine du Mont-Cassin et cardinal, combat les cireurs de Bérenger et de Pierre de Bruys dans Mil Irait.' Il,' lealitate corpuris CItristi. Il écrivit en outre un li\re De virginitate B. Maritc Viiginis. Mais aucun de ces traités ne nous est parvenu.

4» Dans l'u'uvre de la réforme des mœurs du clergé, dans la lutte contre la simonie, dans la querelle des investitures, les papes trouvent dans l'ordre monastique leurs coopéraleurs les plu- |i,l.l.«. |.-mi-j museillers les

plus dévoués cou lin u- ; W'O .li lunv, Richard

(tM2l), abbé de Sailli \ i. ii.i .1 M,,- ill, . ,i lesévêques sortis des cloîtres l» le .lu im-. I n pi i. m il. l'abbaye de

inconnu traite le rildle cor (•;-l(«)l),:,i sujet et pi el de la m titulé De

Nonantule, nommé Placide (vers 1070), écrivit un livre De honore Ecclesim, contre les investitures. Un moine du Mont-Cassin, Brunon d'Asti (f 112;)), nommé par saint Grégoire VII évêque de Segni, se montre l'intrépide défenseur des droits de l'Église. A Rome, il combat les erreurs contre la sainte eucharistie et parmi ses écrits on remarque des traités De incarnalione Doniini et ejus sepultura; De sacrificio aiymo; De sacranienlis Ecclesiœ, mysteriis atque ecclesiasticis ritibus ; Cur corrupitur Ecclesiss status, et des lettres à Pascal II, où il reproche assez vivement à ce pape les concessions accordées aux exigences de Henri V. Humbert (flOGS), moine de Moyen-Moutier, cardinal-évêque de Sainte- Rufine et bibliothécaire de la sainte Église romaine, est envoyé par Léon IX à Constantinople pour combattre les prétentions schismatiques des Grecs qu'il réfute en plusieurs ouvrages ; il écrit en outre trois livres contre les simoniaques. Anselme (flOSG), évêque de Lucques, défend par ses actes et ses écrits le pape légitime contre l'antipape Guibert.

5» Parmi les autres bénédictins reniai [u I I i i ' mdoctrine et dont les ouvrages sont pi i >

nous, nous avons à cette époque : eu AT i 1 1 ii-

ger (t 1007), abbé de Lobbes, auteur d'uii' liiii- /< 'iversitate quse inler Dionysium et Bedam occurriL; il avait lui aussi composé un traité De corpure et sanguine Domini, qui n'a pas été publié. Burchard (1025), moine de Lobbes, puis évêque de Worms, a laissé un Pihiiienliei. A Bernon (f 1048), moine de l'ieury et de Prunj, puis abbé de Reichenau, nous devons quelques petits traités qui intéressent surtout la liturgie, comme le suivant : Libellus de quibusdam rébus ad misses sacrificium pertinenlibus ; de plus il combat les erreurs de Cassien dans une lettre adressée à un nommé Frédéric très versé dans les questions théologiques. Othlon (fvers 1052), moine deTegernsee, de Saint-Emmeran de Ratisbonne, de Eulde où il exerce les fonctions d'écolâtre, compose un dialogue De tribus quxstionibus, id est de divinse pietatis agnilione, judiciorumque divimiruni necnon de varia bene agendi facultate, une letli e iJr pemiissionis bonorum et malorum causis et un J,ili)4tus metricus de doctrina christiana ; -.mleuT ascétique, il écrit divers ouvrages De cwsu spiriluali; De adnionilione clcricorum et laicorum.

6" A la fin du x« siècle, à la demande de saint Oswald, religieux de Fleury-sur-Loire devenu évêque de Worcesler, un moine de ce monastère, saint Abbon, qui en devait être abbé, se rendit en Anj-detorre pour y remplir les fonctions d'écolàtre, et plus tnJ 1 IV Imfranc (tI089), d'abbé du Bec devenu i ' , li Cantorbéry, n'eut rien de plus à cœur p ^ ii l us son diocèse des écoles semblables à ci lli i In im me avait enseigné avant son épiscopat.

Lanfranc eut pour successeur sur le siège de Cantorbéry son disciple Anselme qui, né à Aoste en 1033 ou 1031, avait, en 1060, revêtu l'habit monastique à l'abbaye du Bec dont il ne tardait pas à devenir prieur, puis abbé. En 1093, Guillaume le Roux le choisissait pour arclievéque de Cantorbél*^'. Anselme ne tarda pas à entrer en lutte contre les prétentions sacrilèges du roi d'Angleterre, et sous ce prince et sous son successeur. Henri Beauclorc, il ne cessa de combattre pour les libertés de l'Église. Deux fois il dut abandonner son siège et venir chercher un refuge à Rome. Il mourut à Cantorbéry, le 21 avril 1109. Saint Anselme a laissé de nombreux écrits théologiques, comme le Monologium, le l'roslogiuni, le Cur Deus honio dans lesquels, ne s'appuyant plus uniquement sur l'Écriture sainte et la tradition, il applique la raison avec toutes ses ressources à la méditation des vérités de la foi. Aussi est-il regardé à bon droit comme le Père de la théologie scolaslique. Dans le l'ruslogiuni auquel il avait d'abord donné ce litre s'igmticalit Fides quicrens inleltecluni, se trouve lecélc-

BÉNÉDICTINS (TRAVAUX DES

Glu

bre argument de l'existence de Dieu auquel saint Anselme a donné son nom. Lorsqu'il fut connu, un moine de Marmoutier, nommé Gaunilon, souleva des objections dans un écrit intitulé : Liber pro insipiente, auquel il répondit par un Liber apologeticus. Voir t. I, col. 1327 sq. Saint Anselme eut pour biographe Eadmer (j 1124), religieux bénédictin, puis évêque de Saint-André, auteur de divers ouvrages : De excellenlia B. Mariai Virginis; De quatuor virlulibus quse fuerunl in B. Maria; De beatiliidine cxleslis palrix; De sancti Anselnii virtutibiis. A l'école du Bec et sous la direction de saint Anselme se forma Guibert (f 1124), moine de Saint-Germer de Flaix et abbé de Notre-Dame de Nogent dans l'ancien diocèse de Laon. 11 écrivit contre les juifs un traité de l'incarnation ; nous lui devons en outre une lettre De buceUa Jiidœ tradila et de veritate Dominici corporii; quatre livres De saiictis et de piguorihus sanctorum ; ayant à discuter sur l'authenticité de certaines reliques de Notre-Seigneur, il est amené à y prouver contre Bérenger la réalité du corps du Christ dans l'eucharistie; et divers opuscules De lattde sanctse Mariai et De virgiiillale. Arnoul (tll24), moine de Saint-Lucien de Beauv:iis, puis de Cantorbéry, abbé de PeterliOronpli et i''\('i|iir >]•■ liochester, avait également étiiili'' .' I'.il.li:n. ,lii l;rr, ou lui doit une Epistala de inccKhs ,■,.„,,.;/,,>, ri (Ir- I ù S poiisiones ad varias La>nherii ijuiv^iinnrs 'Ir s:f, rinneuto eticliarislia:. Gilbert Crispin (fllLi), religieux du Bec, puis abbé de 'Westminster, a composé une Disptitalio judœi cum clinsliano. Hugues de Boves ou d'Amiens (j 1164), moine de Cluny, prieur de Saint-Pancrace de Lœnes et abbé de Reading, puis arclievéque de Rouen, a laissé divers écrits parmi lesquels Dialogorum se» quxstionuin tlieologicarum libri Vil ; De Ecclesia et ejus ministris Ubri m contre les hérétiques de son temps et un traité De fide cathoUca et oratione dominica.

VII. Ar xiF SIÈCLE. — 1» A l'occasion des luttes de saint Anselme pour la défense de la liberté de l'Église un moine de Fleury-sur-Loire, Hugues (-j-1124), écrit lin livre De regia poteslale et sacerdotali dignitate qu'il adresse à Henri Beauclerc, roi d'Angleterre, et dans lequel il recherche avec plus de naïveté que de bonheur les moyens d'accorder les droits de l'Église avec les prétentions du monarque. A la même époque Geoffroy (tll32), abbé de la Trinité de Vendôme, aidait de tout son pouvoir les souverains pontifes dans leurs luttes contre les investitures et le pape Urbain II le nommait cardinal du titre de Sainte-Prisque. Outre des lettres fort imporlauliN ,i nii li\i-e De corpore et sanguine Domini, GeuiliM\ ,!, Nrnil/nae composa divers traités De ordinalii'in , y,, ^, ,,/„,, ■,!,,) et de i7ivestitura laicorum; De siininiiii n inresli/ura laicorum ; De possessianuni ecclesiaslicarwn investitura quod regibus concedattir ; Qualiter dispensationes in Ecclesia fieri debeant.

2» Après avoir eu \f<m- uiiiilics les chefs de deux écoles rivales, Roscelin ri i inilliuinr de Champeaux, Abélard enseigna en dnn^r- Mllr- ri on 1113 fut mis à la tête de la grande écilr ilr Xoirr-liaine de Paris. Fier de ses succès, il soutenait les opinions les plus téméraires et s'abandonnait sans retenue à toute l'ardeur de ses passions. Ayant eu à subir des épreuves et des humiliations de toute inrnrr. Al.-'linl .t11;i doin.Tnder l'habit religieux au inriu^inr Jr <.,\\i[ linn^. Il runli-

liunisme. Son opuscule De l'iiilale el Trinilate fut condamné au concile de Soissons. Après un séjour forcé à l'abbaye de Saint-Mêdard, il revint à Saint-Denis où il nia l'origim- :n-.'i>ji;i'jitir|iip du patron de son monastère. U se iii nul luis une solitude appelée le Paraclet, pm- - im ',iM ,, ,|e Rhuys dont les moines -lavaient élu .uir 11 ir|iiii ensuite son enseignement.

ajoutant de nouvelles erreurs aux anciennes. Après sa condamnation par le concile de Sens et le pape Innocent II, il passa à Cluny où il fut accueilli charitablement par Pierre le Vénérable qui, par la douceur, l'amena à reconnaître sincèrement ses erreurs. Il mourut au prieuré de Saint-Marcel de Chalon le 12 avril 1142. Ses principales œuvres théologiques, outre le traité De Unitate et Trinitate mentionné plus haut, sont : Theologxa christiana; Introductio ad theologiam ; Epitome theologix chrislianse. Voir Abélard, t. i, col. 36 sq. Un des plus redoutables adversaires d' Abélard fut, avec saint Bernard, Guillaume, abbé de Saint- Thierry, qui renonça à sa dignité pour suivre la règle cistercienne. On a de lui entre autres écrits : Dispurtatio adversus Petrum Abœlardtim; Disputatio adversus dogmala Peiri Abeelardi, et un traité De sacramento altaris. Un autre bénédictin, Abaudus, écrivit contre Abélard une dissertation De fractione panis, mais ne sut pas se tenir à l'abri de toute erreur. Pierre le Vénérable (-J-llSe), abbé de Cluny, qui eut une grande inlluence sur Abélard pendant les dernières années de sa vie, est auteur de divers traités contre les juifs, contre les disciples de Pierre de Bruys et contre les mahométans. Bernard de Morlas(1130), moine clunisien, a composé un livre De Verbi incarnatione, et un traité De conlemplu mundi. A la même époque un chanoine de Liège, Alger (fvers 1131), avait embrassé la vie monastique à l'abbaye de Cluny, et parmi ses divers écrits on remarque trois livres De sacramenlo corporis et sanguinis Domini contre les erreurs de Bérenger et des traités De misencordia el justitia; De gratia et libero arbitrio; De sacrificio misses. Arnaud (1156), moine de Marmoutier, puis abbé de Bonneval, est auteur de plusieurs ouvrages parmi lesquels un traité De donis Spirilus Sancti; De cardinaUbus operibus Chnsti. Dans les écrits de Pierre de Celles (fllSS), abbé de Saint-Remi de Reims et évêque de Chartres, nous trouvons des opuscules De disciplina clau^trali et De conscientia.

3° A l'abbaye d'Afllinghem, l'abbé Francion (fUSS) compose un traité De gratia seu de beneficentia Dei, et à Saint-Martin de Tournay l'abbé Hermann, qui résigna sa dignité en -1137, a laissé un livre De incarnatione Domini. Le pieux et savant Rupert (f 1135), abbé de Deutz, près de Cologne, avait été moine et écolàtre de Saint-Laurent de Liège. Il commenta presque toute l'Écriture sainte, où il s'appliqua à reconnaître l'œuvre des trois personnes de la sainte Trinité. Aussi donnat-il à une partie de son travail le titre ; De Trinitate et operibus ejus. Celui, dit-il, qui ne connaît pas l'Écriture, ne connaît pas le Christ ; sa foi n'a pas de base solide et la moindre erreur le renverse. Notons parmi les autres écrits de Rupert : De glorificatione Trinitatis et processione Spiritus Sancti ; De Victoria Verbi Dei , De voluntatc Dei; De omnipotenlia divina; De tneditor tione morlis; De glona el honore Filii hominis; Dialogus iriler chnslianum et judœum, et un ouvrage se rapportant surtout à la liturgie : De divinis offictis per anni circulum. Berengosus (vers 1112), abbé de Saint- Maximin de Trêves, compose un traité De mysterio ligni Dominiciet de luce visibiliac inriaibili per quam antigui Patres meruerunl illuslrari, et trois livres De invenlione sanctse crucis. Pothon, abbé de Prum, a laissé cinq livres De statu domus Dei, qui selon quelques auteurs doivent être attribués à un autre bénédictin du même nom, Pothon (tll52), moine de Pruvening. D'Eckbert (tll85), abbé de Saint-Florin de Schônau, nous avons douze sermons contre l'hérésie des Kitharcs et un petit traité De laude s. crucis. Il était le frère de sainte Elisabeth (tll65), abbesse de Schonau, célèbre par ses visions. A la même époque vivait sainte Hildegarde (f 1179), abbesse de Bingen, dont les ouvrages excitaient l'admiration de saint Bernard.

Glt

ÎENKDICTINS (TRAVAUX DES)

Les écrits de ces deux religieuses témoignent éloquemment de la vie intellectuelle qui régnait alors, même dans les monastères de femmes.

VIII. Aix xiw ETXiv SIÈCLES. — 1° Les changements apportés dans les méthodes d'enseignement font que les écoles des monastères sont peu à peu complètement délaissées pour les universités où se font surtout remarquer les religieux des nouveaux ordres, franciscains, dominicains, carmes et augustins. La décadence des études monastiques, dont se plaii^iini 1 j i i. m^ nt Abélard, ne fait que s'accroître ijcihIh ' ii .t

xrv" siècles et est presque partout nr^ i„| ..n i un relâchement de la discipline. Les chapilrr^ , m i m d.' l'ordre de Cluny, les conciles comme celui de Vieiiiu: en Kill, les souverains pontifes comme Benoit XII, s'ell'orcent d'apporter un remède à ce double mal. Henri de Fautrières, abbé de Cluny, mort évèque de Saint-Flour en 1320, promulgue des règlements pour les jeunes religieux de son abbaye et des monastères qui en dépendent, recommandant l'étude de l'Écriture sainte, ainsi que de la logique et de la philosophie qui leur permettront de mieux comprendre le texte sacré et d'en tirer toutes les conséquences. Les plus illustres et les plus imUs.int. < al.l.ayes fondent près des universités des coll' ^ - Il H' - ' nvuient leurs moines, étudier sous les mail! - h - l'iii- célèbres, leur recommandant de ne s'atl.K 11. r .ni\ sricnces profanes qu'autant qu'il sera nécessaire pour l'intelligence des Livres saints et l'étude de la théologie. Plusieurs bénédictins enseignent dans ces universités et parmi eux Guy de Munois (i" 1313), professeur à Orléans, puis abbé de Saint-Germain d'Auxerre, et Erasme du Mont-Cassin, professeur à Naples.

2» En .\ngleterre les bénédictins ont à combattre les erreurs de Wiclef et parmi eux se font remarquer Simon Langham (f 1376), abbé de Westminster, archevêque de Cantorbéry et cardinal, Ultred Bolton (1380), bénédictin de Durham, Jean Wellys (1388), de Ramsey, et Nicolas de Hadclill' (13901, de Saint-Alban. Dans ce même pays Gautier liederichwort (vers 1360) écrit des commentaires sur le livre des Sentences et Adam Eslon (-}• 1397), moine de Norwich, puis cardinal, compose, outre de nombreux ouvrages sur l'Écriture sainte, divers traités théologiques qui n'ont pas été imprimés.

3» En Allemagne, Engelbert (f 1331), moine d'Admont en Styrie, fut envoyé étudier i Padoue et devint ensuite abbé de son monastère. Il a laissé de nombreux écrits parmi lesquels nous mentionnons : De rjrdiiix et rirtiitiliux li. Mari,!- V.;l)r,;l,„. .„li,.l,,„ ,p.',-l„„hhns.llr.in,l.a

Salvalliniix i-l n,~l,l,,i :l.' / ,, /,.,,n./,,.r , / /, ■ /-//,■,■.-

rliitr

Ulnim JJeus udl,uc ,,,: a,„atu>. finsMÙ ^t i„iinns l,uu„. non fuissct lapsiifi. Nous ne devons pas passeï' sous silence sainte Gertrude ("1-1342) et sainte Mechtilde qui ont laissé plusieurs livres où elles ont consigné les révélations dont elles ont été favorisées et qui semblent être à cette épo(|iie la plus haute expression des enseignements de la tlii'ologie mystique.

IX. Al' .w siixLK. — 1" Ce siècle fut une époque de renouvelletncnt pour l'ordre monastique par l'établissement des congrégations bénédictines. En iWl, Othon, abbé do Castcls, réforme son abbaye à laquelle s'associent plusieurs monastères de Souabe et de liavicre. Qui:li|ui- .innées plus lard, Louis Darbo ayant été pourvu de l'abliave <!(,■ S.iinti'-.lnstine de Padoue, y établit une obsnv.mci' qui fui i-inljrassée par beaucoup de monaslèris iiiilicns; ce fut l'origine de la congrégation du Monl-tli^sln. En Iil7, Jean de Mcdcn commence à Itursfild. celle gnmde réforme des abbayes allemandes

s de .\1../.

ilralnanl ,i ème lenq,^

études sont remises en honneur et les papes et les conciles encouragent tous les efforts tentés vers ce double but. Au concile de Bâle fut promulguée à nouveau la constitution de Benoit XII, et Martine de Senging(f vers l-i85), abbé de Melk, y prononça un discours De refnrmationestatus cœnobùicl. On y remarqua en outre Henri de Guelpen (f vers 1430), abbé de Saint-Gilles deNuremberg, Jean de Langdon (t 1434), bénédictin de Cantorbéry, évèque de Rochester, qui pendant quelque temps avait été le supérieur des religieux envoyés pour étudier à l'université dOxford, et Boldewin qui, d'abbé de Saint- Michel de Lunnebourg, était devenu archevêque de Brème.

2» Parmi les théologiens de cette époque dont les écrits ont été imprimés, nous mentionnerons André d'Escobar(vers 1437), Espagnol, évèque de différents sièges et pénitencier de l'Église romaine; on lui attribue, avec divers ouvrages demeurés manuscrits, un livre intitulé Melhodus con/itendi qui a été souvent réimprimé. Nicolas Tedeschi (1445), jurisconsulte célèbre, enseigna le droit à Sienne, à Parme, à Bologne, et fut nommé archevêque de Palerrae. II eut le malheur de suivre le parti de l'antipape Félix V qui le créa cardinal. Parmi ses ouvrages qui presque tous se rapportent au droit canon, on remarque un Traetatus de concHio Basileensi et de ejus poteslate ae papœ. Jean Wischler ou de Spire (-j- 1456), prieur de Melk, /j'ié pour l'observance

régulière, publie un traité De ■■•ii' ' /',--: n'gularix

ejitsque impedimentis. \jern.n'l l \\ i iii- u Hayini; (tl472), chanoine de Saint-Aii-u-i i n [.m ! n. dictin et prieur de Tegernsee, est .mi, ui J. - .!. ii\ ouvrages suivants : Reinedia>-iusj>'i^''li">iini,ii,,^ . / ■..,(, /,i(/os'«rat)i et De spiritiudibus x,',ii in,r,,i /s . i .ir ritwdi. A Jérouif de \\.;.l.u 117:. . y nous d.'\. 'Il- un ..|iii-. 'il- / '. m: ..;< '

Mons

sp,

du grec eu latin les iSancti Duiul/iei doctiinx de vita recte instituenda. Bernard de Plaisance (f i486), abbé de la congrégation de Sainte-Justine.publie divers traités ; De cuiilfiiiiiifi maDdi et cussumenda retigione et de institnn.inr i,,.rth,,rHin ; Qiiomodo debeat religiosus in situ /, e. /(.(■.(. ,e. .uiiversari et de modo nrandi; De resurrcLiiifiic Ch, isti. A la même congrégation appartiennent Luc Bernard de Brescia, qui lit imprimer ea 1508 les homélies de saint Jean Chrysostome traduites du grec en latin, et le célèbre jurisconsulte Benoit de Ca-ti'o s.iii.ii MU l;enoit de Sangri (•1544), auteur d'un hiii. /)' rrlesiaslicis et d'un livre De hieresi-

3 Il.ui iLiulai , ; 1514), docteuren théologie, maître au collège de Navarre et moine de Cluny, commente Aristote et, outre de nombreux sermons, a laissé divers traités parmi lesquels : Doctrinale mortis o\i Dctripliri génère mortis et Collatio de prrfr.i.: , . '. / tione, incremento et instui',^:' '

(1517), avant d'embrasser la \ i ii i' vi-

lement professé à Paris. Il écinii /'' " ■ ';"/e//iW- Htate; Spéculum monasticie disciplinu:, Confabutationes monasticœ; De imniaculata Virginis eonceplione. Lebénédictin Jean de Marre (tl521), évèque de Condom, s'emploie par ses œuvres et ses écrits à réformer les monastères de l'Aquitaine. Il est auteur d'un Encltiridion sacerdotale, et avait en outre composé des traités De Trinitate et De pœnilenlia.

4» En Allemagne, Trithème(t 1516). aM.e de Sp.uili.iui, est auteur d'un grand nombre d'ouvr.i,,. - pu M did. ii appelle piissima algue utilissima. I'him; . ux, nuus mentionnerons seulement les suivants : Uc viia, inmibiis, et doclrina ctericorum scu de vitie saeerdotalis instilutione; L. VIII guœstioniim de polcniicis ad Maainiilianuni imperatorcm; Ilesolutioncs dubioruni circa

i.ind

lÉNÉDICTINS (TRAVAUX DES)

de cette illustre dictins Grégoire

missai'umcelebyationemoccurrentium:Ciiriosilas>-egia seu liber Vlll qusestionum, i'^ De fuie et Intellectu, 9> De fille necpssana ad salutem, 5» De miraculis infidelitim, 4» De Scriptwa sacra, 5» De reprobis atque matefwis, G" De pote$tatemaleficorum,T' De permissions divina, S» De providentia Dei. Simon Blich (1524), abbé de Saint-Jacques de Pégau, écrit contre les erreurs de Luther. Alphonse Ruiz de Viruez (f 1545), moine d'Eaumet, évêque des Canaries et conseiller de Charles- Quint, combat les hérétiques de son époque dans PliilippicR' dispntationes XX adversus Lutherana dogmata per Ph. Melanchtonium defensa et un traité De matri-

X. Al '^.^v MM II-. —1» Toute l'Allemagne ainsi qn'iiiir ^riii.li' |.,iilii' de la chrétienté fut bouleversée dans Ir ci.iiis ilii xvi'' siècle par les erreurs de Luther et de ses disciples qui sous le fallacieux prétexte de réforme, attaquaient l'Église romaine. Le concile de Trente se réunit pour opposer une digue à ces perni cieuses erreurs et parmi 1p« d assemblée se firent reimirqu ■!■

Cortez, Augustin Losm-. i:iil\rliiii~ Cordes et Isidore Clarius. A Grégoire Cuh-/ i-;- i.'risi. abbé de plusieurs monastères et créé cardinal par Paul III, nous devons entre autres écrits des commentaires sur le Livre des Sentences, des traités De theologise inslitutione ; De peccalo originali; De potestate erclesifixtirn : De theologia et philosophia. Isidore Claiin- y IVô . il.' la congrégation du Mont-Cassin, fut ail- il^ Suni J.ici|ues de Pontida et Paul III le nomma •■\,'<\nr ,h luli-no. Au concile de Trente, il eut à prononcn- iln. r^ ili^cuius. De jusli/icatione homiiiis: De impittatn>iif jnshii.v ri certitudine gratias et Di> gloria. Il csl smiuni r-iinni par ses travaux sur l'iùritiiiv sainte. On i in nntiv ili lui une Adhortalio ail ,',iii,'ur<lhini. nn il inxiir li'.-. hérétiques à revenir à 1 l-li^-v \\'.i|i;-,iri^ Sn.ll ly l.'iC.-ji. moine de Tegernsee, asM>l.i rdiiiun- Hm'uIo,::!.-» .m concile de Trente. Parmi ses écrits, on doit noter : Ciu-ie pastoralis ratio brevis et dilucida; Isagoge sludii tlieologici et modus studendi in theologia ex sanclo Bonaventura.

2" L'ordre de Saint-Benoit ne manqua pas d'ailleurs à sa mission pendant toute cette période si agitée et ses membres presque partout soutinrent une lutte courageuse pour la défense de la vérité et des droits de l'Église. Nicolas Buchner (15i8), abbé de Zwiefalten, combat par ses écrits les doctrines erronées de Luther. Le vénérable Louis de Blois (f 1566), abbé de Liessies en Hainaut, publie : Collyrium hsereticontm ; Defensio versR fidei; Lettre à une noble dame trompée par les hérétiques. On lui doit en outre des ouvrages ascétiques parmi lesquels Psifr/iririnçiia .teir anim.v ri'crcrttio; Dicta quiiiiiiiiila ni l'iilr'iin rei-r inirrn r.c ijiniriim diligenti lecliinn ,t;n,,i,i InnmlK nirUnlnlrni ulililntem consequiliir : Inxlriiclin vil.i- asci-lir;r : Sjicciihnii monachorwm , etc. Un abbé de Saint-.lacques des écossais à Ratisbonne, Jean-.Iacques Albi (1588), se fait remarquer dans les discussions avec les hérétiques, et son successeur Ninian Wingetus Renfroo (1592), qui, après avoir vaillamment lutté en Ecosse pour la défense de la vérité, avait été contraint de venir chercher un reiuge en Allemagne, publie : Flagellum seclariorum qui religionif: i,i:rt,:i-lii ^l'ililiinira juin in Cœsarcm aul in alios orllinil.i'i's p, 1,111 i>r^ r.iriiiiri sliiilent. Moine de Saint- Jacqii - i!i' M.nrn,,., W'ull^.iny Trellerus fait imprimer des Dr,lai,ialrj,ws theolugtcœ'^ et un religieux de Lorsch, Georges l'iach, compose un ouvrage intitulé : Dme qiisestiones de sacrificio niissœ et de sacra conimu-

3" La persécution sanglante détruisit presque complètement les ordres religieux en Angleterre et plusieurs abbés et moines de l'ordre de Saint-Benoit payèrent des plus cruelles tortures leur fidélité à l'Église catholique.

LTn moine écossais, Quentin Kennedy (1563), abbé de Crossraguel, publia un traité pour la défense de la foi en son pays. Le dernier abbé de Westminster, Jean de Feckenan, mort en prison en 158.5, avait publié un écrit Contra juramentum suprema: authoritalis regise in ecclesiasticis.

4» En Espagne, Pierre Alphonse (1552), religieux du Mont-Serrat, renommé pour sa science et sa sainteté, est auteur de divers traités : De immensis Dei beneficiis cl de tribus virtutibus theologalibus; De eucharistia; De vita solitaria; De reiigione tribusque votis religiosoriim ; De immortalitale animée, etc. Dans ce même monastère vivait au commencement de ce xvi« siècle Garcias de Cisneros (-f 1510), auteur ascétique bien connu pour son célèbre Exercitatorio de la vida espirir tuai. Un moine de Saint-Sauveur d'Ofia, Jean de Castaniza, publia un traité De la perfection de la vida christiana, traduit en latin sous le titre de Pugna spintualis sei( de perfectione.

5» En France, Joachim Perionius (f 1559), moine de Cormery en Touraine, professe la théologie à Paris et écrit contre les hérétiques de son temps : Topicorum theologoviim libri IL II traduit en outre du grec en latin Aristote el plusieurs Pères de l'Église. Jean Doc (tlôlîOi, .,]i].r ilr Siint-Denis de Paris, puis évêque de Laon, jiiililir di'^ liMili'S De œterna generatione Filii Dei el li-nijuirnli naiivitate; De Domini resurrectione. André Croquet (f L'iSO), moine de Saint-Pierre d'Hasnon, écrit des Catéchèses christianœ. .\bbé de Saint-Michel en l'Hcrm, Jacques de Billy (f 1581) compose plusieurs oiivi'a-es asei'lii]iies el donne des éditions de quelques l'ri'isdo l'K;;li-.,' hiirriirriiilin latina svni priorum i.ipilinn lihri I S. Lrmri ailrcrsiis hœreses ; Isidori l'clii^iiiUr ejiiKlohr ijr:r,r ,-i lalinc; S. Joamus Damascfiii opéra i.iiriini lniiii,', parlim grsece et latine; S. Greijiirii N,f:i,iii:,'Hi opuscula qusedam. Il avait commenci' I nnpii ssinn d'une édition des œuvres de saint f;r.'!,'oiri de X.uianze qui fut terminée par Gilbert G.ih liiaid I ; I.V.IT). Moine de l'abbaye de Mauzac en Ativri 1:11. ■. rrliii-i i professa à la Sorbonne et devint archevi'i|iii' dAi\. Outre ses nombreux travaux sur l'Écriture sainte, Gilbert Génébrard publia divers ouvrages de polémique et. vengea la doctrine catholique contre les centuriateurs de Magdebourg. On lui doit divers traités parmi lesquels : De Trinitale contra hujus levi trinitarios, antitrinilarios et antitheanos ; Ad Lambertum Danseum sabellianismo doclrinam de S. Trinitale inficientem, et un écrit sur le droit et la nécessité de la liberté des élections des évêques. Il donna une édition des œuvres d'Origène et de quelques écrits d'autres Pères de l'Église comme Hilaire d'Arles, Eucher de Lyon, Fauste de Riez. Les commentaires d'Origène sur saint Jean avaient déjà été traduits en lalin par Arabroise Ferrari (1550), abbé de Saint-Bénigne de Gènes.

XI. Au xviif siècle. — 1" Dans les premières années du XVII» siècle, se forma en Lorraine la congrégation de Saint-Vanne et de Saint-Hydulphe approuvée par Clément VIII en 1610. Des monastères de France embrassèrent son observance et ainsi fut fondée pour ce pays la congrégation de Saint-Maur, approuvée par les souverains pontifes Grégoire XV et Urbain VIII en 1621 et 1627. A une observance rigoureuse les membres de ces congrégations joignaient une grande ardeur pour le travail intellectuel. Dora Laurent Bénard (f 1620), prieur du collège de Cluny à Paris, favorisa de tout son pouvoir la réforme introduite dans les monasières par la congrégation de Saint-Vanne et les nombreux ouvrages ascétiques qu'il a laissés n'ont pas d'autre but. Dom Hugues Ménard (f 16i4) publie une édition du Sacramonlaire de saint Grégoire le Grand. Il compose en outre une dissertation De unico Dionysio Areopagita A Ihenarum et Parisionim episcopo. Le même sujet est

Page 1